Speaker #0La prédation, c'est un héritage génétique du chien, donc c'est vraiment un comportement qui est inné, qui est instinctif. C'est quelque chose de primaire, c'est important de le prendre en compte. Il faut savoir aussi que la prédation, en fait, c'est une chaîne de comportement où il y a plusieurs étapes, plusieurs phases. Il y en a exactement sept. La première étape de cette séquence de comportement, c'est le fait de localiser une proie. Quand le chien va localiser une proie, on va le voir, c'est des chiens qui vont pister, que ce soit des odeurs au sol ou dans l'air, pour pouvoir localiser la proie. Ça peut aussi être avec les sons, donc quand ils vont entendre un bruit, ils vont chercher d'où vient le bruit. Ensuite, deuxième phase, le fait de repérer à vue. Donc là, le chien, il a compris où se trouvait sa proie, et donc il va chercher à la trouver visuellement, et une fois qu'il l'a trouvée, il va la fixer. C'est pour ça qu'on voit beaucoup de chiens dans les comportements, dans les premiers signaux. du comportement de prédation, c'est le fait de fixer intensément et de rester comme ça sur sa proie avant que le chien se mette à se déplacer. On arrive dans la troisième phase. Donc le chien, il a localisé sa proie, il l'a repéré visuellement, il la fixe, il ne la lâche plus et puis du coup, il va chercher à s'approcher. Comment il va faire ? Il va le faire de façon très douce, très discrète. On le voit aussi beaucoup chez les bergers. comme le border collie qui vont souvent se mettre presque à ramper au sol. C'est une façon de pouvoir s'approcher de la proie le plus discrètement possible pour avoir toutes les chances de son côté pour pouvoir l'attraper. Parfois, souvent, la proie se met à partir en courant, à vouloir prendre la suite quand le prédateur, le chien, a été repéré. Et bien à ce moment-là, le chien va arriver dans la quatrième étape, la quatrième phase de la séquence de prédation, c'est la poursuite. Donc là, il va poursuivre sa proie. Une fois qu'il a réussi à la poursuivre et qu'il y arrive, il va pouvoir la capturer. C'est la cinquième étape, la cinquième phase. Une fois que la capture a été faite, si on continue plus loin pour vraiment terminer cette chaîne de comportement, le chien, une fois qu'il a capturé, il va mettre sa proie à mort. Souvent, on le voit chez des chiens qui vont secouer. On voit beaucoup de chiens qui prennent les jouets en gueule et qui vont secouer la tête. Donc c'est un comportement de prédation qui en fait reproduit la mise à mort. Et ensuite en dernière étape, dernière phase, il y a la consommation. Donc c'est très rarement observé chez les chiens domestiques parce que du coup on les nourrit, ils vivent auprès de nous. La consommation c'est tout simplement pour se nourrir. Après on peut observer cette dernière étape dans des contextes très très particuliers et très rarement. Donc voilà un petit peu pour vous donner toutes les étapes de la prédation. Donc contrairement à ce qu'on pense et souvent ce qu'on imagine, le chien n'est pas là, enfin quand il y a de la prédation, c'est pas forcément pour la mise à mort et la consommation. On a arrêté dans la plupart des cas, dans la sélection qui a été faite chez nos chiens, que ce soit les chiens de chasse ou les chiens de berger, en fonction des besoins, on a arrêté jusqu'à la capture. Et ensuite tout ce qui est mise à mort et consommation, c'est des cas qui sont assez particuliers. Et donc chez des chiens, certains besoins n'ont pas été comblés, mais c'est des besoins spécifiques. Et donc on arrive à la prédation par rapport aux enfants. On peut l'observer dans deux cas, deux environnements, deux contextes assez différents. On a le premier contexte qui est le plus courant en général, ce sont les chiens qui vont poursuivre les enfants qui sont en train de courir dans le jardin. Donc c'est des enfants qui sont parfois