- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour la saison 2 de En Mouvement. Cet épisode est sponsorisé par EPAL. C'est une plateforme du programme Erasmus+, pour les professionnels de la formation des adultes en Europe. EPAL valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors découvrez cette plateforme gratuitement, sans publicité et rejoignez une communauté engagée. Tous les liens sont en description. Merci EPAL pour son soutien et nous, on est reparti.
- Speaker #1
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #2
Bonjour à tous, salut Axel, merci d'être ici aujourd'hui avec nous et je vais commencer par la question que j'adore. Que faisons-nous ici ? Je vois un cheval juste là, en plus c'est génial. Est-ce que tu peux nous décrire un peu le paysage dans lequel on est, où est-ce qu'on est et pourquoi tu nous as emmenés ici finalement ?
- Speaker #3
Merci déjà Guillaume et Jérémy pour ce petit intermède. Cet endroit est un endroit qui n'est pas très loin de chez moi et en fait je l'aime beaucoup parce qu'il est entre ville et nature et il est juste à l'extérieur et là vous entendez les grillons. Voilà, on est en train de sortir de la ville pour pouvoir aller dans la nature. Et moi, la nature, c'est mon deuxième élément. Et pourquoi cet endroit, je l'aime bien ? Parce que je l'ai découvert il y a déjà de bien nombreuses années. Et l'une de mes passions sportives, c'est de courir, courir en montagne. Et c'est là que je viens m'entraîner. Donc je fais une boucle très souvent le matin, à l'aube, quand les gens dorment. J'adore venir courir ici et c'est là où je viens. Et quand j'ai envie de passer un moment sympathique, je viens là. Et c'est pour ça que je vous l'ai proposé.
- Speaker #2
Trop bien, effectivement on est bien en plus, il y a le soleil qui tape, on est vraiment super bien. Et deuxième question préférée, mais celle-là on l'a beaucoup, c'est comment ça va vraiment ?
- Speaker #3
Vraiment, ça va bien. Vraiment, ça va bien, dans le sens où, et peut-être que ma réponse va vous surprendre, c'est que quand on pose la question aux gens, la plupart du temps les gens vont se dire mais est-ce que ça va ou est-ce que ça ne va pas côté émotionnel ? C'est ce que je faisais avant et maintenant j'ai décidé de dire que quand on me pose la question, je dirais toujours ça va bien parce que pour moi c'est une décision. Je décide que ça aille bien, le matin quand je me lève je me dis c'est une belle journée et aujourd'hui quoi qu'il arrive ça se passera bien. Il y aura des choses cool, des choses qui seront moins cool, mais c'est pas parce que c'est moins cool que c'est négatif et je vais toujours apprendre quelque chose donc je décide que ça va bien. réponse à ta question, comment ça va ? Oui, ça va très bien.
- Speaker #2
Je fais en sorte que ça aille bien. C'est ça qui est cool. Du coup, moi, j'en profite pour déjà avancer un peu plus.
- Speaker #3
Alors juste, je te coupe. Tu vois, là, on est en train de sortir. Tu vois, regarde, derrière nous, là, tu as encore le goudron. Là, on va rentrer dans la forêt. Et là, tu vois, à droite, regarde, on a des écuries, on a des chevaux. Et j'adore cette transition. Tu vois, on sort de la ville et là, on va rentrer dans un endroit où on va attendre les oiseaux. ça va être... Voilà quelque chose qui va être bien sympathique.
- Speaker #2
Deuxième transition très bien trouvée du coup, mais c'est quoi ton rapport à la nature et pourquoi c'est important pour toi ?
- Speaker #3
Alors je vais devoir revenir un peu en arrière dans mon histoire pour dire pourquoi la nature est si importante pour moi. Alors je fais partie de ces personnes qui ont eu la chance de grandir sur Annecy. Oui, il y en a, il y en a, il y en a, j'en fais partie. Parce que je sais qu'il y a beaucoup de gens qui ont envie de venir y habiter. Moi, j'y habite depuis que je suis tout petit. Ce qui est autour d'Annecy, ça a été l'environnement dans lequel j'ai grandi. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle j'aime la nature. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui habitent à Annecy. Étrangement, il y a beaucoup de gens qui ne sont jamais allés dans les montagnes, dans la nature qui est autour. Donc ça ne l'explique pas. En fait, ce qui s'est passé, c'est que si je reviens un petit peu en arrière, moi j'ai eu une enfance, j'ai des parents, un père, une mère qui étaient mariés avec un petit frère. Et en fait, j'ai toujours été un peu en bise-bise avec mes parents. Je pense qu'on en reviendra un petit peu après, quand tu m'interrogeras sur ce qui s'est passé. Et en fait, très rapidement, la montagne a été pour moi un échappatoire, un petit peu un moyen de sortir. Très tôt, avec mes parents, on a fait de la montagne tous les dimanches. Et puis, quand j'avais une dizaine d'années, donc là, je te parle dans les années 80, donc ça remonte il y a bien, bien longtemps pour certains. On allait trois, quatre jours en autonomie complète en montagne. Donc on avait des sacs à dos. On partait plus que nous, on avait les tentes, on avait les réchauds et ensuite très rapidement, dès l'âge de 14-15 ans, je suis parti avec un pote, un ami d'enfance, qui est toujours mon ami aujourd'hui. En fait, on allait partir non plus 3-4 jours, mais on partait une semaine, 10 jours, 15 jours en autonomie complète, mais vraiment immergé dans la montagne. Et ce rapport que j'ai eu, ça a été pendant 15 jours, je me souviens très bien, quand on rentrait, on voyait des voitures, ça faisait drôle, et on était vraiment hors temps. Et en fait, j'ai gardé cette habitude depuis ce moment-là, de me dire, il y a la vie active dans laquelle on est, à l'époque c'était les études, après c'est le travail, c'est la famille, la vie dans laquelle on connaît tous. Et la montagne a toujours été un moyen pour moi d'être un peu hors temps, de venir me ressourcer sur des choses qui sont vraies, qui sont essentielles, parce qu'on ne triche pas avec la nature.
- Speaker #4
Et tu vois cette relation à la nature comme un refuge face au monde qui s'accélère et face à une dimension du travail qui est de plus en plus prenante, ou tu la vois vraiment comme un socle, une base essentielle à ton équilibre et de se dire, en fait, si je ne l'ai pas, je ne peux pas fonctionner normalement ?
- Speaker #3
Alors, ce n'est pas un refuge. Ce n'est pas un refuge dans le sens où c'est un moyen de fuir. Ce n'est pas ça. Par contre, je dirais que c'est plutôt un socle, mais c'est aussi une ressource. Ça veut dire que c'est un socle dans lequel j'ai besoin dans la nature et puis c'est une ressource dans laquelle ça me permet déjà de ralentir puis d'apporter beaucoup de clarté sur ce que je vais faire. Donc c'est très complémentaire par rapport à une vie qui est plutôt en accéléré, qui va plutôt vite. Et pour pouvoir aller vite sereinement, et puis après quand on parlera de ce que je fais aujourd'hui, vous allez faire le lien, moi j'ai besoin un moment de ralentir et d'apporter de la clarté. Et cette clarté, moi comme d'ailleurs je pense... Pour beaucoup de gens, on parlera de santé mentale après, on a besoin de ralentir, on a besoin de silence, on a besoin de poser les choses pour pouvoir avoir ça, et moi c'est là que je le trouve. Là vous voyez, on vient de passer une petite rivière qui était à sec, et là on est sur un chemin de terre, dans la forêt, et peut-être que tout à l'heure on aura la chance de voir un cheval passer et on entend les oiseaux, c'est magnifique.
