- Speaker #0
Aujourd'hui, je te propose une rencontre avec Émilie Ouellet. Émilie est humoriste, autrice, scénariste et mère de quatre enfants. J'ai eu un énorme coup de cœur pour elle. Ses partages en lien avec ses enfantements et son vécu de la maternité sont colorés, touchants et particulièrement authentiques. Pas mal certaine que toi aussi, tu vas vibrer à l'écoute de son histoire.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici ! T'as tout là, c'est Léo, Annie, Pérez.
- Speaker #0
Je te souhaite la bienvenue, Émilie. Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Oui, merci beaucoup à toi.
- Speaker #0
Tu es une femme, une artiste accomplie. C'est fou tout ce que tu fais. Je ne sais pas, en fait, comment tu arrives à booker tes journées avec quatre enfants en plus. C'est quoi ton secret ?
- Speaker #1
C'est que ça ne marche pas. C'est ça le secret. Ça ne fonctionne pas, puis on essaye tout le temps.
- Speaker #0
C'est ça, c'est une bonne façon de voir les choses. Tu fais beaucoup de choses, tu as écrit de nombreux livres, entre autres des livres jeunesse.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as donné des spectacles. Il y en a un qui a attiré mon attention en particulier, ça s'appelle Accoucher de rire
- Speaker #1
Oui, quand même, pendant dix ans.
- Speaker #0
C'est fou, dix ans. Est-ce que tu as une idée de combien de personnes tu as pu rencontrer à travers ces tournées-là ?
- Speaker #1
Écoute, beaucoup. La chance que j'ai eue, j'ai vraiment fait la francophonie canadienne. Je suis allée du Yukon, j'ai vraiment fait Yukon, pas mal, toutes les provinces. J'ai rencontré beaucoup, beaucoup de parents à travers ces dix années-là. Des milliers, c'est sûr, mais je n'ai pas compté combien, mais vraiment très privilégié.
- Speaker #0
C'est incroyable. Et dis-moi, par curiosité, accoucher de rire pour toi, ça résonne quoi à l'intérieur de toi ? Pourquoi tu as choisi ce nom-là ?
- Speaker #1
Parce que pour moi, l'accouchement était vraiment positif. Mes accouchements ont été vraiment positifs. Positif, ça ne veut pas dire nécessairement que tout s'est super bien passé dans le meilleur des mondes. Ce que je veux dire, c'est que c'est quand même positif pour plusieurs choses qu'on pourra parler. Puis l'idée aussi de déconstruire tous les stéréotypes qu'on a autour de la maternité, de la grossesse, de l'accouchement. Je trouve que l'humour, c'est un moyen d'expression que j'ai de toute façon. C'était comme de relier tout ça ensemble. Ça fait que l'expression pour moi venait de là, ensemble. Ça disait ce que ça disait, puis je trouvais que c'était clair. Mais oui, c'est de là que ça vient.
- Speaker #0
Tu continues aujourd'hui à jouer sur cette facette-là. Tu fais beaucoup d'humour en lien avec la maternité, en lien avec la vie de famille aussi. Je vais d'ailleurs mettre dans la page de l'épisode tous les liens pour pouvoir te rejoindre, ainsi que le lien vers ton Patreon.
- Speaker #1
Oui, absolument. C'est une plateforme où je vais donner à la fois des trucs ou des échanges de réflexion sur la famille, puis j'ai aussi un volet sur l'écriture pour les livres. C'est super chouette, c'est facile absolument. Venez me rejoindre là, ça me fait plaisir de partager ça avec tout le monde.
- Speaker #0
Magnifique. Et raconte-nous, comment se sont passés tes enfantements et surtout... Qu'est-ce que tu en as retiré ? Comment tu as vécu ces transformations-là ?
- Speaker #1
J'ai quatre enfants, donc c'est arrivé quatre fois. Ma plus vieille a 15 ans, ça fait quand même un petit bout. Moi, à la base, j'ai eu la chance de côtoyer dans ma famille, j'ai une cousine qui, elle, avait accouché à la maison avec une sage-femme. Elle est plus vieille que moi, donc cette cousine-là, elle avait eu ses enfants. Moi, j'étais adolescente quand elle avait eu ses enfants. Mais ça m'avait toujours fascinée, tu sais, comme en ouais, tu peux accoucher à la maison avec une sage-femme, c'est quoi ça ? Tu sais, tout ça, j'étais comme dans la curiosité. Ce qui fait que quand moi, je suis tombée enceinte, c'est sûr que c'est venu me chercher, parce que moi, je suis un peu hypochondriaque dans la vie, tu sais. Fait que moi, aller dans les hôpitaux, c'est le moins possible. Fait que j'aurais pas pu accoucher à l'hôpital, tu sais, j'étais comme c'est pas possible Mais en même temps, je suis aussi quelqu'un qui tolère pas vraiment bien la douleur. C'était drôle parce que je voulais accoucher avec une sage-femme, mais ce n'est pas parce que je voulais accoucher avec une sage-femme qu'il y avait nécessairement une place. Au début, j'ai dû être sur une liste d'attente. Puis là, j'ai commencé un suivi médical. Je me rappelle le premier rendez-vous où on est allé écouter le chœur. J'étais à l'hôpital avec mon chum. On est là. Nous, on était émus. Tu comprends ce que je veux dire ? C'est notre premier bébé. On arrive à l'hôpital. Déjà, il a fallu attendre deux heures, même si on avait un rendez-vous. J'étais comme Mais tu sais, c'est pas grave, parce que c'est notre bébé, ça va être le fun. Mais quand on est rentrés, mon feeling, et ce n'est pas la faute de personne, je suis sûre que c'est le système qui est comme ça, mais... J'avais l'impression d'être dans une machine, dans une usine à saucisses. Tu comprends ? On est rentrés, on s'est couché. Je me suis couché sur la table, je veux dire. Puis là, la médecin était là, posait des questions rapidement. On a pris le poids, tu faisais combien ? C'était comme tac, tac, tac, tac, tac. Puis là, avez-vous des questions ? Puis là, on était là, on a-tu des questions ? Je ne sais pas. On a-tu peut-être la prochaine fois, qu'il y ait même vos questions arrivées préparées. Tu sais, j'étais