blessés. parce qu'ils sont tombés quand le chien leur a sauté dessus. C'est des enfants aussi qui ont pu être blessés parce que le chien, en essayant d'attraper le pantalon, a mordu la jambe de l'enfant, le mollet. On le sait, les enfants, en fonction des âges, la stabilité n'est pas la même, la résistance aux blessures n'est pas la même. Et même quand on voit des adultes qui sont poursuivis à vélo par des chiens, là on est aussi dans de la prédation dans beaucoup de cas. Je ne vais pas faire de généralité, ça dépend aussi au cas par cas par rapport aux chiens. Mais dans les cas de prédation, on peut avoir des blessures. Ce ne sont pas des blessures d'agression, ce sont des blessures de prédation. Il n'y a pas que la morsure, il n'y a pas que la blessure avec les dents, il y a aussi le fait de tomber. surtout là on parle des enfants ici, donc dans la plupart des cas ce sont des enfants qui vont tomber. Ça peut aussi, même s'il n'y a pas de blessure, mettre une appréhension par rapport aux enfants, mais ça on va en parler dans la dernière partie de cet épisode de podcast. Et ensuite on a le deuxième contexte de prédation sur enfant, c'est lorsqu'un chien n'est pas du tout à l'aise dans le foyer avec les enfants de la maison. Je l'ai vu justement dans une famille que j'ai accompagnée avec un enfant en très bas âge qui commence à ramper. Le chien n'était pas du tout à l'aise avec la présence de l'enfant, pour des raisons assez particulières. Et donc, il avait déjà des problèmes d'anxiété, de stress en général. Et puis là, il a développé des comportements de prédation, donc de contrôle sur l'enfant. C'est un chien qui tournait tout le temps autour de l'enfant et qui venait mettre soit les bras, soit les jambes dans sa gueule, sans fermer la gueule, sans le blesser, sans lui faire mal. On voyait bien qu'il y avait une fixation. qui avait un déplacement très lent de la part du chien, il était assez tendu, et puis ensuite il venait autour de l'enfant quand l'enfant se déplaçait à quatre pattes, et en fait, essaie de diriger l'enfant en mettant son bras dans sa gueule, ou alors les jambes. Ici, il n'y a pas eu de blessure, les parents se sont inquiétés, parce que justement c'est un comportement qu'on ne voit pas souvent, et ils voulaient avoir une certitude par rapport à tout ça. Et bien là, le fait de contrôler l'enfant, d'avoir cette impression de contrôle, Ça crée des hormones qui vont amener à nouveau de la sécurité, de l'équilibre au niveau du corps, parce que quand on est stressé, on a un taux de cortisol qui est beaucoup trop élevé, surtout que si c'est régulièrement et sur un certain temps. Et bien du coup, le fait de contrôler une situation, ça va pouvoir développer des hormones de bien-être, des hormones de plaisir, et donc apporter aussi une sensation de sécurité, de contrôle sur la situation. Donc c'est pour ça qu'il y a des chiens qui, quand ils sont mal à l'aise, vont développer ce comportement. Et plus on va laisser les choses se faire et s'installer, le chien, c'est pas conscient, c'est inconscient, il va en fait comprendre que ce qui fonctionne pour le rassurer, c'est de contrôler la situation. Donc en fait, le comportement va être repris régulièrement, répété régulièrement. Et ça va en fait ancrer ce comportement au quotidien. Et donc après, le travail, ça va être de déconstruire tout ça. On n'est pas ici pour parler de ça aujourd'hui, de comment déconstruire. Un comportement qui est mis en place depuis un certain temps. Mais c'est vraiment de comprendre que la prédation, ce n'est pas une mise à mort, ce n'est pas pour blesser, ce n'est pas une agression. C'est tout simplement un comportement qui est ancré, qui est naturel chez le chien. Et en fonction des contextes, en fait, il va utiliser ce comportement. On le voit aussi sur des chiens qui sont anxieux. J'ai vu le cas de Border Collie, par