- Speaker #0
Dr. Bernadette de Gasquet est une figure très importante du monde de la périnatalité. Professeure de yoga et médecin française, elle offre des formations un peu partout à travers le monde. Elle enseigne aux professionnels de la santé et aux parents des notions en lien avec la physiologie de l'accouchement et les enjeux liés au post-natal. Je me sens très privilégiée d'avoir passé ce moment en tête à tête avec elle et j'espère de tout cœur que tu auras autant de plaisir que moi à écouter son partage. Bienvenue dans le podcast de Annie Perreur. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ! Tatou la hostéo, Annick Perret. Je vous souhaite la bienvenue Bernadette Degasquet, merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Merci à vous parce que quand on pense depuis combien de temps on est en contact,
- Speaker #0
ça fait plaisir. Absolument, et les milliers de familles que j'ai aidées depuis ce temps-là, je les ai aidées de façon plus adéquate grâce à vous.
- Speaker #1
Merci, donc la première fois c'était 97.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Au tout début où je venais... au Québec et depuis, je suis venue tous les ans jusqu'en 2018.
- Speaker #0
Wow, c'est extraordinaire.
- Speaker #1
Après la pandémie, voilà. Je reviens.
- Speaker #0
Oui, vous revenez, vous donnez des formations un peu partout à travers le monde.
- Speaker #1
De plus en plus, parce que, à l'étranger, la France, c'est le Périnée. Voilà. Donc, je suis souvent invitée pour... parce que je représente le pyrénée à l'étranger, mais c'est toujours dans le cadre maternité. C'est toujours intéressant de voir des pratiques obstétricales tellement différentes d'un endroit à l'autre.
- Speaker #0
C'est vrai. Vous avez écrit de nombreux livres, dont un sur les abdominaux qui est même un best-seller actuellement.
- Speaker #1
Il est de 2003, donc il a exactement 20 ans. Wow !
- Speaker #0
Et là, je me questionne beaucoup à travers les formations, les livres, et Dieu sait que les livres que vous avez écrits sont très denses. Dormez-vous, dites-moi, la nuit ?
- Speaker #1
Je n'ai pas besoin de beaucoup de sommeil. Ah,
- Speaker #0
c'est ça !
- Speaker #1
Oui. Donc, je suis du matin, donc très souvent le matin, je me lève très tôt, puis je peux écrire. avant que de déranger tout le monde.
- Speaker #0
Wow ! Je suis fascinée par votre histoire. Vous étiez dédiée à faire un travail au niveau de l'économie. C'était votre formation à l'origine.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Après, vous avez eu des enfants. Vous avez vécu la poussée physiologique réflexe, en fait, pour votre premier bébé.
- Speaker #1
Oui, le premier et deuxième aussi, mais le premier parce que... Il y avait beaucoup de travail et qu'on m'avait mis... Il n'y avait plus de place en salle d'accouchement. J'étais au fond du service dans une pièce vide avec un lit. Et c'était une époque où... On était seul, on le savait. Le père était même interdit en salle d'accouchement. Il va avoir 50 ans en décembre, c'était en 73, et l'obstétrique c'était le Moyen-Âge. On écoutait le cœur du bébé à la trompette, il n'y avait pas du tout d'analgésie, il n'y avait pas de préparation, c'était le Moyen-Âge. Voilà. Effectivement, après pas mal d'heures de travail, j'ai vraiment eu l'impression du bébé entre les jambes du bassin qui s'écarte d'une sensation très différente des contractions. Et j'étais toute seule. Et j'ai fait signe à un monsieur qui passait, mais qui était électricien, qui m'a dit je ne peux rien pour vous Et j'ai dit mais il faut appeler une sage-femme, s'il vous plaît et voilà, un sachant est arrivé et il m'a, j'étais sur le côté il m'a retourné sur un bassin, on dit en français si vous dites une bassine je crois et le bébé est sorti et j'ai absolument pas poussé, je savais rien donc j'ai juste fait confiance et puis j'étais voilà, c'est né comme ça Et la deuxième, c'était un siège décomplété, donc ça va vite, et c'était beaucoup plus violent qu'on m'accouche pas. Et la sage-femme est sortie pour appeler le médecin, je me suis encore retrouvée seule, et j'ai vu arriver le bébé dans la glace, parce qu'il y avait une glace devant la table d'accouchement. Et voilà, et la sage-femme est juste arrivée pour me la mettre sur le ventre. et je n'ai jamais poussé. Ce n'est pas moi qui poussais, c'est mon corps qui poussait, mon utérus qui poussait, et je n'ai rien fait.
- Speaker #0
Est-ce que vous saviez à ce moment-là que cette expérience-là, à cette époque-là, était atypique, que vous ayez pu vivre ça, ou ce n'était pas clair pour vous ?
- Speaker #1
Oui, quand même, parce que d'habitude, et c'est juste après que j'ai appris que normalement, On levait la tête, on attrapait les barres, on bloquait, on poussait, on poussait, on poussait. Il fallait s'entraîner à cette poussée. Et donc, il y a eu une période où une obstétricienne m'a demandé… de voir si dans le yoga, puisque je pratiquais le yoga comme ça pour moi, et je commençais à l'enseigner dans mon entreprise, elle me dit, dans le yoga, il y aura peut-être des choses sur la douleur de l'accouchement, puisqu'on n'avait rien. On ne croyait plus à l'accouchement sans douleur, et on n'avait pas autre chose. Donc, elle me dit, j'aimerais que vous réfléchissiez à ça. J'ai dit, ben... Moi, je ne sais rien. Les femmes enceintes, c'est peut-être dangereux, il y a peut-être des choses, je ne sais, c'est juste mon expérience et je ne me sens pas de faire ça. Et elle m'a dit, bon, je réunis les sages-femmes et vous nous faites des propositions et nous on fait le tri, ce qui peut être dangereux, etc. Et c'était en 78. Et bon, tout se passe bien, les sages-femmes sont bien contentes. Puis, elles me disent, mais pour pousser, vous dites quoi ? Et je dis, rien, je ne sais pas, ça pousse, je ne sais pas. Comment on fait pour éternuer, pour vomir ? Ça se fait tout seul. Et là, elles m'ont dit que je n'étais pas normale, en fait. Que je ne devais pas être tout à fait normale. Ce n'est pas comme ça, normalement. Et l'obsétricienne m'a dit, je crois que c'est vous qui avez raison. Si vous vous installez comme prof de yoga pas loin, je vous envoie des femmes. pour faire du yoga pendant la grossesse. Et j'ai commencé dans mon salon comme ça, avec des copines un peu très conviviales, et ce que j'avais comme outil, c'était le yoga. Je cherchais des positions, des respirations qui pouvaient aider les petits bobos de la grossesse. Il n'y avait rien d'écrit dans le yoga des origines, ça ne concernait pas les femmes et surtout pas l'accouchement. Donc j'ai créé avec ces femmes le yoga prénatal. dans les années donc 78 et puis mon troisième