comme, hey boy, je ne m'attendais pas à ça. Et là, on écoute le coeur du bébé, moi, les yeux pleins. Nous, on pleure, on est là, elle est là, comme non, il faut y aller J'étais comme on n'a pas eu le temps de vivre ce moment-là, vraiment, on repart Nous, on était quand même sur un nuage, on avait entendu ce petit train-train-là. On était, mais, un peu bousculés, si tu veux, de cette affaire-là. Et je pense, à mon souvenir, le lendemain, j'ai eu un appel de la maison de naissance qui disait qu'on aurait une place en maison de naissance. La première étape, c'était de venir visiter et de venir à une rencontre d'information pour savoir si c'était vraiment ça qu'on voulait, mais il y avait de la place. de parce qu'on venait de suivre, d'avoir cette expérience-là, j'ai fait comme, c'est sûr. Quand on est arrivé là-bas, qu'on a eu la rencontre d'information, c'était sûr pour moi que c'était là que ça se passait. Fait que là, il nous a dit, c'est une sage-femme. Et la première rencontre avec la sage-femme, déjà, on a une heure de rencontre. comparé aux deux minutes et quart qu'on avait eues à l'autre place. Mon chum pose des questions, je pose des questions, on parle d'un paquet d'affaires. J'étais tellement certaine du choix. J'étais comme, oui, je suis à la bonne place. C'était exactement ça. Puis, ce qui est drôle, que moi j'ai su par après, c'est que mon chum et ma mère étaient convaincus que je n'allais pas rester avec une sèche-femme ou réussir à accoucher en maison de naissance parce que ma tolérance pour la douleur est vraiment faible. Tu comprends ? Mais ils ne m'ont jamais dit. Mes autres, ils s'en parlaient et ils disaient Ouais, ça ne va pas. C'est comme Émilie, c'est ça qu'elle veut, mais quand la douleur va arriver, ça n'arrivera pas. Mais ils ne me le disaient pas. Puis moi, je continue à cheminer là-dedans. C'est vrai qu'à un moment donné, je me rappelle que la réflexion allait, parce que tu ne sais pas c'est quoi la douleur, la douleur d'un accouchement. Puis tu te dis, je vais-tu être capable d'endurer ça ? Qu'est-ce qui arrive si j'ai besoin d'une péridurale et qu'il n'y en a pas avec les sages-femmes ? Je me rappelle d'en avoir parlé avec ma sage-femme, puis ma sage-femme, elle m'avait tellement dédramatisé ça, elle avait dit, Émilie, à partir du moment où tu veux aller à l'hôpital ou que tu changes d'idée, c'est toi, c'est ton accouchement, c'est toi qui décide. nous, on ne va pas t'attacher dans la chambre. Ça m'avait rassurée, mais dans le fond, ça, quand tu y repenses aujourd'hui et qu'il y a ta couche-mère plus tard, je réalise que c'est ça, le fil conducteur de la vision de la profession sage-femme, c'est que le pouvoir est aux femmes. C'est pas à propos de la péridurale, pas de la péridurale. C'est pas à propos d'accoucher à la maison, d'accoucher en maison de naissance ou à l'hôpital ou dans l'eau, pas dans l'eau. C'est pas ça. C'est le pouvoir est aux femmes, puis elles reconnaissent que les femmes peuvent changer d'idée à tout moment, avant, pendant, sur le bord d'eux. C'est ça, puis c'est ça qu'elles respectent. Ça, c'est une vision. complètement centrale dans la profession sage-femme, je pense. J'avais beaucoup de doutes, puis j'avais beaucoup de peur, puis c'est sûr, parce que tu sais pas c'est quoi. Puis je parlais avec plein de gens qui avaient accouché, puis là, je me disais à quoi ça ressemble. J'essayais de m'agripper à quelque chose. Je suis allée chercher des outils que... Il y en a une qui me disait, moi, je criais, je faisais des sons graves, ça m'aidait. Quelqu'un d'autre me disait, moi, j'avais un ballon, un gros ballon d'exercice, ça m'aidait à prendre les contractions. Quelqu'un d'autre m'a dit, moi, c'était... j'écoutais de la musique. Je suis comme allée chercher, je pense, chez beaucoup de personnes, des trucs. J'avais l'impression de remplir mon coffre à outils et je me disais, quand ça va arriver, moi, je ne sais pas, mais au moins, ça va me venir vite. Des points de pression, de l'hypnose. J'avais écouté le documentaire Orgasmic Birth qui a été rebaptisé, je pense, Organic Birth depuis, parce que je pense que ça faisait peur à des gens. Mais quel film ! qui montraient des vrais accouchements physiologiques, qui inspiraient. En tout cas, moi, ça m'inspirait. C'est sûr que j'ai tout fait. Je me rappelle que ma sage-femme, elle me disait, elle allait me préparer à cette douleur-là. Elle me disait qu'un premier accouchement, en général, c'est plus long. On parle en moyenne de 12 heures. Moi, je me rappelle, en matin, je me disais 12 heures, ça ne sera pas possible. c'est pas possible. 12 heures, c'est trop. Puis, tu sais, en plus, je pense qu'elle me disait 12 heures, mais elle voulait probablement dire plus, même, mais tu sais, qu'elle voyait que j'étais quand même là, tu sais, c'est pas mal 12 heures. Mais moi, je me rappelle de parler à mon bébé, puis je me disais, là... Non, 12 heures, ça ne sera pas... Comme moi, la douleur, ça ne marche pas. Le plus vite possible, ça va être le mieux. Moi, je faisais un deal. Le deal, c'est le plus vite possible, c'est ça le mieux. Mais je me rappelle qu'aussi, dans les rencontres prénatales avec les sachants, il y avait quelque chose qui avait retenu mon attention, c'est qu'elles me disaient... il y a toujours un moment, peu importe combien de temps dure l'accouchement, qui dure 40 heures, 10 heures, 2 heures, il y a toujours un moment. où la femme lâche prise, elle laisse aller. Puis là, le travail, il accélère d'une shot. Il peut y avoir comme un plateau pendant un bout, puis après ça, il y a comme quelque chose, un laisser-aller qui fait, OK, on arrive dans l'autre étape, puis là, ça va vite. Moi, j'ai comme... Tu lis ça