- Speaker #0
Les femmes de notre famille ont des bassins trop petits pour donner naissance vaginalement. C'est la croyance qui était bien présente dans la famille à Valérie lorsqu'elle est devenue enceinte de son premier bébé. Dans cet épisode, elle nous raconte son processus de recherche d'autonomie à travers ses deux enfantements. À la fin de l'épisode, on s'est fait plaisir, on en a profité pour parler également d'allaitement prolongé.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Perreur. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ! Tant ou l'astéo, Annie Perret.
- Speaker #0
Bienvenue Valérie, très heureuse de t'accueillir. Tu as une expérience à nous raconter qui est assez extraordinaire. Tu as vécu deux enfantements différents.
- Speaker #2
Effectivement.
- Speaker #0
Et ça fait partie de la richesse du partage que tu vas venir nous faire aujourd'hui parce que tu as dû, lors de la naissance de ton premier bébé, Faire des concessions, trouver ton chemin dans un lieu, dans un espace qui n'était peut-être pas exactement celui que tu aurais voulu. Après, pour ton deuxième, il y a complètement autre chose qui s'est ouverte à toi.
- Speaker #2
Exactement, exactement. T'en comptes-nous ? D'abord, bonjour. Merci de m'inviter. Ça me fait vraiment plaisir de partager mon expérience. Fait que oui, effectivement, ma première grossesse, j'étais aux études. J'arrivais un peu comme une belle surprise. Mon conjoint de l'époque avait un stage. Fait que là, on avait déjà planifié de déménager. Puis on a été établi aussi à Montréal. Fait qu'en tout cas, ça a fait beaucoup de changements dans la matière. Au départ, j'avais envisagé avoir un suivi stage femme à Montréal. Puis là, comme le déménagement a été imminent, mais là, finalement, j'ai... et accepter le fait que ça allait être différent de ce que j'avais prévu. Dans le fond, c'est ça. Je savais déjà la physionomie de l'accouchement puis ce que peut créer la cascade d'intervention. Puis tout ça, c'était comme déjà acquis en moi. J'avais déjà des appréhensions à ce que ça se passe autrement, mais en même temps, je me disais... En ayant ces apprentissages-là en moi, j'allais peut-être pouvoir influencer mon environnement, peu importe comment il allait être. Alors voilà, j'ai déménagé super enceinte de six mois dans une tempête de neige vers Sept-Îles, parce que c'est comme ça qu'il fallait que ça soit à ce moment-là, dans le fond. J'ai poursuivi mon suivi de grossesse avec une obstétricienne à Sept-Îles. Puis voilà, je pense que... Elle n'avait jamais vu quelqu'un qui était aussi informé de façon alternative sur la grossesse. Ça fait qu'elle n'avait jamais vu un plan de naissance comme celui que je lui amenais. Ça a été surprise aussi que chacun des points que j'amenais, j'avais une raison pour laquelle je ne voulais pas telle et telle intervention. Puis je voyais aussi la résistance du personnel à certaines choses que je demandais. Ça fait que plus les semaines avançaient, plus ma grossesse avançait. Il y avait une partie de moi qui me questionnait à savoir si c'était envisageable de faire par une naissance à la maison non assistée. Mais en même temps, je veux dire, ça fait ressortir aussi toutes sortes de peurs parce que c'était ma première grossesse, je n'avais jamais vécu ça. Mon chum de l'époque non plus, il n'avait jamais vécu ça. On habitait à, c'était 30 minutes, mais avec l'hiver, ça pouvait être 45 minutes de l'hôpital. Il y avait aussi les risques qui étaient associés à ça. Puis là, j'en parlais à ma famille. Ma famille, ma mère est infirmière au bloc opératoire. Elle a vu tous les pires accouchements qui finissent en urgence. Elle a elle-même accouché par césarienne parce que sa première, il y avait eu des complications qui auraient peut-être pu être fluidifiées avec une approche alternative. Mais en tout cas, à l'époque, en 1984, pour ma soeur, ça n'avait pas été possible. Elle avait terminé en césarienne. À l'époque, quand elle avait eu une césarienne, Les deux autres enfants, c'était par césarienne aussi. Puis elle s'était fait dire par un médecin que c'est parce qu'elle avait le bassin pas assez large. Fait que tu sais, il y avait beaucoup d'appréhension dans ma famille. Elle me disait, t'as jamais eu d'enfant. Puis là, ma soeur, elle avait eu ses trois enfants aussi par césarienne. Fait que là, dans le fond, il y avait comme une croyance que nous, les femmes dans ma famille, on ne pouvait pas accoucher normalement. Notre bassin n'était pas assez large. Puis il y avait quelque chose qui bloquait. Mais moi, entre-temps de moi. J'avais vraiment le sentiment que ça, c'était leur expérience, puis que moi, j'avais l'impression que je pouvais faire ça naturellement, j'avais cette confiance-là en mon corps. Fait que j'ai été en dialogue comme ça avec mes parents pendant un bout de temps, juste pour aussi faire réaliser à ma mère qu'elle côtoyait les pires expériences, puis oui, ces expériences-là existent, mais aussi parfois, ils sont aussi provoqués par justement toutes les interventions qu'on induit, que peut-être qu'il n'y aurait pas eu toutes ces césariennes-là aussi. Il y a aussi la préparation à la naissance. Pour une femme, c'est tellement intimidant de faire face à cette intensité-là du corps qu'on n'a jamais goûté. On est tellement dans un inconnu intense. La préparation, c'est vraiment une des motivations pour laquelle je suis là aujourd'hui. Je pense que, moi je suis dans la trentaine, beaucoup de nos mamans ont accouché par césarienne, donc ils ne peuvent pas nous transmettre ça. Comment on vit ça, un accouchement ? Comment on plonge dans cette intensité-là ? Comment on fait confiance au corps ? Comment on se dilate là-dedans ? J'ai eu ces semaines-là d'échange avec ma maman. toujours dans l'optique de peut-être accoucher à la maison où on habitait, qui était sur le bord de la mer, mais à 30-40 minutes de route de l'hôpital. Après avoir bien évalué ça, finalement, on s'est dit, on pourrait peut-être faire quelque chose d'hybride. On s'est dit, si on fait une grosse partie du travail plus tôt... à la maison de mes parents qui est dans la ville. Puis, tout dépendant de comment ça va, peut-être que tu pourrais accoucher à la maison sans assistance ou peut-être que tu pourrais transférer dernière minute si tu sens que tu en as besoin. Avec beaucoup d'argumentations, l'obstétricienne a accepté de poursuivre en grossesse prolongée. Normalement, il provoque toutes les femmes à 40 semaines. À 40 semaines ? À À la fin de 40 semaines, ça devient stressant. 40 semaines et 5 jours, normalement. Moi, j'ai essayé d'argumenter. J'ai dit que tout est lent. Ma pulsation cardiaque est lente. Ma pression est basse. Mon cycle menstruel, à l'époque, était de 35 à 38 jours. Fait que là, finalement, on a dit, OK, je vais te laisser aller jusqu'à 41 semaines et quelques jours. Je pense que mon corps voudrait être enceinte. plus que 42 semaines, puis je pense que ça aurait été très bien comme ça. Puis pour avoir parlé avec des sages-femmes, je pense que dans d'autres cultures, on laisse aller le processus plus longtemps. Ici,
- Speaker #0
au niveau culturel, c'est vraiment quelque chose qui est très, très établi. Et ce qui est assez fascinant, c'est que les règles sont différentes d'un hôpital à l'autre. C'est-à-dire que là, tu l'as nommé, dans l'hôpital où tu étais, c'était quelques jours passés, 40 semaines. Il y a d'autres hôpitaux qui vont nous laisser jusqu'à 41, d'autres 41 et 2-7. En maison de naissance, tu peux aller jusqu'à 42. Je me dis là, à un moment donné, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
- Speaker #2
Parce qu'il y a tellement de femmes qui sont provoquées. À un moment donné, peut-être qu'on peut se questionner, est-ce que le cycle naturel ne serait pas plutôt autour de 42-43 ?