bébé est né en 80, voilà, et c'est comme ça, c'est arrivé un peu par hasard entre guillemets dans ma vie, mais... Les femmes qui venaient faire du yoga avec moi, elles étaient très contentes. Certaines, ça m'a fait comprendre plein de choses, c'est-à-dire que j'ai proposé une posture et pour l'une c'était génial et pour l'autre pas du tout, ça la coincait partout et je ne comprenais pas pourquoi cette posture est bonne. Petit à petit, j'ai vu à quel point il faut adapter à chaque moment. à chaque moment, chaque bébé, à chaque moment, qu'il n'y a pas une posture pour tout le monde, etc. Voilà, et bon, c'était vraiment très très agréable ces cours, mais quand les femmes arrivaient à la maternité, c'était juste l'inverse, en tout point l'inverse. Posture, respiration, tout l'opposé de ce qu'on avait ressenti ensemble. Et c'est comme ça que je me suis dit finalement est-ce que je leur rends vraiment service à ces mamans, de les mettre en conflit à ce moment-là ? Et je n'avais aucun argument, aucune justification, je ne savais rien moi, je n'étais pas du tout capable d'expliquer, de dialoguer avec le monde médical. Je disais l'accouchement c'est forcément une expiration, c'est évident. Et moi quand je pense à l'expiration, je pense que le diaphragme va vers le haut. Et en face, ils entendaient que le diaphragme va vers le bas. Donc on ne se comprenait pas du tout. Alors je me suis dit, bon, soit je me donne les moyens de dialoguer avec le monde médical, de savoir de quoi je parle vraiment, soit je laisse tomber, je reviens, j'avais pris une dispo des télécoms, je reviens et puis voilà. Mais pour me donner les moyens, à l'époque il y avait trois métiers possibles, physio donc. sage-femme, sage-femme française, donc qui est un petit peu différente de ce que vous connaissez ici, ou médecin. Si je fais des études de physio, je ne sais rien en obstétrique. Si je fais des études de sage-femme, je sais beaucoup de choses en obstétrique, mais rien sur le diaphragme, le mal au genou, etc. Et le seul moyen de faire... un peu tout et d'avoir des connaissances un peu plus générales. J'avais quand même fait six ans d'économie. Donc, si je fais encore des études, il faut quand même que je puisse faire tout ce que je veux. Donc, la solution, c'est de faire une médecine. Et voilà, c'est pour ça qu'à 38 ans, avec trois enfants, un bac littéraire, j'ai commencé les études de médecine. On me disait, on verra si ça passe ou pas. Et c'est passé, juste, juste, mais c'est passé du premier coup au concours. Donc après, en France, c'est huit ans pour être médecin de famille de base. Et pendant les huit ans, il n'y a rien, on ne peut pas s'arrêter au milieu. Donc j'ai continué à travailler quand même, comme prof de yoga, etc. Et j'ai fait ma thèse sur l'incontinence due à l'accouchement. Et c'est en faisant ma thèse que je suis devenue un peu spécialiste du périnée. en fait, plus par le yoga que par la médecine, parce que dans la médecine, je n'ai pas appris grand-chose sur le PNL, mais j'ai pu faire les liens entre, ah oui, quand je sens ça, c'est ça, voilà. Et ma thèse a montré que quand il y avait l'aisance du réflexe expulsif, c'est-à-dire que la femme ne pousse pas, c'est son utérus qui pousse, il y avait... significativement moins d'incontinence et de prolapsus. Et deuxième critère qui est ressorti, quand la femme a moins de 10 poussées volontaires. Ce qui veut dire la même chose, c'est un bébé qui est prêt à sortir. Ma thèse est de 93. Depuis, j'ai vu beaucoup passer de choses, parce que je suis évidemment dans les congrès, je suis un peu au courant, sur le périnée, beaucoup de choses. Comment préparer le périnée, avec des massages, avec toutes sortes de choses, toutes les épisios possibles et imaginables, toutes les manières de recours, toutes les rééducations. Bon, ok, plein de choses, mais je n'ai jamais rien retrouvé sur... la manière de pousser. Et c'est vraiment ça qui fait les prolapsus et qui fait tous les problèmes. Donc on pourrait imaginer qu'il y a quelques femmes, quelques bébés, il y a de l'urgence, il faut les sortir, on pousse, on tire, on coupe, peu importe, il faut les sortir, c'est l'urgence. Mais ce n'est pas possible que ce soit 90%. 100%. des cas où il y ait cette pathologie. Or, le premier bébé en fait pousser les femmes. Et au Québec, encore plus. J'ai découvert en venant au Québec que c'était encore beaucoup plus longtemps que chez nous. Donc pour moi, ce n'est pas possible que ce soit physiologique de pousser trois heures. Ce n'est pas possible. On ne peut pas parler de physiologie dans ce cas-là. Après, pourquoi est-ce que ça se passe comme ça ? C'est ça que j'ai essayé de comprendre petit à petit pour analyser pourquoi chez certaines femmes ça va vite, chez d'autres pas. Et à l'époque, j'étais dans des groupes de parents, avec entre autres Michel Audan, qui montraient des films d'accouchement. dans la brousse et qui montrait toutes sortes de choses, pas toujours réjouissantes. Il y a quand même beaucoup de femmes qui meurent, beaucoup d'enfants qui meurent, tout n'est pas parfait, mais au moment de l'expulsion, de la poussée, il n'y avait jamais, et j'ai regardé l'histoire de l'obstétrique, jamais notre position, jamais notre respiration. Il y a toutes sortes de choses, sauf ça. Et c'est ça qui m'a interpellée, sur lequel j'ai beaucoup commencé à travailler. J'ai écrit mon premier livre sur la maternité en 1994, Bien-être et maternité, où j'explique pourquoi le périnée, comment il se détend, comment il faut pousser un expire, comment il faut, voilà, qu'est-ce qui ferme l'avant du bassin, qu'est-ce qui ferme derrière l'avant, etc. Tout ça, c'est déjà dans, certainement en 97, quand c'était déjà dans mes formations, tout ça. Ça prend du temps, ça prend du temps. Et aujourd'hui, ce que j'ai dit à l'époque et que j'ai dit depuis, j'ai fait des films et des posters et tout ça, aujourd'hui c'est devenu la recette magique. Tout le monde fait des trucs sur internet, fait des livres et tout, on met les genoux dedans, on serre les genoux, c'est devenu la position préférée des sages-femmes en France. On serre les genoux. Non mais ça n'a aucun sens parce que... Quand, comment, pourquoi ? Ils ont pris la recette, mais pas le travail de compréhension biomécanique. Donc ça ne peut pas marcher. Et comme ça ne marchera pas, on va tout rejeter.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Oui, parce que dans le fond, vous, c'est vraiment une dynamique entre la respiration, les abdos, le diaphragme, le périnée. On ne peut pas isoler un élément, prendre cet élément-là, faire quelque chose de magique et faire comme si tout était réglé.
