- Guillaume
Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez Entreprendre avec Assurance, le podcast qui va à la rencontre d'entrepreneurs passionnés. Ici, on découvre les coulisses d'une profession, d'un métier ou d'un sujet d'actualité. On y parle notamment des impacts de la transformation digitale chez nos invités. Je suis Guillaume, CEO chez Perceval, l'assurance chevaleresque. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Jean-Christophe Migny, fondateur de la société Austral Repair. Bienvenue Jean-Christophe, merci de te prêter au jeu.
- Jean Christophe
Merci Guillaume de me recevoir ce matin. Je suis donc Jean-Christophe Mini, j'ai 35 ans. J'ai créé Austral Repair il y a 4 ans sur un concept de carrosserie rapide. Et nous avons deux camions qui sont sur l'île actuellement pour faire de la carrosserie à domicile. Et nous avons un atelier sur le sud pour faire de la carrosserie aussi rapide mais sur un atelier fixe.
- Guillaume
Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce que tu as fait avant ? de te lancer dans cette aventure Austral Repair ?
- Jean Christophe
Alors déjà, je pense que pour commencer, je suis déjà un passionné d'automobile depuis tout petit. J'ai commencé un petit peu par le karting, j'ai fait un petit peu de compétition auto. J'ai toujours aimé ça et j'ai pu connaître l'après-vente automobile durant mon cursus scolaire, puisque sur mon BTS après-vente automobile, j'ai eu des stages en entreprise et en concession. Ce qui m'a permis après de continuer sur une licence. Et durant cette licence, j'étais en alternance, j'ai été embauché par Renault, justement. Une succursale.
- Guillaume
En hexagone ?
- Jean Christophe
En hexagone, tout à fait. J'ai fait mes études en métropole, j'ai eu mes premières expériences en métropole. J'ai donc travaillé en tant que chef mécanique et carrosserie dans les succursales Renault. J'ai vite évolué en tant que chef d'atelier. Et j'ai donc eu l'opportunité de venir à La Réunion ici il y a six ans. dans des concessions, j'ai eu plusieurs expériences et le Covid malheureusement est passé par là, ce qui fait que j'ai donc créé mon entreprise à la suite de cela.
- Guillaume
Et du coup je crois savoir que quand tu étais donc en métropole, tu as tu managé une équipe, je sais plus une assez grosse équipe d'une vingtaine de personnes ou j'ai une bêtise ?
- Jean Christophe
Alors tout à fait, j'ai commencé en fait en tant que chef d'équipe à avoir des ateliers, donc on est sur une vingtaine, trentaine de personnes en succursale. Et j'ai vite évolué en tant que chef d'atelier. Donc là, on chapote la totalité, que ce soit mécanique, carrosserie ou service rapide. Et j'ai pu avoir une première expérience avec une cinquantaine de personnes sur le nord de la France, sur le site de Roubaix. Et on a vite évolué sur le site de Fashtouménil avec 80, 90 personnes. Donc oui, j'ai eu pas mal de monde à gérer.
- Guillaume
Ok. Ça va nous amener plein de questions intéressantes que j'ai déjà à l'esprit. Mais peut-être avant... Pour revenir sur la création d'Austral Repair, tu disais tu es revenu à La Réunion, tu as travaillé en concession, le Covid est passé par là. Comment tu as eu le courage de te lancer pour créer Austral Repair ?
- Jean Christophe
C'est sûr qu'entre être chef d'atelier, avoir tout le confort d'une grosse entreprise et sortir de sa zone pour monter son entreprise, je pense que le passage s'est fait simplement. sur le fait que je n'avais pas envie de quitter La Réunion pour retrouver du travail en métropole. Je venais de fonder ma famille, donc forcément on a le confort ici. Et puis je retrouvais aussi une autre partie de ma famille, du fait que je sois aussi créole du côté de ma maman. Donc j'ai voulu absolument rester à La Réunion. Et à ce moment-là, je me suis posé les bonnes questions en me disant est-ce que je retourne encore dans des gros garages ? Parce que mon principe c'est d'arriver. Forcément, il n'y a pas de rentabilité, il y a un problème humain. Donc il y a un vrai problème, un vrai challenge à remonter. Est-ce que je veux continuer là-dedans ou est-ce que je monte ma structure et j'apporte aussi à La Réunion une valeur ajoutée sur quelque chose, encore une fois, qui n'existe pas, puisque la carrosserie rapide, avant qu'on arrive, avant qu'Australia Repair ne soit créée, n'existait pas. Donc c'est pour ça que j'ai voulu aussi amener quelque chose de nouveau et j'ai réfléchi. Je pense que le Covid a fait réfléchir énormément de monde. On a beaucoup d'entrepreneurs à La Réunion qui ont créé à la suite de ces événements. Et c'est aussi cette envie, je pense, de faire quelque chose de moi-même. Et de créer vraiment une entreprise. Parce que j'aurais pu aussi prendre une franchise. Il y a des franchises qui existent en métropole. Mais non, j'ai vraiment voulu tout créer pour...
- Guillaume
De A à Z, tout seul. Et l'expérience entrepreneuriale, c'est-à-dire monter une société, créer une société. On parlera tout à l'heure après du recrutement, de tous ces aspects-là. Mais ça ne t'a pas fait peur ? Parce que tu n'avais pas d'expérience. De toute façon, il n'y a pas d'école pour apprendre à devenir entrepreneur. mais ça t'a pas... un peu impressionné, peut-être le côté administratif, la gestion, comment gérer la comptabilité d'une boîte, comment tout ça... Tu ne t'es pas posé de questions, c'est venu tout seul et tu as embrassé le truc ? Vous étiez préparé d'une manière ou d'une autre pour cet aspect gestion ?
- Jean Christophe
Quand on crée une entreprise, au tout départ, on a déjà l'idée de ce qu'on a envie de faire. Toute la partie arrière, après, vient tranquillement au fur et à mesure. Moi, je ne suis pas issu d'une famille d'entrepreneurs. J'ai mon papa qui était dans l'armée de l'air, ma maman qui était salariée. Donc, au final, je n'ai pas d'histoire par rapport à l'entreprenariat. J'ai juste eu mon papa qui a appris sa carrière dans l'armée. Lui s'est mis à son compte, il était consultant pour des entreprises, donc il m'a quand même fait goûter un petit peu à l'entrepreneuriat, mais de très loin. Par contre, c'est vrai que les postes que j'ai occupés font que j'étais une petite entreprise dans l'entreprise. Je gérais mes services comme je pouvais gérer l'entreprise. Donc, en étant chef de centre de profit, globalement, quand on passe dans le monde de l'entrepreneuriat, il n'y a pas énormément de différences. Alors oui, si par contre, c'est vrai qu'il faut faire du recrutement, j'ai plus de RH. j'ai plus de responsable financier, donc voilà, il faut s'entourer aussi des bonnes personnes. Et quand j'ai décidé de créer mon entreprise, je savais ce que je voulais faire. Mais par contre, j'ai eu l'aide de mon papa à ce moment-là, qui lui avait déjà une expérience, et je pense que ça m'a beaucoup aidé. Et aujourd'hui, mon papa est associé avec moi, donc une SARL. Et ça nous permet aujourd'hui d'être complémentaires dans notre job. Et j'ai vraiment appris grâce à lui pas mal de choses que lui avait déjà acquises.
