- Speaker #0
Bienvenue sur Entre noue, le podcast des histoires qui nous relient. Ici, on parle des liens qui marquent, des rencontres qui bousculent, des histoires qui laissent une trace, de celles qui nous construisent et parfois nous réparent. Chaque invité raconte les rencontres, les moments qui l'ont guidé, bousculé ou transformé, ou pose un regard sur les liens qui nous unissent. Parce que comprendre ce qui nous relie, c'est aussi mieux comprendre ce qui nous construit. Des conversations qui donnent à entendre ce qui nous façonne, ce qui nous rassemble et ce qui nous fait avancer. Tu viens avec noue ? Bonjour Laurène !
- Speaker #1
Bonjour Coraline !
- Speaker #0
Laurène, tu es fondatrice des Audacieuses qui propose un accompagnement pour les femmes et les mamans perdues dans leur vie pro. Tu es aussi référente du Mom Club à Nancy, qui met en relation les jeunes mamans et les moins jeunes mamans d'ailleurs aussi sur Nancy. Et plus récemment, tu as aussi créé le Mama Care qui est donc une... Une antenne des audacieuses, mais on y reviendra. Et parce que derrière ce que tu proposes aujourd'hui, il y a aussi une histoire personnelle. Tu as vécu un postpartum particulièrement difficile, avec une dépression postpartum, dont tu n'as pas forcément pris conscience tout de suite. Et ce qui est intéressant dans ton histoire, c'est que tu étais toi-même psychologue, et sensibilisé sur le sujet, sur ces questions, et pourtant tu n'as pas forcément vu les signes chez toi. Et je trouve que c'est justement important d'en parler, parce que ça montre que ça peut arriver à n'importe quelle femme, même lorsqu'on pense à avoir les connaissances ou les ressources pour identifier ce qui se passe. L'idée, c'est vrai, évidemment pas de montrer ou de porter un jugement, mais au contraire de déculpabiliser et de rappeler aux femmes qui pourraient se sentir mal, perdues ou dans le flou qu'elles ne sont pas seules et qu'il est essentiel d'en parler et de se faire accompagner. Et surtout, on va voir comment cette expérience, progressivement, a fait naître ce que tu es aujourd'hui et ce que tu proposes aux femmes et aux mamans. Alors déjà, pour commencer, je voudrais te poser une question. Qui étais-tu avant de devenir maman et qu'est-ce que tu faisais ?
- Speaker #1
Qui j'étais avant de devenir maman ? J'étais toujours Lorraine, mais j'étais Lorraine avec beaucoup de questionnements sur la vie, beaucoup de questionnements sur la vie. J'étais déjà psychologue du travail, mais pas au travers des Audacieuses Académie. Et je dirais que j'étais plutôt la maman suiveuse que fonceuse.
- Speaker #0
Suiveuse ?
- Speaker #1
Oui. J'étais plutôt dans « je suis » . Plutôt que je fonce, j'avance, je crée des choses, j'ai de l'audace, je prends des devants. Je te plus va comme je te pousse.
- Speaker #0
Ok, tu te laissais porter.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu es tombée enceinte à quel âge ?
- Speaker #1
Je suis tombée enceinte, j'avais 30 ans. C'était en 2021. Et mon fils est né en
- Speaker #0
2022. Ok. Donc à 30 ans, tu tombes enceinte. Ta grossesse se passe comment ?
- Speaker #1
Super bien. J'ai une grossesse qui est tip top. J'étais trop... Vraiment, j'étais bien. J'étais heureuse, épanouie, pas de problème avec mon corps. Enfin, tout était OK, quoi.
- Speaker #0
Pas d'embûches, t'arrives à ton terme et ton accouchement s'est passé comment ?
- Speaker #1
Alors, j'arrive à mon terme et même plus. C'est un bébé qui était bien dans mon ventre. J'ai accouché à J plus 7. Par découchement. À ce moment-là, je commence déjà à être un petit peu contrariée. Parce que moi, j'avais pour envie profonde d'avoir un accouchement le plus naturel possible. Donc je m'étais renseignée, j'avais appris qu'il y avait des projets de naissance qu'on pouvait écrire. Et à ce moment-là, je me donne à 1000% dans la rédaction de mon projet. Et je veux de quelque chose de très naturel, de très doux. Je voulais laisser la nature faire et en fait on a commencé en ne faisant pas, en ne laissant pas la nature faire et en me déclenchant.
- Speaker #0
Ouais c'est en fait c'est le point de départ en fait, un truc que tu contrôles pas, parce que globalement a priori durant toute ta grossesse ça a été comme tu voulais. Ouais je comprends bien.
- Speaker #1
Et là j'apprends déjà que la maternité c'est pas que ce qu'on veut et que c'est du lâcher prise.
- Speaker #0
T'avais une image de la maman que tu voulais être ? Avant du coup d'accoucher, tu vois, quand t'étais enceinte ?
- Speaker #1
Non, j'avais pas vraiment d'image, mais je dirais que j'avais des grands principes avant d'être maman. Et je suis devenue maman. Et mes principes ont été un peu revus, alors pas forcément à la baisse, mais à la réalité. À la réalité, exactement, à la réalité. En fait, de nature, je suis quelqu'un de très organisée, qui aime bien quand les choses roulent, quand c'est cadré. J'aime bien l'imprévu aussi. Mais voilà, ma nature est plutôt organisée. Mais en fait, j'ai découvert, je me suis découverte des forces insoupçonnées et une personnalité que je n'avais pas avant d'être maman. On ne peut pas tout calculer, on ne peut pas tout prévoir, on doit accepter des choses qu'on n'avait pas envisagées. Et c'est ok, et c'est comme ça.
