- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode. Avant de commencer, un petit message pour tous ceux qui ne sont pas encore abonnés. Pensez à le faire, des étoiles, des commentaires, et si vous souhaitez en savoir plus sur tout notre écosystème, le lien est en description. Un mot de notre sponsor, vous commencez à le connaître, il nous accompagne depuis le début de la saison. C'est Epal, c'est une plateforme du programme Erasmus+, pour la formation des professionnels de la formation des adultes en Europe. Epal valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors rejoignez cette plateforme sans publicité et cette communauté engagée. Comme d'habitude, toutes les infos sont en description. Merci à eux pour leur soutien et nous, on est reparti pour une plongée dans notre univers.
- Speaker #1
C'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #2
Salut Léa. Hello. Tu nous as donné rendez-vous ici. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu l'ambiance, qu'est-ce qui nous entoure, qu'est-ce qu'on est en train de faire parce que c'est assez inédit pour tourner ce podcast ?
- Speaker #3
Donc on s'est posé sur une petite terrasse, on est entouré de montagnes parce qu'on est à Salanches et il a plu, il y a sûrement un orage qui va péter bientôt. Donc on s'est posé à un endroit, on est quand même entouré de nature, Mais cette fois-ci... Dans votre podcast, on est assis.
- Speaker #2
On est assis avec une bière. C'est quand même à préciser, de se dire sans alcool évidemment. Dire sans alcool. Pour ceux qui nous écoutent, pour les mineurs qui nous écoutent. J'ai cru comprendre du coup que tu étais arrivé à Salanches il y a quelques mois. Pourquoi ce lieu ? Pourquoi ici ? Qu'est-ce qu'il représente pour toi ?
- Speaker #3
Ouais, écoute, moi je viens de la région parisienne de base. Et j'ai un amour pour les montagnes. Les montagnes m'ont beaucoup aidée dans des moments très difficiles de ma vie. Et donc j'avais envie d'emménager à la montagne et d'avoir la vue sur les cimes. Et donc c'est pour ça que j'ai emménagé en janvier, donc voilà, il y a 6-7 mois, dans la montagne. Et ici, pourquoi ? Parce que, je vous le raconterai peut-être, mais moi j'aime beaucoup l'alpinisme. et donc Pour faire de l'alpinisme, il faut des montagnes assez hautes. Et donc, c'est la raison pour laquelle je suis en face du Mont Blanc et entourée des montagnes les plus hautes de France.
- Speaker #2
Tu nous as parlé de ces montagnes. Quand tu les regardes, tu penses à quoi ? Parce que tu as beaucoup voyagé, tu as beaucoup exploré durant ces dernières années. Je pense que tu vas gentiment rentrer dans le détail. Mais là, quand tu les regardes autour de nous, qu'est-ce que ça t'évoque ?
- Speaker #3
Alors moi c'est marrant, en plus j'en ai parlé justement ce midi à déjeuner avec un de mes meilleurs amis. Moi j'ai l'impression d'un côté protecteur. J'ai ce sentiment d'avoir comme des pères, des mères qui sont autour de moi et qui me protègent. J'ai aussi, je ressens cette protection et cette stabilité d'autant plus forte. En regardant le massif du Mont Blanc qui est toujours enneigé, parce qu'il y a un côté où c'est toujours enneigé et ça ne change pas. Et du coup, moi, ça m'apporte une certaine stabilité face à des choses, moi, que je vais vivre qui sont assez instables. Donc ça me rassure.
- Speaker #2
Pour certains d'ailleurs, la perturbation de son environnement, ça peut générer un déséquilibre. Et là, toi, tu te replonges et tu te ressources, j'ai envie de dire, dans cet environnement. Comment tu définirais ce terme de se ressourcer ? Est-ce que tu y vas souvent quand tu ne vas pas bien ou c'est vraiment tu y vas tous les jours ?
- Speaker #3
Écoute, dernièrement j'ai eu une grosse révélation. Donc en fait moi là je reviens de 40 jours seule sur une île en Suède. Donc j'étais seule au milieu d'un grand lac sur mon île. Et en fait, j'ai ressenti quelque chose d'assez fou. Donc j'avais peur, moi, avant d'y aller. Je me suis dit, mais seule, comment je vais faire ? Quand je me sens mal, comment je vais faire ? Etc. Et en fait, entourée de cette nature, aussi belle qu'elle soit, mais aussi le fait qu'elle soit toujours là tous les jours et qu'elle te donne autant de beauté, je ne me suis jamais sentie aussi peu seule. Et ça, c'est un sentiment dingue, parce qu'au final, je me suis rendue compte... Je me sentais beaucoup plus seule entourée d'êtres humains et de certains êtres humains dont je ne comprends pas leurs agissements et ce qu'ils font, que seule dans la nature. Et donc aujourd'hui, la nature a une part essentielle dans mon équilibre. Et pour tout te dire, j'ai un appartement, la danse à l'ange. Et là, mon objectif cette année, c'est de me trouver un endroit où avoir une cabane complètement dans la nature.
- Speaker #2
Ok, donc tu veux faire corps et partie intégrante de la nature. C'est souvent une question qu'on a l'habitude de poser. tu parles énormément d'aventure quand tu prends la parole j'ai l'impression que c'est un parallèle qui suit ta vie mais tu as aussi vécu une grande aventure à l'intérieur de toi tu vas nous développer tout ça mais on a une question une question qui revient à chaque podcast comment tu vas aujourd'hui ?
- Speaker #3
alors comment je vais aujourd'hui c'est un Je suis quand même dans une situation un peu difficile, alors je pense que c'est assez intéressant de vous le partager, étant donné que vous mêlez l'aspect sentimental à la nature. Comme je vous l'ai dit, je reviens de 40 jours seule sur une île, c'était incroyable, je me sentais super bien, et je suis rentrée là il y a 3 jours, et quand je suis rentrée, et que je suis revenue à Paris, et que je ne voyais plus aucune nature, que je voyais tout de goudronné. Les gens qui avançaient, qui ne se parlaient pas, etc. Ça a été un choc ultra dur pour moi. Et ça a été super dur. Et sur les réseaux sociaux, j'ai direct dit aux gens, j'ai dit je vais mal. Voilà, je dois le dire. Pour moi, c'est un choc. Et ça a été un choc où je me suis vraiment même posé des questions sur ma maladie mentale. Donc moi, je suis bipolaire, je vous en parlerai après. Mais sur, est-ce qu'au final, c'est moi qui suis folle ? ou est-ce que c'est la société qui est folle ? Et en fait, c'est normal que je ne me sente pas bien dans cette société parce qu'elle n'est plus du tout justement en lien avec la nature et on y est complètement déconnectés. Et du coup, j'ai eu ces énormes interrogations ces derniers jours et je me suis donné comme objectif de réussir à me retrouver ce mois d'août. Donc, j'ai enlevé tous mes réseaux sociaux, j'ai tout coupé. Mais du coup, je ne suis pas au top. Mais en même temps, je ne peux pas vous dire que je suis mal, mal, parce que j'ai vu ce qui pouvait me rendre heureuse. Donc, j'ai juste qu'à avancer pour le retrouver.
- Speaker #0
Tu dirais du coup qu'aujourd'hui, est-ce que tu as un besoin ? Si on prend un peu la pyramide de Maslow, tu vois, sur tous les besoins, etc. Ah ouais,
- Speaker #3
super intéressant.
- Speaker #0
C'est quoi ton besoin aujourd'hui que tu dirais, là, j'ai besoin ? Est-ce qu'on parle vraiment de santé mentale ? J'ai besoin de me ressourcer ? 12 et 40 jours sur une île. C'est quoi ton besoin aujourd'hui ?