- Speaker #4
Je trouve que le teasing de « on ne sait pas encore ce que tu fais » et j'aimerais bien que tu choisisses la manière dont tu souhaites te présenter à nos auditeurs. Qui es-tu ?
- Speaker #3
Qui je suis ? Alors déjà, comment je m'appelle ? Axel Rocher, sachant que Axel Rocher n'est que le nom qui a un jour été donné à un être, qui est l'être que je suis. L'être que je suis est un personnage qui a le corps qu'il a aujourd'hui, et en fait c'est un homme qui a toujours évolué et qui a eu une... je m'en aperçois maintenant, mais qui a toujours eu une quête, une quête de toujours s'améliorer, progresser, grandir. Donc je vais me définir... Je me suis défini par mon nom, comment je m'appelle, Axel Rocher. Mon âge, j'ai 56 ans. Je vais me définir par ma famille. Je suis marié depuis 30 ans. J'ai trois beaux enfants, deux garçons et puis une fille, 25, 22 et puis la petite dernière a 20 ans. Le grand est déjà en train de travailler, les deux autres sont encore en études. Je vais me définir également par mes passions. Mes passions, ça va être beaucoup la course à pied, en montagne, le trail, voire même de l'ultra-trail, puisque je cours des longues distances. qui sont pour moi un parallèle par rapport avec la vie et avec le métier que je fais. Donc je pense que ce qui intéresse les auditeurs aussi, une fois que j'ai dit ça, c'est qu'est-ce que je fais et puis aussi c'est pourquoi je le fais. Est-ce que c'est... on va dire...
- Speaker #4
C'est ma prochaine question, regarde. Tu es le leader, c'est incroyable. C'est quoi ton pourquoi ?
- Speaker #3
Mon pourquoi ? Mon pourquoi ? Alors on va revenir un petit peu sur mon histoire aussi. J'ai grandi sur Annecy, comme je vous ai dit, et je me souviens très bien d'une image que j'avais. Je devais avoir peut-être deux, trois... 4 ans, j'étais tout petit. Et à cet âge-là, ma mère me disait toujours, mais Axel, c'est incroyable, je lui lâche la main, il part, il va discuter avec les gens, avec les adultes. Et des fois, il partait même avec les adultes, il fallait faire attention. Et en fait, des gens qui étaient plutôt moroses, je venais, je discutais avec eux et je leur redonnais de la vie. Je leur redonnais le sourire par mon enthousiasme, par mon énergie, par mon envie d'avancer. Et en fait, ça, dans mon histoire, ça a été, je ne vais pas dire saboté, mais ça a été complètement endormi par mes parents. qui m'ont empêché d'exprimer cette énergie naturelle que j'avais et c'est ce qui fait que par la suite je suis devenu quelqu'un qui était complètement à l'opposé donc quelqu'un qui était très timide vos éditeurs ne le voient pas mais je suis très grand, je mesure plus d'1m90 et très rapidement, dès que j'étais en collège je mesurais déjà 1m75, 1m80 donc très rapidement j'étais très grand et ma taille était compliquée à porter parce qu'en fin de compte on me voyait et moi qui étais très timide c'était une grosse problématique Et en fait, pendant très longtemps, je me suis battu entre à la fois cette énergie qui est d'aller vers les gens naturellement pour pouvoir leur redonner la vie, la joie, quelque chose qui est une énergie naturelle, et puis c'est tout ce sabotage qu'il y a eu. Et le pourquoi, pour répondre à ta question, il est là. C'est qu'en fait, pourquoi je me lève le matin aujourd'hui, parce que j'ai fait un gros travail sur moi, pourquoi je me réveille le matin, c'est parce qu'en fin de compte, la vie, elle mérite d'être vécue. Tu me demandais tout à l'heure comment ça va, j'ai décidé que ça allait bien quoi qu'il se passerait et qu'il se passe plein de choses et que la première chose c'est que déjà on est en vie et moi j'ai envie de redonner la vie aux gens. Et pour moi c'est une explication du pourquoi je fais le travail que je fais aujourd'hui parce qu'après la suite j'ai commencé à travailler, j'ai passé plus de 25 ans dans l'industrie, j'ai fait des études d'ingénieur, on en parlera peut-être s'il y en a besoin. Parce que j'étais bon à l'école, à l'époque j'ai passé un bac C, donc c'était le bac qui était pour les bons élèves. Donc j'ai suivi, je suis devenu ingénieur, alors qu'en fait j'aurais pas dû être ingénieur. Moi je suis scientifique parce qu'il y a un raisonnement qui est là, mais en fait moi ce qui m'attire c'est l'humain. C'est vraiment être en vie avec les gens, d'aider les gens à grandir, et dans les entreprises dans lesquelles j'ai été par la suite, j'ai eu du management, j'ai été directeur, j'ai repris des études pour faire un exécutif MBA derrière. Le seul objectif que j'avais derrière, c'était comment l'être humain, dans les entreprises, il peut être bien dans ses baskets. Parce que l'être humain, quand il est bien dans ses baskets, quand il est heureux, derrière... Il est engagé, quand il est engagé, il est performant. Quand il est performant, qu'est-ce qui se passe derrière ? Les clients le sentent. Et quand tu rends des clients satisfaits parce que les salariés sont heureux, c'est moi dans les baskets, on boucle la boucle, tout le monde est satisfait. Et en fait, dans les entreprises dans lesquelles j'étais, j'ai eu l'occasion, j'étais en vente et marketing, donc j'ai eu l'occasion de voir des clients, de voir des partenaires partout dans le monde parce que j'étais en développement de business à l'international. J'ai vraiment vu les différentes manières de diriger des entreprises. Et pour faire court, et on reviendra dessus après s'il y a besoin, j'ai à un moment éprouvé le besoin de sortir de l'entreprise pour monter ma propre entreprise aujourd'hui et pour pouvoir aider justement les leaders à aller mieux dans leur basket par rapport à une dimension qui est la dimension de la performance.
- Speaker #4
C'est très complet. Déjà, à travers ton parcours, on comprend vraiment ce qui t'a mené à faire ce métier, et même à choisir ce métier en créant ta propre entreprise. Pourquoi il est aussi essentiel de demander à un dirigeant d'entreprise son pourquoi, et sa flamme, peut-être sa raison d'être ou sa raison d'entreprendre ?