- Speaker #1
C'est ça. Le fait des réseaux sociaux et de cette facilité de représenter maintenant le pseudo 3D, etc., n'existait pas il y a 50 ans. Mais aujourd'hui, chacun y va de son truc, mais je ne voudrais pas que finalement ce soit pire pour les femmes, parce que... c'est pas compris, c'est pas intégré, et on va finir par dire, vous voyez, ça ne marche pas. Je comprends.
- Speaker #0
Et justement, si on mettait les points sur les I et les barres sur les T, quelles sont les grandes clés pour avoir un accouchement le plus physiologique possible ?
- Speaker #1
Bien, il faut... comprendre un petit peu que ça se joue entre cette mère et ce bébé-là, et que cette mère a une morphologie différente de la voisine. Et ça, j'ai beaucoup compris en allant voir. Dans beaucoup de pays étrangers, par exemple, je vais beaucoup au Japon, et au Japon, elles n'ont pas du tout le même bassin que nous, pas du tout. Elles n'ont absolument pas de cambrure. Je fais beaucoup de formations là-bas, j'ai plusieurs livres traduits. La traductrice, quand je dis il ne faut pas leur doser, il ne faut pas cambrer elle n'a pas le mot, il n'existe pas. Elle fait des grandes phrases parce qu'elles sont toutes plates. Je vais en Afrique, le sacrum est horizontal. On dit qu'elles sont cambrées, elles ne sont pas cambrées, elles sont en extension. Il y a une seule courbure chez ces femmes. L'africaine, elle va se jeter en arrière pendant les contractions. Sa posture, c'est complètement en arrière, en extension. Ce qui est difficile pour l'africaine, c'est de faire rentrer le bébé dans le bassin, parce que c'est l'entrée qui est étroite. Après, il est dehors, la descente ça n'existe pas chez elle. L'africaine, c'est ça, la japonaise... Il est beaucoup plus plat, son sacrum, et donc le bébé japonais n'a pas la même tête à la sortie que le bébé africain. Et les conditions d'accouchement, elles sont beaucoup plus à quatre pattes, les japonaises, beaucoup plus qu'en arrière. Ce n'est pas leur posture en arrière, elles sont beaucoup en suspension. Et je vais beaucoup dans le Maghreb aussi, c'est encore un autre type morphologique. Et puis il y a les... Les références culturelles, ce qui est pudique chez l'une n'est pas chez l'autre. Et donc ça apprend beaucoup d'aller voir ailleurs et de se rendre compte que... Justement quand on a voulu transposer l'obstétrique de chez nous, en Afrique on a créé des drames, mais vraiment des drames. Si on met une Africaine sur le dos, c'est vraiment n'importe quoi au niveau biomécanique. avoir des problèmes pour le bébé et on va créer par exemple des fistules recto vaginales et c'est complètement créé par une position qui n'est pas la leur qui ne correspond pas du tout à leur morphotype donc il ya déjà ça et il ya la position de ce bébé dans ce bassin, et ce bébé dans ce bassin, il faut comprendre ce qui se passe à travers les signaux qu'elle envoie. Elle envoie la mère, elle ne sait pas forcément, mais... elle n'est pas bien dans telle posture, elle est bien dans l'autre posture, il y en a qui est bien à droite, l'autre qui est bien à gauche, l'autre qui est bien arrière, l'autre qui est… Voilà, c'est toujours le signe de quelque chose entre elle et son bébé. Mais tous les bébés ne peuvent pas être le rêve obstétrical. Le bébé tête en bas, dos en avant, à gauche. Et on cherche à amener tous les bébés dans cette position. à la fois obsétricalement, en essayant de faire tourner les sièges, en faisant tourner les postérieurs en leur tournant le cou, mais aussi par des gens qui font tourner tous les bébés. Promettre de faire tourner les sièges, de faire tourner les postérieurs avec des postures, en secouant la mère, etc. Mais pourquoi les faire tourner ? Pour moi, c'est ça l'erreur, c'est de vouloir adapter à tout prix le bébé. Et on va se rendre compte que si le bébé est postérieur, la mère est à quatre pattes. Elle est beaucoup mieux à quatre pattes. Et tous les mammifères quadrupèdes, les petits, sont postérieurs. Sinon, ils tomberaient en arrière et ils se casseraient. Donc les vaches, les brebis, les petits sont postérieurs et pourtant elle est à quatre pattes et il ne tourne pas parce qu'il ne doit pas tourner. Seulement, je n'ai jamais vu de vache mettre bas sur le dos. Voilà. Donc, vouloir faire tourner le bébé, en fait, je ne trouve pas que c'est la meilleure idée. Il vaut mieux que la mère s'adapte à cette présentation, et puis il faut après que l'accoucheur, au sens générique, s'adapte. Pas seulement le bébé, il n'y a que le bébé qui doit s'adapter. Et cette vision du bébé antérieur, gauche... Si vous allez chez les Inuits, chez eux, la meilleure présentation, c'est postérieure. La voie royale, c'est la voie sacrée. et ils font des rituels quand le bébé arrive en antérieur. J'ai fait un gros congrès sur le maternage à travers les cultures, et j'avais quelqu'un qui connaissait bien les Inuits, entre autres. Voilà, donc en fait on veut amener tout le monde dans la même position. C'est pas non plus... de la méchanceté. Parce que franchement, tous les obstétriciens ne sont pas méchants, tous les obstétriciens ne sont pas des hommes, et les sages-femmes qui ne sont pas médecins, c'est pareil, c'est juste qu'on a appris dans une seule position. Toute la mécanique obstétrique est décrite avec un bassin qui ne bouge pas, une mère qui ne bouge pas, un accoucheur qui ne bouge pas. Et il faudrait changer, voir ce qui se passe dans d'autres positions, ce que j'essaye de faire depuis 2005 à peu près, en faisant des films d'accouchement dans d'autres positions, mais avoir toutes les positions. pour toutes les présentations, c'est compliqué. Ça fait beaucoup de combinaisons.
- Speaker #0
Oui, absolument. Surtout qu'il y a une partie de tout ça aussi qui est invisible. Donc, il y a quand même un certain nombre d'éléments où on ne sait pas exactement comment ça se passe. Il y a plusieurs choses que vous avez mises en lumière qu'avant que vous réalisiez, on ne savait pas, entre autres au niveau de la dynamique du périnée. Je me souviens à l'époque, la première formation que j'ai faite avec vous, je me souviens très bien, vous m'aviez dit, et là vous me dites si je me souviens mal, qu'avant que vous mettiez ça en lumière, qu'on étudiait le périnée des femmes seulement sur des femmes qui étaient décédées, et que donc personne n'avait mis en lumière la dynamique d'un périnée sur une femme vivante. Ça fait partie aussi des choses que vous mettez beaucoup en lumière, la respiration et le périnée, dans les clés qui sont vraiment importantes.