dans ma tête, je me dis, oui, là, ça va. Il faut que je dise oui. Tu es dans ma tête, je me dis, il faut que je dise oui. Plus vite, je dis oui. Plus vite, on part à travers ça. Bref, je n'en parle pas trop à ma sachante parce que je savais que c'était weird de dire... Moi, je parlais avec mon bébé, il dit, bien, oh... 12 heures, on n'acceptera pas ça. Puis tu sais, je suis en retard. Moi, mes dates prévues d'accouchement, j'ai toujours dépassé les 4. Si j'étais enceinte encore aujourd'hui, je suis probablement sûre que je serais comme, on ne se stresse pas avant la date, ça va aller après. Donc, mais là, je ne sais pas, c'est mon premier accouchement, fait que la date arrive, pas de bébé, tout ça. Je me rappelle que j'avais comme un rendez-vous avec ma sachemme le vendredi, puis là, j'étais un peu inquiète. Parce que là, quand tu dépasses avec une sachemme, c'est ça qui t'inquiète, c'est que tu ne veux pas aller à l'hôpital, tu ne veux pas être au Hockey, tu ne veux pas arriver là. Ma chambre était là, regarde, on est vendredi, on va se revoir lundi, tu sais, comme, fais juste relaxant fin de semaine, ça va bien aller. Fait que dans la nuit de samedi à dimanche, je ne suis pas fatiguée, je regarde un film, mon chum est allé au cinéma avec une amie, il est revenu après, on a regardé un film. Tu sais, on s'est couché à 3h30 du matin, quelque chose qui n'a pas de sens, tu sais, que tu fais ça à part à part de se coucher tard demain. Puis, pas le temps de m'endormir, en fait, la poche de mes os a éclaté. Mais c'est vraiment ça, on l'a entendu, ça a fait pow Puis tu sais, je suis dans le lit, puis je l'ai senti. Puis là, mon chum, il fait Qu'est-ce que c'était ça ? J'étais là T'as entendu ? Puis j'étais comme Ouais !
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilité et bien organisée.
- Speaker #1
Puis là, les contractions ont parti. Puis... Je me rappelle de la première contraction, j'ai paniqué, j'ai regardé mon chum et j'étais comme je ne serais pas capable On avorte de la situation, on n'est pas bonne, on abort the mission, abort the mission j'étais comme je ne serais pas capable Puis mon chum, il est comme ben, tu n'auras pas le choix j'étais comme ah ouais, ok Puis, mon chum, lui, il était tellement premier de classe. Dans le sens que la sache-ambre lui avait dit, tu prends en note les heures. Puis elle dit, tu m'appelles quand ça fait deux heures. Quand ça fait deux heures régulièrement, aux 15 minutes, tu m'appelles avant ça. Tu ne m'appelles pas. Moi, j'ai des contractions. Elles sont rapprochées. Je vais prendre une douche. Pour moi, c'est la rencontre avec la douleur. C'est aussi la rencontre avec... Pour moi, ça a été une grande différence de dire... J'ai fait la différence entre la souffrance et la douleur. Pour moi, ça a été vraiment, dans ma vie, deux choses complètement distinctes. La souffrance, c'est quand j'ai eu une appendicite. Ça fait mal, ça fait de plus en plus mal. t'as pas de contrôle dessus, pis si tu fais rien pour le régler, ça va juste empirer, ça sert à rien d'endurer ça, c'est autre chose. Mais là, la douleur de l'accouchement, ah, là c'est différent, c'est une douleur qui t'amène vers un objectif super concret qui est de mettre au monde un bébé. C'est une douleur qui arrête quand t'as pas de contraction. c'était vraiment ça, j'ai pas de contraction j'ai plus de douleur ce qui me faisait ressentir de la douleur c'est que j'anticipais l'autre, fait que là maintenant j'ai fait ok mais si j'anticipe pas la prochaine qui s'en vient je peux juste respirer dans ce moment-là fait que j'ai comme tout apprivoisé je te dirais ça, mettons je prenais ma douche parce qu'à un moment donné j'ai eu envie de, j'ai comme crié dans la douleur mais pas de contrôle un cri genre désespéré pis là ça m'a fait plus mal pis là j'ai fait oh ça c'est pas la bonne tactique fait que Je me rappelle d'être assise sur la toilette un moment donné et de sentir la contraction, mais en même temps de visualiser mon col s'ouvrir et d'acquérir mon bébé. Je me rappelle physiquement, mon corps faisait comme… Je me rappelle avoir pris conscience de tout et d'en faire comme non, relâche. Puis là, j'étais là comme… Je me suis dit comme oui, tu sais, je me disais oui, il faut que je fasse oui. Puis de s'apprivoiser de cette douleur-là, puis je m'appelle, je disais à mon chum, là, tu appelles, là, il faut que tu appelles la salle. Je me rappelle, mon chum, il me disait, ça fait pas deux heures. Là, j'étais comme non, non, non, shit. Là, je savais pas comment le dire, je sais pas comment te le dire, mais je le sais que ça s'en vient. Fait que go, tu sais. Fait que là, un moment donné, je pense qu'il m'a vu, il a fait, OK, là, on a appelé. La Sachem m'a dit ce que je peux te parler, je vais lui parler, mais je pense qu'elle a entendu dans ma voix. Dans le fond, j'ai une contraction, je ne peux pas rien faire d'autre, je ne peux pas faire qu'elle a fait ce qu'elle a, c'est comme dîner vous-en. C'était l'automne, je ne suis pas habillée, je n'ai pas de chaussette, juste une jupe, je n'ai rien, c'est juste comme on s'en va, let's go, on y va, on y va. Dans l'auto, j'ai trouvé ça difficile parce qu'il faut que tu restes en contrôle et que tu aies envie qu'elle aille vite. Au moins, c'était tôt le matin, il n'y avait pas de trafic, j'aurais capoté ma vie. Mais quand on est arrivé proche de la maison de naissance, moi, j'ai commencé à pousser dans l'auto. Fait que, tu sais, là, j'ai senti, là, j'ai fait... j'ai enlevé ma ceinture de sécurité, j'ai commencé à pousser, puis là, on était à une lumière rouge, puis mon chum a fait... Tu sais, il n'y avait pas d'auto, il dit, je pense qu'on va y aller. D'arriver à la maison de