Speaker #0Dans le dernier épisode, Émilie Ouellet nous a raconté ses deux premiers enfantements. Aujourd'hui, on continue notre périple en sa compagnie avec la naissance de ses troisième et quatrième bébés. Encore une fois, une rencontre riche de sens pendant laquelle se côtoient les rires, les réflexions et les partages émouvants. Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici... Tatou la ostéo, Annie Perret. Et là, il y avait deux ans entre ton premier et ton deuxième. Exact. Et là, est-ce qu'on retourne pour un troisième encore en mode rapproché ? Il y a trois ans de différence. Trois ans, c'est bien parce que trois ans, ton bébé a le temps de dormir un peu plus. Puis moi, j'avais besoin de dormir. Je sais qu'il y a des personnes qui les font très rapprochées, puis tout ça, puis c'est bien correct. Moi, j'avais besoin de dormir. J'avais besoin de retrouver mon corps. C'est parce que j'ai fait des allaitements prolongés. Comme il y avait beaucoup de choses que j'avais besoin de faire, je pense, avant. Ma fille, elle, c'est l'inverse. Ma plus vieille est née à l'automne, mon fils en hiver. Puis là, j'ai accouché au printemps, fin du printemps, début de l'été. Elle, c'est mon bébé Bouddha que j'appelle. Fait que c'est vraiment la grossesse parfaite. Mais j'avais un peu de nausée. Tu sais, moi, plus que j'avais de grossesse, plus j'avais de nausée dans mes trucs. Comme au début, les trois premiers mois, après ça a passé, beaucoup de biscuits au jour d'aube, ce genre d'affaires-là. Qui était prévue à la fin du mois de mai. Je trouvais ça parfait. J'étais là, parfait, le mois de mai, c'est excellent. Je faisais beaucoup de spectacles à ce moment-là. J'avais commencé mes spectacles à coucher de rire. J'ai fait des spectacles en scène. Jusqu'au mois de mai, je faisais des spectacles, ça n'avait pas de sens. Je me rappelle la veille que j'accouche, mon chum est parti au cinéma avec son frère. C'est vraiment un running gag. C'est un running gag, mais parce que c'était sa fête. Parce que ma troisième est venue au monde le jour de la fête de son père. Elle est censée naître à la fin du mois de mai. J'ai dépassé ma date. Le... Moi, je suis comme enceinte au bout. Je sais que je ne pourrais pas fêter la fête de mon chum, vraiment. Son frère l'appelle et dit qu'on allait au cinéma, qu'on allait ensemble. Moi, j'ai ma mère à la maison qui m'aide. C'est une fin de semaine, elle est là. Il y a mes deux autres enfants. Je m'appelle d'être couchée sur le divan. Mes enfants courent partout. Je suis juste comme... Allez vous coucher ! Je m'appelle d'avoir poigné les dents. Je suis comme... Je sentais probablement que ça allait venir. J'avais besoin d'être dans ma bulle. Les enfants sont allés se coucher. Je pense que j'avais eu des petites contractions, mais rien, juste plus de fatigue. J'avais pris un bain chez moi et j'ai fait tout aller me couper. Moi, je suis allée revenir du cinéma, j'étais déjà coupée. Puis là, je me rappelle, autour de 4 heures du matin, c'est ça qui m'a réveillée en fait. J'avais une contraction. Puis là, encore une fois, vraiment dans un déni de... Je fais juste dire à mon chum, J'ai une contraction. Puis il me rendort. Puis là, je suis comme Ah, j'en ai une autre. Puis lui, mon chum, il regardait l'heure. Mais moi, j'étais juste comme, je t'ai dit de même, mais j'essayais de dormir. Puis vraiment, je me rendormais à honte. Puis là, mon job, tu sais, ma plus vieille, j'ai accouché en 4h50, mon fils, j'ai accouché en 3h, genre. Il fait comme ça. Ça se rapproche un peu, là. Tu sais, le plan de la sage-femme était différent de la main-d'oeuvre. Quand il me dit que ça part, il faudrait qu'on s'en vienne. Parce que j'arrivais tout le temps en poussant. C'est comme le but, c'était que ça serait fun que t'arrives, puis que cette fois-là, tu pousses pas, genre. Puis là, mon chum me fait comme moi, je pense que je vais à la place à la fin. En tout cas, je suis à 4h du matin, je vais rester à dormir. Mon chum me fait, OK, je vais aller préparer les bagages. Fait que là, il s'est levé, mais lui, il est allé à la place à la fin. C'est ça, vous me le dites. Ce qui était stressant, c'est que notre rue était fermée parce que c'était comme le tour de l'île de Montréal de vélo. Fait que là, mon chum, je pense, ça le stressait. Il faut que j'aille chercher l'auto, il faut qu'on passe pareil. Je me rappelle que j'ai eu un moment où... je me sentais pas prête. Je me rappelle d'être dans le salon, d'être sur le ballon et de prendre des contractions pendant que mon chum était allé faire ses lotos. Je me rappelle de m'être mis à pleurer et mon chum était revenu. Ma mère était là aussi. Mon chum était revenu et il était là Qu'est-ce