- Guillaume
Alors justement, moi, c'est une petite question que j'avais préparée. Connaissant ton association avec ton papa, étant au courant de cette association, comment avez-vous pu définir les rôles de qui fait quoi dans l'entreprise ? Et comment est-ce qu'on travaille en famille ? C'est un peu le sens de la question.
- Jean Christophe
C'est vrai qu'au début, ça s'est fait naturellement. Quand je lui ai dit que j'arrêtais mon job de salarié, que je souhaitais monter une structure, je lui ai expliqué le concept. Tout de suite, il m'a dit « je peux t'aider » . Et donc, ça a été naturel. Je pense qu'on est assez complémentaires, je l'ai dit tout à l'heure, puisqu'en fait, moi, j'ai la partie technique qu'il n'a pas du tout, mais lui, il a toute la partie informatique, gestion et analyse de l'entreprise. Donc, en fait, ça s'est fait clairement, naturellement. Il m'a beaucoup aidé sur le montage de l'entreprise jusqu'à un moment où je lui ai dit « Mais si tu m'aides, il faut que tu sois aussi… »
- Guillaume
Partie prenante, actionnaire, on va dire, dans la structure.
- Jean Christophe
Il faut qu'on officialise les choses. Donc à partir de ce moment-là, on s'est renseigné avec un comptable ce qui était possible de faire, le statut de l'entreprise, le système d'association, combien on partage, quelles sont les parts qu'il doit mettre par rapport au capital, etc. Et donc ça a été déjà le début de l'aventure. Et à partir de ce moment-là, on s'est posé, j'ai quand même un papa, comme je l'ai dit, qui était dans l'armée, donc écaré, vous imaginez. Et en fait, on s'est posé tous les deux et on s'est dit, qu'est-ce que l'un peut apporter à l'autre ? Et en fait, cette complémentarité aujourd'hui... Je pense qu'énormément de monde aimerait avoir ce système de fonctionnement. Donc, il me donne tous les outils nécessaires aujourd'hui à gérer mon entreprise en temps réel. Que ce soit l'outil de production, les logiciels qu'il a pu créer sur mesure, ou alors l'outil d'analyse de gestion. Et donc, aujourd'hui, le pilotage de l'entreprise, globalement, est fait ensemble. Donc, on a chacun nos tâches.
- Guillaume
On a des rôles clairement définis et très complémentaires.
- Jean Christophe
Exactement. Aujourd'hui, on a donc... trois collaborateurs sur Austral Repair. Je gère toute la partie management, toute la partie technique, toute la partie commerciale. Mais lui, il va vraiment m'aider sur le développement, puisqu'on est en développement continu depuis qu'on a créé l'entreprise. Et je pense qu'aujourd'hui, clairement, je ne serais pas là s'il n'était pas...
- Guillaume
S'il n'avait pas été avec toi dans l'aventure. Super. Petite question indiscrète, vous n'êtes jamais... Après, dans une association, il faut que quelqu'un puisse trancher. Mais est-ce que ça n'a pas déjà généré des petites crispations ou des frustrations ?
- Jean Christophe
Je pense que déjà, quand on travaille en famille, il faut savoir faire la part des choses. Je vous prends un exemple simple. On a un groupe WhatsApp. Je travaille énormément avec WhatsApp aujourd'hui, que ce soit avec mes collaborateurs ou en interne avec mon papa. On a un groupe papa où je vais lui parler des choses de la famille. Et on a un groupe direction. Donc, quand on a des choses à se dire sur le pro, on se le dit dans le groupe. Quand on a des choses à se dire perso ou des photos à s'envoyer, qui sont les enfants ou voilà, il m'envoie un plat qu'il est en train de manger. Clairement, on est sur la vie perso, donc on a su déjà dissocier.
- Guillaume
Vous l'avez fait dès le début, ça, cette dichotomie ? Ou alors c'est au bout de quelques mois où vous avez dit il faut qu'on agisse ?
- Jean Christophe
Non, dès le début. Alors on sait qu'en plus, on est des gros passionnés. C'est à dire que quand on s'investit ensemble, tous les deux, on est vraiment à fond dedans. Et je pense qu'au départ, ça a été tout de suite mis, on a tout de suite mis les barrières. Après, pour répondre à ta question, oui, ça arrive qu'il puisse y avoir des malentendus, qu'il puisse y avoir des choses où on n'est pas d'accord. Mais malgré tout, aujourd'hui, il respecte le fait que je sois le gérant de l'entreprise. Dans les décisions, il me laisse faire, il sait me conseiller, mais il n'a jamais pris les devants en disant « je suis ton père, donc voilà » . Mais c'est vrai que c'est marrant puisque sur des rendez-vous professionnels, au tout départ, on a créé l'entreprise. On arrive, en plus, moi je m'appelle Jean-Christophe, il s'appelle Christophe. Forcément, quand on arrivait dans des bureaux, les gens ne savaient pas trop forcément qui est le gérant et inconsciemment, on se dit que c'est le papa. Et en fait, non, ça s'est fait comme ça. Mais non, c'est une belle aventure avec lui. Le conseil que je peux donner aux personnes qui créent une entreprise en association, c'est de vraiment bien s'entourer avec l'associé. de bien définir les tâches, de bien poser les choses. C'est très important parce qu'on a souvent des associations qui sont avec des amis ou des connaissances ou des anciens collègues. Mais moi, je vois tellement de personnes autour de moi où les associations sont compliquées. Je ne dis pas que la mienne est la plus simple, mais en tout cas, on fait en sorte que ça se passe bien. Et moi, je suis très content aujourd'hui de la manière dont ça se fait.
- Guillaume
C'est top. Écoute, c'est super intéressant. Merci beaucoup. J'avais une petite question sur ton principal défi pour la création d'Austral Repair. Qu'est-ce qui a été, selon toi ? dans la phase de création le plus compliqué, le plus complexe, le principal défi que vous avez dû relever pour que ça prenne et que ça démarre.
- Jean Christophe
Je pense qu'aujourd'hui, en France, on est très bien entouré pour créer des entreprises. On a eu un comptable qui a fait le travail. Donc, ce n'est pas vraiment la création de l'entreprise en elle-même, c'est toute la partie technique à avoir derrière. Puisqu'en fait, on est parti d'une feuille blanche, on a monté quand même un camion avec une carrosserie mobile à l'intérieur.