- Speaker #3
Alors, déjà, il y a deux choses. Quand on parle d'un dirigeant, il y a une différence. Quand on parle du dirigeant d'entreprise, est-ce qu'il est dirigeant salarié ? Ça veut dire que ce n'est pas lui l'actionnaire. Ou est-ce que c'est le dirigeant, parce que c'est lui qui a créé l'entreprise ? Ce n'est pas du tout la même chose. Parce que quand c'est celui qui l'a créé, un matin, il ne se dit pas « je vais créer une entreprise » , c'est qu'il a une idée. Cette idée lui dit un cœur, elle dit « j'ai envie d'avancer, tout seul je ne peux pas le faire, j'ai besoin d'autres personnes, de monter une structure » . Mais il y a vraiment une flamme qui l'amène à avancer et c'est souvent le pourquoi il vient là. Et il est intéressant d'ailleurs, j'ai remarqué, que quand on avance avec des entreprises par la suite, il est souvent nécessaire de revenir à l'origine. Oui, mais attendez, là, on parle de ça, entreprise, entreprendre, mais... Vous faites plein de trucs, mais à la base, c'est quoi l'ADN ? Pourquoi existe cette entreprise à la base ? Et souvent, de revenir, ça permet de réorienter sur la vision que l'on peut avoir. Alors, demander ce pourquoi, c'est la flamme. C'est la flamme d'une entreprise. Et ça permet, en fin de compte, de... Comment dire ? Si le dirigeant ne croit pas en son entreprise, il n'a pas ce qu'on appelle cette flamme, de manière, comme tu le dis, Jérémy, il n'a pas cette flamme, comment ? L'ensemble des employés, des salariés, même le comité de direction vont pouvoir avoir envie d'avancer. Et là, ça devient compliqué. Et moi, ce que j'appelle la magie humaine, en fait, dans les entreprises, elle vient du haut. Elle vient des dirigeants, elle vient des comités de direction. Et c'est la raison pour laquelle de l'expérience que j'ai, de toutes les formations, tout ce que j'ai appris par la suite sur l'URMA, aujourd'hui me donne la légitimité et la crédibilité d'être. avec cette frange de personnes pour pouvoir les aider à se réaligner, en tous les cas, se dire, voilà, on sait ce qu'on fait, la vision que l'on a, ce n'est pas une vision qui est purement égotique, mais c'est une vision que l'on porte dans les tripes et qui va nous permettre effectivement de pouvoir progresser.
- Speaker #4
Tu l'as un tout petit peu évoqué juste avant en criant « be on possible » dans ton entreprise. J'ai le sentiment qu'à un moment donné de ta vie, tu avais besoin d'être réaligné avec toi-même, notamment par tes expériences passées dans différentes entreprises. Est-ce que tu te souviens de ce déclic, de ce moment où tu t'es dit « Oula, là, il y a peut-être un écart qui est en train de se creuser entre ce que je fais tous les jours et la raison pour laquelle je vis. »
- Speaker #3
Alors, ça ne s'est pas présenté comme ça. Il y a eu un déclic. Je vais vous en parler. Il y a eu un déclic. Mais ce déclic ne s'est pas présenté. Tiens, ça serait bien que je me réaligne aujourd'hui. Ça ne se passe pas comme ça. En fait, le truc qui s'est passé, il y en a eu plusieurs, mais en tous les cas, celui qui m'a le plus marqué, c'était en 2008. En 2008... Je pense que tout le monde s'en souvient, c'était la fameuse crise en V. On ne l'a pas vu venir, puis d'un seul coup tout a baissé, puis après c'est vite reparti. À cette époque-là, j'étais le boss du marketing dans l'entreprise. J'avais une trentaine de personnes, comme je disais à l'époque, sous mes ordres. À l'époque, c'est ce que je disais. Et c'était au mois de décembre, ça je m'en souviens très très bien. Et j'ai mon patron, qui était juste au-dessus de moi, qui était au COMEX, qui me convoque dans son bureau. Il neigeait dehors. Et je rentre dans le bureau, et comme je suis quelqu'un de très très très sensible, Je sens tout de suite que ce n'est pas comme d'habitude. Son regard, tout est différent et ça va très très vite. Il m'a dit tiens, assieds-toi. Alors que d'habitude, il y a un grand sourire, le visage était plutôt fermé. Il me dit écoute Axel, on a décidé de t'enlever le management de tes équipes et de te donner deux autres jobs. Et quand il m'a prononcé deux autres jobs, j'avais déjà oublié ce qu'il était en train de me dire parce que j'avais l'impression que c'était mon identité propre qu'il était en train de me retirer. Parce que justement quand on pense performance, surtout quand on est en management, on pense souvent à le nombre de personnes que l'on a sous ses ordres, comme on disait à l'époque. Et en marketing, avoir 30 personnes sous ses ordres, sa responsabilité, c'est déjà pas mal. Et quand on vous retire ça... On se retrouve à poil comme si on n'était plus rien et j'ai l'impression que c'était mise au placard, que c'était complètement terminé. Et en fait le déclic, il s'est passé que je suis sorti de son bureau, j'avais la larme à l'œil, je me suis retrouvé dans la grande cour. Et la grande cour, il avait neigé, il y avait, c'était la neige, c'était immaculé, il n'y avait quasiment personne et j'étais au milieu. Et je me souviens que j'ai fait, je me suis fait deux réflexions. La première réflexion, je me suis dit, bon, écoute, tu peux dire ce que tu veux, de toute façon ça s'est fait, il te l'a dit. C'est passé, maintenant tu fais quoi ? Maintenant tu fais quoi ? Est-ce que tu vas décider de te porter en victime et puis d'aller à la machine à café, dire aux gens « Ouais, il m'a rétrogradé, c'est un pauvre imbécile, pour rester poli, voilà » et puis rentrer là-dedans ? Ou est-ce qu'au contraire, tu vas dire « Bah écoute, puisqu'il s'est passé ça, ça veut dire que ça me donne la possibilité de faire autre chose, on m'avait donné deux jobs, et j'ai dit « Bah écoute, je vais leur montrer de quel bois je me chauffe » . Et j'ai décidé à ce moment-là que ces deux jobs-là, j'allais vraiment leur montrer de quoi j'étais capable. Et en fait, c'est ce qui s'est passé. Et pour faire ça, il a fallu que je prenne une décision de me dire « Mais en fait, j'ai mon propre pouvoir. » Et c'est là que le réalignement pour moi a commencé à arriver. Ça veut dire qu'en fait, j'ai le pouvoir de décider là. Là, soit je peux décider, je me laisse sombrer, je suis une victime et puis je vais faire comme tout le monde. « Ouais, t'as vu ce qui m'arrive ? » Donc, comme les conditions extérieures... viennent définir qui je suis. Et là, je me suis dit, non, je suis beaucoup plus que ça. Et donc, j'ai décidé de prendre l'autre voie, qui était plus compliquée. Je me souviens derrière, ce qui était plus compliqué, c'est que je me suis retrouvé à bosser, j'étais tout seul, parce que je n'avais plus 30 personnes. Je me suis retrouvé, j'étais tout seul, je n'étais plus dans mon bureau, mais dans un open space, il y avait d'autres personnes autour de moi. Mais au début, pour l'ego, c'était terrible. J'ai dit c'est pas grave, je reste focus là-dessus. Dans les deux jobs, il y en avait un qui était développé une ligne de produit, on a fait 5 millions en l'espace de 18 mois, c'était un truc qui était extraordinaire. Et le deuxième job, on m'avait nommé responsable de la formation de tous les clients d'entreprise. Et en fait, c'était un vrai cadeau, parce que c'est là en fin de compte que j'ai vraiment identifié quels étaient mes talents. Donc voilà, pour moi, c'est un message aussi que je peux faire passer dans ce podcast, qui s'adresse à tout le monde, j'ai compris à des jeunes en particulier, c'est qu'on ne se laisse pas définir par les circonstances extérieures. Et quand quelque chose est passé, le passé, il est passé, il est derrière, on ne peut pas revenir dessus. Le contrôle Z dans la vie, ça n'existe pas, ça n'existe que sur les ordinateurs. Donc ça veut dire qu'on va devant, et devant on a le choix. C'est un normatrix, c'est pilule bleue, pilule rouge. Soit je continue à faire comme je faisais avant, ou je peux décider d'aller faire autre chose, c'est peut-être l'inconnu, mais en tous les cas, on peut choisir de faire ce que l'on veut.
