Speaker #0# Entre-temps — Saison 5, épisode 1 : Mon temps se joue autant dans mes échanges que dans mon agenda
---
Ça vous dit quelque chose ? Vous avez préparé votre matinée, ce que vous devez faire est très clair, vous êtes prêt à commencer dès que le petit-déjeuner sera pris — et puis arrive un message. Une demande qui se dit urgente. En quelques minutes, votre matinée va changer de direction.
On ne peut pas dire que vous êtes mal organisé, bien au contraire. Mais, et oui, il y a un mais, vous n'êtes pas seul dans votre temps. C'est de ça qu'on va parler aujourd'hui.
Bonjour, je suis Jean-Claude, Chronotier et artisan du temps. Ici, dans *Entre-temps*, je vous aide à transformer votre emploi du temps en allié, pas à pas, sans pression. Mon objectif ? Vous donner des clés simples mais puissantes pour plus de clarté, de sérénité et une vie alignée avec ce qui compte vraiment pour vous. Bienvenue dans *Entre-temps*, le podcast pour reprendre la main sur votre temps et sur votre vie.
---
Bienvenue dans *Entre-temps*. Comme vous le savez, on ne cherche pas à remplir le temps ici. On chemine doucement vers un apprentissage à habiter son temps, épisode après épisode. Et on commence aujourd'hui une série sur le fait qu'on n'habite pas son temps tout seul — on doit partager son temps.
Je suis Jean-Claude, Chronotier. Et je suis très heureux de vous retrouver. Je suis de retour du Mexique, on a eu l'occasion d'en parler pendant tout cet été. Et voilà, on commence cette nouvelle saison — déjà la saison numéro 5.
Il y aura, vous l'avez peut-être entendu dans le teaser, des séries. Et il y aura également des épisodes qui approfondiront un sujet particulier avec ce que j'aimerais être un expert dans le domaine — quelqu'un dont c'est le métier, par exemple dans les neurosciences. Et j'aurai aussi l'occasion d'avoir un entretien avec un entrepreneur ou un manager pour connaître un peu sa relation au temps, comment il le vit dans son domaine, dans son environnement, avec tout ce qu'il a à faire.
Dans les séries précédentes, avant l'été, nous avons appris à clarifier les priorités, à respecter notre énergie, à avancer avec ce que j'ai appelé plus de justesse — faire vraiment ce qu'on a besoin de faire. Mais en réalité, il y a quelque chose qui revient très souvent : notre temps se vit avec les autres. On n'en parle pas très souvent, mais on partage notre temps. On ne vit pas en ermite. Et c'est souvent l'une des raisons pour lesquelles des tensions s'installent dans nos relations — pas simplement avec le temps, mais aussi avec les autres.
---
## On n'est jamais seul dans son temps
Je sais qu'il y a parmi vous des entrepreneurs, des managers, des parents — en couple ou en solo, comme on voit de plus en plus souvent. C'est une réalité. Et moi aussi je suis parent solo, j'ai été entrepreneur et j'ai été manager. Donc on ne décide pas seul de son emploi du temps dans ce contexte.
Quand on travaille, on a des collègues. Quand on est en entreprise, on a des partenaires. Quand on est parent, on a des enfants, d'autres parents, des grands-parents. On a des clients, des proches, des amis. Et chacune de ces personnes a ses propres attentes, son propre rythme, et sa propre urgence.
Et donc, parfois, sans même s'en rendre compte, on s'ajuste. On s'ajuste en permanence à ce qui vient de l'extérieur. On va même parfois répondre à des demandes sans trop avoir réfléchi. Et quand on dit oui, on s'engage — souvent sans avoir vérifié si on peut vraiment tenir cet engagement, et surtout si on a le temps qu'il va demander.
Il y a plein de raisons à ça. Ces réponses un peu automatiques font qu'à la fin de la journée, on a avancé — sur nos points, sur les points des autres, c'est certain. Mais est-ce qu'on a vraiment toujours avancé sur ce qui comptait le plus pour nous ?
