Speaker #0Entre-temps — Saison 5, épisode 2 : Dire non à la demande, ce n'est pas dire non à la personne
Quelqu'un vous fait une demande et vous sentez que ce n'est pas le bon moment, que votre journée est déjà bien chargée — mais il y a quelque chose qui vous retient de dire non. Et en fait, dire oui vous semblera peut-être moins risqué, moins inconfortable. Ça va surtout éviter une potentielle tension. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On choisit le oui.
Et puis, quelques heures plus tard — voire parfois même moins — on se retrouve avec une charge en plus qu'on n'avait pas vraiment prévue, et on se demande comment on est arrivé là, et surtout, comment on va la traiter.
Eh bien, c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans Entre-temps, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans Entre-temps, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
Bienvenue dans Entre-temps. Ici, on ne cherche pas à remplir le temps — on va voir comment mieux l'habiter. Je suis Jean-Claude, Chronotier.
Dans l'épisode précédent, on a vu que le temps se vit rarement seul. Notre temps est traversé par les autres, et ces autres influencent notre quotidien — pas toujours par leurs demandes, mais surtout par la façon dont nous y répondons. On avait commencé à aborder le sujet qu'on va approfondir aujourd'hui : le non.
On va aller un cran plus loin et voir comment dire non sans abîmer la relation. Parce que dire oui, tout le monde sait faire, c'est parfois beaucoup plus facile. Mais dire non simplement, avec respect, sans se perdre dans des montagnes de justifications — c'est souvent là que se joue ce que j'appelle l'équilibre entre préserver son temps, parce qu'il est limité, et préserver la relation.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, un rappel. Chaque mercredi à 19h, heure belge ou de Paris, je vous propose l'Heure du Temps. C'est une rencontre digitale, ouverte, via Zoom, et c'est gratuit — je dirais offert, parce que gratuit, vous allez quand même investir votre temps, mais il n'y aura pas d'agenda imposé. Vous pouvez venir avec une situation concrète, une question sur votre rapport au temps, ou simplement l'envie de voir quelle est cette personne qui vous parle derrière ces micros. Je veux que ce soit simple, humain, et ça ne dure qu'une heure. J'ouvre la session à 19h précise et si personne n'est présent à 19h10, je referme. Vous trouverez toutes les informations sur oruposa.com.
Pourquoi on dit oui alors qu'on voudrait dire non
Il y a vraisemblablement parmi ceux qui m'écoutent des entrepreneurs, des managers, des parents. Et dans ces contextes, les relations comptent vraiment. On a des partenaires, des clients, des liens qu'on veut préserver. Des collaborations qui peuvent naître. Des membres d'équipe. Et dans ce contexte, dire non peut sembler risqué ou difficile.
Pourquoi ? Parce qu'on a peur de décevoir. Peur de paraître fermé ou hermétique à aider. On pense aussi qu'on va casser une dynamique qui fonctionne bien — je te demande quelque chose, tu le fais, en contrepartie tu me demandes quelque chose, je le ferai. Donc pour ne pas rompre cette dynamique, on accepte. Même quand ce n'est pas le bon moment. Même quand l'énergie n'est plus vraiment là.
Moi, par exemple, en fin de journée, mon énergie est très basse. Quand quelqu'un me demandait encore un petit service, je disais oui — alors que j'étais déjà bien engagé sur le fait de vouloir débrancher. Et pourtant, je disais encore oui pour une petite réunion, un petit problème qu'il voulait me soumettre, alors que je n'étais peut-être plus dans les bonnes conditions pour l'écouter correctement.
À force d'accumuler ces oui qu'on n'a pas vraiment choisis, on se retrouve à porter sur ses épaules bien plus que ce qu'on avait prévu, sans toujours comprendre comment on est arrivé là.
Il y a une image qui m'est restée très longtemps. Je ne sais pas si vous avez lu Le Singe et le Manager. Si vous avez tendance à dire oui un peu trop vite, je vous conseille cette lecture — c'est un petit livre, mais juteux. Les problèmes des autres, les choses qu'on veut vous mettre sur les épaules, ce sont des singes. Et quand vous dites oui à une demande, le singe de l'autre passe sur votre épaule. Et au fil de votre journée, de vos pérégrinations dans les couloirs, vous rentrez dans votre bureau avec six ou sept singes sur les épaules. Et dans le bureau, il y en a déjà d'autres qui vous attendent.
Le non ne met pas la relation en danger — c'est le oui mal choisi qui le fait
Il y a un malentendu autour du nom. Beaucoup de personnes pensent que dire non met en danger la relation et va créer de la distance. J'ai vécu ça très récemment. J'ai été invité par un ami à une fête du réveillon de Saint-Sylvestre. Au départ, j'avais laissé sous-entendre que ça m'intéressait — sans donner un oui ferme. Et je me suis rendu compte que j'avais déjà un rendez-vous avec ma maman, que je ne voulais pas rater cette année. Donc j'ai dû communiquer un non. Et ça n'a pas été facile.