que je fais ? Je suis pas prête, je suis pas prête. Je peux pas. Mon chum s'est mis à pleurer aussi et il était là Mais là, si t'es pas prête, moi je suis pas prête. Qu'est-ce qu'on fait ? Encore une fois, j'ai fait Ok, regarde, c'est là. Je pense que j'étais un peu triste que ce soit la même journée que sa fête. C'est comme si t'as enlevé ta fête. Mon chum était là comme « Mais moi je suis content, c'est comme un cadeau. » Fait qu'on dirait qu'à partir de ce moment-là, j'ai fait « Ok, on va y aller. » Là, ça faisait tellement différent parce que dans les deux autres, j'étais partie, il faisait frais dehors. Là, on est comme au mois de juin, je regarde dehors, il y avait des oiseaux, le soleil se levait, on part pour la maison de naissance. Là, moi, mes contractions, ma gestion de la douleur, ça va être des gros cris que je fais. C'est des cris contrôlés, mais graves, qui résonnent, qui m'aident à prendre ça. Je me rappelle qu'il avait ouvert la fenêtre, je me disais Ah, il est-tu chaud ? Mais après ça, il m'a dit Non, c'était tellement fort ton affaire, les oreilles, là. Mais en même temps, il était là Je ne vais pas te le dire. Comme Shit ! Fait qu'on s'en va, très chanceux, c'est la fin de semaine, il n'y a pas de trafic. Le running gag, c'était aussi la première fois qu'il était venu. Il s'était stationné dans le fond du stationnement, mais il a fallu que je sorte, que je marche. Cette fois-là, il m'a débarqué à la porte. C'est comme on apprend avec le temps. Fait que je ne poussais pas quand je suis arrivée. C'était comme la joie, je suis arrivée, j'étais dilatée à 8, mais je ne poussais pas, j'étais comme oh my God Fait que là, on s'installe dans la chambre, puis là, ça change parce qu'on n'est pas dans un rush. Elle me dit est-ce que tu veux que je te coule un bain ? Moi, je n'avais jamais… pensé à coucher dans l'eau, mais j'ai fait Enwaye donc, go ! Fait que là, elle coule le bain, on entend de la musique, c'était comme tout ce qu'on avait pas fait pour les autres. Ah oui, je m'étais fait une playlist, mets la musique, roule mon ordi, mets la musique, mais on entend pas la musique parce que l'eau coule. Mais quand l'eau arrive, la musique, écoute, un gros dance, c'est comme... Moi, je suis en contraction, je peux pas rien dire, mais il s'est trompé de bouton. Mais personne n'osait rien dire parce que c'est la playlist qu'elle a choisie. Quand je finis ma contraction, je fais c'est pas la playlist Il était là comme ah ok Moi, j'ai changé la playlist, mais une belle playlist avec bien des chansons qui étaient douces, inspirantes. Pour vrai, ce souvenir-là, il est là. Je me rappelle que moi, quand j'embarquais dans le bain, la douleur a coupé de moitié. C'est genre vraiment 50 moins de douleur instantanément. Tellement que mon chum, quand lui m'a regardé, il était sûr que... le travail avait arrêté d'une choc. Il était comme, c'est sûr, ça a arrêté, parce que je criais plus, j'avais plus rien. Puis là, moi, j'ai juste ouvert mes yeux un moment donné, puis j'ai fait, je pousse. Moi, je me suis dit, voyons, j'avais vraiment plus cette douleur-là, puis je fais, là, je pousse, c'est là, c'est maintenant. Fait que là, mon chum, tu sais, qui me soutenait par en arrière, moi, je pousse. Je touche la tête. Quand tu touches la tête qui est là, tu fais comme wow. C'est ça, tout s'en vient concret, c'est là. Tu sais quand on disait, tantôt on parlait de faire caca, tu fais ça. Les sachembes que je vois, ils ont une petite puce, ils vont ramasser des affaires. C'est comme tout ça n'a plus d'importance. Ma fille est venue au monde, je ne sais pas encore si c'est une fille, mais bref, elle vient au monde. La tête naît. C'est weird quand tu penses que ta tête est là, dans l'eau. Puis là, tu pousses. Puis là, paf, elle sort. Puis là, elle est sur moi. Elle pesait 10 livres. Moi, j'avais des grands bébés, des gros bébés. Mais elle, c'est mon plus gros bébé. Puis elle a couché sur moi. Puis là, je n'ai pas encore accouché de placenta. Mais là, je fais une hémorragie. Mais moi, je n'ai pas le même souvenir que tout le monde. Les autres se sont mis à paniquer, je pense. Mais moi, j'étais comme, ça va vraiment bien. Moi, j'étais là, j'ai mon bébé. Ils sont allés pour me sortir du bain. Le chum prend le bébé, on coupe le cordon dans le bain. J'ai encore le placenta. C'est comme si je me promène avec une corde de placenta, je m'en vais dans le lit. j'accouche le placenta, mais là, j'ai une hémorragie. Fait que là, semble-t-il que c'est paniquant pour tout le monde. Ils me donnent des shots d'adrénaline dans les cuisses. Honnêtement, mon souvenir de ça, je suis très apaisée. Moi, je suis couchée, je ferme mes yeux, mais mon chum était dans