- Speaker #0
Mais je te rejoins, moi le point de départ aussi, moi aussi j'étais déclenchée, mais alors à l'inverse de toi, c'était un mois plus tôt. Donc c'est que même mon sac de maternité n'était pas prêt, tu vois.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
c'est encore un autre. Mais c'est effectivement, quand t'es déclenchée, il y a un sentiment un peu étrange, c'est que tu sais, tu connais la date, il n'y a plus de place à l'imprévu. Bon toi, et c'est encore particulier, c'est qu'il y a J-7, il n'y a plus trop le choix. Mais tu ne contrôles plus.
- Speaker #1
Il n'y a plus la magie.
- Speaker #0
Après, malgré le déclenchement, on peut quand même respecter en partie ton projet de naissance quand même. Tu t'es sentie quand même écoutée ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Alors oui, passé cette frustration-là et ce qu'on m'avait imposé, donc le déclenchement, je reprends mes esprits et je me dis OK, rien n'est joué. De toute façon, c'est aussi pour le bien-être de ton bébé. Il faut qu'il sorte à un moment donné. Donc go, on avance, on passe à autre chose. Donc à ce moment-là, je suis déclenchée et on respecte une partie de mon projet puisque j'avais demandé la salle nature. Coup de chance, elle était dispo, donc j'accède à la salle nature. J'ai le droit à avoir des lumières tamisées, etc., à prendre un bain. Donc voilà, tout ça, c'est respecté. Mais en fait, c'est la suite qui se complique puisque mon accouchement va durer plus de 35 ans. cœur, dont 30 heures en fait en salle d'accouchement. Et donc bon, bah voilà, le travail se fait progressivement, il est long. Je finis évidemment par prendre la péridurale parce que je me dis, bon, je viens de passer 15 heures, je ne sais pas si j'ai encore...
- Speaker #0
C'est au bout de 15 heures que tu prends la péridurale quand même ?
- Speaker #1
Non mais ça allait, franchement ça allait.
- Speaker #0
Malgré le déclenchement, parce que le déclenchement, ça peut vraiment faire des contractions.
- Speaker #1
Moi je l'ai pas vécu vraiment, ça n'a pas été douloureux mon déclenchement. En fait, il s'est fait très lentement. Ça n'a pas été douloureux, on m'a dit, oh là là, quand on va te percer la poche des os, ça va être terrible, ça ne l'a pas été. Donc je me disais, ah bah, ok, cool. Et bon, au bout d'un moment, je commençais à fatiguer, on ne peut pas manger, pas boire. En fait, ce qui me faisait peur, c'était de passer tout autant de temps, encore, à attendre, donc 15 heures de plus, avec une douleur qui allait croître, et je me suis dit, je ne vais pas avoir l'énergie. Je ne vais pas avoir l'énergie d'endurer la douleur, je n'aurai pas le mental. Je ne serai plus dans la même énergie 30 heures plus tard. Donc à ce moment-là, j'accepte la péridurale. Et après, c'est là où l'accouchement se complique. C'est-à-dire qu'ils se rendent compte que mon bébé est mal positionné, donc ils tentent de le repositionner. Ensuite, je suis ouverte, je suis à dilatation complète. Donc là, on me dit... c'est bon, c'est le moment, vous pouvez pousser. Donc je pousse, je pousse. On me dit, il est bloqué, il est bloqué. Il teste, enfin, il tente les ventouses. Dans le projet de naissance, on avait aussi évoqué qu'on ne voulait pas forcément un bébé qui soit ventousé. Donc au bout de deux reprises, mon conjoint demande à ce qu'on arrête les ventouses. J'avais espoir, franchement, j'avais espoir qu'il sorte naturellement par voie basse et d'un coup, d'un seul, sans que je ne m'attende à rien. Code rouge. césarienne. Oh, d'accord.
- Speaker #0
Tu comprends pas pourquoi on t'explique pas, en fait. Quand t'es dans l'urgence comme ça, on te dit pas... Là,
- Speaker #1
il y a une urgence vitale, donc du coup, on comprend pas. Donc en gros, il y a dix soignants qui arrivent dans la pièce, là, tu te sens complètement waouh. Enfin, tu passes du calme de la nature à une surpopulation dans la chambre d'hôpital et surtout, bah moi, j'ai mon conjoint qui est là et je m'en vais. Et lui, on le prend et on le met dans une salle et voilà. Et on me dit...
- Speaker #0
Ah, il vient pas avec toi ?
- Speaker #1
Non. En Césarène d'urgence, t'es toute seule. T'es toute seule, donc du coup, moi je pars au bloc et go quoi, on fait ma César. Bon, en fait, après tout va très vite. On sort ton bébé, on me l'a montré très très rapidement et après il part faire des soins et c'est à ce moment-là du coup que mon conjoint, lui, a pu le rencontrer. Et bien entendu, ce n'était pas du tout dans le projet de vivre un accouchement séparé. Moi, j'avais un petit peu fantasmé sur la rencontre. On est tous les deux, on accueille notre bébé. Ce n'est pas comme ça que ça s'est passé. Et la suite est encore assez compliquée, puisque je fais une hémorragie de la délivrance, puisque pas préparée du tout. Mon corps ne s'attendait pas à avoir une césarienne. Donc, il est moralisé de la délivrance, il n'a pas grand-chose de la transfusion, les médecins parlent de cela entre eux, est-ce qu'on la transfuse, on ne la transfuse pas ? Bon, je ne suis pas transfusée, donc ça, c'est une bonne nouvelle. Je me dis que bon, c'est bon là, c'est bon, ils vont me recoudre, je vais aller en chambre et tout va se réguler. Malheureusement, non, puisque quand tu sors de ces ariennes, tu atterris dans un service spécifique et dans ce service-là, ils n'acceptent pas les enfants, les bébés. Et donc à ce moment-là, quand je remonte du bloc, on m'apprend que je ne passerai pas la nuit avec mon bébé, qu'il ira en peau poignière.