- Speaker #2
Pour challenger un peu la réflexion, parce que j'aime beaucoup l'idée, c'est, alors je vois aussi ça, on l'utilise à tort et à travers, mais la résilience, le principe de résilience, ce qui est intéressant là-dedans, c'est qu'on part du principe qu'on a des outils de base, et au moment de l'adversité, on les utilise. Et du coup, ce qui m'intéresse, c'est tout ce cheminement. Ça ne vient pas... Alors, il y a de l'intuition, il y a aussi des lectures, il y a aussi des discussions, etc. Et du coup, est-ce que tu pourrais nous dévoiler un peu les outils que tu as réussi à mettre tout au long de ton parcours et qui t'a permis d'arriver à un moment T et de te dire « Ok, je suis en capacité de choisir » .
- Speaker #3
Je pense que ces outils dont tu parles, on les a depuis notre naissance. Quand on parle des accords Toltec, vous connaissez les accords Toltec ? Je pense que vos auditeurs connaissent les fameux 4 accords Toltec. Un accord Toltec, c'est quoi ? C'est un accord. C'est un moment où on dit OK. Ça veut dire qu'un moment dans la vie, on vous propose des choses, la vie vous propose des choses, et on a le choix de dire oui ou non. Et la plupart du temps, les gens ont du mal à dire non. Donc ils vont dire oui, et on accepte, Et ce qui fait qu'au fil du temps, on prend l'habitude de dire toujours oui. Et il y a une phrase, puisque tu les aimes bien Guillaume, c'est quand on dit oui à l'extérieur, on se dit non à soi. Mais l'inverse est aussi vrai. Quand on dit non à l'extérieur, on se dit oui à soi. Et ce qui m'amène à dire ça, c'est que moi j'ai beaucoup analysé les gens qui réussissent. Alors je ne parle pas des gens qui réussissent avec un gros compte en banque, même s'ils en ont, mais c'est des gens qui réussissent dans le sens, dans tout leur domaine de leur vie. C'est-à-dire des gens, ils sont en bonne santé, des gens, ils ont des belles relations de couple. avec les enfants, relations de manière générale. Ils ont une spiritualité, c'est des gens qui sont intelligents, des gens qui savent gérer leurs émotions. Pour moi, la réussite, c'est là-dedans. Et ces gens-là, c'est des gens qui, la plupart du temps, ils disent non. Et ils disent non parce qu'ils ont... choisit dans leur vie ce qu'ils veulent. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas. Donc je ne sais pas si ça répond à ta question, mais en tous les cas, un des moyens de pouvoir se dire en forme de résilience par rapport à l'adversité, c'est se dire que j'ai le choix. Et se dire que j'ai le choix, c'est peut-être se dire mais peut-être que je crois que je n'ai pas le choix et je n'ai pas le choix parce qu'en fait je dis oui à tout. Et si un jour, peut-être même maintenant, la première chose qui va se passer, je me posais la question, je dis oui ou je dis non ? Parce qu'on a le choix de dire l'un ou l'autre en fait.
- Speaker #4
C'est super intéressant ce que tu dis et je pense que ça a beaucoup parlé aux jeunes qui ont trop... On entend beaucoup qu'ils ont beaucoup de choix ou qu'ils se questionnent énormément sur un avenir qui est peut-être moins désirable aujourd'hui ou du moins qui les effraye. Comment toi, à travers ton entreprise que tu as créée, tu arrives à gérer le doute et tu arrives à gérer l'incertitude dans ton quotidien ?
- Speaker #3
Alors, c'est une très bonne question Jérémy. Comme diraient certains, merci de l'avoir posé. C'est une question qui est vraiment excellente parce que les jeunes, et d'ailleurs pas que les moins jeunes, on doute énormément. Et ce qui fait qu'il y a du doute, je pense que là, ça n'engage que moi ce que je dis, mais l'ensemble des médias, les réseaux sociaux, balancent énormément d'informations qui sont plutôt sous l'angle de la peur. Quand on regarde les informations, quand on regarde tout, alors c'est soit la peur, soit c'est la comparaison. Quand on regarde les réseaux sociaux, on a l'impression que les gens qui sont dessus... C'est tout bien, ils n'ont pas de problème, etc. Mais moi, j'ai des gros problèmes. Voilà. Donc déjà, la source, elle est là. D'accord ? Et en fait, moi, ce que j'ai compris et qui marche super bien, et c'est ce que les gens qui réussissent font, c'est... Alors, je ne sais pas si... Je fais juste une parenthèse. Il a raconté une histoire où on avait assis Warren Buffett et Bill Gates. Je ne sais pas si ça vous parle. Je vais le dire en tous les cas à vos auditeurs. Je ne sais pas si l'histoire est vraie, mais en tous les cas, elle est belle. Et on leur avait posé la question, les journalistes leur avaient posé la question, si vous aviez un mot pour dire, expliquer la raison pour laquelle vous avez réussi, ça serait laquelle ? Ils ont écrit chacun le mot sur le papier. Bien sûr, l'histoire est belle parce que c'était le même mot, et le mot, c'est focus. Focus, ça veut dire je reste concentré sur une seule chose. Et en fait, je crois que pour moi, l'une des raisons pour sortir du doute, c'est de se dire, je sais où je veux aller. J'ai un focus. J'aime bien cette phrase de Sénèque qui dit « Il n'y a pas de vent favorable pour un bateau qui n'a pas de port. » Il n'y a pas de vent favorable pour un bateau qui n'a pas de port. Et c'est exactement ça. Pour moi, ce que je m'aperçois qui fonctionne très très bien, c'est quand on arrive à redonner aux gens un objectif qui est rempli de sens et qui leur parle. Et moi qui accompagne aujourd'hui tout type de personnes, la vie m'a emmené des gens qui étaient dépressifs, voire même qui étaient en burn-out. Je fais deux choses avec eux. La première, c'est remonter en énergie. Et la deuxième chose que je fais, c'est qu'ils trouvent quelque chose qui fasse sens. Et après, tu restes focus là-dessus. Ça veut dire que pour sortir du doute, c'est un moment de se dire j'ai mon focus, la direction dans laquelle je veux aller, et cette direction-là, elle ne bouge pas. Par contre, le chemin pour y aller, le comment je fais, ce qu'on appelle la stratégie, la stratégie est un chemin pour y aller, ben oui, ça va évoluer. Ça veut dire que je vais me lever le matin, je vais faire un truc. Puis finalement, il se passe autre chose. Tiens, je n'avais pas vu. C'est peut-être comme ça qu'il faut faire. Donc, j'ai des idées, mais en fait, je me réadapte derrière. Tu parlais de résilience, d'adaptabilité. C'est ça, en fait, pour moi, la définition qu'on en donne. Donc, comment on fait pour sortir du doute ? Notre énergie que l'on a, elle va là où on met son focus. Si je mets mon focus sur les informations au cas de la peur, je vais avoir l'énergie de la peur. Si je mets mon focus sur les réseaux sociaux, il y a de la comparaison, les autres, ils sont superbes. Moi, je suis nul. C'est ce que je vais vivre. Si maintenant je mets mon focus sur quelque chose que j'ai envie de faire, un truc qui me tire, où j'ai vraiment envie d'y aller, ce truc-là, mais pour rien au monde je le lâcherais, ça change tout.