- Speaker #0
Absolument. Et là, finalement, est-ce que tu as eu une induction ? Oui,
- Speaker #2
c'est ça. J'ai eu un stripping. Ça n'a pas fonctionné. Après ça, j'ai eu un autre stripping où elle a vraiment fait un bon décollement des membranes. Et puis là, le travail a débuté comme 10-12 heures après. Là, j'étais sur le ballon. On avait un gros chien à l'époque. C'est tellement fascinant comment les animaux ressentent ce qui se passe. Dès le début des contractions, il était tout prêt. Il mettait sa patte avec tellement de bienveillance alors que c'était une espèce de chien de... plus de 100 livres, tu sais. En tout cas. Puis là, tranquillement, je sens que ça avance, les contractions s'intensifient. Ayant jamais vécu ça, à un moment donné, je trouvais que ça semblait vraiment rapprocher les contractions, ça me semblait intense. C'est que là, on est allé à l'hôpital, puis dans le fond, pour qu'ils nous gardent à l'hôpital, il fallait dilater à 4 cm et plus, puis là, j'étais à 3 cm. classique c'est ça il a fallu retourner à la maison puis en tout cas toutes les femmes qui ont déjà couché le savent faire de la voiture quand t'as des contractions c'est comme moi j'étais comme voyons donc pour un centimètre gardez-moi donc non Mais bon, c'est le protocole.
- Speaker #0
Oui, puis en même temps, c'était peut-être te rendre service parce que quand on est tôt à l'hôpital, des fois, ça les chicote de nous aider, tu comprends ?
- Speaker #2
Ah, peut-être.
- Speaker #0
Puis peut-être que tu aurais eu des propositions que tu n'avais peut-être pas envie de vivre, que c'est un peu l'avantage d'arriver le plus tard possible. Ah,
- Speaker #2
c'est sûr que je n'aurais pas aimé avoir un ballonnet ou quelque chose comme ça. Alors, voilà, j'ai fait un autre petit bout du travail dans lequel je m'étais... assoupie un petit peu. Je me suis réveillée avec des contractions plus fortes puis on était retournées à l'hôpital. Puis effectivement, il me semble que j'étais à 4 ou plus que 4. Dans mon plan de naissance, c'était marqué que je devais passer un long bout du travail dans le bain. Fait que j'ai juste été dans le bain puis j'avais cueilli toutes les contractions dans l'eau. Tu sais, je vivais vraiment les contractions avec intensité, mais entre les contractions, même si c'était un très court moment, je m'endormais. Je ne sais pas comment ça se fait. Je pense que peut-être le corps, naturellement, veut tellement se reposer parce qu'il connaît l'intensité du travail. En tout cas, j'ai fait un long bout du travail comme ça jusqu'à ce que je sente finalement l'envie. Comme c'est la première fois que je vivais ça, j'avais l'impression qu'il fallait que j'aille à la salle de bain. Mais en même temps, je me souvenais que je m'étais fait dire ça, que si j'avais cette envie-là, c'est parce que c'était le moment de pousser. Puis voilà, on avait dit ça à l'infirmière. Puis le classique de région, l'infirmière était là Ah non, ne poussez pas ! On appelle le médecin, puis le médecin invitait à une vingtaine de minutes. En tout cas, tout un non-sens. Moi, j'avais juste laissé aller le processus. Ma fille était déjà engagée dans le vagin, dans le fond. Puis c'est ça, l'arrivée du médecin, ils nous ont mis de la pression pour qu'on aille sur la civière. En tout cas, à partir du moment où le médecin est arrivé, il y avait tellement de non-sens. Mon chum de l'époque, il était en mode confrontation pour faire respecter le plan de naissance. Puis là, en même temps, moi, je voyais dans l'énergie toute la tension que ça créait. Puis je me disais, écoute, là, je pense qu'on veut juste... Je veux juste avoir la paix et l'harmonie. Je suis prête à faire des compromis juste pour que ça soit paisible, s'il vous plaît. Je m'étais levée, j'étais allée dans la chambre. Je sentais que mon corps voulait être plutôt accroupi ou à quatre pattes. La médecin avait dit, je ne peux pas faire mon travail. Je pense que j'étais partie à rire. J'étais à mon moment, je vais me mettre sur le dos. Il y a plein de petites sortes de... complications, entre guillemets, dans le sens que là, les poussées ont ralenti, le cœur du bébé a décéléré un peu, mais tout ça, c'est... Je voyais la situation, puis en même temps, je voyais la cause, puis en même temps, j'ai une partie de moi qui trouvait ça drôle, mais en même temps, je trouvais ça un peu pathétique. Mais bon, ma fille continue à descendre. La prochaine contraction est arrivée, puis là, j'ai poussé du meilleur que j'ai pu. Puis j'ai pris ma jambe en étau aussi pour me donner une force, même si c'était inefficace. Mais voilà, j'avais fait ça sur le moment. La médecin ne savait pas ça de moi non plus, mais je suis hyper laxe. Ça fait que, dans le fond, en tirant sur ma jambe, j'ai subluxé ma hanche. Puis, dans le fond, ma jambe, ça a pris trois heures avant qu'il s'en rende compte. Après avoir accouché, dans le fond, j'avais la joie d'avoir mon bébé, mais j'étais comme, aïe, aïe, aïe, c'est quoi cette douleur-là qui reste vraiment intensément ? Puis, ça a pris trois heures à ce que l'heure des visites soit là, que mon père vienne me voir, puis il me dit, Hum, ça, ma fille, ton pied, il n'est pas dans l'angle habituel d'un pied, là. C'est ça, il a fait devenir le chiro de famille, parce que l'orthopédiste n'était pas disponible. Puis, mon chiro est venu à midi, ça faisait presque six heures que ma hanche était comme ça, subluxée. Ça fait toujours une sensibilité que je garde dans la hanche, mais ça a quand même bien guéri. Mais bon, ça aurait tout pu être évitable si à la base, j'avais gardé la position avec laquelle je voulais. faire sortir mon bébé. Pour clore cette histoire-là, l'important, c'est que ma fille est sortie, est en parfaite santé. Avec tout ça, c'est pour ça que je voulais que ma seconde naissance... À l'époque, je me disais, comme je suis artiste, juste un enfant, ça me suffit. Finalement, j'ai rencontré mon amoureux actuel. Rapidement, on a eu envie d'avoir un bébé. On fait de l'art tous les deux, mais on s'est dit qu'on avait envie de... de créer un être humain, de créer notre famille. On a fait l'amour, puis tout de suite, c'est étrange, mais tout de suite, j'ai senti que j'étais enceinte. Puis très, très rapidement, j'ai appelé une maison de naissance parce que là, je savais exactement ce que j'avais envie de vivre pour une prochaine expérience d'enfantement.