- Speaker #0
Tu ne l'as pas revu ?
- Speaker #1
Alors si, ils me l'ont amené dès que je suis remontée dans le service, mais la rencontre a duré une heure en fait, parce que j'ai accouché, il était 20h, je suis remontée, il était 21h. Donc de 21h à 22h, je l'ai rencontré, je lui ai fait la première tétée de bienvenue. Mais du coup, il va sans dire que mon allaitement, ça a été un enfer derrière, parce qu'il ne s'est pas mis en place comme il fallait, naturellement. Et surtout, on me l'a enlevé la première nuit. C'était la pire chose que tu puisses me faire. Moi, c'était peau à peau, c'était... Pas du tout. Pas du tout, pas du tout. Donc voilà, pouponnière. Bon, ça m'a permis de passer une bonne nuit. J'ai eu une bonne nuit de sommeil. Je me suis raccrochée à ça, jusqu'au lendemain où j'ai enfin pu... rencontrer vraiment mon bébé, le prendre et commencer ma maternité.
- Speaker #0
Ton conjoint a quand même pu venir avec toi la première nuit ? Est-ce qu'il était avec toi ? Non,
- Speaker #1
j'avais pas le droit, j'étais vraiment seule. Bon en même temps, après plus de 30 heures avec des produits, j'étais shootée. J'avais pas mangé, j'avais toujours pas le droit de manger. J'ai supplié pour avoir à boire. On m'a donné à boire. à peine sortie de la chambre, je me suis écroulée. J'étais épuisée.
- Speaker #0
Donc un accouchement traumatisant. Pas qui respecte... En tout cas, qui n'est pas du tout dans ce que tu imaginais.
- Speaker #1
C'est absolument pas ce que j'avais projeté. Et donc du coup, ça secoue.
- Speaker #0
Et c'est ça. Ça secoue et en fait, tu restes après dans cet état un peu cotonneux. Est-ce que tu... Le retour à la maison, tu redessins un peu, tu retrouves ton cocon, ton univers, ta famille, tes proches. Ça te permet un peu de réatterrir ?
- Speaker #1
Alors oui, je suis très contente de rentrer chez moi, mais je suis pleine d'incertitudes. Mais ça, je pense que c'est beaucoup de mamans à l'arrivée de leur premier enfant. Et puis, dès qu'on m'a annoncé que mon bébé ne serait pas avec moi la première nuit, je me suis dit, il va avoir une angoisse d'abandon. Ah,
- Speaker #0
la culpabilité, c'est ça.
- Speaker #1
La culpabilité qu'il ait l'angoisse d'abandon. Du coup, avec mon background de psycho, je me dis tout de suite, le pot à pot n'a pas été fait. L'angoisse d'abandon, elle peut arriver suite à ci et à ça. Mais je me dis, ben voilà, on commence déjà mal. Et donc du coup, je me surinvestis finalement. Et je pense que ça n'a pas été la meilleure option. Et ce que je voudrais dire aussi, ça m'a un peu interloqué quand j'étais à la maternité. À deux reprises, les soignantes m'ont demandé si je voulais consulter un psychologue. Et moi, j'étais remontée en chambre, j'avais mon conjoint, j'avais mon bébé, tout était ok, je n'étais pas plus douloureuse que ça. Je me vois et je m'entends leur dire, non, pas du tout, pourquoi ? Ah non, comme ça, vous n'avez pas eu un accouchement facile, c'est juste pour nous assurer que tout va bien. Ah non, mais tout va bien. Et je vois la soignante qui te la chante, je me vois dire à mon conjoint, mais j'ai une tête de déprimé ou quoi ? Et lui me dit, non, pas du tout, mais je pense qu'ils veulent s'assurer que tout est OK. Et à ce moment-là, dans ma tête, tout était OK.
- Speaker #0
Quand est-ce que tu vois ou que tu comprends que peut-être ça va au-delà de juste... J'ai du mal à prendre mes marques parce qu'évidemment, on ressent globalement tout ça, je pense. On rentre avec un humain qui n'était pas là jusqu'à présent.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Mais quelle est la différence entre oui, il y a des changements, il faut que tout le monde trouve sa place, et tu sens qu'il y a quand même un truc qui ne va quand même pas et qu'il y a quelque chose peut-être à creuser ?
- Speaker #1
Déjà, le retour à la maison, moi, j'ai une image, ce qui me vient en tête, c'est la tempête émotionnelle. Je suis contente, j'ai de la joie, mais en même temps, je suis triste parce que... Je ne sais pas, je ne suis pas triste, mais tout est nouveau, je suis perdue. Je suis perdue, mais en même temps, il y a un sentiment d'accomplissement, une culpabilité, cette fameuse culpabilité de l'avoir laissée la première nuit. Bref, c'est vraiment une tempête émotionnelle. Et qu'est-ce qui fait un retour difficile ? J'ai envie de dire normal. Il y a un retour difficile à normal. Au début, je ne sais pas. Je ne peux pas le dire. Je ne me rends pas compte.
