- Speaker #0
Florine et Camille sont tous les deux infirmiers. Pendant leur grossesse, ils ont grandement transformé leur façon de percevoir la naissance qui peu à peu s'approchait. Dans cet épisode, je t'invite à découvrir leur histoire.
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast de Annie Béreer. Passionnée de grossesse et d'accouchement, Annie est accompagnante à la naissance depuis plusieurs décennies. Elle est également ostéopathe spécialisée en périnatalité et formatrice à l'international. À ce jour, elle a aidé des milliers de femmes, de couples et de familles à se préparer pour vivre une expérience de naissance la plus alignée possible à leur désir. Voici. Tadoula Osteo, Annie Pérel
- Speaker #0
C'est avec grand plaisir qu'aujourd'hui je reçois Camille et Florine qui vont venir nous raconter leur histoire de grossesse, parce que vous allez voir qu'ils ont quand même un vécu particulier. Et ce qui nous intéresse en particulier, c'est bien entendu l'accouchement. Merci à tous les deux de prendre le temps de venir nous raconter votre histoire. C'est quand même des événements qui sont intimes, de venir accepter de nous partager ce que vous avez vécu autour de ça. Puis que premièrement, la grossesse, Florine et Camille, vous avez vécu quand même un certain nombre de rebondissements puis de stress à travers les dernières semaines de grossesse.
- Speaker #2
Oui, alors la grossesse en général s'est très très bien passée. J'ai eu une belle grossesse, j'ai aucune complication. Le bébé allait très bien dans les percentiles voulues, juste la hauteur utérine qui surveillait un peu plus étroitement, puis qui les stressait un peu plus. Mais en fait, nous avons un contexte particulier, on travaille dans le nord, donc il a fallu faire un peu nos suivis de grossesse à distance au téléphone. Et puis on est infirmiers donc Camille prenait ma hauteur utérine, voilà il fallait un petit peu double vérifier avec les médecins sur place.
- Speaker #3
Pour l'anecdote je suis vraiment pas un pro de l'obstétrique, je travaille dans le Grand Nord et la hauteur utérine que j'ai sortie une première fois était vraiment pas bonne. Ça a amené un appel du médecin pour dire vous êtes sûr la hauteur utérine ? J'ai appris aussi de ça pas mal.
- Speaker #2
Puis dans le fond c'est ça nous ce qu'on a trouvé un peu plus. Dommage, puis on s'en était parlé à Nip par message. Sur la fin, un peu plus stressant, ça a été qu'à partir de 38 semaines, il m'avait déjà cédulé pour ma date de me faire provoquer. Puis évidemment, comme je n'avais jamais eu d'enfant, j'étais nullipare. C'est sûr qu'il y a plus de chances que mon accouchement tarde, que le déclenchement tarde, que ça arrive plus tôt que prévu. Ça, ça m'avait beaucoup stressée à la fin. On s'était beaucoup posé de questions si on devait accepter ou pas de se faire provoquer. Parce que dans notre empowerment, on ne voulait pas juste se laisser guider et se laisser aller dans les ordres médicaux. Là, on voulait vraiment prendre nos propres décisions aussi. C'était ça qui était... J'ai essayé toutes les solutions pour essayer d'accoucher avant 40 semaines, même 41. Mais finalement, on a été chanceux parce que j'ai percé les os le jour où je devais me faire provoquer. Donc, ça a bien fini, mais c'est vrai qu'on a trouvé ça un peu stressant dans le système de santé pour ça.
- Speaker #0
Absolument, parce que ça met des doutes. Puis comme tu dis, on ne sait pas trop sur quel pied danser, de faire, est-ce qu'on accepte, est-ce qu'on refuse. Et là, avant de passer à l'accouchement proprement dit, il y a quelque chose qui m'intrigue. Parce que là, vous avez nommé que vous étiez tous les deux infirmiers. Même si vous n'êtes pas spécialisé en obstétrique, vous avez quand même beaucoup de connaissances médicales. Et là, vous avez quand même décidé de vous préparer et de vous renseigner de façon quand même assez importante pendant la grossesse en prévision de l'accouchement. Et ça, ça m'a toujours un peu intriguée parce qu'il y a beaucoup d'infirmiers, beaucoup de médecins qui décident dans le fond qu'ils ont moins besoin de se préparer. J'aimerais ça vous entendre là-dessus. Qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes dit, OK, nous autres, malgré toutes nos connaissances médicales, on va quand même mettre de l'énergie dans cette préparation-là ?
- Speaker #3
Tu sais, tu as beau être dans le métier, ce n'est pas ce que tu as pratiqué vraiment de façon professionnelle pendant des années. En fait, tu n'y connais rien en réalité. Puis, on s'en est aperçu jour après jour quand on a suivi les formations au Paléo. Et on était très au courant. Enfin, je veux dire, on était très honnête avec nous-mêmes. Ce n'est pas parce qu'on était dans le système de santé qu'on connaissait. En fait, c'était un monde complètement inconnu pour nous. C'est sûr, il y avait des petites connaissances, il y a des notions, il y a du vocabulaire médical, il y a des choses qui sont acquises et qui sont peut-être plus simples pour nous. Il y a aussi le fait qu'on connaisse un petit peu le secteur hospitalier, comment ça fonctionne dans les coulisses. Mais ça reste que ça reste une spécialité et que si tu n'as pas fait ça toute ta vie, tu n'y connais rien. Nous, on a fait principalement des soins intensifs, de la chirurgie cardiaque. Même dans le Grand Nord, on est un peu confronté à l'obstétrique parce qu'on a élargi notre champ de compétences et qu'on fait de la première ligne. Mais ça reste que c'est des petites choses, on ne s'est pas approfondi forcément autant que ce qu'on voudrait. On a trouvé dans la formule au Paléo vraiment notre bonheur dans le sens que justement on trouvait que ce n'était pas de la préparation je dirais basique de quelqu'un qui ne connaît absolument pas le milieu. On dirait que ça peut rejoindre toutes les... Toutes les bourses quoi, dans le sens même en étant du métier on a appris énormément de choses puis justement on a apprécié le fait que, eh ben, on allait plus loin dans les connaissances et donc ça nous a vraiment tout de suite parlé.