une panique, je pense. Avec le bébé, il arrêtait pas de me dire Émilie ! Émilie ! Moi, j'étais comme Hey, tu gosses ! Je viens de m'accoucher, laisse-moi me reposer. Je pense que dans sa tête, il s'imaginait que j'allais mourir. Je ne peux pas analyser la dangerosité de l'affaire. Je peux juste dire comment moi, je le vivais. Je me sentais zéro en danger. Je me rappelle qu'il y a ma sage-femme. Elle, ce qu'elle voyait, c'était moi avec le drap qui était probablement taché de sang. J'en avais beaucoup, beaucoup de sang. Elle dit, dans tes croyances, je sais que tu crois un peu à... Tu parles à ton bébé, tu es alerte à ce qui se passe autour en termes de spiritualité et tout ça. Puis elle disait... Là, tu perds beaucoup de sang, tu es en hémorragie, et elle dit, si ça n'arrête pas, il faut qu'on te transfère à l'hôpital. Elle dit, parle à ton corps, parce que là, il faut que ça se passe. Là, mon souvenir, ça a été de faire... Ah, la dernière place où j'ai envie d'aller, c'est à l'hôpital. Dans ma tête, c'est comme No, no, no, no, no. J'ai vraiment fermé mes yeux et j'ai fait Regarde, la job est faite. Le bébé est là, le placenta est là. C'est comme si j'ai parlé à mon corps en me disant Tu n'as plus besoin, il n'y a pas de danger. On arrête ça là. Ça, ça fait partie de mes croyances. Je sais très bien que j'ai eu des chutes d'adrénaline. Je sais que tout ça... Moi, je pense que c'est l'ensemble de la chose dans mon récit qui a fait que... Ça a l'air été, ils ont changé les draps, l'hémorragie s'est contenue, top shape, fait qu'on est restés là. J'ai eu du bon pain doré, j'ai eu le droit de manger ce que je voulais quand je voulais parce que... Je n'avais pas de choix anémiques, j'avais besoin de surplus de fer. C'est tout ce dorlotage-là. Il y a toujours une affaire qu'on a faite aux quatre, c'est que nous, on ne savait pas si c'était un garçon ou une fille. On n'a jamais choisi les prénoms avant. Mes enfants, mes bébés m'ont vraiment dit leurs prénoms. Ils nous ont vraiment dit leurs prénoms. Notre running gag, c'est qu'on allait toujours dans la bibliothèque de la maison de naissance qui ont des livres de prénoms. On revenait avec les livres de prénoms, on regardait les prénoms. On était attentifs à l'énergie du bébé, puis le nôtre, puis tout ça. Pour ma plus vieille, ça s'est fait vraiment rapidement. Je pense que c'est mon chum qui l'avait trouvé. Quand mon fils est venu au monde, on avait trois noms pour mon fils. On avait Colin, Louis et Elliot dans la tête qu'on aimait. Moi, j'étais là, mais non, c'est aucun des trois. J'étais comme, ça ne marche pas, ça ne marche pas. On avait regardé le livre et Noah avait raisonné vraiment fort. Mais là, j'avais regardé mon chum et je lui ai dit, mais qu'est-ce que tu en penses ? Il était le garde, moi, je l'ai su vraiment pour notre première et tu m'as fait confiance. J'ai dit, c'est Noah, c'est ça. À notre troisième, on est allé chercher le livre des noms, puis là on a fait vraiment une liste. C'est comme si mon chum et moi on s'entendait sur zéro. On s'était dit, on va faire un brainstorm, on avait comme dix noms. On écrit les noms, les noms, les noms, les noms, qu'on aimait. C'était comme dix noms qu'on aimait. Après ça, on a fait comme un jeu, puis on s'est dit, on va les classer de 1 à 10. Comme ton préféré au 10, puis la même affaire, fait ça, chacun notre bord, puis après ça on verra. Puis le premier nom, c'est le seul qu'on avait en commun. Fait que c'est comme ça qu'on a nommé notre troisième. Puis là, je me rappelle que, tu sais, ma mère était venue avec mes deux plus vieux. Puis tu sais, là, c'était le soir. Puis c'était le fun parce que la maison de naissance faisait comme un petit rituel aussi qui leur donnait des biscuits. C'était comme si c'était le bébé qui te souhaite la bienvenue. Puis il y avait comme des petits cadeaux, tu sais, pour les enfants. Fait que c'était vraiment chouette. C'est ça, ma troisième, c'est le même jour de fête que son père. Il y a toujours un moment dans leur journée de fête où elle kidnappe son père et qu'elle l'amène manger une crème glacée en cachette, juste les deux. Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Je pensais que tu allais me dire qu'elle l'amenait au cinéma. Non, ça aurait été bon, mais non. Ils vont manger une crème glacée, mais une grosse, la grosse affaire. C'est comme leur rituel. Je pense que c'est devenu quelque chose de super précieux. Fait que oui, puis voilà. Puis là, on a-tu le temps, je te raconte-tu mon dernier accouchement ? Absolument. Mais là, tu vois, ma dernière, c'est une autre. parce que moi je pense que j'aurais été correcte avec trois. Dans le sens que j'étais correcte avec trois enfants, c'est quand même beaucoup. Puis vieillie aussi, j'étais rendue dans la trentaine. Ma m'année dépassée de 35 ans, je me suis fait... Moi, je savais que je n'aurais pas de bébé dans ma quarantaine. Moi, personnellement, je ne voulais pas. Un moment donné, je voulais passer à une autre étape. Quand je disais à mon chum, je lui disais que je pensais que ce serait fini. Mon chum me disait Ah oui ? Je lui disais que ça ne se peut pas que ce soit fini. Je pense qu'il y en a un autre. Il me dit Ah oui, tu penses qu'il y en a un autre ? Je lui disais que je ne pense pas qu'il y en a un autre. Je lui répète Si il y en a un autre, il faut que ça se fasse bientôt. On a fait un deal. J'ai dit Regarde, on va s'essayer pendant trois mois. Si ça marche pendant ces trois mois-là, good. Mais si au bout de ces trois mois-là, ça marche pas, c'est fini, puis on passe à une autre étape. Il a fait ok Je pense que j'ai fini de le dire, puis il devait être enceinte. Ça a marché tout de suite. En fait, tellement que je pense que je suis tombée enceinte, mais que j'ai eu des menstruations après. Parce que moi, j'ai su que j'étais enceinte avant de passer un test. Je savais que j'étais enceinte. J'étais là tu connais ton corps puis j'ai dit non Je ne sais même pas, je me suis dit je vais aller passer un test de grossesse, mais j'étais comme pas mal certaine que je suis enceinte parce que j'avais les symptômes, je le savais. C'est pas que j'avais des symptômes tant que ça, mais j'étais comme je le sais. Je pense que j'ai pris un test de grossesse qui me restait d'il y a trois ans. C'était sûr que j'étais enceinte. Je l'annonce à mon chum, au début juste à mon chum, il est comme on ne le dit pas tout le temps aux enfants parce que tu sais, je ne sais pas, on se laisse un peu de temps. C'est aussi la conscience des autres enfants parce qu'ils étaient quand même petits, c'est comme pour leurs autres fratries. Ma plus vieille avait 5 ans, je pense, quand ma troisième est venue au monde. Là, ma plus vieille avait 7 ou 8 ans. Il y avait comme une conscience plus grande. Il y avait tout cet engouement-là. Celle-là, ça a été une grossesse pénible parce que là, j'avais des maux de cœur intenses, vraiment intenses, qui me paralysaient du matin au soir. J'avais de la misère à sortir. Tellement que moi, j'ai même envisagé faire une interruption de grossesse. C'était trop. s'handicapait tout le temps. Puis j'aurais été correcte avec cette décision-là aussi. C'était comme aussi le fait de réaliser, je suis fatiguée, j'ai trois enfants à bas âge, ça ne marche pas. Puis là, ma sœur m'avait fait, on peut essayer du diclectin. Le diclectin a marché, c'est une médication qui enlève le moins de cas. Ça a marché, je suis contente. J'avais aussi besoin de prendre des suppléments de fer, un peu de trucs comme ça. Mais c'était un peu conflictuel pour moi, cette grossesse-là, parce que je suis plus fatiguée, je suis plus vieille, j'ai d'autres enfants, je continue à travailler et tout ça. mais en même temps, je savais que c'était ma dernière. Ça, je suis contente parce que j'ai vraiment vécu chaque étape en sachant que c'est la dernière fois. Puis, tu vois, la première fois qu'on a entendu le cœur de ma dernière, parce que j'étais tellement dans le... Tu sais, je travaille, je sors, oui, on a rendez-vous sur la salle de chambre, OK, on y va. Mon chum, il était là à tous les rendez-vous de mes sages-femmes, de mes quatre enfants. Puis là, on est là, puis je m'appelle, et quand là, on a écouté le cœur, là... Tu vois, ma connexion avec ce bébé-là, ça a été à ce moment-là, j'ai fait Ah ! Ce bébé-là veut être là. J'ai pleuré, comme il veut être là. Parce que tu sais, là je recule un peu en arrière, mais les grossesses, c'est aussi des moments intenses pour différentes affaires. Ma première grossesse, je me sentais claustrophobe dans mon corps, ça a été tough ça, parce que je me disais, quand mon bébé bougeait, ça aussi c'était weird, personne n'en parlait. Mais moi, je sentais que je ne pouvais pas aller nulle part sans ce bébé-là, puis ça, ça me faisait capoter. J'étais comme Ah ! Je ne pouvais pas m'enfuir de ça. J'ai eu peur de ça pendant un bout. Mon fils, lui, à l'échographie de 20 semaines, ils ont découvert une anomalie. Puis là, c'était vraiment dramatique à ce moment-là. C'était dramatique parce qu'on soupçonnait trisomie, on soupçonnait, comment ça s'appelle, c'est une maladie pulmonaire. La fibrose kystique. Exactement, fibrose kystique. Puis une malformation au niveau des intestins, en tout cas, c'était pas le fun. Puis on a éliminé rapidement la fibrose kystique parce que ça, c'est génétique, puis on n'avait pas les gènes. Mais la trisomie est restée jusqu'à l'accouchement. Je