- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Entretien Pharmaceutique, le podcast qui parle des pharmaciens d'aujourd'hui et de demain. Le mois dernier, un événement a marqué le paysage de l'industrie pharmaceutique en France. Plusieurs laboratoires français ont quitté le LEM, le syndicat historique du secteur, pour créer une nouvelle organisation. Son nom, Initiative Pharma. Un syndicat qui porte une ambition forte, réconcilier innovation pharmaceutique et souveraineté sanitaire. Car aujourd'hui, le constat est préoccupant. Seuls 9% des médicaments approuvés en Europe sont fabriqués en France. Pourquoi cette rupture ? Quels sont les objectifs de ce nouveau syndicat ? Et surtout, quel impact pour les patients ? Pour en parler, j'ai eu le plaisir d'échanger avec Gilles Messal, General Manager de Gervais France, l'un des laboratoires à l'origine d'Initiative Pharma. Bonne écoute. Monsieur Gilles Messal, bonjour. Merci vraiment pour votre temps aujourd'hui. Lorsque j'ai lancé le podcast, loin de moi l'idée que j'aurais l'opportunité d'interviewer un General Manager de Laboratoire Pharmacéty. Merci beaucoup. La raison pour laquelle vous avez été contacté pour cet entretien, effectivement il y a eu une sorte de séisme dans le monde de l'industrie pharmaceutique en janvier 2026 où vous, Laboratoire Gerbet et d'autres laboratoires français avaient décidé de quitter le LEM, le syndicat historique de l'industrie pharmaceutique, et plus récemment, en avril, vous avez décidé de constituer un nouveau syndicat, donc un nouveau syndicat de l'industrie pharmaceutique. dénommé Initiative Pharma. C'est la raison pour laquelle je vous ai contacté pour parler de ce changement dans le milieu et quels seront les rôles et les missions de ce nouveau syndicat. Mais tout d'abord je vous propose de vous présenter et surtout présenter Laboratoire Gerbet pour ceux qui ne connaîtraient pas.
- Speaker #1
Très bien, Pierre Net, en tout cas merci pour votre invitation, je suis ravi d'être avec vous aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci, moi aussi.
- Speaker #1
Je suis Gilles Messad, je suis président de Gerbet France et j'ai rejoint Gerbet en février 2024. Pour vous présenter rapidement Gerbet, Gerbet est un groupe pharmaceutique français qui est centenaire. On a 100 ans aujourd'hui.
- Speaker #0
Ah ben, félicitations.
- Speaker #1
Merci. 100 ans en novembre 2026 exactement. On est spécialisé dans l'imagerie médicale et on est présent depuis très longtemps dans plus de 117 pays. Alors, Gerbet est une entreprise familiale. historiquement ancré en France avec des activités de recherche et développement, des sites industriels en France, un investissement sur du long terme dans l'innovation médicale et nous avons fait le choix il y a très longtemps, c'est un choix stratégique que l'on va poursuivre, de produire et d'innover en France au service des patients et de la souveraineté sanitaire. Donc voilà qui est Garbet, bel beau fleuron je dirais de l'industrie pharma. qui a 100 ans aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Encore une fois, félicitations pour les 100 ans. On vous souhaite 100 autres années de plus.
- Speaker #1
On l'espère également.
- Speaker #0
Pour revenir, vous mentionnez un fleuron de l'industrie pharmaceutique française, effectivement. Comme je l'ai mentionné, vous avez quitté le LEM en janvier dernier, mais également d'autres laboratoires français de renom que je pense que tout le monde connaît. Donc, on peut Sanofi, Ipsen. LFB, Pierre Fabre, Servier qui nous a rejoint, Laboratoire Terre aussi, mais également aussi des filiales France de laboratoires étrangers, donc Laboratoire Chiesi et Serbes, belges. Donc voilà, du coup ma question principale c'est pourquoi avoir pris la décision de quitter l'ELEM ?