- Guillaume
Oui, donc c'est ça, déjà, ça c'est un truc de dingue.
- Jean Christophe
Mur de peinture, compresseur, pistolet, tout le matériel qu'il faut, il ne faut rien oublier. Alors, il y a eu forcément des petits boîtiers au départ. Mais on a su ajuster les choses et aujourd'hui on a vraiment créé un vrai concept à notre main, puisqu'en plus les montages de camions c'est nous qui le faisons nous-mêmes. Et c'est vrai que toute la partie technique, quand on arrive chez un client, on ne peut pas ne pas avoir le tuyau d'air, la rallonge électrique qu'il faut. Donc il faut vraiment penser à tout. Mais par contre, ici à La Réunion, on a quand même des fournisseurs qui sont très bienveillants, qui sont de très bons conseils. Donc je me suis aussi entouré des bonnes personnes dès le départ. pour me proposer les meilleurs produits. Et après, une fois qu'on arrive à matcher tout le monde, on a mis à peu près, pour vous donner un ordre d'idée, plus de six mois à créer juste le camion. Ce n'est même pas penser, c'est le créer. Il y a toujours des imprévus, etc. Donc, je pense que cette grosse partie technique, au départ, qu'on a montée, ça a été assez compliqué. Et je pense que la deuxième chose qui a été compliquée au montage de l'entreprise, c'est que forcément, on est sur un concept qui est nouveau. Et donc, mon papa, à ce moment-là, m'a poussé aussi à déjà démarcher. alors que l'entreprise n'était pas créée. Donc vendre une prestation à des gens sans savoir encore comment ça va fonctionner. Mais globalement, j'avais déjà vu ce concept en métropole. C'est pour ça que d'ailleurs, je me suis un peu inspiré d'entreprises qui sont en métropole. Et donc, la partie aussi commerciale, c'est sortir de ma zone de confort forcément, puisqu'avant, j'étais dans des garages, ça venait à nous. Et donc, c'est vraiment d'aller des marchés, vendre son concept. et vendre son entreprise. Et ça, pour moi, ça a été une grosse difficulté au départ de sortir de ma zone pour ce genre de choses.
- Guillaume
Comment tu as fixé tes prix ? Tu disais que tu t'es inspiré de ce qui se faisait un petit peu en métropole, etc. Comment tu as fait ta grille tarifaire ? Et deuxième question dans la question, est-ce que tu peux nous dire un petit peu quels sont les services que tu proposes ? Comment ça se passe concrètement ?
- Jean Christophe
En fait, ce qu'on propose, nous, c'est vraiment de la petite carrosserie. C'est-à-dire qu'on va faire un ou deux éléments maximum en extérieur. Et en fait, on est sur des techniques de spot repair. C'est-à-dire que si vous avez un pare-choc, vous abimez votre pare-choc à l'avant-droit, on va venir réparer la zone abîmée sur l'avant-droit.
- Guillaume
Non, je n'ai pas tout le pare-choc.
- Jean Christophe
Et donc, cet aspect technique nous amène sur des forfaits. On propose plusieurs forfaits, réparation de jante, on fait de la réparation carrosserie avec du redressage aussi, redressage mineur, on s'est posé un mastic, réparé les plastiques. On préfère du coup réparer une pièce plutôt que de la changer. On connaît les prix de pièce.
- Guillaume
Et puis, c'est plus rapide aussi pour l'utilisateur, le client. Ça va durer, je ne sais pas, une, deux, trois heures, une demi-journée, mais c'est mieux que de laisser sa voiture toute la journée, voire deux jours au garage. Tout le monde y gagne, j'ai l'impression.
- Jean Christophe
En plus, il faut savoir que quand vous déposez votre véhicule dans un garage, généralement, il n'est pas touché tout de suite. Vous avez des temps morts. C'est pour ça qu'en fait, pour un pare-choc, vous allez l'immobiliser pendant deux à trois jours. Nous, quand on vient chez le client, on se concentre à 100% sur le véhicule. Et donc, quand on s'en va, le véhicule est terminé. Il n'y a pas de temps de séchage particulier. Et donc, on propose plusieurs forfaits pour essayer de donner de la visibilité à nos clients. Donc, réparation de jantes, réparation de pare-chocs, on fait des éléments comme des portes, etc. Mais encore une fois, en petit volume. Si vous prenez un coup de clé sur votre latéral de véhicule, on ne pourra pas vous le faire en extra, il faudra absolument passer en cabine. Donc, voilà la partie technique. Et après, sur le montage vraiment des camions, on a dû s'adapter aussi déjà au temps, ici à La Réunion, parce qu'on a des fortes chaleurs. Il faut absolument que nos produits, on est sur des produits chimiques, soient isolés, soient bien mis dans des éléments aérés, etc. Et voilà, donc le concept s'est monté comme ça.
- Guillaume
Et donc, comment tu as pu choisir tes tarifs, fixer tes tarifs ? Puisque tu disais qu'il n'y avait pas de concurrent à l'époque, à La Réunion, qui faisait la même chose que vous. Donc, comment tu peux dire, parce que ça, c'est vachement important dans ton modèle économique, ton business plan. Toi, tu as des coûts en face. tu te plantes sur tes tarifs, que tu es trop bas, tu peux vite perdre de l'argent. Comment tu as réussi à appréhender la grille tarifaire de tes forfaits, de tes offres ?
- Jean Christophe
Alors déjà, on analyse la concurrence indirecte. Pour moi, la concurrence indirecte aujourd'hui, c'est toutes les carrosseries qui sont sur l'île. J'ai pu connaître forcément, vu que j'ai travaillé aussi dans certains établissements, leur manière de fonctionner sur les devis. Maintenant, c'est une grosse étude de marché, forcément, déjà dans un premier temps. C'est à peu près les prix qui sont pratiqués ici sur l'île. une grosse étude aussi des prix des produits puisque des matières premières pour toi exactement d'un papier à poncer, le prix d'un pot de peinture. Et ensuite, en fait, nous, comme on vend de la main d'oeuvre, c'est se rendre compte le temps passé sur un véhicule. Donc, on a commencé avec des prix. Au bout de quelques mois, on s'est vite rendu compte qu'il fallait l'augmenter parce qu'en fait,
- Guillaume
c'était sous dimensionné finalement.
- Jean Christophe
Exactement. On a dû réajuster. Je pense que oui, le. Le business plan qu'on a fait à l'origine était plutôt pas mal, mais on a dû vraiment s'adapter dans le sens où la mobilité est assez compliquée en organisation. Quand on arrive chez un client, il se peut qu'il faille dépasser deux voitures. Notre camion n'est pas forcément à côté du véhicule. Il faut aller chercher la prise de courant. Des fois, le client parle un petit peu, ce qui est normal avec le collaborateur.
- Guillaume
Ça, c'est du temps aussi qui va immanquablement peser dans ton calcul de rentabilité.
