- Speaker #0
Lorsque la grossesse s'est pointée le bout du nez, Alexandra et Hugo habitaient chacun de leur côté. Comme tu le devines peut-être, le premier trimestre a été mouvementé avec le déménagement et la nouvelle cohabitation. Dans cet épisode, ils nous racontent également la naissance de Margot, le long début de travail à la maison qu'ils ont décidé de faire, le trajet épique vers l'hôpital et l'enfantement physiologique qu'ils ont vécu. J'en profite pour te dire dès maintenant que Alexandra est pédiatre. C'est un élément important à connaître puisqu'elle nous partage son histoire avec ses lunettes de maman et de médecin spécialiste. Ça donne à cet épisode un petit côté sucré-salé pas mal intéressant.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Perère. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici Tadoula Ostéo, Annie Perère.
- Speaker #0
Alexandra et Hugo, merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #2
Ça fait plaisir.
- Speaker #3
Ça fait plaisir, oui.
- Speaker #0
Vous venez nous raconter l'histoire de la naissance de votre fille Margot, qui est encore toute, toute petite.
- Speaker #2
Exactement. Quatre mois aujourd'hui, d'ailleurs.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai, je viens d'y penser. Quatre mois aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est son anniversaire.
- Speaker #3
Oui, quelque part, oui.
- Speaker #0
Alors racontez-moi, d'où vous partiez en début de grossesse ?
- Speaker #3
Au tout début, quand on a appris ça, déjà, on partait de très loin, étant donné que nous n'habitions même pas sous le même toit. Donc, avant de penser à quoi que ce soit d'autre, il fallait penser à la logistique d'un éventuel déménagement, parce que c'était certain qu'on n'allait pas vivre ça à chacun de notre bord. Donc, il a fallu faire ça rapidement. Et je crois qu'en l'espace de... deux mois, je me suis retrouvé chez toi. J'y étais déjà quand même pas mal, mais ouais, je crois qu'en deux mois, j'avais déjà fait le déménagement. Ça, c'était déjà la première étape, quoi.
- Speaker #2
Ouais, c'est vrai qu'avant de penser à un éventuel accouchement, en fait, nous, il a fallu... Vu qu'on absorbe cette nouvelle-là, certains parents, ça prend beaucoup de temps avant qu'ils réussissent à concevoir. Dans notre cas, ça a été une surprise et ça a été très, très rapide. Donc, ça, ça a été la première étape. Ce n'était pas une question de quelques jours, ça nous a pris quand même plusieurs semaines avant de digérer cette nouvelle-là, qui était positive, mais qui venait avec beaucoup, beaucoup de questionnements. De Ouh là là, OK, on est rendu là. Donc, on partait de très loin, effectivement.
- Speaker #3
Oui, ce n'était pas une grande surprise d'apprendre ça, cette nouvelle-là. On l'a quand même bien accueillie, parce qu'on en avait déjà parlé avant, tout ça. Mais c'est vrai qu'entre en parler et se retrouver face à cette nouvelle, et donc, qu'est-ce qu'on fait ? Évidemment, la question ne se posait pas. Tout ça, on l'accepte, mais maintenant, c'est comment on s'organise autour de ça dans un premier temps.
- Speaker #0
Et commencer une relation à deux sous le même toit en début de grossesse, j'imagine que ça doit aussi apporter un lot de défis supplémentaires.
- Speaker #2
Tout à fait. Oui, exactement. Et puis, ça n'a pas été un début de grossesse facile, j'ai trouvé ça... extrêmement difficile physiquement. J'ai toujours dit que j'ai eu une grossesse médicalement parfaite, mais j'ai trouvé ça très exigeant. J'ai eu beaucoup de symptômes digestifs, une fatigue, ma foi, monumentale. Et donc, je n'étais pas la même fille. Donc oui, on apprend à vivre ensemble, mais en fait, Hugo, tu me diras, mais moi je me dis, mon Dieu, il n'a pas signé le contrat pour habiter avec cette fille-là. Ce n'est pas celle qu'il connaissait. Alors oui, ça a été tout un défi puis toute une adaptation.
- Speaker #3
Oui, c'est ça, c'est une avalanche d'émotions. Déjà, Alex se retrouve un peu dans un nouveau corps quelque part. Moi dans un nouvel appartement, tous les deux, avec un apprentissage de cohabitation, et donc en fait les émotions viennent de tous bords, comme ça tu te dis attends mais qu'est-ce qui se passe ? Et donc penser à une chose précisément, c'était un peu compliqué, donc au début ça a pris quand même quelques temps pour placer tout ça et temporiser, mais... On n'est jamais rentré dans une cellule de crise. On a quand même, à chaque fois, passé des étapes calmement, en parlant beaucoup aussi, forcément. Intérieurement, il y avait quand même tout un tas de questions que j'imagine qu'on traitait indépendamment l'un de l'autre. Ce n'était pas très, très simple au début, mais...
- Speaker #2
On a passé au travers. En fait, j'y repense. Puis c'est vrai que c'était beaucoup de choses en même temps. Puis je me dis, mais c'est vrai qu'on en reparle, on se dit que c'est beaucoup de défis, mais c'est vrai que... qu'on l'a quand même bien gérée. En fait, comme du goût, on a beaucoup communiqué. Puis, dès le début de cette grossesse-là, on s'est forcé à s'asseoir, se parler, que ce soit pour le positif ou pour le négatif. On se faisait un peu des checkpoints, qu'on se disait, comme on a gardé aussi en postpartum, qui nous a été très utile à la fin de nos journées des fois, on s'assoyait, checkpoint. Où est-ce qu'on en est ? Toi, comment tu vas ? Moi, comment je vais ? Donc, c'est sûr que ça nous a aidés.
- Speaker #0
Et là, il est venu un moment donné où vous avez commencé à penser à l'accouchement, comment ça s'est organisé.
- Speaker #2
Bien, c'est sûr que moi, j'ai toujours eu un grand intérêt pour ça. On ne l'a pas nommé jusqu'à maintenant, mais moi, je suis pédiatre. Donc, moi, j'ai assisté à beaucoup d'accouchements. Et puis, comme pédiatre, c'est sûr que ce n'est pas notre travail en tant que tel, les accouchements, mais dans ma formation, j'avais beaucoup hésité. J'ai même commencé mon parcours en médecine familiale en voulant faire des accouchements. Puis, j'ai changé par après de direction. C'est vraiment quelque chose qui m'a toujours fascinée, en fait. Tout ce qui est changement physiologique de la grossesse, le processus d'accouchement, j'ai toujours trouvé ça extraordinaire et merveilleux. Et donc, j'ai toujours été très curieuse envers ce sujet-là. Donc, moi, c'est sûr que dès le début de la grossesse, dès que j'ai su que j'étais enceinte, même on était un petit peu en décalage au début, je... Je faisais mes lectures de mon côté sans trop en parler à Hugo non plus parce que je le laissais absorber la nouvelle, mais c'est sûr que moi j'étais un petit peu en avant par rapport à lui dans le sens où moi j'étais déjà curieuse, je voulais savoir qu'est-ce qui se passait dans mon corps, je voulais commencer à me préparer rapidement. Alors je lisais, je lisais beaucoup en fait, j'étais vraiment un peu dans ce qu'on dit la surinformation, mais qui je crois est tout à fait normale quand on tombe enceinte. Et puis donc c'est ça, je m'informais beaucoup. Ceci dit, je ne ressentais pas nécessairement le besoin. Je me disais, en termes de cours prénataux ou quoi que ce soit, ou du moins les cours au CLSC et tout, je me disais, bien ça, je n'ai pas vraiment besoin de ça parce que moi, je sais comment ça se passe, je connais les étapes, j'ai vu les femmes accoucher. Puis oui, c'est sûr que j'ai vu toutes sortes d'accouchements, des césariennes, des accouchements supéridurals, des accouchements naturels, un peu moins, mais quand même. Et puis, je me disais, je sais ce qui va se passer. Je vais être capable d'anticiper, je connais le processus, je vais savoir quand ça va être le moment, etc. Donc, moi, c'est vrai que j'avais moins ce ressenti-là de me dire, on va faire des cours, on va s'asseoir, puis on va se faire guider par quelqu'un. Donc, c'était un petit peu ça, comment moi, je l'ai vécu.
- Speaker #3
Oui, alors, c'est sûr que c'était un peu difficile pour moi parce que... Forcément, quand tu as quelqu'un qui baigne un peu dans le milieu déjà, et que tu regardes un profil comme le mien, c'est-à-dire moi j'ai jamais été tonton, j'ai jamais eu de neveu autour de moi, tu sais, dans la famille proche, j'ai pas eu de contact en fait direct avec des nourrissons ou des discours liés à un... accouchement, donc j'étais loin, moi, de ce monde-là, quoi.
