- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour la saison 2 de En Mouvement. Cet épisode est sponsorisé par EPAL. C'est une plateforme du programme Erasmus+, pour les professionnels de la formation des adultes en Europe. EPAL valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors découvrez cette plateforme gratuitement, sans publicité et rejoignez une communauté engagée. Tous les liens sont en description. Merci EPAL pour son soutien et nous, on est reparti.
- Speaker #1
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #2
Alors je suis super content de te retrouver aujourd'hui Nicolas et avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu peux nous dire où on est aujourd'hui ?
- Speaker #3
Bah écoute on est à Lille au parc J.B. Lebas, il n'y a pas beaucoup de verdure à Lille mais il y a un gros parc, la Citadelle, il y a ici mais c'est chouette et puis écoute c'est l'automne donc il y a plein de belles couleurs.
- Speaker #2
Je suis super content en tout cas de découvrir Lille avec toi ce lundi matin. J'aimerais qu'on commence par le record que tu as effectué en 2023, à savoir le GR34. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le GR34 c'est un GR qui fait le tour de la Bretagne par les littoraux. Qu'est-ce qu'il représente pour toi aujourd'hui ce record ?
- Speaker #3
C'est officiellement plus mon record parce qu'il a été battu il y a quelques mois par Eric Mais très content parce que c'est un champion du monde de trail Et on n'avait pas du tout non plus la même façon d'aborder le... L'histoire, mais elle représente beaucoup de choses pour moi. Moi, je suis nordiste de base, donc je suis hyper content de ta cuillère à Lille. Mais la Bretagne, c'est devenu un peu ma deuxième région de cœur de ce fait, parce qu'avec ce record et toute cette aventure qui n'était pas juste un record loin de là, ça m'a pas mal marqué cette éco-aventure en Bretagne, parce qu'en termes d'équipe, en termes de rencontres, en termes de plein de choses qui se sont connectées, c'était incroyable.
- Speaker #2
Et avec le recul, tu... Tu pourrais nous dire comment tu as réussi à sensibiliser, je crois que tu voulais sensibiliser aussi le grand public à la protection des littoraux. Est-ce que tu peux nous en dire plus à ce sujet ? Comment tu as réussi à attirer peut-être aussi le regard des médias ?
- Speaker #3
C'était un peu la... De toute façon on est toujours dedans, la deuxième phase du projet, mais en fait il y avait la phase, comment dire, pendant, où pendant l'aventure en gros moi je ne pouvais pas intervenir tous les jours dans les écoles, ce que j'ai habituellement fait sur toutes les autres éco-aventures. Donc là c'était Charlie qui est tous les jours en vélo. à aller dans les écoles. Donc ça, on avait déjà cet impact-là sur le terrain parce que moi, j'ai toujours essayé d'utiliser des aventures et des performances sportives pour faire parler les sujets. Donc là, c'était vraiment l'objectif aussi, en utilisant Hardcore, en faisant venir les médias, etc., de parler justement de ce qui est en train de se passer sur les littoraux bretons, mais un peu partout d'ailleurs, en France et ailleurs, avec la montée des eaux. Et la deuxième phase, c'était vraiment le film qu'on a fait qui se nomme Notre Record. Et ça, c'était vraiment le gros temps 2 de cette aventure. C'était de faire un film grâce à Jérôme Abbasque. qui justement permettent de mettre en lumière tout ce qui se passe à travers une aventure sportive, mais tout ce qui se passe sur les enjeux environnementaux au niveau des côtes. Et donc voilà, il y a toute une histoire qui a été faite autour de ça, et l'impact il est maintenant puisqu'on fait pas mal de ciné-rencontres un peu partout en France, et c'est ce que j'aime souvent dire. En plus moi je viens un peu de la côte, je viens de Valenciennes, donc tous ces sujets-là moi je ne les connaissais pas avant non plus, et notamment quand j'étais jeune. Et l'idée avec ce film justement c'est d'aller dans les territoires où il n'y a pas forcément l'océan. Pour leur montrer ce qui est en train de se passer là-bas, parce que je pense qu'il y a plein de gens qui ne sont pas au courant. Et en Bretagne, on a pu vérifier que les jeunes étaient un peu plus sensibilisés sur ces sujets-là, parce qu'ils sont là-bas, tout comme ceux qui sont à la montagne, ils sont un peu plus sensibles à ce qui se passe à la montagne. Mais ailleurs, en fait, dans les terres, entre guillemets, on n'est pas au courant de tout ça. Donc c'est aussi l'objectif de ce film, de ramener l'océan un peu partout où il n'est pas.
- Speaker #2
Oui, carrément. En plus, là, je suis dans la coproduction d'un documentaire. Est-ce que forcément le ciné-débat c'est aussi une porte à l'ouverture d'esprit et un peu à la poésie qu'on peut amener sur souvent le dérèglement climatique qui peut être pointé du doigt ? Mais est-ce que finalement le faire à travers le sport, ça amène aussi une autre plus-value peut-être et un autre regard pour le grand public ?
- Speaker #3
Ça c'est clair. De toute façon c'est notre credo même depuis le départ avec l'association Univers Sport, au-delà des films, c'est comment on arrive à toucher des gens qui ne sont pas forcément convaincus par ces enjeux-là. Et donc pour ça on aime bien utiliser le sport. Et d'ailleurs sur ces ciné-rencontres et sur par exemple le film Notre Record, on aime bien au départ dans la communication parler de la performance sportive, des beaux paysages que les gens vont voir parce que Jérôme fait des images incroyables en drone etc. Mais sans dire qu'on va parler des enjeux environnementaux parce que sinon c'est très bien que les gens vont se dire ok encore un film d'écolo je vais pas le voir quoi. Et donc comment on fait un peu le cheval de Troyes ? Et c'est vraiment notre stratégie, c'est que dans la salle justement il n'y a pas que des gens qui viennent parce qu'ils sont engagés mais parce que justement c'est une performance sportive, c'est des beaux paysages. Et puis nous on croit beaucoup aussi au nouveau récit et pour le coup je pense que c'est ce que Jérôme aussi a réussi à faire dans le film c'est qu'il y a beaucoup d'émotions et moi je crois de plus en plus maintenant avant j'étais très impact carbone, calcul d'empreintes carbone etc à me dire ok il faut dire aux gens de faire ça pour se bouger je pense qu'il y a des gens que ça a... mais clairement je pense que sinon on emporte aussi plus les gens par les émotions, parce qu'on peut vivre en soi pour faire bouger sur ces enjeux-là.