- Jean Christophe
Et pour un meilleur suivi, nous aujourd'hui, comme on est au temps passé, on regarde vraiment les heures vendues, le temps que j'ai moi mis sur l'intervention et le temps qu'a passé le collaborateur. Donc on a vraiment fixé nos prix, on va dire sur presque une année, où on a un peu modifié en termes de coût et on a réussi à s'ajuster au mieux. Et aujourd'hui, il y a des augmentations qui sont annuelles dues au coût des produits, puisque comme on fait venir des produits de métropole, forcément. Il y a des augmentations, que ce soit sur le transport ou la manipulée.
- Guillaume
Oui, tout augmente, on sait.
- Jean Christophe
Mais voilà, là, on est vraiment dans des bases de prix qui sont, on va dire, verrouillées. Et ça nous permet de travailler chaque année sur notre prévisionnel de l'année d'après.
- Guillaume
Ok. Alors du coup, j'en reviens à ton papa. Parce que je crois savoir aussi qu'au début, vous avez travaillé à distance. À la création de la boîte, il n'était pas encore sur l'île. Comment vous avez pu vous organiser pour travailler à distance ? Et puis aussi... J'aimerais bien que tu développes un petit peu quand tu dis qu'il a mis en place des outils.
- Jean Christophe
En fait, c'est vrai qu'on a monté l'entreprise. On était à distance, lui en métropole et moi ici à La Réunion. C'était en mode visio tous les jours. Je pense que WhatsApp est notre meilleur ami. Et on a développé aussi l'entreprise à distance. Bon, il prenait quand même des billets d'avion pour venir à chaque nouveau développement et chaque mise en place. Mais c'est vrai qu'on a réussi malgré tout à travailler à distance. Mais après, il ressentait vraiment le besoin, je pense, de venir sur place. Et au contraire, aujourd'hui, ça fait donc un an et demi qu'il est ici à La Réunion, ce qui nous permet d'aller encore plus vite. Je pense que la visio, le distanciel, c'est bien, mais quand il est ici, le présentiel, c'est vraiment...
- Guillaume
Oui, ça marche encore mieux.
- Jean Christophe
Et en fait, dans le concept, lui a créé un logiciel sur mesure pour moi, c'est-à-dire que je lui ai donné toutes les informations nécessaires aujourd'hui, moi, pour pouvoir créer une intervention, créer un client, le suivi, etc. Donc, il m'a vraiment ajusté, on va dire, pendant au moins les deux. voire trois premières années, ce logiciel. On en remettait, on ajustait, on mettait des outils en place différents. Et il a aussi créé une application mobile qui nous permet aujourd'hui, pour les collaborateurs en mobilité, d'être libres et d'être autonomes.
- Guillaume
C'est top. Donc, il est développeur, ton papa ?
- Jean Christophe
Voilà, tout à fait. Il a quitté l'armée. Il était mécanicien avion sur Elise pendant des années. Et donc, quand il est parti de l'armée, il y a eu une grosse partie informatique, je pense de formation, etc., qu'il a pu avoir. Et quand il est parti dans le privé, il a continué dans ce domaine-là informatique. Et donc, il est vraiment dans le développement.
- Guillaume
Donc, tu es une petite entreprise, si tu me permets la mise à l'échelle, mais tu as un logiciel sur mesure au top du top. C'est quand même génial. Et tu disais donc qu'il y a une application mobile qui sont pour tes collaborateurs, qui leur permettent de savoir où être déployés, ce qu'ils doivent faire, peut-être facturer. Vous marquez le début et où la fin de l'intervention ?
- Jean Christophe
Tout à fait. En fait, la mobilité, je l'ai dit tout à l'heure, est très compliquée sur la gestion humaine. Déjà, c'est que je ne peux pas aller voir le collaborateur qui est à Saint-André ce matin et gérer celui qui est au tampon. Donc pour ça, il faut de l'autonomie. Et dans cette application, pareil, on a commencé, elle était ultra light et on l'a chargée au fur et à mesure. Elle nous permet aujourd'hui d'avoir une pointeuse pour chaque collaborateur. Donc on sait le temps qui est passé sur chaque intervention. On sait le temps qu'ils passent dans leur camion aussi. parce que c'est très important à savoir. On arrive aussi à pointer les temps en productif. C'est-à-dire que s'il y a du nettoyage camion, il passe deux heures chez le fournisseur. L'idée, c'est d'avoir un maximum d'informations et de retours de nos collaborateurs. Et il y a aussi une deuxième chose, malgré tout, et qui est la plus importante, je pense, c'est que le collaborateur est complètement autonome. Il a toutes ses missions en visibilité sur cette application. Il sait quel véhicule, quel client, quelle adresse, à quelle heure il doit y être, tout son planning. Et ça permet aussi d'arriver sur le chantier et d'être prêt. d'avoir anticipé son matériel, de se dire, allez, aujourd'hui, j'ai ça à faire, donc il me faut ça, il me faut ça. Et donc, je veux vraiment autonomiser depuis quatre ans mon équipe parce que, encore une fois, je ne peux pas être partout. Et cette application vraiment m'aide au quotidien et ils ne vont pas jusqu'à la facturation. Par contre, voilà, ils font l'encaissement auprès des clients vu qu'ils sont chez le client. Et moi, après, je gère.
- Guillaume
Merci. Le client paye par quel moyen ?
- Jean Christophe
espèces je sais pas trop si vous acceptez des espèces espèces virements et chèques d'accroche lorsque là on va déployer maintenant au vu du nombre de collaborateurs les tpe oui d'accord une solution de paiement carte bleue tout à fait alors on a encore énormément de clients qui payent en espèces ou en chèques d'accord le virement instantané a été aussi quelque chose d'intéressant pour nous parce qu'on laisse la liberté aux clients de faire le règlement par virement moi je pars du principe c'est que on paye sa prestation à partir du moment où elle est bien réalisée.
- Guillaume
Bien réalisée, terminée.
- Jean Christophe
Toujours l'exemple de mes clients, je leur dis quand vous allez manger au restaurant, vous payez après avoir mangé. Chez Austral Repair, on ne se concentre pas déjà sur le règlement. Oui, je ne sais pas. La première chose qu'on prend, c'est vraiment se concentrer sur l'intervention, sur le client, sur ce qu'il y a à faire et après on voit le reste.
- Guillaume
Ok. Et entre les paiements par chèque et les paiements même par virement instantané, mais qui vont être déclenchés après l'intervention, après la finition de la mission, ... Est-ce que tu as des impayés ou très peu ? Est-ce que les gens sont plutôt honnêtes ? Ou est-ce que tu as des petits soucis ?
- Jean Christophe
Comme toute entreprise, je pense, on a quelques impayés. Ça peut arriver, quelques oublis. Mais notre logiciel nous permet de suivre ça vraiment à la lettre. Donc non, aujourd'hui, c'est suivi, il n'y a aucun souci. Et il y a un deuxième aspect, c'est que comme on vient chez le client...