- Speaker #2
Puis nous on sait beaucoup agir sur les complications. On est infirmiers, donc c'est sûr qu'on connaît le dark side, tous les événements un peu négatifs qu'ils peuvent avoir. Donc c'est sûr qu'on est au courant de comment ça se passe un accouchement, c'est quoi les interventions, c'est quoi les complications qu'il peut y avoir, qu'est-ce qu'il faut faire avec un bébé quand on en fait des accouchements ici. Mais... De la base, si tu veux, on était nuls.
- Speaker #3
Moi, la bulle hormonale, je n'avais jamais entendu parler de ça. On l'a expérimenté, on l'a vécu. Toutes ces choses-là, c'était vraiment l'inconnu total.
- Speaker #2
Puis d'un point de vue naturel aussi, si tu veux aller dans un aspect un peu plus physiologique, c'est clair que de nos connaissances à nous, ça ne rejoignait pas du tout le côté physiologique naturel.
- Speaker #0
C'est merveilleux, c'est formidable parce que finalement c'était très complémentaire tout ce que vous avez fait à ce que vous aviez déjà. Et là ce que j'entends c'est que tout ce que vous avez acquis comme compétences, comme connaissances, vous l'avez vraiment mis en pratique lors de l'accouchement.
- Speaker #3
Vraiment, ça va nous servir aussi dans notre situation professionnelle en réalité, c'est ça qui est génial, c'est que le côté personnel, on l'a vécu, expérimenté, et puis moi je sais que ça me sert maintenant aussi pour le... pour la suite de mon travail. C'est génial.
- Speaker #0
Je suis curieuse. On va faire une petite bifurcation. À quoi tu penses ? Tu penses quand, par exemple, tu accompagnes des femmes pour l'accouchement ou tu penses complètement à autre chose ?
- Speaker #3
Non, si je reçois une femme enceinte qui m'appelle à 3h du matin pour me dire que j'ai des contractions, les liens se font beaucoup plus vite, le praxonix, toutes ces choses-là, c'est vraiment beaucoup plus clair pour moi. Et ça m'a beaucoup déstressé avec la spécialité, tant l'obsétrique que la néonate, si on veut. Ou la périnate en fait, plus précisément. Ouais, ouais, non, c'est fou.
- Speaker #2
En plus, ta première garde, là, quand on est revenu, moi je suis en congé parental, Camille travaille, on est revenu dans le village, là, en ce moment on est dans le village. Et sa première garde, son premier appel, c'est une femme enceinte de 37 semaines, qui avait des cramps et c'est tout,
- Speaker #3
non ? Ouais, ouais, ouais, elle pensait à des contractions, elle n'était pas sûre, mais...
- Speaker #2
Donc c'est assez drôle quand même.
- Speaker #3
Je l'ai pris beaucoup plus relax que ce que ça aurait été six mois auparavant.
- Speaker #0
Oui, parce que là, il faut dire que comme tu avais déjà vécu l'expérience toi-même, tu savais aussi à quoi ça ressemblait une femme à 9 cm à ce moment-là, parce que tu devais te douter déjà au téléphone qu'elle n'était pas rendue là.
- Speaker #3
Non, exactement, oui, c'est ça.
- Speaker #0
Évite les si j'avais su en connaissant à l'avance toutes les étapes importantes jusqu'à la fin de ta grossesse. Rendez-vous dans la description pour télécharger dès maintenant ton calendrier pour une grossesse facilitée et bien organisée. Puis racontez-nous, donc là, tu perds tes os, Florine, la journée où normalement vous auriez dû être confronté à l'induction. Et là, qu'est-ce qui se passe après ça ? Est-ce que le travail commence ?
- Speaker #2
Le travail a tardé. Alors moi, dans mon monde idéal de licorne, j'aurais aimé faire tout le travail à la maison, chez moi, avec mon chéri. Je voulais me rendre le plus loin possible parce que c'est aussi ce qu'un des médecins, lors de mon suivi de grossesse, tu sais quand tu es suivi par une équipe d'omnipraticiens, tu rencontres tous les omnipraticiens. Puis une de ces médecins-là m'avait dit, si tu veux, un accouchement naturel parce que c'était ça notre désir de naissance, c'était un accouchement le plus naturel possible, qui d'ailleurs à partir n'était pas du tout ce qu'on voulait au départ, avant de commencer les cours au paléo, notre vision a complètement changé. Moi j'étais la fille qui allait dire moi je veux l'épidural, je veux pas avoir mal. Tu sais, le côté un peu infirmière. Et en fait, en suivant les zooms, puis les vidéos, on a complètement changé d'idée. Donc voilà. J'ai perdu les os pendant la nuit. Je me lève le matin pour aller faire pipi très tôt, comme d'habitude. Puis là, je remarque que je perds plus de liquide. Je vais me recoucher en mode... Puis là, à un moment donné, je me dis, mais t'es en train de perdre les os, là. Il faut que tu te lèves, que tu... Tu sais, on dirait que j'étais en déni, que j'allais accoucher. Puis non, j'avais pas de contractions. En fait, oui, j'en ai eu un peu pendant la nuit. C'est vrai, j'ai eu comme un peu des contractions de règles, des crampes de règles pendant la nuit. Et puis après, le temps qu'on s'est préparé, que j'ai appelé, qu'ils m'ont dit de prendre mon temps, mais de m'en venir. Camille m'a fait le... très beau déjeuner d'ailleurs ce matin-là, et puis le temps qu'on se prépare et tout, finalement j'avais plus de temps de contraction, ça durcitait un peu de temps en temps, mais zéro douleur, c'était vraiment comme des Braxton X, puis finalement on s'est rendu à l'hôpital, à la salle de triage, il n'y avait pas grand monde, on était vraiment relax, les infirmières étaient super relax aussi, ils ont fait un monito, j'avais une contraction aux 3 minutes, mais non douloureuse, Le médecin qui était là de garde m'a dit, vous avez deux heures, allez marcher à Sherbrooke, là où on habite, autour du CHUS, il y a une forêt, il y a des sentiers. On est allé marcher 8 kilomètres en bas-bastant. Je commençais à sentir un peu les hormones. Je me rappelle, j'étais un peu sur un nuage, même Camille me l'a fait remarquer au bout d'un moment. Et je commençais à avoir un peu mal, des contractions et tout. Donc on retourne à l'hôpital au bout de deux heures. Puis là, le monitoring, il n'y a presque plus rien. Donc c'est comme ça n'avait pas évolué assez rapidement. Donc là, le médecin qui était là nous a annoncé qu'il faudrait passer par l'induction, donc par l'intraveineuse, le Centowell.