- Speaker #2
Ok, je suis complètement d'accord avec toi. Si on se concentre un peu sur toi et ta pratique sportive, comment s'est construit le sport dans ta vie et qu'est-ce que ça représente aujourd'hui dans ton quotidien ?
- Speaker #3
Le sport c'est un gros fil rouge dans ma vie. Au départ, c'est un peu ce qu'on rencontre dans le deuxième film, les 100 marathons vus du cœur. Moi, à la base, je suis handballeur. J'ai fait 20 ans de hand. Je suis un ancien obèse, puis anorexique. J'ai eu pas mal de problèmes de poids quand j'étais jeune, quand j'étais gamin. Jusqu'en quatrième, j'étais obèse. Et puis après, j'ai fait de l'anorexie et j'ai toujours eu du mal à trouver un équilibre. Mais le sport, justement, m'a construit sur tout ça, m'a permis justement de rééquilibrer un peu ça. Et donc, beaucoup de hand. Après, la course à pied, c'est venu... Après parce que moi j'ai travaillé dans l'événementiel sportif aussi, donc tout tournait vraiment autour du sport, c'est là aussi où j'ai commencé à travailler. Et c'est après justement en continuant à courir, à me rendre compte que j'étais quand même fort résilient, que je pouvais utiliser mes jambes pour parler des enjeux environnementaux. C'est après une grosse claque en 2019 où je me suis dit ok, maintenant je vais arrêter de travailler dans le sport business, dans l'événementiel sportif, mais je vais essayer d'utiliser le sport autrement. Pour moi, ça a été d'utiliser mes jambes. Et écoute, je suis parti sur un premier tour de France en courant. Ça s'est lancé. Mon corps a plutôt bien réagi. Et ouais, maintenant, j'utilise mes jambes pour faire passer les messages.
- Speaker #2
En tout cas, c'est hyper intéressant aussi que tu as rencontré certaines épreuves durant ta jeunesse. Je pense que ça va beaucoup parler à nos auditeurs. Si on se concentre sur le sportif aujourd'hui, comme il est vu dans notre société, souvent on parle de performance aujourd'hui. Est-ce que tu penses qu'un sportif professionnel doit forcément ou doit s'engager par rapport à un avenir plus durable ?
- Speaker #3
C'est dur de leur, entre guillemets, imposer ça, mais je pense que ce qui est sûr, c'est que le sport de haut niveau, il est souvent pointé du doigt pour plein de choses, et dès qu'il y a quelque chose qui se passe dans le sport de haut niveau, notamment les sports très médiatiques, ça a une grosse ampleur. Le foot, c'est un exemple très concret. Le foot, c'est devenu plus qu'un sport, c'est sociétal. Dans plein d'autres sports, c'est sûr que les sportifs ont un devoir d'exemplarité. Quand on prend les sportifs de haut niveau, Ceux qui sont les plus aimés, il y a eu Yannick Noa pendant des années.
- Speaker #2
Ils sont admirés.
- Speaker #3
Oui, c'est ça, ils sont admirés. Ils sont des fois plus forts qu'un chef d'État en termes de notoriété. Donc c'est sûr que si eux, ils font passer les bons messages, ça va nous permettre d'emmener plus de monde. Donc oui, je pense que les sportifs et les sportives de haut niveau, ils ont quand même ce devoir de se renseigner sur ce qui se passe et de ne pas raconter n'importe quoi. Parce que justement, dans ce qu'on dit, après, il ne faut pas non plus leur mettre la pression. Parce qu'ils ont aussi... Enfin, si on parle des enjeux climatiques, typiquement, c'est hyper compliqué. Parce que... Il y a eux et puis après il y a toutes les instances sportives, si on parle des transports par exemple. Mais par contre je pense que les sportives et sportifs commencent à comprendre, pas forcément sur les enjeux climatiques mais sur les enjeux de santé justement, parce qu'on leur impose des calendriers de plus en plus difficiles et donc en gros il y a de plus en plus de blessures. Et en gros ils ne maîtrisent même plus leur sport, c'est-à-dire qu'on leur dit de faire des choses parce qu'il y a les médias et parce que c'est les droits télé qui sont là, à jouer dans des trucs invraisemblables. Le dernier exemple en date je crois c'est justement si on parle de deux joueurs de foot. qui jouent en Italie, en fait ils vont jouer à un derby, on leur demande de jouer à un derby en Australie. Et là justement dernièrement ils ont dit mais en fait c'est quoi la logique, on joue à un derby, nous on veut jouer avec nos supporters etc. Et niveau santé, niveau récupération, on est déjà saturé avec les équipes internationales. Ils n'ont pas parlé des enjeux climatiques, mais par contre ils ont dit par contre niveau santé c'est n'importe quoi quoi. Et donc ouais on voit quand même qu'il y a des choses qui bougent par rapport à ça, donc ouais ils ont quand même un fort pouvoir d'influence.
- Speaker #2
En plus ce qui est génial avec la santé c'est qu'on a quand même une prédisposition égocentrée. finalement, ou c'est pour ses intérêts à soi et finalement ça peut aussi faire passer les bons messages à plus grande échelle
- Speaker #3
Sur ça, je te rejoins complètement et c'est pour ça que nous avec l'ASSO, on vulgarise de plus en plus justement ce concept d'une seule santé qui relie la santé humaine à la santé environnementale et la santé animale parce qu'en fait on se rend bien compte que ça c'est les pigeons C'est pas grave,
- Speaker #2
on en a l'air sûr, c'est fait pour
- Speaker #3
Et on se rend bien compte qu'en fait les gens, quand tu leur parles de sport planète depuis le départ avec Univers Sport on parle de sport santé planète Mais on avait du mal quand même à relier au niveau des enjeux sport santé Et là le concept d'une seule santé depuis qu'on le regarde Qu'on essaie de vulgariser on a bien compris Mais c'est sûr que ouais On se rend bien compte que les gens Ils vont peut-être déjà plus agir pour leur santé Parce que s'il y a de plus en plus de cancers, de maladies rares et tout Parce qu'en effet c'est dans leur chair Ça les touche plus Et donc ouais on est tous des êtres égoïstes Entre guillemets c'est ce qu'on dit Dans les égos il y a un livre de Guillaume Martin qui en parle pas mal Le cycliste Et donc, c'est sûr que je pense qu'on aura au moins tendance plus à se bouger pour notre santé. Et la planète, ça viendra naturellement puisqu'en fait, tout est relié.