- Guillaume
On sait où vous habitez.
- Jean Christophe
Des fois, on dit pour l'humour que de toute façon, si vous ne nous payez pas, on sait où vous êtes. Mais non, ça n'arrive pas, ça peut arriver de temps en temps, mais ce n'est pas méchant. Ça se gère très facilement.
- Guillaume
D'accord. Et donc, tu as constitué une équipe autour de toi, tu as dû recruter des personnes pour t'aider et pour aller justement opérer dans toute l'île, parce que vous couvrez toute l'île, je crois. Il n'y a pas de distinction, il n'y a pas de zone grise.
- Jean Christophe
Mafate.
- Guillaume
Oui, évidemment, mafate compliquée.
- Jean Christophe
C'est compliqué, on couvre tout le quai. En fait, on a commencé avec un camion. Ce camion-là, vu que nous, on est dans l'ouest, donc couvrait vraiment l'ouest, le sud, on avait énormément de demandes. Et puis très vite, victime de notre succès, on a passé là-haut du littoral. Saint-Denis a un très, très fort potentiel. Donc, on a vu qu'il fallait travailler autrement. Pourquoi ? Parce que ça devient des heures de trajet. Au départ, on avait des collaborateurs qui faisaient sur un mois, 35 à 40 heures de trajet dans le mois.
- Guillaume
Oui, c'est énorme.
- Jean Christophe
Donc on a dû dissocier l'île en deux parties. Aujourd'hui, on a un camion qui couvre l'ouest et le sud et on a un camion sur le nord et l'est.
- Guillaume
Aujourd'hui, dans ton métier ou dans ta boîte chez Austral Repair, qu'est-ce que tu aimes, toi ? Qu'est-ce que tu aimes ? Qu'est-ce qui te fait te lever le matin ? C'est de voir ta boîte croître, c'est de voir ton rôle évoluer. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ?
- Jean Christophe
Alors moi, déjà, ce que j'aime le plus, c'est la satisfaction de mes clients, clairement. Donc quand un client est satisfait, déjà le collaborateur l'est aussi derrière. On a un métier qui est visuel, on arrive, la voiture est cassée, on repart, la voiture est réparée. Donc on a aussi la satisfaction de nos clients en direct et ça c'est très sympa. J'ai pu connaître des ateliers mécaniques auparavant, je vous donne un exemple, on change une vanne EGR sur une voiture parce qu'il y a un défaut, il y avait un voyant, on change la pièce, on enlève juste le voyant, le client ça l'embête de venir, ça l'embête de payer, il n'y a pas de satisfaction. La carrosserie c'est vraiment un métier satisfaction pour nos clients, donc ça c'est déjà la première chose aujourd'hui où Je suis content d'apporter ma touche à La Réunion sur des petits sinistres. Et la deuxième chose, c'est cette liberté de l'entrepreneuriat. Il y a un matin, je peux être ici sur Saint-Denis pour faire du démarchage client. Je peux aller voir mes collaborateurs au tampon l'après-midi. C'est vraiment la liberté.
- Guillaume
Tu peux enregistrer un podcast une fois de temps en temps.
- Jean Christophe
Mais c'est ça, exactement. Donc, non, non, c'est top. Le réseau aussi à La Réunion est très puissant. Je pense que oui, c'est assez sympa aujourd'hui, l'entreprenariat ici sur l'île. Ok.
- Guillaume
Deux petites questions. La première sur la satisfaction client. Tu disais, j'ai de la satisfaction, je le vois dans les yeux de mes clients, etc. Est-ce que tu as mis, vu que tu as l'air de mesurer pas mal de paramètres dans ton métier, est-ce que tu as mis en place un outil, par exemple, de recommandation ? Ça peut être, tu sais, sur Google, laissez-moi un avis ou récolter un témoignage. Est-ce que tu as un outil pour mesurer ? la satisfaction client de façon un peu factuelle et pas seulement quand le client récupère son véhicule.
- Jean Christophe
Alors quand on a commencé, on a monté un questionnaire sur Forms. Donc en fait j'ai créé une enquête satisfaction avec plusieurs items qui me permettaient de voir où ça pouvait pêcher, que ce soit le commercial, la technique, etc. Par contre en fait à un moment je me suis dit c'est bien, mais il n'y a que moi qui le vois, les collaborateurs aussi bien sûr on leur faisait un retour, mais je me suis dit autant avoir de la visibilité. C'est pour ça qu'on invite aujourd'hui nos clients à venir répondre sur les enquêtes Google, peu importe l'intervention. A chaque intervention, je demande aux collaborateurs d'inviter les clients à répondre sur Google. Ça apporte bien sûr de la visibilité et c'est surtout que derrière, on a un vrai avis de nos clients noté.
- Guillaume
Mais comment tu captes tes nouveaux clients ?
- Jean Christophe
Alors on est encore une fois sur un métier visuel, donc aujourd'hui sur les réseaux sociaux on est très présent, que ce soit Facebook, Instagram, donc avec Meta. On fait des avant-après, clairement, on est sur des petites interventions, donc vous montrer un avant et un après tout de suite ça impacte. On fait des publications payantes, mais après c'est vraiment mes clients qui doivent être aussi ambassadeurs. On a bien travaillé, généralement il y a une communication autour et on le sait très bien que nos clients nous apportent d'autres clients. tout du moins d'autres prospects. Donc on essaye vraiment de faire connaître aussi le concept, puisque c'est quelque chose qui n'est pas connu aujourd'hui des Réunionnais, un peu plus connu, on va dire, en métropole. Donc il faut aussi faire comprendre ce qu'on fait. J'ai énormément de demandes tous les jours pour des complètes peintures, enfin véhicules de peinture complète. Ce n'est pas notre métier, parce que les gens n'ont pas compris ce qu'on faisait. Donc la carrosserie rapide, c'est assez nouveau, mais il faut aussi communiquer sur les réseaux. Donc oui, voilà, beaucoup de réseaux sociaux.
- Guillaume
Ok, ok. Et donc ils sont efficaces a priori dans ton cas ? Ça fonctionne. Ça vous rapporte des nouveaux clients. Ça y participe en tout cas assez fortement.
- Jean Christophe
Ça fonctionne.
- Guillaume
Bon alors, on parle d'automobile. Forcément, moi qui parle toujours un petit peu d'assurance dans cette émission, ça m'emmène sur le sujet de ton rapport à l'assurance et de comment s'articule Austral Repair par rapport à tout ça. Je te pose vraiment la question, je n'ai pas la réponse, mais est-ce que... Vous êtes pris en charge par les assureurs, par exemple, ou alors est-ce que c'est en général vraiment le client qui va vous régler la prestation ? Ou alors est-ce que vous pouvez aussi passer dans le circuit d'une indemnisation à travers un assureur ?