- Speaker #2
Alors tu vois, c'est un peu lié, mais ça va faire la transition avec la suite. C'est quoi un bon leader, du coup ?
- Speaker #3
Pour moi, un bon leader, la réponse immédiate, c'est un leader qui est au service des autres. Le leader, il n'est pas là pour diriger. Pour moi, un bon leader, c'est celui qui est capable d'avoir une vision, donc justement cette fameuse direction dont je vous parlais juste avant. Mais cette direction, il apporte, c'est-à-dire qu'il est cette direction. Tu parlais tout à l'heure, Jérémy, on parlait de dirigeant. Je te disais, il y a une différence entre le dirigeant qui a créé son entreprise, son pourquoi, sa direction, normalement c'est évident, donc il l'est, d'un dirigeant qui est salarié où ce n'est pas forcément la même chose. Un vrai leader. Il hait sa vision, ça c'est la première chose. Et la deuxième chose, il doit être capable de faire tourner le pouvoir. Ça veut dire que le leadership, il doit être capable de laisser d'autres personnes dans l'entreprise de pouvoir y aller. Je fais court, c'est beaucoup plus complexe que ça. Et derrière, lui, son job, c'est de venir pour pouvoir aider les salariés. Et dans les aider, c'est leur dire... de quoi tu as besoin pour pouvoir avancer et de renforcer chacun des employés, des parties prenantes dans l'entreprise en tous les cas, enfin de ces parties prenantes là, de leur dire mais c'est quoi qui te fait vibrer, de revenir à ce que c'est quoi ton pourquoi, c'est quoi ton objectif et en quoi l'entreprise elle peut répondre à ton propre objectif. Et quand on arrive à faire ça dans une entreprise, tu parles d'un vrai leader, le vrai leader quand il arrive à faire ça dans une entreprise, et bien on revient à ce que je vous expliquais tout à l'heure. Vous avez un employé, un salarié, un employé de manière générale, qui peut être soit un ouvrier, soit un chef de production, peu importe, soit même un membre du COMEX. Quand il dit « tiens, l'entreprise, je suis capable de m'épanouir parce que je fais quelque chose qui me tient à cœur » , du coup la personne est heureuse, elle se sent bien. Quand elle se sent bien, elle va être engagée, quand elle est engagée, elle performe. Et si le leader, son job, c'est de servir, il va servir les gens. Automatiquement, les personnes qui sont en contact avec les services clients, avec le client intérieur, ils vont être là pour servir les clients. Et je crois qu'il n'y a rien de tel que d'aller dans une entreprise où tu viens et tu sens qu'on t'écoute, qu'on est prêt à t'aider, qu'on va même au-delà de tes attentes pour le faire. Pour moi, un leader, il est là.
- Speaker #2
Si je peux même donner peut-être une petite image, on voit souvent le leader qui est devant, qui tire son équipe. Or, si je comprends bien ce que tu dis, c'est qu'il est derrière plutôt à les pousser.
- Speaker #3
Alors, pas les pousser, il est dedans. Il est dedans pour les aider. Ça veut dire qu'il joue avec eux. Il est au cœur. Mais ce qu'il veut dire quand je dis ça, ça veut dire que ça nécessite une très grande vulnérabilité. Et la vulnérabilité est l'un des, pas des caractéristiques, mais fait partie des attributs du vrai leader. Le vrai leader, il est capable de dire, écoute, je ne sais pas. Là, je ne sais pas, mais par contre, que toi, tu sais, je t'écoute. Et on va suivre ce que tu vas dire.
- Speaker #2
C'est beau parce que c'est notre sujet actuellement, la vulnérabilité. Et du coup, j'aimerais bien que tu développes. Alors là, c'est par pur kiff, mais je sais que ça va plaire à tout le monde, si on n'arrive à ne pas se faire écraser, si tu pouvais développer un peu plus loin la vulnérabilité finalement. Ça veut dire quoi et pourquoi c'est essentiel ? Et qu'est-ce qui fait aussi qu'aujourd'hui, on l'occulte en fait cette vulnérabilité ?
- Speaker #3
Quand on regarde une entreprise, une entreprise, elle est, si je caricature, ça change beaucoup en ce moment, mais si je caricature... C'est beaucoup des strates hiérarchiques. Et quand on est souvent un employé et qu'on a fait des études, qu'on a un bac plus 5, on est plus prédisposé à monter justement dans ces différentes strates. Quand on pose la question très souvent à des jeunes, même si c'est en train de changer en ce moment, l'ambition justement c'est de monter, parce que quand je vais monter, je vais avoir un meilleur salaire, je vais pouvoir diriger, je vais pouvoir faire beaucoup plus de choses. Ce qui est une bonne chose. Néanmoins, ce qui va... à côté et qu'on voit moins souvent, c'est que quand on monte, on se détache des frontliners, donc des gens qui sont vraiment en contact avec les clients, et on peut vite rentrer dans des habitudes où en fin de compte, on dit de toute façon, c'est moi qui prends les décisions, etc. Une fois encore, c'est en train de changer cette approche qui est top-down, qui était une approche très classique il y a 15-20 ans en arrière, et vraiment en train de changer dans les entreprises pour que ça puisse évoluer. Mais pour répondre à ta question sur la vulnérabilité, L'inverse de la vulnérabilité, c'est que je vais être rigide.