- Speaker #1
Alors en fait, ce qu'il faut savoir c'est que l'ELEM continue de jouer un rôle de représentant du secteur, mais pour nous il ne rassemblait plus... Notre modèle économique et les priorités sont différentes aujourd'hui. On est dans un cadre très large. Les enjeux sont cruciaux, les enjeux de souveraineté sanitaire, d'innovation, de production en France. Et ces enjeux cruciaux n'étaient pour nous plus portés avec la clarté et avec la force nécessaire. Notre contexte, notre environnement a changé, a évolué. Le médicament est devenu aujourd'hui un enjeu stratégique et géopolitique. L'accès des patients clairement aux innovations se dégrade. Quand vous pensez qu'il faut 523 jours... 523 jours à un patient français pour accéder à une innovation majeure. C'est long, alors qu'il faut uniquement 50 jours à un patient allemand. Vous voyez la perte de chance des patients français par rapport au reste de l'Europe. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La France recule en matière de production et d'attractivité. Il y avait un besoin clair. d'une voie dédiée, d'une voie assumée et pleinement focalisée sur ces sujets, comme on a l'habitude de dire, sans compromis et sans dilution. Donc la décision de quitter le LEM, ce n'est ni une rupture, ni une opposition, mais c'est un choix d'un format plus agile, capable de défendre des points comme l'innovation thérapeutique, la souveraineté sanitaire, l'ancrage. industrielle en France. Et notre objectif, on a quitté le LEM certes, mais notre objectif sera de travailler en bonne intelligence avec tous les acteurs, mais avec une parole lisible, déterminée sur ces enjeux qui aujourd'hui sont pour nous devenus prioritaires et qui n'étaient plus, comme je le disais, assez supportés par le LEM.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Alors, pour rebondir sur ce que vous disiez sur le délai d'accès effectivement en France. Je pense qu'on peut citer les deux acteurs majeurs que sont l'AHS et le CEPS et je pense qu'on y reviendra par la suite.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Voilà, parce que ça fait partie de vos propositions, j'ai envie de dire. Pour continuer sur le syndicat Initiative Pharma, est-ce que vous pouvez présenter quel est le mode de gouvernance ? A priori, la gouvernance serait assurée par M. Wolf de Sanofi France. Exactement. Voilà, je vous laisse présenter.
- Speaker #1
C'est un syndicat professionnel d'entreprise Pharma avec Charles Wolff comme un... comme président, nous avons deux vice-présidents et un trésorier. Et en fait, ce syndicat est né d'un constat très clair, c'est que notre système de santé ne va plus, il ne se porte pas bien, il vacille clairement. Et nous, nous avons fait le choix avec des entreprises françaises et puis des entreprises européennes, vous le disiez, Kézy nous a rejoints il y a peu de temps, de créer ce syndicat et ça regroupe en fait... l'initiative pharma regroupe des entreprises qui ont décidé d'investir en R&D en France, qui ont décidé de produire en France, de sécuriser l'accès aux médicaments innovants et puis avec un objectif clair, c'est réconcilier innovation et souveraineté sanitaire. Vous entendrez beaucoup parler de ça, pour nous ce sont deux piliers indissociables, innovation, souveraineté sanitaire. Et on a en ligne de mire le patient, puisque le patient reste notre motivation première. C'est que si nous avons décidé clairement de créer une initiative Parma, c'est pour cette ambition-là d'innovation et de souveraineté sanitaire, sachant qu'à la fin de la chaîne, au bout du bout, il y a le patient et c'est pour le patient. Clairement, nous sommes motivés aujourd'hui à faire changer les choses.
- Speaker #0
Tout à fait. De toute façon, j'ai envie de dire, ça se voit dans votre communiqué de presse qui annonçait justement... la création du syndicat. Donc on retrouve effectivement ces valeurs de souveraineté d'une part et d'innovation française, européenne aussi. Donc j'invite aussi les auditeurs à consulter le communiqué de presse. Et alors, pour rester sur l'initiative Pharma, vous disiez que justement, c'était pas une rupture avec le LEM, mais il y a quand même une conséquence, c'est qu'il y a l'ajout d'un interlocuteur de plus, j'ai envie de dire. Et est-ce que ça ne risque pas de diluer un peu la portée de la voie de l'industrie pharmaceutique ?