- Speaker #1
Oui, alors, ce n'est pas moi qui ai inventé ça. C'est vrai que ma thèse est de 93. Et en fin 92, était sorti un livre d'imagerie médicale. Les tout débuts des IRM, des scanners, qui ont montré que le périnée, ce n'est pas un hamac, ce n'est pas un entonnoir, mais c'est une double coupole. qui ressemble au diaphragme. Et effectivement, l'explication, c'est que d'habitude, on l'apprenait, le périnée et les autres muscles, sur du cadavre. en chirurgie, c'est-à-dire la personne endormie, pas de tonus. Et qu'avec l'IRM, on a des gens vivants, voilà, et même s'ils sont couchés, bien sûr c'est couché, mais on a vu que c'était dans l'autre sens exactement, complètement à l'envers. Et que ça a confirmé pour moi, tout ce qu'on voit, c'est les femmes qui accouchent en suspension, accroupies, suspendues, pas accroupies sans rien, ça explose les périnées, ça. est suspendu, le diaphane remonte, tout est remonté, tout est allégé, le périnée se détend. Et le périnée se détend vers l'intérieur et pas vers l'extérieur, pas en poussant dessus et pas en l'étirant. Et donc c'est vrai que c'est sorti en 92 et ma thèse était en 93, donc j'ai tout de suite intégré ça, mais évidemment mon jury ne connaissait pas parce que c'était un livre pas d'obstétrique mais d'imagerie médicale. Donc ils avaient tout à fait des excuses à ne pas connaître. On est en 2023 et on voit encore et on apprend encore et on représente encore. Dans les bassins, quand il y a des périnées en plastique, là, ils sont à l'envers. Oui. C'est toujours pas là. Ça fait un peu long, là, maintenant, je trouve. Depuis le temps, voilà. Et pousser sur le périnée pour le détendre, c'est impossible. On pousse sur un muscle, il se défend, il se contracte. Et étirer le périnée par des massages ou des petits ballonnets, ce n'est pas de la détente, c'est de l'étirement. Et c'est compliqué à comprendre que le périnée, en fait quand on est à l'envers, il est détendu. Quand on vomit, il est détendu. Ça on peut comprendre facilement. Une femme, quand elle est ternue, elle se rend compte que son périnée ne se sert pas tout seul. Donc éternuement, vomissement, tout ça c'est un diaphragme qui remonte. Donc c'est juste l'inverse de ce qu'on fait faire sur les tables d'accouchement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous dites à ces médecins-là que vous rencontrez sûrement parfois qui doutent de ces processus physiologiques-là qu'on a sentis très fortement toutes les deux dans nos corps ?
- Speaker #1
En fait, le problème, c'est que cette poussée réflexe, on peut l'inhiber complètement. Et c'est les postures qui font ça. Et donc, si c'est inhibé, ça n'arrive jamais. Donc, on dit qu'elle n'a pas envie de pousser, donc il faut pousser. J'ai un petit livre de 1865 sur l'accouchement. Et ce médecin de l'époque se pose des bonnes questions. Il dit, est-ce qu'avoir des bons abdominaux c'est important pour accoucher ? Puis il dit non. Il dit finalement, on se rend compte que les grandes multiparts, il y en avait beaucoup à l'époque, elles ont des abdos un peu ramollos, parce qu'elles n'allaient pas à la salle de sport à l'époque, et l'expulsion ce n'est pas un problème. Elle peut avoir des hémorragies, elle peut avoir des tas de trucs, mais l'expulsion ce n'est pas un problème. On peut accoucher dans le coma, on peut accoucher sous anesthésie générale. C'était même une méthode d'accouchement en France, la toulousaine. Au dernier moment, on faisait juste une ingé pour le passage du bébé.
- Speaker #0
les tétraplégiques, expuls, sans rien sentir, sans rien faire. On a eu des accidents comme ça, la femme était toute seule, elle ne sent rien, elle ne peut rien faire. Le bébé sort, personne ne s'en occupe. Et même, il dit post-mortem, après la mort. A l'époque, il y en avait beaucoup des femmes qui mouraient en couche, parce que l'accouchement, quand même, ça reste un peu un risque. Donc, à la mort, le diaphragme est en haut, les narines sont pincées, la bouche ouverte et les sphincters lâchent, tout se vide. Si le col est ouvert, le bébé sur le périnée, le bébé sort. Donc ce n'est pas la péridurale qui empêche le réflexe. Ça c'est quelque chose que je tiens à le dire, parce que ce n'est pas vrai. Les premières péridurales qu'on a eues en France, on allait dans les chambres parce que bip bip bip bip, il n'y avait plus le corps du bébé, normal il était entre les jambes. Mais la femme n'avait rien senti, mais le réflexe il y est. Ce n'est pas la péridurale qui empêche le réflexe. Mais ça, avec une péridurale, en général, on est dans la pire des postures. Demi-assise, et ça, ça empêche le bébé de descendre. Et tant que le bébé ne peut pas descendre jusqu'aux épines, et tant que le sacrum ne peut pas bouger, il n'y a pas de réflexe expulsif. Et donc, on dit, il n'y a pas de réflexe, il faut pousser. Non, il faudrait changer la position. Et heureusement, de temps en temps, la femme tout d'un coup vomit. on ne vomit pas dans n'importe quelle position. On se redresse, on se penche en avant, et le diaphragme remonte. Donc, c'est des choses que les traditions savaient. On voit beaucoup d'images, quand la femme est assise, dans l'histoire de l'obstétrique, il y a des gens derrière, qui tirent vers l'arrière, les mains sous les seins. Un peu comme quand on veut faire sortir un corps étranger, les manœuvres de Jelmich, il n'y en a aucune qui est pliée en deux en avant. Et c'est la position qui empêche le réflexe. Voilà, ils disent il n'y a pas de réflexe, il faut pousser il faudrait que le réflexe puisse avoir lieu. Et donc, il faut changer la position à un moment précis, pas une heure avant, au moment où le bébé arrive aux épines sciatiques, pas à la tête, pas le sommet, les tempes, les parietos. et ça c'est très difficile à voir cliniquement mais c'est là que la femme change de position, toute même avec une péridurale à minima, elle lève les fesses, elle serre les genoux, à un moment précis, pas avant,
- Speaker #1
avant ça marche pas alors il faut être patient c'est ce que j'entends,
- Speaker #0
patient ou faire quelque chose pour aider la descente, mais pas pousser Parce que c'est deux temps, la descente et puis l'expulsion. Ce n'est pas très poétique ce que je vais dire, mais on mange, on n'est pas des oiseaux, les oiseaux ils n'ont pas de rectum, ils mangent, ça sort tout de suite. Chez nous, avant que ça arrive en bas, il y a pour un moment. Mais quand c'est en bas, c'est autre chose. On va avoir envie, on va aller à la selle. Mais si... C'est pas en bas, on peut pousser tout ce qu'on veut, il ne se passe rien. Il y a le temps de la descente et le temps de la sortie. Ce n'est pas poétique de comparer à la défecation, mais au moins on peut comprendre un peu, et les femmes peuvent, pendant la grossesse, un petit peu se familiariser dans quelle position ça va mieux, parce que la femme enceinte n'a pas envie de pousser comme une malade, elle ne pousse pas. Son utérus dans les toilettes, elle n'a pas envie. Donc, elle va trouver des moyens d'aider, mais sans tout défoncer. Et c'est tout ce travail de chercher la position qui va permettre que le bébé soit dans l'axe, qu'il soit fléchi, qu'il puisse passer. Mais... Il y a des cordons courts et je ne sais pas rallonger le cordon. Il y a des choses qui ne… on ne peut pas faire des miracles. Il y a des placentas qui sont placés d'une telle sorte que le bébé ne peut pas changer sa posture parce qu'aucun bébé ne se couche sur son placenta. Donc faire tourner tous les bébés, c'est une aberration.