- Speaker #0
Oui, parce que toi, tu n'es pas dans le domaine de la santé.
- Speaker #3
Non, non, non, non, non, moi, vraiment pas. Moi, je suis ébéniste, donc on est quand même loin de tout ça. Mais voilà, donc j'avais vraiment zéro notion. de ça. Donc moi, je partais vraiment de zéro. Je dois avouer que je faisais un peu l'autruche par rapport à tout ça. La nouvelle, c'est déjà de se dire, oh là là, attends, je vais être papa, comment on devient papa, comment on fait, comment on vit avec ça. Moi, ça m'a pris quelques semaines avant d'envisager. d'aller me renseigner un peu plus, tout ça. Je n'avais pas envie de me cacher derrière Alexandra et les connaissances qu'elle pouvait avoir de tout ça. Donc, par la suite, il a fallu que je me bouge et c'est ça. Donc là, on s'est mis aussi à rechercher un support. les questions et la préparation autour de tout ça. Avoir Alexandra se renseigner un peu partout, moi ça m'a un peu affolé, je me suis dit Attends, là on est deux dans cette histoire, il faut qu'on aille à deux, tout simplement. Donc voilà.
- Speaker #2
C'est vrai qu'à un moment donné, fait. Il me reprochait un peu de trop m'informer, mais je pense qu'il était en train de digérer les choses d'une à la fois. En fait, moi, je disais bon, je n'ai pas besoin, mais je me disais, mais mon Dieu, mais Hugo, il est où dans tout ça ? Je vais être tout seul. Est-ce qu'à un moment donné, il va être rendu à l'étape de... Est-ce qu'à un moment donné, il va falloir l'accoucher ? Et puis, il m'a dit, ah bien là, je ressens le besoin. Puis quand il me dit ça, en fait, pour moi, ça a été un peu un soulagement parce que je me suis dit, OK, il embarque dans le train, je ne serai pas tout seul. Mais en même temps, à ta défense, c'est tellement moins concret pour les hommes. Je me souviendrai toujours du moment où on est allé à la deuxième échographie, puis tu me dis j'ai l'impression qu'on repart de l'hôpital, mais on a laissé le bébé dans la salle d'échographie Il a vu le bébé, mais on était dans la voiture et il était comme, pour moi, c'est tellement étrange parce que c'est comme si on l'a laissé là-bas. Alors qu'il est dans mon ventre, il est là, je commence à avoir une bedaine et tout, mais ça illustre à quel point pour les hommes, c'est moins concret. Il y a un moment où il s'est dit, là, il faut qu'on fasse quelque chose, ça nous prend des cours et tout. J'ai dit, je vais regarder un peu les options, qu'est-ce qu'on peut faire. J'étais contente parce que j'avais l'impression que moi, je n'apprendrais pas grand-chose. Pas du tout vrai au final. En fait, j'ai énormément appris. Je suis très contente de toute cette préparation-là. Mais ma première réaction, ça a été de me dire, c'est bon, on va pouvoir se préparer ensemble et se permettre de vivre ça ensemble. Mon chum va être là. Je ne serai pas une de ces femmes qui accouche toute seule parce que ça aussi, je l'avais déjà vu, des papas pas du tout impliqués. C'était un peu ma crainte finalement. Mais je pense que tu avais juste besoin. temps au début, en fait.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
vraiment. Tu as eu besoin de temps, puis j'ai été capable quand même de le respecter. Ça a été difficile, mais...
- Speaker #3
Oui, ça, j'avoue que je te remercie pour ça, oui, vraiment. Tu peux prendre vite peur, avoir le partenaire un peu plus végétatif comme ça.
- Speaker #2
Oui, mais je te connais. Je savais qu'un jour, ça viendrait, mais j'avais confiance, en fait, mais je me disais, c'est ça, j'ai respecté ton rythme, puis je ne le regrette pas, parce qu'au final, tout s'est placé au bon moment.
- Speaker #0
Et toi, comme médecin spécialiste, quand tu t'imaginais à ce moment-là donner naissance, ça ressemblait à quoi ton image ?
- Speaker #2
C'est une bonne question. En fait, moi, j'ai encore l'image d'un accouchement auquel j'avais assisté il y a à peu près une dizaine d'années. Une femme qui était rentrée à l'hôpital et puis qui avait accouché de façon naturelle. Ça m'avait marqué, elle avait accouché sur le côté, ce qui était un peu plus atypique dans les hôpitaux. Ça reste quand même... Souvent, c'est la position gynécologique, c'est l'image qu'on a. Mais moi, cet accouchement-là m'avait marquée. C'était un accouchement où tout était calme, les lumières étaient tamisées. Mais c'était un accouchement en milieu hospitalier. Parce que pour moi, ma vision, moi, justement, de part... C'est un biais professionnel, mais pour moi, je ne m'imaginais pas accouchée ailleurs que dans un hôpital. Je ne me serais pas sentie personnellement en sécurité. Et je respecte et je comprends... même encore mieux maintenant, les femmes qui font le choix d'accoucher ailleurs que dans un hôpital. Mais personnellement, moi, je ne pouvais pas m'imaginer autre chose. Mais je me disais, moi, je vais avoir un accouchement naturel, dans la douceur, dans le calme, mais dans un hôpital. Et d'ailleurs, j'avais un peu la mentalité de me dire, je vais leur prouver que c'est possible aussi. Parce que de plus en plus, les mentalités changent aussi. Puis il y a une belle évolution quand même en milieu hospitalier. C'est long. Évidemment, d'un endroit à l'autre, c'est différent, d'un médecin à l'autre, c'est différent. Mais je me disais, de toute façon, c'est moi qui accouche. Alors, peu importe, j'ai un certain contrôle, c'est mon corps. Donc, je ne vais pas leur donner le plein contrôle. Ce n'est pas parce que j'accouche dans un hôpital que je perds la responsabilité de mon accouchement. Puis, on va se préparer pour pouvoir justement avoir... Je n'aime pas le mot contrôle, mais je pense que les gens peuvent comprendre. C'est vraiment que je n'allais pas me faire prendre en charge, puis on n'allait pas me dire comment accoucher. On allait m'accompagner.
- Speaker #3
Ouais, là-dessus, ça a été tout de suite. J'ai senti une sérénité par rapport à tout ça. Elle a, depuis le début, été convaincue de ça. Et évidemment, moi, je me suis laissé porter. Donc, on a marché tous les deux droit vers ce processus-là. Et je pense qu'aujourd'hui, personne ne le regrette.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Souvent, quand les femmes enceintes disent aux gens autour d'elles qu'elles veulent avoir un accouchement naturel, sans péridural, Je vais oser dire, parfois elles sont même un peu ridiculisées dans ce désir-là. Toi, avec de nombreux amis qui sont aussi dans le milieu médical, sûrement que tu as beaucoup d'amis qui sont médecins, est-ce que tu as osé dire pendant ta grossesse que tu aimerais vivre cette expérience-là ? Tu as tenu ça secret ?
- Speaker #2
C'est une belle question. J'adore cette question, en fait. Je n'ai pas osé. Moi, je n'allais pas rencontrer les gens en disant Moi, je veux accoucher naturel. Moi, je veux faire ci, je veux faire ça. Et puis, de toute façon, en dedans de moi, je gardais toujours cette ouverture-là parce que moi, j'ai aussi vu des accouchements qui sont devenus très médicalisés et pour des très, très bonnes raisons. J'ai vu des bébés et des mamans rester en vie parce que le système médical existe, tu vois. Ça fait que j'en parlais, mais beaucoup dans... Moi, j'aimerais ça. Puis les gens, même dans mon milieu, même mes amis médecins, ils savent que j'ai un petit côté un peu, je n'aime pas dire non plus grano, mais le petit côté un peu, tu sais, la connexion entre le corps et l'esprit et si on peut éviter que de la médicalisation. Tu sais, moi, je suis très ouverte à tout ce qui est un peu plus alternatif. Donc, ça va un peu avec ma personnalité. Donc, je leur disais, si j'ai besoin d'une péridurale, je vais prendre la péridurale. Je suis 100 ouverte à ça. Mais c'est vrai qu'en dedans de moi, et je l'ai réalisé par après, J'avais la conviction que j'étais capable de le faire sans me mettre de pression, mais je me disais, je sais que j'ai ce pouvoir-là en dedans de moi et c'est ce que je voudrais vraiment pour moi, pour mon bébé, puis aussi pour aller au bout de... Moi, j'avais vraiment, comme je dis, j'ai une fascination pour le corps et ce que le corps peut faire. Et d'ailleurs, c'est un peu, je compare ça un peu à du sport extrême, en fait, jusqu'où mon corps peut se rendre. curieuse de vivre l'expérience de l'accouchement jusqu'au bout en sentant tout. Par curiosité, en fait, c'était une curiosité autant médicale que personnelle. Donc, c'est ça. Je ne m'en suis pas du tout vantée, même, j'en parlais pas nécessairement. Mais les gens savaient qu'on faisait une préparation à la naissance dans ces eaux-là. Mais même à notre famille, on ne se vantait pas de ça. De toute façon, pour moi, c'était quelque chose de personnel. Et ça, depuis le début, c'était quelque chose que je voulais vivre avec. Hugo, avec notre bébé, donc c'est pas quelque chose sur lequel j'allais m'étendre.