- Speaker #1
Alors, pour répondre à votre question, non, on ne fragilise pas notre écosystème. Le vrai enjeu, pour nous en tout cas, ce n'est pas la cartographie syndicale. Le vrai enjeu, ce sont les chiffres. Et je me permets de vous donner quelques chiffres. On a fait ce constat-là. Seulement 9% des nouveaux médicaments européens sont produits en France. Seulement 9%. Et ça baisse d'année en année. Donc, il est temps d'agir, il est temps de faire quelque chose. 40% des médicaments autorisés en Europe ne sont pas disponibles en France. Ça commence à devenir énorme. Je vous le disais tout à l'heure, l'accès à l'innovation pour un patient français, c'est 523 jours. 523 jours, c'est juste inadmissible. On ne peut pas, clairement, continuer comme ça. Initiative Pharma porte une voix singulière, celle du moteur industriel et de l'innovation. Et ce qu'il est important de noter également, c'est que nous continuerons à avoir des discussions avec les autres syndicats sur les sujets partagés. Et il y aura des sujets que l'on aura à partager avec les autres syndicats, avec le LEM, etc.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Alors, pour remondir justement sur les chiffres, donc effectivement 9% des médicaments approuvés en Europe, produits en France, et 40% des médicaments approuvés en Europe ne sont pas disponibles en France, comment on en est arrivé là, à cette situation ? Enfin, c'est des chiffres alarmants, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Ce sont des chiffres alarmants, oui. Ce sont des chiffres alarmants, et c'est une des raisons pour lesquelles l'initiative pharma a été créée. Alors, nous en sommes arrivés là de manière progressive. C'est un investissement progressif dans le médicament. La part du médicament dans le budget de santé est passée de 12% en 2010 à 9% en 2025. Vous voyez, quand je vous disais que les chiffres sont en train de baisser, ça aussi c'est un chiffre qui est alarmant. On a eu une politique de régulation des prix qui a fragilisé clairement la production locale, qui a fragilisé l'attractivité de la France, et aucune, ou très peu en tout cas, de stratégies industrielles mises en place. lisible ou pas, court terme, moyen terme ou long terme. Donc, le résultat est clair. Le résultat, c'est une perte d'attractivité pour nous, pour notre industrie, un accès retardé pour les patients, accès retardé à l'innovation. Et malheureusement, c'est la conséquence, une dépendance accrue aux importations. Donc, vous voyez, c'est un désinvestissement progressif qui a fait que nous en sommes arrivés à la situation d'aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Justement, vous touchez du doigt. Pour ma prochaine question qui est un peu provocation, est-ce qu'aujourd'hui, pour un industriel, c'est encore rentable, attractif de développer et de produire des médicaments en France ?
- Speaker #1
Ma réponse est oui. Ma réponse serait oui, mais à une condition. Et la condition, c'est qu'on puisse avoir un cadre cohérent. Aujourd'hui, vous imaginez une société qui investit en France, qui produit en France. qui recrute, qui paie ses taxes, qui paie ses impôts, est considéré exactement de la même manière qu'une entreprise qui ne fait rien et qui produit à l'extérieur de nos frontières et qui verse zéro centime, zéro euro à la collectivité. Il n'y a, pour ces entreprises françaises ou européennes qui investissent en France, aucune reconnaissance de l'investissement local. Donc, les décisions d'investissement... Elles peuvent revenir sur le devant de la scène. Elles peuvent être possibles. Mais il faut qu'il y ait un cadre stable et lisible. Si on a un cadre stable et lisible, l'investissement reviendra, les emplois resteront en France et les patients accéderont plus vite aux innovations. Mais il faut ce cadre, clairement, pour qu'une société comme Gerbet ou autre puisse continuer d'investir en France.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai, parce qu'en fait, cette problématique... ça va au-delà du prix du médicament. Il y a aussi tout ce qui est fiscalité, coût de production. C'est vrai que je pense que le prix du médicament, c'est un grand aspect, mais il y a également toute l'économie du médicament derrière. Justement, vous parliez de notre dépendance aux importations de par sa situation. Historiquement, on m'a raconté que la majorité des matières premières pharmaceutiques provenaient de Chine et d'Inde. On peut penser que c'est toujours le cas. Mais est-ce qu'il existe des solutions pour requériser la production en France et relancer un peu la machine ?