- Speaker #0
Je ne vais pas écouter et je ne vais pas... Je vais donner des ordres aux personnes qui sont autour de moi. Pourquoi ? Parce qu'on est dans une forme de protection. Et quand je voulais parler de dire qu'il y a des personnes qui vont vouloir monter dans la hiérarchie, c'est qu'à un moment, je me retrouve dans un poste quelque part, et le poste me protège un petit peu de tout ce qui peut se passer à côté. Combien de fois on a vu des managers ? Je ne vais pas forcément aller avec le client, puis je vais laisser les équipes y aller parce que c'est un petit peu touchy quand même. Donc la vulnérabilité... Pour moi, c'est quelque chose qui est important, ça veut dire qu'on va laisser tomber des barrières de peur, très souvent, et être capable de dire « je ne sais pas » , être capable de se remettre en cause. Et pourquoi c'est un attribut qui est si important auprès des leaders ? Parce que les leaders, ça les rend accessibles. Ça les rend accessibles à l'ensemble des employés, parce que quand tu es en face de toi, quelqu'un qui est ton boss qui te dit « je ne sais pas, mais explique-moi ce qu'il en est » , et qu'il est capable de s'adapter, alors pas sur tout, Et sur certains aspects, pour se dire, tiens, effectivement, je pourrais me remettre en cause par rapport à ça, comme tu le fais, parce que finalement, je ne suis qu'un être humain, et bien ça rend les gens beaucoup plus accessibles.
- Speaker #1
Ça crée un lien très naturel, en fait, du lien social. C'est peut-être ça aussi.
- Speaker #0
Et ça casse un peu ces barrières. Pour ça que j'aime bien cette idée du leader qui est avec les équipes, il est dedans, il est en contact des problématiques, et son job, ce n'est pas de faire leur place, surtout pas, parce que les gens ont besoin d'autonomie. Mais il est vraiment là pour les aider à faire ce qu'ils ont à faire. Et quand tu as quelqu'un qui vient te permettre de monter à la marche supérieure, tu dis « j'y suis arrivé, on m'a donné un petit coup, mais la fois d'après, je saurais faire en fait » .
- Speaker #2
À quel moment le leader peut prendre conscience, ou tu l'aides à lui faire prendre conscience, que la performance ne suffit plus et que ce n'est plus une question de performance, il manque quelque chose et c'est peut-être là où toi tu arrives justement, où tu vas peut-être insuffler ce qui manque. et souvent Sur le terrain, c'est quoi que tu rencontres ?
- Speaker #0
Il y a des marqueurs, il y a des symptômes. Les symptômes, très souvent, c'est qu'on s'aperçoit que les employés, de manière générale, ils vont faire le job, mais que l'engagement, il n'est plus là. L'engagement, ça va être, on ne m'a pas dit de le faire, donc je ne le fais pas. Alors que naturellement, on sait ce qu'on a à faire, on va y aller. Un autre symptôme qu'on va avoir, c'est que les décisions qui sont prises par les différentes strates, on va parler d'un comité de direction, les décisions ne sont pas suivies. On a tous vécu, quand on est un petit peu en entreprise, ces réunions que l'on va avoir, et puis à la fin il y a des décisions qui sont prises, donc elles sont écrites. Tout est bien fait, on refait un point, je ne sais pas, une semaine, un mois après, on regarde, les décisions, il ne s'est rien passé. Donc ça ce sont des marqueurs, et puis après tu vas voir aussi, tu sens que tu as les gens qui fatiguent. Tu as les gens qui fatiguent, parce qu'en fin de compte, ils avancent, et puis ils se rendent compte que c'est difficile, qu'ils n'arrivent pas à voir les résultats qu'ils devraient avoir. Donc il y a vraiment une fatigue qui s'installe, tu commences à avoir des discussions de café autour, et donc ça, ce sont quelques-uns des symptômes qui montrent qu'à un moment, la performance de ce point de vue-là, elle ne suffit plus, et qu'on a besoin de passer à autre chose. Tu as des priorités qui sont systématiquement remises en cause.
- Speaker #2
Ok, j'allais dire toi, tu es justement, parce que je pense qu'en plus, plus on crée nous-mêmes nos entreprises, plus on est dans... même les auto-entrepreneurs, les micro-entreprises, il y a un moment, je pense qu'il y a des piliers qui sont indispensables pour justement pas être performant, mais aller au bout aussi de notre chemin peut-être. C'est quoi toi, du coup, tes piliers, les piliers indispensables dont tu vas faire très attention à voir si justement tu es bien dans ton équilibre ?
- Speaker #0
Il y a un mot anglais que j'aime beaucoup, c'est « the edge » . « The edge » en anglais, c'est la limite. Et en fait, c'est la limite entre la zone de confort et la zone d'inconfort. Et pour moi, ce que je recherche, C'est être toujours à ce niveau-là. Pour ça, d'abord, ça demande, comme je le disais tout à l'heure, d'avoir un objectif, d'avoir une vision, de savoir pourquoi on fait ce que l'on fait. Ça, c'est l'énergie qui nous permet d'avancer, la direction. Quand ça, c'est aligné, derrière, il faut qu'on avance. Et pour moi, ce que je fais constamment, c'est que systématiquement, je me rappelle pourquoi je fais ce que je fais. Systématiquement, je resterai aligné. Quand je vais faire quelque chose, je me pose la question est-ce que ça c'est aligné avec ce que je dois faire ou est-ce que c'est pas aligné ? Et si c'est pas aligné, je l'enlève, je dis non. Il y a des listes mail par exemple que j'avais à une époque. Régulièrement je regarde, ça ça me servait à l'époque, ça me sert plus. Je me désabonne pour éviter d'avoir un email où j'en reçois je sais pas 10, 20, 30, 40 par jour.
- Speaker #2
Ça c'est un très très bon outil déjà d'une, je le mets directement à utiliser chez les jeunes justement. parce qu'on est... Aujourd'hui, c'est un peu ce que tu disais, on accepte beaucoup. Et ça va de même avec les notifications et le trop, Et donc ça, c'est vrai que c'est déjà un très bon outil.
- Speaker #0
Alors derrière cet outil, pourquoi je parle du Edge ? Parce que le Edge, c'est la limite entre ce que tout le monde appelle la zone de confort et puis donc derrière la zone d'inconfort ou zone de croissance. Mais en fait, la zone de confort, c'est tout sauf une zone de confort. Ça va si je définis un petit peu ce que c'est ?
- Speaker #2
Oui, carrément, tu peux. Nous, on le vit en ce moment et on est très proche de la ligne, donc je vois très bien et je pourrais y aborder peut-être des images, mais avec plaisir.
