- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue pour la saison 2 de En Mouvement. Cet épisode est sponsorisé par EPAL. C'est une plateforme du programme Erasmus+, pour les professionnels de la formation des adultes en Europe. EPAL valorise des projets européens autour de la santé mentale et du bien-être. Alors découvrez cette plateforme gratuitement, sans publicité, et rejoignez une communauté engagée. Tous les liens sont en description. Merci EPAL pour son soutien. Et nous, on est reparti.
- Speaker #1
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #2
Alors bonjour Gaspard, j'aimerais commencer par une question qui peut paraître un peu bête mais qui me semble fondamentale pour commencer. Comment vas-tu ?
- Speaker #3
Bah écoute ça va bien, ça va très bien. Ces derniers temps là il s'est passé beaucoup de choses mais que du positif là après une période un peu compliquée on va dire ces dernières années. On aura l'occasion d'en parler à mon avis mais ça va vraiment bien.
- Speaker #2
Ok super bah déjà c'est cool de le savoir. Est-ce que tu peux nous expliquer où on est et pourquoi c'est un endroit qui est important pour toi et pourquoi tu nous as donné rendez-vous ici ?
- Speaker #3
Bah du coup là on est à côté de chez moi, c'est dans mon village. Une petite zone à la limite avec la campagne puisqu'on est un peu à l'extérieur de Lyon. Et c'est un endroit que j'aime beaucoup parce que moi j'ai l'habitude de venir me balader ici depuis un moment là, depuis petit. Et aussi ouais j'y pensais hier soir mais c'est le premier endroit je crois où j'ai tourné une vidéo.
- Speaker #2
À tes débuts ?
- Speaker #3
À mes débuts ouais. Donc c'est une des premières vidéos que j'ai fait c'était ici là sur ces pontons.
- Speaker #2
C'était quoi comme vidéo ? Tu te souviens ou pas ?
- Speaker #3
C'était un matin, il avait neigé du coup je devais aller en cours, le bus pouvait pas passer. Donc j'étais avec mon téléphone, ma GoPro, je suis allé... Je suis allé filmer juste la neige au milieu des arbres. Truc début bateau, mais au final...
- Speaker #2
C'était le début.
- Speaker #3
C'est ça, vraiment le tout début. En tout cas,
- Speaker #2
on est super contents. Il y a une éclaircie en plus qui nous illumine le visage. Donc, on est super contents d'être ici avec toi. Si tu devais écrire aujourd'hui la nature en un mot, ça serait lequel ?
- Speaker #3
Ce n'est pas évident, ça. Peut-être ressourçante.
- Speaker #2
Tu saurais nous dire pourquoi ? Est-ce que c'est un mot qui... qui a évolué avec le temps ?
- Speaker #3
Moi, depuis petit, dans la famille, on a toujours été très nature. On a fait beaucoup de choses en nature, que ce soit des balades, du sport. On va beaucoup à la montagne, au ski ou faire des balades. Et c'est vrai que même, je le vois depuis toujours, je me suis toujours bien senti dans la nature. Ça m'a toujours fait du bien. Et du coup, c'est quand même important pour moi d'y être régulièrement. Je vois à l'hôpital aussi, du coup, pendant longtemps, j'étais enfermé. entre des murs d'hôpital, donc de pouvoir se retrouver à nouveau en nature plus régulièrement maintenant, ça fait vraiment du bien. Et du coup, il y avait un grand parc à l'hôpital et moi je sais que j'y passais vraiment énormément de temps pour me vider l'esprit, pour vraiment me changer les idées. Et pour le coup, ça a joué un gros rôle dans ma rééducation, ce parc. J'y ai passé vraiment beaucoup beaucoup de temps comparé à d'autres patients, je vois. Et donc ça m'a toujours fait beaucoup de bien. Donc maintenant j'aime bien toujours m'y balader.
- Speaker #2
Ouais, c'est vraiment un endroit où... Est-ce que ça t'apporte aussi de la créativité par rapport à tes projets ? Ou c'est un endroit où tu vas chercher de l'inspiration ?
- Speaker #3
Ouais, ouais, totalement. Parce que du coup, moi je fais beaucoup de vidéos. Donc ce qui m'a toujours inspiré, c'est la nature aussi. Tu vois, comme je te disais, je suis sorti filmer les flocons de neige. J'ai toujours été intéressé par la nature. Et ça m'a toujours, comment dire, enfin ouais, c'est un peu passionné aussi. Parce que du coup, j'ai toujours bien aimé regarder le coucher de soleil. Même sans le filmer avant. C'est vrai que la vidéo, c'est l'occasion aussi de capturer tout ça, d'immortaliser, de faire quelque chose en plus en étant en nature et de profiter aussi d'une façon différente. Parce que du coup, c'est important pour moi d'être régulièrement en nature et ça m'inspire énormément pour tout ce que je fais. Et là, je vois, le week-end dernier, j'étais à la montagne pour filmer les mélèzes avec les couleurs d'automne. Et c'est un truc que j'attendais depuis trois ans de le refaire. Donc, la nature, c'est quand même une place centrale aussi dans tout ce que je fais, dans toute la créativité que je peux avoir.
- Speaker #2
Et comment tu te sens de te retrouver ici avec nous après ces dernières années qui ont été mouvementées ? Quel sentiment tu as aujourd'hui en te promenant avec nous pour parler de ton histoire ? Dans quel état d'esprit tu es ?
- Speaker #3
Je suis content, je suis content, je suis serein. Ce serait peut-être été quelque chose d'un peu plus challengeant il y a trois ans. Là c'est un peu bouché par là-bas, vaut mieux aller par là-bas. Oui, il y a trois ans j'aurais peut-être été plus timide. Là c'est vrai qu'il s'est passé beaucoup de choses ces trois dernières années, surtout ces derniers temps avec la sortie de la série. Le petit documentaire, je m'ouvre beaucoup plus sur tout ce qui m'est arrivé, sur aussi tout mon état d'esprit. C'est quelque chose que j'ai toujours gardé pour moi et là du coup de finalement le partager un peu au monde, c'est une grosse étape mais c'est cool, ça fait du bien. J'ai déjà plein de bons retours alors qu'on n'est qu'au début. Donc là ouais, faire un podcast aussi c'est la première fois pour moi. Donc c'est cool de pouvoir faire ça aussi en nature pour le coup. Et du coup ouais, très content. Vraiment très content et très heureux.