- Speaker #1
Il faut qu'on évite absolument la dépendance à la Chine, la dépendance à l'Inde, aux États-Unis, etc. Il y a quatre étapes dans la vie d'un médicament. l'évaluation. Vous parliez tout à l'heure de la HAS et du CEPS. Les quatre étapes sont très simples. Vous avez l'évaluation par la HAS, l'évaluation du médicament, vous avez la fixation du prix par le CEPS, les achats publics dans les hôpitaux, les gros groupements, et la fiscalité. Il faut qu'à chaque étape de la vie d'un médicament, on puisse intégrer des critères de souveraineté sanitaire. Ceci en fait. Ça va avoir un effet multiple. Premier effet, ça va encourager les entreprises. Ça va encourager les entreprises à produire en France ou en Europe. Ça va sécuriser les chaînes d'approvisionnement. Ça va développer des capacités industrielles locales. On perd en ce moment l'industrialisation locale. On perd ce qui faisait le fleuron de la France il y a encore quelques années. Et ça va permettre de sortir d'une logique purement budgétaire à court terme. Donc si on veut vraiment contrer cette dépendance à la Chine, aux États-Unis ou même à l'Inde, il faut absolument intégrer dans la vie du médicament des critères de souveraineté sanitaire. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et c'est une des raisons pour lesquelles également l'initiative pharma a été créée et c'est ce sur quoi nous allons travailler dans les semaines, les mois et les années qui viennent.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors justement, je suis un peu curieux d'avoir votre avis sur ces critères de souveraineté parce qu'il y a un peu travaillé dans le milieu de l'accès au marché des médicaments. Du côté de la HAS, je ne les vois pas. Pas de premier abord réceptif à des critères de souveraineté, parce qu'il se base sur l'évaluation scientifique du produit. Bon, effectivement, à l'écoté du CPS, ce serait un levier, effectivement. Mais quels seraient les critères que vous voyez de souveraineté à intégrer dans les différentes étapes que vous avez citées ?
- Speaker #1
Ça pourrait être très simple. Vous savez, le critère, la valeur thérapeutique, elle est ce qu'elle est et elle existera toujours. Et elle est bien entendu à privilégier. Ensuite, si l'on veut intégrer des critères de souveraineté, quelques critères comme l'investissement AR&D en France. Quelles sont les sociétés qui investissent toujours, qui prennent des risques, comme je le disais tout à l'heure, qui recrutent, qui paient leurs taxes, qui paient leurs impôts ? Quelles sont les sociétés qui produisent localement ? La contribution à la sécurité d'approvisionnement, c'est un point très important également que l'on pourrait notifier dans un appel d'offres. Le respect des normes environnementales. On parle souvent... de RSE et de plus en plus, ça doit être un critère très important. Et on doit appliquer ces critères-là, et je le disais tout à l'heure, dans l'évaluation, dans la fixation des prix, dans les achats et dans la fiscalité. Mais ça peut tenir à pas grand-chose. Investissement en R&T, production locale, contribution à la sécurité d'approvisionnement, respect des normes environnementales et RSE. Si on arrive déjà à intégrer ces critères dans la vie du médicament, dans les quatre états dont je parlais tout à l'heure, je pense qu'on aura fait un grand pas d'avant.
- Speaker #0
Alors, aussi, pour revenir sur votre communiqué de presse, effectivement, cette intégration de critères de soin-été, ça fait partie de votre première proposition. Il y en a également deux autres qui sont la création d'une enveloppe budgétaire nationale dédiée à l'innovation et la souveraineté sanitaire et instaurer une loi de programmation en santé, toujours pour l'innovation et la souveraineté sanitaire. Sur une période de 5 ans, on se dit que ça coïncide avec un mandat présidentiel et que ça fournit une visibilité pour les différents partis. Est-ce que vous pouvez élaborer sur ces deux propositions un peu ?
- Speaker #1
Vous parlez de valeurs, c'est ça ?
- Speaker #0
Par exemple, pour la création d'une enveloppe budgétaire, comment ça se présenterait ? Quel serait le budget ? S'il y a des estimations ?