- Speaker #0
Évite-les si jamais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Et là, tu arrives donc enceinte de ton deuxième bébé et là commence le suivi de grossesse. Déjà, j'imagine que tu as dû être très heureuse de comment ça se déroulait.
- Speaker #2
Ah mon Dieu, vraiment là ! C'est ça, tout de suite on était sur la liste d'attente, puis on espérait avoir une place. On entendait parler qu'il y avait des listes d'attente, puis qu'il manquait de services sagements à Montréal. Vers les trois mois de grossesse, on a eu l'appel comme quoi on allait avoir un suivi. Juste ça, c'était une fête. Tout de suite, ça a été un coup de foudre avec notre sage-femme qui était désignée à notre couple. Dans le fond, elle s'appelait Myriam. C'est une sage-femme qui avait sa pratique en Algérie pendant plusieurs années. Elle nous expliquait que la pratique sage-femme, surtout, elle était en zone plus en campagne. Fait que dans le fond, il n'y avait pas vraiment d'hôpitaux proches. Alors, la pratique était... Un peu à cheval entre la médecine et la pratique sage-femme, dans le sens que sa pratique était beaucoup plus large qu'au Québec. Elle accouchait les grossesses gemmelaire, les jumeaux. Elle accouchait les bébés en siège. Elle était habituée de gérer des problèmes que normalement, si ça arrive au Québec, les sage-femmes transfèrent tout de suite à l'hôpital. Fait que voilà, c'était vraiment... je me suis sentie tout de suite en confiance.
- Speaker #0
Magnifique. Et là, tu as, dans ta préparation à l'accouchement, tu as décidé d'avoir une piscine dans ta maison.
- Speaker #2
Oui !
- Speaker #0
Comment ça se passe quand on décide d'avoir une piscine dans la maison ? Est-ce que premièrement, il faut évaluer la force du plancher ?
- Speaker #2
C'est une question très terre-à-terre, mais oui, effectivement. Nous, à l'époque, notre propriétaire habitait en bas, donc on l'a informé de ça. Moi, j'avais même aussi informé les voisins que c'était mon désir d'accoucher à la maison et je voulais savoir si eux aussi étaient à l'aise avec ça. Mon propriétaire de l'époque, en plus, lui, c'était un ancien ambulancier. En tout cas, au contraire, il trouvait ça beau, il était enthousiaste que ça bâtisse l'endroit où on habite, on accueille la vie là. Ça fait que oui, on a été très bien reçus par le voisinage, puis il m'a confirmé que le plancher était bien solide. Ça fait que là, après ça, on s'est demandé, bon, OK, où est-ce qu'on trouve ça maintenant, une piscine d'accouchement ? On a regardé si c'était avantageux de l'acheter, l'acheter usagé. Finalement, on a trouvé un endroit en Ontario qui louait des piscines d'accouchement. Ça a été notre choix pour ça.
- Speaker #0
À partir du moment où le travail commence, comment s'est passée cette naissance-là qui ressemblait beaucoup plus à toi, à qui tu es, à ce que tu désirais ?
- Speaker #2
Pour la deuxième naissance, encore une fois, comme je disais, je pense que mon corps aurait une gestation plus longue que la moyenne. Même si le processus, on accepte, les sages-femmes poursuivent l'accouchement. Jusqu'à 42 semaines, ils m'ont bien expliqué qu'au-delà de 42 semaines, dans le fond, leur pratique se termine là. Fait que j'aurais accouché à l'hôpital, c'est une chose que je ne voulais pas. Donc, j'ai accepté d'avoir un stripping à 41 semaines. Puis parallèlement à ça, j'avais aussi des stimulations en acupuncture. J'avais des traitements aux deux jours qui, je pense, ont vraiment aidé à ramollir le col puis démarrer le travail. Et voilà, dans le fond, la journée... de déclenchement avec les sages-femmes, c'est vraiment efficace. Ils ont tout un protocole bien établi. Ils font un stripping. Après ça, tu plugs sur le tire-lait pendant comme cinq heures. Puis là, j'avais eu le droit en plus. Il fallait vraiment que ça se passe dans mon cas parce que c'était 41 semaines et 5 jours, quelque chose comme ça. Ça fait que c'était vraiment comme la limite. Ça fait qu'ils m'ont donné aussi le fameux castor oil. Oui. En tout cas. Ça a créé un décontraction mécanique, mais bon, ça a été intense, mais ça a vraiment bien fonctionné. J'ai passé à la maison de naissance cinq heures sur le tire-lait. À partir du moment où le bouchon muqueux est sorti, dans le fond, la sachet m'a dit bon, mais là, c'est le moment, si tu veux aller à la maison Alors, on s'est déplacés. En fait, c'est ça, j'ai oublié de te mentionner. Malgré la COVID, on a réussi à négocier que mon frère, qui est chiropraticien, et sa femme, soient là. Alors, ils étaient présents. C'est eux qui se sont occupés de toute la logistique, de gonfler la piscine, de remplir la piscine, de m'amener des compresses d'eau chaude, d'eau froide, de m'amener de l'eau. de me faire les fameux points de pression dans le sacrum. Écoute, j'avais un service professionnel 5 étoiles, je me sentais tellement avec un dream team. Au début, on avait continué le tire-lait, alors j'ai des photos de moi sur le ballon, puis mon frère me fait les points de pression dans le dos, sa copine, et là, elle tient le tire-lait pendant que je bois de l'eau. C'est quasiment Cléopâtre version accouchement, non ? En tout cas, on a continué la stimulation comme ça. Alors, à un moment donné, ça a vraiment bien démarré, des contractions efficaces. À partir de ce moment-là, j'ai juste embarqué dans la piscine qui était dans la cuisine. Puis, on a... Tamiser les lumières, on a mis des chandelles, de la musique douce. Dans le fond, la grosse partie du travail actif, mon chum était dedans, la piscine avec moi, on se faisait des câlins, j'accueillais les contractions doucement. Je fais de la musique dans la vie, je suis chanteuse, puis dans le fond, ça me disait juste de faire des espèces de longs sons filés avec la contraction. Puis c'est comme si le son de ma voix était comme une planche sur une vague, tu sais, puis je sentais que... de la laisser arriver, venir, ça s'intensifiait, puis là, ça s'intensifiait, puis ça se dissipait. Puis après ça, je reprenais mon souffle, il y avait un moment de calme. Puis de plonger dedans, dans cette intensité-là, une seconde fois, on dirait que je connaissais le chemin pour m'expandre d'une certaine façon, me dilater dans cette intensité-là, qu'au début, quand on connaissait la première fois, on a juste tendance à se crisper parce qu'on n'est pas habitué de se dilater dans cette douleur-là, il faut le dire. Le corps travaille fort pour ouvrir, pour pousser le bébé. En fait, j'ai compris plus mon rôle d'accompagnement avec mon corps, qui est de laisser faire son travail, puis de ne pas obstruer le travail qu'il veut se faire, puis plutôt... lui laisser toute la place. Je raconte vraiment de façon zen. C'est sûr que de m'entendre sur le moment, le son de ma voix était plutôt intense à certains moments, mais tout ça, ça fait partie... Je pense qu'il faut embrasser aussi cette intensité-là. Puis dans la voix, c'est sûr qu'on entend l'intensité aussi.