exemple, qui fixait des ombres dans la maison. Parce que tout simplement, il y avait une anxiété. Donc c'est devenu comme un toque pour pouvoir rééquilibrer la situation interne du chien. Et donc de fixer en fait ces ombres toute la journée. Donc ça ne veut pas dire qu'il faut le laisser faire même s'il n'y a pas d'enjeu, on va dire de blessure, etc. C'est un signe que le chien en fait ne va pas forcément bien et qu'il a besoin d'aide. Les situations à risque. Alors là, on a vu ensemble que les situations à risque, ça peut aussi être quand le chien ne se sent pas à l'aise avec un enfant autour de lui. Les chiens qui sont anxieux aussi de nature, qui sont stressés en hypervigilance. Donc c'est vraiment à prendre en compte, les chiens qui sont particulièrement sensibles. Il y a aussi des situations comme par exemple les jeux brusques, les cris, les courses dans le jardin ou à la maison, les jeux de balles, que ce soit en intérieur ou dehors, suivant les chiens. Il y a des moments de surexcitation, par exemple quand il y a des invités, des fêtes, le retour de l'école par exemple, ça a été très calme toute la journée et puis d'un coup les enfants rentrent à la maison. On peut avoir un chien qui peut être surpris ou ne pas du tout être à l'aise avec cette situation-là. Si on n'a pas mis des choses en place en amont, il peut très bien y avoir aussi des comportements de prédation. Si le chien est fatigué, s'il est stressé, s'il est en manque d'interaction, calme. J'insiste sur le fait d'avoir des interactions qui sont calmes. Ou en fait des enfants aussi qui sont laissés seuls avec le chien sans surveillance. Donc c'est important de se dire que n'importe quel chien et n'importe quel enfant doit toujours être sous surveillance. C'est important d'avoir tout le monde sous surveillance en permanence. Ça ne dépend pas des races, ce n'est pas parce qu'on a un chien qui a été sélectionné pour faire de la défense ou de la garde, ou pour faire du troupeau ou pour de la chasse. N'importe quel chien, c'est ancré chez tous les chiens. certains niveaux chez certains, mais ça dépend aussi de l'individualité de chaque chien. C'est pour ça que là aujourd'hui je parle de choses générales, mais il faut toujours penser à rester auprès des enfants et des chiens, d'observer les interactions qu'il peut y avoir. Il peut aussi avoir un manque de réponse aux besoins du chien. Donc c'est aussi des raisons pour lesquelles le chien peut avoir des comportements de prédation, parce que justement souvent on a envie d'éteindre ce comportement-là. Donc d'un côté, on dit qu'il ne faut absolument pas faire de mordant, il ne faut absolument pas jouer à la balle, il ne faut pas laisser le chien courir après quelque chose. Et puis il y en a qui vont dire, du coup, il faut en faire beaucoup parce que du coup, on répond à son besoin. Tout ça doit être équilibré, doit être fait en fonction du chien, de l'individu, de sa race. Par exemple, le fait de répondre aux besoins de troupoter, ce n'est pas parce que le chien va faire une activité. Je pense au trébol, par exemple, qui est une super activité pour le chien. il y a aussi tout ce qui est nose work man-trailing, tout ça on va répondre aux besoins du chien et ça ne va pas développer son besoin de prédater. Au contraire, il va être satisfait, il va pouvoir avoir une réponse satisfaisante par rapport à ses besoins et donc il n'aura pas forcément envie ou ce besoin de développer ces séquences-là à la maison parce que justement c'est un besoin pour lui, c'est inné, c'est un comportement qui est naturel. Par contre, tout ce qui est jeu de balle, lancé de balle, qui n'est pas encadré, où on va tout simplement lancer la balle au chien sans rien avoir autour, sans chercher un peu de contrôle, pour que le chien puisse s'entraîner à répondre aux demandes et surtout à patienter et à être récompensé, juste pour regarder la