- Speaker #1
Et si on revenait à la respiration, justement. Ça m'est arrivé souvent pendant des accouchements d'observer que même quand il n'y a pas de péridurale, si on demande à la femme de faire des poussées bloquées et qu'elle finit par accepter parce qu'au Québec, la pression est très, très forte. Souvent, j'observais que la poussée réflexe n'aboutissait pas, n'arrivait pas. Est-ce que c'est parce qu'on bloque la respiration ?
- Speaker #0
Quand on pousse vers le bas le diaphragme, de toute façon, on ne peut pas… c'est pas le bon axe, c'est pas la bonne direction, et souvent ça va avec une mauvaise position. Je fais souvent faire cet exercice, pour apprendre à respirer, de s'asseoir un petit peu penché en avant, de lever les bras de chaque côté des oreilles, et d'expirer comme ça vers le haut, pousser vers le haut, pousser vers le haut. puis laissez inspirer, et après je dis, bon, maintenant on va expirer. Poussez vers le haut, et maintenant, allez, inspirez, bloquez, poussez votre diaphragme vers le bas. Eh bien, ce n'est pas possible. Si j'ai les bras tendus en arrière, je ne peux pas pousser vers le bas. Et donc, la femme qui est en suspension pour l'accouchement, on n'a pas besoin de lui dire comment pousser, elle ne peut pousser que sur l'expiration. C'est impossible de pousser bloqué. Le premier article de journal que j'ai écrit sur la poussée sur l'expire, c'était en 78 dans Marie-Claire, un journal de grand public féminin, pas du tout médical. L'époque ça n'a pas beaucoup porté mais... Après, il y a eu une période où tout le monde voulait accoucher en expiration, c'était le truc, la tendance. Donc, on a commencé à faire des touch-hose, pousser le diaphragme vers le bas à l'expire. Ça ne peut pas marcher, notamment. Faire tseu, tseu, tseu, tseu, tseu. Bon, il faut faire tseu, tseu, tant qu'on veut, ça ne marche pas. Et puis, finalement, on a pris les barres, on a levé la tête et on a fait... Ça ne marche pas, madame. Vous voyez la poussière d'expire, ça ne marche pas. On va pousser sérieusement maintenant. Dans cette position, ça ne peut pas marcher. L'expire, c'est les abdos qui poussent le diaphragme vers le haut. Je suis pliée en deux, mon diaphragme ne peut pas monter, mes abdos ne peuvent pas jouer. c'est pas expirer. Donc il y a plein de confusion comme ça. Après on dit, mais oui, ça ne marche pas. Évidemment, ça ne marche pas. Ça ne peut pas marcher. La posture détermine la respiration. Et une femme qui... accouche sur un réflexe expulsif qui ne peut pas s'empêcher d'accoucher, on l'entend. C'est pas aaaah Il y a une étude sur la poussée glotte ouverte. intéressant. Il n'y a aucune femme qui a accouché comme ça. C'est bien de faire une étude. Il n'y a aucune femme au monde qui a accouché à la bouche ouverte. Ou elle bloque, ou c'est un... C'est un expire freiné. Freiné dans la glotte. Qui veut dire un placement de la nuque, un placement de tout le corps. Et si j'en ai dans l'autre sens, ça ne peut pas marcher. mais voilà, on prend le sujet comme ça, le concept, on va pousser à l'expire, mais on ne sait pas ce que ça veut dire, on respire à l'envers, et donc après on dit ah ben ça ne marche pas, ça ne marche pas C'est vraiment difficile, et le deuxième bébé, quand par hasard... Ben, ça marche mieux ! Ben oui, parce que le réflexe exclusif, il est là, parce que le bébé descend beaucoup plus vite, parce que le passage, il a été fait, et que le bassin, il a bougé une première fois. Mais la première fois, c'est long ! La descente, c'est long, parce que ce bassin, il n'a jamais été ouvert comme ça, et ça ne va pas s'arranger, parce qu'on a des femmes de plus en plus sportives, et qui accouchent de plus en plus tard dans leur vie. Tard et beaucoup de sport, c'est des périnées et des bassins complètement fermés. Ok, elle a une bonne santé, elle a plein d'atouts, souvent les femmes sportives ne fument pas, ne boivent pas, n'ont pas de surpoids, plein de choses, mais le périnée des sportives, c'est pas... un périnée pour qu'il y ait des choses qui sortent comme ça quand elles sont en train de taper dans la balle ou de faire des choses. Donc il y a tout ça qui joue. Et on ne peut pas dire qu'avec une recette on va tout manger pour tout le monde, pour toutes les femmes. J'essaye de faire passer ce concept qu'il faut regarder ce que fait la femme, les signaux qu'elle envoie, les sensations qu'elle a. Mais c'est difficile parce qu'on nous a quand même mis dans la tête des images de position, des images d'accouchement. et que ce conditionnement, il est inconscient, mais il est très très présent. Dans les livres que j'ai écrits, il y en a un qui n'a pas un grand succès de librairie, mais que moi j'aime bien, c'est Féminité, maternité, comment les femmes sont manipulées Dans le temps, il y avait la religion, il y avait les hommes, il y avait les belles-mères, qui influençait les femmes. Aujourd'hui, il y a toujours ça, plus la médecine, plus les réseaux sociaux, qui sont extrêmement violents, et tout le monde s'en mêle. Et les femmes sont encore plus perdues qu'avant. Elles ne sont pas plus libres qu'avant, pas du tout. Je trouve qu'elles sont affolées, parce qu'on leur dit ce qu'il faut faire, pas faire tout le temps, tout est contradictoire. Et finalement, je trouve que... Aujourd'hui on met énormément de stress dans la tête des femmes. On les manipule plus dans le sens d'être contre, contre, contre. Et ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. Il faut qu'il y ait un minimum de confiance. Comment elle peut lâcher prise si elle est contre tout ce qu'on lui propose ? C'est souvent, je trouve, contre-productif.
- Speaker #1
Tantôt, vous avez dit que ça prend du temps pour faire descendre un premier bébé. Alors, comme on n'a pas d'expertise en matière de descente de bébé présentement au Québec, je me pose toujours la question quand je suis à un accouchement, puis on me la pose aussi. À partir du moment pour un premier bébé qu'on est à 10 cm, combien d'heures vous pensez qu'en moyenne ce serait logique d'attendre avant de s'attendre à ce que la poussée réflexe puisse arriver ? Imaginons que la femme est complètement libre de ses mouvements et peut faire tout ce qu'elle ressent comme besoin.