- Speaker #0
Eh bien écoute, je te remercie de nous faire confiance pour ce premier podcast. Et moi je suis super content d'avoir ton vécu et ton retour. Eh bien écoute, est-ce que tu peux te présenter ? Qui es-tu Gaspard et que fais-tu ?
- Speaker #3
Oui, alors je m'appelle Gaspard Bétinger, j'ai 24 ans. Je suis photographe, vidéaste, pilote de drone, sportif, plein d'autres trucs. Et du coup j'ai eu un accident il y a 3 ans, en 2022. A la suite de ça, je suis tétraplégique, donc paralysé d'une grande partie du corps. Et du coup, j'ai passé les trois dernières années... Alors, deux années à l'hôpital, là je suis sorti il y a un an, donc là c'était un peu le retour à la vie normale, on va dire, cette dernière année. Et là, je commence à nouveau à me lancer dans des projets avec un peu plus d'ampleur, notamment avec la sortie d'un documentaire ces dernières semaines. Du coup, voilà.
- Speaker #0
Il y a effectivement, comme tu le disais, il y a trois ans, pleine ascension sur les réseaux sociaux, tu faisais des vidéos de dingue. Moi, je m'en souviens bien parce que, comme je le disais, je faisais partie de tes probablement premiers followers. Et effectivement, des vidéos de dingue incroyables. Est-ce que tu te souviens un peu de ce sentiment ? Qu'est-ce que ça te faisait ? Est-ce que tu te souviens de cette époque-là ?
- Speaker #3
Je laisse juste passer l'avion parce qu'il y a du bruit.
- Speaker #0
Sinon, on ne va rien entendre. C'est l'avantage d'être en nature, il y a des bruits.
- Speaker #3
C'est vrai, il y a juste l'aérodrome à côté, donc on risque d'être un peu dérangé. Mais les sentiments que je ressentais avec tout ça, j'ai essayé au maximum de les garder en mémoire. Et justement, la vidéo pour ça, c'est un moyen vraiment génial. Moi, je sais qu'à l'hôpital, je regardais régulièrement les anciennes vidéos que je faisais, les choses que je faisais pour me replonger aussi dans tout ça, parce que ça me faisait vraiment énormément de bien. Donc ouais, c'est quelque chose que je n'ai jamais trop oublié. Et maintenant, du coup, avec la sortie de l'hôpital, je m'y replonge à nouveau dans différents contextes. Tu vois, la montagne la semaine dernière. Et même dans la vie de tous les jours, je continue de filmer plein de trucs de mon côté. Donc ouais, c'est quelque chose... Je fais peut-être moins de tournages qu'avant, de tournages pro ou autre. Mais j'ai toujours les mêmes sensations, même si je suis dans un fauteuil encore pour le moment. Donc je suis quand même content d'avoir gardé ça.
- Speaker #0
Et là, donc, si je reviens un petit peu, effectivement, il y a trois ans, tout bascule. Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s'est passé, ce que tu as ressenti à ce moment-là ?
- Speaker #3
Du coup, j'ai eu un accident de parapente. J'étais parti camper en montagne et le matin, je comptais redescendre en volant. Pour ce qui s'est passé, je sais ce qui s'est passé, mais je n'ai pas vraiment de souvenir. J'avais juste une caméra sur la tête, donc j'ai vu la vidéo. Pourtant, je n'ai plus vraiment de souvenir, donc ce sera juste à partir de la vidéo ce que je vais te raconter. mais en gros au moment du décollage je me suis Puis rapidement il y a une rafale de vent qui est venue m'emporter contre une falaise. Donc à la suite de ça j'ai passé la journée suspendu dans cette falaise. Et c'est un garçon qui regardait la montagne le soir vers 17-18h avec son père qui m'a repéré. Donc les secours m'ont récupéré et puis à partir de là je me suis réveillé 3-4 jours plus tard à l'hôpital sans tous ses souvenirs. Quand je me suis réveillé la première chose qui m'a... un peu traversé l'esprit, ça a été peut-être un peu de colère et de culpabilité je dirais parce que j'ai toujours fait vachement attention à ma santé physique comme mentale et du coup quand tu te retrouves dans un lit d'hôpital fracassé en mille morceaux moi je m'en suis un peu voulu presque au début de m'être mis dans cet état et de se dire bah là j'ai complètement abîmé mon corps c'est assez bizarre comme sensation quand tu te réveilles là-bas ça paraît presque un peu irréel même aussi parce que ça c'est des histoires que tu entends chez les autres et tu penses que ça ne t'atteindra jamais. Quand tu as une vie à mille à l'heure, quand tout sourit, tout commence à bien aller. Donc ouais, assez brutal. Mais rapidement, je me suis dit c'est comme ça, il faut faire avec. Et du coup, principalement, avec culpabilité, mais ça n'a pas duré très longtemps. C'était vraiment les premiers instants. Et puis après, rapidement, je suis passé à autre chose. De me dire, c'est comme ça, on avance maintenant.
- Speaker #0
Et quand tu dis rapidement, tu entends quoi par rapidement ? C'était deux, trois mois ? Ou c'était vraiment en une semaine, ça y est, t'étais déjà passé à autre chose ?
- Speaker #3
C'est dur à dire parce qu'au début, mes souvenirs sont très flous, il y a un peu tout qui se mélange. Mais quand je dis rapidement, c'est peut-être quelques jours, même pas. C'est même les premiers instants, c'est un peu la réaction à chaud. Une fois que le premier constat est passé, tu passes à autre chose. Donc non, ça n'a pas duré très longtemps, c'était vraiment rapide.
- Speaker #0
Et tu dirais quoi ? C'est une force que tu avais déjà à l'intérieur ? Pour toi, ça faisait partie de ta vie, ça fait partie de toi, ou c'est quelque chose que tu as dû aller chercher, puiser très loin, pour déjà te dire, c'était presque un élan de vie ?
- Speaker #3
Oui, j'ai toujours un peu réfléchi comme ça, de me dire, si ça m'arrive, il y a sûrement une raison derrière, et du coup, ça ne sert à rien de refaire le passé, il faut juste avancer. C'était un peu déjà ma mentalité avant l'accident, bien sûr, là, c'est venu un peu la mettre à l'épreuve, ce qui s'est passé. Mais c'est quelque chose que j'avais déjà avant. Alors pas sur des événements aussi impactants, mais sur d'autres choses, j'avais déjà pu l'expérimenter.
- Speaker #0
À quel moment tu t'es dit ou tu as envisagé le fait de raconter ton histoire ?