---
## Ce que les autres influencent vraiment
Je passe du temps à observer ce qui se dit et se discute sur les réseaux autour de ce qu'on appelle la gestion du temps. On y parle beaucoup d'organisation, d'agenda bien tenu, de blocs de temps, de la matrice d'Eisenhower, de comment dire non poliment sans que le client vous claque la porte au nez. Tout ça n'est pas faux, et j'ai moi-même un agenda que j'espère bien tenu.
Mais personnellement, dans tout ce que j'ai vu, j'ai rarement vu qu'on parlait d'un point qui change pourtant tout.
Les autres n'influencent pas notre temps par leurs demandes. Non, non, non. Ils font simplement une demande. Nous influençons notre temps par la manière dont nous répondons à ces demandes.
Je vous laisse un petit moment pour digérer ça.
Imaginez deux personnes qui reçoivent exactement la même demande, dans le même département, avec la même charge de travail et, en apparence, la même organisation. La première la lit et répond presque par automatisme — peut-être parce qu'elle connaît bien la personne qui demande, qu'elle sait ce qu'elle attend vraiment, ou qu'il s'est installé entre elles une façon de fonctionner basée sur la confiance. La demande arrive dans un terrain connu, et ça glisse naturellement.
La deuxième peut se sentir immédiatement submergée. Comme si cette demande était la goutte de trop. Elle relit le message deux fois, se demande ce qui se cache derrière, hésite sur la façon de répondre, commence à calculer ce que ça va lui coûter — avant même de savoir ce qui est vraiment demandé.
Pourtant, c'est pratiquement le même texte. Ce qui est différent, c'est la relation. La relation qu'elle entretient avec la personne qui demande. Et pas seulement la relation avec cette personne, mais aussi l'état dans lequel elle se trouve au moment où la demande arrive.
Quand on a une relation claire, ça change la façon dont on reçoit ce qui vient des autres. Et ça change aussi la façon dont on y répond.
---
## Observer avant de réagir
La première chose à faire est souvent la plus contre-intuitive. C'est simplement d'observer votre réaction avant d'y donner suite.
Quand une demande arrive, regardez ce qui se passe en vous. Est-ce que vous vous dites « ouais, c'est bon » et vous répondez presque par automatisme ? Ou est-ce que vous vous sentez obligé de répondre tout de suite ? Est-ce que cette requête est explicitement urgente ? Parce que parfois, c'est nous qui lui donnons cette urgence, alors qu'elle n'en a pas. La personne qui demande n'a pas forcément besoin d'une réponse immédiate.
Cette réaction que l'on a face à une demande vous dit beaucoup sur votre relation à l'autre — plus que sur l'urgence réelle de la demande. Et c'est là qu'on commence à avoir des choix, si on se prend un petit moment pour analyser ce qui se passe vraiment.
Il y a aussi ce que j'appelle le brouhaha qu'on crée soi-même à la réception d'un simple message. *Il croit que j'ai rien à faire d'autre, qu'est-ce que c'est encore cela, pourquoi il me demande ça.* Alors que ce serait si simple de poser la question directement à l'interlocuteur : *qu'est-ce que tu attends exactement de moi ? La demande n'est pas tout à fait claire, pourrais-tu la préciser ?* Toutes ces réactions internes nous occupent l'esprit pendant un moment, et pendant ce temps, on n'agit pas vraiment. Et si on le fait, on n'est pas vraiment efficient, parce qu'on est continûment perturbé par ces questions internes qui polluent un peu l'esprit.
---
## Clarifier plutôt que supposer
Il y a quelque chose qu'on a beaucoup de difficultés à faire, et que j'ai moi-même vécu : c'est demander des éclaircissements. On a peur de poser une question. Peur de paraître un peu ridicule de ne pas comprendre quelque chose. Et puis on se rend compte que la personne à côté de nous ne comprenait pas non plus.
Quand une demande n'est pas claire, poser une question au bon moment, préciser un délai, reformuler rapidement avec les mots de l'interlocuteur ce qu'on a compris — ça évite souvent de refaire le travail en double. Ce n'est pas perdre du temps que de poser une question, c'est plutôt en gagner, et éviter de devoir refaire des choses par la suite.