- Speaker #3
Ça a été un peu la désillusion à ce moment-là. On avait l'image de... L'idée de l'accouchement naturel encadré à l'hôpital, évidemment, mais de A à Z. Puis là, quand la médecin lui a fait comprendre qu'on ne pouvait plus attendre et qu'il fallait passer par les hormones de synthèse... Là, elle s'est un peu effondrée en pleurs, puisque ce n'était pas du tout ce à quoi on s'attendait. Mais on a vite repris le dessus, puis à un moment donné, on savait que tout ne se passerait pas forcément comme on espérait. On a essayé de négocier un petit peu du temps, mais il y a toujours des limites, surtout j'imagine en secteur hospitalier.
- Speaker #2
On connaît la réalité de ça aussi.
- Speaker #3
On s'est résigné et on s'est dit que ce n'est pas pour autant que ça ne va pas bien se passer.
- Speaker #2
Ça a été comme un deuil quand même, parce que la piscine hormonale, j'imagine, de ce qu'on a cru comprendre, n'est pas la même. Apparemment, tout le monde dit que ça fait très mal avec l'intraveineuse, mais moi je ne le saurais pas. On le verra peut-être pour un deuxième, mais je ne le sais pas, je l'ai vécu avec l'intraveineuse.
- Speaker #0
Et là donc, justement, après que tu as pleuré un bon coup, que tu as libéré ça, vous discutez ensemble, vous en venez à la conclusion que ça va aller et vous acceptez. Et là, comment ça se passe une fois que le Sainte-Eau est installé ? Est-ce que ça va doucement vers une amplification ? Est-ce que ça va vite dans des grosses contractions ?
- Speaker #2
Non, ça allait quand même assez doucement, c'était très smooth. Ils m'ont parti l'intraveineuse à 14 heures, puis je pense qu'au bout d'une ou deux heures, je commençais à ressentir des contractions un peu douloureuses. Et puis non, je trouvais que c'était quand même assez smooth. Au début, je sentais vraiment la contraction. Au bout d'un moment, je commençais à sentir la douleur venir un peu plus de temps en temps. Mais j'ai commencé à avoir vraiment mal, je dirais peut-être vers 18h. Mais le mal, mal, mal, le mur, vraiment plus tard. Mais 18h, c'était plus un mal tolérable. Donc ça a vraiment été graduellement, je trouvais quand même.
- Speaker #0
Puis pendant ce temps-là, qu'est-ce que vous avez fait ? Est-ce que vous arriviez à vous mobiliser malgré le soluté ? Qu'est-ce que vous avez pu faire ? Qu'est-ce qui a bien fonctionné pour vous aider à traverser cette expérience-là ?
- Speaker #3
Dans le fond, on a eu la chance d'avoir le monitoring ambulatoire. On était vraiment content de voir qu'ils nous l'ont mis tout de suite et que c'était possible. Ça nous a permis de continuer à se mobiliser, se bouger, faire des suspensions, on est allé sur le ballon. C'est drôle parce que dans les premières heures, même si le travail était plus relax, on dirait qu'on a pu s'échauffer, se pratiquer, se rappeler les suspensions. On savait qu'à un moment donné ça irait un peu moins bien, donc il fallait être un peu drillé pour pouvoir être efficace quand ça allait être vraiment plus difficile. Donc on a essayé, on a tourné sur différents ateliers, principalement sur le ballon, les suspensions, on en a profité pour ouvrir le lit, voir comment ça marchait, demander la barre de suspension, etc. Donc, ça nous a pris quand même quelques heures pour bien maîtriser le truc. Puis là, on était confiants quand ça commençait à faire plus mal. Ouais, plus agressif on va dire.
- Speaker #2
On avait comme mis nos marques, on a eu le temps de mettre nos marques puis de faire différentes stations comme tu nous avais conseillé, tu sais les différentes stations puis j'ai fait des suspensions sur toi aussi, beaucoup de temps en mouvement et tout le temps dans les sons. J'ai jamais arrêté de faire des sons, jamais.
- Speaker #3
Ouais, c'est sûr qu'au début c'est un peu difficile. C'est bizarre. On est comme bon. Et là, il y avait quand même une infirmière assez présente avec nous, un super support. Ouais. Mais on a compris plus tard que l'accouchement naturel, ce n'était pas leur quotidien non plus. Donc on sentait qu'il y avait une présence supplémentaire. Parce qu'ils voulaient être plus à l'affût des problèmes qu'il peut y avoir. Donc au début, c'est un peu spécial de rentrer dans sa bulle et de faire des harons. On ne sait pas si on est bizarre ou si c'est normal. Mais finalement, après, quand on rentre dans le truc, on se libère. Et puis là, on ne voit plus rien, on ne voit plus ce qui est autour.