- Speaker #3
Dès le début. À la base, je fais de la vidéo aussi. Je filme ma vie parce que je documente tout ce que je fais. J'aime bien. C'est ma passion. Dès le début, je me suis dit qu'il y a un moment où je vais forcément en parler, que ce soit en vidéo ou autrement. La vidéo, ça me paraissait évident parce que c'est mon métier, c'est ce que j'aime. Ça me paraissait évident que c'était la suite logique du truc de raconter ça d'une quelconque manière.
- Speaker #0
Et parce que tu vois cette... Je pense qu'effectivement, il y a cette notion de raconter. Mais comment tu le voyais ? Est-ce que ça faisait partie pour toi aussi de la thérapie ? Ou est-ce que c'est plus pour toi parce que tu as envie de partager aux autres ? Tu le vois comment, ce documentaire ?
- Speaker #3
C'est les deux, en fait. À la base, c'est vraiment pour moi. C'est pour aussi garder une trace de tout ce qui m'arrive. Puis au final, je me suis rendu compte qu'à l'hôpital, ça a été un support aussi pour... pour avancer quoi, de se dire que tout ce que je faisais c'était filmé, c'était enregistré quoi donc je le voyais un peu comme si j'avais une équipe derrière moi qui filmait mon quotidien et avec toujours en tête que ça allait être un film derrière donc ça pousse aussi à se motiver quoi, pour avancer et du coup ouais pour moi le fait d'avoir en tête que tout ce que je traverse ça allait être potentiellement sur grand écran ou raconté d'une quelconque manière bah ouais c'était par moments, surtout dans les moments difficiles
- Speaker #0
une source aussi de motivation et de se dire un peu comme si tu avais un public même s'il n'était pas là tout de suite qui allait voir ça donc ouais c'est une source de motivation de se dire qu'il ya des gens qui allaient voir et que bah c'est toujours mieux de voir quelqu'un qui se bat plutôt que qui abandonne aussi donc
- Speaker #3
Ça a fait partie de la rééducation et puis aussi, moi, c'est quelque chose qui a pris une grosse place de documenter tout mon quotidien, tout mon parcours. Donc, ça a driveé un peu aussi toute la rééduc' là-dedans.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça s'est organisé ? Parce que moi, ce qui m'intéresse, c'est aussi le processus. Parce que du coup, tu as dû te dire, OK, il m'est arrivé ça et maintenant, j'ai envie de le documenter. Du coup, tu as fait appel à des amis, à des connaissances. Comment ça s'est un peu mis en ?
- Speaker #3
Bah du coup à la base moi... Vu que c'est mon métier, je filme plein de choses de mon côté. Donc dans un premier temps, j'ai énormément filmé comme j'ai l'habitude de le faire depuis des années. Au début, c'était avec le téléphone, sans caméra ou autre, parce que je n'étais pas en capacité de faire plus. Donc même si c'était des audios sur le téléphone, c'était des faces caméra juste avec l'iPhone. Puis après, au bout de quelques temps, j'ai repris une caméra. Je me suis remis à faire des plans d'illustration de ma vie du quotidien à l'hôpital. des exercices, des choses que je faisais. Au bout de deux ans, il y a deux gars qui m'ont contacté pour réaliser un documentaire justement sur mon parcours. Donc eux, ils avaient entendu parler de moi à travers différentes personnes. Donc ils m'ont contacté, à la base c'était un projet pour les cours, ils devaient réaliser sur un an un documentaire. Un des deux gars avait entendu parler de moi et de mon histoire et du coup ça lui tenait vraiment à cœur de la partager, de voir ce que j'avais à dire. Donc c'est venu un peu s'ajouter à ce que moi je faisais déjà de mon côté. Donc il y a un peu deux choses différentes, il y a moi ce que j'ai préparé avec mes propres plans, mes propres réflexions, mes choses que j'ai fait de mon côté. Et là le documentaire n'était pas du tout prévu à la base avec les games, mais au final c'est venu un peu compléter aussi tout ce que moi j'avais pu faire. Ça s'est fait comme ça, au final là ça fait un an qu'on bosse un peu ensemble sur tout ça. C'est vrai qu'eux ils s'occupent beaucoup de la partie, enfin ils gèrent tout, moi je donne juste un peu mon avis. sur les choses mais encore je leur ai vraiment laissé carte blanche sur tout ça donc on s'était prévu une semaine de tournage fin mars puis après du coup toute la partie montage tout ça ils ont géré de leur côté et là ça y est le projet il est enfin sorti ça fait un mois donc
- Speaker #0
c'est cool bah écoute c'est ton moment promo tu peux alors je sais pas quand cet épisode sortira mais il m'a donc là déjà si j'ai bien compris il y a des épisodes qui sont déjà enfin il y a déjà le documentaire qui est sorti en salle Et tu fais un... Tu essayes de faire un tour de France, je pense.
- Speaker #3
En gros, dans l'idée, c'est de le diffuser au maximum de personnes parce que ça peut aider vraiment du monde. Donc, on a commencé avec une première à Paris, forcément, parce que les deux gars sont de là-bas. Ils avaient beaucoup de proches, de familles, d'amis, tout ça. Donc, on a fait la première à Châtelet, là, en plein Paris. Donc, ça, c'était très cool. Moi, du coup, je suis de Lyon, donc j'ai plus de connaissances ici. Donc, on a fait la deuxième, du coup, ce week-end, samedi dernier. à Lyon pour la famille et les amis de mon côté plus. Et là, au final, avec les deux représentations qu'il y a eu, déjà, il y a toujours des connaissances qui connaissent du monde qui seraient intéressés de diffuser le truc de leur côté. Donc, je sais que j'ai été contacté par les hôpitaux à Annecy, par plein d'endroits différents. Même les gens de mon village sont forcément très intéressés. Donc là, il y a une deuxième représentation à Lyon qui se prépare pour fin décembre ou début janvier. Ouais, on se laisse aussi un peu porter par le truc. On ne se met pas de barrière de temps ou de deadline. Et on voit comment ça évolue. On prend vraiment le temps de profiter aussi de chaque représentation. Parce que c'est vrai qu'un an de travail, c'est quand même pas rien. Donc ça fait du bien de enfin voir le... Enfin, pas le bout du projet, parce que c'est un peu le début de quelque chose d'autre. Mais on va dire que toute la partie travail est un peu terminée. Là, maintenant, c'est plus la partie kiff où on partage ça avec tout le monde. Du coup, c'est ça, on se laisse porter. On prend les opportunités qui viennent. Et du coup, on va voir où ça va nous mener. Mais oui, il y a de plus en plus de choses qui se montent. Les prochaines, c'est à Lyon. Il y en a une à Strasbourg aussi, fin du mois. Ce que j'en discutais avant, on va peut-être même faire à La Réunion parce qu'il y a un public là-bas qui serait intéressé. Donc vraiment, on n'est fermé à rien. On se laisse le temps de voir comment ça évolue. Mais c'est sûr, ça va être très chouette. Vu déjà tous les retours qu'on a eus sur les deux premières dates, je suis sûr que ça va aller assez loin. Donc c'est cool.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'il y a une notion qui m'intéresse, tu disais, c'est vrai que t'es plutôt, je sais pas si c'est propre à tous ceux qui font de la vidéo, mais c'est vrai qu'on est souvent un peu introverti et qu'on a envie de montrer aux gens ce qu'on fait et faire passer des émotions. Et là, le fait de maintenant montrer ton travail et d'avoir les retours, t'es dans quel mood ? C'est quoi ton émotion aujourd'hui avec les gens qui regardent ton histoire, avec les retours ?