- Speaker #0
J'ai du mal à donner un chiffre, évidemment, parce que ça dépend. Ce que je peux juste dire, c'est que si vraiment c'est très long, ce n'est pas normal. Et que souvent, ça ne bouge plus depuis deux heures. Là, il faut faire quelque chose. Parce que malgré tout, le bébé, c'est fatigant pour lui, les contractions. Donc oui, ça peut être long, mais ça doit avancer un peu. Si ça bloque, il faut changer de posture. J'ai eu... L'occasion de faire une étude sur les variétés postérieures, une étude très sérieuse en Suisse, quatre ans, vraiment randomisée, vraiment une très belle étude. Les sages-femmes étaient très partantes parce que ça les intéresse. Des fois, on leur fait faire des protocoles qui ne les intéressent pas du tout. Là, vraiment, elles aimaient faire ça, bouger les femmes. et on a fait une étude sur les variétés postérieures. On a formé des sages-femmes à faire l'échographie de la présentation, rien que ça, pour qu'à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, on puisse avoir une échographie. Donc elles ont gagné au change, les filles, elles étaient vraiment investies. Et on a pu voir les femmes qui arrivent à la maternité au moment où elles arrivent. peu importe, et il y en a beaucoup au premier bébé qui arrivent très tôt. D'habitude, on ne cherche même pas la position du bébé, on regarde juste le col. Et là, on s'est rendu compte que si on regarde la position du bébé, quand elles arrivent à la maternité, on avait 46% de postérieurs, presque 1 sur 2. Ce qui n'est pas du tout le chiffre habituel, parce que le chiffre habituel, c'est à la naissance. Et en fait, ces femmes, elles sont dans les couloirs, elles se promènent, et il y en a plein. qui vont tourner tout seuls pendant qu'elles déambulent, et on ne les a pas diagnostiquées postérieures. En revanche, quand on avait diagnostiqué postérieures, l'étude c'était qu'il fallait que la femme n'ait pas spontanément pris de position, penchée en avant. Ça c'était un billet soi-disant si elle faisait ça spontanément. Et à mon avis c'est celle-là où les bébés sont tournés tout seuls. Donc elle n'avait pas eu envie de se mettre vers le quatre pattes. Et on proposait des postures aménagées avec des ballons, des coussins, des dossiers, confortables. à quatre pattes, donc si elle voulait poser le ventre, glisser le ventre dans le vide, etc. Tout ça était bien respecté. Tirage au sort, donc bébé postérieur, vous prenez une position quatre pattes. Il fallait qu'elle reste au moins un quart d'heure dans la posture pour que, on considère qu'elle était rentrée dans l'étude, après elle pouvait bouger, mais elle pouvait aussi rester beaucoup plus longtemps si elle était bien, et au bout d'une heure on refaisait l'échographie pour voir s'il avait bougé ce bébé. Et on s'est rendu compte que quand il bouge c'est dans le premier quart d'heure. Après, il ne bougera pas. Donc ce n'est pas la peine de s'entêter quand le bébé ne s'engage pas, par exemple, sur une posture, de rester deux heures, trois heures, ça n'a pas de sens. S'il ne bouge pas, il faut chercher autre chose. Et il faut chercher peut-être la posture opposée, le côté opposé, parce que tout le monde à gauche, ça ne marche pas. Voilà, et donc c'est chercher. il faut que ça avance quand même, parce que sinon, il y a quand même une grande fatigue, et au niveau du périnée de la femme, ça comprime, il y a des œdèmes, il y a des étirements, c'est pas normal que ça dure aussi longtemps la descente. Mais peut-être ce bébé n'est pas bien fléchi, en général il n'est pas bien fléchi, donc il y aura des postures plus favorables. Ça c'est toute la mécanique materno-fétale, mais c'est ce que j'ai essayé de... de bien décrire avec l'aide d'une ostéopathe qui elle s'occupe de la tête du nouveau-né, moi je m'occupe du périnée de la mère et on a fait des modèles de biomécanique materno-fétale, qu'est-ce qui est bon pour la mère, est-ce que c'est bon pour l'enfant, et en fonction des quatre pattes, des accouchements sur le côté, des accroupis pieds paralènes. Et quand je vois toutes les images qui sortent sur les positions d'accouchement, elles sont fausses. Toutes les images sur les positions d'accouchement sont fausses. C'est la posture qui est fausse. Et après, ça ne marche pas.
- Speaker #1
Et les femmes qui sont en accroupie et qui ne sont pas confortables, justement, avec les pieds en parallèle, qui demandent à pouvoir écarter leurs pieds parce qu'elles ne sont pas confortables ? Qu'est-ce qu'on leur propose ?
- Speaker #0
Il ne faut pas modifier la posture. Il faut donner les moyens de la posture juste. Déjà, la femme ne peut pas avoir... l'idée qu'elle veut accoucher accroupie, mais en fait, elle n'a jamais essayé. Et quand on essaie, elle ne peut pas poser les talons, elle n'est pas bien. Il y a celle qui ne peut pas être accroupie, en dehors de la grossesse. Puis après, il faut rajouter le ventre. Et il y en a, c'est tout coincé, ça ne va pas du tout. Elle pensait que c'était bien, mais ce n'est pas bien. Mais si on veut être accroupie, il faut être suspendue déjà. et donner la possibilité de poser les talons pieds parallèles, parce qu'autrement... ça bloque complètement le sacrum. Ça, j'ai fait sur moi des radios pour mesurer le bassin en fonction de la position des fémurs. D'abord des radios. Après, on m'a dit, non mais maintenant, c'est plus bon, les radios, il faut faire des scanners. J'ai fait un scanner sur moi, sur les positions. C'est là où j'ai montré qu'on peut gagner plus de 2 cm. Mais c'est... Voilà, j'ai... J'ai vraiment décrit ça avec les moyens de l'époque, c'est-à-dire des scanners, des IRM. Et si elle n'est pas bien en général, c'est parce qu'elle ne peut pas poser les talons, il faut lui donner les moyens de poser les talons, donc une suspension ou quelque chose où s'accrocher. Mais si elle met les pieds en canard, c'est exactement la position gynécologique, avec plus de pression et plus d'œdème.