- Speaker #3
Ouais, de toute façon, je pense que c'est ça que tu l'as dit, c'est quand même personnel. Et puis, dans la mesure où de toute façon, tu sais pas comment ça va se dérouler, que t'en parles ou non, je dirais que... Ça ne change pas grand-chose. C'est sur le moment que tout se passe, que tout se fait. Mais juste pour finir cette parenthèse, c'est vrai que moi, je partais un peu de zéro. Je n'avais pas eu vraiment de point de comparaison, d'expérience, d'accouchement, tout ça, en m'étant... renseigner à côté, mais si tu veux, dans mon entourage, non. Et donc, pour moi, tout allait se passer comme Alexandra le projetait. Et donc, en fait, j'ai embarqué dans cet état d'esprit, vraiment, et tout le long, je me suis dit, mais ok, bon. Finalement, ça ne va pas être si compliqué. Et en fait, je trouve que par rapport à ce point-là, je me suis trouvé plutôt tranquille d'esprit. De jour en jour, on se rapprochait de l'accouchement, je ne sentais pas de pression s'accumuler, je n'avais pas d'anxiété par rapport à ça, bizarrement. Je ne sais pas par quel miracle, parce que je suis quand même de nature anxieuse, et là, par rapport à ça, moi, j'étais quand même assez serein. Et donc, je faisais beaucoup confiance à Alexandra, qui était toujours en harmonie avec son corps. C'est vrai, le corps et l'esprit, ça, c'était un peu le maître mot de la situation. J'étais assez admiratif par rapport à la position d'Alexandre.
- Speaker #0
Et la suite des choses a confirmé que tu avais raison de lui faire confiance.
- Speaker #3
Absolument, absolument.
- Speaker #0
Comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
C'était tout, on ne sait jamais par où commencer en fait, parce que ça a été tellement un moment merveilleux. Et puis c'est drôle parce que maintenant quand... Surtout que moi, je dis toujours, la grossesse, ça n'a pas été... Moi, j'ai trouvé ça difficile. En fait, je n'ai pas beaucoup aimé être enceinte. En dehors de la connexion avec le bébé, de sentir le bébé bouger, de pouvoir lui parler, j'ai adoré ça. Mais toutes les contraintes liées à la grossesse, bref, j'ai préféré accoucher qu'être enceinte, personnellement. Et les gens, des fois, quand je dis ça, ils se disent, mais voyons donc, personne ne dit jamais ça, tu vois. Mais effectivement, j'avais hâte d'accoucher. Puis c'est vrai qu'il y a même en fin de grossesse, on n'a pas eu d'anticipation négative. C'était toujours positif. Mais voilà, je ne sais même pas où je m'en allais avec ça, moi.
- Speaker #3
Bien, ce n'est pas grave,
- Speaker #2
ça arrive. Ils disent que quand on perd le fil de nos idées, c'est qu'on tombe dans l'émotif, en fait. Ah, je sais. Oui, mais voilà, on parlait de l'accouchement. Comment ça s'est passé ? Écoute, ça a été un moment de connexion totale. Ça a été une bulle, en fait. Moi, je nous revois dans la maison, dans l'espèce de bulle qu'on s'est créée et le temps s'est arrêté pendant 24 heures, en fait. C'est vraiment comme si, ouais, vraiment, moi, c'est comme ça que je le vois, le temps s'est complètement arrêté pendant 24 heures.
- Speaker #3
Un peu moins pour moi, puisque cette journée-là, j'étais au travail jusqu'à environ 14h, où j'ai reçu un joli message d'Alexandra, m'avertissant qu'il était temps que je revienne. Parce que ce matin-là, le travail avait déjà bien amorcé. quand même pris la décision d'aller travailler parce que bon on s'entendait que c'était pas non plus une urgence à ce moment là par contre c'est vrai que début d'après midi j'ai rejoint alexandra pour être à deux dans tout ça quoi.
- Speaker #2
Petite précision là moi j'avais eu des parce que ça a l'air quasiment un peu étrange de dire ben moi ma blonde rentre en travail je m'en vais travailler mais en fait c'est que moi j'avais eu deux phases de latence préparatoire en pleine nuit une à 38 semaines de grossesse une à 39 semaines de grossesse la première fois j'avais Pas l'impression que j'allais accoucher, mais la deuxième fois, je me disais, mon Dieu, le vrai travail commence et à chaque fois, les choses s'arrêtaient. Ça fait que c'est sûr que le matin, puis c'est drôle parce que j'avais toujours dit, moi je vais accoucher à 40 semaines ou plus tard. Et puis à un moment donné, on a appris qu'à 40 semaines pile, c'était la pleine lune. Et donc à 40 semaines et zéro, donc le jour de la date prévue, je me suis réveillée avec des contractions. Mais je me suis dit, bon, on ne va pas s'énerver, je suis la championne des fausses allères. Ça fait mal, c'est un peu atypique parce qu'au lieu d'être la nuit, cette fois-ci c'est le matin, mais regardez, Hugo va travailler parce que si ça se trouve, c'est encore une fausse alerte. Si je sais à un moment donné que c'est le vrai travail, je... Je t'écrirais, tu sais. Donc, le matin, je n'étais pas complètement convaincue. Ça a été long. J'ai vraiment passé la journée avec des contractions, disons, plus ou moins douloureuses, plus ou moins espacées. J'ai fait plein, plein de choses cette journée-là. Mais je me suis mise à perdre le bouchon muqueux. Puis c'est là que j'ai fait, oh là là, là, c'est différent. Puis là, ça ne veut pas s'arrêter. Ça se passe. Des fois, j'ai des contractions en 15 minutes, mais ça n'arrête pas. Donc là, je me suis dit, ça ne fait plus aucun sens que mon chum soit au travail, en train de faire je ne sais quoi, pendant que moi, je me prépare à donner naissance. Fait que là, j'ai dit, là, c'est le temps de revenir. Puis heureusement, parce qu'effectivement, pour lui, ça a été un peu au début, même chose qu'au début de la grossesse, c'est comme s'il rentrait à la maison, puis il était un peu dans le déni, dans le sens où il faisait plein de petites tâches, faisait ses petites choses, comme s'il ne réalisait pas, mais je me remets à sa place. Lui, il était au travail 30 minutes avant, dans une journée normale. Puis là, il faut se dire, mon Dieu, mais ça s'en vient.
- Speaker #3
Oui, à ce moment-là, j'ai bien réalisé ce qui s'en venait. Et je me souviens d'ailleurs, en arrivant à la maison, Alexandra allait quand même bien. C'est vrai que tu avais des contractions, mais ça allait encore. D'ailleurs, on était allé prendre une marche et manger une crème glacée par la suite. Mais moi, je sais que je m'étais remis un peu dans le... J'ai ressorti les dossiers, le plan de naissance. J'avais besoin de restructurer tout ça dans ma tête en arrivant à la maison pour être optimal quand il s'agit d'être dans l'action et d'être le meilleur support possible pour Alexandra. Là, on est rentrés dans une petite bulle, tous les deux.
- Speaker #2
Au retour de la marche, en fait, parce que la marche, moi, à un moment donné, j'en pouvais plus. Je me disais, là, ça va faire, la préparation. Il faut que je rentre en travail actif. Je ne sais plus quoi faire. J'avais lavé les planchers, j'avais fait du ménage, débrassé de la vache. J'avais pensé la journée être très active. Puis, c'est comme si ça ne décollait pas. Mais en même temps, je pense que j'avais besoin de la sécurité du goût aussi. Une fois qu'Hugo est arrivé, on est allé prendre une marche, puis je me souviens encore être au parc, au parc Laurier à côté de chez nous, puis dire Ok, là on rentre. Là, il se passe quelque chose. Et puis quand on est rentré, c'est là qu'on a vraiment créé cette bulle-là. Hugo a caché toutes les horloges, il n'y avait plus d'écran, de toute façon, il n'y avait pas de communication extérieure, parce que moi j'avais dit à toute ma famille, Vous allez savoir quand le bébé sera là, j'avertis personne, on le vit. À trois. On est trois là-dedans et c'est tout. Et même de ton côté, je crois, Hugo. On n'a parlé à personne, on ne voulait pas se faire déranger.