- Speaker #0
Mais même pas que dans la voix. Il y a quelque chose même physiquement, dans les postures. C'est quelque chose de... très actif, même si on est dans le lâcher-prise.
- Speaker #2
Ah oui, il y a une force qui s'exprime, justement. La douleur, dans le fond, si tu es en combat face au travail qui se fait dans ton corps, tu perçois toutes les contractions qui sont là. comme douleur. Mais si tu te fondes dans ce processus-là, tout à coup, la perspective se changeait. Plutôt que subir le mouvement que le corps fait de sortir le bébé, c'est comme si tu l'embrassais. Tu es dans l'intensité plutôt qu'être dans la douleur, mettons. Je ne sais pas si c'est clair la façon que je t'ai exprimée.
- Speaker #0
Absolument. Absolument. À quelque part, c'est ça. On n'est pas dans je subis ce qui est en train de se faire. C'est qu'il y a une très, très grande intensité et je me marie avec cette intensité-là.
- Speaker #2
Oui, exactement. Dans le fond, dans la cuisine, on était juste vraiment en petit cocon familial. Il y avait moi et mon amoureux dans la piscine. Puis là, autour, il y avait mon frère et sa copine qui étaient très discrets, qui faisaient juste me demander si j'avais un besoin.
- Speaker #0
ajuster la musique. C'était vraiment très tranquille. C'était tellement précieux, ce moment-là. Les sages-femmes, on en avait parlé que je voulais vraiment ce petit noyau-là, de faire ça vraiment en famille, en petit cocon. Ma sage-femme me disait, écoute, il n'y a pas de problème. Moi, je vais rester dans le salon. Le salon est à l'autre bout de l'appartement. Tu vas voir, moi, juste avec le son, je sais déjà où est rendu le travail. Alors là, juste à entendre les sons de ma voix, elle disait, hum, tu sais, des fois, hum... Maud Amelia, qui est doula de la copine de mon frère, elle allait le voir, elle était comme, est-ce que tu veux faire un toucher ou quelque chose ? Parce que elle, c'est ce qu'elle était habituée de voir des sages-femmes. Puis elle était là, ah non, avec le son, je pense qu'elle est rendue à tant de centimètres. Son aise, sa détente, nous détendait aussi dans le processus puis facilitait le processus. Elle avait une stagiaire qu'elle envoyait, je ne sais pas combien de minutes, juste prendre le pouls du bébé, parce que ça faisait partie de son développement aussi puis c'est important de le faire aussi. Mais c'était vraiment les seules interventions qu'on avait. Puis à un certain moment, ça s'est intensifié. Myriam est venue, elle a mis comme des longs gants noirs, elle a dit Valérie, tu sais, quand je mets ces longs gants-là, c'est une bonne nouvelle. Puis là, dans le fond, elle m'a juste orientée à savoir, parce qu'il y a juste des petites choses basiques, quand on fait sortir le bébé dans l'eau, c'est important que le bébé reste dans l'eau pour toute la sortie. On ne peut pas être, mettons, en planche, à moitié dans l'eau, à moitié pas dans l'eau. Fait que dans le fond, elle me disait juste Quelle position tu veux être pour la sortie ? Comment tu te sens ? Puis elle m'a juste rappelé ça, qu'il faut vraiment que je sois immergée. dans l'eau, puis comment accueillir. Elle m'orientait pour... Moi, j'avais hâte depuis des dizaines de semaines de voir mon bébé. Il y a une partie de moi qui a envie de pousser vite, vite, vite pour qu'il sorte vite, vite, vite. Mais non, il ne faut pas que ça se passe comme ça si on ne veut pas avoir de déchirements. Alors, il faut accepter que le bébé descend un peu dans la contraction. Puis là, après ça, il remonte un peu dans le vagin. Comme ça, ça laisse les tissus s'étirer doucement, retrouver leur forme, avoir une bonne élasticité. Comme ça, il n'y a pas de déchireurs. On aime ça, pas de déchireurs.
- Speaker #1
Absolument. Ça, écouter tout le monde à la maison, c'est hyper important. Absolument. Et c'est difficile parce que souvent, c'est inconfortable. Il y a beaucoup de mères qui vont avoir comme tendance de se dire, je vais pousser le plus fort possible pour que ça se termine le plus rapidement possible.
- Speaker #0
Oui, mais ça, c'est un choc aussi pour le bébé, dans le fond. En tout cas, c'est ça, j'ai vraiment embrassé cette... Ce mouvement-là de va-et-vient, que le bébé descend un peu, il remonte un peu, il descend un peu, il remonte un peu, puis là, jusqu'à le ring of fire, ce fameux bout-là où, oh mon Dieu, tu sais, j'ai senti, j'étais, oh mon Dieu, elle est frisée !
- Speaker #1
Tu t'es sentie, tu t'es mis ta main sur ça.