- Jean Christophe
Alors, nous n'avons par choix personnel pas d'agrément assurance. Donc aujourd'hui, je n'ai pas été négocié avec une assurance pour qu'il m'amène du volume de véhicule. C'est un choix personnel parce qu'en fait, c'est beaucoup de contraintes, contraintes de taux horaires, etc. Et je préfère être maître de mon activité. C'est-à-dire que si demain je signe avec une assurance et qu'il m'envoie du volume et que je ne peux pas le traiter, il y aura de l'insatisfaction forcément. Et il y a la loi Hamon qui est passée depuis quelques années, je crois que c'est 2014 ou 2016. Cette loi Hamon permet aux clients qui déclarent un sinistre dans leur assurance de choisir le réparateur qu'ils souhaitent. Avant, vous aviez une liste de réparateurs, le client devait absolument aller dans cette liste de réparateurs. Aujourd'hui, vous pouvez choisir au Skrill Repair, même si vous avez un sinistre assurance et qu'on n'est pas agréé. Donc, j'ai quelques clients qui nous contactent concernant des sinistres assurances. Les experts nous connaissent aussi sur le marché, mais c'est quelque chose à connaître. C'est très important. Vous êtes libre du réparateur pour faire la réparation de votre véhicule.
- Guillaume
Merci de ce conseil pour ceux qui nous écoutent. C'est top.
- Jean Christophe
Et la dernière chose, c'est que normalement, l'assurance doit...
- Guillaume
informer son assuré à partir du moment où il y a des déclarations de sinistre et qu'il met la liste des réparateurs, l'assurance doit dire aussi que vous êtes libre de choisir.
- Jean Christophe
Vous avez la possibilité, d'accord, de choisir un autre intervenant, une autre entreprise. Ok. Alors, aujourd'hui, le marché de l'automobile à La Réunion, il ne va pas très fort, même au niveau national. Est-ce que ça a un impact sur ton activité ? Comment tu vois un petit peu l'évolution du marché automobile, finalement, à La Réunion ? Et qu'est-ce que ça t'évoque ? par rapport à Austral Repair ou même à titre personnel ?
- Guillaume
Alors aujourd'hui, le marché à La Réunion, c'est plus de 400 000 véhicules, il faut le savoir sur les routes, oui et non, parce que pas mal d'épaves qui sont encore dans les chemins. Mais il y a plus de 400 000 immatriculations, en tout cas sur l'île. Donc il y a déjà du travail pour tout le monde. 630 garages mécaniques et carrosseries quand même.
- Jean Christophe
Ça c'est intéressant ces chiffres.
- Guillaume
Il y a du monde sur la place. Oui et non, on n'est pas vraiment impacté par cela parce que ce sera plus les ventes de véhicules et les concessions qui vont être impactées. Aujourd'hui, les gens continuent à faire réparer leurs véhicules, à garder des véhicules propres. Je pense que c'est très réunionnais aussi de t'aimer que sa voiture soit propre et pour nous, c'est le top. Mais oui, on sent quand même depuis quelques mois une baisse des demandes. Je pense que c'est dû surtout à la conjoncture et aujourd'hui, on va peut-être se dire, « Allez, ma voiture est abîmée, on va peut-être… » pour repousser un peu l'échéance par rapport à la mécanique. Quand vous avez une vidange, on ne joue pas trop avec ce genre de choses, au risque de casser le moteur ou quoi que ce soit. Donc c'est vrai qu'on sent quand même un impact depuis quelques mois, mais avec le marché automobile qu'il y a ici à La Réunion.
- Jean Christophe
Comment tu vois un peu l'avenir d'Austral Repair ? Est-ce que tu as des ambitions ?
- Guillaume
Alors oui, on ne reste jamais les deux pieds dans le même plat que mon papa, ça c'est sûr. On est en perpétuel développement, on pense toujours à la suite. même quand on a terminé un projet. On a commencé avec un camion, on en a mis un deuxième, on vient de mettre un atelier sur le sud, prochaine étape, un atelier sur le nord, début d'année prochaine.
- Jean Christophe
Début 2026 donc ?
- Guillaume
Et ensuite, je pense qu'on aura déjà assez fait pour la Réunion, on verra si on peut se développer ailleurs. J'aimerais, vu qu'on a tout créé... franchisé. Aujourd'hui, on est monté tellement en qualité que tout ce qu'on dit, on le fait. Tout ce qu'on écrit, on le fait. Tout ce qu'on fait, on l'écrit. Donc, on est vraiment prêt pour ce genre de choses.
- Jean Christophe
Vous avez des process, vous avez des outils maison, encore une fois, l'application, etc. Vous avez une philosophie aussi. J'ai bien compris. Bien compris.
- Guillaume
Maintenant, au bout de quelques années aussi, on sait comment ça fonctionne. On sait qu'avec un camion, on peut rapporter temps. On sait qu'avec un raffolier, on peut rapporter temps. Donc, le business model aujourd'hui est déjà fait. Maintenant, il suffit d'analyser un peu le marché et pourquoi pas attaquer la métropole après par la suite.
- Jean Christophe
Écoute, maintenant, on va parler un petit peu plus de toi. Alors, c'est la petite interview qui s'appelle l'interview entre deux. Je sais que tu as déjà écouté quelques épisodes, donc tu vois de quoi il s'agit. J'imagine que tu te lèves assez tôt le matin. Je... Je pense que tu es aussi jeune papa. Quand tu démarres ta journée, est-ce que tu es plutôt thé ou café ? Café. Café, café, café, café. En termes de productivité, à quel moment de la journée tu te sens le plus productif ? Plutôt le matin, l'après-midi, le soir ?
- Guillaume
J'ai deux phases. La phase du matin, où je pense qu'on en voit au travail, et le soir. J'ai une deuxième phase le soir où il y a une tendance depuis quelques mois où j'ai énormément de gestion clientèle à faire à partir de 16-17 heures. Je pense que personne ne sort du travail. Donc, j'ai du travail, on va dire, entre 16 et 19-20 heures. Après, je coupe. Ça, c'est primordial, surtout avec la vie de famille. Mais je pense que deux créneaux le matin et la fin d'après-midi.
- Jean Christophe
Et la fin d'après-midi. Très bien. Est-ce que tu es plutôt travail en équipe ou travail solo ?
- Guillaume
J'aime bien l'équipe quand même, parce qu'on se pousse toujours à faire mieux et à faire plus. Je le vois avec mon père, on n'est que deux, mais on est une équipe.
- Jean Christophe
Absolument. Aujourd'hui,
- Guillaume
le fait de l'avoir aussi, on se pousse au quotidien.
- Jean Christophe
Tu es plutôt travail, alors pour toi la question va être adaptée, mais tu es plutôt travail sur la route ou télétravail ?
- Guillaume
Écoute, les deux.
- Jean Christophe
On a le droit de dire les deux, je le dis tout le temps.