- Speaker #3
Ce n'est jamais le bon moment pour envoyer des messages alors qu'il y a quand même un travail qui se fait. Donc là-dessus, nous, on s'est vraiment enfermés. Et oui, on a transformé l'appartement en speakeasy, là, tu sais. Oui !
- Speaker #2
C'est ambiance, c'est amusé et tout. Et ça aussi, c'est drôle parce que moi, j'ai toujours dit que j'allais accoucher la nuit, d'autant plus que j'ai accouché dans l'hôpital dans lequel je travaille. Alors, je ne me voyais pas arriver, je ne voulais pas croiser des gens que je connaissais, je voulais être dans ma bulle. Effectivement, on est rentrés à l'hôpital en pleine nuit, mais j'ai vraiment le travail, c'est drôle, c'est vraiment comme si, un peu comme une chatte. Moi, on a eu plein de chats et de chatons chez nous, et puis c'était toujours la nuit, en fait. C'est le sentiment de sécurité. D'ailleurs, je suis un peu un oiseau nocturne. Quand j'ai trouvé ce sentiment de sécurité-là dans la bulle avec l'ambiance tamisée, c'est là que je suis rentrée en travail actif. Puis c'est là que les choses ont commencé à être un petit peu plus sérieuses, quoique ce n'était pas des douleurs comme j'aurais pu imaginer. Même que je me disais, voyons, ça n'avance pas. C'est vrai que je pensais avoir plus mal que ça plus rapidement. J'ai eu mal. À un moment donné, je me suis mis à avoir beaucoup plus mal. Mais c'est vrai que j'ai été plutôt calme et ça se passait plutôt bien avant le départ pour l'hôpital.
- Speaker #3
Il faut dire qu'on a quand même... J'ai pris la décision de faire couler un bain, finalement de repousser au maximum un peu le moment, parce que c'est ça qu'on s'était dit, on s'était dit qu'en fait on voulait vivre ce moment-là le plus longtemps possible à la maison. possible. Et donc, effectivement, il a fallu quand même qu'Alexandra se mette dans le bain pour apaiser tout ça. Et on est restés un bon moment d'ailleurs ensemble.
- Speaker #2
Ça a été vraiment le moment où on a passé plus de temps, je crois, dans la salle de bain. Je me suis promenée un peu par là. Partout dans l'appartement, beaucoup de temps sur la toilette aussi. À un certain point, je suis allée dans le lit, mais ça, c'est quand je commençais à être plus inconfortable. Le ballon, je suis retournée dans le bain à un certain point aussi. Pour moi, c'était clair que je voulais faire le maximum de travail à la maison. À défaut d'avoir le courage ou l'intention d'accoucher en maison-naissance, ou même chez moi à la maison, je me disais, de toute façon, le plus gros du travail, puis c'est vrai, c'est ce qui s'est passé, ce sera à la maison dans notre... Confort, puis je saurais, j'avais pleine confiance du fait que mon corps me dirait quand c'est le temps d'aller à l'hôpital. Je me souviens qu'à un moment donné, Hugo, lui, il avait un peu moins de plaisir, puis il a appelé à la maternité parce qu'il trouvait que là, je commençais à être vraiment en douleur, puis il me disait, t'es sûr qu'on ne doit pas aller à l'hôpital ? Puis je me souviens, j'ai dit non. Je ne suis pas prête.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. J'ai pris la liberté quand même d'appeler la première fois.
- Speaker #2
Ce qui est très bien. Oui,
- Speaker #3
c'est ça.
- Speaker #2
Je ne te reproche pas du tout. En fait, c'était la chose à faire.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Je ne savais pas trop si Alexandra était à ce moment-là en capacité de juger correctement les choses. Et moi... effectivement un peu plus à froid dans ma tête. Et je me suis dit, attends, c'est ton rôle aussi, finalement, de sécuriser ce qui se passe là. Et donc, premier appel, effectivement, plus ou moins RAS, ils m'ont dit, bon, voilà, continuez comme ça. Tout va bien si jamais les douleurs sont plus intenses et si les contractions sont plus rapprochées. À ce moment-là, vous nous recontactez. Donc, on repart dans notre processus. Enfin, Alexandra surtout, mais je gardais un oeil là-dessus. Puis, je me suis dit, bon, à tout moment, je peux prendre le cellulaire. Mais c'est vrai qu'Alexandra a quand même essayé de pousser au maximum à ce moment-là, je trouve.
- Speaker #2
C'était même pas volontaire. Je me voyais pas. C'est instinctif, en fait. Je prenais pas la décision consciente de retarder, mais je me disais, C'est pas maintenant, c'est pas là. À postériori, c'est vrai que le tour de voiture a été plus ou moins agréable. Je crois très, très stressant pour Hugo. Très douloureux pour moi. Donc, je me dis peut-être que j'aurais dû y aller avant, mais mon corps me disait que ce n'était pas le moment. En fait, le moment où les choses ont tourné, c'est quand je me suis mise à vomir. J'avais tellement de douleur que je me suis mise à vomir. Puis là, je me suis dit, OK. Puis c'est comme si, à ce moment-là aussi, j'ai fait, ah ouais, là vraiment, je vais accoucher. C'est drôle, mais comme j'avais eu des phases de latence préparatoire, c'est comme si jusqu'à la dernière minute, je me disais, oui, mais ce bébé-là, il ne veut pas arriver. Ça n'arrivera jamais. Je n'étais pas dans le déni, mais il a fallu que je me mette à vomir de douleur. Vraiment. Position confortable, à quatre pattes à terre, puis là, c'est là qu'Hugo a rappelé à la maternité. Je fais à l'infirmière, c'est bon, vous pouvez vous en venir. Donc là, j'ai fait, OK, là, c'est bon, on accouche. Là, j'ai fait, ouais, OK, là, c'est bon, c'est correct, c'est justifié d'aller à la maternité, ils ne vont pas me retourner. Parce que ça aussi, je ne voulais pas être la personne qui arrive puis qui se fait dire, vous êtes à trois centimètres, madame, il faut retourner à la maison, on va faire des allers-retours. Je ne voulais rien savoir.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai. Mais c'est vrai que jusqu'au bout, on a l'impression que ça ne va jamais arriver. Ça, c'est drôle comme sensation, tu vois. Tu perds un peu la notion du temps, donc tu te dis, mais ça fait depuis combien de temps qu'on est là ? Et donc, ça, j'avoue que c'était particulier comme sensation, je trouve. Mais bon, pour en revenir à ce qu'on disait, c'est vrai qu'à ce moment-là, moi, je vais sur l'application Communauto et je prie pour qu'il y ait une Communauto juste à côté, évidemment. Parce que c'était notre plan, notre plan A. Seul et unique, plus ou moins. Il y avait une chance, il y avait une Communauto juste à côté. Et moi, j'étais un peu en panique parce qu'à ce moment-là, je laisse Alexandra toute seule. quand même avec des vomissements, des grosses contractions. Je fais ça assez rapidement. Et alors là, ça y est, on met tout dans le coffre. C'est comme si tu partais en vacances, mais dans l'urgence. Et là, j'emmène Alexandra à la voiture. Et moi, je voyais ça comme... Moi, j'aime bien raconter ça parce que, tu sais, t'as l'impression que ça va être l'aventure de ta vie dans la voiture. Genre, vraiment, 80 km heure en ville, on brûle les lumières, tout ça. À la limite, une petite escorte policière. Mais premier virage un peu brutal. Alexandra, mais attends, mais tu vas trop vite. là, ça va pas, ça va pas. À but de nez, ça doit être 10 minutes en voiture, on a dû mettre 40 minutes, quoi.
- Speaker #2
Ah oui, parce que moi aussi, je me disais, ok, le plus vite, le mieux, ça va être fait, mais en fait, ça fonctionnait pas du tout. Le moindre nid de poule, la moindre lumière, je lui disais constamment de ralentir.
- Speaker #0
Alors que moi aussi, j'aurais voulu arriver vite, mais la douleur était incontrôlable. À chaque contraction, il fallait que je détache ma ceinture de sécurité. Je m'agrippais au banc conducteur. Je vomissais en même temps que j'avais ma contraction. C'était un moment... Plus ou moins glorieux.