- Speaker #0
C'est ça, exactement, j'ai senti ses cheveux, puis là, c'est impressionnant parce qu'après ça, mon frère filmait, fait que j'ai vu le vidéo, c'est impressionnant comment... Dans le fond, toute la vulve du vagin se déploie pour laisser sortir un peu la tête du bébé. Puis là, hop, la contraction dissipe, le bébé re-rentre dans le vagin. Puis là, il y a ce moment de temps mort-là, que là, tu sais que la prochaine fois, probablement que la tête va sortir. C'est tellement magique. Puis là, c'est ça, Myriam me rappelait bien. OK, là, Valérie, vraiment, essaie de retrouver ton point zéro, de te calmer, de retrouver un calme vraiment plein à l'intérieur de toi, alors qu'il y a toutes ces émotions-là de hâte. Et puis là, la contraction arrive, tu laisses, c'est ça, laisser la contraction faire son travail, ça aussi, c'est, on a tellement tendance à vouloir accompagner, puis pousser, puis c'est pas toujours nécessaire de pousser non plus. En tout cas, fait que là, le travail se fait, la contraction fait son travail, j'accompagne un petit peu, puis là, hop, la tête sort. C'est ça, elle nous disait bien d'accepter ce moment de calme-là, de retour, puis de laisser Florence, ma fille, tourner sa tête tout seule. Puis c'est tellement impressionnant, on la regardait dans la piscine où il était clair, mais moi je ne l'ai pas vue parce que mon angle de vue ne permettait pas, mais je l'ai vue dans les vidéos après. Tout doucement, elle tourne sa tête. C'est fou, on a l'impression quand on accouche à l'hôpital que le bébé n'est pas capable de bouger. Mais wow, elle est toute serrée dans le vagin et pourtant, elle réussit à tourner sa tête pour son corps. Elle sait comment sortir finalement. C'est tellement impressionnant la nature. C'est fascinant. Elle a tourné sa tête. Merci aux sages-femmes de savoir ces techniques-là. Dans le fond, pour la sortie finale, il y a une façon de placer leurs mains qui font juste protéger toute la zone du clitoris de la femme qui fait qu'il n'y a pas de déchirure possible dans ce coin-là. En tout cas, c'est merci aux sages-femmes. En tout cas, la dernière sortie, c'est impressionnant aussi cette poussée-là parce que le bébé sort comme si ça avait été vraiment facile tout à coup, comme un petit savon. Non, la dernière sortie, c'est comme... Fait que là... Flo est dans l'eau, puis voilà, c'est vraiment l'animal en moi qui fait juste attraper mon bébé. Je la mets sur ma poitrine. Elle, tout de suite, elle lève sa tête, puis elle entend la voix de son papa, puis elle se lève vers lui, puis elle la regarde. C'est tellement magique. La blonde de mon frère, elle a réussi à prendre cette photo-là de ce moment-là. Puis, tu sais, à l'hôpital, encore une fois, c'est dommage parce que souvent, ils mettent de l'ongan dans les yeux du bébé tout de suite quand il sort. Ça fait qu'on ne peut pas voir leur regard, mais leur regard est éveillé. C'est vraiment une petite âme qui est là, qui est contente d'arriver, puis qui est curieuse d'entendre les voix qu'elle entend depuis tout le processus de la grossesse. Ça fait que c'est ça.
- Speaker #1
Il y a de plus en plus d'hôpitaux qui arrêtent de mettre cet ongan-là en prophylaxie, c'est-à-dire au cas où. Donc, il faut que vous renseignez pour savoir si ce protocole-là qui est désuet est encore... proposé à l'endroit où vous allez donner naissance parce que les recommandations de l'Association canadienne de pédiatrie nous dit de ne pas le faire au cas où et seulement d'en donner aux enfants qui vont présenter des problématiques dans les premières semaines. Donc, renseignez-vous parce que ce que Valérie vous dit, c'est important. Un bébé, dans les premières minutes, premières heures de vie, est beaucoup à la recherche du regard, est beaucoup à la recherche de contact. Parce que là, il vient d'arriver dans un endroit qu'il ne connaît pas. Il ne reconnaît pas les gens, évidemment, parce qu'il n'a pas eu la chance de nous voir avant. Alors, l'idée de ne pas lui embrouiller les yeux, c'est une excellente idée.
- Speaker #0
Complètement. C'est tellement magique de partager un regard comme ça avec un petit être pur qui naît. Puis, écoute, le lien d'attachement se fait tout de suite avec ce regard-là. Puis tout de suite, dans le fond, dans la piscine directement, j'ai pu la mettre au sein tout de suite. Fait que pour la sortie du placenta, ça a été vraiment rapide aussi. Le placenta est sorti, écoute, je pense en même pas 10 minutes. Fait qu'une fois que le placenta est sorti, on a mis le placenta dans un petit bol, puis on est allé sur le lit, puis on s'est mis au chaud. Puis là, les sage-mères m'ont fait leur petit examen de moi, du bébé, du placenta, tout était beau.
- Speaker #1
Et là, ce que je comprends en visualisant le placenta dans le bol, c'est que le cordon n'était pas encore coupé.
- Speaker #0
Ah mais non, c'est ça, on a gardé le... on a laissé à Florence tout ce qui lui appartient. Fait que dans le fond, il y a beaucoup de sang dans le placenta qui appartient au bébé. Fait que de le laisser, je pense que c'est au moins 30 minutes, non ?
- Speaker #1
Mais souvent, ça arrête de battre avant. C'est-à-dire que souvent, ça va prendre 3, 4, 5, 6 minutes avant que le transfert complet de sang soit fait. Mais il n'y a rien qui empêche de laisser plus longtemps. Puis d'attendre le moment où on se sent prêt d'arriver à cette étape-là.
- Speaker #0
Exactement. Fait que c'est ça, éventuellement, on était dans le lit, on a fait le petit rituel pour couper le cordon. C'est mon amoureux qui l'a coupé. Puis voilà, c'est super symbolique, comme quoi maintenant, Florence commence sa vie. On est là pour l'accompagner, mais... elle a son incarnation propre à elle.
- Speaker #1
Il y a quelque chose qui m'intrigue.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
souvent, entre frères et sœurs, c'est des relations qui sont porteuses de toutes sortes de choses qu'on traîne. Et là, je me dis, tiens, invitez ton frère à ton accouchement. Est-ce que pour toi, il y avait des enjeux de dire, je vais être vulnérable, je vais peut-être pleurer, je vais être dans la nudité ? Je vais avoir des moments où je vais être justement très animale. Est-ce qu'il y a des moments donnés où tu as eu des inquiétudes par rapport à ça, à cette présence-là, où tu étais complètement dans la confiance ?
- Speaker #0
Oui, au contraire, en fait, j'étais complètement dans la confiance. Je savais aussi qu'eux connaissent vraiment la physiologie de l'accouchement. Puis c'est ça, j'ai toujours eu une relation très proche avec mon frère. Je me sentais au contraire vraiment soutenue. accueillis dans tout ce processus-là. Puis oui, ce côté, je savais qu'il allait avoir une part plus animale de moi qui allait sortir, mais l'humain, ça fait partie de nous aussi. Fait que moi, je sentais qu'il allait, au contraire, m'accueillir puis me supporter dans tout ce que j'allais exprimer. Puis il sentait, eux, ils me l'ont dit plusieurs fois avant puis durant, puis après, qu'ils se sentaient tellement privilégiés d'être là puis d'accueillir un nouveau membre de la famille, d'accueillir leur petite nièce qui est là. Hum,
- Speaker #1
clairement. Est-ce que ce serait possible, là je ne sais pas ce que tu vas me dire, étant donné que tu es chanteuse, que tu as de l'aisance avec ta voix, est-ce que tu serais à l'aise de nous donner un exemple de ce à quoi ça ressemblait les beaux sons que tu faisais pendant la couche ?