- Speaker #3
Moi, je ressens que pour me sentir bien, j'ai besoin d'aller à l'allure de la nature. En gros, je ne peux pas aller dans cette société qui va ultra vite, etc. et qui n'est pas connectée. Par exemple, là, je trouve que c'est un gros point. On a regardé comment c'était dehors, on a réadapté, etc. Moi, ça, c'est quelque chose que j'ai vécu sur mon île en Suède. J'étais tout le temps dehors. Ma cabane était petite, donc je passais tout mon temps. Et ce que je trouvais incroyable, c'est que chaque journée était différente parce qu'il fallait que je m'adapte. Quand il pleuvait, je ne pouvais pas faire du feu, donc du coup, je ne pouvais pas manger chaud, etc. Quand il y avait trop de vent, il y avait des vagues sur le lac, donc je ne pouvais pas aller pêcher, je ne pouvais pas aller chercher mon poisson, etc. Au final, du coup, j'ai dû complètement juste m'adapter à la nature et tout, et aussi aller de manière beaucoup plus lente. Et en fait, j'ai vu que ça, ça m'apportait une réelle stabilité au final, émotionnelle, et je me sentais bien, tu vois. Et revenir dans un côté de pression et de telle heure tu dois te lever, non, non, non, tu dois faire ça, tu dois faire ça, etc. Et sans t'écouter, sans prendre en compte qu'aujourd'hui, par exemple, avec mon pote, on s'est dit, c'est dur aujourd'hui. Et après, quand je suis allée chez le garagiste, le garagiste m'a dit, il fait très, très lourd aujourd'hui, non ? Et en fait, je suis en mode, mais oui, c'est vrai, il fait très, très lourd. Et quand il fait très, très lourd, c'est dur. Bon, en fait, peut-être que j'aurais juste dû rien foutre aujourd'hui, quoi. Rester tranquille. m'adapter, tu vois. Donc, je ne sais pas si je réponds à ta question, mais en tout cas, ce que je remarque, c'est que, oui, cette déconnexion avec l'extérieur, je pense, du coup, amène à une santé mentale beaucoup plus compliquée, quoi.
- Speaker #0
Tu t'es reconnectée, en fait, tu t'es reconnectée à toi et ton environnement, en fait. Exactement. Mais on avait la même réflexion, je ne sais plus quand, on est repartis faire du vélo avec Jean, mais on disait que nous, quand on était en expédition, vu que tu dois juste manger, dormir, avancer, tu as les besoins simples du corps humain et tu te rends compte que tu es beaucoup plus heureux comme ça alors que quand tu fais tes trucs,
- Speaker #3
tu te dis il faut que j'aille boire un verre avec bidule, il faut que j'aille faire ça, il faut que j'aille au ciné, mais non quoi !
- Speaker #0
Et donc là, c'est intéressant parce que tu pourrais nous en dire un peu plus justement sur les 40 jours que tu as passé, parce que ça m'intéresse. Parce que du coup, tu étais autonome, parce que tu écoutes, tu as pêché. Oui,
- Speaker #3
alors j'étais semi-autonome, parce que j'allais quand même faire les courses une fois par semaine et je m'achetais. Alors, je n'avais pas de frigidaire et tout, donc je m'achetais vraiment des trucs très simples. Mais moi, je t'avoue que tu vois, un truc tout con, mais... Je pense qu'avant, tu vois, il y a des centaines d'années, les gens ne se faisaient pas des repas différents à chaque repas, etc. Moi, je t'avoue, je mangeais à peu près tout le temps la même chose, mais j'étais super contente. Franchement, ça m'allait très bien. Je dormais beaucoup, je dormais très bien, de manière très profonde. C'était assez... Par exemple, c'est un truc, tu vois, que j'ai remarqué. Vu que j'étais isolée et tout... tu vois, tu n'as pas l'électricité, tu n'as pas le haut débit, etc. Donc, tu as beaucoup moins de vibrations. Et donc ça, par exemple, je l'ai ressenti dans mes rêves. Je rêvais beaucoup plus, je me souvenais de tous mes rêves, etc. Et ça, je pense que c'est en lien, par exemple, avec les vibrations et tout. Et oui, je me couchais quand je voyais que la lumière commençait. Je ne regardais jamais l'heure. Donc, je me couchais quand je voyais la lumière qui commençait à... à devenir moins forte et je m'endormais toute seule et je me réveillais le matin. Et puis, en fonction de comment je me sentais, je voyais ce que je faisais. Aussi, en fonction de la météo, si je voyais qu'il faisait super beau, je me disais, allez, je vais en profiter. J'allais faire certaines choses. Quand il pleuvait, je me disais, trop bien, je vais rester dans mon lit et je vais lire et tout. Et c'est vrai que c'est marrant, je ne me suis pas sentie une seule fois seule. Je n'ai pas souffert de cette solitude. et c'est vrai que quand... Quand je m'imagine, par exemple, moi, il y a des moments où je me sens extrêmement seule. Par exemple, ça va être à des grands cocktails ou, tu vois, moi, je n'y arrive pas. Parce qu'en fait, il y a plein, plein de monde et j'ai l'impression que je ne connecte avec personne. Et j'ai l'impression aussi que les gens, ils ont un, je ne sais pas, ils jouent un rôle, tu vois. Et ce côté de jouer un rôle, etc., me fait, moi, me sentir ultra seule, quoi.
- Speaker #0
Je pense que ça doit parler à beaucoup de monde. Je pense que c'est des sentiments qui sont très humains finalement. Aujourd'hui, pour aller encore un peu plus loin, qu'est-ce que tu vas récupérer ? Je ne sais pas si c'est trop tôt, mais qu'est-ce que tu vas récupérer ? Est-ce que tu as déjà vu aussi des améliorations de ton temps toute seule et de revenir maintenant ?
- Speaker #3
Je pense qu'il y a plusieurs choses. Il y a une chose, je pense, qui parlera à beaucoup de personnes. c'est ce... protéger en fait des autres c'est que en fait moi du coup vu que j'ai une maladie oui j'ai des variations d'énergie et de humeur, je pensais et vu que par le passé quand j'allais pas bien, il y avait ma mère qui pouvait m'aider etc, j'avais cette croyance que je ne pourrais jamais m'en sortir avec ma maladie seule alors que la réalité, quand j'étais sur l'île quand j'avais un moment un petit coup de fatigue un petit coup de moins bien, je m'écoutais je me reposais Je me faisais du bien, tu vois. Et en fait, je me suis rendue compte que, en fait, là où j'ai le plus de mal, c'est parce qu'en fait, je suis entourée. Et par exemple, je vais commencer à être fatiguée. Et puis, il y a Bidule qui me demande ça. Et puis, Bidule qui me dit, non mais attends, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu. On doit se voir. Et puis, telle personne au boulot qui m'en demande encore plus, etc. Et c'est là où du coup, je vais dans le rouge et que je ne me sens pas bien, en fait, tu vois. Et donc, moi, je reviens en tout cas. avec ce truc de dire non. Non, Et si tu veux, et si la personne me trouve égoïste en face, je n'en ai rien à foutre, tu vois. Et là, c'est difficile parce que moi, par exemple, de base, je suis quelqu'un qui prend énormément de plaisir à rendre heureux les gens. Donc du coup, par définition, j'ai énormément de mal à dire non parce que ça me fait plaisir d'aider la personne. Mais vu que je l'aide, etc., je n'écoute plus mes limites. Donc moi, il y a déjà une partie qui est vraiment le côté de mettre mes limites, de dire non, etc. Et limite de dire trop non et après de peut-être un petit peu rajouter. Et l'autre chose, c'est de mettre une vraie importance à la connexion seule à la nature. Et donc ça, pour moi, je suis en train de mettre en place pour pouvoir avoir souvent des moments où je pars seule. dans la nature sans être connecté et sans avoir de lien à aucun humain.