- Speaker #1
Allez-y. Les budgets, on est en train d'y travailler sincèrement. Les budgets maintenant, c'est un peu tôt. Moi, ce que j'ai envie de vous dire concernant ces enveloppes, c'est qu'il faut sortir du critère prix, en fait. C'est-à-dire que l'objectif, clairement, c'est de remettre de la valeur, d'avoir un calcul, et c'est l'objectif que l'on se fixe, d'avoir un calcul juste, j'allais dire transparent et individualisé. Vous voyez ? investir dans le médicament va permettre demain et revenir à la place que l'on avait, va permettre d'éviter des hospitalisations, va permettre d'éviter des complications, des pertes de chance pour les patients. Il faut clairement investir pour le système de santé. Ce n'est pas un surcoût idéologique. Je prends par exemple l'exemple de Gerbet. Gerbet est leader dans son domaine en imagerie médicale. L'imagerie, c'est un investissement essentielles en termes de santé publique et de souveraineté sanitaire. L'imagerie, et on va parler de précocité du diagnostic, l'imagerie conditionne la précocité du diagnostic et permet de réduire de 30 à 70% à peu près le coût global des traitements. Donc quand on parle chez Gerbet de diagnostic précoce, ce diagnostic est rendu et peut l'être par de nouvelles techniques d'avancée d'imagerie, d'avancée médicale. Ça peut être rendu possible par de nouveaux produits de contraste également et ceci peut faire en sorte qu'on va augmenter les chances de traitement de plus de 50%. Donc en fait, quand on parle de valeur au lieu de parler de coût, les dépenses qui vont être faites en amont vont permettre en fait une économie très très... très importante par la suite. Donc c'est là-dessus qu'il faut jouer. Le débat n'est pas celui du prix pour nous, mais c'est clairement celui de la valeur.
- Speaker #0
Oui, effectivement, on passe d'une logique de maîtrise de coûts et d'une logique d'investissement, j'ai envie de dire. Et d'ailleurs, ça se voit dans notre communiqué de presse.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
D'accord. J'avais une autre question aussi à provocation, c'est, faudra-t-il payer plus cher les médicaments pour gagner en souveraineté ?
- Speaker #1
Non, ce n'est pas le but. Le but, c'est d'investir mieux. C'est l'investissement qui sera meilleur. C'est une des raisons qui ont fait qu'on a absolument voulu créer ce nouveau syndicat pour défendre cet intérêt, investir mieux et non pas augmenter le prix de l'ICAM.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est un levier facile et qu'au final, il y a risque pour le patient de se retrouver avec un reste à charge plus important.
- Speaker #1
Exactement. Le but n'est pas là. Le but est clairement de faire en sorte, je vous parlais tout à l'heure d'accès aux soins, c'est que le patient français puisse avoir accès à de l'innovation le plus rapidement possible. C'est ça le motif, c'est ça l'objectif.
- Speaker #0
Et d'ailleurs aussi en aparté, ce serait une solution face aux ruptures, que les hôpitaux et les officines n'ont plus d'ampli-phase, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Si on arrive à produire en France, si on arrive à fabriquer français et européen, comme vous le dites, il y aura moins de ruptures, moins de pénuries, une meilleure disponibilité des... des médicaments innovants, un accès plus rapide au traitement. C'est l'objectif, en tout cas, que l'on se fixe. Et c'est ce que l'on devrait voir pour les pharmacies d'officine et les pharmacies hospitalières.
- Speaker #0
Pour ma prochaine question, je voulais parler avec vous de l'accord cadre entre l'OM et le CEPS. Ce n'est pas innocent comme question parce que la prochaine mouture, j'ai envie de dire, de l'accord cadre est prévue pour septembre 2026. Donc, c'est très bientôt. Et c'est un accord qui fixe un peu les règles du jeu entre les pouvoirs publics et les industriels, j'ai envie de dire, pour une durée déterminée. Alors déjà, est-ce que vous en attendez quelque chose, vous, côté initiative pharma ?
- Speaker #1
On est impliqué, bien entendu. Comme vous pouvez l'imaginer, on participe d'ores et déjà aux négociations aux côtés du LEM. L'objectif, c'est de défendre les laboratoires engagés dans la recherche et la production sur le territoire français. Donc on a déjà commencé à... à travailler, Initiative Pharma est assis à la table des négociations avec les autres syndicats.