- Speaker #0
C'est dur à faire parce que premièrement, je faisais des sons vraiment plus graves que ce que je fais normalement. En musique, on dit que je serais comme alto ou mezzo. Ce n'est pas super grave, mais écoute, je faisais des sons vraiment graves.
- Speaker #1
C'est super intéressant ce que tu dis là. Dans ma formation de chant prénatal, la formatrice, qui était une très ancienne sage-femme, qui a pris sa retraite depuis, Nous disait dans la formation que lors de l'accouchement, on avait la possibilité d'ouvrir un registre qui allait sans doute rester disponible pour un certain nombre de femmes par la suite, mais j'avais jamais rencontré quelqu'un qui me confirmait que oui.
- Speaker #0
Ah oui, effectivement, c'était vraiment plus grave. Puis aussi, par moments, c'était vraiment intense. Je me disais, je vais avoir un instinct si on le voit après l'accouchement. Puis finalement, pas du tout. D'ailleurs, on n'a pas parlé d'après l'accouchement, mais juste un petit détail qui est vraiment le fun, les sage-femmes ont trouvé ça beau parce que justement, comme j'avais mon dream team avec moi qui était là pour toute la logistique d'accouchement, dès qu'on est sortis de la piscine, tout de suite, mon frère, ma belle-sœur, puis Philippe, ils ont vidé la piscine en genre 20 minutes, c'était fait. puis là ils se sont mis à faire le souper on a fait du spaghetti avec des pâtes on a invité les sages-femmes, il fallait qu'ils quittent parce qu'il y avait un autre accouchement mais ils partaient puis on était en train de souper puis ils étaient comme wow ça c'est la vraie vie, l'accouchement c'est fait là on mange ouais, fait que c'est ça pour revenir au son c'est ça dans le fond, j'aurais tendance à dire que la voix commence doux puis ça augmente puis ça finit mais c'est pas vraiment ça parce que des fois les contractions ça saisit, fait que ça commence puis tout de suite c'est fort Puis là, tu gardes la voix vraiment longtemps. Puis des fois, il y a des petites oscillations aussi dans le son, tout dépendant de l'intensité puis du mouvement qui se crie dans ton corps à ce moment-là. Dans le fond, je pense que c'est tellement intense, ce moment-là, puis tout ça, que je pense qu'aujourd'hui, étant pas enceinte, étant pas dans ce travail-là, je pense que je peux juste pas faire ce genre de son-là avec cette intensité-là puis le côté grave que j'étais capable d'avoir, puis tout ça. Mon frère avait enregistré tout ça, fait que si tu veux... Je suis prête à partager un extrait.
- Speaker #1
Écoute, je suis preneuse. Valérie a tenu parole. Elle m'a bel et bien envoyé un fichier avec les sons qu'elle a faits pendant qu'elle donnait naissance à son deuxième bébé. Je vais t'expliquer à la toute fin de l'épisode comment y avoir accès. Pour l'instant, on revient à notre échange, car Valérie avait également envie de nous parler d'allaitement.
- Speaker #0
Le fait de démarrer l'allaitement dans la piscine tout de suite, on dirait que tout de suite, ça a bien démarré l'allaitement. Puis le lien d'attachement était là. Je pense que j'étais remplie de cytocine déjà. Un détail peut-être qui pourrait aider des mamans qui n'ont jamais allaité un jeune bébé. Moi, l'erreur que j'avais faite avec ma première, c'est que leur bouche est tellement toute mini-riquiqui que je ne voulais pas les étouffer, entre guillemets, avec mon grand mamelon pour leur petite bouche, que je mettais juste le petit bout dans leur bouche. Et là, à ma première fille, j'ai fait la pire mastite de la vie. En tout cas, j'avais passé au travers parce que j'étais très déterminée à l'été quand même. Mais pour ma fille, je me suis dit, tout de suite, je vais faire bien. Puis elle va s'habituer à avoir tout ça dans la bouche. Puis dans le fond, c'est ça, ça se passe tellement naturellement. Fait que juste de pincer le mamelon, de mettre l'entièreté du mamelon dans la bouche du petit bébé, puis sa suction est vraiment plus efficace. Puis tout de suite, elle a bu, elle a repris son poids. Ça s'est vraiment bien passé.
- Speaker #1
Oui, absolument. Et le fait que le bébé n'ouvre pas assez grand sa bouche et qu'il n'y ait pas assez de mamelons dans la bouche, c'est le premier facteur de douleur de l'allaitement. Et souvent, les gens me disent, Oui, mais là, Annie, elle a une petite, petite bouche. Elle ne peut pas en prendre plus. Je fais, Oui, oui, elle peut.
- Speaker #0
On a peur de... Moi, j'avais peur d'étouffer mon bébé, mais non, il faut faire confiance en la nature, dans le fond. Je pense que... Je ne sais pas comment ça se passe physiologiquement, mais j'ai l'impression que c'est comme si elle avalait presque un bout, d'une certaine façon, dans la suction. Je ne sais pas comment se passe la suction, mais j'ai l'impression que ça descend vraiment loin dans le fond.
- Speaker #1
En fait, ça va loin et ça va jusqu'à son palais. C'est le fait que le mamelon touche au palais qui va déclencher le réflexe chez le bébé. Et c'est le fait que tout le mamelon soit à l'intérieur, en profondeur de la bouche, qui va empêcher les points d'appui. Donc, si le mamelon est beaucoup vraiment juste sur le bord, à ce moment-là, ça écrase, la langue frotte sur le mamelon et là, on a mal, ça ne fait pas une bonne production de lait, on ne draine pas bien les canaux, donc effectivement, risque de mastite et compagnie. Donc, il faut vraiment que vous ayez un bébé qui ouvre très, très grand la bouche. Et ce moment-là où le bébé ouvre très grand la bouche, c'est une fraction de seconde. que si je le manque ça passe vite vite vite je me retrouve avec un bébé effectivement qui a une toute petite bouchée avec des complications merci d'en parler c'est vraiment important puis l'allaitement c'est tellement précieux pour le bébé oui
- Speaker #0
tant qu'à être ici aussi je voudrais décomplexer les allaitements prolongés parce que dans le cas de mes deux filles l'allaitement se passait tellement bien pourquoi arrêter à deux ans tu sais Ça lui fait du bien. Actuellement, ma fille a deux ans, puis je l'allaitais quand même assez régulièrement, plusieurs fois par jour. Mais ma grande, je l'allaitais jusqu'à presque quatre ans. Puis à la fin, c'était vraiment... C'est pratique l'allaitement. Tu sais, s'il y a un petit bobo, écoute, trois, quatre gorgées de lait, le bobo est disparu.
- Speaker #1
Oui, absolument.