- Speaker #0
Du coup, maintenant, je crois que ce qui va être intéressant, c'est que tu nous dises qui tu es, qu'est-ce que tu fais, comment tu te présentes aux gens.
- Speaker #3
Écoute, franchement, je ne me présente jamais de la même façon.
- Speaker #0
Comment tu vas te présenter aujourd'hui ?
- Speaker #3
Je t'avoue que je ne sais pas. Comment je me présenterais aujourd'hui ? Je suis une personne qui expérimente beaucoup. Pour réussir à mieux me comprendre, à mieux comprendre une maladie que j'ai, qui est la bipolarité, qui touche énormément de Français, même si on ne le sait pas. Et par cette façon de vivre, d'expérimenter, du coup j'essaye d'aider plein d'autres personnes qui peuvent se retrouver dans ces... challenge de la vie, principalement des personnes qui sont atteintes de mypoaté, mais aussi les proches, etc. Et je pense qu'en fait, ce côté aventure chez moi, où je vais lancer plein d'aventures différentes, c'est comme une façon de dire, je vous propose plein de manières différentes, plein de points d'entrée différents, pour mieux comprendre cette maladie, et à toi de choisir. Quel est le meilleur moyen ? Je fais des aventures, mais je fais aussi des conférences, je suis aussi engagée dans une asso, j'ai fait un slam, j'ai fait des documentaires, j'écris. Donc on va dire que j'essaie d'utiliser ma créativité et plein de choses que j'aime pour toucher des personnes aux envies différentes. Le but c'est de comprendre la bipolarité. de déstigmatiser la bipolarité, de casser la honte sur cette maladie et de permettre à tout le monde de mieux la comprendre pour pouvoir mieux vivre avec ou en tout cas mieux vivre avec une personne qui a cette maladie-là.
- Speaker #0
C'est une très belle transition parce que du coup, qu'est-ce que ça a changé toi quand tu as pu mettre le mot, le terme sur ce que tu avais, sur ce que tu ressentais ?
- Speaker #3
Bien sûr, oui. Écoute, en gros, ça s'est fait en plus… plusieurs étapes. Alors déjà, moi, je ne connaissais absolument pas, mais vraiment pas du tout. On n'a jamais parlé à l'école ou autre. Après, moi, je n'ai pas du tout fait des études en santé et tout, mais voilà, donc je ne connaissais pas du tout. Et donc, moi, j'ai entendu pour la première fois le mot bipolarité par mon psychiatre au téléphone. Ça faisait à peu près 5-6 ans que je vivais des crises de dépression, à peu près chaque année. Et donc il m'a dit à un moment, ah bah vous êtes peut-être bipolaire, en rigolant un peu quoi. Et moi je me souviens, direct, j'ai pensé au film Vol au-dessus d'un nid de coucou, où en gros le mec il va dans un hôpital psychiatrique mais il a aucun problème, et en fait il finit fou quoi. Et là moi je me dis, oh putain mais je vais finir dans un asile, on va m'envoyer de force dans un asile. Je vais finir avec une camisole et tout. Et vraiment, je me dis, mais ma vie est foutue. Tu sais, je me dis, mais genre, il n'y a personne qui voudrait se mettre avec moi en couple. Je pourrais parler de famille, mais même mes amis voudront peut-être venir avec moi. Tu sais, j'étais là en mode, mais je vais les appeler, je vais leur dire que je suis bipolaire. Mais on va faire un mec goût de paille, quoi. Et donc là, je me dis, mais l'enfer, l'enfer. Et puis après, en fait, ce qui va se passer, c'est que pendant deux ans, mon psychiatre, il ne va pas vouloir me poser le diagnostic. Parce qu'en fait, il était assez âgé et en fait, il ne connaissait pas bien. la maladie malheureusement et en fait pendant ces deux ans parfois je vais lire un livre et je me rends compte vraiment de ce qu'est cette maladie et en fait ce n'était pas du tout ce que j'imaginais moi j'avais quand même assez j'imaginais vraiment un fou quelqu'un qui avait deux personnalités quelqu'un qui pouvait s'énerver j'avais vraiment pas mal de stigmates dessus et au final à la fin de ces 2-3 ans où mon psychiatre ne me donnait pas les bons traitements, ne me diagnostiquait pas. Là je peux te dire que quand j'ai changé de psychiatre et qu'elle m'a dit « oui vous êtes bipolaire » , là c'était plus j'étais dégoûtée, c'est que j'étais aux anges quoi. J'étais là en mode « ça y est, on me met un non sur ce que j'ai » . Parce que du coup ça faisait 8 ans que j'avais pas le bon diagnostic, pas les bons traitements et que j'ai vécu beaucoup de dépression, avec des grosses envies suicidaires, que mes phases maniaques, j'ai foutu la merde dans beaucoup de choses dans ma vie.
- Speaker #0
C'était de quel âge à quel âge ?
- Speaker #3
Du coup de 22 à 30 ans.
- Speaker #0
Ouais ok.
- Speaker #3
Ouais. Et là j'étais trop contente. J'étais trop contente parce qu'elle me dit il y a un diagnostic mais surtout il y a un traitement. Tu vois parce que c'est ça, c'est qu'il y a des maladies aujourd'hui où t'as pas de traitement. Donc bon moi quand t'entends que t'as la maladie t'es dégoûté. Mais là la réalité c'est ça qu'il faut dire aussi aux gens. Tu vois, être bien diagnostiqué c'est pas une sentence justement. C'est le début d'aller mieux. Parce que si t'es diagnostiqué, ça veut dire que tu vas pouvoir tester des traitements, que les traitements marchent super bien, vraiment les traitements marchent super bien, et que ça va être le début. d'aller mieux.
- Speaker #2
C'est mettre des mots sur des mots.
- Speaker #3
Exactement, mettre des mots sur des mots. Très beau.
- Speaker #0
Comment tu définirais, toi, la santé mentale ?
- Speaker #3
Je t'avoue, c'est une grande question. Je pense que la société doit retravailler sur ce mot-là parce qu'en gros, il y a une certaine stigmatisation à ce mot-là. Alors souvent ce que je dis c'est qu'en gros il y a un peu l'échelle de la stigmatisation. Santé mentale déjà t'as beaucoup de gens qui sont là en mode c'est bullshit. Non mais tu vois un peu genre quand tu dis aux entreprises en mode santé mentale et tout. Donc t'as un peu ce truc un peu bullshit et tout. Et c'est les nouvelles générations et les vieux qui sont là en mode genre mais quoi ?
- Speaker #0
Ceux qui confondent avec le bien-être en fait et c'est pas la même chose. Voilà.
- Speaker #3
donc une stigmatisation bizarre et puis alors après t'as les autres après quand tu parles de troubles mentaux c'est un peu comme quand je parle à des entreprises vu que je fais des conférences santé mentale ils vont être là en mode ouais ok d'accord tu vas nous expliquer comment je sais pas des trucs très bien naître après tu dis troubles mentaux là troubles mentaux ils sont là en mode oh troubles mentaux ah ouais mais c'est chaud et tout et là ils sont là en mode moi j'ai Merci. Peu d'employés qui ont des troubles mentaux, etc. Déjà, ils se disent, c'est quand même sérieux. Alors qu'en vrai, tu as une personne sur cinq qui a un trouble mental en France. Donc, c'est quand même beaucoup. 20%. Merci.