- Speaker #0
Puis est-ce qu'au début, est-ce que Camille t'a fait des sons pour aider Florine à rentrer dans ses sons ? Ou Florine, tu as été capable de les faire dès le départ toute seule ? Comment ça s'est organisé au départ, justement, quand il y a eu au départ cette petite gêne-là que vous avez dû traverser ?
- Speaker #3
Je pense qu'on a commencé, je ne sais plus trop, mais il me semble qu'on a commencé doucement. Puis on s'est libéré un petit peu au fur et à mesure. Et je pense qu'on s'est embarqué les deux là-dedans. On a commencé assez en même temps. On avait bien retenu qu'il fallait... qu'il fallait y aller, il fallait se lancer pour faire les sons parce que sinon on aurait cette gêne latente et on n'y arriverait pas. De mémoire, on a commencé un peu doucement puis plus la soirée avançait, plus c'était court.
- Speaker #2
Mais oui, il en faisait avec moi, ça me revient et surtout sur la fin là, quand tu sentais que j'avais plus de misère, il me remettait le pace et le ton du son. Ouais.
- Speaker #0
donc non ça a été on a embarqué assez vite sur les sauts c'est magnifique qu'est-ce que tu dirais Camille qui t'a le plus impressionné dans ce que t'as observé dans l'accompagnement que t'as offert à Florine qu'est-ce
- Speaker #3
qui t'a le plus impressionné par rapport à ce que t'as observé c'est sûr que moi c'est sa force et sa force de sa tolérance à la douleur, la force avec laquelle elle a amené ça tout le long, elle n'a jamais lâché. C'est sûr qu'en étant spectateur, sans vivre la douleur physique à la seconde, les heures m'ont paru quand même assez longues. J'ai vu crescendo la douleur qui s'est installée, qui a augmenté. Ce qui m'a impressionné le plus, c'était vraiment de voir la force avec laquelle elle a amené ça jusqu'au bout. Et... C'est sûr que c'est... Ouais, je sais pas, ça m'a quasiment émotif. Mais c'est... Ouais, ouais, c'est... Non, c'est impressionnant à vivre. Ça passe... C'est long, puis en même temps, ça passe en deux minutes. Enfin, je veux dire, c'est vraiment... C'est vraiment une bulle temporelle. Et... Ouais, ce qui m'a le plus impressionné, c'est de l'avoir... L'avoir souffrir, déjà... Ça m'a impressionné de façon... Ça m'a atteint parce que je veux dire, il y a un moment donné, on fait tout ce qu'on peut, mais on ne peut pas prendre non plus sa douleur. Donc c'est sûr que ça prend dedans. Mais en rentrant dans le jeu, si je puis dire, en l'accompagnant du maximum que j'ai pu, ça m'a permis de me sentir efficace et de me sentir mieux dans l'accompagnement. Ouais ça, ça m'a vraiment aidé je pense, de m'impliquer à fond là-dedans.
- Speaker #0
Et de ton côté, Florine, est-ce que tu retiens, est-ce que tu te souviens de ce bel accompagnement-là que ton amoureux, ton chéri t'a donné ? Est-ce qu'il te reste des sensations de ces souvenirs-là ?
- Speaker #2
Ah oui, oui, pour moi, en fait, je n'ai pas accouché, on a accouché. Vraiment, là, tout le monde le sait, j'aurais jamais pu faire ça sans Camille. Il a été ma force, mon pilier. Mon deuxième moi, il m'a nourrie, il m'a donné de l'eau, il s'est cassé en deux pour accrocher le ventilateur dans toutes les parties de la pièce. Il m'a tout installé les stations, il a été là de A à Z, il m'a fait des points de pression dans le dos. Il a essayé les points d'acupression, ça n'a pas duré longtemps. Il a été là tout le long. J'avais besoin de lui, je n'aurais pas pu vivre ça sans lui, c'est certain. Non, non, ça a été une superbe... Moi, j'en garde vraiment un super bon souvenir. Dans ma tête, ça a passé vraiment vite. Je n'ai pas vu les heures passer. En même temps, je souffrais, donc c'est bizarre. C'est vraiment bizarre parce que j'avais vraiment, vraiment, vraiment mal. Mais ça a passé super vite et je pense que je devais quand même être sur une déshormone parce que c'est comme un rêve. J'ai des flashbacks de choses aussi, mais je ne me rappelle pas de tout. Pour moi, ça a passé vraiment plus vite que Camille.