- Speaker #3
Bah moi je suis super content parce que... Pour remettre un peu de contexte, du coup, j'ai eu l'accident en août 2022. À ce moment-là, j'ai complètement arrêté de poster sur les réseaux sociaux parce que j'avais... plus la force pour ça, puis je me suis concentré à 100% sur ma rééducation et ma santé. Donc là, je suis revenu après trois ans sans donner aucun signe de vie. Et du coup, j'ai eu plein de messages de soutien de personnes qui étaient hyper contentes de me revoir poster des choses. Et même pendant ces trois derniers, j'ai reçu beaucoup de messages de personnes qui se demandaient ce qui m'était arrivé, forcément. Donc le documentaire des gars tourne autour de ça aussi, de cette absence sur les réseaux. Du coup là vu que c'est encore tout récent, ça fait à peine un mois là que je me suis remis à poster des choses, j'ai reçu tellement de messages hyper touchants, d'amour, de plein de trucs. Ça fait trop plaisir d'être en fin de retour aussi, de poster des choses quoi. Parce que ouais forcément pendant trois ans j'ai énormément bossé de mon côté, j'ai préparé beaucoup de choses. Et du coup là de enfin partager aux autres tout ce travail que j'ai gardé secret pendant trois ans, C'est trop cool, je commence à avoir un peu la récompense de tout ça, donc c'est chouette.
- Speaker #0
Magnifique. Tu sais quoi, je pense qu'on va maintenant rentrer un peu plus dans ta tête, savoir ce qui s'est passé. Et là, c'est Jerem qui va s'occuper de cette partie-là.
- Speaker #2
Quand tout s'effondre, quand on rencontre une difficulté qui a été la tienne il y a maintenant trois ans, qu'est-ce qui fait qu'on se relève ?
- Speaker #3
Moi, je sais que j'ai toujours été comme ça, à jamais baisser les bras. Forcément, il y a eu des moments extrêmement difficiles dans tout ça. A la base, j'ai déjà un bon état d'esprit par rapport aux galères, on va dire. Donc rapidement, comme je t'ai dit, les premières émotions passées, je me suis dit, maintenant, il faut travailler, il faut se relever. Après, forcément, au bout d'un certain temps, quand les progrès mettent du temps à arriver, ça met un peu un coup au moral aussi. Puis il y a le verdict des médecins qui évolue avec le temps aussi. Donc, ouais, il y a eu différentes phases, on va dire.
- Speaker #2
Les phases du deuil, d'une certaine manière, en fait.
- Speaker #3
Ouais, c'est... Avec le recul, tu te rends compte qu'il y a eu différentes périodes. Et au début, t'as forcément la partie où moi, au début, c'est là où j'étais presque même le plus motivé parce qu'il y a encore tout qu'il y a à faire, tu vois. C'est le début du truc et c'est là où t'as le plus de motivation. Après, au bout d'un moment, ça... Forcément, au bout de plusieurs mois, quand tu vois qu'il n'y a pas forcément de progrès très visible ou que t'es toujours dans une situation quand même vachement compliquée, c'est là où ça te met un petit coup au moral. C'est là où aussi, justement, comme je te disais, il y a le verdict des médecins qui arrivaient, qui n'étaient pas très réjouissants. Donc même si je m'y attendais un peu, ça ne m'a mis pas très bien. Et du coup, là, ce qui te fait continuer, c'est aussi d'avoir les proches autour. Au bout d'un moment, ça m'a énormément aidé d'avoir la famille. Ils ont toujours été très présents dans l'accident. Donc il y a toute la partie mentale au début qui te soutient. Mais quand ça fonctionne plus, ce qui prend la relève, c'est d'avoir tout le monde autour, je trouve. Et après, une fois cette période passée, justement, là, j'étais dans une nouvelle dynamique où ça allait de mieux en mieux. En vrai, depuis cette période, ça va vraiment bien et j'ai retrouvé vraiment beaucoup de force et de motivation pour continuer. J'ai appris des nouvelles choses aussi, j'ai changé d'état d'esprit forcément. Donc je pense qu'il y a aussi une certaine maturité qui vient avec... Enfin, moi, ça fait trois ans que je suis là-dedans, donc en trois ans, il y a eu le temps de se passer des choses, j'ai eu le temps d'évoluer. Tu te mets à avancer aussi avec des idées nouvelles. un nouveau mental aussi, de nouveaux outils aussi. Donc, ouais, voilà, c'est le mental que j'ai de base qui m'a beaucoup soutenu au début. Ensuite, ça a été la famille, enfin, depuis le début aussi la famille, mais ils ont joué vraiment un rôle important à cette période très compliquée. Et depuis, c'est le nouveau mental que j'ai pu obtenir grâce à cet accident qui continue de me porter.
- Speaker #2
Est-ce que tu dirais que t'as changé ? Je m'explique. Forcément, ce type d'événement t'a marqué en tant qu'homme, mais également en tant que vidéaste. Comment se manifeste aujourd'hui le avant-après accident sur l'homme et le vidéaste, du coup ? Est-ce que tu vois les choses différemment ?