- Speaker #0
Et quand tu retrouves les chiffres du burn-out, alors là, ça expose. Oui,
- Speaker #3
voilà, exactement, ça expose. Donc, déjà, ça, ils se disent. Et alors, le pire, tu dis maladie mentale. Alors là, ils sont là, non, mais je n'ai pas un serial killer chez moi. Ils s'imaginent direct s'ils ont un malade mental dans leur entreprise. Mais c'est... Voilà, quoi. C'est le mec. Et c'est drôle parce qu'en fait, la réalité, c'est que ces trois, c'est à peu près la même chose. Parce que une maladie mentale, c'est la même chose qu'un trouble mental. C'est juste que quand on dit malade mental, le problème, c'est qu'il y a la stigmatisation du malade mental. C'est pour ça que l'intervention de Nicolas Demorand qu'il avait faite, elle avait été aussi belle et aussi forte. C'est qu'il avait commencé en disant, sa chronique, « Oui, je suis un malade mental. » Et ça, c'est génial, parce que ça vient en fait casser, ça met l'image d'un homme que tout le monde respecte, que tout le monde trouve ultra-intelligent, qui les accompagne tous les matins, etc., sur le mot « malade mental » . Mais du coup, il y a un travail qui est à faire sur les mots. C'est aussi intéressant, alors je suis désolée de commencer à vous parler de ça, mais... Par exemple, sur la bipolarité, le mot d'avant, c'était « maniaco-dépressif » . Mais « maniaco-dépressif » était très stigmatisé. Moi, ça m'est arrivé plusieurs fois que les gens me disent « T'es bipolaire, t'es pas maniaco-dépressif ! » Genre en mode « Sinon, ce serait vraiment grave ! » Et moi, je suis en mode « C'est la même chose ! » « Si, si, je suis maniaco-dépressif ! » Et par contre, « bipolarité » , c'est bien et en même temps, c'est un petit peu trop vulgarisé comme mot. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les jeunes, l'utilise un peu, pas comme si c'était une maladie. Arrête de faire ton bipolaire. Toi, tu es bipolaire juste parce que la personne est lunatique. Oui, je comprends les deux mots déjà. Et qu'elle change et tout. Donc, dans cet univers-là, aujourd'hui, les mots ne sont pas encore clairs, bien définis. C'est comme le mot de la folie. Moi, j'écris un livre sur la folie parce que les gens disent « Mais t'es un fou ! » « Ah, mais c'est un fou ! » etc. Sauf que tu dis « J'ai vécu une soirée de folie. » Je suis folle amoureuse. C'est une idée de fou. Donc, ça peut être autant vu de manière incroyable que de manière désastreuse. Donc, je n'ai pas vraiment répondu à ta question sur le sujet de la santé mentale. Qu'est-ce que je dirais ? Mais juste qu'en fait, tout s'englobe, je pense. Mais qu'aujourd'hui, les gens ont peur des mots. Et donc, soit ils vont dire, ah, c'est un trop gros mot. Soit, mot santé mentale, ils se disent c'est bullshit, c'est... ouais. Et aussi, je pense qu'il y a un truc qui me dérange, c'est que les gens dans santé mentale ne pensent pas du tout à quelque chose de scientifique, de médical, tu vois. Dans la plupart... les gens, alors que tu vois, la santé... santé physique, etc., ils vont directement se dire, ah bah oui, il y a un médecin, etc. Et sur l'aspect santé mentale, les gens ont beaucoup plus de mal à se dire, ok, c'est vraiment sérieux, c'est pas juste, je sais pas, écrit tes trois gratitudes ou...
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #3
Et donc, il y a un côté, alors que la réalité, c'est que la santé mentale est tout aussi chimique que ce qui se passe, en tout cas, ça se passe autant dans le corps.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #3
j'ai le sentiment qu'il y a un peu ça. C'est moins pris au sérieux parce que les gens sont toujours sur le cul quand je leur explique comment la bipolarité marche, genre vraiment dans le cerveau.
- Speaker #0
Justement, du coup, ça, c'est l'autre question. Comment tu définirais la bipolarité ? C'est quoi pour toi la bipolarité et comment tu l'expliques aussi ?
- Speaker #3
En gros, la bipolarité, c'est une dérégulation de... Certains de tes neurotransmetteurs et certaines de tes hormones qui vont faire que parfois t'en as beaucoup trop et parfois t'en as pas et du coup ça va amener à des changements d'énergie. Donc tu peux avoir une énergie débordante, même ne pas avoir besoin de dormir versus plus aucune énergie et donc avoir envie de dormir en continu. Donc ça c'est vraiment le côté énergie. Tu vas avoir un changement dans ta manière de vivre les choses, les émotions. Tu vas pouvoir être exalté, tout trouver incroyable comme tu vas pouvoir tout trouver noir, horrible et avoir envie de pleurer. Et ensuite, tu vas avoir aussi l'énergie cérébrale, c'est-à-dire que tu peux avoir du coup une hyperactivité de ton cerveau et donc il va à mille à l'heure et donc tu parles très très vite et tu as un million d'idées et tu es là en mode mais putain, mais ça, il faut que j'invente ça, etc. Mais ça, c'est génial, c'est table, mais je vais en créer une entreprise. Toi, tu as vraiment plein plein plein d'idées versus ton cerveau qui ne marche plus quoi. Et donc là, moi je me noie dans un verre d'eau chaque mini truc, je suis en mode mais c'est si compliqué tu vois. Et donc voilà, c'est chimique du coup parce que toutes ces choses-là, elles sont liées à nos neurotransmetteurs et puis à nos hormones. Dans les hormones par exemple, tu as les hormones plus sexuelles, donc tu vas avoir une dérégulation. Par exemple dans tes eaux, tu vas avoir envie, tu as une libido de fou et puis après, tu n'as plus du tout de libido quoi. Donc en fait, c'est vraiment toutes les chimies qui sont complètement dérégulées et qui vont faire du coup que tu vas vivre les extrêmes de l'un et les extrêmes de l'autre. Et ce qui est important à savoir, c'est que dans la bipolarité, ce n'est pas des changements, ce n'est pas être lunatique. Ce n'est pas genre, ah ben là, je ne sais pas, je suis en trop bonne forme et puis dans une heure, genre, je ne vais pas bien. C'est plusieurs semaines, plusieurs mois. Moi, c'était plusieurs mois, tu vois. C'était des hauts qui duraient 4-5 mois. Et des bas de 5 à 6 mois. Certaines personnes vont avoir plus rapproché. Mais plus rapproché, c'est quand même en termes de semaines. Ce n'est pas quelqu'un de lunatique. Ma psychiatre m'a dit qu'elle a plein de gens lunatiques qui viennent la voir. Je suis bipolaire et tout. Non, tu es juste lunatique. Ce n'est pas que tu n'as rien. Mais ce n'est pas que tu n'es pas sur des énormes dérégulations chimiques qui font que... Il va falloir mettre de la chimie et c'est pour ça que moi j'ai plein de bipolaires qui m'envoient des messages et qui me disent mais comment je peux m'en sortir sans traitement ? Je dis mais en fait c'est ta chimie qui est dérégulée.