- Speaker #0
En fait, la zone de confort, comme je disais, c'est tout sauf une zone de confort. C'est une zone de confort pour notre cerveau. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le cerveau d'un être humain, contrairement à ce qu'on peut croire, de notre bonheur, il n'en a rien à foutre. La seule chose qui l'intéresse, Et il a été conçu pour ça, c'est notre survie. Ça veut dire qu'à chaque instant, on a cinq sens pour ça. Ils scannent partout tout ce qui se passe. On ne s'en rend pas compte, mais ils scannent partout. Et puis, ils regardent s'il n'y a pas un truc qui est dangereux. Et dangereux en référence de quoi ? De toute notre expérience de vie. C'est-à-dire que dans l'amidale, sont stockées toutes les expériences qu'on a pu aller. Et les perceptions qu'on a faites de ces expériences à un moment de notre vie, on a dit que c'était cool ou pas cool. Donc, émotionnellement, c'était agréable ou pas agréable. Ça a été stocké quelque part. Et si on voit quelque chose qui arrive et qui dit « Oula, ça c'était comme un truc à l'avant » , c'est « Alam, attention ! » Et c'est zone de confort pour ce cerveau-là. Ça veut dire que derrière, je reste dedans. Et c'est la raison pour laquelle il y a des gens qui sont dans des situations qui sont très compliquées, mais ils sont dans une zone connue. Pour certaines personnes, aller chercher le bonheur, c'est en dehors de leur zone de confort, ils ne l'ont jamais connue, c'est dangereux, donc je préfère rester. Ça peut être hyper paradoxal, mais ça fonctionne comme ça. Et être à The Edge... C'est comment je vais aller chercher, me challenger pour aller à l'extérieur de cette zone-là. Et l'intéressant derrière, ce n'est pas que l'inconfort, c'est la zone où on va grandir en fait. Grandir, c'est progresser, c'est s'améliorer. Et en fait, pourquoi c'est important ? C'est qu'un être humain, pour ça que j'aime tant la nature, notre objectif, ce n'est pas de réussir dans la vie. Notre objectif, c'est de grandir. Parce qu'on fait partie de la vie. Là, le moment où on tourne, on est au mois de mai. On est en plein printemps, on voit que la végétation est en train de sortir, c'est quelque chose qui est absolument merveilleux, elle est absolument merveilleuse, et en fait nous on est pareil. Est-ce que ça vous viendrait à l'idée de dire, si vous faites de la course à pied, vous faites un marathon, on va prendre des grandes distances, tiens, prochain marathon, mon objectif, je vais mettre 20 minutes de plus que le dernier que j'ai fait avant. Vous êtes dans l'entreprise, un chiffre d'affaires, l'année prochaine, vous êtes d'accord, on fait moins 10%. Ça n'arrive à personne, ça n'arrive à personne, donc on cherche toujours plus parce qu'on cherche la croissance, on a envie de s'améliorer. Et en fait c'est ça, c'est comment je vais aller chercher quelque chose qui me challenge, donc c'est faire un truc que j'ai jamais fait, et justement qui va me permettre de grandir. Je reviens en 2008, quand j'ai pris ces décisions, à l'époque je ne le formulais pas comme ça bien sûr, et la décision que j'ai prise à ce moment-là, c'est de dire, je ne vais pas rester dans ma zone de confort en disant, on m'a donné deux jobs, je ne les connais pas, et bien je vais sortir. pour pouvoir aller grandir, parce que c'était un besoin vital que j'avais à ce moment-là. Donc pour répondre à ta question, pour moi c'est ça, le point important c'est The Edge et comment je vais sortir de là pour pouvoir m'améliorer, grandir. Et pour ça on a besoin de faire des choses qu'on n'a jamais faites.
- Speaker #1
J'ai une petite question par rapport à ça, par rapport aussi à la manière dont tu définis The Edge. Pourquoi aujourd'hui j'ai le sentiment, moi personnellement, intimement, qu'on se trompe de croissance ? Et pourquoi on ne va pas dans une croissance qui nous pousse à réussir socialement de mille et une manières différentes qu'économiquement ?
- Speaker #0
Ça dépend à qui tu poses la question. Si tu poses la question à nos grands décideurs, on est dans un monde qui est capitaliste aujourd'hui, donc la croissance n'est que financière. Tu vas poser la question à tous les salariés dans les entreprises, tu creuses un petit peu, ils ne vont pas parler que d'argent. Au début, ils vont dire « qu'est-ce que tu veux ? Je veux plus d'argent, je veux voyager » . C'est la première réponse. Ok, on met de côté, on creuse un petit peu. Et à chaque fois, tu vas arriver sur un truc qui va revenir, si je pouvais tout avoir dans ma vie, voilà ce que je ferais. Et c'est des trucs, maintenant, je ne peux pas, je ne vais pas y arriver. Tu creuses un petit peu au niveau des individus, tu vas toujours sortir avec quelque chose. Et je pense que les auditeurs qui nous écoutent, je vous invite à vous poser la question. Vous mettez, je veux être plus riche, vous mettez de côté aussi, je veux faire le tour du monde, qu'est-ce que vous avez vraiment envie ? C'est quoi qui vous rendrait la personne la plus belle, la plus merveilleuse au monde ? Des fois c'est un rêve, c'est une ambition, c'est une vision, chacun va mettre son mot, mais c'est quelque chose qui est plus grand. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on parle de croissance de manière générale, on parle de croissance de quoi ? On va parler de croissance financière, de toujours plus, de toujours plus, de toujours plus, en allant piller la planète, etc. Parce que c'est un petit peu ce qui se passe aujourd'hui. Mais ça c'est quand on écoute les grands dirigeants, quand ils posent la question au peuple, aux gens, monsieur, madame, tout le monde, c'est pas ça qu'ils veulent. Je ne sais pas si ça répond à ta question, Jérémy.
- Speaker #1
Ça répond vraiment bien à ma question de cette période où quand on a 17-18 ans et qu'on cherche cette quête de sens, de se dire moi, je vais contribuer à quoi ?