- Speaker #0
Tu as pu en parler autour de toi ? Tu t'es sentie entendue ? Parce que quand on revient de la maternité comme ça, qu'il y a un bébé, on a toujours tendance à prendre des nouvelles du bébé et avoir l'attention qui est focus sur lui ou elle. Enfin, sur le bébé, quoi. Mais pas trop sur le moment. Est-ce que tu t'es sentie...
- Speaker #1
En fait, non, même pas, mais j'en ai même pas ressenti le besoin. Moi, c'était ok que toute l'attention soit sur mon bébé. Ça me faisait trop plaisir que tout le monde soit content de le rencontrer. Et moi, si tu veux, c'était aussi une forme de... On fiche la paix. On ne me pose pas de questions, ça m'allait très bien et non, je ne l'ai pas mal vécu. J'étais contente qu'on ne me pose pas trop de questions finalement.
- Speaker #0
Ok, donc de toi-même en fait, tu te mets en retrait.
- Speaker #1
Ouais, et aussi je suis dans une fatigue extrême que plus tu me laisses tranquille, mieux je me porte.
- Speaker #0
Il y a quand même quelqu'un qui va... Qui va peut-être te faire une... pas une remarque, tu vois, mais qui va te poser la question, est-ce que tout va bien ? Est-ce que t'es sûre que ça va ?
- Speaker #1
Oui, il y a... donc j'ai un suivi avec ma sage-femme qui vient à domicile, et c'est à elle, en fait, que je dis, mais... Waouh, je suis fatiguée, et je pleure, en fait, et je lui dis, mais est-ce que c'est normal ? Est-ce que, en plus, mon allaitement se mettant pas en place comme je voulais, ça me contrariait ? je dis mais Pourquoi ? Comment je fais ? Comment je peux pallier à ces difficultés ? Et c'est avec elle que j'en parle la première fois.
- Speaker #0
On voit bien la dissonance qu'il y a entre la maman que tu montres, en vitrine, et celle qui est derrière en sourdine, mais qui est quand même là en fait. Mais que tu essaies presque de faire taire à toi-même en fait. Tu ne prends pas conscience vraiment, tu ne le fais pas volontairement. Non,
- Speaker #1
tout ça c'est inconscient. Parce qu'en fait, la maternité, c'est tellement de la nouveauté. Je savais qu'on m'avait dit les hormones, il va y avoir des variations, il va y avoir des changements d'humeur. Et pour moi, c'était normal. Je me disais, c'est OK, c'est normal. J'ai eu un accouchement pas très facile. Je suis fatiguée, c'est normal. Je suis à vivre, c'est normal. Je ne suis pas 100% confiante avec mon enfant, c'est normal. On apprend aussi à se connaître, à se découvrir. Pour moi, tout ça, c'est la normalité à ce moment-là. Je ne conscientise rien du tout.
- Speaker #0
Quelle est la différence et qu'est-ce que tu ferais comme différence entre le baby blues et la dépression postpartum ?
- Speaker #1
Je dirais que le baby blues, c'est vraiment une période très courte qui survient juste après l'accouchement. Là où la dépression postpartum, je la trouve beaucoup plus vicieuse, beaucoup plus sourde et elle peut arriver bien après. la naissance, quelques mois après, l'année suivante. C'est surtout au niveau de la temporalité que je ferais une différence et après peut-être de l'intensité, je ne sais pas. N'ayant pas vécu de baby-louge tout de suite, tu vois, je ne peux pas...
- Speaker #0
On dit que la dépression postpartum peut durer jusqu'à trois ans, ce qui est tellement long. Il faut s'imaginer que ce n'est pas juste les premiers mois. Ça peut être que les premiers mois, mais ça peut vraiment s'étendre. Et peut-être même au-delà de 3 ans, il ne faut pas culpabiliser de ça.
- Speaker #1
Enceinte, bien sûr, j'ai lu plein de bouquins, etc. Puis t'es un peu dans un cocon, donc tu as envie de lire des choses positives, etc. Donc déjà, il n'y a pas beaucoup d'ouvrages sur la maternité et son côté un peu noir. Et le peu qu'il y a, notamment le postpartum dure 3 ans d'un arroi. Je l'avais visualisé dans les rayons des librairies, je ne m'étais pas arrêtée dessus, parce que du jour je n'avais pas envie de lire un truc comme ça, et puis parce que je m'étais dit « dis donc, trois ans, ah bon, vraiment ? » Et puis, est-ce que vraiment ça peut m'arriver ? Tu vois, moi je me... vraiment, s'il y a bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas, c'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que si maintenant, pendant la grossesse, on étudie vraiment le sujet de la dépression postpartum, on peut... potentiellement être plus alerte et s'en rendre compte quand on est concerné.
- Speaker #1
Je pense, après, vivre les choses, les conscientiser, c'est une chose. Les vivre et les mettre sous le tapis, c'en est une autre. Donc, tu vois, moi, j'ai fait des études en psycho, je sais ce qui se passe. J'ai été au fait de beaucoup de choses, et pour autant, j'ai plongé deux pieds joints dedans.
- Speaker #0
Puis on est vraiment capable de le voir facilement pour une proche, une amie que... Exactement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et qui va tirer la sonnette d'alarme ?