- Speaker #0
Soit tu as une bipolarité très légère et donc du coup tu peux changer des choses dans ta vie de tous les jours qui vont aller changer ta chimie. Parce qu'on le sait tous, le soleil par exemple ça te permet de plus sécréter certains neurotransmetteurs, beaucoup dormir va te permettre de changer, etc. Mais ça veut dire qu'il faut qu'elle soit très légère. Mais à partir du moment où elle est assez importante, il faut prendre des traitements pour te le réguler. C'est comme quelqu'un qui a un diabète. Bon bah tu dis pas au gars qui a un diabète bah vas-y essaie de t'en sortir sans traitement c'est insensé tu vois Très bonne comparaison
- Speaker #1
Ouais c'est clair Non non ok donc c'est et donc du coup toi le qu'est-ce qui était important pourquoi c'était important pour toi de prendre la parole est-ce que ça joue justement un rôle j'allais dire même sur ton traitement à toi pourquoi c'était si important ?
- Speaker #0
Ouais écoute je pense En fait, ce qui s'est passé, c'est que moi, j'ai découvert ça et en fait, j'écrivais tous les jours sur LinkedIn. Et en fait, je racontais mes aventures à ce moment-là. J'étais partie dans l'Himalaya, etc. Et je découvre du coup que je suis bipolaire à ce moment-là. Et je vois qu'autour de moi, c'est difficile à être accepté. Voilà, je vois que ma mère, pour elle, c'est difficile. Elle se dit non, non, ma fille n'est pas malade mentale. Et puis pour moi aussi, tu vois, c'est difficile. Et en fait, j'ai pris du coup le côté d'écrire et de publier. Je pense que ça m'a énormément aidée. Ça m'a permis de me dire, vas-y, j'en parle, j'assume. Et aujourd'hui, pourquoi je continue à en parler et tout ? Je pense qu'il y a un côté égoïste qui est que du coup, ça m'oblige à tout le temps essayer de trouver des nouvelles manières pour me sentir bien, pour me sentir stable, parce que je me dis que je me le dois par rapport aux gens. qui me suivent et parce qu'aussi je me dis que ça les aidera si je teste un truc et que je vois que pour moi ça marche. Donc je pense que déjà ça, ça m'aide. Et ensuite parce que c'est un why, un pourquoi, tu vois, qui est tellement puissant chez moi parce que j'ai tellement souffert du fait de ne pas avoir été diagnostiqué assez tôt et du coup d'avoir des mauvais traitements qui ont accentué ma maladie. Et j'ai vécu des moments de... tel désespoir et j'ai failli finir ma vie plusieurs fois que du coup en fait tu vois c'est un leitmotiv tu vois dans ma vie tellement fort que j'ai envie du coup de pouvoir aider des gens et de permettre à des gens de pas vivre ça ou voilà donc ça me ouais c'est ouais c'est quelque chose je pense qui me guidera toute ma vie tu vois le fait d'aider les gens sur l'aspect tu vois de la santé mentale et de Et d'aider par mon partage d'expérience et tout, c'est quelque chose que je me vois faire toute ma vie. Tu vois, ce n'est pas juste une petite mission ou quoi que ce soit. Et c'est plus en mode, je me vois le faire via plein de manières différentes, de plein de manières créatives différentes, tu vois. Mais ouais, et puis de plus en plus, je pense, un lien avec la nature comme vous. Parce que je me rends compte que je n'arrive pas à savoir si la bipolarité est une maladie de notre société et que je ne l'aurai pas dans une autre société. En tout cas, ce dont je suis sûre aujourd'hui en revenant de la Suède, c'est que notre société l'accentue. Et que du coup...
- Speaker #2
Ça la renforce de toute manière. Oui,
- Speaker #0
ça la renforce. Et que donc, apprendre à se reconnecter à la nature, etc. Et je pense, une super manière de réussir à la rendre moins forte et à la rendre plus vivable.
- Speaker #1
C'est qui qui nous disait il n'y a pas longtemps que les... Oh si, c'était Nadia, pour un projet en fait, on avait une artiste quelque part, qui nous disait, elle appelle les...
- Speaker #2
Je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Les extraordinaires. Et ce n'est pas les handicapés, ce n'est pas l'handicap, c'est le neurotypique. Atypique. Et en fait, c'est plutôt des extraordinaires, mais extra dans le sens où nous, quand on ressent quelque chose, on dit qu'on le ressent normalement, mais en fait, ce qui est intéressant, c'est de comprendre. Comment les autres, qui sont souvent les « extraordinaires » , j'aime beaucoup cette façon d'aborder les choses, parce qu'eux, ils sont « extra » . Et donc, du coup, c'est comme toi, je pense que tu ressens plus. C'est ça. Tu vois plus. C'est ça. Et du coup, nous, ça nous permet justement, et je pense que notre société aujourd'hui, il y a énormément de vrai dans ce que tu dis, dans le sens où, effectivement, on ressent plus.
- Speaker #0
En fait, tu dis qu'on t'arrive à Paris. Comment tu fais ? Genre quand tu sens beaucoup, tu sens cette odeur de monde, quand t'entends beaucoup, t'as des klaxons de partout, etc. Quand tu ressens, moi je ressens énormément les humains et tout, je ressens la mauvaise ambiance, chaque personne qui fait la gueule, etc. Et pour moi, c'est tellement d'informations qui m'agressent que oui, en effet, ça va me foutre mal, tu vois. Et donc oui, c'est sûr. Et au plus du coup, la société va vers ça. Au plus du coup, ça va agresser des gens qui ont, tu vois, même un niveau un peu plus bas de sensibilité. Et je pense que c'est ça la raison pour laquelle les jeunes ont une santé mentale autant mauvaise. Et je pense aussi que les réseaux sociaux sont une catastrophe. pour justement des personnes qui vont avoir une forte sensibilité, etc. Parce que tu es du coup beaucoup plus pris dans les trucs d'algorithme, mais aussi tu es impacté par tout ce que tu vois. Et aujourd'hui, les réseaux sociaux, malheureusement, ça marche avec que des nouvelles mauvaises et hard. Donc du coup, en fait, c'est comme si tu nourrissais un cerveau qui emmagasine tout et en gros, tu lui fous du mauvais, Et donc... Donc oui, je pense que... C'est pour ça que je trouve que c'est génial ce que vous faites, mais je pense que traiter la santé mentale aujourd'hui dans notre société, c'est traiter le rapport à l'instant présent et à la nature. Et voilà, quoi.
- Speaker #2
Tu nous as parlé de tes postes LinkedIn pour parler de tes aventures. Il y a un mot que tu as souvent dit, c'était expérimentation. À quel point expérimenter ? ça a été, c'est une manière de compléter ou d'aller beaucoup plus loin que le mal-être que tu vis à travers la maladie.