n'ai pas fait de la myosynthèse parce que, rendu là, dans les trucs, je me disais... Je pense que c'était à 7 mois de grossesse. Comme là, moi, dans ma tête, je ne vais pas interrompre ma grossesse médicalement. J'aurais pu s'il y avait des anémonies et tout ça. J'ai fait comme je ne le ferais pas. Mais donc, pour moi, je ne voulais pas prendre de risques. Jusqu'à ce qu'ils viennent au monde, on se disait, ça se peut qu'il y ait la trisomie 21. On est allé rencontrer plein de familles qui avaient des enfants avec la trisomie 21. L'accouchement a été porté tout de ça aussi quand mon fils est venu au monde. Je me rappelle quand il était sur moi, j'ai regardé. Donc, il n'y avait pas la trisomie, mais ça portait ça. Chaque grossesse porte quand même quelque chose. Et donc là, ma dernière, c'était tous ces mots de cœur-là, la non-appropriation de mon corps. Mais quand j'ai entendu son cœur, c'est comme si ça a fait, Ah, il y a quelqu'un d'autre, cette personne-là veut venir au monde, puis elle a choisi notre famille, puis elle n'a pas choisi pour rien. C'était comme, pour moi, il y avait comme, tu vois, ça s'apprend à un motif aussi. C'était comme le... C'est une croyance que j'ai que les enfants choisissent leur famille et leurs parents. C'est comme si ça me mettait dans la conscience de ok, on va faire ça, ça va être la dernière fois, mais on le fait J'ai plongé plus dans cette réalité-là. J'ai vraiment profité de chaque instant, je te dirais. Même quand c'était les coups de pied dans les côtes. Ok, c'est la dernière fois, moi ! C'est comme ça. Ça fait que... Encore une fois, je suis en retard, je dépasse ma date. Elle était due fin juin. Mais quand je suis arrivée à l'échographie, la technicienne, tu la vois dans la face des techniciens, quand il y a quelque chose qui fait comme... Tu fais comme, qu'est-ce qui se passe ? Puis elle fait, madame, vous êtes enceinte de plus longtemps que vous pensez. Je fais, mais non, je regarde mes dates, puis tout ça. Puis elle fait, non, non. Je dis, mais tu sais, je disais des gros bébés. Elle fait, il va y avoir des gros bébés. Puis elle dit, il va y avoir des bébés plus vieux. Puis elle dit, là, tu as un bébé plus vieux. Qu'est-ce que tu penses ? Je suis... Mais moi, je pense que j'ai été sur mon sein et que j'ai eu des menstruations quand même. Après ça, j'ai pensé que c'était comme ça. Tout d'un coup, je n'étais plus du fin juin, mais fin mai. J'avais des engagements que je m'étais mis. C'était un peu le bordel. En même temps, plus tu es loin dans l'échographie, ils ne peuvent pas savoir avec précision quand. Ils te donnent une date prévue, mais c'est quand même bon. Moi, je dépasse, je dépasse, je dépasse. Ma plus vieille, j'ai dépassé. Elle est venue au monde 16 jours après la date privée. Pis t'sais, si ça avait été ma première, je suis sûre que tout le monde aurait provoqué. Là, moi, je tenais tellement ferme à... Mon corps s'est accouché. Je sais qu'en accouché, tout va bien aller. Mais t'sais, il a fallu que je me batte beaucoup pour ça. J'avais des rendez-vous à l'hôpital probablement tous les jours à ce moment-là. Parce qu'il fallait voir est-ce que le niveau de liquide amniotique est correct. Et c'est... Pis là, je recoupe la fête de mon chum. Pis là, je me disais, si tu viens au monde, la fête de ta soeur... Mon chum, là, je suis comme, là, ça se peut pas. Fait que, tu sais, quand cette journée-là est arrivée, puis que j'ai pas accouché, j'ai fait, OK, maintenant, tu peux venir au monde maintenant. Mais là, elle dépasse, elle dépasse, elle dépasse. Fait que là, on se retrouve cinq jours plus tard, puis je vais à l'hôpital, comme à tous les matins, et là, on arrive, puis là, il y a plus de liquide de la médecine, presque plus de liquide de la médecine. Puis là, le médecin à l'hôpital, il fait... Lui, il est en train de parler à tout le monde, puis il fait, on la transfère là, on va la mettre sur du pitocin, on va... Puis là, moi, je suis comme, excusez, moi, j'ai une maison de naissance qui est comme à quelques mètres d'ici, moi, j'ai une sage-femme, je vais aller là, puis là, écoute, la grosse affaire, je vous allais signer un papier parce que votre bébé peut mourir, madame, votre bébé peut mourir. Vraiment, là, j'ai eu la grosse... affaire de peur, de tout ça. J'allais signer un papier comme quoi, vous refusez parce que dans un moment, j'étais comme, d'où je veux juste ? Honnêtement, une chance, c'était mon quatrième parce que j'étais vraiment solide dans, premièrement, les connaissances. C'était pas juste de l'instinct. Oui, je comprends, il y a plus de grands risques, mais je veux dire, en même temps, je m'en vais pas à Ronde, je m'en vais chez Massage Femme. Fait que, en