- Speaker #1
Moi, à ce moment-là, je ne te dis pas, je ne me sens pas bien. Tu vois, je vais te dire, je suis fatiguée, je suis fatiguée, et puis voilà. Mais je sens que j'ai une petite tension à l'intérieur de moi. Je sens que je suis pas tip top, mais encore une fois, je mets ça sur le compte de la normalité. Tout le monde passe par là, tout le monde m'avait aussi répété tout passe. Et je m'étais dit, go, j'attends, je laisse venir. Je prends comme ça vient et on verra. Et en fait... C'est hyper sourd, c'est hyper vicieux, mais je ne m'en rends pas compte, mais mon comportement change fondamentalement. Et bien sûr, je décharge sur la personne avec qui je suis la plus en sécurité, mon conjoint. Et en fait, pendant un an, il endure mes sautes d'humeur, le fait que je sois vraiment à vif. Il me propose des sorties, je les refuse. Il me propose d'inviter des amis, je les refuse. En fait, si tu veux, c'est mon entourage. par effet miroir, qui me renvoyait des choses qui n'étaient pas agréables. Et je me disais, mais pourquoi ? Mais pourquoi on me renvoie ça ? Pourquoi on adopte cette attitude-là avec moi ? Pourquoi on prend la distance ? Pourquoi on me répond parfois de façon assez brute, tu vois ? Mais en fait, c'est juste l'image que moi j'en renvoyais à ce moment-là. Et donc, c'est un soir, c'est la dispute de trop avec mon conjoint, et c'est le moment de trop où il me dit, soit tu prends conscience des choses et on met des choses en place pour que tu ailles mieux et on avance sur le même chemin, soit définitivement on prend des chemins différents, mais là on a une intersection et il faut qu'on choisisse. Et donc là, à ce moment précis de ma vie et de mon postpartum, c'est l'électrochoc. Je me retrouve... Seule, avec mon fils, mon conjoint étant parti. Ah, il est parti ? Il est parti, il est parti deux jours, mais parce qu'en fait, le vase était plein. Et en fait, il avait abattu toutes ses cartes et il ne savait plus. Il ne savait plus comment faire, comment m'aider, quelle aurait à y avoir. Il ne savait plus, il était perdu. Et vraiment, je ne lui en veux pas du tout pour ce passage-là, bien au contraire. Mais du coup, ces deux jours-là, je me dis OK, là, la situation est grave. Il y a quelque chose qui ne va pas. Et donc, je prends les choses en main. Je prends mon téléphone et je prends rendez-vous chez une psychologue.
- Speaker #0
Est-ce que tu n'avais pas fait jusqu'à là ?
- Speaker #1
Pas du tout. Je ne l'avais pas fait, mais là, en fait, juste cette sonnette d'alarme-là me fait prendre conscience que... C'est mon couple qui est en jeu, c'est ma famille même qui est en jeu. Donc là, ça y est, stop, il faut que je fasse quelque chose. C'est là où tu te rends compte finalement de ce qui se passe ? Complètement, complètement. Vraiment, je suis ravie de ce pas que j'ai fait là. C'est le meilleur cadeau que j'ai pu m'offrir à moi-même et à ma famille. Je vais là-bas et je me dis que je vais être entre de bonnes mains. Et du coup, plutôt que de décharger sur mon conjoint, je décharge en séance. Et ça fait toute la différence.
- Speaker #0
Est-ce qu'avec le recul maintenant, tu dirais qu'on a essayé de venir vers toi, mais que tu as refusé l'aide extérieure de tes amis, par exemple, ou de ta famille ?
- Speaker #1
Non, je ne l'ai pas refusé, mais en fait, je me mettais tellement une carapace. Mais je pense que si tu demandes à beaucoup de mes amis, elles ne seraient pas capables de dire que je suis passée par là.
- Speaker #0
Tu penses que certaines vont le découvrir si elles écoutent le podcast ?
- Speaker #1
Alors non, parce que j'en ai parlé après plus ouvertement, parce que j'en ai parlé aussi en post sur mes comptes. C'est devenu moins tabou, même pour moi-même, tu vois, j'ai fini par l'accepter, etc. Donc non, voilà. Mais on n'en a jamais parlé ouvertement. tu vois, voilà, il y a eu cette période de ma vie là et dans cette période là, moi j'avais une carapace max j'essayais de voir le moins de monde possible c'est même pas que j'essayais, c'est que j'avais pas envie j'avais cet élan de vie, je ne l'avais plus donc mes relations sociales, elles étaient hyper restreintes mais encore une fois, c'est parce que je voulais pas qu'on me pose de questions et oui,
- Speaker #0
bien sûr, la meilleure façon qu'on te pose pas de questions c'est que tu t'isoles,
- Speaker #1
ouais exactement
- Speaker #0
T'as été suivie combien de temps avec cette psy ?
- Speaker #1
Je dirais que j'ai été suivie six bons mois, mais elle a respecté mon rythme, elle ne m'a rien imposé, donc j'allais à la fréquence que je voulais, elle m'a conseillé des choses, après j'étais libre de mes séances. Après j'ai arrêté, et puis j'ai repris. Mais j'ai repris parce que c'est trop bien d'aller chez un psy, parce que ça fait du bien en fait, et t'épargnes. Et t'épargnes tes proches, parce qu'en fait, tu décharges toujours auprès des personnes en qui t'as le plus confiance, auprès des personnes où tu te sens le plus en sécurité, et en fait, tu fais beaucoup de dommages. Donc voilà, quand j'ai envie, je vais voir la psy. Je pense que tout le monde, d'ailleurs, devrait voir quelqu'un. Et c'est pas parce qu'on est psy qu'on est protégé de tout ça. Bien au contraire, le corps de nid est souvent mal chaussé. Les psychologues, c'est pareil.