- Speaker #0
C'est essentiel. Si j'ai un truc à dire aux personnes qui écoutent, c'est développer, enfin non, c'est même pas ça, c'est oser et faire des toutes petites expérimentations parce qu'une petite expérimentation, tu la fais... et elle se passe OK, ça vient remplir ton sablier de confiance en toi. C'est-à-dire que tu dis OK, je suis capable de faire ça. Et du coup, tu vas pouvoir aller tester une nouvelle chose, tester une nouvelle chose, tester une nouvelle chose, tester une nouvelle chose. Et en fait, on ne peut jamais savoir comment on va vivre cette chose-là, comment ça va se passer. Vraiment, moi, j'avais tellement peur de partir sur mon île seule. Mais vraiment, quand je vous le dis, j'avais tellement peur. Bonjour. En fait, c'était un aventurier qui avait posté, qui a recherché un gardien pour gérer ces deux îles. Et moi, je l'ai partagé à mon entourage, mais je n'ai même pas candidaté. Je me suis dit, mais en fait, je ne peux pas y aller seule. Je veux dire, ce serait le truc le plus fou, une meuf bibolaire qui va seule. Et c'est lui qui m'a envoyé un message et qui m'a dit, mais Léa, en vrai, ce serait parfait pour toi. Parce que du coup, j'avais dit que je devais écrire un livre et tout. Il me dit, mais tu vas pouvoir écrire ton livre et tout. Et moi, j'étais en mode, c'est trop fou et tout. Je lui ai dit, bon, je rentre ce soir chez ma mère et je vais lui demander. Parce que maintenant, j'essaye quand même, parce que dans la bipolarité, comme je vous l'ai dit, dans les phases hautes, tu peux avoir une confiance en toi, etc. Beaucoup trop forte et du coup, te lancer dans des trucs. Donc du coup, maintenant, j'ai un peu genre des personnes à qui je demande. Du coup, je dis, je vais voir ma mère et tout. Je rentre chez ma mère, j'ouvre la porte. Ma mère me fait « J'ai vu le truc que tu as partagé, j'aimerais bien partir sur cette île. » Je fais « Ah mais non, tu sais qui m'a proposé. » Elle me fait « Mais c'est génial, il faut que tu partes. » Et moi j'étais là en mode « Mais je pensais que tu allais me dire que c'était complètement fou, que c'était complètement irresponsable. » Je me dis « Mais non, c'est trop bien. » Et après le lendemain, j'ai eu ma psychiatre et je me suis dit « C'est sûr ma psychiatre, elle va me dire mais non absolument pas, Léa, ne faites pas ça. » Et elle me voit et me fait « Bah si, c'est une super idée, c'est top. » Elle me dit, je pourrais t'avoir au téléphone ? Oui. Elle me dit, tu vas juste préparer à l'avance. Donc du coup, j'ai préparé à l'avance un petit carnet où j'écrivais chaque jour comment je me sentais, les appels hebdomadaires avec ma psychiatre, etc. Et en fait, c'est incroyable parce que c'est une des plus belles expériences de ma vie au final parce qu'en fait, tout ce dont j'avais peur et je pensais que j'allais réagir comme ça, je n'aurais jamais pu le savoir si je n'avais pas expérimenté. Et en fait, je me suis rendu compte que non, en fait, je me sentais super bien, que j'arrivais à très bien gérer mes hauts et mes bas, etc. Donc, moi, j'ai juste qu'un truc à dire, c'est aller tester, aller expérimenter. Je pense que les gens, peut-être, tu sais, souvent, on dit que les gens surévaluent ce qu'ils peuvent faire en une journée, sousévaluent ce qu'ils peuvent faire en un an. Je pense que vis-à-vis des projets, c'est un peu ça aussi. Les gens, directement, ils veulent aller toucher très haut, alors que j'imagine que vous, vous devez souvent... conseiller d'aller juste se faire une journée seule, aller marcher et puis après un bivouac une nuit Seule, tu vois, genre étape par étape, quoi. Et déjà, de faire un bivouac seule à deux heures des maisons et tout ça, c'est déjà une expérience hors norme qui va t'apporter énormément, quoi. Et donc, je pense que c'est des choses, en effet, qui sont essentielles parce qu'on est tous différents. Et donc, il faut... Il faut un peu se détacher des leçons que chacun dit en mode moi c'est ça dans la vie, je me sens bien avec ça. Non, la réalité c'est que moi j'ai une manière de vivre et de me sentir bien qui n'a rien à voir avec toutes les personnes qui m'entourent.
- Speaker #2
Et à quel point ces expériences te permettent et t'aident dans des phases un peu plus down où je ne sais pas, tu es en ville et justement tu ressens cette pression, ce mal-être au moment T ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et tu arrives à trouver des ressources pour te dire, il faut que je sorte de cette situation. Est-ce que tu penses à tout ce que tu as vécu dans ces expériences ?
- Speaker #0
Oui, je pense qu'en effet tu as raison, c'est difficile dans les moments où tu vis un moment dur, tu es pris dedans et tout. Je pense qu'il y a deux choses. Maintenant, j'estime que les moments difficiles sont aussi une expérimentation. Et du coup, j'estime que les moments difficiles, souvent, maintenant avec le recul, ont été les moments qui m'ont le plus appris sur des choses qu'il fallait que je change dans ma vie. Par exemple, en particulier, à 30 ans, par exemple, en quelques mois, j'ai perdu mon père qui a fait une crise cardiaque dans la rue, qui est mort comme ça. Deux semaines après, je perds mon boulot. Une semaine après, je perds mon appart, mon coban. Et bon sur le moment tu te dis la vie est pourrie à la mort quoi et je tombe en dépression du coup bien sûr. Et tu te dis putain la vie elle est vraiment naze et tout genre c'est un enfer et tu te dis mais t'arrives pas à ressortir la tête de l'eau et tout. Maintenant avec le recul c'est la meilleure chose qui me soit arrivée de toute ma vie quoi. Parce que ça m'a amené du coup à complètement repenser ok où est-ce que j'ai envie de vivre. J'habite à Paris mais ce n'était pas par défaut. Et en fait, où est-ce que j'aimerais vraiment vivre ? Ok, mon boulot, mais en réalité, est-ce que j'étais vraiment heureuse dans mon boulot ? Et donc maintenant, les moments difficiles, comme là, quand je suis rentrée de l'île en suède et que j'ai vu que j'allais mal et tout, je me suis dit, en fait, c'est super, c'est aussi un signal, qu'il y a des choses qui ne vont pas. Et donc, il faut le prendre, je pense aussi, comme une impulsion, de se dire, ok, c'est un signal que quelque chose ne va pas, mais ça veut dire aussi que du coup, il y a des choses qui peuvent aller. Et en fait, qu'est-ce que je dois changer ? Donc je pense que peut-être le plus gros point quand ça ne va pas, c'est de se dire que c'est aussi un signal. Ça ne vient pas juste tout seul. Donc oui, en effet, il y a un côté, si tu n'es pas suivi par un psy, c'est quand même d'être suivi et de pouvoir avoir un traitement. Mais il y a aussi le signal de qu'est-ce que je change peut-être dans ma vie ? Qu'est-ce que j'expérimente ? Moi j'ai dû tester plein de choses en me disant ok ça ça je me sens pas bien bon bah je vais tester ça parfois ça va pas marcher mais bon
- Speaker #2
Mais tu avances
- Speaker #0
Voilà
- Speaker #1
Et on sera les choses que après C'est ça aussi qui est intéressant parce que du coup tu prends du recul C'est en prenant du recul sur les choses que des fois tu te dis bon bah ça c'est sur le moment mais après elle tiendra que bourra finalement enfin je comprendrai plus tard pourquoi Ouais
- Speaker #2
Acceptez de comprendre plus tard
- Speaker #0
Accepter de comprendre plus tard est le mot le plus important dans les moments comme ça où tu as une santé mentale qui vacille, c'est garder espoir. Parce que c'est ça qui est dur. Et moi, quand je parle à tant de personnes qui souffrent de bipolarité, qui n'ont pas encore le bon traitement, qui ont un boulot où ça se passe super mal, ou ils viennent d'être licenciés pour la quatrième fois, etc. C'est dans ces moments-là où tu perds espoir. Et ça, moi, j'aimerais leur dire, genre, gardez espoir, parce que vraiment, moi, j'ai eu du coup même un moment où je regardais pour le suicide assisté et tout. Et je suis contente d'avoir gardé les 1% d'espoir qui m'ont amenée à me dire, allez, je vais voir une autre psychiatre. Et quand je suis allée la voir, je lui ai dit, OK, comment on fait pour le suicide assisté, etc. Et elle, elle m'a dit, mais pas du tout, vous êtes bipolaire, il y a un traitement, tout va aller mieux, quoi. Et aujourd'hui, ma vie, elle est quand même hors du commun. J'ai une trop belle vie. Et donc, je me dis, c'est ce truc de garder cet espoir quand on pense qu'il n'y en a plus.