- Speaker #3
C'est une sorte de sprint versus marathon, c'est spécial. On est sans arrêt sur l'adrénaline pendant plusieurs heures non-stop. Mais le vécu est quand même différent. C'est sûr que moi la piscine hormonale, je l'ai observée à 200% et je l'ai observée notamment quand… Je ne sais pas. Quand on était en milieu hospitalier, c'est sûr que le monitoring, dès que ça capte un peu moins bien, l'infirmière intervient, on veut retrouver le bruit du bébé, etc. Je l'ai senti à chaque fois qu'il y avait une intervention un petit peu trop intrusive, même sans l'être volontairement de la part du staff. Je voyais que Florine perdait le contrôle un petit peu, puis revenait dans sa bulle. Sur la fin du travail, on est allé au bain, et dans le bain, c'est sûr que les capteurs marchent beaucoup moins bien, l'infirmière était peut-être un peu moins habituée, donc là, elle venait replacer la chose sans arrêt. J'ai vu à un moment donné Florine qui est revenue dans son cerveau conscient. Et là, la douleur a été ingérable. Oui, intelligent. Là, c'était ingérable comme douleur. Il a fallu qu'on se replace dans la bulle pour pouvoir poursuivre. Mais je l'ai observé. Vraiment, ça m'a impressionné. C'est vraiment flagrant. Dès qu'il y a eu une intervention un petit peu trop intense de la part du personnel. En plus, en étant infirmière, c'est sûr que tu regardes ce qui se fait autour. Tu observes la jeune infirmière qui ne fait pas la différence entre le... le bruit du rythme cardiaque du bébé puis le bruit du rythme cardiaque de la mère quand le moniteur se déplace un peu. Et nous, là où c'est, les moniteurs ça nous connaît. Pas les moniteurs bébés mais en ayant travaillé en soins intensifs on connaît bien ça, les défauts de captation et tout. Et puis on lui disait non non ça c'est moi, c'est pas moi. Donc là elle intervenait, elle sortait et puis la douleur était ingérable à ce moment-là. Mais on a été capables quand même de se remettre dans le... Dans le cerveau mammifère, une couple de fois. Mais ouais, il y a des choses comme ça que j'ai pu observer parce que j'étais un peu plus... Moi, je n'étais pas dans la douleur ni dans les hormones. J'étais dans le stress et l'adrénaline, par exemple. Mais il y a des choses comme ça que j'ai pu vraiment observer et ça, ça m'a marqué. Ça m'a marqué pas mal.
- Speaker #2
Mais aussi, on a eu beaucoup de... Je me rappelle de la musique.
- Speaker #3
Ouais, la musique.
- Speaker #2
Camille, c'était le DJ, donc il changeait la musique. On a eu la playlist des Homes. que tu as fait sur Spotify, on l'a eu un bon moment, dans un moment on était tanné, là on a mis un pianiste jusqu'à la fin, un pianiste qu'on aime beaucoup, même la médecin nous a fait remarquer que c'était de la belle musique, il y avait les lumières tamisées, on ne se sentait pas du tout à l'hôpital en fait.
- Speaker #3
Il y a eu deux ou trois petits moments où, c'est sûr qu'il y a de l'intervention du personnel, mais sinon ils ont été quand même très... Très respectueux de nos choix, on avait fait notre plan de naissance, tout le monde savait que Florine voulait éviter l'épidural autant que possible. On nous a jamais proposé, ah t'es sûr tu souffres trop, tu veux l'épidural. Ils nous ont proposé à un moment donné l'alternative d'avoir du fentanyl, une petite shot si c'était pas endurable, fait que c'est ce qu'on a pris. C'était comme un moindre mal dans la médication qu'on pouvait recevoir. Mais ils ont essayé de rester le moins intrusif possible. C'est sûr qu'il y a toujours des limites, mais c'est jamais comme j'imagine en maison de naissance. On a eu quand même un bel accompagnement. Puis la médecin qui était là, c'était celle avec qui on a eu le meilleur feeling. On a été chanceux sur toutes ceux qu'on a rencontrés. Puis c'est celle qui avait le plus d'expérience aussi. C'était une dame d'un certain âge et qui nous a vraiment mis à l'aise. Quand on l'a vue, ça nous a aussi énormément rassuré parce qu'on savait que ça se passerait, on sentait que ça se passerait bien avec elle. Qu'elle ne serait pas trop interventionniste, etc. Qu'elle respectait nos choix.
- Speaker #0
et ça a été aussi un soulagement de voir une personne de confiance arriver dans la pièce en milieu de soirée et pendant tout ce temps-là justement en milieu de soirée puis au fur et à mesure que ça s'est intensifié est-ce qu'à un moment donné Florine tu t'es dit dans ta tête ça y est je prends une péridurale je ne suis plus capable je n'ai jamais pensé à prendre l'épidurale
- Speaker #2
Mais je voulais rentrer chez moi. Je voulais que ça s'arrête. Je voulais plus de bébé. Arrête, je veux... C'était irrationnel. C'était le mur, là, dont tu parlais, à 7 centimètres et plus. Et j'étais complètement... J'étais plus là. Je sais même plus ce que j'ai dit. Là, ça faisait mal. Là, ça faisait très mal.
- Speaker #3
Je ne t'arrêtais pas de demander à l'infirmière de ne plus augmenter le symptôme. Elle était déjà à dose max depuis des heures. Elle me disait tu ne touches plus la pompe Non,
- Speaker #2
il l'avait même baissé je crois.
- Speaker #3
Il l'avait baissé, oui.
- Speaker #2
Mais non, j'étais tellement peut-être drillée dans ma tête d'essayer de faire le plus possible. J'étais rendue à ce point-là, ce n'était pas pour prendre l'épidural à ce moment-là. À la limite, peut-être voir à combien de centimètres je suis rendue. J'ai pensé dans le bain. Dans le bain, j'ai pensé, je me suis dit, mais pourquoi je m'inflige ça en fait ? Pourquoi je fais ça ? Là, j'ai eu comme un... Je me rappelle...
- Speaker #3
C'était un peu dans le moment où tu sortais de ta bulle parce que le monito ne marchait pas, tu n'étais pas confortable dans le bain, on est peut-être allé un peu tardivement dans le bain. Donc, c'était un moment qui n'a pas été si bénéfique pour nous, le bain, pour cette fois-là. En tout cas, on ne sait pas dans le futur. Donc là, c'est sûr que je pense que tu commençais à penser un peu plus à... aux choses rationnelles.
- Speaker #2
Je commençais à penser je pourrais au moins prendre du Tylenol, tu sais, quelque chose. Je fais ça à frette, ça n'a aucun sens. Dans ma tête, ça commençait à... Oui, mais le bain, soit ça nous a vraiment aidé, soit ça ne nous a pas du tout aidé, mais l'expérience a été un peu moins facilitante pour nous. Peut-être que un peu trop tard aussi. On se le gardait en plan B, pour changer de station encore une fois. On est... Le bain n'était pas confortable, le jet était trop fort, je n'avais pas de position dans le bain. Lui s'est mis à me faire des points d'acupression, je n'ai pas du tout aimé.