- Speaker #0
On va refaire un saut dans le temps, mais parce que du coup, ce qui a aussi joué dans... Dans cette pesanteur de ta maternité, c'est aussi la reprise du travail. Et on va du coup découler sur les audacieuses. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, t'es salariée. Avant de tomber enceinte, t'es salariée, t'es en congé mat. Et quand tu reviens de congé mat,
- Speaker #1
il se passe quoi ? Je suis effectivement salariée dans une entreprise que j'adore. Vraiment, ça fait sens. C'est le premier CDI que je signe à ce moment-là, par choix. C'est vraiment le job qui coche toutes mes cases. Je tombe enceinte, j'ai mon congé mat, et en fait, à mon retour, on m'informe que je ne reprendrai pas le travail, mais que c'est bien parce que je vais pouvoir profiter de mon bébé, parce que je suis licenciée économique. En fait, moi, je ne me suis jamais projetée mère au foyer. Mon travail, je l'adorais.
- Speaker #0
Et puis presque, en fait, ça te fait même une raison de retrouver une partie de ton toi d'avant, en fait. Le travail, c'est aussi une autre facette de ta vie, de ta personnalité, quoi.
- Speaker #1
Exactement. Pour moi, le travail, c'était me permettre de reconnecter à la femme que j'étais. Et pas qu'à la mère, en difficulté en plus à ce moment-là. Donc pour moi, je m'étais dit, waouh, ça va être un... Un nouvel élan, un nouvel air, enfin je vais me prendre une bouffée d'air frais quoi, ça va être trop bien, on va prendre notre petit rythme. J'avais pu prolonger mon congé jusqu'aux quatre mois de mon bébé donc ça, ça m'allait bien aussi parce que je trouvais que ça faisait tôt quand même de le mettre à deux mois et demi. Mais quatre mois, je trouvais que c'était le bon moment, tout le monde était prêt quoi. J'avais la crèche, j'avais tout. In fine, j'ai fini par me dire bah c'est cool parce qu'effectivement je vais pouvoir passer plus de temps avec mon enfant. Néanmoins, j'ai quand même pris le parti de le laisser quelques jours à la crèche la semaine, parce que je n'étais quand même pas en super forme, ni physique, ni psychique. Et du coup, je m'étais dit que ce n'était pas lui rendre service que de l'avoir H24 avec moi. Et ce n'était pas me rendre service non plus. Donc je l'ai laissé quelques jours à la crèche. Donc c'est bien, ça l'a sociabilisé. Moi, ça m'a permis de me reconstruire aussi. Puisque je n'avais pas pu redevenir la femme en allant au travail, je le suis redevenue tout doucement en prenant quelques temps off. Et c'est de là que tu commences à avoir cette idée des audacieuses. J'avais déjà cette envie avant mon fils, mais je ne savais pas par où commencer. Je n'avais pas... Tu vois, j'avais une pelote de laine, elle était complètement entortillée. Je ne savais pas quel fil tirer pour commencer par un bout. Je savais que je ferais ça un jour, créer mon entreprise. Je ne savais pas comment, je ne savais pas à quel moment. Et en fait, je profite de ce licenciement-là. Pendant une année, tu as un accompagnement spécifique, etc. Il n'y a pas que du négatif dans un licenciement, notamment économique, surtout économique. Tu as quand même des choses qui sont mises en place pour t'aider à monter un projet, à réfléchir à ton avenir, etc. Donc ça, c'était très bien et j'en ai profité pour capitaliser là-dessus. Et en fait, c'est au fil des mois que j'ai commencé à mettre des mots sur mes envies, sur... Voilà, on a trouvé le nom un jour, un week-end, tiens, les audacieuses, bah ouais, trop bien. Et puis ça s'est développé tout doucement, mais ça a pris du temps.
- Speaker #0
Quand tu dis « on » , c'est qui ? T'as dit on a mis un nom...
- Speaker #1
Ah oui parce qu'en fait mon conjoint m'a beaucoup soutenue et du coup c'est avec mon conjoint... Big up le conjoint ! Ouais grave !
- Speaker #0
On n'en parle pas beaucoup dans l'épisode mais il a l'air d'avoir quand même un rôle central. C'est pas le... thème de cet épisode, mais en même temps, si, parce qu'on parle de nos liens et de ce aussi qui fait qu'on en est là. Et j'ai l'impression quand même que ton conjoint, il y a en grosse partie...
- Speaker #1
En fait, tu vois, pour moi, la parentalité, c'est faire équipe. Et pour le coup, ça a été un super coéquipier.
- Speaker #0
Avec les audacieuses,
- Speaker #1
du coup, maintenant, t'accompagnes les femmes qui ont envie d'une reconversion. Alors, quand je crée les audacieuses, je crée les audacieuses pour les femmes de manière générale. Et effectivement, c'est les femmes qui sont perdues ou qui sentent que leur petite voix les appelle... ailleurs, et donc je les aide dans la définition ou la redéfinition de leur projet pro, de leur envie pro, de leur transition pro.
- Speaker #0
Les audacieuses qui au départ étaient vraiment focus sur les femmes en général, maintenant tu te spécifies aussi sur les mamans qui ont ce chamboulement ou ces questionnements qui viennent à elles.