- Speaker #2
Tu nous as parlé de ta maman.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et je sens que c'est un pilier qui te rassure, qui te permet aussi de savoir. Qui te connaît très très bien, qui a vu des phases plus sombres et des phases très joyeuses et qui est là un peu pour trouver cet équilibre. Comment on fait pour en parler à ses proches, pour peut-être briser parfois cette peur du jugement ou cette peur de me dire je ne vais pas bien et je ne sais pas trop comment aborder cette thématique ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile. Alors je pense qu'aujourd'hui pour aider les proches, c'est aussi leur partager du contenu. En fait, c'est aussi pour ça que moi, je crée des contenus différents, parce qu'en fonction des personnes, je ne sais pas, un slam, ça va plus faire sens qu'un documentaire, que juste un truc qui les écrive et tout. Mais souvent, c'est de permettre ça aux proches de leur partager du contenu. Donc moi, si c'est la bipolarité, en réalité, aller sur mon compte Instagram, je fais plein de contenus qui peuvent se partager aux proches, etc. Et après, c'est ça sur lequel il faut un peu travailler et tout. C'est réussir à travailler avec les proches en qui tu as confiance pour avoir un bon modèle de communication. Et ça, ça dépend un peu des personnes. Par exemple, moi, j'ai besoin de communiquer d'une manière assez rationnelle. Et c'est vrai que ça, je donne le conseil à pas mal de personnes. C'est qu'en gros, je dis comment je me sens de 1 à 10. Et en gros, je dis, je suis à 1, c'est... extrêmement critique, mes pensées suicidaires sont en continu, etc. Je suis à 2, bon, ça ne va pas bien, mais j'ai besoin que, genre, tu me laisses dans mon lit, tu ne viens pas m'embêter, mais par contre, tu m'amènes à manger pour que je mange. Alors que, par exemple, si je suis à 4, il faut plutôt me proposer d'aller à un ciné. Parce qu'à 4, je peux quand même avoir la force, mais je ne vais sûrement pas y aller par moi-même. Et donc, j'ai un peu cette échelle. Que chacun, tu vois, peut un peu faire, quoi, en fonction de comment il se sent et tout. Et qui permet du coup aux proches de savoir. Parce qu'en fait, ce dont j'ai remarqué, c'est que le proche, moi, je vais lui dire ça va pas, il sait pas. Il sait pas si c'est un ça va pas genre critique. Il sait pas si c'est un ça va pas juste je passe une journée de merde, c'est pas très grave, quoi. Tu vois ce que je veux dire ? Genre, il sait pas si c'est un ça va pas, je commence à avoir le début d'une dépression, tu vois. Et donc, je trouve... Que le fait, tu vois, de donner cette grille-là, elle permet vraiment aux proches en face de savoir comment réagir. Et donc moi, j'ai ma mère et j'ai une meilleure amie qui sont vraiment toutes les deux vraiment mes piliers sur ça. Et ça, pour le coup aussi, il ne faut pas en vouloir. Il y a plein d'amis, ils ne peuvent pas. Et il ne faut pas leur en vouloir. C'est quand même, tu vois, beaucoup demandé. Donc, il faut prendre le temps de trouver les bons piliers. Et voilà, et ma meilleure amie... Quand elle sait que je passe un moment difficile, ce qu'elle fait tous les matins, elle me demande « t'es à combien ? » Et juste le fait de lui dire « je suis à temps » , j'ai l'impression d'avoir quelqu'un qui m'écoute dans ce moment difficile. Et puis quand je gagne un point, elle me félicite, elle me dit « allez bravo ! » Et ça me permet de faire face à ces situations.
- Speaker #2
Ça m'évoque beaucoup de choses.
- Speaker #1
l'échelle en tant qu'infirmier ça évoque l'échelle de la douleur et c'est hyper important oui il y a l'échelle de la douleur mais il n'y a pas l'échelle de comment tu te sens c'est ça et d'un autre côté c'est un truc tout con qu'on faisait tous les deux quand on était en expédition où on avait notre échelle de lucidité entre 1 et 4 et vu qu'on était dans le froid et qu'il y a des sensations on dit. tu peux perdre tes doigts. Enfin, voilà, il y avait des notions où des fois, c'était un peu chaud. L'échelle de lucidité, ça permettait de savoir si, OK, tu es à 3, mais genre 3, tu ne peux plus rien faire ou 4, ça devient critique et là, il faut vraiment qu'on s'arrête, qu'on réchauffe, qu'on fasse quelque chose. Et du coup, c'est hyper intéressant. C'est trop bien. C'est des choses que tu mets dans l'extrême alors qu'en fait... Alors que tu pourrais le mettre dans la vie. Tu peux le mettre dans la vie et ça permet une meilleure communication, en fait.
- Speaker #0
Exactement parce que les personnalités, on est tous très différents. Il y a des gens qui passent leur journée à dire « C'est naze, c'est nul » , mais en fait, en réalité, ils vont très bien. Et comme tu as des personnes comme moi qui sont tout le temps souriantes et tout, et en réalité, je ne vais pas bien, tu vois. Donc du coup, si tu n'as pas ce truc rationnel, et moi, je l'ai même poussé plus loin quand j'étais sur l'île en Suède parce que du coup, je m'étais fait un énorme tableau où je voulais aller pousser ultra loin un peu de comment je me sentais. C'est que du coup, tous les matins, je mettais comment je me sentais et j'avais divisé par différents types d'énergie. J'avais mis, par exemple, l'énergie mentale, genre est-ce que ça va vite, est-ce que ça ne va pas vite. J'avais mis l'énergie émotionnelle, est-ce que je suis en bonne humeur ou est-ce que j'ai plutôt envie de pleurer, je suis triste et tout. Je m'étais mis à... l'énergie physique est ce que je sens que aujourd'hui je suis en pleine forme et tout ou pas j'avais mis l'énergie sexuelle et il y a des personnes qui m'ont répondu quand j'ai partagé sur les réseaux ils m'ont dit je devrais rajouter d'énergie spirituelle voilà mais donc tu peux pousser tu vois ultra loin je pense que le fait de pousser ultra loin faut pas le faire du tout genre dans la vie de tous les jours mais ça peut être Soit quand tu vis quelque chose d'extrême ou que tu pars en voyage seul et où tu veux quand même mieux te suivre de plus près. Ou alors quand tu as un moment un peu difficile et où tu veux voir, peut-être qu'il y a certaines choses qui sont déjà en train de s'améliorer avant d'autres. Parfois, c'est ça. Parfois, en gros, dans la bipolarité, on passe par une phase qu'on appelle mixte. Où en gros, tu as certains symptômes du up et certains symptômes du down en même temps. C'est assez troublant et en même temps c'est plutôt bon signe parce que ça veut dire que t'es en train de sortir du temps.
- Speaker #2
Trop bien. Si il y a un jeune ou une jeune de 17 ans qui écoute ces podcasts et qui traverse peut-être une période difficile, si t'as un message à lui transmettre, ça serait lequel ?