- Speaker #1
Oui, c'était assez interminable, ce trajet.
- Speaker #0
Ça a été vraiment... Moi, ça, je ne l'avais pas... Ce n'était pas dans mon plan de match, ce court moment-là. Mais en fait, je crois que ça a fait débouler un peu les choses. Je pense qu'à un moment donné, tu t'es dit que ça y avait accouché dans l'auto.
- Speaker #1
Oui, j'y ai pensé. Ce ne sont pas des choses que tu peux prévoir, en fait. Mais moi, je me disais... Mais qu'est-ce qui se passe, quoi ? Genre, est-ce qu'on va réussir à descendre à l'hôpital ?
- Speaker #0
Oui. Moi, je n'avais pas peur d'accoucher parce qu'encore une fois, dans ma connaissance, premier bébé, il va falloir que je pousse pendant deux heures. Donc, je n'avais pas la crainte que j'allais accoucher, mais c'est vrai que je me mets à la place du goût de l'extérieur. J'étais en grande douleur. C'était quelque chose.
- Speaker #1
Oui. En fait, on a quand même un peu joué avec les limites, moi, je trouve. Tu vois, avec le recul, on se l'était un peu dit déjà. Ça s'est très bien passé. Mais peut-être que 10 minutes, 15 minutes avant, peut-être qu'on aurait eu un peu moins de stress. Mais on le saura jamais. C'était quand même une belle aventure. Donc, on réussit à se rendre à l'hôpital quand même.
- Speaker #2
Et là, pendant ce trajet-là, si j'ai bien compris, au début, Alexandra, tu disais à Hugo, ralentis, mais il y a eu un moment donné où tu lui demandais carrément de s'arrêter.
- Speaker #0
Ah oui, on s'est arrêtés à la fin. C'est vrai. Sur la dernière...
- Speaker #1
On va se remettre.
- Speaker #0
Ah oui, parce que les contractions étaient extrêmement rapprochées, ça c'est l'autre chose, donc il fallait arrêter constamment. Oui, il arrêtait la voiture à droite, de toute façon c'était la nuit, il y avait très peu de voitures sur la route. Oui, il arrêtait à chaque contraction. Alors ça semblait interminable. Oui, le 5 kilomètres le plus long de toute notre vie. Effectivement. Mais on y est arrivé.
- Speaker #2
Et là, vous arrivez en milieu hospitalier.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #2
Comment ça se passe ? Comment tu fais pour marcher déjà, pour te rendre à l'unité ?
- Speaker #0
Ça, c'est fascinant parce que le phénomène de la pause, pouf, cerveau intelligent, comme on dit. En fait, moi, je suis arrivée à mon hôpital en plein contrôle. Je suis sortie de la voiture. C'est vrai que tous les gens qui passaient m'offraient un fauteuil roulant. Puis moi, j'étais là, non, je ne veux surtout pas m'asseoir. C'était impossible pour moi de m'asseoir. Je me souviens encore d'avoir pris des contractions en chemin vers la maternité, mais une fois rendue dans la salle de triage obstétrical, j'étais calme. Je faisais même des blagues. J'ai donné toute ma liste de médicaments à l'infirmière. Tout allait bien.
- Speaker #1
Je stressais un petit peu plus parce que je me disais, ça y est, je vais prendre mon rôle vraiment. Et en fait, Alexandra répondait à toutes les questions. Je disais, bon, OK, on va la laisser faire.
- Speaker #0
Je suis sortie de ma bulle, en fait. Je suis sûre qu'Hugo, ce n'est pas la personne qui aime le plus les hôpitaux. Je me disais, je ne sais pas, j'ai comme repris mon rôle médical. Pendant le triage, effectivement, c'est comme si ça s'est calmé en fait les douleurs, mais vraiment on est passé de tout à rien parce qu'il fallait quand même que je prenne les contractions dans une certaine position, mais c'était tolérable.
- Speaker #2
C'est incroyable.
- Speaker #0
C'est fascinant ce phénomène-là. J'avais entendu parler de ça, puis d'ailleurs c'était une de mes craintes, je me disais si on va trop tôt à l'hôpital. Tout va s'arrêter. Mais heureusement, je pense que je me suis relâchée au moment où ils m'ont fait allonger pour aller vérifier et faire en fait le toucher vaginal. Je me suis allongée sur la table et puis là, j'ai écarté les jambes et là, le pop ! Je ne vais jamais oublier ce moment-là de toute ma vie. J'ai eu l'impression qu'une balloune éclatait et je l'ai entendue. J'étais convaincue qu'Hugo et l'infirmière l'auraient entendue. Et finalement, tout ce qu'ils ont vu, c'était une flaque d'eau, en fait. Parce que c'est là que j'ai rempli mes membranes. Puis là, tout à coup, les douleurs se sont complètement exacerbées. Puis là, c'est comme si ça a repris le travail.
- Speaker #1
Oui, là, c'est devenu un peu incontrôlable à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, ça a été la panique.
- Speaker #1
Là, tu as accepté la chaise roulante par la suite.
- Speaker #0
Non, en fait, non, ils m'ont obligée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ils m'ont obligée à m'asseoir dans un fauteuil roulant et je reste convaincue à ce jour que la jeune infirmière au triage avait peur que j'accouche dans le couloir. Parce qu'elle a fait mon toucher vaginal et elle a dit la tête est basse, c'est tout Et je n'avais pas dit de ne pas me dire la dilatation ou quoi, moi je m'attendais à ce qu'elle me dise la dilatation, mais c'est comme si elle n'osait pas le dire, elle a juste été surprise. Finalement, j'ai appris par après que j'étais dilatée à 8 cm. Donc, probablement qu'elle s'attendait à autre chose. Mais là, c'était Ah non, non, madame, vous vous assoyez sur un fauteuil roulant. Puis moi, je me disais Mais je ne me rendrai pas, je ne peux pas m'asseoir. En fait, je leur disais, j'étais allongée, je ne peux pas me lever. J'avais l'impression de ne plus pouvoir rien faire, en fait. Même, je pourrais dire, j'ai perdu le contrôle. J'ai perdu ma sérénité à ce moment-là.
- Speaker #1
Moi, j'ai trouvé ça plutôt rassurant de la savoir sur le fauteuil. Parce que, non, c'est vrai, tu sais, tu as commencé à avoir beaucoup de douleurs, c'était compliqué. Ah ouais. Fait qu'elle embarque sur le fauteuil. Et on laisse toutes nos valises dans cette salle de triage et c'est parti pour l'accouchement. C'était assez intense parce qu'au final, on n'a pas eu le temps de se mettre en place ou de réaliser qu'on se trouvait à l'hôpital. Et en fait, Alexandra est rentrée dans un travail tout de suite. Et moi, il a fallu que je suive derrière. et c'est vrai que c'était extrêmement rapide et donc on n'a pas vu les choses venir.
- Speaker #0
Ça a été un peu épeurant ce moment-là en fait parce que c'est comme si tout déboulait, j'avais très mal. À ce moment-là je me suis dit mais mon dieu j'y arriverai pas, je me souviens encore d'avoir eu cette pensée-là, j'y arriverai pas. Mais l'infirmière a lu notre plan de naissance parce que tout allait tellement vite en fait que c'était pas on s'assoit, on discute du plan de naissance là, c'était... un peu le branle-bas de combat, si on veut. J'ai demandé à prendre un bain, il y avait un bain dans la chambre, je ne pense même pas qu'il m'aurait laissé aller au bain tourbillon. J'ai pris un bain, j'avais besoin de chaleur, mais le bain, ça ne me convenait pas. Il fallait que je sorte du bain, il fallait que je me mette à quatre pattes, je veux m'asseoir sur la toilette, amenez-moi le ballon. C'est comme si à toutes les cinq, six minutes, j'avais besoin de changer, j'étais un peu... je n'avais pas de position.
- Speaker #1
Ah vraiment ? Ça partait dans tous les sens à ce moment-là, avant qu'on commence à reprendre nos marques dans cette salle. Et puis, moi je me souviens qu'en plus, il fallait donner un peu les renseignements, nous concernant, administrativement parlant, tout ça. J'étais quasiment incapable de répondre. parce que j'entendais Alexandra quand même un peu en souffrance à ce moment-là. Ouais, il a fallu gérer tout ça rapidement, mais avec une infirmière, écoute, vraiment remarquable, j'en reviens toujours pas en fait, du support qu'elle a apporté. Je pense qu'elle a vu un peu ma détresse à un moment donné, et... Et elle a réussi à me mettre en confiance et à me recadrer un peu. Donc, on a vraiment travaillé à trois par la suite. Et je pense qu'elle a été un vrai support aussi pour toi. Oui. Elle t'a mis en confiance beaucoup.