- Speaker #3
J'ai trouvé ça drôle de voir la souffrance qui était présente à ce moment-là. Moi, avec mon petit point d'acupression, je me suis fait presque arracher la tête. Comment elle peut me dire arrête de faire ça, ça fait trop mal, alors que derrière, pour nous, ça n'a pas marché les points d'acupression.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
En fait, ça arrive assez souvent que les points d'acupressant, ça ne fonctionne pas. Et curieusement, c'est quelque chose qui est très populaire.
- Speaker #3
Oui, tout le monde nous prête ça.
- Speaker #2
Nous, ce qui a vraiment marché, c'est les points de pression dans le dos.
- Speaker #3
Les massages.
- Speaker #2
Les massages. Écoute, j'étais raquée le lendemain des massages. Je pense que j'étais plus raquée de ça que de l'accouchement en tant que telle. Et le show, le sac magique. Et le ballon pinot.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #2
Ça, j'en avais pas trop... Je crois qu'on en avait pas entendu parler avant, me semble. Le ballon pinot, là, te permet de faire du mouvement. Là, je pense que... Comment il s'appelle ? Bernadette de Gasquet l'en parle, de ce ballon-là. Ça te permet de faire des mouvements sur le côté. À la fin, j'étais beaucoup sur le côté. en mouvement, en asymétrie, en mouvement. Et le ballon, je ne sais pas pourquoi, me permettait d'aller dans le mouvement. Ce ballon-là, d'avoir su... Un jour, par exemple, si j'accouche chez moi, c'est sûr que je m'en arrêtais.
- Speaker #0
Ben écoute, ou si tu vas accoucher en milieu hospitalier, assure-toi qu'il y en a parce qu'il n'y en a pas partout. Il y a des milieux hospitaliers où il n'y en a pas.
- Speaker #2
C'est la docteur d'ailleurs qui a demandé ce ballon-là, il me semble.
- Speaker #3
Ah, je me rappelle.
- Speaker #2
Si, si, je me rappelle. C'est elle qui a dit, cette fameuse médecin-là a demandé à l'infirmière d'aller chercher le ballon peanut.
- Speaker #0
Magnifique. C'était une très bonne idée. Et là, le travail a continué, continué. À un moment donné, tu es arrivé à 10 centimètres. Et là, qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce qu'on t'a demandé tout de suite de commencer à pousser ? Est-ce que vous avez attendu ? Est-ce que tu as eu la chance de vivre le réflexe de pousser ?
- Speaker #2
En fait, ça faisait un moment que j'avais envie de pousser. Je ressentais... Moi, dans ma tête, ça, ça a duré une heure, mais je ne sais pas combien de temps ça a duré en réalité. Et ça a été vraiment long, il me semble. J'ai eu vraiment beaucoup de contractions où là, j'avais la... Oh, j'avais envie de pousser, tu sais. J'avais vraiment... J'avais la poussée réflexe qui était là, mais mon cerveau intelligent, il était... plus là du tout pour me dire Hey, t'as la poussée réflexe, ça veut dire que t'es rendue ! Non, non, c'est la médecin qui m'a dit qu'elle voulait m'examiner. Il me semble que tu ne fais pas les mêmes sons que tout à l'heure. Elle m'a dit ça, elle m'a dit Je vais t'examiner.
- Speaker #3
T'étais rendue à grogner. C'est vrai que t'avais changé complètement de son.
- Speaker #2
Oui, je faisais vraiment des grognements, c'est vrai. En entendant ça, elle a voulu m'examiner. Là, j'étais à 10. Et puis là c'était, mais là c'est très flou dans ma tête parce que j'avais reçu du fentanyl aussi parce que j'avais vraiment mal. Mais je me rappelle vraiment de cette poussée réflexe. Alors là, dès qu'elle m'a dit ça, que c'était le temps de pousser, je me rappelle que direct je me suis mis sur les genoux. Je voulais absolument essayer d'accoucher à genoux. Et puis avec le monitoring, ça ne fonctionnait pas. Je pense que le cœur du bébé ralentissait un peu. Ça faisait quand même un petit bout que j'avais perdu les os. Donc là, ça faisait comme 18 heures que j'avais perdu les os. Donc ça marchait mieux sur le côté. Je me suis remise sur le côté. Je continuais à ressentir encore les poussées réflexes. Puis on s'en était parlé avec Camille avant l'accouchement. Mais... On avait pensé à demander un bloc vaginal, un bloc honteux. Et ça a été vraiment génial parce que j'ai ressenti un petit peu le cercle de feu avant de recevoir le bloc honteux. J'avais... C'est ça, je l'ai ressenti un petit peu, mais après, ça s'est complètement arrêté. Mais par contre, je ressentais vraiment les poussées réflexes. J'ai vraiment poussé en même temps que les contractions, que la poussée réflexe. Et en fait, je n'ai pas poussé énormément. J'ai quoi ?
- Speaker #3
Je viens de pousser. Un, trois, quatre, je dirais peut-être quatre.
- Speaker #2
Ouais, le temps de se réajuster à genoux et côtés. Et puis, j'ai poussé. J'ai essayé de pousser abdominal. J'avoue que ce n'était pas évident. Tu vois, à le refaire, je me serais peut-être plus pratiquée avant. Là, je voulais juste qu'elle sorte. Je voulais juste que ça finisse. Je vais sortir ce bébé-là ! C'est ça, c'est ça.