Mais voilà ce que j'observe : ce qui met vraiment la relation à mal, plus qu'un non, c'est le fait d'avoir dit oui trop vite et de ne pas pouvoir tenir son engagement correctement. Ça crée une frustration — pas seulement chez l'autre, mais chez vous aussi, parce que vous ne pouvez pas tenir votre parole. Et ça, on a beaucoup de difficultés avec ça.
Un non posé avec respect évite souvent ces dérives et ces frustrations de part et d'autre. Et paradoxalement, il préserve mieux la relation qu'un oui donné pour éviter l'inconfort du moment.
Et il y a quelque chose d'important à comprendre : non ne signifie pas rejeter la personne. Vous rejetez ce qui est demandé. Vous ne rejetez pas la personne. Et le non, c'est aussi une façon de clarifier ce que vous pouvez faire, de protéger votre énergie, et surtout de rester fiable dans ce que vous acceptez. Si vous dites oui à tout, ça va déraper, vous ne pourrez pas tout faire. Un oui qu'on ne peut pas tenir coûte toujours beaucoup plus cher qu'un non clair.
Trois repères concrets
Premier repère : ne pas répondre immédiatement.
Beaucoup de oui sont donnés par réflexe, sans même avoir regardé ce que la demande allait coûter. Deux phrases simples m'ont changé beaucoup de choses. La première : je regarde ça et je te dis quoi cet après-midi. La deuxième : laisse-moi vérifier et je reviens vers toi. Ça évite le oui automatique, et ça permet de donner une réponse plus juste, parce que vous avez eu le temps de vérifier si vous pouviez prendre ça ou non.
Deuxième repère : ne pas se perdre en justifications.
J'avais tendance à m'expliquer longuement. Mais un non n'a pas besoin d'être compliqué. Il doit simplement être respectueux. Trois phrases que j'utilisais : ce n'est pas possible pour moi cette semaine. Je ne pourrais pas m'engager là-dessus. Je préfère ne pas prendre ça maintenant. Clair, simple, respectueux. Vous parlez de vous, pas de l'autre. Et vous ne vous justifiez pas longuement, parce que la personne en face, elle n'a pas besoin de savoir que vous êtes surchargé — elle veut simplement que son problème soit solutionné.
Attention : plus le non semble négociable, plus l'autre va chercher une ouverture. Ah, ok, et la semaine prochaine alors ? Donc si c'est un non définitif, il doit être clair. Si c'est un non pour cette semaine mais un oui possible pour la suivante, vous le dites aussi clairement — mais sans laisser de flou dans les deux cas.
Troisième repère : rester ouvert à la relation, même quand vous dites non à la demande.
Dire non à ce qui est demandé ne veut pas dire fermer la porte. Vous pouvez ajouter : on peut regarder ça la semaine prochaine si tu veux. Je ne sais pas faire ça, mais je peux voir si quelqu'un d'autre peut t'aider. Dis-moi si une autre option te convient. Ces quelques mots montrent que le lien reste présent, même quand vous ne pouvez pas répondre à la demande dans l'immédiat.
Le mantra de cet épisode
Dire non à la demande, ce n'est pas dire non à la personne.
Bien entendu, dire non restera parfois inconfortable, même quand on sait que c'est la bonne réponse. Certaines personnes ne comprennent pas le non et vont insister, négocier. Il n'y a pas de formule magique pour rendre ces situations plus simples. Mais voici ce que j'observe chez ceux qui ont appris à dire non avec clarté : avec le temps, on a de moins en moins besoin de se justifier, surtout face aux mêmes personnes.
Ce que j'ai entendu de certains clients internes ou collègues, et que je garde comme un retour précieux : ce qui est super avec vous, c'est que quand vous dites oui, vous le faites et vous le faites dans les temps. Et quand vous ne pouvez pas le faire, c'est très clair aussi. Et pour nous, c'est important. Parce que ça leur permettait de chercher une autre solution sans attendre.
Dire non ne réduit pas votre disponibilité — ça la rend plus juste. Quand vous dites oui, vous l'êtes à fond. Sur la durée, ça vous permet de rester fiable. Et ça vous permet aussi de rester présent dans les relations qui comptent vraiment. À force de vouloir être disponible pour tout le monde, on risque de ne plus l'être pour les personnes avec qui on voudrait vraiment être.
S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir de cet épisode, ce serait celle-ci — et vous pouvez aussi la tourner à l'affirmative.
Le non le plus respectueux que vous puissiez donner, c'est celui que vous assumez vraiment. Le oui le plus respectueux que vous puissiez donner, c'est celui que vous assumez et que vous réalisez vraiment.
Si vous avez du mal à dire non, commencez simplement par observer vos oui pendant une journée. Sans chercher à changer quoi que ce soit — juste regardez dans quelles situations vous dites oui par réflexe, avec qui, et si vous avez une idée du coût en temps et en énergie que ces oui vous prennent. C'est souvent là que tout commence. Et si vous voulez en parler, l'Heure du Temps vous attend chaque mercredi à 19h, heure belge, sur oruposa.com.
Ici, dans Entre-temps, on ne cherche pas à remplir le temps, on apprend à l'habiter.
Je suis Jean-Claude, Chronotier. Prenez soin de votre temps, parce que ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps.
Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur oruposa.com, rubrique podcast.
Et surtout, prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.
À très bientôt dans Entre-temps.