- Speaker #0
Bilingo, c'est le podcast dédié aux enjeux des langues dans le monde du travail, pour les entreprises bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui rêvent de devenir bilingues. Je suis Danielle Talata, docteur en langue, fondatrice de Bilingo Formation et formatrice depuis bientôt 30 ans. Dans ce podcast, seul ou avec mes invités, on démonte les mythes les plus tenaces sur l'apprentissage des langues et on apprivoise de nouvelles techniques. On parle, sans langue de bois, des vrais enjeux, quand la maîtrise des langues devient stratégique. Alors, prêts à changer de perspective ?
- Speaker #1
C'est parti pour un nouvel épisode de Bilingo !
- Speaker #0
Bonjour, merci d'être à l'écoute de Bilingo le podcast. Aujourd'hui, c'est un épisode spécial avec une invitée très spéciale. J'ai nommé Bénédicte Flouriau. Alors Bénédicte est coach, elle est à distance, elle est très loin de chez nous puisqu'elle est au Québec et elle nous raconte comment dans son parcours, les langues ont joué un rôle crucial dans sa carrière, mais aussi au niveau personnel. Elle manie les langues, l'anglais, l'espagnol, l'italien. Elle a même tenté l'arabe. Elle nous raconte tout ça dans cet épisode très inspirant. Je pense que vous allez y trouver des pépites, des pépites qui vous inspireront et vous donneront envie, confiance dans votre parcours vers le bilinguisme ou le trilinguisme pour certains d'entre vous. Alors, à tout de suite avec Bénédicte. Alors, bonjour Bénédicte.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast. Je suis vraiment ravie de te recevoir ici aujourd'hui sur Bilingo le podcast. Alors ici, on aime explorer les coulisses de l'apprentissage des langues. Pas seulement les méthodes, mais surtout les histoires, les déclics et la manière dont une langue peut transformer notre façon de penser, d'apprendre et même de vivre. Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots et nous dire quelle place les langues occupent dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Merci Daniel, je suis Bénédicte Flouriau, je suis coach de carrière et de leadership. Donc l'humain et les mots sont aussi au centre de mon activité professionnelle. Je lance d'ailleurs aujourd'hui Horizon Stellaire qui est mon premier ouvrage et programme de coaching. Donc j'ai aussi mis à plat toutes mes pensées à travers les mots. Donc ça m'a beaucoup enthousiasmée de savoir qu'on pourrait avoir cet échange aujourd'hui. Et les langues ont une place importante dans ma vie parce que moi je suis voyageuse depuis toujours. J'ai quitté la France à 18 ans. J'ai de la chance de vivre et de travailler en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Je te parle à l'instant depuis Montréal et ça fait plusieurs années que je suis même nomade. Donc je n'ai plus vraiment de lieu fixe de vie, ce qui m'invite évidemment d'aller à la rencontre de l'autre et puis de sa langue et de sa vision du monde.
- Speaker #0
Superbe, superbe. Alors on a affaire à une nomade. qui de mois en mois se déplacent à travers le monde ou ça se fait plutôt sous forme de longs séjours, de quelques années ?
- Speaker #1
J'ai plutôt tendance à essayer de voyager de manière lente. Ça ne s'étale pas sur les années. Tout évolue aussi selon la manière dont je me sens, mes besoins, mes envies. Mais sur une année, je dirais que je vais visiter peut-être trois pays. Donc j'ai en effet une base à Montréal, au Canada. qui est l'endroit où je me ressource tous les ans. Et en même temps, chaque année, j'aime aller à la rencontre d'un nouveau pays. Donc, ça fait quelques années que j'ai le regard sur l'Amérique du Sud. Je reviens d'Argentine et du Paraguay.
- Speaker #0
Très bien. Et quand tu te déplaces, comme ça, c'est pour des raisons professionnelles ou vraiment de plaisir et loisirs ?
- Speaker #1
C'est un mode de vie que j'ai choisi. Avant d'être dans l'accompagnement professionnel, j'ai longtemps travaillé dans l'hôtellerie luxe. qui m'a amenée finalement à voyager. La première fois que j'ai eu vraiment ce besoin d'aller apprendre une langue, c'est quand j'étais toute jeune diplômée et que je cherchais du travail en France et que je n'en trouvais pas, ou en tout cas je ne trouvais pas, du travail qui était à la hauteur de mes ambitions. Et je me suis rendue compte que dans toutes les annonces professionnelles qui me stimulaient, m'intéressaient, il fallait absolument parler anglais. Donc j'ai décidé de partir avec mon sac à dos du haut de mes 21 ans, 20 ans. à Londres pour aller apprendre l'anglais et enfin maîtriser cette langue pour m'ouvrir d'autres perspectives sur le monde.
- Speaker #0
Donc si je comprends bien, à 18 ans tu quittes la France, tu prends ton sac à dos et tu pars, mais tu pars pour apprendre l'anglais. Alors comment tu décides, où tu vas, dans quel cadre tu évolues pour apprendre cette langue ?