- Speaker #0
C'est la bonne, c'est une super question. Et quand on répond à cette question, je ne vais pas dire qu'on a répondu à tous les problèmes, mais tu sais ce que tu veux et moi j'invite en tous les cas les auditeurs de se dire je commence par où ? Je commence par là où j'en suis. Je crois qu'il y a un des meilleurs conseils que je puis dire, que je puisse donner en tous les cas, c'est que, je ne sais pas, tu n'as pas 17, 18 ans, mais quel que soit l'âge que l'on a, c'est de se dire que là où j'en suis aujourd'hui, c'est mon kilomètre zéro. Le passé est le passé. J'ai peut-être pu vivre des trucs qui n'étaient pas cool du tout. On en a tous vécu, mais c'est le passé. Je suis aujourd'hui, c'est quoi mon kilomètre zéro ? C'est quoi mon code base ? C'est quoi l'action que je peux faire demain qui va me permettre de m'emmener là où j'ai envie d'aller ? Et peut-être qu'on est... Ce n'est pas évident de se dire, c'est quoi la grande destination où je veux ? Je pose la question, les jeunes aujourd'hui, ils me disent tout le temps, ils me disent à moi, je ne sais pas. Ça, c'est la réponse, c'est je ne sais pas, La question, c'est si tu savais, ça serait quoi le truc qui te donnerait envie pour y aller ? Et une fois encore, je mets de côté avoir plus d'argent et avoir plus de... Enfin, vouloir faire le tour du monde, c'est vraiment dans cette direction qu'il faut aller. Je crois qu'il y a une manière de fonctionner où aujourd'hui, dans le sens... On fonctionne un peu à l'envers, c'est les verbes être, faire et avoir. Ça vous les connaissez, mais je vais en rajouter un autre derrière. C'est qu'aujourd'hui on est beaucoup dans l'avoir. Je veux plus d'argent, je veux faire ça. Mais ce qu'on nous a oublié de dire, c'est qu'avant de faire, il faut que l'on soit plus. Et si je fais le parallèle avec la performance dans les entreprises, pourquoi la performance à un moment elle devient compliquée, c'est qu'on a des résultats qui sont trop élevés par rapport à qui on est. Et tant qu'il y a un décalage entre les deux, pour pouvoir le combler, on va y mettre de l'effort, on va se fatiguer. Donc la première chose, c'est être plus. Pour pouvoir faire plus derrière, et là quand on est quelqu'un qui est plus compétent, qui a plus de connaissances sur un domaine, il va être capable de faire beaucoup plus, beaucoup plus rapide, beaucoup plus facile. Et derrière, ça va permettre d'avoir des résultats en conséquence. L'argent est une conséquence. Mais on parle toujours du verbe être, faire et avoir, et on oublie un quatrième, qui est le verbe donner. Parce qu'une fois que l'on a, et je pense que c'est ça que beaucoup de gens oublient, C'est une fois que l'on a, ça ne sert à rien de le garder parce qu'un jour on va partir au cimetière, tu as des gens et ils ont plein d'argent, ça ne sert absolument à rien. Le cœur, pour moi, pas du bonheur, mais en tous les cas ce qui rend les gens heureux, c'est le fait de donner. Tu parlais tout à l'heure de donner du sens, d'avoir de la contribution. Donc c'est être, faire, avoir, et une fois que l'on a quelque chose, comment je peux le redonner ? Parce que l'énergie, elle circule partout. C'est comme l'argent, ça circule, elle a besoin de circuler. Donc comment je fais circuler tout ça ? Je sais pas, je vous dis peut-être beaucoup de choses, vous me dites si c'est...
- Speaker #2
Moi ça me fait plaisir parce qu'on l'a eu de différentes manières, parce que les personnes qui viennent sur le podcast justement, elles donnent du temps, elles nous donnent du temps pour ça. Et là de le mettre avec des mots, ça ancre davantage ce que fait ce podcast, qu'on voit plus comme un héritage justement. On l'a vécu effectivement dans le Grand Nord, mais c'est cet héritage qui est important. Et du coup ces mots-là, je les vois plus comme un héritage, je te remercie pour ces mots. Je vais d'ailleurs... avec cette transition toute trouvée de parler d'héritage, on a un petit rituel dans le podcast. C'est qu'on pose la question à l'invité précédent qui va te poser une question qui n'a rien à voir. C'est sa question à lui et on te la pose. C'est quoi être un bon parent ?
- Speaker #0
C'est une excellente question. Pour moi, j'ai l'idée, je suis en train de trouver les mots pour le donner. Être un bon parent, déjà, j'ai presque envie de dire l'opposé. c'est quoi ne pas... de ne pas être un bon parent ou être un bon parent ? Je vais dire un bon parent. Je pense qu'un bon parent, c'est... Première chose, un, ce n'est pas facile, parce qu'il n'y a pas de mode d'emploi. Les jeunes qui écoutent, un jour, vous avez des gamins, le mode d'emploi n'existe pas, donc je peux vous garantir, moi j'ai trois enfants, on fait du mieux que l'on peut. Et le deuxième, ça va mieux que le premier. C'est comme ça pour tout le monde. Néanmoins, c'est quoi être un bon parent ou être un parent tout court ? Déjà, au-delà du fait qu'on est là pour donner de l'amour, Mais c'est quoi donner de l'amour ? Pour moi, c'est aider un être humain à grandir et à se réaliser. C'est-à-dire, c'est le plus tôt possible, et je crois que moi, à l'époque, je n'avais pas trop la conscience de ça, mais je pense que le plus beau cadeau que je pourrais faire à ces jeunes, c'est de leur dire, quand vous avez des enfants, observez-les dans leurs premières années, quand ils sont encore purs, quand ils ne sont pas contaminés par « fais pas ci, fais pas ça » . Et un enfant, il est spontané. Regardez c'est quoi la spontanéité de votre enfant. Et ça, c'est de l'aider à le cultiver toute sa vie, pour qu'à un moment, quand vous allez lui lâcher la main... Il aura peut-être 16, 17, 18 ans, mais qu'il soit autonome et responsable par rapport à quelque chose qui lui correspond. Parce que Jérémy, Guillaume, depuis le début, vous ne cessez de me dire, mais ces jeunes, ils doutent, ils n'ont pas de sens, ils n'ont rien du tout. Donc être un bon parent, c'est peut-être justement aider le gamin, depuis tout petit, c'est quoi son truc à lui ou à elle, pour pouvoir avancer et de se dire qu'on ne fait pas les enfants pour soi, mais on les fait pour aider un être humain à grandir et ensuite à pouvoir apporter autre chose derrière. Pour moi, ce serait ça, un beau parent.
- Speaker #2
Et alors, du coup, c'est à toi maintenant de nous dire quelles questions tu aurais envie que notre prochain invité, sans le savoir, doive répondre.
- Speaker #0
La question que je pourrais poser à votre prochain invité, sans savoir qui c'est, sans savoir qui c'est, vous, vous le savez bien sûr. Je vais le dire comme ça, parce que c'est lié un petit peu par rapport à tout ce qu'on a dit. Qu'est-ce que c'est pour vous la réussite, sans qu'on parle d'argent ? Je sens qu'on parle que d'argent. Je veux pas entendre que la réussite c'est d'avoir tant sur mon compte en banque, même si ça en fait partie.
- Speaker #1
Parfait, la question sera posée. Je suis très content, très curieux d'entendre la réponse de notre prochain invité en tout cas. On a souvent une dernière question qui représente vraiment ce podcast et on te laissera du coup le mot de la fin. Pourquoi c'est important d'être en mouvement et tu interprètes le mouvement comme tu le souhaites ?
- Speaker #0
Pourquoi être en mouvement ? Parce que le mouvement déjà c'est la vie. La seule chose qui ne change pas, c'est le changement. On peut dire ça aussi également comme ça. C'est-à-dire que la vie, c'est le changement. On voit bien les saisons, on voit tout. Donc pour moi, le mouvement, ça fait partie de la vie. Et quand dans les entreprises, on voit les gens qui sont assis toute la journée, donc ils ne sont pas en mouvement. Après, on se demande pourquoi on a des gens qui sont en dépression. Là, on est en train de bouger, on est en train de marcher. On fait bouger nos cellules, on est en énergie. Donc du coup, on a la vie qui nous traverse.
- Speaker #1
Et pour moi, c'est ça. Merci beaucoup Axel en tout cas, avec plaisir.
- Speaker #2
Merci beaucoup pour ce temps passé, cette promenade, ce chemin qu'on a parcouru entre le début de la toute première question. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #3
La balade s'achève ici. Respirez un instant, laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous. Parce qu'ensemble... En avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.