- Speaker #0
Puis pour le dodo aussi, on faisait une petite routine à buvets. Juste un petit peu pour se rassurer, c'est une dose de câlin, d'affection, puis une petite dose immunitaire en même temps, tiens. Puis après ça, voilà, ça lui fait tellement du bien. Elle voit sa soeur maintenant boire, puis elle la regarde avec tellement un bon souvenir. C'est tellement, c'est un beau cadeau qu'on fait à nos enfants. Puis voilà, moi, j'apprécierais vraiment de normaliser ça. Je sens que c'est de plus en plus le cas quand même, parce qu'il y a sept ans, il y a sept ans. Il y a 5 ans, mettons déjà, quand j'allaitais ma grande de 3 ans et demi à 4 ans, j'avais beaucoup de regards ou de commentaires. Voyons, elle est bien trop grande pour boire. Alors qu'on peut se questionner, même en tant qu'humain, écoute, on consomme des produits laitiers de vache. Quand on fait le choix de boire des produits laitiers d'un autre animal, pourquoi ça serait mal de permettre à un enfant de boire du lait maternel qui est parfaitement adapté pour son système, plus longtemps, aussi longtemps qu'il a besoin.
- Speaker #1
Oui, et ce que je trouve très intéressant au niveau affectif, il y a d'autres avantages que tu viens de nommer, mais au niveau affectif, l'allaitement prolongé, c'est que ça permet à l'enfant de s'autoréguler en fonction de son propre besoin à lui. Et ça, c'est extraordinaire parce que quand tu as trois ans, tu as quatre ans, tu peux aller chercher ton réconfort au moment où tu en as besoin plutôt que quelqu'un qui te l'offre à un moment qui est complètement inadéquat. Écoute, je vais en profiter pour te raconter une anecdote. J'espère que tu vas bien. J'ai allaité en tandem, j'ai allaité prolongé, mais il y a longtemps, mes enfants sont grands, moi je suis grand-maman. Donc, le regard des autres était compliqué à gérer. En plus, j'habitais en région, dans le Bas-Saint-Laurent, dans un tout petit village où j'étais un peu l'étrange. C'était,
- Speaker #0
oui, c'est la madame bizarre.
- Speaker #1
Ce qui est bizarre dans certains petits villages, c'est que même quand ça fait plusieurs années que tu habites là, t'es toujours un peu, ben pas un peu, t'es toujours un peu... considéré comme l'étrangère. Même si ça fait huit ans que t'es là, t'es pas du coin, tu sais. Et au moment où mon troisième fils a eu un petit peu plus d'un an, et donc mon deuxième un petit peu plus de trois ans, ils étaient tous les deux allaités, et j'ai eu une pneumonie. Et là, tu vas me dire, mais où tu t'en vas avec ça ? Écoute bien l'affaire. J'ai une pneumonie qui n'est pas diagnostiquée lors d'une première visite à l'hôpital. Alors, ils me font toutes sortes de tests, ils ne trouvent pas ce que j'ai. Ils partent sur une piste. quelque chose au niveau du ventre, finalement, c'est pas là partout que ça se passe. Mais moi, écoute, je ne suis pas médecin, je ne le sais pas, je retourne chez moi. Les jours passent, je deviens de plus en plus faible. Mes amis me disent, écoute Annie, il faut que tu retournes à l'hôpital. Puis moi, je me dis, je viens d'y aller, ils n'ont pas trouvé. Mais là, les jours passent, puis ça devient de plus en plus compliqué. Finalement, il y a une de mes amies qui arrive un matin à la maison. Je suis assise par terre avec mon chum, puis on plat tous les deux. Écoute, ça me ré-émotive parce que moi, je fais comme là. Je me souviens que mon chum retournait travailler parce qu'il était en vacances et je ne voyais pas comment j'allais pouvoir gérer la maison. Je n'étais même pas capable de monter les marches tellement que j'étais rendue faible. J'arrive à l'hôpital avec mon ami qui dit au médecin, écoute, là, ça n'a pas de bon sens, il faut que tu trouves. Finalement, j'ai une pneumonie, mais qui est rendue à un état assez grave au point où ils veulent me transférer à Québec. Sauf que moi, j'ai deux enfants à l'été. Là, je suis sur une petite civière d'art. dans l'urgence, qui est séparé avec des petits rideaux, tout petits, donc pas vraiment d'intimité. Et là, je dis à mon chum, amène-moi les enfants, parce qu'il faut au moins que je les allaites avant que je quitte. Alors là, il débarque avec mon petit gars d'un an passé et mon petit gars de trois ans passés. Je suis assise sur ma civière à l'urgence. Sur l'oxygène. En train d'allaiter mes enfants. Écoute, c'était, je me souviens encore du regard des gens qui devaient se dire être complètement folles. Parce que là, on recule, on recule dans les années 2000. Dans les années 2000, elle était un enfant de 3 ans, 4 ans. Il y en a qui le faisaient. Je n'étais pas toute seule. Mes amis le faisaient aussi. Mais c'était quelque chose qui était beaucoup moins visible que ça l'est aujourd'hui. C'est ça. Puis la lettre m'entendait, mais on en parle plus maintenant. À l'époque, on en parlait beaucoup moins. Écoute, je suis complètement, complètement d'accord avec. toi, il faut que le regard change. C'est quelque chose de culturel.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
C'est culturel. De la même façon que peut-être que dans ta tête, tu dis dans ta tête, voyons, accoucher à la maison, c'est dangereux. Qu'est-ce que Valérie a fait là ? C'est culturel, ces croyances-là.
- Speaker #0
Complètement, parce que la sage-femme nous disait, dans mon cas, comme j'ai eu un accouchement physiologique et que je n'ai pas de facteur de risque, en fait, accoucher à l'hôpital, ce serait plus risqué pour moi. Il y a des études qui le prouvent, dans le fond. Tu sais, chaque professionnel a sa place. Chaque femme doit faire son choix selon les conditions de son corps, de son accouchement. La césarienne, toutes les interventions ont leur place pour des raisons spécifiques puis c'est très bien comme ça, tu sais. Puis même par rapport à l'allaitement aussi, il y a des raisons des fois qui font que l'allaitement, c'est plus compliqué. Je vous invite les femmes aussi à se déculpabiliser aussi. Mais pour les femmes qui ont la possibilité de le faire, faisons-le fièrement. Puis oui, c'est culturel aussi. Tu sais, moi, mon chum actuel, il est de régine. Égyptienne, puis italienne, puis le sein, juste sortir le sein dans un souper de famille pour allaiter. En fait, eux, c'est tout à fait normal, il n'y a pas de jugement du tout. Alors qu'au Québec, moi, j'ai l'impression que c'est parce qu'on est un pays nordique, que là, il y a un peu de peau, là, oulala, c'est oulala.
- Speaker #1
Oui, mais ça dépend dans quel contexte c'est la peau.