- Speaker #0
Euh... écoute moi je lui dirais... Si elle passe une période difficile, en réalité moi je lui dirais d'aller marcher. C'est toujours ce que j'ai fait et toujours ce qui m'a sorti de période de dépression. C'était de partir marcher, pas obligatoirement seule. Je suis pas mal partie marcher avec ma famille, avec des personnes de ma famille. Il y a une association qui s'appelle Colina et qui organise ça. Un jeune avec une personne de sa famille et ils organisent des marches. Mais même, tu vois, t'organiser un truc juste de deux jours et tu coupes d'internet, tu coupes des réseaux sociaux et tu vas marcher. Je pense que ça, ça aide énormément et bien sûr se faire accompagner, même si je sais, c'est chiant. C'est pas facile de trouver un professionnel, etc. C'est beaucoup trop sérieux pour ne pas se faire accompagner et ne pas avoir quelqu'un qui t'aide. Donc ça c'est quand même le point essentiel. Et surtout se dire que c'est pas du tout honteux. C'est pas honteux du tout d'aller voir un psy. La moitié des français vont voir un psy. Toutes les personnes les plus saines d'esprit que j'ai vues vont voir des psys. Souvent les gens les plus malheureux et à côté de la plaque sont des gens qui ne veulent pas aller voir des psys. Donc ce n'est pas du tout honteux et justement c'est super et ça te permettra de te sentir mieux.
- Speaker #2
J'ai deux dernières questions. Je vais te les poser les deux et tu vas nous développer. De quoi es-tu la plus fière aujourd'hui ? Et pourquoi c'est important de se mettre en mouvement ?
- Speaker #0
Ah ouais, moi tu sais que le mouvement c'est... Moi justement je suis quelqu'un qui est... tout le temps en mouvement. Mais tu vois, je pense que ça dépend aussi des... Non, en fait, je ne suis pas du tout tout le temps en mouvement. Enfin, c'est bizarre. Je bouge beaucoup d'endroits, moi, souvent. Je vais à des endroits différents, etc. Par contre, je suis une grosse chileuse. Genre là, par exemple, je vais vous quitter, je vais aller m'allonger sur mon gros canapé là. Je ne vais pas en sortir pendant trois heures. Je vais être trop bien. Mais pourquoi il faut se mettre en mouvement ? Parce que déjà, le corps est fait pour ça. pour se mettre en mouvement, parce que c'est en se mettant en mouvement qu'on fait changer certaines choses et surtout que le corps a besoin de se mettre en mouvement pour se réactiver. Moi c'est pour ça que je dis la marche vraiment, moi c'est le truc essentiel dans ma vie, c'est la marche tous les jours et pourquoi la marche c'est aussi génial et c'est mieux que tout, c'est que si tu vas un peu pas bien, marcher, tu marches doucement, ça réactive. Ton corps, ça réactive tes sécrétions. Donc normalement, ça te permet d'aller un petit peu mieux. Et quand tu vas trop bien, que tu as trop plein d'idées, que tu as trop plein de trucs, le fait de marcher, ça réapaise le tout, etc. C'est pour ça, moi, vraiment, pour les personnes bipolaires, mais vraiment tous les autres troubles, mais pour les personnes bipolaires, la marche, c'est génial. Ça te fait redescendre quand tu es trop haut et ça te fait remonter quand tu es trop bas. Donc le mouvement, pour moi, il est essentiel. et puis quand tu marches, tu as toujours plein de nouvelles idées tu vois un paysage différent donc à chaque fois ça t'amène aussi des nouvelles pensées et tout mais je pense qu'il y a un truc maintenant avec l'hyper performance où on pense que le mouvement c'est d'aller faire des ultra trails c'est de courir La réalité c'est que la marche déjà c'est génial et la marche c'est du sport. Si tu marches tous les jours 30 minutes, c'est génial. Et la première question, de quoi je suis le plus fière ? Franchement je n'en sais rien. Du coup je peux être en mode trop sur aujourd'hui. Dernièrement franchement je suis trop fière d'être partie sur mon île. Je suis trop trop fière. Je me suis sentie bien, j'ai bien géré. J'ai presque écrit tout mon livre, franchement, la vie est belle.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est pas facile, je le dis à tout le monde, pensez pas que c'est facile, etc. Parfois il y a des gens, ils m'envoient des messages, ils me disent, mais toi t'as la vie facile, c'est cool, etc. Non, non, je viens de loin, tout a été, voilà, pas facile, mais... Ça vaut le coup, quoi. Ça vaut 100% le coup. Et puis, il faut voir la vie comme un apprentissage éternel. Et que, du coup, c'est génial, quoi. C'est génial de se voir évoluer et de voir tous ces apprentissages. Et peut-être aussi un autre petit truc aussi que je trouve, dont on ne m'a pas assez parlé. Tu sais, parfois, tu as ce truc quand tu es jeune et tout. Oh, ces gens, ils sont incroyables. Oh, j'aimerais trop être pote avec eux, etc. Ben, fais des choses, toi. Incroyable, et t'inquiètes pas que tous les gens que tu trouves incroyables, ils voudront être potes avec toi. Ça, je trouve que aussi, c'est une bonne motivation. C'est vrai que moi, j'ai plein de gens incroyables qui sont OK pour me rencontrer. Comme vous, votre projet, il est génial. Du coup, vous pouvez rencontrer plein de gens. C'est aussi ça qui est motivant pour le côté mise en mouvement et tout.
- Speaker #2
Un cercle vertueux, du coup, qui se forme naturellement.
- Speaker #0
Bah ouais, ouais. Parce qu'en fait, y'a pas... tellement de gens que ça qui vraiment décident de se mettre en mouvement et tout. Donc, c'est beau.
- Speaker #1
Et maintenant, on va passer à la petite phase jeu. Mais pour ça, on va se trouver un beau petit paysage. Et comme ça, vous pourrez nous retrouver sur Instagram pour voir du coup Léa répondre à la dernière question et la question de notre invité précédent.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, la question de notre dernier invité. été, c'est quand que tu as eu ton... et pourquoi tu as eu ton plus gros fou rire ?
- Speaker #0
Ah ! Vraiment, il faut que je raconte parce que...
- Speaker #1
Je suis désolé, ça tombe sur toi et nous, voilà...
- Speaker #0
Vous n'allez pas du tout rire les gars, genre j'ai mon meilleur ami en fait qui m'a rejoint les quatre derniers jours où j'étais sur ville en Suède et donc on s'est retrouvés... Tous les deux sur l'île. Et juste, bah, je suis super aboyée. C'est le moment où t'es avec ton meilleur ami et juste tu rigoles sur un mot. Bon en gros, juste on se disait qu'on mangeait des bananas et bah des bananes. Et on répondait à quelqu'un les bananas c'était différent. Et en fait on est parti. Mais c'est le moment où t'es avec ton meilleur pote et tu pars sur un truc super loin. En mode les bananas et ça, etc. Et vraiment genre, on s'est... tous les deux pissés complètement de feu. Et vraiment, ça a duré plus de demi-heure. Et bah, c'est... À propos des bananes.
- Speaker #3
Pour le prochain invité, j'ai une question. Qu'est-ce qui te fait te sentir vivant ?
- Speaker #2
Merci beaucoup, Léa, pour ton temps. On a pris le plaisir à partager cette bière sans alcool avec toi. Et ce moment pour parler de tous ces sujets centraux, je pense, dans notre vie, et encore plus en ce moment.
- Speaker #0
Ouais, carrément.
- Speaker #3
La balade s'achève ici. Respirez un instant, laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous. Parce qu'ensemble, en avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.