- Speaker #2
De toute façon, on aura l'occasion de reparler un peu plus tard dans le podcast de ce concept de One Health qui est peut-être inconnu pour le grand public, mais qui est finalement peut-être un très bon levier pour s'engager et comprendre comment notre planète fonctionne et finalement aussi l'espèce humaine. Est-ce que tu penses qu'aujourd'hui, pour être entendu par les médias, on se sent ou on est obligé de faire un exploit en tant que sportif ?
- Speaker #3
Très bonne question. Je pense que malheureusement oui. Moi typiquement, quand j'ai fait les 100 marathons en 100 jours pour le climat en 2022, je l'ai fait et le record du GR34, je les ai fait justement parce que je savais que ça allait certainement avoir des échos. Et donc c'était comment tu utilises une performance sportive justement pour faire parler. Et je dis souvent d'ailleurs que c'est antinomique ce que je dis parce que je dis aux gens de ralentir, mais à l'inverse moi je fais des records. Mais justement c'est pour essayer de faire porter cette bonne parole entre guillemets, d'utiliser des performances sportives. Et c'est ce que je dis, si j'étais parti faire un tour de France en vélo tout seul, Ça aurait certainement eu moins d'écho que faire ses 100 marathons en 100 jours. Souvent d'ailleurs, maintenant, je suis plus catalogué 100 marathons en 100 jours. Même le record du GR34, il ne parle pas à beaucoup de monde, mais 100 marathons en 100 jours, dans la tête des gens, ça percute tout de suite. Donc oui, je pense qu'utiliser une performance, ça fait parler les sujets. Après, je pense que justement, dans nos histoires d'aventure... C'est un peu compliqué parce que c'est ce que j'essaye en tout cas de montrer peut-être aux aventuriers qui sont moins éco-aventuriers. C'est quoi là par contre des aventures ? Il y en a dans tous les sens, les gens veulent tous se prouver des choses en partant sur des aventures. Et il y a des gens qui font des trucs sans réfléchir. Le dernier exemple que j'ai par rapport à ça, et c'est très bien parce qu'il dit aux gens de faire du sport mais d'orient louver. En tout cas qu'il donne l'exemple à plein de gens de dire ok c'est cool de courir, il faut courir et je pense qu'il fait courir un maximum de personnes. Mais qui à l'inverse fait les 7 majeurs, donc les 7 marathons. dans l'année et qui défend par exemple, enfin je sais, qui défend la lutte contre le cancer etc. Et c'est génial. Mais en fait le problème c'est qu'on est... En gros il se pose pas la question de lui du coup quelle incidence ça a au final sur le reste en termes de... Même sa santé tu vois, le fait que la pollution des avions etc. Enfin tout ça au global ça montre un modèle qui est pas forcément vertueux. Même si à la base, en tout cas si on parle de sport santé, c'est un mec qui peut motiver des tas de gens, qui est positif dans sa communication, qui est très suivi. Et donc ouais je pense qu'il y a... Il y a aussi une démultiplication d'aventures où il faut quand même se poser la question de son impact.
- Speaker #2
Ouais, je te rejoins, je te rejoins complètement. Si on revient un peu sur ton aventure de ces 100 marathons en 100 jours, pendant ces 100 jours, qu'est-ce qui se passe dans ta tête au fil des jours ?
- Speaker #3
Euh... Plein de choses. Dans la tête déjà, il y a un truc dont j'aime bien parler à chaque fois, c'est la visualisation. Moi, c'est ce qui m'a beaucoup, beaucoup aidé sur toutes les aventures. C'est, enfin, dès le premier jour, dès le premier marathon, d'imaginer déjà l'arrivée. Alors, ça peut paraître fou, mais en tout cas, ça me permettait d'avancer tous les jours. Et en fait, ce qui est un peu étrange, c'est que c'était vraiment les 20 à 25 premiers jours qui étaient les plus compliqués. Mais après, en fait, ton corps, il normalise l'effort. Et pour moi, c'était comme si j'allais au boulot tous les matins, faire ma petite marche alors que je faisais 42 bornes. Mais aussi, au fur et à mesure d'avancer, de me rendre compte aussi quand même de la chance que j'avais d'être reçu tous les jours chez l'habitant, parce qu'on dormait chez l'habitant, d'être avec Jérôme qui filmait tout ça avec son vélo, d'avoir des gens qui allaient sur le vélo de matériel. Et en fait, au fur et à mesure, aussi des jours, je me rends... compte aussi que moi je suis souvent assez je suis pas du tout stressé comme garçon et j'ai tendance à penser que le positif attire le positif, là ça m'a appris pas mal de choses, c'est qu'en gros quand tu crois à quelque chose il y a plein plein de choses qui se mettent en place et des solutions qui arrivent, comme des petites étoiles qui tombent du ciel entre guillemets je suis pas cartésien mais en tout cas je crois moins peut-être à tout ça et au final j'ai beaucoup appris sur ça parce qu'il y a plein de choses qui sont arrivées que je maîtrisais pas du tout De gens qui s'occupaient en off de plein de sujets sans que je le sache. Si je rencontre la ministre des sports à un moment donné, c'est parce qu'il y a quelqu'un dans l'ombre que je ne connais même pas. Au fur et à mesure des jours, tu deviens quand même plus fort, même si tu es fatigué physiquement. Et puis toutes ces rencontres tous les jours dans des écoles, c'était aussi l'intérêt de ce projet. Et donc moi, c'est ce qui me motivait. A chaque fois, mon objectif, tous les matins, c'était d'arriver dans une école, d'arriver dans une association, faire des sensibilisations, les rencontrer, échanger avec eux, bouger avec eux. Donc c'était hyper fort.
- Speaker #2
C'est une aventure humaine qui t'a marqué au fer rouge. Et on peut avoir le sentiment que tu cours seul ou que tu te retrouves dans une bulle qui est la tienne. Mais finalement, tu n'es jamais très très loin des relations sociales, des relations humaines, de la rencontre d'une manière générale.