balle et pas forcément de courir après. Si on ne fait pas attention, si on ne dose pas, effectivement il y a des activités, des jeux qu'on va faire. On va penser au fait de répondre aux besoins du chien, mais on va faire qu'aggraver et intensifier certains comportements. Donc vraiment il y a un juste milieu. Si on a un doute, si on ne sait pas trop comment s'y prendre, dans ce cas-là, c'est important de prendre contact avec des professionnels. Il y a plein de collèges qui proposent partout en France des activités collectives ou individuelles justement pour répondre à ces besoins-là ou tout simplement de répondre à vos questions à la maison. Parce qu'après, ça peut créer de la frustration, un manque d'occupation, sachant que le chien a besoin de flairer, il a besoin de mastiquer, il a besoin d'avoir des dépenses cognitives en plus des dépenses physiques. Et ça, c'est important parce que le chien ne va pas avoir besoin, ne va pas sentir le besoin de réguler tout ça. Donc, ça en fait partie aussi. Donc, les raisons, on a vu les situations à risque avec les enfants, le fait de ne pas forcément être à l'aise avec eux. Mais il y a aussi tout ce qui est réponse aux besoins. Et attention à bien observer votre chien, sa race, son espèce, mais aussi sa personnalité et ses besoins à lui en tant qu'individu. Pour récapituler au niveau des risques aussi pour les enfants, il n'y a pas que la morsure. Oui, il peut y avoir des morsures. On le rappelle, le chien ne va pas prédater pour mordre. Donc ce n'est pas forcément la blessure la plus courante. Par contre, ça peut créer de la peur, ça peut créer des appréhensions et justement des comportements de la part des parents et des enfants qui vont peut-être amener à des comportements de morsure par peur, par agression, parce que les choses n'ont pas été mises en place correctement. Donc ça peut aussi blesser par rapport à des chutes et des morsures. Si le chien cherchait à attraper les jambes ou les bras, souvent c'est les vêtements et en fait ça rate et du coup ça touche la peau de l'enfant. Et pour le chien en fait, si on ne prend pas ça en compte, le risque pour lui c'est qu'on ne comprenne pas ses comportements, qu'on finisse par le punir, par l'isoler et justement d'avoir des chiens qui peuvent soit devenir agressifs ou développer une peur de l'enfant ou de certaines choses. Et donc là, on pourrait passer sur des comportements d'agressivité, d'agression, tout simplement par peur, par stress. Pour aider les enfants, c'est dommage d'avoir peur des chiens si à la base, on avait une bonne relation avec le chien de la famille. Et puis, c'est dommage aussi d'avoir un chien qui ne se sent pas bien dans son foyer et qui ne se sent pas compris. Et donc, en tant que parent, on a envie que tout le monde vive bien ensemble. On arrive à la fin de cet épisode de podcast. Donc, pour savoir quoi faire, parce que là, on a vraiment compris ce qui se passait, pourquoi, ce qu'était la prédation. Et maintenant, la question, c'est qu'est-ce qu'on peut faire ? Je vous ai préparé un e-book où je vous ai rassemblé tous les conseils. Je vous rappelle, ce sont des conseils généraux, mais qui peuvent déjà aider beaucoup de familles. Où dedans, on va voir comment observer, comment sécuriser, comment réduire aussi le stretch du chien, et puis l'accompagner émotionnellement et comment impliquer les enfants. Donc, je vous laisse télécharger ce e-book qui arrive directement par mail. Vous avez le lien dans la description de cet épisode. J'espère que cet épisode vous a plu. N'hésitez pas à me poser vos questions, à venir m'écrire, me donner votre avis sur les réseaux sociaux ou tout simplement par mail. Vous pouvez aussi me donner vos inspirations, vos envies pour les prochains épisodes parce qu'on co-créait tout ça ensemble. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, une bonne soirée et à bientôt.