naissance, mon chum se stationne, je sors de la voiture, je marche, j'étais comme vite jusqu'à la maison de naissance, mais je ne suis pas capable de monter, j'ai une contraction, puis je pousse, fait que je m'accroupis, je suis dehors, je m'accroupis, puis je suis comme... Je me rappelle d'une fille qui marche sur le trottoir, qui accroise mon regard, puis elle est comme... Tu es correct. Mon chum, il m'a dit C'est beau, c'est beau. Les deux sages-femmes qui sortent, j'ai ramassé la chambre, je suis postée. Elle fait Oui, oui, je t'entends. Ils m'ont ramassée. On y a été par étapes. Montée des premières marches, contraction, monter pour s'installer dans la chambre. Je me rappelle d'arriver dans la chambre, je pense que j'ai fait revoler tous mes vêtements. Je ne voulais plus, je ne voulais rien. Parce que ça, c'est drôle, je vous le dis. Parce que quand tu n'as pas accouché encore, tu te dis, ben là, il y a des étrangers, ils vont me regarder. Le monde, tu sais, puis honnêtement, c'est bien correct. Il y en a qui vont se magasiner comme genre des tops pour avoir les... Moi, le moindre de mes soucis, il aurait pu avoir l'Assemblée nationale live dans la chambre. C'était comme j'accouche, tu comprends ? Je voulais pas un morceau de tissu. C'est comme si j'étais devenue hyper sensible. Je voulais rien, là, tu sais. Là, j'ai commencé à pousser. Je poussais, mais moi, j'ai poussé. Tu vois, la poussée a duré presque deux heures de poussée. Ce n'est pas parce que je poussais que j'étais en train d'accoucher. C'était interminable, mais ça me faisait du bien. Moi, la poussée me faisait du bien. C'était comme si ça me soulageait. Mais c'est juste que c'était long. Là, c'était comme, on va essayer des nouvelles positions. Ma sœur m'a dit, on va essayer accroupi, on va essayer assis, on va essayer sur le petit banc. Mané, elle m'a mis comme une ceinture pour aider. Je suis comme, non, non, pas ça. Il y a eu bien des affaires qui ont été essayées. je revenais toujours sur le lit, je voulais revenir sur le lit pis j'étais correcte comme ça, pis jusqu'à temps que, tu sais, à un moment donné, c'est ça, ça arrive, je me rappelle, je disais à l'autre, ça change, elle a dit ça va-tu finir bientôt, ça finit-tu bientôt ? Pis, à un moment donné, Catherine, elle s'appelle Catherine, elle m'a regardée pis elle a fait ça va finir, c'est sûr que ça va finir, mais elle dit là, tu sais, comme on arrête de se poser la question, tu sais, genre, il est quelle heure pis ça va-tu finir ? D'ailleurs, c'est pour ça qu'il n'y a pas d'horloge dans les chambres de maison de naissance, parce que t'es pas en train de te focusser là-dessus, tu sais. Pis là, un moment donné, tu sens l'anneau de feu. où est-ce que la tête du bébé reste là. C'est comme si toutes ces étapes-là, je fais comme, OK, là, je sais que ça s'en vient. Puis là, la tête est venue au monde. Puis moi, ce n'est pas tout venu au monde d'un coup. C'est comme la tête, puis après ça, on attend une autre contraction. C'était toute cette sensation-là aussi d'être comme wow Puis je me rappelle que ma soeur m'a dit mais touche, ton bébé est là, ton bébé est là Puis moi, j'étais comme ah, je ne comprenais pas ce qu'elle me disait. C'est comme si je ne comprenais pas ce qu'elle voulait me dire. Maintenant, elle a pris ma main, puis là, j'ai touché la tête, puis j'ai fait comme holy mack, a ronin cheese C'est concret, c'est vrai, c'est là. Puis, la contraction d'après, le corps se tourne pour que les épaules passent dans l'autre sens. est venue au monde. Puis moi, je ne savais pas, on n'a jamais demandé si c'était fille ou garçon pendant la grossesse. Fait que je n'ai aucune idée à ce moment-là. Je parlais à mon bébé, mais je me rappelle aussi de tout ce moment-là dans cette poussée-là où j'étais juste connectée avec mon bébé puis on se parlait, tu sais, puis je me disais c'est là, puis ça s'en vient, puis c'est comme si je sentais mon bébé me répondre aussi. Puis on a vraiment fait ce voyage-là ensemble. Puis là, tout de suite, c'est comme j'ai le... C'est sur moi, mais je n'ai aucune idée. Puis à ce moment-là, on dirait que je m'en fous vraiment. C'est une fille, c'est un garçon. Puis mon chum, il est debout. Puis lui, il a vu avant moi, tu sais, le sexe du bébé. Puis quand j'ai vu sa face, j'ai tout de suite su que c'était une fille. Parce que dans la grossesse, pourquoi on était convaincus ? Les deux, on était convaincus que c'était un garçon. Je ne sais pas pourquoi on était convaincus de ça. Fait que quand j'ai vu la face de mon chum qui était surpris, genre j'ai fait Ah, tu sais, dans ma tête, c'est comme ça, c'est sûr, c'est une fille. Puis j'étais comme contente, puis j'étais toute là. Puis tu sais, le placenta n'est pas né encore, mais tu as encore, tu sais, tu as ton bébé qui est là. sur mon cœur, c'était comme wow, avec le cordon, puis après ça, c'était comme, puis je me rappelle que quand, là, est venu le temps de mettre au monde le placenta, ah, ça, c'était tellement soulageant. À ce jour, c'est la sensation de soulagement la plus grande que j'ai eue de toute ma vie. vraiment, il n'y a pas rien qui peut me dire... Ah oui, c'était... Non, non, non, une bonne envie de pipi, non, ça n'a rien à voir. Le placenta qui sort, c'était comme wow. Oui, puis après, toutes les affaires, je pense, qui me faisaient peur avant, je vais-tu déchirer, vas-tu faire caca en même temps, vas-tu faire... Tu sais, toutes les affaires qui nous stressent avant, ça n'a aucun... ni sens, ni signification, ni rien. Puis moi, j'ai déféré à mes quatre accouchements. Mais tu sais, c'est parce que quand t'as pas accouché encore, t'as l'impression qu'on te prend la peau puis qu'on la déchire de même. Mais quand