- Speaker #0
D'accord, donc il n'y aura pas d'accord cadre Initiative Pharma,
- Speaker #1
CEPS ? Non, l'enjeu est toujours le même, il y a un enjeu économique et réglementaire, donc les différents parties prenantes vont chercher à sécuriser un cadre stable, comme d'habitude, des règles claires sur les prix des médicaments, des conditions de... de remboursement, de fiscalité et d'accès au marché, comme on le précisait tout à l'heure. La visibilité est essentielle, mais on travaille tous ensemble, nous sommes tous assis à la table des négociations. Il n'y a pas un accord cadre spécifique pour une initiative pharma.
- Speaker #0
D'accord, très bien. C'est une information importante. La question suivante que je leur ai, c'est si l'accord cadre est prévu pour septembre 2026 avec la création récente d'une initiative pharma, est-ce qu'en termes de timing, ce n'est pas un peu juste, j'ai envie de dire ?
- Speaker #1
Alors non, puisque nous sommes déjà en train d'y travailler, et que, comme je vous le disais, nous sommes déjà impliqués avec les autres syndicats, et on commence à travailler. Non, non, ce n'est pas juste, au contraire, je pense qu'on est pile dans le bon timing.
- Speaker #0
D'accord, écoutez, on attend ça avec impatience, j'ai envie de dire, donc rendez-vous en septembre pour le prochain accord cadre, et très bien. On arrive sur la fin de cet entretien. Encore une fois, merci beaucoup pour votre temps.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
La dernière question que j'avais pour vous en guise de conclusion, c'est quel va être concrètement l'impact qu'Initiative Pharma pourra avoir sur les pharmacies d'officine et hospitalières ?
- Speaker #1
C'est ce que l'on disait à l'instant. On parlait de rupture, on parlait de pénurie. Donc, moins de rupture et moins de pénurie. Une meilleure disponibilité des médicaments innovants, c'est ça, c'est un lettre. un accès plus rapide aux nouveaux traitements. Vous savez, on est né, l'initiative pharma est née il n'y a pas très longtemps, mais on est le syndicat des entreprises, qu'elles soient françaises ou européennes, qui ont fait le choix d'investir en recherche et développement en France, de produire en France, de sécuriser l'accès aux médicaments innovants. Je vous parlais des deux piliers tout à l'heure, innovation et souveraineté sanitaire. Ces deux piliers sont pour nous indissociables et vont le rester parce qu'in fine, et là aussi c'est notre motivation, on travaille toutes et tous pour le patient et quand on se lève le matin, on a une ambition, c'est de bien faire les choses. Et je vous garantis qu'avec l'innovation et la souveraineté sanitaire que l'on veut développer, l'objectif sera clairement de faire en sorte que nos patients, que vous, que nous, que nos familles, que tous les patients puissent avoir accès à l'innovation le plus rapidement possible. aussi, c'est un objectif prioritaire, ce sera notre lettre motif pour les semaines et les mois qui viennent.
- Speaker #0
Je pense que c'est la meilleure des boussoles qu'on puisse avoir. Encore une fois, merci beaucoup pour cet entretien. Je ne sais pas si vous voulez rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Non, rajouter tout simplement que c'est une belle aventure. Je pense qu'il y avait un besoin de bousculer un petit peu et d'être partie prenante et de défendre les intérêts du Made in France. du made in Europe, j'allais dire, parce qu'on est neuf aujourd'hui chez Initiative Pharma. Nous étions sept laboratoires français et deux autres, Serbes et Kézis, nous ont rejoints qui sont européens. Donc voilà, c'est une très belle aventure avec une très belle ambition. Et œuvrer pour la santé de son prochain, c'est quelque chose qui nous anime et c'est quelque chose que l'on va développer. On va continuer à travailler de... durement pour faire en sorte que l'innovation et la souveraineté sanitaires soient au centre des débats demain.
- Speaker #0
Félicitations pour cette belle aventure, on vous souhaite le meilleur et on est impatients de suivre vos travaux.
- Speaker #1
Merci beaucoup,
- Speaker #0
Pierre. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Entretien Pharmaceutique. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager et à laisser un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire connaître le podcast. A très bientôt pour un nouvel entretien.