fait, j'appelle Massage Femme. Je suis pas en contraction, j'ai pas rien. Je vais aller chercher mes affaires, je vais revenir. Fait que là, on arrive à la maison de naissance puis moi, j'ai envie de dire, tout va bien, monte-toi en haut, direct dans la chambre. Puis là, ma sachant, elle fait, non, on va parler dans le bureau un peu deux minutes. Puis là, je fais, ah, il y a quelque chose de différent. Puis elle fait, dans la situation où tu es, normalement, il faut faire un transfert à l'hôpital. Puis là, moi, je suis comme, ben voyons, ça se peut pas que le dernier de mes accouchements va se faire, comme avec un médecin à l'hôpital. Je ne peux pas croire ça, mes trois premiers ont tellement super bien été, puis tout ça. Puis ma sachant, je me rappelle, elle est tellement déçue. Mon chum est tellement déçu. Puis moi... Là, je parle avec mon bébé, puis je suis super privilégiée parce que j'ai des amis médecins qui travaillent en obstétrique. Fait que là, moi, j'appelle mon amie, puis je dis Mais elle, c'est à Pierre-Boucher, on n'est pas à la même place. Je dis Si il faut que je transfère, peux-tu aller là ? Elles font des pieds et des mains, puis elles font comme Oui, on peut te recevoir. Fait que moi, j'étais comme mon bébé, puis moi, là, on s'arrange vraiment bien. Je vais aller accoucher avec mes amis à l'hôpital, si c'est ça qu'il faut que je fasse, mais ce n'est pas ça mon premier choix. Mon premier choix, ce serait d'accoucher avec ma sage-femme. Fait que là, ma sage-femme a fait, écoute, on va faire un conseil de sage-femme. Ils ont analysé mon dossier, compte tenu que je suis la quatrième, compte tenu, tu sais, tout ça. Puis, ils ont recommandé que je pouvais accoucher avec la sage-femme, mais à l'hôpital. Ça serait ça. J'ai dit, écoute, si c'est ça, l'hôpital juif qui est là, moi, je n'ai pas de trouble avec ça. Je m'en sac du lieu. Puis, ma sage-femme était tellement déçue pour moi. Puis, j'étais là, mon bébé va bien, on va bien, tu sais, tout va bien. Tu sais, comme, ça va. Mais là, il fallait que l'hôpital accepte aussi. Il y avait tout ça. Je savais que le médecin qui m'avait envoyé n'était pas pro sur la femme. Toutes ces fêtes, on a appelé au moment du changement de chiffre. Ce n'est pas le même médecin. L'autre médecin a fait Oui, pas de problème. Donnez-moi juste une heure pour que la femme soit prête. Tout s'arrangeait. Je n'arrêtais pas de dire à ma sœur, ça va bien aller. Ça va super bien. Tout va bien. Elle était là, je ne peux pas croire que tu es calme demain. Pour vrai, ça va bien. Je venais de finir, il n'y a pas si longtemps, je venais de tenir mon bac en travail social sur l'humanisation des soins de l'accouchement à l'hôpital. Tout va bien. Tout va bien. On a même eu le temps d'aller manger. La femme n'était pas prête tout de suite. Mon chum est allé au resto. On a mangé. C'était surréaliste. On mange, on va accoucher. Juste ces affaires-là à l'hôpital. Ils ne veulent pas que tu manges d'un coup et que tu t'en vas en césarienne. Je suis comme, voyons donc. Moi, quand j'ai eu une appendice, j'avais mangé et ils m'ont opéré pareil. Je veux dire, dans la vie. On se rend là avec massage femme, on arrive, on attend que la chambre. Écoute, la chambre, j'avais la chambre sur le coin, que des fenêtres. Il pleuvait, c'était super beau. J'avais la vue sur mon voyage. En tout cas, j'avais une belle vue avec la pluie. Toujours pas de contraction. Fait que là, ma sacha, ma maïsselle, elle dit Écoute, on va faire du tire-lait, ça va peut-être déclencher. Je suis connectée pour le cœur de mon bébé, connectée pour les contractions, par le tire-lait. Puis là, ça a vraiment parti. Puis là, je me rappelle que la résidente est venue, la médecin est venue me voir, puis elle voulait juste se présenter. Puis pour vrai, tu sais, elle dit, Écoute, je sais que tu es avec ta Sacha, mais si jamais il y avait quelque chose, tu sais, tu m'as déjà vue, je vais te faire être parfait. Puis là, elle dit, Y a-tu quelque chose que... Je dis, Mais moi, on va débrancher, tu sais, je dis, on va débrancher les machines. Parce que, tu sais, là, ça me restreignait dans mes mouvements. Puis elle était là, Non, non, non, c'est vraiment important que tu les gardes. Puis là, je suis comme... Je dis, Non, non, moi, il faut que je bouge. Mais tu peux tourner autour de la machine. Je dis, La miaise. Parce que là, j'avais des contractions qui étaient commencées. Puis là, quand elle est partie, moi, je me suis mise à pleurer, puis je me suis vraiment mise à pleurer beaucoup, puis cassée sur un ballon, puis je me sentais branchée, puis perdue, puis tu sais quoi ? C'est ça qui doit être insupportable pour les femmes. Parce que, premièrement, les