t'accouches, tu le sens pas. Je veux dire, littéralement, elle m'aurait dit t'as pas déchiré puis j'aurais fait ok Elle m'a dit t'as déchiré j'ai fait ok C'est pas une sensation que tu ressens. C'est juste comme c'est elle qui te le dit après. Puis là, bien entendu, t'es anesthésié pour la réparation, puis tout. Juste pour te montrer ma personnalité, moi, tout de suite, tout est fait en même temps. Tu as ton bébé sur toi, tu es plein d'endorphine, tu es comme plein d'affaires, on va te recoudre en même temps, c'est correct. Je suis gelée, je ne sens rien, je suis gelée. Mais moi, c'était mon plaisir, je savais qu'elle cousait et je me suis dit Oh ! Puis elle faisait comme Ah ! et je me suis dit Non, je ne sens rien. Ça, j'ai dû faire ça, je pense que j'ai fait ça aux quatre. Pour vrai, j'ai fait ça aux quatre accouchements. Ça m'a tellement fait rire, j'ai tout le temps fait ça. le pot à pot, l'adrénaline d'être là sur le début. La différence entre mon premier et ma dernière, c'est que la première, on a vraiment appelé tout le monde. Tout le monde est venu nous visiter. Après ça, on a appris qu'on avait annoncé que cette première journée-là, il fallait que tu dormes. Il y a tout ça qui part. C'était comme plein de monde visitait, venait. Le soir, je me rappelle, mon chum était épuisé, couché sur le lit. Il dormait et j'étais comme... Toi, t'as fait quoi comme effort en chambre ? J'étais comme je vais le faire du ski, je vais le faire comme ok. Puis d'être à la maison de naissance, je veux dire, manger, j'ai mangé des gaufres après avec plein de fruits, puis du sirop d'érable, puis du pain doré. L'aide natale, les aides natales à la maison de naissance, pour vrai, c'est comme... On a eu la même aide natale pour les quatre accouchements qui ont été là. C'est toutes des pensées comme ça. C'est la bienveillance, c'est comment ça fonctionne, c'est d'être là. Je veux dire, oui, tu es dans ta chambre, tu es dans ta bulle, mais il y a quelqu'un qui est juste à côté, puis qui vient vérifier, qui vient regarder avec toi, qui s'assure que ça va bien. le lendemain, je me rappelle avoir été prendre une douche, mais c'est juste ça. Juste me rendre dans la salle de bain, aller faire pipi, être dans la douche, d'avoir un petit banc dans la douche pour pouvoir rester assise dans la douche en même temps. Que mon chum était dehors de la douche avec le bébé. L'utérus reprend sa place tranquillement, pas vite aussi. Il y a toutes ces affaires-là. Je m'appelle d'être retournée chez nous. Il y a un moment qui m'a marquée avec ma première, quand on est revenu à la maison, c'est que ma mère était venue passer une semaine avec nous pour nous aider. J'ai eu la chance. Ma mère est venue à chaque accouchement passer la première semaine avec nous. Un moment donné, je suis couchée sur le divan. Je suis juste dans un état postpartum. Ma fille se met à pleurer. Elle pleure. Ma mère est là debout avec elle. Elle essaie de la consoler. Mais moi, vraiment, J'ai comme tout de suite su, j'étais comme tout de suite su qu'est-ce qu'il lui fallait, tout de suite su qu'est-ce qu'il fallait faire. J'ai dit à ma mère, amène-moi là. Je m'en ai mis ma fille et je l'ai déshabillée ma fille au complet. Je l'ai mise tout nu. J'étais en robe de chambre, j'ai ouvert ma robe de chambre et je l'ai mise en peau à peau. Puis, à ce moment-là, je me rappelle de... Tu sais, on me rend émotive, je suis émotive à chaque fois. Mais j'ai vraiment senti nos cœurs ont commencé à battre en même temps. Elle a arrêté de pleurer instantanément. Puis c'était comme... En fait, moi, à ce moment-là, puis on est peut-être trois jours post-partum, je pense que j'étais surtout dans ma tête. Je venais d'avoir un bébé. Je faisais les choses qu'il fallait faire, mais je n'avais pas senti cette connexion-là d'amour, mettons. je savais que je l'aimais, mais ma tête le savait. Puis là, à ce moment-là, ça l'a fait comme paf, puis j'ai fait comme, oh, OK. Pour moi, c'est important aussi, parce que j'avais tellement peur du postpartum, parce que c'est un humain que je ne connais pas. Je ne sais pas si je vais l'aimer, cet humain-là. Puis c'était une vraie question, puis je trouvais ça plate parce que personne ne me donnait de réponse, parce que tout le monde me disait, mais non, mais c'est sûr que tu vas l'aimer, c'est sûr que tu vas l'aimer. Puis je disais, oui, mais mettons que non. mettons que non, mettons que je ne l'aime pas, ce bébé-là, mettons que je ne suis pas capable de le sentir pour X raisons, ça se peut, mais les gens étaient comme, non, non, je ne me sentais pas entendu, puis là, ça m'a pris quand même trois jours, mois, avant d'avoir cette connexion-là, je commençais un peu à paniquer, puis là, on n'est pas spartan, il y a toutes les hormones qui sont contre nous, tout ça, puis... Puis ça existe, je veux dire, cette non-connexion-là qu'il peut avoir. Fait que le ressenti, pour moi, ça a été comme wow Mais en même temps, ça m'a rappelé que ce n'est pas instantané nécessairement. Ce n'est pas parce que tu es enceinte que tu aimes ton bébé, puis ce n'est pas parce que tu accouches que tu le vois que tu aimes ton bébé. Mais ce que ça m'a permis à ce moment-là, c'est de savoir que oui, ça peut s'en venir. Je pense qu'il y a plein de choses qui m'ont aidé aussi. Le fait que je fasse du pot à pot, que je sois là, que je sois bien entourée, que j'ai allaité et que ça a bien marché. Il y a ça aussi, parce que tu peux allaiter et que ça ne marche pas. Il y a comme bien des enfants. J'étais bien entourée. Ça fait que oui, ça c'est l'histoire de ma première. T'imagines-tu ? Je pense que ça fait 30 minutes que j'ai raconté juste ma première. On n'a pas le temps pour les trois autres.