- Speaker #3
Ouais, totalement. Ah, il y a des animaux. Mais, ouais, ouais, bah j'ai... Comment dire ? Je pense que j'ai changé, mais en même temps, pas trop. J'en ai parlé un peu à la représentation, justement, samedi. J'étais quelqu'un, avant l'accident, de très joyeux, très... Je suis toujours été bien, quoi, dans ma peau, quoi. Et du coup, avec cet accident, il y a eu une période... très compliquée là dont je t'ai parlé, où je me suis peut-être un peu perdu, et justement je me retrouvais pas dans qui j'étais à ce moment-là, et du coup une fois cette période passée, je me suis petit à petit j'ai remonté la pente, je me suis senti de mieux en mieux, et je suis redevenu un peu la personne que j'étais avant en termes de bien-être on va dire, même mieux presque qu'avant et du coup maintenant forcément je suis on va dire que je suis redevenu qui j'étais avant mais avec des idées nouvelles avec une maturité nouvelle et je pense que ça va se ressentir dans les projets que je vais faire en tant que vidéaste en tant que photographe c'est des choses avec plus de sens qui peuvent vraiment aider les gens au delà de juste filmer pour des marques et des fois des des choses qui sont très cool à faire, tu vois, t'as des tournages très sympas à faire, mais au final, les gens retiennent pas vraiment grand-chose autre que des belles images. Là, j'ai vraiment envie de faire des projets qui font réfléchir, qui peuvent aider, qui apportent des outils. Justement, ce documentaire, ça en fait partie, tu vois, de partager mon histoire et de pouvoir offrir à tout le monde l'expérience que j'ai pu acquérir à travers ces moments difficiles, c'est un peu la suite pour moi des choses. Et du coup, il se trouve que je fais de la vidéo, je fais de la photo, je sais faire de la communication, donc c'est cool parce que j'ai les outils pour partager ce que j'ai appris. Et j'ai l'histoire aussi pour parler aux gens, donc je trouve que c'est plutôt bien ça.
- Speaker #2
En fait, je trouve ce qui est vraiment bluffant dans ton histoire, c'est que même quand tu as été immobilisé pendant un certain nombre de temps, tu ne t'es jamais arrêté d'être en mouvement et de créer, de raconter. Est-ce que tu as le sentiment qu'il doit nous arriver... Moi, je me pose énormément de questions sur des jeunes qui cherchent à comprendre comment se mettre en action. Est-ce qu'on a forcément besoin d'avoir ce type d'événement très douloureux pour se mettre en action et se révéler au grand jour ?
- Speaker #3
C'est intéressant parce que je me suis renseigné sur beaucoup de choses à l'hôpital. C'est vrai que j'ai noté un peu un point commun qui revient chez beaucoup de personnes, que ce soit des sportives, des artistes ou autres. En tout cas, des personnalités avec une forte histoire. c'est que régulièrement, il y a quand même, enfin systématiquement plutôt, il y a toujours une cassure un peu à un moment, soit un jeune ou même peut-être même plus vieux qui arrive et qui change un peu la direction de la vie de ces personnes. Moi, ça a été l'accident, mais au final, il y a plein d'autres personnes un peu dans le même cas. Ça a été un accident, un burn-out, un événement vraiment marquant, une rupture, quelque chose qui est venu vraiment un peu chambouler tout ce qu'ils connaissaient. Je ne pense pas que ce soit nécessaire pour changer. Pour certaines personnes, comme ça l'a été pour moi, c'est quelque chose qui a eu lieu. Je pense que c'est bien que ça arrive à certaines personnes qui sont en capacité d'en parler pour que les autres n'aient pas à vivre un traumatisme pareil pour se lancer dans quelque chose de nouveau, se rebondir. Ce n'est pas obligatoire, on va dire, mais quand tu es confronté, ça te met un bon coup de boost pour changer.
- Speaker #2
Est-ce que tu as trouvé ton équilibre aujourd'hui ? Suite à l'accident, d'un point de vue du moral, d'un point de vue physique ?
- Speaker #3
Oui, totalement. J'avais une vie à mille à l'heure avant. Quand j'y pense, ce n'était pas forcément un truc, c'était même sûr, ce n'était pas viable sur le long terme. Moi, j'ai fait ça pendant plusieurs mois, mais je suis arrivé à un point où l'accident, ça a été la rupture. Mais si ça n'avait pas été l'accident, ça aurait été autre chose, j'en suis persuadé, parce que j'étais vraiment à un niveau de fatigue physique et je pense aussi mentale, même si c'est des... Je faisais que des projets très cools, mais où d'un moment, le corps a besoin de repos aussi, l'esprit a besoin de repos. Moi, ça s'est manifesté sous la forme d'un accident, mais ça aurait pu être n'importe quoi d'autre. Et c'est pour ça, je pense, que ça s'est manifesté un peu de manière extrême, parce que j'avais une vie aussi un peu extrême. J'étais toujours à droite à gauche en train de courir. J'étais un matin dans un pays, le lendemain, j'allais dans un autre pays, je revenais, je repartais. J'avais jamais de repos, donc ça a été un peu violent, mais je pense que ça pouvait... ça pouvait pas ne pas se passer autrement parce que si j'avais essayé si les choses devaient changer c'était obligatoirement par la manière forte si j'étais plus vraiment à l'écoute aussi de mon corps de mon esprit j'étais toujours plus on va dire et du coup maintenant je sais que depuis l'accident c'est quelque chose sur lequel je fais vraiment attention d'être bien déjà mentalement c'est le plus important d'être aligné peut-être aligné ouais ça va avec ça c'est totalement ça si t'es bien mentalement au final le physique Merci. peu importe comment tu es, tu seras bien en fait. Tout part du mental, donc c'est vraiment l'air du truc, c'est être bien dans la tête. C'est quelque chose sur lequel je fais vraiment attention maintenant. Justement, comme je disais, j'ai commencé à reprendre des projets pros, à me remettre dans une vie moins hospitalière, plus normale, plus dynamique, c'est ça. Je garde vraiment en tête de faire les choses différemment d'avant, de ne plus être constamment surstimulé. constamment dans le toujours plus parce que je veux pas qu'il y ait de nouveau une... Il y en aura peut-être, mais je veux pas qu'il y ait de ruptures à nouveau aussi violentes qui se produisent. Parce que je me suis rendu compte à quel point la santé, c'était important, forcément, avec cet accident. Donc ouais, je fais vraiment gaffe et j'évolue vraiment en gardant ça en tête, d'être vraiment bien dans la tête, bien dans le corps. Et maintenant, je m'autorise beaucoup plus à faire des pauses, même si ça va pas aussi vite qu'avant. La priorité, c'est la santé, quoi. La santé mentale, physique et... Et du coup, voilà.