- Speaker #3
Ouais, de toute façon, je me suis plus retrouvé seul en rentrant. que durant l'aventure, parce que l'objectif de cette aventure, justement, c'était de... Ok, moi, je courrais, mais c'était d'être toujours un maximum accompagné. C'est pour ça qu'il y avait le vélo de matériel. Donc, non, c'est sûr que, socialement, ça a été hyper riche et que tu apprends beaucoup de toutes les rencontres que tu fais.
- Speaker #2
Du coup, est-ce que tu cours aujourd'hui pour fuir peut-être un monde qui nous échappe ou pour te retrouver, toi, dans ta bulle, dans qui tu es ?
- Speaker #3
Je pense que ça dépend des moments, mais... souvent quand je cours c'est un peu mon échappatoire parce que sinon j'ai tendance des fois aussi à être un peu trop connecté notamment sur mon téléphone quand je cours, en tout cas quand je pars sur une aventure comme ça je le prends comme un travail parce qu'en fait j'y vais pas juste pour courir et j'y vais pas juste pour mon ego personnel parce que je dis souvent, je pense qu'il y a plein de gens qui font des aventures pour se prouver des choses moi je pense réellement que j'avais pas besoin de me prouver des choses par rapport justement à ce que j'ai vécu quand j'étais jeune je crois que j'ai vécu pas mal de choses mentalement quand j'étais jeune qui m'ont bien fait avancer et non je pense que c'est C'est vraiment moi ma façon de porter le message sur les enjeux environnementaux, sur les enjeux sanitaires. Ça c'est peut-être des fois un peu, pas un peu dérangeant, mais je m'en sers des fois plus en aventure quand justement je pars tout seul avec mon sac, mais que je ne construis pas tout un projet autour où là je me sens vraiment tout seul et libre. Alors que quand je pars sur une éco-aventure, c'est plutôt, je me mets vraiment en mode, entre guillemets, travail impact. C'est plutôt comment on arrive à maximiser l'impact qu'on va avoir et toucher un maximum de personnes.
- Speaker #2
Finalement, ça fait un lien naturel avec l'association que tu as décidé de créer il y a quelques années, Univers Sport. et où tu parles justement de cette notion One Health. Avant qu'on rentre dans les détails de ce qui t'a motivé à créer cette association, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #3
Du coup, c'est vrai que je ne l'ai pas fait. Nicolas Vandenelskijn, du coup, moi j'ai 33 ans. Comme je te l'ai dit, je suis originaire du nord, du Vieux-Condé à côté de Valenciennes.
- Speaker #2
Quel serait ton métier aujourd'hui finalement ? Comment tu organises et tu passes le plus clair de tes journées ?
- Speaker #3
J'aime bien dire que mon métier, c'est fondateur de l'asso Univers Sport. J'aime bien ce nom-là parce que ça met la mise en mouvement dans l'action, l'acteur. J'ai de la chance d'avoir reconstitué mon propre métier. Et je ne le pensais vraiment pas quand, en effet, en 2021, j'ai commencé à réfléchir à ce premier Tour de France en courant. Au départ, un peu seul. Et puis au final, on s'est dit, OK, on va... On va créer une asso au fur et à mesure de réaliser des petites actions dans la région de France. En gros, à ce moment-là, on se rendait compte qu'il n'y avait pas forcément d'asso qui utilisait le sport pour sensibiliser sur les enjeux environnementaux et sanitaires. Et donc, mon métier, c'est créer au fur et à mesure de ces aventures, des rencontres. Tous les jours, maintenant, au-delà des aventures, je gère tous les mécénats de l'association, je gère nos interventions, là on gère la structure aussi de toute l'asso qui est en train de se développer. Donc je dirais que je suis un peu un couteau suisse. Disons que je suis même plus à l'aise. Ce qui est dur pour moi justement, c'est d'être posé. Donc c'est ce qui est dur peut-être en ce moment, parce que typiquement 2025, c'est la première année où je n'ai pas fait d'aventure. Je dirais que j'ai de la chance parce que moi, je suis quelqu'un qui est plutôt dans les idées, moins dans la structure et j'ai de la chance d'être bien entouré dans l'assaut. Donc voilà un peu, mais j'ai un quotidien qui bouge tout le temps.
- Speaker #2
Pourquoi tu as créé du coup Univers Sport ? J'ai cru comprendre que c'était à la suite d'une aventure sportive que tu avais décidé de mener. Et aujourd'hui, c'est quoi l'émission ? C'est quoi l'actualité de ton association ?
- Speaker #3
On l'a créée juste avant de partir sur la première aventure en 2021. Parce que justement, en gros, j'étais censé partir sur mon premier Tour de France en août 2021. Je ne dis pas de bêtises. Enfin non, en mars, c'est ça. Et en gros, j'ai dû décaler en août parce qu'il y avait eu la quatrième ou cinquième vague du Covid. Je ne sais plus trop. On avait commencé, du coup, avant que je parte sur mon Tour de France, à faire des petites actions dans la région de France. Et au final, on a vu que ça prenait de l'ampleur, qu'il y a des gens qui venaient, qui a été... en tout cas qui voulait porter les messages avec nous, donc c'est pour ça qu'on a créé l'asso. Et en fait, après mon premier tour de France, après je pars sur mes 100 marathons en 100 jours, la plus grosse victoire justement c'était de se rendre compte que pas mal de gens prenaient l'association, ils la prenaient pour eux quoi, et qu'il y avait plein d'actions qui se réalisaient, et que moi j'avais pas forcément besoin d'être là. Je raconte souvent une anecdote sur ça, c'est que ma mère à chaque fois elle me dit « Mais comment tu fais pour être là ? » Je dis en fait « Mais maman, je suis pas sur toutes les actions de l'association là » . Là, ça se met naturellement en place. Donc, notre but, en fait, avec l'association, c'est... Depuis le départ, on parle de sport, planète, santé. Et c'est de se dire, OK, si on ne fait que des événements qui sont liés aux enjeux environnementaux, la plupart des gens qui viennent, c'est des gens qui sont convaincus. Donc, c'est cool, on se tape dans la main et on est ensemble. Mais comment on essaye d'attirer les autres, de convaincre les autres ? Et ça, c'est le credo de l'association depuis le départ, d'utiliser le sport, d'être sur des événements, peut-être, où on ne devrait pas être, entre guillemets, d'être sur le tour de France cycliste, etc., pour toucher d'autres personnes. Et donc, l'asso, elle a plus de 4 ans. Elle s'est bien structurée. On a eu des hauts, des bas. En 2024, on a voulu fusionner avec une autre asso. Ça n'a pas forcément fonctionné. Donc, on a beaucoup appris de ça. Mais justement, depuis octobre 2024, l'asso, elle a redémarré après, justement, cette petite pause, on va dire, pendant un an. Et non, là, c'est assez fou de voir toutes les énergies qui se mettent en œuvre. Et justement, depuis 2024, de se dire qu'on a vraiment appris et qu'on veut, justement, vulgariser ce concept, une seule santé par rapport à nos activités. Là, on est dans le podcast mouvement, donc c'est en plein dedans. Mais nous, c'est comment, à travers l'activité physique et à travers le mouvement, on arrive à sensibiliser sur ces enjeux-là. Dans les écoles, quand on fait de la sensibilisation, on met en mouvement les jeunes tout en leur apprenant des choses sur les enjeux environnementaux. Là, la grosse actualité de l'assaut, c'est le film « Sans marathon, vue du cœur » qui vient d'être finalisé en juillet, avec lequel on est en train de construire tout un dossier pédagogique aussi, qui sera prêt en début 2026. où justement tout le monde pourra prendre possession du film et même aller au-delà. L'idée c'est que le film soit juste un prétexte et que les gens aillent plus loin sur le concept d'une seule santé pour comprendre tous les liens. Et voilà, la sauce en quotidien c'est, il y a la partie ciné-rencontre, mais il y a la partie sensibilisation dans les écoles, il y a la partie présence sur les événements, dans les collectivités. Donc nous on travaille pas mal avec les collectivités, les écoles. C'est comment utiliser le sport pour toucher le grand public.