- Speaker #0
Je suis intéressée, je suis intéressée. Je suis intéressée aussi que tu me dises comment tu peux continuer à te dire que tu n'es pas bonne pour la gestion de la douleur, alors que tu as eu quatre accouchements physio rapides en plus.
- Speaker #1
Non, maintenant je le suis, maintenant je le suis. À ce moment-là, je ne le savais pas. Oui, puis rapide, parce que tu vois, ma plus vieille, ça a été en tout 4h50. À partir du moment où j'ai crevé la poche des os et qu'elle est venue au monde, 4h50. Parce que chaque histoire... Non, mais pour vrai, c'est des histoires qui sont intenses puis on se ramène dedans. Mais mon fils, lui, mon fils est venu au monde dans une tempête de neige. Le petit maudit. Fait que... Puis mon fils, pour dire que c'est une surprise, lui. Les autres, c'était des grossesses planifiées. Dans le sens qu'on voulait, je voulais quand même tomber enceinte. Lui, c'était une surprise. Fait que déjà, mon rapport avec la grossesse était différent. Parce que je savais qu'on allait avoir un autre enfant, mais dans notre tête, on l'aurait fait un petit peu plus tard. Là, le fait d'être enceinte plus tôt m'a aussi amené de la frustration parce que c'était comme, OK, mais ça aurait été mieux un petit peu plus tard. Ça aurait été mieux un petit peu plus tard. Il y avait comme tout le temps cette affaire-là. on embarque dans le train, à un moment donné tu es enceinte, c'est ça que je veux et c'est correct. Donc encore une fois, je suis en retard de 10 jours. Je pense avec mon fils, je suis en retard de 10 jours. C'était correct parce que la date prévue concordait avec notre date d'anniversaire de couple à Mont-Champigny-Mont. Et je me disais, je ne veux pas gérer ça en même temps. Plus on dépassait la date, plus j'étais comme, c'est correct, on va pouvoir gérer ça plus tard. Quand j'ai accouché cette journée-là, on était allés à la fête des neiges. Je voulais vraiment, le but c'était de déclencher le travail. C'était comme ça. Puis ce soir-là, mon chum, ça tu vois c'est le running guy chez nous, mon chum les veilles de mes accouchements, il est toujours parti faire quelque chose. Il est allé avec une amie au cinéma, avec la plus vieille. Là, c'était la fête de cette même amie-là. Puis, il est parti fêter avec elle. Tu sais, quand tu y repenses aujourd'hui, tu te dis Voyons, on était 10 jours au post-patin, où est-ce qu'était notre jugement aujourd'hui ? Fait que là, moi j'ai un enfant de 2 ans qui est comme surexcité d'avoir mangé du chocolat toute la journée, puis là, il était dans le petit parc. Par exemple, moi je vais garcer dans le parc, il n'y a pas rien à faire. Le parc est à côté du lit, moi je vais essayer de m'endormir un peu. Il est comme 11h30 le soir, les contractions au port. Puis là, je le sais, là c'est la reconnaissance de la douleur. L'avant, c'était comme la surprise, la découverte. C'est comme Ah, I know you ! On gagne ! Fait que là... Puis ma fille était dans le parc, puis elle était comme wouah wouah wouah Je me rappelle, elle était vraiment intense. Moi, je prenais mes contractions, et là, je suis comme en déni de tout. Je suis en déni de c'est-tu des vraies contractions ? C'est peut-être juste nanana, tu sais, il fait une tempête de neige dehors, mais… Je suis comme moi, tout va bien, tout va bien. Je me lève, je vais sur le ballon, j'ai mon ballon, je prends mes contractions sur le ballon, puis je ne veux pas déranger mon chum. Je fais comme il est en train d'avoir du fun je fais comme je… Fait que je l'appelle quand même, je dis Hey, by the way, ça a comme un peu commencé, mais prends ton temps. Tu sais, lui, il est à Montréal. À ce moment-là, on habitait à Laval. Il fallait quand même qu'il vienne me rechercher à Laval, puis qu'on retourne à Montréal, à la maison de naissance, Côte-des-Neiges. Il m'a dit Ok, il t'en vient, mais moi j'appelle ma mère. Ma mère, t'as pas envie d'appeler à sa chambre. J'étais là Voyons donc, dérangeant, sage-femme. Il est minuit, c'est chien au bout. Puis là, ma mère, elle m'entendait au téléphone. Moi, j'appellerais à sa sage-femme. Fait que je dis Ok, je vais l'appeler. Fait que là, ma sage-femme, tout le contraire de la première fois, où moi j'étais comme Go, faut l'appeler. Moi, j'étais comme Excuse-moi de te déranger. Elle a dit que j'allais accoucher vite la première fois. Elle a dit Viens-t'en, viens-t'en. Je lui ai dit Ah oui, on s'en va. Ok, on va y aller. Je rappelle mon chum, il me dit Oui, je m'en viens. Pendant ce temps-là, je prends mes contractions et je sens que pour vrai, ça s'en vient. Mais là, j'ai mon stress parce que j'ai un enfant de deux ans et dans ma tête, je ne savais pas à ce moment-là que j'aurais pu l'amener à la maison de naissance et s'en occuper, mais sur le coup, je me suis dit Qui va s'en occuper ? Exceptionnellement, parce que mon beau-père habitait en dessous de chez nous. Il n'est pas là. Mon beau-frère n'est pas là. Toutes les personnes qui étaient censées être back-up pour... Ma fille, ils ne sont pas là. Et là, mon chum arrive. Puis là, moi, je sens, je fais, OK, là, c'est sérieux qu'il faut partir. Puis je le stresse parce que moi, je fais, Va chercher le voisin en bas. C'est comme l'autre voisin. Le voisin va surveiller le temps qu'on rejoint et tout ça. Et mon chum fait, Inquiète-toi pas, je m'en occupe. Puis lui, il est parti. Mais lui, il a décidé d'aller chercher sa mère. Il ne me l'a pas dit, mais il a décidé d'aller chercher sa mère qui habite dans la ville, mais plus loin, dans une tempête de neige. Moi, je suis tout seul. Je fais juste comme, Voyons, c'est long, c'est long. Puis je sens que ça s'en vient. il va chercher sa mère, il revient. Moi, dans ma tête, c'est comme là, je le sais, je fais go. Puis je me rappelle encore du moment où je suis sortie dehors, encore une fois, pas de chaussettes dans les bottes, pas de manteau qui attache, pas rien, je ne peux pas, je vais coucher. Puis je me rappelle très bien du feeling de sortir dehors avec les gros flocons. Tu sais, c'est une tempête de gros flocons de neige qui tombent. Puis de faire comme, c'est quelle belle nuit pour accoucher. Je sais comme c'est merveilleux. On embarque dans le champ, mais là c'était moins merveilleux parce qu'il y avait vraiment beaucoup de neige, beaucoup de tout. Puis tu vois, l'accouchement de mon fils est rocambolesque parce qu'on arrive à la maison de naissance et on ne peut pas rentrer dans le stationnement parce qu'il y a vraiment trop de neige. On ne peut pas rentrer. Là, on est poigné sur le boulevard en avant.