- Speaker #2
J'aimerais rebondir sur ce que tu viens de nous partager. Est-ce que si tu avais un conseil ou une astuce ou un message à faire passer ? Une personne qui est en train de douter ou qui traverse une épreuve difficile, qu'elle soit d'origine physique ou mentale, qu'est-ce que tu pourrais lui dire que toi tu as appris et que tu aurais aimé peut-être savoir avant ?
- Speaker #3
Je pense que ça va toujours bien aller à la fin. C'est un peu bateau dit comme ça, mais au final, tout bouge tout le temps, tu es constamment en mouvement. Du coup, quand ça va mal, ce n'est pas destiné à durer. Et quand ça va bien, ce n'est pas destiné à durer non plus. Il y a un concept que j'aime beaucoup, que j'ai découvert à l'hôpital, qui s'appelle la mentalité des surfers, je ne sais pas si ça te parle.
- Speaker #2
Non, ça ne me dit rien.
- Speaker #3
C'est un concept qui s'appuie justement sur...
- Speaker #2
Sur les vagues.
- Speaker #3
Sur les vagues, exactement. Un surfeur, en gros, quand il attend les vagues, c'est le calme, il peut se mettre à douter de si ça va fonctionner ou pas. Au final, quand la vague arrive, il est content, il profite, il surfe, mais il garde en tête que la vague va s'arrêter au bout d'un moment et qu'il va se retrouver à nouveau dans ce calme plat où il... Il va peut-être même se ramasser en descendant de la vague. Mais ce n'est pas grave parce que du coup, il profite de la vague, il profite de ce qu'il y a maintenant et il sait que ça va changer. Et du coup, inversement, quand rien ne se passe, quand il est tombé, il sait que ce n'est pas définitif et qu'il y a d'autres vagues qui vont arriver derrière. Et du coup, c'est un concept que j'aime beaucoup, qui montre que tout est constamment en mouvement. Et au bout d'un moment, la roue, elle tourne toujours. Il y a certains moments où forcément, c'est plus long. Ça met plus de temps à arriver, peut-être les bons moments. Et je suis très bien placé pour en parler. Moi, ça fait trois ans que ma vie a complètement changé. Mais là, ça y est, je vois quand même depuis un moment le positif arriver. Après des moments très compliqués. Donc si j'arrive à tirer du positif d'un truc aussi compliqué, c'est qu'il y a moyen d'en tirer dans plein d'autres choses dans la vie.
- Speaker #0
Le conseil, ce serait de s'accrocher, de continuer de croire que du bien va arriver, parce que c'est le cas au bout d'un moment. Et si ce n'est pas bien, c'est que ce n'est pas la fin. Moi, j'ai toujours raisonné comme ça ces derniers mois, ces dernières années. Ça m'a beaucoup porté de savoir que quand tu ne vas pas bien, c'est juste une période, il faut juste s'accrocher. Et voilà, c'est juste un mauvais moment à passer.
- Speaker #1
J'avais aussi une autre image d'une amie qu'elle m'avait donnée il y a quelques temps, quand on traverse un moment difficile. elle me disait que la vie est onde et que tout est onde quand on regarde un encéphalogramme, un électrogramme.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
j'ai un exemple là-dessus.
- Speaker #0
Un exemple très parlant, un peu lié à l'hôpital, c'est que sur les moniteurs cardiaques, tu as les lignes qui font des hauts, qui font des bas. Et quand la ligne est toute plate, c'est que tu es mort. Et du coup, c'est hyper parlant. Ça veut dire que la vie est faite de hauts et de bas et que le jour où ça s'arrête, la ligne est toute stable, toute droite. Au final, la vie, c'est ça. C'est d'avoir un enchaînement de hauts et de bas. Il faut avoir les bas pour apprécier les hauts parce que si tu es toujours en haut, tu ne t'en rends pas compte. Et du coup, c'est vraiment en expérimentant les bas aussi que tu peux apprécier d'être en haut de la vague comme les surfers. Il faut apprécier les bons jours quand ils sont là. Et quand il y a des mauvais jours qui tombent dessus, il faut les utiliser pour maximiser au mieux ton expérience des bons jours par la suite.
- Speaker #1
ce qui est finalement le cas aujourd'hui avec du coup ce que tu as traversé, et du coup est-ce que ton rapport au bonheur il est différent ?
- Speaker #0
Ah ouais totalement, comme je te disais avant l'accident moi je faisais plein de tournages à droite à gauche, c'était des tournages de dingue, c'était des trucs en montagne, dans des hôtels de fous, des voyages de dingue, donc forcément tes standards ils sont assez élevés en termes de bonheur, même si j'ai toujours regardé ce lien aussi avec la nature, on en parlait tout à l'heure, où moi ça me suffisait de passer une nuit à la belle étoile et d'être bien. Mais je pense que j'ai eu tendance à l'oublier sur la fin, avant l'accident. Et du coup, tu es dans la surenchère, tu veux toujours faire plus. Et maintenant, j'arrive à me contenter des choses hyper simples, comme juste se balader là. J'y suis venu ce matin juste pour le plaisir, parce que ça me faisait du bien. Et ouais, mon rapport à tout ça, il a complètement changé. Ça m'arrive tous les jours de me poser, d'écouter juste les bruits environnementaux. Là, tu vois, je parlais, il y avait un oiseau derrière qui piaillait. Et ça, c'est des trucs qu'avant, je n'aurais pas... peut-être pas fait autant attention que maintenant. Et moi, ça me fait vraiment beaucoup de bien maintenant de vivre plus simplement comme ça. Alors, ça ne veut pas dire que maintenant, je suis complètement fermé à tout ce que je faisais avant aussi. C'est très cool. Mais quand on parlait aussi de trouver un équilibre, maintenant, j'essaye vraiment de ne pas oublier ça. Tous les jours, de profiter aussi de cette chance déjà juste d'être en dehors de l'hôpital, d'être capable de me déplacer un peu par moi-même, d'avoir un peu mon autonomie. Parce que quand je suis arrivé à l'hôpital, au tout début, on me... On me tenait une cuillère pour manger, donc je faisais rien du tout. Et du coup, maintenant, le moindre petit truc, c'est une victoire. Et du coup, ça, je le garde en tête et j'espère ne pas l'oublier. C'est aussi pour ça que je fais de la vidéo. Si au bout d'un moment, je vois que j'aurais tendance à l'oublier par la suite, je pense que la vidéo sera là pour me rappeler aussi ce que j'ai traversé et me remettre une piqûre de rappel là-dessus.