lumières, t'es au néon. c'est con, mais ça joue beaucoup. Le fait d'être branché, de ne pas être libre dans tes mouvements, d'avoir des gens qui te parlent, qui essayent d'avoir accès à la partie rationnelle de ton cerveau, alors que moi, c'est pas cette partie-là qui a besoin de gérer la douleur. Fait que ma douleur était plus aiguë à cause de ça. J'ai dit, être dans ce contexte-là, c'est sûr que je demande un péridural, parce que c'est impossible à gérer. J'ai regardé mon chum, je lui ai dit, je ne veux plus l'avoir, je ne veux plus l'avoir. Ils s'étant vraiment assurés qu'il n'y avait plus personne qui rentre. Quand ma sa femme est revenue, je lui ai dit, je ne veux pas rester branchée sur ces machines-là. Ma sa femme, je me rappelle, elle m'a dit... Il dit ça parce qu'on veut juste mieux calculer tes affaires. Je me rappelle avoir dit, c'est quoi ? Qu'est-ce qu'on veut savoir ? Puis là, elle m'a regardée et elle a dit, on veut s'assurer que ton bébé va bien. Et là, quand elle m'a dit ça, moi, ça l'a fait comme un fou. Moi, j'étais tellement convaincue. Je disais, mon bébé va bien. Puis là, j'ai regardé et j'ai dit, mon bébé va bien. Je lui ai dit, on enlève tout. Puis elle a dit, on enlève. Je lui ai dit, on enlève tout. Je vais préciser pour les gens qui vont écouter ça, parce qu'ils vont dire, elle est folle. Ce n'est pas ça. Tu sais, le coeur du bébé, les sages-femmes ont la machine qui se transporte pour écouter le coeur de ton bébé. Puis plusieurs fois pendant l'accouchement, ils vont aller écouter le coeur de ton bébé. Tu n'as pas besoin d'être branché non-stop sur une machine pour avoir ça. Elles savent ce qu'elles font. Les contractions, pas besoin d'une machine pour me dire dans pas long de m'en avoir une. Je la sens. C'est absurde. C'est absurde parce que ta douleur continue parce que tu l'anticipes. Pour moi, c'est absurde. Bref. On a enlevé ça. J'ai dit, je vais aller dans le bain. Ils ne font pas ça à l'hôpital. D'habitude, ils sont comme... Elle a dit, laisse-moi aller voir, je vais voir s'il est bien propre. Ils ont rempli le gros bain. Là, moi, je gérais mes contractions du mieux que je pouvais. Je suis rentrée dans l'eau. Cette fois-ci, mon souvenir de soulagement et d'apaisement à ma troisième, ça a fait l'effet inverse. C'est comme si ça avait fait Oh, on accélère la cadence Mais je ne voulais pas être nulle part d'autre. Je voulais être dans l'eau quand même. Mais ça ne m'a pas fait un instantané comme ça m'a fait à ma troisième. Je m'en rappelle de m'amener à regarder ma sachant. Avant que j'aille des contractions, elle m'avait fait un examen. J'étais dilatée à quatre, sans aucune contraction, sans rien. Je me suis dit Il faudrait peut-être faire un examen pour regarder. Je m'en rappelle, ma sachant m'avait fait. Je ne suis pas sûre qu'on a pas fait un examen. Je pense que tu pousses et c'est là. Puis pour ma dernière, ce que je me rappelle, c'est que j'avais tellement le contrôle total de ma position. J'étais comme semi-accro. Je ne pourrais même pas te dire c'était quoi la position. Je me rappelle que mon chum, jusqu'à date, il est toujours proche de moi. Il a mis sa main sur ma cuisse. Moi, j'ai les yeux fermés. Je l'ai pris sans main et je l'ai juste tassé. Là, il y a un moment où tu fais, il n'y a plus rien qui me touche. Il n'y a plus personne qui me touche parce que là, c'est moi, mon bébé et ses dates. Je me rappelle d'avoir lâché un cri profond. pis long là si c'était mon chum qui te racontait cette histoire là il dirait que ce son là c'est pas où je suis allé le chercher mais a touché tellement la corde là mon chum s'est mis à pleurer à ce moment là c'est comme s'il y avait quelque chose de magistral à ce moment là pis ma dernière elle est sortie d'un coup il a passé comme un peu un Red Bull les épaules ont pas tourné elle a fait comme je sors pis je sors d'une fête Je me rappelle qu'elle est sortie, je me suis placée, je l'ai mise sur moi, elle, elle pleurait, mon chum pleurait, puis moi, je me suis mise à pleurer, puis c'est comme si, pour moi, ça a été notre façon de se mettre sur la même longueur d'onde. On s'est mis sur la même longueur d'onde à ce moment-là. On a coupé le cordon-là, puis je n'avais pas envie de rester là pour le placenta, se rendre dans le lit avec mon bébé, réaliser que c'est une fille. la méthode simple, tout ça. Refaire la même joke deux fois à ma chère femme qui a dit Ah, je suis pas gelée ! En plus, j'avais compté avant. J'avais compté. Te rappelles-tu que la dernière fois j'ai fait ça, j'ai fait ça ? Puis, mettons, ma première, j'ai accouché en 4h50. Ma deuxième en 2h30. Troisième, je pense, en 3h20. Puis elle, en 1h. C'est une nuit, je pense. À partir du