- Speaker #1
J'ai effectivement mis un focus encore plus... plus particuliers sur les mamans parce que je me suis rendue compte qu'ils avaient un fort besoin. Donc je leur propose ou bien un bilan de compétences, ou bien très récemment j'ai développé un programme qui s'appelle Mama Care. Et donc c'est un programme qui leur permet de, j'aime bien utiliser cette expression, je ne sais pas si elle est parlante pour tout le monde, mais remettre les curseurs à leur juste place. Parce que quand tu vis la maternité, que tu traverses ta crise identitaire, il y a tout qui se chamboule. Tu vois, tout est déplacé et tout demande à être réaligné. Et ma maquère, je l'ai conçue spécifiquement pour ça, pour te réaligner, pour mettre des mots sur tes mots, Emma Huyx, pour bien voir en face ce qui ne va plus, pour mettre des mots sur tes négociables, sur tes non négociables, sans culpabilité. Et puis c'est un autre format que le bilan de compétences. Le bilan de compétences, c'est beaucoup d'heures, c'est... C'est un accompagnement qui est assez intensif. Là au Mama Care, je l'ai voulu beaucoup plus léger, néanmoins très dense en termes de contenu, mais beaucoup plus léger parce que c'est un programme que les mamans suivent à leur rythme. Et bien entendu, je l'ai pensé pour s'intégrer dans un quotidien de maman. Ma pratique va se dessiner au gré de mes expériences, au gré de mes rencontres, notamment lors de la rencontre avec une personne, une femme qui s'appelle Alicia. À ce moment-là, je développe un compte sur Instagram, les Audacieuses Académie, et en side, je développe aussi un podcast qui s'appelle Oser Recommencer, ayant pour but d'interviewer des femmes qui ont osé entreprendre des choses, changer de voie, bousculer la norme, etc. Et un jour, je tombe sur un profil Instagram d'une certaine Alicia qui est en train de créer un mom club à Bordeaux. Je trouve l'idée incroyable. Alors je te parle de ça, je suis sortie, tu vois, de mes idées noires, de ma dépression, j'ai repris de la force, ça y est, je vais de l'avant, je reprends le lit, quoi. Et donc je contacte cette fameuse Alicia et je lui dis, écoute, ton projet, il est chouette, en plus il faut savoir qu'elle est maman de jumelles. Et je lui dis, écoute, est-ce que tu veux venir en parler à mon micro ? Moi, elle me dit, bah oui, pourquoi pas, mais enfin, je commence seulement mon projet. Enfin, je suis vraiment aux prémices. Tu crois vraiment que ça vaut le coup ? Je dis oui, oui, c'est sûr, ça vaut le coup. Viens nous partager ton histoire. Et en fait, j'apprends dans le podcast qu'elle a fait aussi une dépression postpartum à la naissance de ses jumelles. Et le MomClub, c'est ce qui la sort de sa dépression. Et donc, elle décide de créer un village de mamans. Donc, elle propose des rencontres. entre mamans, avec les enfants. Et au moment où je l'interview, elle est vraiment au tout début de son aventure. Je l'entends encore me dire « Mais attends, je fais des balades, mais il y a trois mamans avec moi. » Je dis « Oui, c'est pas grave. » Et en off, pendant le podcast, je lui dis « Mais Alicia, ton concept, il est incroyable en fait. Même si t'es au prémice, t'as déjà une vision. Il est incroyable. » La psy du travail reprend sa casquette et je lui dis « Mais attends... » Pourquoi tu ne le développes pas au National, ce projet ? Elle me dit, là Lorraine, je ne sais pas, je commence seulement, non, pas du tout, je ne vais pas du tout penser à ça, ce n'est pas dans mes projets. Ok. Mais je dis en tout cas, c'est très chouette et bravo pour ce que tu fais. Et en fait, quelques mois plus tard, Alicia me rappelle et me dit « Oh, Lauren, je crois que t'as semé une graine parce que je crois que le MomClub, je vais le développer au national. Et tu m'avais dit que t'étais intéressée, que ça faisait vraiment sens pour toi. Est-ce que tu veux devenir la responsable du MomClub à Nancy ? » Donc là, c'était un grand oui.
- Speaker #0
Donc le MomClub, c'est des temps de rencontre entre mamans.
- Speaker #1
C'est ça. Il y a différents temps de rencontre. Il y a les cafés du club, où là, on se retrouve dans un café. Ce sont des échanges un peu informels, mais c'est pour connecter, créer du lien, sortir de son quotidien, qui est parfois lourd. J'ai souvent des mamans qui me disent « ça me fait du bien de parler avec des adultes » . Entre adultes, parce que quand tu es toute seule, toute la journée avec ton bébé, tu parles le bébé, tu ne parles pas l'adulte. Il y a aussi les moments. Les moments, c'est des parenthèses un peu plus intimistes avec une thématique. Je vais faire intervenir une experte en yoga du visage, en colorimétrie, en massage. Il y a plein de thématiques, pilates, yoga. C'est des temps où les mamans peuvent venir pratiquer, participer à l'atelier, avec ou sans leur bébé, en fonction de ce qu'elles peuvent faire, de ce qu'elles veulent faire. Et plus récemment, là, j'ai envie de développer les mom-talks, où ce sont des moments où on est autour d'un café, mais autour d'une problématique précise, le retour au travail, la place du conjoint dans la famille.
- Speaker #0
Tu crées du lien à une période de charnière où on peut facilement basculer dans... Dans l'isolement, oui. Il y a l'isolement aussi qui peut se créer parce qu'on n'a pas envie d'être jugé non plus. Oui. Comment dire, les réflexions malvenues sur « Oh, tu devrais plutôt faire ci, faire ça » . En fait, c'est tellement, je trouve, une période de la vie où tu peux très vite basculer. Puis tu as le rythme de l'enfant à prendre aussi. Moi, je sais que j'étais aussi hyper focus sur l'heure du coucher. Donc en fait, quand tu veux le coucher... Enfin, pas le coucher, mais quand il y a les horaires de sommeil, de sieste aussi, ça te coupe l'après-midi ou le matin. En fait, du coup, tu te dis, tu peux pas, t'as pas le temps ou ça va être... Tu vas courir et tout. Donc, tu t'enfermes très vite.