- Speaker #0
Et quand elle est arrivée, comment vous avez réagi ? Est-ce que vous avez été remplie d'émotions ? Est-ce que vous avez été surpris ?
- Speaker #3
Nous, le plan, c'était de... On n'a pas voulu savoir le sexe de notre petite fille avant la naissance. Et on avait demandé à ce que je la réceptionne au maximum. Finalement, ça, ça ne s'est pas vraiment fait dans l'excitation. Mais c'est drôle parce que ce qui était vraiment notre... notre grande interrogation de toute la grossesse, à savoir, est-ce que c'est un garçon ou une fille ? Dans le moment, quand elle est sortie, moi, je l'ai vue sortir, on l'a posée sur Florine, puis il s'est passé peut-être au moins 5 minutes avant qu'on se dise mais quel sexe, c'est le bébé ! On était tellement pris dans le truc. Donc, ouais, ça a été vraiment un beau moment, elle s'est mise à chercher le sein assez vite. On était un peu surpris parce qu'on s'attendait à des grands cris, puis finalement, elle avait une petite voix toute... toute douce, toute basse mais après elle a été assez vite en forme elle a cherché le sein très très vite puis à un moment donné on s'est dit on ne sait pas si c'est un garçon ou une fille et là on a regardé et ça a été le bonheur total
- Speaker #2
Ouais, ça a été... Moi je me rappelle, ils l'ont mis sur mon ventre, elle était toute rose, toute belle, comme si elle sortait de la douche. Et ça a été un super moment. Elle était vigoureuse, mais elle criait pas, elle pleurait pas. Et non, ça a été... J'y pense presque tous les jours, je te dirais. C'est vraiment un très, très beau souvenir.
- Speaker #3
C'est drôle parce que dans les, je ne sais pas, 5-10 minutes, elle m'a dit, c'est vrai que finalement, c'est passé pire et que je pourrais quasiment recommencer. Deux minutes avant, c'était l'exorcisme dans la chambre. C'était bien. Finalement, ce n'était pas si mal. J'étais impressionnée. Moi, j'étais rincée. Je disais, non, non, on ne commence pas tout de suite. C'est clair que non. Très bonne !
- Speaker #0
C'est vrai que ça, c'est assez phénoménal parce que, comme tu dis, quelques minutes avant, on est en phase de transition puis c'est terrible et là, tout à coup, wow, c'était extraordinaire. C'est beau ! Que vous êtes inspirant !
- Speaker #2
Merci, non mais c'est... Mais c'est quand même beaucoup toi, Annie, qui nous a inspiré, qui a changé toute notre vision de l'accouchement, de voir que c'est possible de l'essayer. Vraiment, on n'aurait pas pu le faire sans toi aussi. C'est certain avec tous les trucs que tu nous as donnés, les vidéos qui sont tellement complètes, qu'on a tout revu aussi avant.
- Speaker #3
Oui, et puis encore une fois, avec notre expérience de travail, puis nos connaissances initiales, on dirait que ça a complètement... Nous, on avait une vision très machine hospitalière, et ça a remis l'accouchement dans un processus naturel, physiologique, homme des cavernes, qu'on n'avait complètement, jamais vraiment appréhendé, en fait, avant de se... de regarder les vidéos, d'apprendre, puis d'expérimenter en vrai le jour venu. Mais ouais, ça a vraiment aidé. C'est drôle parce que le nombre d'amis que j'ai qui me disent, après l'accouchement, on discute. Alors toi, l'accouchement, comment t'as vécu ? Je suis pas mal un des derniers des gens autour de nous à avoir eu un bébé. donc les gens disent ah t'as vu c'est dur tu regardes ta femme souffrir pendant des heures et toi t'es spectateur on se sent impuissant mais je ne l'ai pas du tout vécu comme ça et en fait j'ai l'impression d'avoir travaillé toute la soirée donc moi à chaque fois qu'on me sort ça je ne veux pas vexer la personne d'en face je ne sais pas trop quoi répondre je dis moi c'est vrai que ce n'est pas évident mais en fait je me rends compte à quel point les papas ne sont pas préparés et puis en fait se sent impuissant par manque de préparation. La plupart pensent qu'on accompagne, on donne un petit peu à boire et on attend que ça arrive. Mais en réalité, on peut être tellement acteur et ça fait passer l'expérience d'une façon complètement différente. On ne se sent pas impuissant, on ne se sent pas inutile, on ne se sent pas juste spectateur de la souffrance de sa conjointe, mais on se sent vraiment acteur dans le processus. Puis ça, c'est rassurant et c'est même valorisant en fait.
- Speaker #0
Oui, et puis c'est pour vrai, dans le sens où si tu n'avais pas été là, si tu n'avais pas été chargée de projet, Florine le dit, et je suis persuadée que c'est vrai, jamais elle n'aurait pu avoir l'expérience qu'elle a eue.
- Speaker #3
Oui, ça fait vraiment… on sent vraiment un travail d'équipe. Mais encore une fois, sans fausse flatterie, sans la formation d'Opalio, je n'aurais jamais… Je n'aurais jamais eu conscience de ça. Je l'aurais probablement vécu comme beaucoup de papas, en souffrant, en silence, en attendant ce que ça se passe jusqu'à la fin.
- Speaker #0
Je suis très, très contente, vraiment très contente d'avoir pu vous accompagner parce que c'est le genre d'expérience qui va vous suivre toute votre vie. Vous allez être les cheveux blancs avec des petits-enfants puis vous allez encore penser à cette journée-là avec de la joie dans votre cœur. C'est quelque chose qui va vous suivre dans votre couple. Est-ce que vous trouvez d'ailleurs que ça a changé quelque chose au niveau de votre solidité, au niveau de votre complicité, au niveau… Est-ce qu'il y a quelque chose dans votre couple qui a évolué à travers ce vécu d'expérience-là ensemble ?