Je vous donne un exemple personnel. J'ai travaillé un mois sur un système de sales forecasting pour un responsable chez McCain. Quand je lui ai présenté, il m'a dit : *ce n'est pas ça que j'ai besoin, j'ai besoin du forecasting de ma production.* Un plan de production. Simplement parce que pour lui, *forecasting* signifiait production. Un mois de travail sur quelque chose qui n'était pas demandé — uniquement parce que je n'avais pas pris le temps de clarifier.
---
## Prendre le temps avant de répondre
Il y a aussi quelque chose qu'on ne fait pas assez : prendre le temps avant de répondre. Beaucoup de tensions naissent d'un oui dit trop vite, parfois avant même d'avoir regardé ce que ça allait vraiment demander. Quand vous dites oui, vous vous engagez. Et c'est seulement après qu'on réalise ce que ça va coûter en temps et en énergie.
Une petite phrase simple peut changer beaucoup de choses, si on veut quand même répondre rapidement : *je regarde et je reviens vers toi dans l'après-midi.* Ça prend dix secondes à dire ou à écrire. Et ça vous crée un espace de réflexion pour voir si vous pouvez vraiment accepter ou non. Si c'est votre chef qui demande, vous n'avez peut-être pas vraiment la possibilité de refuser — mais vous pouvez lui donner un délai qui soit réellement en ligne avec votre agenda, ce qui vous créera beaucoup moins de pression.
Et trois questions simples peuvent vous guider face à chaque demande. Est-ce vraiment urgent — ou est-ce moi qui lui donne cette urgence ? La demande est-elle claire — et si je la reformule, est-ce bien ce que l'autre désire ? Et ai-je le temps pour la faire, maintenant ou plus tard ?
Parce que votre temps ne se joue pas uniquement dans votre agenda. Il se joue aussi dans vos échanges, dans vos réponses, dans les petits choix relationnels au quotidien. Et parfois, ça ne se reflète pas dans l'agenda. Donc quand vous prenez un engagement dans un échange, veillez à ce qu'il se retrouve formellement dans votre agenda. Parce que lorsque vous consultez votre agenda et que tout y est, vous pouvez voir directement où sont les espaces encore disponibles pour les demandes qui arrivent en cours de route.
---
## Le mantra de cet épisode
*Mon temps se joue autant dans mes échanges que dans mon agenda.*
---
On ne peut pas éviter toutes les interruptions, soyons honnêtes. On partage notre temps avec les autres, et c'est pour ça que la relation aux autres — et en particulier au temps — demande aussi une part d'adaptation. Si on est ermite et qu'on vit seul, on gère son emploi du temps comme on veut. Mais ce n'est pas le cas pour la plupart d'entre nous.
Une grande partie de la tension peut diminuer en devenant plus attentif à la façon dont on répond à une demande. Et si vous sentez que votre temps est souvent bousculé par les autres, commencez simplement par observer vos propres réactions pendant une journée. Ne cherchez pas encore à changer quoi que ce soit — juste en être conscient. On ne peut changer que ce dont on est vraiment conscient. Et vous allez voir, c'est souvent là que commence la réflexion.
---
C'était le premier épisode de la rentrée — le premier épisode de la saison 5 — et le premier épisode de cette série sur le fait que le temps se partage, qu'on le vit avec les autres. On va approfondir ça dans les semaines qui viennent.
Ici, dans *Entre-temps*, on ne cherche pas à le remplir, on apprend à l'habiter, étape par étape, pas à pas.
Je suis Jean-Claude, Chronotier. Prenez soin de votre temps, prenez soin de votre vie — les deux, c'est la même chose.
À très bientôt dans *Entre-temps*.
---
*Merci d'avoir pris ce moment Entre-temps avec moi. Si cet épisode a résonné en vous, je vous invite simplement à le partager avec quelqu'un qui pourrait en bénéficier — ou encore mieux, à me laisser un petit mot. Vos retours sont précieux et ils nourrissent cette belle aventure du temps. Tous les épisodes et des ressources complémentaires sont disponibles sur **oruposa.com**, rubrique podcast.*
*Et surtout, prenez bien soin de votre temps — car au fond, ce n'est rien d'autre que votre vie.*
*À très bientôt dans Entre-temps.*