- Guillaume
J'aime bien le télétravail parce que c'est là où je pense qu'on avance le plus.
- Jean Christophe
Et plus posé, tu peux...
- Guillaume
Vraiment, j'en vois énormément de travail à ce moment-là. Après, le travail terrain, c'est bien aussi, c'est important.
- Jean Christophe
Est-ce que tu préfères embaucher un novice passionné ou alors un senior expérimenté ?
- Guillaume
Pas facile comme question, mais je dirais un novice. Je dirais un novice passionné. Parce qu'on peut le façonner, on peut l'emmener.
- Jean Christophe
Le former, lui transmettre les valeurs.
- Guillaume
Mais après, je pense que c'est bien aussi d'avoir quelqu'un qui a ses carrières passées.
- Jean Christophe
Toi, avec ton papa, tu as le côté aussi senior expérimenté. Tu es plutôt Mac ou PC ?
- Guillaume
Point de vue pro PC, perso, je dirais Mac.
- Jean Christophe
Merci. Tu réconcilies les deux mondes. Qu'est-ce qui est le plus important pour toi aujourd'hui dans ton activité ? Est-ce que c'est attirer de nouveaux clients ou fidéliser des clients existants ?
- Guillaume
Je dirais que c'est d'attirer les clients. On est une carrosserie, donc vous pouvez avoir besoin de nous une seule fois dans votre vie, si vous abimez votre véhicule. Donc, il faut continuellement aller chercher de nouveaux clients. Les fidéliser, c'est bien. Mais s'ils n'ont pas besoin de vous, ils ne vous rappellent pas.
- Jean Christophe
Tu es plutôt chien ou chat ?
- Guillaume
Je suis plutôt chien. Plutôt chien. Parce que, oui, plus d'interaction, je crois.
- Jean Christophe
D'accord. Tu as des chiens ?
- Guillaume
Pas du tout.
- Jean Christophe
Pas du tout. Pas le temps. C'est clair, peut-être. Peut-être. Pour te détendre, donc hors contexte boulot, est-ce que tu es plutôt Netflix ou par exemple lecture ?
- Guillaume
Alors non, je ne lis pas beaucoup. Je suis plutôt Netflix.
- Jean Christophe
En termes de style musical, qu'est-ce que tu préfères ? Le rock ou le rap ?
- Guillaume
Le rap.
- Jean Christophe
Je connaissais la réponse. Je connaissais la réponse. T'écoutes ? t'écoutes quelqu'un de particulier en ce moment ?
- Guillaume
Je crois que j'ai garé ma voiture et ça a coupé, ça devait être Pasi. Je suis très rap à l'ancienne.
- Jean Christophe
Alors là, merci, moi aussi, j'aime beaucoup toute cette période-là. Je ne suis pas là pour parler de moi, mais... Ok, Pasi, parce qu'il n'a pas fait beaucoup d'albums, mais oui, c'était très bien. C'était très bien. Alors, tu es plutôt podcast ou radio quand tu écoutes du contenu audio ?
- Guillaume
Alors, ça va dépendre des moments. Je vais être plutôt en journée pro la semaine sur des podcasts. Mais la radio, j'aime bien aussi et toutes les radios. Ça peut être du Cherry FM comme du Exo FM. Je suis vraiment sur la variété française comme le Dancehall. Il y a tous les styles.
- Jean Christophe
C'est radio pour la musique, pas forcément pour l'information.
- Guillaume
Pas du tout.
- Jean Christophe
Ok. Est-ce que tu es plutôt assurance traditionnelle ? Ou alors assurance digitale ? Assurance digitale ?
- Guillaume
Le monde va avec.
- Jean Christophe
C'est une petite question que j'allais te poser, que j'avais notée pour toi. Demain, si tu avais la possibilité d'assurer, par exemple, un nouveau camion que tu vas mettre sur les routes, avec tout l'équipement à l'intérieur, est-ce que tu serais prêt à souscrire cette assurance dans un parcours 100% digital ?
- Guillaume
Oui, bien sûr, puisque nous, de toute façon, c'est ce qu'on propose aussi chez nous. Un parcours 100% digital. Vous pouvez faire votre demande de devis en ligne sur notre site.
- Jean Christophe
Ah, intéressant.
- Guillaume
Recevez le devis dans les 48 heures. On prévoit une intervention. On n'a toujours pas vu le client. Et on lui envoie la facture en démat. Donc oui, aujourd'hui, je pense que c'est l'avenir. Et moi, dans mon concept, je vois les autres entreprises comme ça en fonctionnant sur du digital.
- Jean Christophe
C'est la fin de l'interview entre deux. Je te remercie pour ta sincérité. Ça nous a permis, c'est ma façon d'en découvrir un petit peu plus sur les gens qu'on reçoit. Tu as des choses à nous dire sur la partie sinistre en assurance automobile ?
- Guillaume
Oui, tout à fait. J'ai travaillé avec les assurances pendant plusieurs années quand j'étais en concession. En fait, première chose sur le sinistre auto, ce que je peux conseiller, c'est de vraiment bien choisir son contrat. On a eu énormément de clients qui ont eu des accidents. qui était au tiers, alors qu'ils avaient encore un crédit auto sur le véhicule. Donc à ce moment-là, vous êtes responsable, vous perdez tout. Vous avez encore votre crédit en cours et malheureusement, votre véhicule, vous devez le réparer. Donc ça, c'est vraiment le contrat basique à bien choisir.
- Jean Christophe
Il vient bien choisir son contrat à la base. Après, si je peux me permettre, les assureurs et les intermédiaires d'assurance, comme les courtiers ou les agents généraux d'assurance, surtout les courtiers d'ailleurs, on a un devoir de conseil. Ça semble quand même fou de vendre un contrat d'assurance automobile au tiers à quelqu'un qui a un véhicule neuf ou quasi neuf. Il y a quand même une notion de défaut de conseil. Et en plus, le professionnel dans cette situation, c'est l'assureur, c'est pas l'assuré. Donc c'est difficilement opposable à l'assuré qui en plus la plupart du temps va rechercher un prix le moins cher possible, parce que tout ça, ça coûte cher, les assurances ça coûte cher. Et d'ailleurs aujourd'hui, tu parlais de la loi Hamon il y a quelques instants, mais aujourd'hui les assureurs ont... une fiche d'expression des besoins de l'assuré à remplir à chaque souscription de contrat, et l'automobile est concernée, et sur ce document, alors ça vient un peu alourdir le côté administratif, malheureusement, de la souscription à un contrat d'assurance, mais l'assureur va produire un document qui va, dans les grandes lignes, expliquer que telle personne, tel prospect ou tel client, souhaitait telle garantie pour son assurance automobile, que l'assureur lui a proposé... d'autres garanties optionnelles et qu'à la fin, l'assuré a choisi délibérément de ne pas prendre, par exemple, la tour risque. Ça permet justement d'obliger les assureurs à porter à l'attention de leurs clients ces sujets. Voilà ce qu'on vous a proposé comme assurance, voilà quelles étaient vos autres alternatives. Vous, en votre âme et conscience, vous avez choisi cette formule d'assurance, même si elle n'est pas forcément la plus adaptée. Mais tout ça pour dire qu'il y a quand même... Une tendance générale où l'échange et le fait pour l'assureur de proposer les solutions les plus adaptées ne peuvent plus être mises, passées à l'as, comme on dit. Donc, ce genre de situation ne devrait plus arriver. Ce dont tu parlais, c'était plutôt par le passé. Quand tu as vu des... ou tu le vois encore aujourd'hui.