- Speaker #3
C'est sûr qu'on en garde tellement une bonne expérience. Je pense que ça nous a permis ensuite d'appréhender la périnatalité avec peut-être un peu plus de confiance. On sait qu'on forme une bonne équipe. Je ne sais pas, probablement que ça a aidé par la suite à continuer avec cet esprit d'équipe. Toi, tu n'en peux plus, je prends le relais, on s'accompagne, on se rassure ensemble. Ouais, je pense que ça nous aide pour la suite aussi.
- Speaker #2
Ça nous a donné confiance en nos capacités, puis qu'on a été capable de le faire ensemble. C'est sûr que ça apporte tellement… Quand tu arrives à respecter ton plan de naissance, c'est sûr que c'est très valorisant. À la fin, tu es tellement content, puis tu es heureux d'expliquer aux gens que tu as réussi, ce que tu voulais faire pour ton bien, puis pour le bien de ton bébé. C'est ça. Parce que c'est vrai, je veux dire, après l'accouchement, Lila, elle a eu aucun problème. Moi, j'étais debout deux heures plus tard aux toilettes en train de faire pipi. Et puis, le lendemain, j'ai eu ma montée de lait. Donc, je ne dis pas que si j'avais eu l'épidural, je ne serais pas passée comme ça. Mais moi, j'ai envie de croire que oui, ça a fait une différence dans notre expérience, même pour le postpartum. Je me suis sentie très, très en forme. C'est sûr que je n'avais pas l'impression d'avoir accouché vraiment. C'est sûr que pendant les premiers jours, tu es un peu maganée en bas. Mais sinon, j'avais une énergie après. C'était incroyable. Puis,
- Speaker #3
je pense que ça nous a galvanisé pour la suite. Trop bien ! Ça a marché comme on voulait. Alors, il y a toujours une part de chance, probablement. C'est sûr que dans la vie, la santé, les choses comme ça, on le sait très bien, il y a une part de chance. Mais on a quand même pu provoquer notre chance en se préparant et en s'entraînant à ça, en étant assidus aussi sur la préparation.
- Speaker #2
Oui, nous c'est sûr qu'on réfère au paléo à tout le monde parce qu'on aimerait que tout le monde puisse avoir notre expérience puis on aimerait pouvoir expliquer à tout le monde mais ce serait plutôt comme ça, il faudrait que le partenaire s'implique et ça fait tellement une différence mais tu ne veux pas, comme disait Camille, mettre de malaise ou vexer les gens mais ça fait toute la différence comme tu dis, on va s'en rappeler toute notre vie Merci Et c'était vraiment...
- Speaker #3
Non mais ça a été d'un support du début à la fin, même quand on a traversé, si on peut dire, notre petite déception d'avoir le sinto, à ce moment-là, on s'est rappelé de la phrase que je ne pourrais pas te citer exactement, mais quand tu dis à un moment donné tout ne va pas forcément se passer comme vous voulez, il va falloir être aussi souple avec. avec les choses sur lesquelles on n'a pas le contrôle. Et des fois, au milieu hospitalier, on n'a pas toujours le contrôle sur tout. Et donc, ça nous a permis aussi de relativiser à ce moment-là. C'est ce qu'on s'est répété, on s'est dit, c'est vrai. Souviens-toi ce qu'a dit Annie. Des fois, c'est comme ça. Tu ne peux pas forcément lutter et t'obstiner sur tout. Il y a des fois, il faut laisser aller, mais on va prendre ce qu'on peut prendre par la suite et gérer ce qu'on peut gérer. comme on peut, mais à chaque étape de la grossesse et surtout de l'accouchement, ça nous a aidés, ça nous a aidés vraiment. Et pour la suite.
- Speaker #2
Je te dis, Annie, tu n'étais pas là physiquement, mais tu étais comme une présence dans la pièce.
- Speaker #0
Écoute, je vais rajouter un accouchement à ma fille de Rottner. Je suis vraiment contente, c'est merveilleux. Très, très heureuse de ça. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y avait quelque chose que vous aviez envie d'ajouter pour le mot de la fin ?
- Speaker #2
Non, c'est ça. On veut vraiment te remercier pour tout ce que tu fais, même là en post-natale, pour le développement de l'enfant et tout. C'est sûr que... C'est avoir un enfant, ça change tout. Le temps est plus disponible comme avant. Mais on apprécie tellement, tu es tellement une présence dans notre vie depuis... Ça va faire un an. Et non, merci tellement. Tu ne peux pas savoir à quel point tu fais la différence. En tout cas, pour nous, tu l'as vraiment faite. Et tu continues à le faire. On pense très souvent à toi et à tes recommandations. non, on te remercie énormément pour tout ce que tu fais et certainement que si on a un autre enfant on refera tout ça de la même manière oui,
- Speaker #0
on va se retrouver à ce moment-là, si jamais c'est votre choix merveilleux merci beaucoup à vous deux j'en profite pour remercier Lila aussi qui a dormi pendant tout le temps de notre enregistrement je vous embrasse très fort et merci vraiment beaucoup pour tout merci
- Speaker #2
Annie
- Speaker #0
Un grand merci de faire partie de l'aventure du podcast Enfanté librement. Je te rappelle que chaque épisode a une page dédiée dans laquelle tu trouveras les moments forts accompagnés d'informations complémentaires. Donc rendez-vous sur opaleo.com dans la section podcast pour pouvoir la consulter. La semaine prochaine, je te raconte la naissance de mon premier bébé né à 36 semaines de grossesse. Une belle histoire remplie de belles synchronicités. Je vais également en profiter pour te raconter de quelle façon l'expérience de mon premier enfantement a complètement teinté la suite de mon aventure comme doula et comme ostéo. Je te dis à très très bientôt pour le prochain épisode.