- Speaker #0
Il n'y a pas rien. Fait que moi, je suis comme... Il y a trois pieds de neige partout. Puis je regarde mon chum, puis je fais comment... Je ne sais pas comment y aller. Fait que là, mon chum, il se dit, je vais faire des traces dans la neige. J'essaie de piler dans mes traces. Fait que moi, mon chum fait des traces dans la neige. Il faut marcher. Tu sais, de la maison naissante du boulevard, c'est quand même peut-être un bon 5, 6, 10 mètres, peut-être, pour se rendre. Il fait des traces. Moi, j'ai de la neige qui rentre dans mes bottes. J'ai de la neige chez les cuisses. Je suis comme partout. Encore une fois, je pousse. Moi, j'ai commencé à pousser dans l'auto en arrivant. Et là, j'arrive. Ma sachemme, elle n'est pas arrivée encore. Il y a la stagiaire qui est là. Et la stagiaire, elle me regarde, je vois dans sa face, ça n'a aucun sens. Je suis dans le portique, j'enlève toutes mes affaires. Elle dit On va monter en haut. Je dis Je sais qu'on va monter en haut. Je dis Mais là, j'ai une contraction. Elle était comme la pauvre cocotte, elle était dépassée par les événements. Mon tueur me fait aller stationner le char. J'étais là, qu'est-ce que tu fais ? Là, il est parti. Lui, c'est ça, il était très rationnel. Mon char, il se recourte des neiges, on va pas le laisser là. Moi, je suis en train d'accoucher. Réussi à monter en haut, je suis seule avec la stagiaire, puis je le vois qu'elle panique un peu. Fait que moi, je suis en train de gérer mes affaires, puis je fais, ça va bien aller, ça va bien aller. Puis là, il est comme, oui, je veux juste que tu saches que... Bon, j'ai déjà vu un autre accouchement. Contrairement à comment j'étais avec ma plus vieille, avec elle, j'étais tellement grounded. J'ai fait... J'ai dit, ça pourrait être ton premier accouchement. J'ai dit, ça va se passer. C'est ça qu'on vit. On vit ça en ce moment, c'est ça qu'on vit. Puis là, elle a fait, tu pourrais-tu te mettre à quatre pattes ? Puis tout ça. Fait que là, je me mets à quatre pattes, tout ça, sur le lit. Puis elle, elle essayait de ralentir mon travail parce que ça allait vraiment vite, tu sais. Moi, je l'écoutais parce que j'étais comme, OK. Mais tu sais, ça allait arriver de toute façon. La poche des os crève, tous les os tombent, tout ça. Ma sacha avait arrivé à la toute fin. J'ai accouché, celle-là, la poussée a été moins longue. Je pense que je suis arrivée à mon souvenir, je suis arrivée à 2h du matin à la maison naissante, ça fait 2h53 mon fils cette année. C'est comme rapide. Encore une fois, on ne savait pas le sexe non plus. Ça a été comme, il est sorti, je l'ai sur mon ventre. Le souvenir que j'ai de mon coco, c'est, je le regardais et je me disais, il est bien beau. Je le trouvais tellement beau. Pour vrai, des bébés naissants, ça peut être laid. On le sait. Pour vrai, là. Puis tu ne te rends pas compte parce que tu les trouves beaux. Puis là, par après, tu regardes les photos et tu te dis c'est moi C'est normal. C'est fripé, c'est étiré, c'est tout ça. Mais là, pour vrai, j'étais là. J'arrêtais pas de dire il est beau Je disais ça se peut pas Puis je pleurais, mais j'étais là. Mais pour vrai, il est vraiment beau. C'était vraiment un beau bébé. Mon fils, il était un beau bébé. Puis là même, quand j'arrête les photos après, je fais il est encore beau C'était un beau bébé. On est là, c'est comme surnaturel, on dort là. Puis tu sais, mon fils, il est né ce matin-là, mais le soir, j'étais chez nous. Je suis restée juste genre 16 heures, puis après ça, je suis retournée chez nous. J'ai encore fait la joke de Mercoud, de ça, à la stagiaire. J'ai trouvé ça bien drôle, la stagiaire pauvre, elle n'a pas été bien réelle. Puis plus tard, dans l'après-midi, il y a une autre femme qui est arrivée pour accoucher. Moi, j'étais donc dans une chambre, puis elle était dans l'autre chambre, puis là, c'était fascinant parce que je l'entendais. parce qu'elle a couché, donc elle était sonnante, elle faisait des bruits. Puis quand elle avait ses contractions, j'avais des contractions en même temps. Ça, là, ça m'a vraiment fascinée. Mon corps s'est connecté à elle, parce que tu sais, t'as encore des contractions après que t'accouches, ton utérus revient. Mais quand elle faisait des ah puis elle a démontré, je suis comme ah puis j'avais des contractions, c'était comme hallucinant. Je suis là wow c'est fascinant. À ce jour, je ne sais même pas encore c'est qui qui a accouché en même temps, mais la même journée que moi. Je pourrais aller regarder probablement dans le livre des maisons de naissance, dans les maisons des naissances. Ils ont toutes les photos des bébés, puis je pourrais voir. Fait qu'on est partis. Je suis revenue chez nous. Le monde est venu chez nous. J'ai pris du mou de pomme. On a comme fait soyer, puis là, j'avais mon bébé. Puis j'étais comme wow Ça, c'est l'accouchement de Coco. Rapide, intense, dans une tempête de neige, où j'ai eu peur de ne pas me rendre parce que je poussais encore dans l'auto. Fait que oui, rapidos. Puis tu