- Speaker #2
Ouais, et comment tu... Tu fais aujourd'hui pour vulgariser ce concept « what else » auprès des jeunes. J'ai vu aussi également qu'en ce moment, il y avait un projet qui a été mené avec Pierre Détailleur qui travaille sur le sol. Est-ce que peut-être tu peux utiliser cet exemple du projet de Pierre Détailleur pour nous vulgariser ce concept-là ?
- Speaker #3
Oui, carrément. Et alors Pierre, c'est assez drôle parce que justement, tu se débordes un peu, mais tu parlais des co-anxiétés. Et Pierre, c'est une belle histoire parce que Pierre, il a une histoire de fou. C'est un paratriathlète. Qui est éco-anxieux de base, qui est venu sur les 100 marathons en 100 jours et qui m'avait écrit justement en me disant « Mais Nico, comment tu fais pour rester positif sur ces sujets-là ? Moi j'en peux plus et du coup je suis bloqué, en fait je suis immobile parce que j'arrive pas à me mettre en action. Les fresques ça me saoule, toutes les fresques du climat, etc. » « Il y en a beaucoup. » « Il y en a beaucoup et il me dit bah... » Et donc lui qui est certainement... d'ailleurs plus au courant que moi scientifiquement parce qu'à la base c'est un ingénieur agri qui a perdu aussi son frère malheureusement dans une aventure justement au Canada qui dénonçait les gaz de schiste en 2019, donc il a une histoire assez forte et voilà il voulait savoir comment moi j'arrivais à utiliser, d'être positif pour sensibiliser sur ces enjeux là et donc ouais là je suis content parce qu'au bout de quelques années du coup il s'est lancé dans sa propre aventure Au départ en se disant mais qui je suis entre guillemets pour faire ça ? Bah si en fait Pierre vas-y quoi. Et en effet c'est hyper fort ce qu'il a fait parce que c'est sur les sols. Donc il a fait 20 marathons, 23 jours pour les sols. Et son objectif alors là c'était pas de tous les jours d'aller dans des écoles pour faire des sensibilisations. Mais c'était plutôt d'aller écouter les acteurs des sols. L'ONF, le BRGM pour vulgariser ça ensuite. Donc c'est sûr que là le projet de Pierre il s'inscrit dans un héritage qu'on veut construire. Parce que les sols, ça fait partie d'une seule santé. Les sols, c'est ce qui nous nourrit. Et donc, sa pierre, c'est un bon exemple d'une pierre qu'on va apporter à l'édifice de ce qu'on essaie de vulgariser, une seule santé. Et donc, au global, une seule santé, on essaie de l'adapter à notre activité physique. C'est-à-dire qu'il y a la partie mobilité qui est reliée aussi à la partie santé. En fait, dans la mobilité, ce qu'on veut essayer d'expliquer, c'est jamais simple. C'est le sport et l'activité physique. Souvent, c'est deux choses qui sont un peu différentes. Mais c'est de dire aux gens, en fait, faire du sport, c'est aussi prendre son vélo pour faire... 3 km pour aller à l'école etc. Et ça c'est déjà un élément hyper fort sur lequel tu peux relier tout le concept d'une seule santé parce que dans une seule santé justement, ta santé humaine, si tu te mets en mouvement, si tu fais un peu de vélo etc. tu fais du bien à ta santé. Pour la planète, si tu n'utilises pas d'énergie fossile, si tu utilises des jambes, tu fais aussi du bien à la planète en prenant ton vélo ou en marchant. Et puis après sur la santé animale, c'est pareil, en termes de biodiversité tu la protèges. Et donc on essaye de relier cette santé humaine, santé... environnementales et animales autour de l'activité physique pour faire comprendre ça parce que c'est bien rendu compte aussi ces derniers fin en tout cas en essayant de creuser un peu le concept que c'est quand même un concept assez scientifique en tout cas qui est pas encore assez connu du grand public et où on aimerait bien que les gens quand même les plus en tête pour se dire ok même si je m'en fous de la planète ouais ça me concerne et en fait en faisant du bien à ma santé indirectement je vais faire du bien à la planète même si c'est pas ce que je souhaite au final mais oui dans tous les dans tous les cas j'y gagnerai en fait même si on a une société aujourd'hui qui est très individualisée
- Speaker #2
Encore plus axé sur ce concept d'une seule santé qui fait qu'on est interconnecté, on fait partie d'une planète qui est connectée aux vivants en fait, et on en fait pleinement partie.
- Speaker #3
Et puis je pense que là on se rend bien compte que malheureusement il y a de plus en plus de cancers, ça nous touche tous, dans nos proches etc. Et donc je pense que les gens il faut absolument qu'ils fassent le lien, parce que ça tombe pas du ciel, c'est dans ce qu'on mange, c'est dans ce qu'on respire, donc je crois qu'en effet les gens vont peut-être avoir quand même tendance à se bouger s'ils font bien les liens.