- Speaker #0
Oui, ça a pris un certain temps. C'est drôle, ça m'a comme pris une petite heure avant d'être en confiance. Mais c'est vrai qu'à un moment donné, pas quelque chose qu'on entend nécessairement, mais moi, j'ai eu peur à un moment donné. Je me suis mis à avoir des poussées physiologiques très violentes et j'ai trouvé ça vraiment épeurant. Et puis moi, je ne savais pas ce qui se passait. Parce que t'as beau avoir assisté à plein d'accouchements, Tu ne peux pas savoir tant que tu ne ressens pas ça. Et puis, j'avais ces poussées-là très violentes, très peu de temps après notre arrivée. Mais je me disais, si je ne comprends pas, il faut que je me relâche. Alors moi, j'essayais de me relâcher pendant que j'avais des espèces de poussées physiologiques que j'ai un peu réfrénées finalement. J'ai dit finalement à l'infirmière, ça pousse, ça ne va pas. Elle a dit, on va te réexaminer. Puis finalement, effectivement, j'étais complète. Mais c'est vrai que j'ai eu peur. Puis pour moi, tout allait trop vite. Parce que... Même si je savais que j'avais voulu faire la majorité de mon travail à la maison, j'avais l'impression qu'on venait d'arriver à l'hôpital. Je me disais, mais voyons, ça ne se peut pas. Ça va beaucoup trop vite. Et puis, elle m'a dit, on peut pousser. Je me disais, mais voyons, ça ne se peut pas. C'est wow. Puis en plus, j'étais épuisée. Moi, ça a été marquant. J'avais commencé à avoir des contractions quand même très tôt le matin, à 5 heures du matin. Puis là, il faut se dire qu'on était rendu en pleine nuit. Il était une heure du matin environ. Et puis, on me dit, tu peux pousser. Et puis, je me souviendrai toujours, moi, pendant la première demi-heure, on me disait, non, mais il faut que tu pousses tel endroit, tout ça. Et puis, je ne respectais pas les consignes parce que j'étais tout simplement épuisée et j'avais besoin de me relaxer. Alors, je poussais de façon inefficace, mais je savais que mes poussées n'étaient pas efficaces. Mais j'avais besoin de ce moment-là de répit parce qu'enfin, j'avais une petite pause entre mes contractions, ce que j'avais pu depuis environ une heure ou deux. Oui, c'est ça. C'est l'impression que tout allait vite, en fait. Tout nous glissait entre les mains. Même quand j'ai commencé à pousser, je me souviens encore de sentir la petite descendre. Et je me disais, mais elle descend trop vite. Ça va trop vite, tout ça. Ça va donc bien vite.
- Speaker #1
Et c'est vrai, parce qu'au final, quand tu mets toutes ces étapes bout à bout, tu te rends compte que c'est allé très vite. On n'a pas eu le temps de mettre de la lumière.
- Speaker #0
Les lumières étaient amusées parce que c'était la nuit.
- Speaker #1
De toute façon, un petit peu.
- Speaker #0
Mais je ne m'en suis même pas rendu compte. Par après, j'ai dit à Hugo, as-tu eu le temps de faire quelque chose ? Parce qu'on s'était imaginé des choses. On s'était imaginé mettre de la musique et tout. J'ai dit à Hugo, est-ce qu'il y avait ou pas de la musique ? Je ne savais pas.
- Speaker #1
C'est étonnant comme les choses deviennent floues dans ce genre de moments intenses. Mais oui, il y avait de la musique.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est ça. Mais moi, j'ai aucune idée.
- Speaker #1
Puis, à un moment donné, forcément, ils ont appelé le médecin.
- Speaker #0
C'est la résidente qui était là, puis ils ont commencé à me faire pousser et tout, mais rapidement, elle a installé la table. Il y avait vraiment une ambiance de presse, en fait. Parce que tout allait vite.
- Speaker #1
Oui, puis là, moi, j'ai senti qu'on commençait à avoir un petit peu plus de directives quand même vis-à-vis de l'équipe médicale. C'est vrai qu'ils cherchaient beaucoup, dans mes souvenirs, à te proposer des positions qui ne te plaisaient pas nécessairement ou en tout cas, tu n'étais pas à l'aise, je me souviens.
- Speaker #0
Bien, d'aller sur le lit, en fait. C'est la fameuse consigne d'aller sur le lit. Mais moi, puis même à postériori, je me dis, même si j'avais voulu une péridurale, J'avais tellement de la misère à aller sur le lit. C'était l'endroit où j'avais le moins envie d'aller. Et j'y suis allée et je me suis dit, je vais commencer à pousser à quatre pattes sur le lit. Je vais être contente, je suis sur le lit, mais j'étais épuisée. Je me suis laissée glisser sur le côté du lit, spontanément. Et puis, il n'y avait rien à dire, de toute façon. Je ne pouvais pas faire autrement. Et puis, je me souviens, j'ai agrippé les mains, les avant-bras d'Hugo, en fait, qui étaient de l'autre côté du lit. Donc, on était un peu suspendus par-dessus le lit. Puis... Puis j'ai dit, bien moi, je reste ici. C'est ici que je pousse. Organisez-vous. Moi, en fait, je ne l'ai même pas dit. Ça allait de soi. Il n'y avait rien d'autre à faire. Puis on m'aurait dit de faire le contraire. Il aurait fallu me déplacer parce qu'on nous fait des propositions, mais on ne nous reproche pas de ne pas les suivre. Tu vois, c'est ce que j'ai ressenti,
- Speaker #1
en fait. Oui, vraiment.
- Speaker #0
Et puis chaque fois, on dirait, des fois, j'avais l'impression que l'infirmière se disait, bien, qu'est-ce qu'elle fait là ? Puis elle se disait, ah, bien, finalement, ce n'est pas si fou. Et puis, elle s'est mise à m'accompagner comme ça. Puis, je me souviens encore, quand j'étais sur le côté du lit, puis moi, j'avais peur de pousser, ce qui est une drôle de chose à dire. Mais moi, j'ai eu peur de pousser parce que c'était une sensation tellement étrange. Et c'est l'infirmière qui a réussi à me rassurer en me tenant une débarbouillette d'eau chaude, vraiment sur les fesses, en me disant, oui, oui, je te confirme. C'est ici qu'il faut que tu pousses. Laisse-toi aller. Ça va bien aller. Et puis, voilà. Donc, j'ai poussé en grande partie sur le côté du lit. Je suis rembarquée éventuellement sur le lit en position couchée sur le côté. À leur proposition, mais parce que moi-même, je ne voulais plus rester sur le côté du lit, j'étais épuisée. Je lui disais, je n'y arrive plus, je ne tiens plus, je ne sais plus quoi faire. Pour moi, c'était hors de question de m'installer en position gynécologique. C'était tout ce qu'il y avait de moins naturel à mon sens. Donc, elle m'a dit, je te propose d'essayer de te coucher sur le côté. Hugo va tenir ta jambe et tout ça. Et ça a été une transition difficile. J'ai trouvé ça difficile de rembarquer sur le lit et tout. Et je n'étais pas convaincue. Mais finalement, ça s'est super bien passé. Puis, on a fait les dernières poussées comme ça. Puis, Margot est sortie dans cette position-là. Puis, ça s'est bien passé.
- Speaker #1
Oui. Et puis, moi, ce que je retiens, c'est que c'était vraiment un travail d'équipe à ce moment-là. Parce qu'Alexandra avait besoin de moi à ce moment-là pour garder une position. qui était la position la plus confortable pour elle, qui était a priori quand même adaptée pour la situation. Là, effectivement, je crois que je ne chantais plus vraiment mes mains tellement ça ne s'est pas arrivé. C'était vraiment une belle fin à ce moment-là parce qu'on faisait vraiment Tout ce corps-là, vraiment, c'était assez émouvant,
- Speaker #0
oui,
- Speaker #1
ce moment-là.