- Speaker #1
Mais ça, moi, ça, tu vois, c'est un point, j'étais comme toi. J'étais très rigide sur tout ça, sur le sommeil. Ça m'a pas du tout aidée puisqu'en fait, il a pas fait ses nuits très tôt. Et donc, à un moment donné... Comme je voyais que ça, ça ne marchait pas et qu'en plus, moi, ça me privait, ça me rangeait dans un train-train qui m'oppressait, je me suis dit, pourquoi pas le lâcher du lest, en fait, et puis l'embarquer avec moi dans mon quotidien aussi, que je devais retrouver, mon quotidien un peu d'avant. Tiens, on va se faire un resto. S'il est fatigué, s'endormir dans la poussette, puis ça sera OK aussi. Et c'est ce qui nous a fait beaucoup de bien à l'ensemble de la famille. Parce qu'on était arrivés à un moment donné, on se disait, mais en fait, on se prive de beaucoup, On se met dans un rythme très carré. En fait, ça nous desservait à tous. Donc, on a lâché du lest.
- Speaker #0
Mais encore une fois, c'est difficile de s'en rendre compte sur le moment. Il faut réussir à faire ce pas de côté qui n'est pas évident. Quel conseil tu donnerais à une jeune maman ? ou une maman qui est enceinte, qui va bientôt accoucher, quel conseil tu lui donnerais ? Alors, on est d'accord que les conseils, quand on est enceinte ou quand on est jeune maman, on en a ras le bol. Mais genre un conseil bienveillant, vraiment.
- Speaker #1
Eh bien, c'est vraiment de... C'est très basique ce que je dis, mais c'est quand même la réalité et c'est valable dans toutes les sphères de la vie. C'est d'être à l'écoute d'elle-même et qu'à tout moment, si elle sent que ça flanche, qu'il y a un coup de moins bien, C'est peut-être pas la normalité et ça va peut-être pas passer si facilement et du coup il faut pas hésiter à demander de l'aide, vraiment. Tu seras jamais pointé du doigt parce que tu demandes de l'aide. Bien au contraire, c'est pour ton bien-être, pour le bien-être de ton enfant, de ta famille. Donc moi vraiment le conseil serait de se mettre à l'écoute et de ne pas se laisser teinter de ce sentiment de culpabilité. C'est pas parce que tu flanches que t'es une mauvaise mère. n'a rien à voir, ou que t'aimes pas ton bébé, mais rien à voir. C'est deux choses complètement différentes. Si tu sens qu'à un moment donné, t'as besoin d'un temps pour toi, eh bien, prends-le. Prends-le parce que tu vas te rendre service et une maman qui va bien, c'est une famille qui rayonne.
- Speaker #0
Et maintenant, qu'est-ce que tu te dirais à la jeune maman que t'étais ?
- Speaker #1
Ça va pas être facile, ça va être des montagnes, mais après la pluie vient toujours le soleil.
- Speaker #0
Est-ce que tu te dirais tout passe ? Parce que tout à l'heure, tu te semblais quand même dire que c'était une phrase qui t'avait quand même fait galer. Ah ouais, franchement,
- Speaker #1
mais en vrai, quand t'es dans le dur, quand t'as le nez dedans et qu'on te dit tout passe, oui, ok, merci, mais en fait, là, je suis en plein dedans, donc c'est pas en train de passer. Merci pour l'info, mais déjà, je sais pas quand ça va passer et si ça va passer. Maintenant, après l'avoir vécu, mais on va en vivre aussi, petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis, paraît-il. Mais néanmoins, oui, moi, je trouve... que jusqu'à présent, tout a fini par passer. En fait,
- Speaker #0
je dirais peut-être tout passe, mais c'est pas pour autant que t'es obligée de galérer maintenant et que c'est pas obligé d'être dur et que ça peut... On peut essayer de s'en sortir et de mettre un peu de douceur, de crème et de respirer quoi en fait, même si c'est dur maintenant.
- Speaker #1
Oui, oui, t'es pas obligée de tout encaisser, de tout endurer. Enfin, surtout il faut bien s'entourer. Si c'est pas la famille, c'est pas grave. Si c'est pas les amis, c'est pas grave non plus parce qu'on est toutes prises dans nos quotidiens à mille à l'heure. Mais il y a de plus en plus de choses quand même qui sont proposées, créées, fondées pour les femmes et plus globalement pour les parents. Et je pense qu'il faut pas hésiter à user et abuser de tous ces services-là.
- Speaker #0
C'est sur ces douces paroles qu'on va se laisser. Je te remercie vraiment beaucoup pour ta confiance. Alors que pour le coup, c'est vrai qu'on ne l'a pas dit, mais on ne se connaît pas du tout. C'est le hasard d'Instagram qui nous a mis en relation. Merci les réseaux sociaux quand même. Donc merci vraiment de m'avoir fait confiance, d'avoir donné ton cœur et ta sensibilité à cet épisode. J'espère vraiment que ça pourrait être une lumière. Oh waouh, c'est à mon tour d'être émue. J'espère vraiment que ça va être une lumière pour... Pour les futures mamans qui passent par là, ou peut-être même des mamans qui ont déjà accouché depuis longtemps, mais qui vont se reconnaître là-dedans, et si vous avez une copine ou une proche qui est concernée, qui est jeune maman, n'hésitez pas à lui envoyer cet épisode, parce que même si vous pensez que ça va, on ne sait pas ce qui se passe derrière les murs d'une maison. Vous pouvez retrouver tous les épisodes d'entre noue sur toutes les plateformes d'écoute. et sur Youtube et moi je vous donne rendez-vous très vite. A bientôt !