- Speaker #2
Ouais. Je suis complètement convaincu et même avec le projet de Pierre, finalement, c'est comment le sport peut être vraiment donné un message aussi. Peut-être aussi la parole aux scientifiques qui sont trop peu écoutés aujourd'hui. Bien évidemment qu'avec les réseaux sociaux, tout le monde donne son avis, souvent et parfois à tort, sans pour autant écouter les scientifiques sur des sujets très précis et très pointilleux qui sont bien plus complexes qu'on ne le pense.
- Speaker #3
C'est clair, c'est clair. Et les scientifiques, moi je suis hyper content aussi sur les ciné-rencontres, justement, généralement sur les tables rondes. Par exemple, dans la région de France, on fait intervenir le GRECO de France, qui est le GIEC local. Et en fait, les scientifiques sont hyper contents parce qu'ils disent « Nous, ça nous permet de parler à des gens à qui on n'a pas forcément l'habitude de parler en tant que scientifiques. » Donc, c'est mettre nos jambes au service des scientifiques pour les faire parler. Xavier Thévenard en parle très bien d'ailleurs. Souvent, c'est un trailer qui a gagné le profil UTMB, de dire « Ok, moi au moins, je peux peut-être aider à faire parler les scientifiques. »
- Speaker #2
Si tu avais 17 ans aujourd'hui, si on revenait un peu dans le passé, qu'est-ce que tu dirais à un jeune pour que lui, il s'engage en fait ? Comment tu t'engagerais, toi, si t'avais 17 ans ?
- Speaker #3
Tu utiliserais le sport,
- Speaker #2
peut-être sûrement aussi, parce que ça resterait quand même dans ta vie. À 17 ans, c'était déjà dans ta vie, quoi.
- Speaker #3
Ouais, ouais, ouais, je pense que j'utiliserais le sport. Je dirais que... Et d'ailleurs, c'est un peu aussi dans le logo de l'association Univers Sport. Dans notre logo, il y a la trace du pas. Et justement, ce pas en avant, donc c'est en fait juste... Toi qui as 17 ans, n'aie pas peur non plus de justement aller te mettre en mouvement sur ces sujets-là. Ça peut bloquer, ça peut faire flipper tout ce qui se passe avec le dérèglement climatique, se dire « Ok, je suis une toute petite goutte d'eau dans tout ça » , mais ne pas oublier son pouvoir quand même d'agir, parce que dans ton établissement, autour de toi, tu peux mettre en place des choses, en tant que jeune aussi. Tu peux aussi aller interpeller tes élus chez toi, dans ta collectivité. Il y a plein de choses que tu peux faire aussi à ton échelle pour faire bouger les choses. Et ne pas oublier aussi le pouvoir que tu as auprès de tes proches, de tes parents. Parce que nous souvent, même en tant qu'association ou adulte, on est vu un peu des fois comme des moralisateurs en essayant de prêcher la bonne parole. Mais souvent les jeunes ont plus d'impact que nous quand ils en parlent à leurs proches parce que ça vient justement de la bouche des enfants. Donc ouais, n'oublie pas ton impact et n'hésite pas à te bouger. ça te fera du bien mentalement aussi de justement de... De ne pas rester bloqué, mais de bouger, de regarder autour de toi, et puis je pense aussi de créer sa propre aventure aussi autour de chez soi, pour sortir et évacuer.
- Speaker #2
Tu nous as parlé aussi de difficultés que tu avais rencontrées durant ta jeunesse, tu nous as parlé d'obésité, d'anorexie à un moment de ta vie, je pense que malheureusement il y a encore beaucoup de jeunes qui traversent ces moments difficiles, et qui peuvent parfois aussi générer de l'éco-anxiété vis-à-vis d'un avenir incertain. Comment ça t'a construit, toi, dans ton parcours, et finalement la santé mentale, comment tu es arrivé à... à surpasser tous ces événements pour en faire quelqu'un de plus résilient aujourd'hui et peut-être plus fort et encore plus engagé ?
- Speaker #3
Je pense que, souvent je le dis et je ne le prouve pas scientifiquement ça pour le coup, mais typiquement, moi je ne suis pas le plus grand coureur, je ne suis pas quelqu'un qui court bien, mais par contre je pense que dans la tête j'ai été solide parce que tout ce que j'ai eu avant ça m'a construit et je pense que ce que j'ai fait subir à mon corps quand j'étais jeune, ça m'aide certainement à être plus résilient. Pour répondre à ta question, ma jeunesse a été plutôt complexe et même au niveau de ma famille, j'ai une relation très particulière aussi avec mon père. Moi j'ai toujours voulu aller quand même en avant, pas vivre dans le passé. Je pense que c'est important de prendre son passé, mais justement pour en faire une force, parce que tu peux vite te retrouver, tu gambères sur ton passé, t'avances pas, au final du coup en vivant dans ton passé, tu reproduis certainement ce que les gens t'ont fait peut-être subir. Donc non, plutôt essayer de le prendre pour une force. plutôt une faiblesse, même si t'as vécu des choses qui sont vraiment pas cool, te dire ok bah soit à ce moment délicat là cette difficulté, j'essaye d'en profiter pour rebondir et c'est clair que moi jusqu'à la quatrième je me sentais vraiment pas bien c'est un peu, pour moi c'est la la plus mauvaise période de ma vie entre guillemets je me suis vraiment senti exister après la troisième quoi, et après ça j'ai même vécu encore j'ai fait mon rêve, j'étais rentré au Pôle Esport de Dunkerque pour devenir professionnel de hand, mais pareil à ce moment là en fait mentalement je n'étais pas du tout prêt au sport de haut niveau. Je venais de sortir de mon anorexie. Tu es avec d'autres jeunes dans un sport co, mais en fait, c'est chacun pour sa gueule. Et ça, moi, je ne le savais pas avant. Et donc, tout ça, ça te fait beaucoup apprendre et réfléchir sur toi-même. Donc, tu prends du temps d'analyser ça et puis tu essaies d'en faire une force. Tu auras des moments plus compliqués, ça, c'est clair. Je pense qu'il faut aussi réussir à s'entourer, pas hésiter aussi à aller voir des gens. À 17 ans, à l'époque, je me serais plutôt dit d'aller voir... un psychologue, et même quand tu vois bien d'ailleurs d'aller en voir, parce que ça avant c'était pas autant aussi mis en avant. Réussir à malgré tout, malgré tout ce qui peut t'arriver, à te dire ok, j'arrive quand même à en faire une force pour avancer, et pas stagner ou reculer. C'est vraiment en se mettant en action que tu peux réussir à devenir positif, etc.