- Speaker #0
Puis ils nous ont beaucoup respectés dans le sens où je n'ai pas eu l'impression que la résidente m'a touchée ou quoi, elle me laissait faire. Elles ont eu confiance en nous, en fait, je crois. Ils m'ont dit Ah, veux-tu toucher la tête du bébé ? Et moi, dans mon film à moi, j'aurais touché la tête du bébé, je serais allée la cuire moi-même, mais à ce moment-là, de façon étrange, mais bon, c'est ça qui est ça, j'étais épuisée. Et j'ai dit non. Moi, j'avais un travail à faire, c'était sortir ce bébé-là et tout ce qui me restait d'énergie, j'allais le mettre là-dedans. Je ne vais pas aller le chercher, je vais le sortir de là, mais organisez-vous avec le reste. Même si j'avais voulu, en fait, je n'avais pas la force, puis dans la position dans laquelle j'étais, j'étais épuisée. Je les ai trouvés extraordinaires. Ce n'est pas d'intervention, pas de soluté, du monitoring intermittent. Une fois de temps en temps, elle vérifiait le cœur du bébé. Il y a des moments où elle avait plus de misère, mais elle ne s'acharnait pas. Puis moi, je n'ai jamais été inquiète. Non, vraiment. En fait, ils nous ont accompagnés, c'est ça. On a été accompagnés.
- Speaker #1
Moi, j'en garde vraiment un bon souvenir, oui. J'ai même réussi à couper le cordon, chose que je ne m'imaginais vraiment pas faire. Ça, c'était génial.
- Speaker #0
Beaucoup de choses que tu me dis, je ne ferais jamais ça de ma vie et que tu fais jusqu'à maintenant.
- Speaker #1
Oui, c'est fou comme tu as l'impression d'avoir des super pouvoirs comme ça dans des moments où il faut que tu te mettes en action, que tu sois le meilleur support. Tu oublies toutes tes craintes, toutes tes a priori et puis tu fonces.
- Speaker #2
À chacune des étapes, il y a eu un fil conducteur pour toi qui a été Margot. Oui, dans les nuits que tu as passées sur ta chaise berçante en pré-travail pendant ta latence, dans le travail que tu as fait à la maison avec ton amoureux, pendant ta transition, parce que tu es arrivé à l'hôpital en transition, il y a plusieurs moments où tu as gardé ce contact-là avec elle, tu lui parlais, tu l'encourageais.
- Speaker #0
Oui, en fait, puis j'avais même une espèce de mantra. J'ai passé une grande partie du travail à me dire, ça va bien, tout va bien. Je le disais pour moi, je le disais pour Hugo, je le disais pour Margot aussi. Puis c'est vrai que j'en étais convaincue. Des fois, je me suis posé la question, est-ce que je vais savoir s'il y a médicalement quelque chose qui ne va pas avec le bébé et tout. Je sentais instinctivement que tout allait bien. Un peu de la même façon, puis c'est un peu ésotérique de dire ça, mais au moment où j'ai appris que j'étais enceinte, je me suis dit, Ce bébé-là est correct. Alors que des fois, comme pédiatre, on voit tellement de choses que ça peut avoir l'effet contraire. On peut être anxieux tout au long de la grossesse, même tout au long de la petite enfance. Mais autant pour la grossesse que pour l'accouchement, je savais que tout allait bien. Puis effectivement, j'ai beaucoup, beaucoup parlé avec mon bébé pendant qu'il était dans mon ventre. Puis ces moments-là, en pleine nuit, je me souviens, c'était toujours entre environ 1h du matin et 5-6h du matin. Hugo dormait et puis moi je me berçais. Ça, c'est des moments marquants. On ne peut pas jamais oublier ces moments-là. Puis je lui parlais, puis il nous imaginait aussi et tout ça. Donc oui, ça a été des beaux moments, ça. Vraiment, vraiment. Je referais tout de la même façon. En fait, je suis contente d'avoir eu ces moments-là. Même si la deuxième fois, j'ai été un petit peu plus découragée quand tout s'est arrêté parce que ma fin de grossesse était un petit peu pénible physiquement. Mais oui, ça m'a aidée à me préparer mentalement et je suis persuadée que ça a aidé Margot aussi à se préparer. à tout ça.
- Speaker #2
L'arrivée en milieu hospitalier, en pleine phase de transition, ça a été difficile, ça a été intense. Tu aurais pu demander une péridurale à ce moment-là. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est quand elle m'a dit que j'étais à 8 cm, j'ai fait, OK, ça explique la catastrophe actuelle en termes de douleur. Je me suis dit, puis ça, vois-tu, si je n'avais pas fait les cours de préparation à la naissance, Je n'aurais pas été au courant de cette phase-là de transition. Et c'est ce qui m'a fait tenir, en fait. Je me suis dit, je suis en transition. Et puis, je me souviendrai toujours, parce que j'avais l'impression que j'allais perdre le contrôle. Et puis, à un moment donné, j'ai regardé Hugo, puis j'ai attrapé Hugo. J'étais dans le bain, à Califourchon, sur le côté du bain, dans une position pas possible. Mais bon, il faut écouter son corps pendant qu'on accouche. Aucune inhibition, d'ailleurs. Et puis, j'ai regardé Hugo, j'ai dit, là, Hugo, il faut qu'on se calme. Parce que j'avais l'impression, effectivement, que j'allais perdre le contrôle à cause de cette phase de transition-là. Mais oui, je l'avais dit tout haut en plus. Je l'avais dit à l'infirmière, j'ai dit Ah, c'est la transition J'y ai pensé, en fait, parce qu'à un moment donné, j'ai regardé l'infirmière, j'ai dit là, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait pour me soulager ? Et puis, elle m'a dit, bien, je peux t'offrir du Neutronox dans l'hôpital où j'ai accouché. Il y avait ça comme option. J'ai dit oui. Et puis, elle a dit, bien, pour avoir le Neutronox, il faut aller dans le lit. Et donc, elle est allée chercher la machine de Neutronox, mais moi, je ne me suis jamais rendue dans le lit, alors je n'ai jamais eu de Neutronox, parce que pour moi, c'était... inconcevable. J'étais incapable de me rendre dans ce fameux lit. À mon avis, j'avais un blocage mental. Puis j'y ai pensé. Dans ma tête, je me suis dit, Ah là là, est-ce que je prends la péridurale ? L'infirmière ne m'en a jamais parlé. Ce que j'ai beaucoup apprécié, elle avait lu le plan de naissance. C'est normal, je crois qu'il y a un certain point où on se pose la question. Mais c'est vraiment, quand j'ai su que c'était 8 cm, je me suis dit, C'est la transition. C'est un mauvais bout à passer. Et oui, on en est venu à bout.
- Speaker #2
Et donc, j'entends que ça a été quand même intense, vraiment. Est-ce que tu as des regrets avec le recul ?
- Speaker #0
Des regrets de ne pas avoir pris la péridurale ? Pas du tout, pas du tout. Mais c'est que c'est tellement court, ça paraît long la douleur. C'est vrai qu'elle est très intense. Il y a des femmes qui vont dire Ah, moi, je n'ai pas eu si mal que ça et je les crois. Moi, personnellement, j'ai eu très mal, j'ai eu vraiment très mal, mais c'était une contraction à la fois, une vague à la fois. Et puis, on navigue là-dedans et puis… Et puis, je me sentais en sécurité. Alors, je me disais, bon, j'ai mal, mais moi, j'ai toujours dit à mes collègues, parce qu'on riait par rapport à l'accouchement, je me disais, l'accouchement, ça ne peut pas être pire que la grossesse. L'accouchement, au bout de 48 heures, c'est sûr que ce bébé-là, il va être sorti. C'est sûr. C'est un mauvais bout à passer, mais ça ne peut pas être pire. La grossesse, c'est long. Alors, tu sais, je me disais, il va y avoir une fin, tu vois. Mais oui, oui. Mais non, je n'ai jamais regretté, vraiment jamais.
- Speaker #2
Et c'est quoi vos meilleures astuces ? Autant parce que vous avez fait tout un début de travail à la maison extraordinaire, et c'est pour ça d'ailleurs que ça a été aussi vite, parce que vous êtes arrivés, vous étiez vraiment avancés. Ça a été quoi pour vous deux les meilleures astuces que vous avez mises en place qui ont fait que vous avez eu un accouchement physiologique qui s'est très, très bien passé finalement ? Puis en plus pour un premier bébé. Oui,
- Speaker #0
moi je dirais que moi personnellement, c'est de faire confiance en son corps. Il faut y croire, en fait. Il faut faire confiance à notre corps. Puis je sais que c'est facile à dire, mais il y a de cela plusieurs années, les femmes accouchaient toutes sans péridurale. C'est vrai qu'on a changé un peu notre mentalité par rapport à tout ça, mais c'est vrai que c'est des douleurs quand même vraiment pas agréables, mais... Notre corps est bien fait. Dans certaines situations, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas toujours possible pour les femmes d'accoucher de façon physiologique. Mais quand tout va bien, puis quand c'est possible, puis si c'est quelque chose qu'on désire, parce que si ce n'est pas un désir qu'on a en dedans de nous-mêmes, franchement, il ne faut pas perdre son temps à faire ça. Puis je le respecte entièrement. Mais si c'est un désir, puis que tout va bien, puis que les choses sont bien alignées, en fait, il faut se faire confiance. Puis moi, personnellement... C'était aussi la confiance que j'avais en Hugo. Et puis cette préparation-là qui nous avait un peu connectés. Puis lui, il dit, moi, j'ai toujours suivi Alex, j'ai fait confiance, mais je sentais qu'il me faisait confiance aussi. Alors, c'est ce sentiment-là qu'on allait passer au travers ça ensemble.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord. La confiance vis-à-vis de soi-même aussi, évidemment. Pas toujours simple, mais en tout cas, essayer. Et la confiance mutuelle. Et aussi essayer de... pas trop anticiper les choses parce que quand tu projettes des trucs tu vas te mettre à paniquer sur des choses qui n'existent pas donc essayer de pas trop anticiper se laisser aller faire confiance ça paraît un peu facile dit comme ça mais mais je pense que nous ça nous a aidés ça a Ça a peut-être mis Alexandra psychologiquement et physiquement dans un état plus détendu, ce qui a probablement favorisé aussi tout ça.