- Speaker #1
c'est une fausse physiologie on revient à ce que vous disiez tantôt c'est à dire qu'on prend une petite recette une petite partie de la recette c'est ça et je dis souvent pour illustrer mettez vous sur des skis mettez
- Speaker #0
les pieds en canard bon ça va pas aller bien très longtemps même si je suis bien dans ma tête ça n'ira pas bien très longtemps parce que les skis qui s'en vont comme ça à droite l'autre à gauche ça marche pas La mécanique, c'est précis quand même. Et ce bébé, il passe juste, juste. Donc il faut respecter les axes, etc. Sinon, ça ne passe pas. Et quand ça ne passe pas, on pousse. Et la gravité, c'est aussi un des trucs un peu... une grande illusion. La gravité fait descendre le bébé. Non. sinon ils seraient tous dehors. Et en même temps que ça fait descendre les bébés soi-disant, on dit aux femmes, il faut marcher, il faut courir, il faut faire du yoga, des guerriers, des guerriers, des trucs tout debout. Non, enceinte, tu arrêtes de rester debout, parce que ça ne fait pas descendre le bébé, ça fait descendre l'utérus, ça comprime tout, ça fait des problèmes de circulation, de rester trop vertical. Mets-toi à quatre pattes, mets-toi sur le côté, il y a plein de possibles en yoga, pourquoi on va encore aller faire des postures debout, Mais après ça fait descendre le bébé, il faut savoir. Donc souvent c'est des clichés comme ça, des images, mais on n'a pas réfléchi complètement à ce que ça implique. des fois je vois des gens il faut serrer les genoux et se pencher en avant pour ouvrir le bassin mais tu sais de quoi tu parles ouvrir quoi tu te penches en avant et tu serres les genoux et le ventre tu le mets où là ? ça n'a pas de sens si tu te penches en avant tu n'as pas besoin de serrer les genoux voilà c'est juste que il y a quand même un minimum de mécanique à connaître, à respecter.
- Speaker #1
Oui. Et c'est vrai qu'au Québec, je ne peux pas parler pour la France, mais c'est vrai qu'au Québec, ce n'est pas la grande force des gens qui travaillent présentement en milieu obstétrical. C'est-à-dire que si on a une complication, on est exactement à la bonne place, ça va être très bien allé, ils vont nous prendre en charge. Mais pour comprendre vraiment ce que vous, vous avez compris, ce que vous enseignez, ce n'est pas toujours évident.
- Speaker #0
Oui. Mon combat, c'est que tout ce qu'on peut faire chez soi ou dans la brousse, on peut le faire dans une salle d'accouchement. Mais s'il y a un problème, il vaut mieux être dans une salle d'accouchement que dans la brousse. mais ce n'est pas incompatible. Et c'est pour ça que je veux former, si possible, beaucoup de médecins, d'infirmières en hôpital, parce que je ne veux pas que ce soit réservé à une élite qui peut avoir son accompagnante et puis pourquoi pas le SAMU et pourquoi pas le pédiatre, tout ça autour d'elle pour accoucher. Ça c'est très bien, mais ce n'est pas toutes les femmes qui peuvent avoir ça. Donc moi mon combat c'est que toutes les femmes devraient avoir droit, de tant qu'on est dans la physiologie, on accompagne la physiologie. Quand ça va mal, c'est là pour ça. Et là on est content d'avoir toute cette technicité. Mais si tout va bien... On fait des choses qui compliquent, qui font que ça ne va pas bien. Ça, ce n'est pas tolérable. Parce que c'est juste parce qu'on ne connaît pas, parce qu'on ne sait pas. Et qu'on a pris l'obstétrique avec une femme qui ne bouge pas, un bassin qui ne bouge pas. Et c'est dommage. Et tous les mannequins pour apprendre l'obstétrique... C'est un morceau de femme qui ne respire pas, qui ne bouge pas. Donc c'est difficile d'apprendre ce qu'elle devient quand on la met à quatre pattes, etc. Je comprends.
- Speaker #1
Et dans les principales clés, vous nous avez parlé des abdominaux, vous nous avez parlé du périnée, est-ce qu'il y a quelque chose d'autre que vous aimeriez ajouter pour les parents qui nous écoutent et qui veulent vivre une expérience la plus physiologique possible ?
- Speaker #0
Je pense que dans les suites de couches, les femmes sont beaucoup trop vite debout. qu'elles font trop d'efforts à la verticale, qu'elles ne se protègent pas au niveau périnéal. Et ça, je m'appuie énormément sur les pratiques traditionnelles, parce que dans l'obstétrique moderne, il n'y a rien sur les suites de couches simples. Il n'y a pas d'infection, il n'y a pas de l'accélération. c'est simple, allez, bonjour bébé, au revoir madame, et on ne la prévient pas que les six premières semaines, c'est fondamental pour tout l'avenir gynécologique. Les utérus descendent, se rétroversent, les prolapsus se fabriquent ensuite de couches beaucoup, les diastasis aussi. elles ont des problèmes de dos, elles ont peut-être des problèmes de douleur au rapport. Ce n'est pas que l'accouchement, c'est vraiment... L'accouchement, malgré tout, ça peut être sauf qui peut. Il ne faut pas croire que tous les accouchements vont être simples. Donc, parfois, on n'a pas le choix. On sait que ce n'est pas terrible, mais il faut sortir ce bébé. Mais après, c'est trop dommage. de faire des prolapsus, de faire des diastasis, parce qu'on veut être trop vite debout, parce qu'on veut faire trop vite du sport, parce qu'on ne veut pas se faire aider, on veut allaiter dans une mauvaise position. Et là, je ne sais pas gagner encore. Tout ça, ça ne s'est pas gagné parce qu'il faut bouger, il faut bouger, il faut bouger, il faut faire du sport, comme si ce n'était pas assez de sport d'avoir un bébé. Franchement, une femme qui a un bébé, c'est du sport. Donc elle a le temps d'aller courir, mon Dieu, elle a le temps. Mais aujourd'hui, c'est un véritable sevrage. Elles sont en manque. elles sont en manque, donc elles vont faire des choses, mais elles ne se rendent pas compte que la grossesse, ce n'est pas rien. Tout ce qui change dans une femme, dans une grossesse, ça commence par les pieds, elles n'auront jamais plus les mêmes pieds. Donc, elle veut courir, il faudrait changer tes chaussures déjà, parce que tu n'as pas les mêmes pieds. Ton mec, il a les mêmes pieds qu'avant. Jusqu'à la fin, il aura les mêmes pieds, sauf accident. Alors... Mais la femme, tout change, son bassin, ses abdos, ses articulations, elle perd 10 kilos en une semaine, c'est épuisant, et on ne les protège pas les moments ensuite de couche, on ne les protège pas. Et c'est vraiment un grand combat. Alors ça commence aujourd'hui, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a pris conscience de l'importance du post-partum, mais beaucoup dans une espèce de folklore un peu, qu'on va faire quelque chose d'un petit peu… comment dire ? Oui, avec des parfums de l'encens, du machin, de la musique, de la lumière, oui c'est bien tout ça, c'est bien, mais il y a des choses à faire, mécaniques, le bandage du bassin c'est pas n'importe quoi, et je vois des horreurs, où on fait juste l'inverse parce qu'on ne sait pas ce qu'on fait, c'est pas emballer la femme, n'importe comment. Non, c'est très précis le bandage du bassin. J'ai réussi à faire une IRM avec une femme, un bandage et sans bandage. On voit les articulations qui bougent, on voit la position de la vessie, de l'utérus. Ce n'est pas anodin, ce n'est pas juste. Alors si c'est un garçon, on prend le fichu bleu et si c'est une fille, le chiffre. Non, ce n'est pas ça. On peut faire beaucoup de choses très... très poétique. Je vais beaucoup au Brésil, ils font des tableaux avec le placenta, c'est très joli. Mais si la femme, elle sort avec son bassin de travers, c'est pas ça. L'essentiel, c'est de lui remettre son bassin d'aplomb. On peut rajouter tout le reste, toute la poésie, mais il ne faut pas se tromper. Un accouchement, ce n'est pas rien, ce n'est vraiment pas rien. Et ça peut durer toute la vie. et c'est quel non accouchement ?