- Guillaume
Non, on le voit encore aujourd'hui. Clairement, alors pas sur des véhicules neufs. C'est des personnes souvent qui ont acheté des véhicules d'occasion. Oui. Donc, même une certaine valeur de 10, 15 000 euros. et qui au final ont un accident, sont assurés au tiers, ça m'arrive quand même assez souvent d'avoir le genre de personnes qui m'appellent. Et en fait, nous tout de suite, on voit le prix des réparations. On leur conseille généralement d'aller près de l'assurance parce que quand vous commencez à avoir un radiateur, etc., qui est touché, ça va commencer à chiffrer. Ou même la structure du véhicule, si vous avez un longeron ou quoi que ce soit, ça veut dire que c'est un marbre, donc ça peut vite chiffrer. Et on voit des clients, des fois, nous dire qu'ils sont encore sur un contrat au tiers alors que le véhicule a quand même une certaine valeur.
- Jean Christophe
Alors tu as commencé à le dire tout à l'heure, mais tu utilises pas mal les réseaux sociaux. Est-ce que tu peux nous dire un peu quelles sont les plateformes que tu utilises pour les besoins de ton activité ? Ou peut-être est-ce que tu fais du personal branding comme on dit ? Est-ce que tu communiques sur toi ou est-ce que tu communiques plutôt sur Austral Repair ? Et moi ce qui m'intéresse c'est quel type de publication tu fais sur ces réseaux, sur tes réseaux, pour que ça intéresse les gens ? Tu nous as parlé des avant-après, parce que tu as un métier très visuel. mais voilà, est-ce que tu peux nous dire un peu quels sont les... réseaux sociaux que tu utilises et quels sont les types de contenus que tu essaies de publier sur ces réseaux ?
- Guillaume
Alors sur Facebook, Instagram, on est très présent sur la partie technique et montrer justement aux clients ce qu'on fait, montrer les techniques de Spot Repair, montrer les avant-après, ça c'est très important pour nous. Et après pour moi, mon point de vue personnel, je suis sur LinkedIn mais j'essaye de poster sur moi mais c'est un exercice qui n'est pas facile. J'essaye de montrer un peu ma philosophie dans l'entreprise, comment fonctionne l'entreprise, etc. Donc voilà, je fais un petit peu de poste, mais vraiment très peu, vraiment très peu sur cette partie-là.
- Jean Christophe
Ok. Quels sont les logiciels, les applications ou les services digitaux que tu utilises au quotidien pour ton business ? Hormis les outils développés en interne et les outils maison, mais quels sont un peu les autres outils qui sont disponibles pour le grand public que toi tu utilises dans le cadre de ton activité pro ?
- Guillaume
Je pense que c'est assez à la mode en ce moment, mais on parle beaucoup d'intelligence artificielle.
- Jean Christophe
C'est intéressant parce que par rapport à ton métier, je ne vois pas tout de suite le lien, mais je t'écoute.
- Guillaume
Forcément, aujourd'hui, si vous avez une question, vous allez sur Google et Google saura vous dire. Mais je pense que l'intelligence artificielle sait très bien faire les choses. Je vais chercher beaucoup d'informations sur Internet. Quand je ne sais pas, j'essaye d'aller chercher la bonne information. donc j'utilise l'intelligence artificielle aussi pour cela, mais j'utilise aussi pour quelques postes. J'aime beaucoup écrire, mais je trouve que la mise en forme et des fois revoir quelques tournures de phrases peut nous aider. Donc c'est vraiment un outil que j'utilise même dans le cadre perso. Je prends un exemple. Vous avez quatre produits dans votre frigo, vous demandez à ChatGPT ce qu'on peut cuisiner avec et comme j'adore cuisiner, il m'apporte un plat. Donc ça permet aussi des fois de pouvoir faire d'autres choses.
- Jean Christophe
Est ce que tu aurais une annonce à faire ? Je ne sais pas, une actualité, quelque chose qui va venir ? Alors, je sais que tu as ton projet de développement sur Austral Repair, mais est-ce que tu aurais une annonce à nous communiquer ?
- Guillaume
Écoute, non, vous avez eu la visibilité de nos projets futurs. Donc, je n'ai pas spécialement d'annonce à faire. On continuera à communiquer sur les futurs développements, puisqu'on a parlé de date, mais encore une fois, c'est de l'approximation. Et on continue encore une fois à faire connaître notre métier et à le mettre en avant. Donc n'hésitez pas à venir justement sur nos réseaux sociaux, sur le site internet d'Austral Repair. Vous pouvez tout faire en ligne sans vous déplacer, donc n'hésitez pas à venir sur nos plateformes.
- Jean Christophe
De toute façon, on a pour habitude de publier en description de nos épisodes de podcast tous les liens de notre invité. Donc tout le monde pourra retrouver ça dans la description de l'épisode. Et est-ce que tu aurais d'ailleurs à ce sujet peut-être un livre, un podcast, une chaîne YouTube, un film ou un artiste à nous recommander ?
- Guillaume
Je pense aujourd'hui, je n'ai pas quelque chose de particulier à conseiller. Aux entrepreneurs, justement, je pense qu'il faut découvrir le monde, aller dans des clubs d'affaires, peut-être voir des syndicats d'entrepreneurs, s'ouvrir au monde, sortir de son bureau et aller voir l'humain. C'est le plus important.
- Jean Christophe
Eh bien, Jean-Christophe, merci infiniment. C'était un super épisode. Je me suis régalé. Je pense qu'on a appris plein de choses. J'ai appris plein de choses. Donc, merci d'être passé nous voir et je te dis à très vite. Merci beaucoup pour votre écoute. Vous êtes toujours plus nombreux à nous rejoindre. J'espère que vous avez aimé les sujets abordés et que vous avez appris quelque chose de nouveau. Retrouvez tous les liens de notre invité en description de l'épisode. Abonnez-vous au podcast ou à la chaîne YouTube pour ne manquer aucun de nos prochains épisodes. Chaque écoute, chaque partage, chaque avis compte beaucoup pour nous. On se retrouve très vite pour un prochain épisode d'Entreprendre avec Assurance. D'ici là, prenez soin de vous et restez curieux !