sais, celle-là, je déborde un peu de l'accouchement quand même, mais tu vois... Avec mon fils, notre condition financière familiale à ce moment-là a fait en sorte qu'on ne pouvait pas prendre un long congé de parentalité. Mon chum avait juste eu trois semaines et ça a été tough. Ça a été vraiment difficile. L'attachement s'est beaucoup fait avec moi. Mon fils avait beaucoup de besoins d'attachement. Même quand mon chum le prenait, il pleurait. Mon fils. C'est comme si c'était juste moi. Ça a été tellement lourd à porter parce que j'étais épuisée. Il y a plein de sujets tabous que je me rappelle que je n'ai pas pu parler avec beaucoup de monde, mais je faisais des rêves à un moment donné où je rêvais que je tuais mon bébé. Ça, c'est super difficile quand tu as ça, parce qu'à qui tu en parles ? Parce qu'à qui tu en parles ? Ça envoie l'air d'un monstre. À qui tu en parles pour que les gens l'entendent ? Je m'en rappelle que ma cousine, celle qui avait accouté avec une sagesse, je pense que c'est la seule qui a su entendre. Je m'en rappelle que je pleurais. Je disais, mais ça ne t'inquiète pas. Parce que c'est sûr que ça inquiétait les gens. Ça inquiète les gens quand tu dis, je rêve que je suis mon bébé parce que je ne suis plus capable. Avec raison, je comprends. Puis elle, elle m'a dit, je lui ai dit, mais ça ne t'inquiète pas. Elle était là, zéro, parce qu'elle dit, d'un, tu m'en parles. Le fait que tu en parles, on est là, on met des affaires en place. Puis elle a dit, c'est les hormones, c'est normal, mais oui, il faut prendre en charge. J'ai comme été accueillie là-dedans. Je me rappelle que c'est aussi à ce moment-là que j'étais à mon chum. C'est comme là, il a bu, tout est correct. Puis là, tu le prends, puis je m'en fous à quel point il pleure. C'est son père. Fais cette connexion-là avec lui parce que moi, j'ai besoin de juste être tout seul. Mon chum l'a pris, mon bébé s'est mis à pleurer. Puis mon chum, je l'ai entendu marcher du salon jusqu'à la porte qui était fermée. Puis je me rappelle d'être là et de faire comme s'il ouvre la porte. Puis c'est drôle parce que par après, mon chum, il m'a dit, effectivement, je veux dire, maintenant, tu te sens impuissant, tu as un bébé qui pleure. Puis tu sais que la solution, c'est de le mettre dans les bras de sa mère et il va être soulagé et réconfortant. Puis il était devant cette porte-là, puis mon chum a pris la décision à ce moment-là. Il a fait... Non. Il a regardé mon fils et il a dit Là, toi et moi, body. Je suis ton père. Je sais que c'est différent, mais c'est nous deux. Fait que c'est nous deux. Puis il est reparti. Puis je pense que son attachement avec lui s'est fait à ce moment-là. Je pense. Des fois, je regarde aujourd'hui beaucoup de familles. Puis c'est vrai que ça va souvent retomber sur la mère parce que la mère a un plus long congé parental. Elle va avoir un attachement qui va se faire peut-être plus rapidement parce que le nombre de temps qu'elle passe avec. Mais moi, je pense que mon chum a fait consciemment ce choix-là à ce moment-là. Puis je pense que les pères doivent aussi faire consciemment ce choix-là parce que c'est plus difficile pour eux parce qu'ils ne l'ont pas eu à l'intérieur d'eux. Fait qu'à un moment donné, il faut que tu fasses consciemment le choix de dire, je vais faire mon attachement, puis il faut le faire. Ça peut changer, ça peut être différent de personne en personne, mais c'est ça. Mais il faut leur donner les outils, puis il faut qu'on le fasse. Fait que voilà, deux sur quatre.
- Speaker #1
Oui, deux sur quatre. Dans le prochain épisode, on continue notre périple avec Émilie. Tu pourras y découvrir la naissance de ses troisième et quatrième bébés. D'ici là, je te propose de visiter la page de l'épisode dans laquelle tu trouveras les informations en lien avec Émilie Ouellet. Tu pourras entre autres y découvrir ses livres et le lien vers son Patreon. J'ai également mis le lien vers le film Orgasmic Bird dont Émilie nous parle dans l'épisode. Il est possible de le louer ou de l'acheter si tu as envie de le regarder. Tu peux également me rejoindre dans les 11 clés pour une naissance facilitée, une préparation virtuelle extraordinaire que je t'offre en mode gratuit. Ce sont des clés réelles, des clés pratico-pratiques. que tu pourras mettre en place très rapidement dès les premières contractions. Et si tu es dans ton troisième trimestre ou carrément en postnatal, je t'invite à me rejoindre dans l'atelier Les super pouvoirs de ton bébé. Les clés les plus importantes en lien avec la motricité libre, les réflexes primitifs, la plagiocéphalie, le sommeil, le Tommy Times, tous les éléments vraiment importants. On en parle dans cet atelier gratuit. Pour t'inscrire à l'un ou l'autre, tu peux simplement aller dans la page de l'épisode ou dans la description pour avoir les liens. Je te souhaite une journée magnifique et magique et j'ai déjà hâte de te retrouver dans le prochain épisode pour la deuxième partie de la savoureuse rencontre avec Émilie Ouellet.