- Speaker #1
c'est toute la vie et c'est dans les premières semaines que tout se joue les six premières semaines
- Speaker #0
dans toutes les cultures. Et nous, on le prend mal, on le prend comme une punition, qu'on ne peut pas faire ce qu'on faisait avant tout de suite, on ne peut pas reprendre tout de suite le sport, on ne peut pas… Mais six semaines, c'est rien dans une vie, c'est rien. Et tu as la nouveau-née qui est en train de créer tout ce qui va se créer dans l'attachement, dans tout ça, c'est une période essentielle. Et les femmes on les met hors de leur relation à elles-mêmes et à leur bébé. On leur donne des... des choses qui sont artificielles, et quand je vois qu'elles sont devant la télé avec un bébé au sein, je me dis au secours !
- Speaker #1
C'est sûr que de nos jours, il y a beaucoup plus de combats qu'on en avait. Mais nous, on n'avait même pas de cellulaire quand on avait nos bébés. On était complètement à une autre époque.
- Speaker #0
Mais bon, il faut rester très positive. Je suis très contente d'être revenue au Québec. J'espère qu'on va relancer. Tout ce qu'on avait fait, comme vous dites, tout ce que vous avez pu faire, plusieurs formations avec moi, je pense dans des milieux différents et sur des thématiques peut-être différentes. Il y a vraiment, il y a quand même au Québec une... Une demande de santé, les femmes sont assez sportives, le yoga est très populaire, on a envie quand même d'être un peu attentionnée à soi, c'est quand même quelque chose qui est très présent ici. donc il faut exploiter ça pour que ça donne des bons résultats absolument,
- Speaker #1
merci beaucoup pour votre partage,
- Speaker #0
ça m'a fait ennuyer de vous si vous revenez l'année prochaine je vais aller à toutes vos formations on va essayer de reprendre un petit peu et puis c'est vrai que les Les livres aujourd'hui, tout le monde écrit des livres, mais finalement le papier c'est moins... C'est difficile, il faut se poser pour lire. Donc j'ai enregistré un livre audio là, cette fois-ci. Je crois pas mal à ça, parce que les écrans on en a un peu marre aussi. Et parfois juste... Pendant qu'on promène bébé, pendant qu'on a à l'aide, pendant qu'on fait la cuisine, on peut écouter tranquillement. Par exemple, c'est une manière d'informer les podcasts aussi, évidemment. J'avais fait avec ma... Tout ce que je fais, c'est avec mes filles, mes petits-enfants, ou sur moi, etc. Et avec ma fille aînée, Marine, j'avais fait des IRM de respiration, où on voit... tout ce qui se passe à l'intérieur quand le diaphragme bouge, le périnée, la viscite, tout ce qui bouge. Et j'avais fait aussi des vidéos sur les positions pour l'accouchement, depuis à la maison. dans une chambre, dans un baignoire, autour de la table, sur la table d'accouchement, de base une table ordinaire, pas hyper sophistiquée, et les positions pour l'expulsion, la poussée, un expire sur le côté quatre pattes, gynéco-aménagé, suspension. Ce film dure demi-heure. Et il y a le papa qui aide la maman, qui fait respirer, qui étire, qui fait des massages. Et ce film, je l'avais fait pour aider les sages-femmes dans la préparation à l'accouchement. Je l'ai mis en accès libre sur Youtube. pour que les couples puissent aller voir quand ils veulent, tranquillement, le papa aussi, toutes les positions possibles, y compris dans la baignoire, 15 jours avant l'accouchement, et comment on se sert du matériel, du ballon, du coussin, de la table d'accouchement, de la baignoire, pour que les gens, quand ils arrivent, ne soient pas trop dépaysés. Et donc ce film, il est sur Youtube. position d'accouchement de Gascay.
- Speaker #1
Je vous mettrai aussi dans la page de l'épisode des photos de tous les livres que j'ai de Bernadette de Gascay. Il y en a un qui est un petit peu plus justement tout public, avec beaucoup de photos. Peut-être que ce sont même les photos dont vous parlez.
- Speaker #0
Alors, il y a des livres avec des photos. Les premiers sont surtout Bien-être et maternité Non seulement il y a les photos, mais il y a des QR codes avec le renvoi sur toutes les postures de toute la grossesse. Magnifique.
- Speaker #1
Je vous remercie vraiment beaucoup pour votre temps. Merci aussi pour tout ce que vous nous avez apporté, ce que vous allez continuer à nous apporter dans le courant des prochaines années. Merci beaucoup Bernadette.
- Speaker #0
Merci à vous. Et puis peut-être à une autre fois. Oui, absolument. Pas dans 25 ans. On va essayer de faire plus vite cette fois-ci.
- Speaker #1
Ouf ! Une rencontre qui m'a rendue à quelques reprises émotives et qui m'a ramenée, il y a presque 30 ans finalement, au moment où j'étais une bébé accompagnante, une bébé doula, et que j'ai suivi mes premières formations avec Bernadette. Des enseignements qui sont riches, des enseignements qui sont aussi pleins de sens. Si tu as envie de découvrir son travail au niveau des livres qu'elle a écrits ou carrément au niveau des formations qu'elle offre. Je t'invite à venir me rejoindre dans la page dédiée à l'épisode. Je vais te mettre toutes les informations importantes, intéressantes pour que tu puisses y avoir accès. Évidemment, je t'ai également mis le lien vers la vidéo dont Bernadette nous parlait qui est disponible gratuitement sur YouTube. Si tu as envie de découvrir les ateliers que je t'offre en mode gratuit, un atelier en prénatal, les 11 clés pour une naissance facilitée. Et en post-natale, les super pouvoirs de ton bébé, que tu sois intéressé par l'un ou par l'autre, le chemin est le même. Tu as simplement à aller dans la description de l'épisode pour pouvoir avoir les liens et pouvoir t'y inscrire. Si tu as envie que je sois ton accompagnante à la naissance, je t'invite simplement à me rejoindre sur mon site web opaleo.com. Tu verras, il y a une panoplie de possibilités en fonction de tes besoins, bien évidemment. Je t'invite également à me rejoindre sur Instagram. Tu y trouveras plusieurs vidéos que j'ai enregistrées en lien avec plusieurs épisodes de podcast. Au moment où tu écoutes cet épisode, j'espère que la vie est bonne et douce pour toi. Je te souhaite une magnifique journée et j'ai déjà hâte de te retrouver dans le prochain épisode.