- Speaker #1
On a un petit concept dans le podcast. En mouvement, du coup, nos invités posent une question au prochain invité sans savoir qui il est. Et la question de notre dernier invité, c'était, quelle est l'importance du lien social dans ta vie et comment ça se manifeste ?
- Speaker #0
C'est une bonne question parce que du coup, comme je te disais, moi, j'ai passé deux ans à l'hôpital. Et pendant ces deux années, je me suis pas mal renfermé. Dès le début, j'ai toujours été comme ça, de faire les choses de mon côté. Et de dévoiler un peu ce que je faisais qu'une fois que c'était terminé ou bien abouti. Et du coup, même à l'hôpital, quand je suis arrivé, j'ai vraiment vu ça comme un... C'était un projet, tu vois, de retrouver la santé. C'est un projet en soi. Du coup, je me suis dit, je n'ai pas besoin d'en communiquer plus que ça à des amis ou autre. Forcément, les proches et tout étaient au courant. Mais je me suis concentré à 100% dans ça. Et je me suis un peu mis un tunnel à être là-dedans. Quitte à... J'ai coupé un peu le lien social avec les autres. Après aussi au début, il se trouve que j'étais hyper fatigué. Je n'avais pas la capacité aussi de tenir des longues discussions avec les gens, de voir autant de monde, même si ça m'a quand même beaucoup soutenu d'avoir toutes ces personnes derrière. Donc ouais, pendant un moment, je me suis vachement coupé du monde. J'étais dans ma bulle, j'ai avancé à mon rythme. Et du coup, ça a été aussi une rééducation de retrouver le lien social avec des amis aussi. Il y a des personnes que je n'avais pas vues pendant plusieurs années. J'avais même pas trop parlé mais... Ça a été un peu aussi un retour à la normale de recréer des liens avec toutes ces personnes. Et puis du coup, comme je te disais, récemment je me suis remis à poster. Donc pareil, ça ajoute une dimension sociale encore nouvelle. Parce que tous les jours, je reçois des messages de personnes qui ont vu le documentaire, soit qui ont entendu parler de l'histoire ou autre. Donc ça amène à des nouvelles discussions. Moi, ça me sort un peu de ma bulle aussi. Ça fait du bien parce que forcément, au bout d'un moment, tu te mets à ressasser aussi toutes tes idées. Tu es en boucle aussi. Ça fait un peu une bouffée d'air frais. Et là, je prends vraiment du plaisir à partager à nouveau des trucs avec les autres. Là, je vois après la projection, samedi dernier, je suis sorti boire un verre avec les copains. Et tu vois, ça faisait trois ans que je ne l'avais pas fait presque. J'ai dû le faire une fois ou deux, mais à tout casser. Moi, ça m'a aussi... Ouais, ça a été un point important aussi de la guérison, de recréer ce lien social. Mais pour autant, c'était aussi nécessaire pour moi de me couper un peu du monde pendant un certain temps pour avancer. Donc voilà.
- Speaker #1
Je pense que tu vois toujours ce qui se passe sur les réseaux sociaux aujourd'hui, avec des jeunes qui consomment énormément de réseaux sociaux, qui sont très influençables, avec des débats qui sont de plus en plus polarisés. Toi, tu t'es construit aussi en partie quand tu étais plus jeune sur les réseaux sociaux, mais l'accident que tu as eu t'a construit et t'a fait une piqûre de rappel au réel. Quel est aujourd'hui ton regard là-dessus ? Est-ce que tu aurais un warning à donner aux jeunes, ou une attention particulière sur les dangers que cela peut représenter d'être trop ? dans le milieu virtuel et pas assez dans le réel.
- Speaker #0
C'est vrai que les réseaux sociaux, pour moi, c'est une part hyper importante aussi de ma vie, forcément. Il y a beaucoup de choses qui ont découlé du fait que je me mette à poster des choses sur Internet. Forcément, avec un métier dans l'image, c'est directement lié à ça. Et du coup, moi, j'ai toujours, même avant l'accident, gardé peut-être un peu de recul par rapport à ça. J'ai toujours voulu faire des choses différemment des autres. Je voulais pas rentrer dans le cliché des réseaux sociaux où tu vas faire des vidéos uniquement pour les poster. J'ai toujours fait hyper attention à ça, de vraiment faire les choses avec du sens. Pour moi, c'était important avant tout de faire des vidéos pour moi et de les poster, c'était un bonus. Et les photos, pareil. Et du coup, depuis le début, je vois vraiment mon Instagram, mon YouTube comme un peu mon journal. Et à la base je le fais pour partager aussi à ma famille, mes proches, tout ce que je fais. Parce qu'au final il se passait tellement de trucs que du coup c'était des fois plus simple de juste poster une vidéo et qu'ils aillent le voir directement par eux-mêmes plutôt que d'attendre les repas de famille ou quoi. Et quand t'arrives tu te dis ah ouais bah j'ai fait peut-être 30 tournages ces trois derniers mois et ils sont tous plus fous les uns que les autres. Donc c'est dur aussi de tout résumer en quelques mots des fois quand tu vois les gens. C'est un peu, ouais, les réseaux sociaux c'est ma vitrine, c'est un moyen de communication en fait surtout sur ma vie pour mes proches à la base. Après forcément il y a du monde qui s'y rajoute, des gens que je connais pas et c'est trop cool si ça peut leur parler c'est bien. Donc ouais moi je le vois vraiment comme un moyen de documentation plus que de chercher à faire du sensationnel même si ça fait partie du truc quoi. mais à la base c'est vraiment partager ma vie mes vidéos parce que moi ça me fait plaisir. À la base, les premières vidéos que je faisais, tu vois, j'étais ici et je venais juste filmer de la neige qui était tombée. Donc moi, c'est ça que je veux partager. Ça plaît derrière, ça plaît pas, c'est pas que je m'en fiche, mais au final, moi j'aurais partagé ça, même pour moi plus tard, ça m'arrive régulièrement de retourner voir mes anciennes vidéos, ça me fait plaisir de voir que j'ai posté ça, que ça me rappelle des bons souvenirs. C'est vraiment du souvenir que tu matérialises. Je sais pas si je... je peux donner des conseils par rapport à ça, mais c'est de vraiment faire les choses pour toi, et de ne pas tomber dans le piège des réseaux sociaux classiques, de filmer et de poster des trucs pour faire des vues, et voilà, pour avoir de l'influence sur les gens, le but c'est vraiment de se faire plaisir, moi c'est pour ça aussi que j'ai arrêté de poster sur les réseaux sociaux quand il y a eu l'accident, c'est que c'était une partie importante dans ma vie, mais pour autant... C'était pas quelque chose de nécessaire pour moi de montrer absolument tout ce que je faisais. Et du coup, forcément, je garde aussi mon intimité par rapport à ça. Et aussi, je trouve qu'avec tous les tournages que j'ai pu faire ces dernières années, toutes les choses que j'ai vues, j'ai tellement de choses en stock qu'il y a plein de trucs que personne n'a vus encore. Et du coup, même ça ne me dérange pas de les garder pour moi, même si c'est des trucs de fou, des vidéos de dingue. Je suis content aussi de les avoir juste pour moi et ça me... Ça me permet de garder aussi un peu une distance par rapport à tout ça, et de garder un peu les... Bon d'ailleurs pas les pieds sur terre, mais ouais, si un peu, tu vois. Je garde aussi une intimité, même si je fais des trucs assez impressionnants, et je cherche pas absolument à montrer à tout le monde ce que je fais, même si c'est très cool de partager et de pouvoir aussi le montrer aux autres, mais ouais, j'essaye vraiment de garder un peu un... comment dire... d'être aussi cohérent dans ma manière de fonctionner sur internet.