- Speaker #0
Pourquoi le sein est si sexualisé ? À la base, c'est un organe nourricier, puis ça, il ne faut pas l'oublier. Vraiment, tu sais, puis ma fille qui grandit, longtemps, elle se disait, mais pourquoi les gars, eux, ils peuvent être en bedaine puis les filles, elles ne peuvent pas être en bedaine ? Ce n'est pas juste, maman. Il y a plusieurs choses comme ça qu'elle me posait des questions par rapport à ça. Puis c'est tellement beau d'avoir des enfants pour ça qui posent des questions dans toute leur pureté. Puis des fois, maudits, ils ont raison, tu sais, c'est vrai. Écoute, je dis, c'est culturel, Clara. C'est comme ça ici au Canada. Les femmes, il faut qu'elles cachent leur sein. peut-être que quand tu vas grandir, si tu es dans un autre pays, peut-être que ça va être différent. On a une amie qui a été longtemps en Espagne et là, c'était très différent.
- Speaker #1
Mais en fait, ça change. Et pour ça, on a besoin que toutes les femmes au Québec qui sont à l'aise de le faire puissent allaiter au vu de tous. C'est ça qu'on a besoin. Allaiter, c'est vraiment un geste qui est politique. C'est un geste qui est féministe. Fait que donc, celles qui sont trop gênées, que t'es pas à l'aise, on respecte 100%. Ça, respecte-toi dans tes limites. Mais toutes celles... Pour qui ce n'est pas un souci, il faut se montrer. Plus on va se montrer, plus les gens vont s'habituer et plus ça va être normalisé au niveau de la culture. Et ça, je pense que c'est très important. Puis on part de loin, là. Moi, quand j'ai allaité mon premier fils, qui est né en 94, quand j'étais chez mes grands-parents et que je m'apprêtais à allaiter, mon sein n'était même pas encore dénudé, je te jure, ma grand-mère vidait la pièce. C'est pas une joke, là. Aussitôt qu'elle voyait que j'étais en train de me préparer, elle prenait tout le monde par le bras les uns après les autres et elle les faisait tous sortir de la pièce. Puis je l'adore, je l'adorais ma grand-maman, vraiment. Mais tu vois, au niveau culturel, pour elle, c'était inacceptable. Moi, je me retrouvais toute seule. Tout seul dans la cuisine, tout seul dans le salon, tout seul dans la chambre.
- Speaker #0
Alors que toi, ça ne t'aurait pas dérangé du tout. J'aime vraiment ça, l'allaitement en geste politique. Moi, je me faisais un devoir aussi à ma première. Je faisais souvent des rides de métro, puis j'allaitais dans le métro. Puis ce que j'ai observé, c'est que... Plus moi, je suis à l'aise d'allaiter, puis je le fais comme un geste totalement normal, plus les gens, ils sont complices, ils trouvent ça beau. J'ai vraiment, là, j'ai jamais eu de commentaires négatifs d'allaiter dans le métro. Les madames viennent, elles me disent Ah, moi aussi, tu sais, j'allaite mon fils. Puis de toutes sortes de cultures aussi. Tu sais, les messieurs, des fois, ils sont un peu plus gênés, mais tu sais, si moi, je leur dis bonjour, j'ai souri. Ça met tout le monde à l'aise. C'est quelque chose de normal. Puis plus on le fait dans cette dynamique-là, plus ça normalise la chose, vraiment.
- Speaker #1
Oui, absolument. Puis c'est comme ça que ça va changer. Parce qu'en parler comme on en parle aujourd'hui, c'est hyper intéressant. Mais ce qui va vraiment faire changer les choses, c'est sur la place publique. Le fait qu'on s'autorise à être avec nos enfants, petits et grands, puis qu'on les allait librement.
- Speaker #0
Oui. merveilleux power yeah je te remercie vraiment beaucoup Valérie ça a été extraordinaire ça m'a fait tellement plaisir vraiment j'espère que aux auditrices et auditeurs ça vous inspire ça vous donne confiance et
- Speaker #1
voilà merci beaucoup Alors là, je me suis beaucoup posé la question à savoir est-ce que j'allais inclure le fichier sonore que Valérie m'a fourni directement dans le podcast. Et là, je t'ai imaginé peut-être avec tes enfants, avec ton chum, peut-être avec ta belle-mère en train d'écouter le podcast. Puis je me suis dit que peut-être que les sons spontanés d'accouchement tout à coup en plein milieu du podcast, c'était peut-être pas la meilleure stratégie. Donc ce que j'ai fait, j'ai créé dans le fond un espace dans la page qui est dédiée à l'épisode et c'est là que tu vas trouver le fichier sonore que Valérie m'a envoyé dans lequel elle fait des sons complètement fabuleux. Je te propose de prendre un moment de présence à toi, de présence à ton bébé, de te mettre des écouteurs sur la tête et de prendre le temps de t'imprégner de ces sons. qui ont été enregistrés vraiment pendant l'accouchement, pendant la naissance. Je te propose aussi de pratiquer, d'explorer, parce que ce n'est pas vrai que c'est évident pour tout le monde de faire des sons pendant l'accouchement, et pour toutes sortes de raisons. Ça peut être une question de gêne, mais ça peut aussi être simplement une question du fait qu'on n'est pas à l'aise d'explorer avec la voix. C'est hyper intéressant, hyper important de se pratiquer, d'autant plus que la respiration pendant la grossesse est altérée par le fait que ta cage thoracique n'est pas exactement comme elle l'était avant. Tu n'as pas la même amplitude respiratoire, surtout sur l'expire que tu avais avant. C'est hyper intéressant, important de pratiquer. Je te rappelle que selon moi, les 100 cents... la meilleure astuce, le meilleur outil pour la gestion de la douleur. Donc, c'est hyper intéressant de pouvoir vraiment être le plus à l'aise possible quand vient le jour de l'accouchement. Tu peux pratiquer à la maison de façon autonome. Si tu as envie que je t'accompagne dans ta pratique, si tu as envie de devenir plus à l'aise et d'être accompagné sur ce chemin-là, Je t'invite à suivre avec moi les rencontres prénatales. Il y a une rencontre prénatale dans laquelle on se jette à l'eau, tout le monde ensemble, moi y compris, dans laquelle on pratique vraiment les outils de gestion de la douleur et évidemment également les sons. Si tu as envie d'avoir accès à mes outils gratuits, les 11 clés pour une naissance facilité, découvre les super pouvoirs de ton bébé dans sa première année de vie. Pour l'accompagner au mieux, facile, tu peux également aller simplement dans la page de l'épisode ou aller dans la description de l'épisode, même chose, tu trouveras aussi les liens pour pouvoir t'inscrire à ces différents événements qui sont totalement gratuits. Si tu as envie de m'aider à faire rayonner le podcast Enfanté librement sans se faire accoucher, je t'invite à aller mettre un beau 5 étoiles. Tu peux le faire sur Apple Podcast, tu peux également le faire sur Spotify. Bye ! Si tu veux me rejoindre, tu peux le faire via Instagram et tu peux le faire également via courriel. Toutes les informations sont dans la page de l'épisode. Je te souhaite une magnifique semaine et je te dis à la semaine prochaine.