- Speaker #2
Et si tu nous parlais des astuces encore plus concrètes que tu as utilisées ?
- Speaker #1
Physiquement, aider Alexandra dans des positions parfois un peu invraisemblables. Mais oui, l'acupression, tout ça, c'est des choses qu'on a vraiment mis en application. Oui, oui, oui. Et ça a vraiment aidé.
- Speaker #0
Moi, ce qui m'a le plus aidé, c'est de savoir qu'il était là. C'est drôle parce que tu te souviens, à un moment donné... Tu vaquais un peu à tes occupations dans la maison, puis je t'ai dit non, viens dans la salle de bain, puis reste ici. Sans avoir de grosses demandes non plus, j'avais besoin qu'il soit avec moi. C'est drôle, hein ?
- Speaker #1
Mais ça, c'est du concret aussi, en fait. C'est du concret parce que tu apportes, évidemment, un support physiquement avec des points d'acupression, l'aider dans certaines positions pour soulager, détendre le corps. C'est du concret, être là et tenir la main. main, parfois, sans rien faire. Juste ça, en fait. Et Alexandra me l'a fait ressentir, et donc je me suis dit, là, OK, là, on est tous les deux jusqu'au bout, quoi.
- Speaker #2
Si je vous demandais quels sont les superpouvoirs que vous êtes découverts...
- Speaker #0
C'est plus en post-natal, mais moi, c'est la patience, en fait, et cette obligation-là de vivre dans le moment présent. Puis l'autre chose aussi, c'est cette espèce de fusion d'équipes-là qu'on a bâties, en fait, pendant la grossesse, et puis qui nous a servis et qui nous sert encore. maintenant avec le bébé.
- Speaker #1
Oui, c'est un bon point. L'écoute, on n'est pas un couple d'une dizaine d'années. C'est quand même assez frais, tout ça. En super pouvoir, ce serait ça, je pense. L'écoute, la discussion et effectivement la patience. Surtout en post-natale, c'est vrai que ça, c'est quelque chose qu'on travaille encore, que moi, je travaille surtout encore. Et voilà.
- Speaker #0
Mais je ne pourrais pas dire, je me sens incroyable parce que j'ai accouché naturellement, parce que c'est un peu comme si c'est normal. Tu vois ? Quand j'ai vu la petite sur moi, je me suis dit, mais je ne peux pas croire qu'on y est arrivé. Ceci dit, je me sentais incroyable, mais c'est drôle, mais c'est comme si pour moi ça n'était pas un super pouvoir, c'est la nature, c'est à l'aides-soi.
- Speaker #2
Wow ! Alexandra, je n'aurais pas pu rêver d'une meilleure conclusion. Merci infiniment à tous les deux d'avoir pris le temps de venir nous raconter votre histoire.
- Speaker #1
Merci à toi, Annie, de nous avoir reçus pour ça.
- Speaker #0
Absolument, ça fait vraiment plaisir.
- Speaker #2
Alors, si tu savais le nombre de sujets sur lesquels j'aurais envie de rebondir, cet épisode est d'une richesse. Il y a une multitude de petites pépites à l'intérieur de la dernière heure. J'espère que tu as été capable de les capter. Parce que c'est le genre d'astuce qui peut faire une réelle différence dans le déroulement d'un accouchement, vraiment. Et c'est fou parce que souvent dans les épisodes, j'entends des gens qui disent Ah, ça a été vite, ça a été vite C'est vrai qu'on a l'impression pour Alexandra et Hugo que l'accouchement a été rapide. Mais je te rappelle que ce n'est pas tant le cas, c'est-à-dire qu'ils ont fait un long début de travail à la maison. Et ça, je suis toujours vraiment impressionnée de voir à quel point il y a une grosse divergence dans la façon de voir l'expérience. C'est-à-dire que les couples qui arrivent à l'hôpital et qui vont passer de très nombreuses heures, par exemple en travail de démarrage, vont souvent trouver que leur expérience a été très longue versus ceux qui vont faire un début de travail à la maison. Cela étant dit, dans certains cas, la durée du travail est comparable l'un comme l'autre. Alexandra a eu un travail qui a été tout à fait normal au niveau de la durée. Le fait qu'ils aient l'impression tous les deux que ça a été extrêmement rapide, c'est parce qu'ils sont arrivés à l'hôpital avec un beau 8 cm de dilatation. Mais le travail en tant que tel a été d'une durée normale. Vois-tu comment notre perception des choses... peut être influencé. L'autre chose qui me wow, qui m'impressionne, je le sais, je l'ai vu souvent, mais dans le cas d'Alexandra, c'était particulièrement marqué, c'est cette capacité qu'ont les hormones de stress à freiner, voire même à arrêter complètement le travail. Et là, je vais te le dire, c'est plus rare à 8 cm qu'on puisse observer ce phénomène-là. Habituellement, lorsque les hormones sont très, très puissantes, dans le système de la maman parce que justement le travail est bien lancé. Même s'il y a un petit peu d'hormones de stress qui rentrent dans le système, en général le travail va continuer. On va voir plus un impact au niveau de la sensibilité à la douleur, mais moins un arrêt de travail ou en tout cas un ralentissement important, ce qu'on a observé pour Alexandra. Alors imagine... Comment c'est important de rester dans sa bulle. Imagine s'il avait fallu qu'Alexandra décide de se rendre à l'hôpital en pré-travail. On peut imaginer que ça aurait été difficile pour elle de revenir dans un travail qui est bien au niveau de la cadence, parce qu'effectivement, l'entrée dans son milieu de travail a réveillé son cortex, a réveillé son cerveau intelligent de façon importante. Heureusement, comme elle était déjà en phase de transition, Son corps a quand même fait comme, hé, viens, viens, nous, le cerveau, même faire les belles hormones, on va reprendre le contrôle. Maintenant que tu as dit ce que tu devais dire, parce que la naissance est imminente. Donc, ce sont des clés qui sont hyper importantes, ce sont des clés qui peuvent réellement changer, qui peuvent faire la différence entre un magnifique accouchement physiologique tel que... Alexandra et Hugo l'ont vécu, ou un accouchement dans lequel on va avoir besoin de beaucoup d'aide au niveau pharmacologique pour pouvoir aider tes contractions, pouvoir aider le col à s'ouvrir, de façon à repartir la machine, parce que malheureusement, il y a eu un petit peu de grains de sable dans l'engrenage. Donc, si tu as envie que je t'accompagne avec la méthode Opaleo, ce qu'Alexandra finalement et Hugo ont fait avec moi, je t'invite à me rejoindre sur opaleo.com. Si tu as envie de découvrir mon approche en mode gratuit avec une préparation à l'accouchement virtuelle dans lequel il y a énormément de valeurs, dans lequel il y a énormément d'aspects pratiques, C'est simplement les 11 clés pour une naissance facilitée. Je t'invite à aller dans la description pour pouvoir avoir le lien, pour cliquer, t'y inscrire et commencer dès maintenant ton écoute pour pouvoir changer de façon importante le déroulement de ton accouchement. Si tu es déjà en fin de grossesse ou que peut-être même tu as ton bébé dans les bras, je t'invite à me rejoindre. Dans l'atelier, les super pouvoirs de ton bébé. Réflexes archaïques, motricité libre, sommeil, tête plate, on parle ensemble de tous les sujets qui sont hyper importants dans les premiers mois de vie de ton bébé. Je te souhaite une magnifique journée et j'ai déjà hâte de te retrouver dans le prochain épisode.