moment où j'ai eu les contractions, elle est venue au monde comme une heure plus tard. C'est rapide. Puis de repartir de l'hôpital, d'aller à la maison de naissance, d'avoir le repas, le ci, le ça. Mes trois premiers, j'ai accouché dans la même chambre. Mais là, il y avait quelqu'un qui était là. Ça fait que là, c'est dans l'autre chambre. Puis c'était comme parfait parce que mes trois premiers, j'ai accouché un dimanche. Elle, c'était un lundi. C'était pas un dimanche. C'est comme une autre chambre. Puis là, mon chum va chercher le livre des prénoms. Le premier nom qu'il dit. Il fait Oh, fini ! Je fais Oh my God ! C'est ça. J'ai dit C'est ça. J'ai dit C'est son nom. Puis là, mon tueur me regarde et fait Mais non, il dit qu'on n'a même pas regardé les autres noms. Puis là, je fais Non, non, non. Il dit Non, mais il faut regarder les autres noms. Je dis Ok, on va regarder les autres noms si tu veux. Mais dans ma tête, je dis On va regarder les autres noms pour absolument rien. Parce que c'est clairement fini. Fait que là, on a regardé les autres noms. On a écrit plein de noms. Puis là, on buffait des noms. Puis là, j'étais comme... Il était là au moins assez au filet, chez les bêchettes, chez les dix, il y a une heure, mais c'est correct, on a fait le jeu pareil. Puis tu sais, rester là, puis quand je te dis les attentions, les sages-femmes, les aides-natales, prennent toujours un folio, on prend une photo, puis on écrit dessus un petit mot, puis ils le mettent dans un cartable, puis on garde ça. Mais l'aide-natale, quand elle est venue pour prendre cette photo-là, elle est allée ressortir toutes les autres photos des accouchements que j'avais eues. Elle les a comme toutes étalées sur le lit, puis c'était comme, oh my God, c'est un vrai motif aussi. Parce que moi, je savais que je finissais ce chapitre-là de ma vie, mais de voir toutes les fois où j'ai accouché dans cette même place-là, avec elle en plus, c'était comme être natale les quatre fois sur quand même huit ans, ça aurait pu être vraiment d'autres personnes. Puis là, de revenir à la maison. Mais là, le truc qu'on faisait, c'est qu'on ne disait jamais à personne si c'était un garçon ou une fille non plus. Même de notre proche de famille, on leur faisait toujours ouvrir la couche. Fait que là, je me rappelle de ce souvenir-là d'être finie, de mettre le bébé sur le lit, puis d'avoir mes trois enfants, ma mère, qui sont là, puis de faire comme Oh my Lord puis d'ouvrir la couche, puis de se rendre compte que c'était une fille. Puis je m'en rappelle, mon fils a fait comme... C'est mon fils qui voulait tellement un frère. Puis ça, c'est drôle parce que moi, j'ai beaucoup d'amis qui vont demander le sexe pendant la grossesse. Justement pour ça, souvent pour prévenir, pour justement gérer les déceptions. Parce que ça va nous laisser une couple de mois pour ça. Moi, je ne leur ai jamais dit parce que je respecte leur choix, mais je les juge un peu. C'est vrai que mon fils a été déçu sur le coup, mais ça ne l'a pas pris deux minutes. Il a un bébé, tu vois, c'était concret. Je pense que s'il l'avait su à l'échographie, il aurait été déçu avec rien de concret. Il aurait peut-être même plus cheminé ça. Alors que là, il a fait comme... mais tu sais, deux secondes après, il est assis sur le divan et il est là, puis aujourd'hui le lien que mon fils a avec ma dernière c'est sa petite soeur, il se bataille tout le temps avec, il la protège il avait six ans quand il est venu au monde puis il avait déjà ce feeling-là, fait que je pense que la déception aurait fait place tout de suite à la découverte, la curiosité Fait que ouais, c'est ça, c'est l'histoire de mes quatre accoutements. Puis j'espère que, tu sais, on ne sait jamais comment c'est quand on vieillit, puis tout ça, puis qu'il y a la faculté de la mémoire, puis tu sais, on n'a pas tant le contrôle là-dessus, mais c'est des événements tellement importants, puis tellement marquants dans une vie. c'est encore très vif pour moi. L'un des rituels qu'on a, c'est qu'à chaque fois que c'est la fête d'un de mes enfants, c'est sûr que pendant le souper à ma née, je fais comme, je repars et je raconte l'histoire de naissance. Mais autant pour moi que pour eux, des fois, ils sont rendus comme, Ah, pas encore. C'est comme, on va l'avoir, mais tu vois, ma plus vieille, elle est contente. C'était sa fête et elle était comme, Oui, oui, je veux la réentendre. Je vais le faire à chaque année, à chaque fois, à leur fête. Je vais leur raconter. il se l'approprie aussi. C'est comme ça que tu es arrivé dans notre famille, c'est comme ça que tu es arrivé au monde, avec les affaires drôles, les affaires niaiseuses et les affaires touchantes aussi. Ouais.