- Speaker #2
Dans ton histoire, il y a eu un déclic quand même entre ce passage de la quatrième à la troisième, ou c'est venu progressivement, c'est venu de toi, ou c'est venu des autres ? Comment ça s'est fait ?
- Speaker #3
Je pense que c'est venu pas mal des autres, mais plutôt méchamment, entre guillemets. C'est venu de... comment dire...
- Speaker #2
Des relations qu'on peut avoir, par exemple, avec les autres jeunes ?
- Speaker #3
C'est venu au départ d'un mal-être. Jusqu'en troisième, j'étais très mal dans ma peau, jusqu'en quatrième. Et en gros, je me souviens de l'été où j'ai arrêté de manger du jour au lendemain, donc ce n'était pas forcément la bonne technique, je n'étais pas du tout suivi. Et ma mère ne s'en était pas rendue compte. Et je me souviens que quand je suis rentré en 3ème, justement, les autres jeunes m'ont dit « Ah, du coup, t'as fait Koh Lanta cet été » , alors que non, en fait, c'est juste que j'avais arrêté de manger, que j'ai pas réussi à m'arrêter, puis après j'ai été spécialisé pendant 3 mois. Donc non, je pense que c'est plutôt le regard des autres, au départ, qui me faisait pas mal de mal, qui m'a fait agir. J'ai vraiment appris comment fonctionnait la société à ce moment-là, c'est-à-dire que, après, quand j'ai perdu du poids, le regard des autres avait changé, j'attirais plus les filles. Et du coup, j'ai appris à ce moment-là aussi comment fonctionnait malheureusement la société, quand même, qui est une société aussi sur le... sur comment on est, sur l'image qu'on renvoie. Et après, j'en ai toujours un peu rigolé, parce qu'à utiliser plutôt maintenant cette image à l'inverse pour en faire une force.
- Speaker #2
Oui, mais je suis complètement convaincu, et ça ne t'a jamais empêché finalement, à posteriori, de t'engager dans des espaces sportifs quand même assez engageants. Et ça a pris du temps. Ça prend aussi du temps quand on traverse des moments difficiles. Et c'est peut-être aussi le message qu'on aimerait faire passer à nos auditeurs, à des jeunes qui se posent des questions.
- Speaker #3
Ouais, carrément.
- Speaker #2
On a un petit concept avec notre podcast en mouvement. Notre dernière invitée a décidé de te poser une question. Elle ne te connaissait pas, elle ne savait même pas qui on allait interviewer. Et c'était Alice. Alice qui fait partie de la jeune chambre économique d'Annecy. D'ailleurs, je la remercie pour cette question et du coup, je vais te la poser. Est-ce que tu te souviens d'un moment marquant qui a fait un avant-après dans ta vie ?
- Speaker #3
Je dirais qu'il y en a plusieurs, mais si je t'en prends un en particulier... Alors depuis... J'ai plus pris l'avion mais justement de ce passage justement où j'ai arrêté mon boulot en 2019 et où je suis parti en Nouvelle-Zélande, donc à l'autre bout du monde. Et je pense que j'avais d'ailleurs pas fort... Enfin à ce moment-là je pensais que c'était aller à l'autre bout du monde qui me permettait de complètement déconnecter. Mais donc en partant là-bas en fait je me suis baladé, j'ai fait des randos partout et en fait je me suis rendu compte de la chance aussi qu'on avait d'avoir des endroits hyper préservés comme en Nouvelle-Zélande dans des parcs etc. Et ouais c'est à ce moment-là aussi où je me suis dit ok, en prenant du temps dans la nature Je me suis dit, ouais, bah... J'ai plus envie d'agir pour la planète et ça a été un élément marquant parce qu'en fait, c'est là où j'ai fait mon virage à 180 degrés en me disant en rentrant en France, je veux agir, je veux utiliser le sport pour agir. Et donc, c'est là que tout après s'est mis en place. Cette phase-là était hyper importante. Au final, un peu avant le Covid, parce qu'il y avait pas mal de gens que le Covid a marqué, mais vraiment cette phase-là de partir en Nouvelle-Zélande et de prendre du temps pour moi, du coup, d'analyser comment si j'avais envie de donner du sens au global à ma vie.
- Speaker #2
Je pense que j'ai l'impression que tu réponds déjà aussi à ma prochaine question qui était qu'est-ce que tu dirais à un jeune aujourd'hui pour que lui, à son échelle ou dans son environnement, il peut déjà s'engager ? Mais je sens que dans ton parcours, tu t'es aussi beaucoup écouté. Il y a beaucoup de jeunes finalement qui ont du mal à s'écouter, qui ne savent pas forcément comment faire. Est-ce que tu aurais des conseils très très simples, très très concrets pour des jeunes, soit qui sont perdus, soit qui veulent s'engager mais ils ne savent pas du tout comment s'y prendre ? Ça leur paraît un énorme océan, ils sont perdus là-dedans.
- Speaker #3
Ouais. Je leur dirais déjà, et moi je ne me l'applique pas tout le temps, mais prenez du temps pour vous, prenez du temps de sortir dehors sans vos écrans, sans le téléphone justement qui nous bourre d'infos dans tous les sens et je pense que ça c'est un gros problème justement, c'est que les jeunes ont tellement d'infos entre les mains que ça les perd complètement, donc déjà juste sortez de chez vous, autour de chez vous, peut-être une journée, faites peut-être une mini-aventure, découvrez ce qu'il y a autour de chez vous et justement regardez ce que vous avez le plus dans les tripes. C'est quoi qui vous touche le plus Que vous trouvez injuste Sur lequel vous avez envie d'agir Et prenez ce recul là, observez autour de vous Et après ça justement Dites vous ok sur quoi je vais Sur quoi vous vous sentez peut-être plus sensible Et surtout soyez vous même en fait Chacun son histoire Et du coup soyez vous même Et essayez pas de rentrer dans un mood Dans un truc juste par là avec votre hip Par là avec votre coeur, avec vos sentiments Je parle de plus en plus de vulnérabilité. N'hésitez pas, en fait, quand ça ne va pas, à montrer vos vulnérabilités et d'en faire une force.