- Speaker #1
Oui, un alignement entre ce que tu veux montrer et des choses plus personnelles et intimes.
- Speaker #0
C'est ça, être aligné, vraiment faire les choses parce que ça me fait plaisir de les faire, pas pour les mauvaises raisons. Et au final, ça m'a plutôt bien réussi parce que c'est ce qui ressort aussi. Pour en avoir discuté avec des personnes, c'est que justement, cette envie de faire les choses différemment et de faire les choses un peu plus originales que... Tout ce qui se fait déjà sur les réseaux sociaux, c'est quelque chose qui ressort quand on parle de mon travail. Donc moi, ça me fait plaisir. Et c'est cool,
- Speaker #1
ouais. Ouais, c'est hyper inspirant. Est-ce que tu aurais une question pour notre prochain invité que tu ne connais pas ?
- Speaker #0
Je n'ai pas eu le temps d'y penser.
- Speaker #1
Prends le temps d'y penser. Si tu as une question, bien volontiers qu'on lui posera lors du prochain épisode.
- Speaker #0
Quel conseil il donnerait à quelqu'un qui ne va pas bien pour continuer d'avancer et d'aller mieux ? À quoi lui il se raccroche pour continuer de trouver la motivation d'avancer et de progresser ?
- Speaker #1
Très intéressant. Et du coup, ça va conclure sur ma dernière question. Pour toi, pourquoi c'est important de rester en mouvement ? ou de se mettre en mouvement ?
- Speaker #0
Il y a une métaphore encore. J'aime bien les métaphores. J'avais rencontré un sage tibétain il y a quelques mois et il nous avait donné un exemple qui était très parlant qui disait, en plus c'est marrant, on est dans un peu un marais, mais l'eau quand elle stagne, elle se met à pourrir et elle est toute vaseuse alors qu'un torrent quand il coule, l'eau elle éclaire. C'est un peu la même chose avec l'esprit, le corps. Quand tu te mets en mouvement, c'est là où les choses avancent et si tu bouges pas, il se passera rien. Donc que ce soit au niveau du physique ou du mental, il faut faire bouger les choses pour qu'elles bougent. Donc le mouvement, c'est essentiel.
- Speaker #2
Alors c'est l'heure du mini-jeu, donc 120 mp. BPM, je vais te poser une dizaine de questions et à chaque fois, je vais faire les squats. Alors normalement, je demande aux invités de faire les squats, mais là, si ça ne te dérange pas, c'est moi qui vais les faire.
- Speaker #0
Je ne peux pas encore les faire, mais il faudra qu'on se le refasse un jour où je suis en capacité. Avec plaisir. Je te laisse faire.
- Speaker #2
Alors c'est parti. Est-ce que tu es plus passé ou présent ?
- Speaker #0
Présent.
- Speaker #2
Est-ce que tu es force ou douceur ?
- Speaker #0
Un peu les deux.
- Speaker #2
Est-ce que tu es plutôt silence ou musique ?
- Speaker #0
Silence.
- Speaker #2
Est-ce que tu es plutôt corps ou esprit ?
- Speaker #0
Les deux vont ensemble, mais je dirais esprit peut-être.
- Speaker #2
Est-ce que tu es lever de soleil ou coucher de soleil ?
- Speaker #0
Coucher de soleil.
- Speaker #2
Est-ce que tu es solitude ou foule ?
- Speaker #0
Solitude.
- Speaker #2
Est-ce que tu es rêve ou agir ?
- Speaker #0
Les deux.
- Speaker #2
Les deux,
- Speaker #0
c'est important.
- Speaker #2
Est-ce que tu es mer ou montagne ?
- Speaker #0
Montagne.
- Speaker #2
Est-ce que tu es tomber ou se relever ?
- Speaker #0
Se relever.
- Speaker #2
Est-ce que tu es raclette ou fondue ?
- Speaker #0
Fondue !
- Speaker #2
Parfait, je te remercie.
- Speaker #0
Moi de rien.
- Speaker #1
On te souhaite en tout cas le meilleur pour la suite. On espère que ce documentaire sera largement vu. Je pense que ton histoire est très, très inspirante et va nous pousser, nous, mais plus d'un, à se mettre en mouvement. et à agir pour notre planète que tu mets en lumière chaque jour et merci pour ton témoignage et pour ton temps merci à vous,
- Speaker #0
c'était vraiment un plaisir pour un premier podcast en tout cas, c'était très cool j'ai pas trop de doute que ça va bien pouvoir aider du monde vu les premiers retours qu'on a eu, c'est cool et si on peut faire ça à encore plus grande échelle c'est trop bien et pour tous ceux qui nous écoutent à Annecy il sera bientôt Annecy Je ne sais pas quand ça sortira, mais il y a des dates de prévues dans le coin. Trop cool. Avec plaisir de se voir là-bas.
- Speaker #1
Merci beaucoup en tout cas.
- Speaker #3
La balade s'achève ici. Respirez un instant, laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous. Parce qu'ensemble, en avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.