- Speaker #2
Surtout, en plus, avec l'IA qui est ultra présent et la robotisation de notre société, je pense que cette vulnérabilité fait que nous sommes humains. Et c'est une force qui n'est non négligeable. Tu parlais beaucoup de l'impact des écrans sur ta vie aujourd'hui. Quand tu scrolles pendant minutes ou heures, qu'est-ce que tu fais pour t'en détacher ? Ou comment tu dis, attends, là, il y a un truc qui déconne ou il faut que je fasse autre chose ?
- Speaker #3
Je travaille beaucoup sur ça encore en ce moment parce que pareil quand tu es engagé, tu as toujours aussi envie d'avoir toutes les infos et tout. Et même si tu as l'impression de scroller et que c'est efficace parce que tu apprends des choses, m'en détacher c'est déjà aller courir, aller faire du sport pour bouger et le mettre de côté. Et puis moi je suis un peu extrême comme garçon donc je sais que j'ai besoin de le mettre de côté quand c'est comme ça et j'ai du mal à avoir quelque chose avec moi. Donc souvent j'essaie de m'évader pour ne pas y être connecté ou justement aller dans la nature. et essayer de faire plus en plus de choses avec mes mains, je pense que ça, ça aide aussi.
- Speaker #2
En tout cas, merci Nicolas. J'ai une dernière question pour toi que je pose à tous mes invités. C'est pourquoi, à ton avis, c'est important de se mettre en mouvement ?
- Speaker #3
Je pourrais partir longtemps sur ça. C'est important de se mettre en mouvement parce que je pense que c'est important aussi de se sentir vivant. Et je pense qu'en se mettant en mouvement, on se sent vivant. On sent ce qui se passe dans notre corps, des choses qui se passent bien, des choses qui se passent moins bien parce que tu as des douleurs. Je pense que se mettre en mouvement, en tout cas déjà activement avec ses jambes ou ses bras ou tout ce que tu veux, c'est important. Et aussi parce que justement ça permet de passer à l'action, ça permet peut-être d'être plutôt positif. Et je pense qu'en se mettant en mouvement, ça crée aussi plein d'opportunités, ça crée plein de rencontres. Et en restant tactique, c'est pas là où justement les rencontres vont se faire. Sur tous nos enjeux actuels, que ce soit sociaux, environnementaux, etc. Justement c'est important de se mettre en mouvement pour se connecter. aux autres, parce que c'est sûr que c'est très facile de rester statique dans cette société où tu es sur ton téléphone, tu as l'impression d'être avec les gens, mais où tu n'y es pas du tout.
- Speaker #2
Une société de confort finalement, qui nous conditionne et qui nous fait mettre dans des moules.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #2
Merci en tout cas pour ton témoignage et pour cette petite promenade matinale à Lille. C'était très plaisant et très agréable de découvrir ton parcours et les différentes missions que tu fais avec ton association. Sans le savoir, est-ce que tu aurais une question à poser à notre prochain invité ?
- Speaker #3
Ouais.
- Speaker #2
on va réfléchir à ça tu peux prendre le temps je vais essayer de réfléchir alors je pourrais poser peut-être selon toi quelle est la plus grande émotion qui te fait avancer dans ta vie parfait c'est entendu et on posera cette question à notre prochain invité merci en tout cas pour ce temps tous les deux c'était super et est-ce que tu aurais en quelques mots des informations à transmettre à nos auditeurs sur où te retrouver voir l'actualité de ton association également Merci.
- Speaker #3
Voilà la grosse actualité justement, c'est les ciné-rencontres avec le film Sans Marathon Vu Du Coeur, et là c'est vous dire que tout le monde peut le prendre en main. C'est-à-dire que tout le monde sur son territoire peut faire une diffusion, il y a un guide d'animation, il y a un kit de projection, donc n'importe qui sur son territoire peut le projeter, donc en fait allez sur le site Universport, dans la case film Sans Marathon Vu Du Coeur, et là vous avez toutes les informations pour nous contacter et diffuser le film sur votre territoire gratuitement. Donc c'est en accès libre, c'est open source, profitez-en. Nous le film il n'est pas en accès libre sur Youtube. Parce que nous, notre but, c'est que, par contre, ils soient en accès libre sur Dessiner Rencontres pour que ça crée des rencontres sur les territoires. Parce que je crois qu'on peut vraiment se bouger sur son territoire. Je crois de plus en plus à ça, que ça soit plutôt descendant, que ça vienne de l'État. Non, en fait, nous prenons les choses en main dans nos collectivités. Donc, n'hésitez pas à prendre possession du film et à faire des diffusions et faites-vous plaisir avec.
- Speaker #2
C'est parti pour 120 BPM, on se retrouve en moins d'une minute pour que Nicolas réponde à toutes ces questions. Est-ce que t'es plutôt mer ou montagne ? Euh...
- Speaker #3
montagne.
- Speaker #2
Est-ce que t'es plutôt record ou décret pour la transition écologique ?
- Speaker #3
Décret pour la transition écologique.
- Speaker #2
Écouter son corps ou dépasser ses limites ?
- Speaker #3
Écouter son corps.
- Speaker #2
Seul ou en équipe ?
- Speaker #3
Équipe.
- Speaker #2
Changer le monde ou inspirer quelqu'un à le faire ?
- Speaker #3
Les deux.
- Speaker #2
Silence ou le bruit ?
- Speaker #3
Silence.
- Speaker #2
Méditer avant ou après l'effort ?
- Speaker #3
Pendant.
- Speaker #2
Agir vite ou agir longtemps ?
- Speaker #3
longtemps.
- Speaker #2
Courir pour soi ou courir pour une cause ?
- Speaker #3
Une cause.
- Speaker #2
Podcast ou musique ? Raclette ou fondue ?
- Speaker #3
Ah, c'est dur, raclette.
- Speaker #2
C'est bon. Merci Nicolas. Merci de nous avoir écoutés sur En Mouvement, le podcast pour passer à l'action. Je vous rappelle que cet épisode est à retrouver sur toutes les plateformes, à savoir Spotify. Deezer ou Apple Podcast. On vous invite à partager ce podcast autour de vous si ça vous a plu et on se retrouve très bientôt pour un prochain épisode.
- Speaker #1
A bientôt !