- Speaker #1
Alors, ça date, on s'entend. Je me rappelle avoir fait beaucoup de recherches en ligne, d'essayer de comprendre... Je cherchais quelque chose qui n'était pas trop loin de la France, mais qui permettait de m'immerger vraiment dans un nouvel environnement. Je cherchais un lieu qui me permettait de facilement trouver du travail, et donc j'avais identifié Londres comme étant une plateforme où on peut frapper aux portes des entreprises et puis trouver du travail ou aller d'un restaurant à un autre restaurant et puis trouver du travail facilement. Et puis, j'avais... Donc, je suis partie avec mon sac à dos. J'avais quand même trouvé un logement dans une coloc où on était sept ou huit venant des quatre coins du monde avec des niveaux d'anglais aussi différents. Et voilà, j'ai pris le risque d'aller voir ce qui se passait de l'autre côté de la mer, même si ce n'était pas bien loin. Mais pour moi, c'était important. Et puis, ça a été pour moi le vrai point de départ parce que ça m'a permis tout de suite de m'immerger dans la culture et puis en fait de trouver un poste beaucoup plus intéressant une fois sur place et une fois que la langue avait été un petit peu plus maîtrisée.
- Speaker #0
Oui. Est-ce que tu dirais qu'en un an, tu as acquis le niveau dont tu avais besoin pour après te lancer dans l'aventure professionnelle ou tu te sentais capable d'aller à l'étape d'après ? Est-ce qu'un Mans, c'est ce qu'il faudrait ou c'est ce qu'il t'a fallu à toi ?
- Speaker #1
Oui, je compare. Avant de partir d'Angleterre, j'étais partie aussi en Italie, où j'ai maîtrisé la langue au bout de deux mois peut-être, parce que l'italien est beaucoup plus proche du français, donc c'était beaucoup plus facile à maîtriser. La culture aussi, beaucoup plus facile. plus facile parce que je pense que langue et culture vont de pair. On ne maîtrise jamais pleinement une langue tant qu'on ne comprend pas la personne qu'on a en face de nous et la culture et vice versa. Et l'Angleterre est un petit peu plus éloignée de nous, ce qui fait que ça m'a mis plus de temps à acquérir la langue. Mais en fait, quand on y est dedans, on n'a pas le choix. Donc, il faut trouver des techniques pour y aller. J'ai appris l'anglais de parler. J'ai repris des études après où j'ai fait un MBA qui était complètement offert en anglais et où là j'ai eu plus de difficultés parce qu'en effet on était sur des écrits très théoriques avec un anglais beaucoup plus formel. Moi-même je devais aussi rédiger des écrits avec un certain niveau d'anglais et là ça a été plus difficile. Il y avait quand même une différence en effet entre l'anglais informel qu'on parle dans la rue et un... anglais plus académique, il a fallu que je développe à travers beaucoup de lecture. Et la lecture m'a énormément aidée en termes de construction de phrases, pour élargir mon vocabulaire, pour développer des expressions. Ça, ça a été aussi marquant dans mon apprentissage de l'anglais.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce que tu insistes bien sur la différence entre l'anglais parlé qu'on peut acquérir à force de contact avec l'autre et au quotidien. Donc ça, ça marche, c'est clair. Mais ça reste limité dans le sens où on n'a pas accès à toute la langue, et la langue écrite, et après la langue lue également. Ce sont deux autres paramètres qu'il faut considérer, d'autres compétences qu'on doit développer. Et ça s'est fait dans un deuxième temps pour toi, lors de tes études. Ça fait une durée d'apprentissage assez longue finalement.
- Speaker #1
Oui, parce que je ne pense pas avoir maîtrisé du tout l'anglais à la sortie des études, et il a vraiment fallu que je me plonge dans un pays anglophone pour commencer à tâtonner et ensuite maîtriser. Donc, ça m'aura pris au moins deux ans, je dirais, même trois ans, trois ans pour vraiment bien maîtriser la langue.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que je dis, moi, de mon apprentissage de l'allemand en Allemagne. La première année, c'est vrai que ça permet de bien communiquer, d'être très à l'aise, d'avoir un niveau de fluidité très agréable au quotidien. Et puis, il reste le travail de fond qui demande... plus de temps et deux ans de plus permettent vraiment pour moi d'affirmer que oui à ce moment là on acquiert vraiment un niveau proche des natifs tout simplement, c'est vraiment un niveau très comparable,
- Speaker #1
donc ça prend du temps oui ça prend du temps, des efforts de l'énergie,
- Speaker #0
de toute façon je pense qu'on a rien sans rien oui exactement est-ce qu'il y a eu une expérience ou une rencontre qui t'a particulièrement marquée ? Dans tes premiers séjours à l'étranger ?
- Speaker #1
Oui, alors je pense que la personne qui m'a marquée, c'était ma prof d'italien. à l'époque parce que justement elle avait une autre manière d'appréhender le langage où elle nous a inculqué l'italien dans toute sa globalité en allant vraiment chercher toutes ses facettes. On est partis ensemble en Italie, on a eu des projets ensemble, elle nous a fait découvrir la philosophie. Ce n'était pas de l'italien juste pour apprendre de l'italien, c'était vraiment pour s'imprégner. De la culture dans sa globalité, j'avais trouvé ça intéressant, en tout cas son approche intéressante, parce que comme je le disais plus tôt, la langue, ce n'est pas que d'enchaîner des mots pour faire une phrase, c'est aussi une compréhension finalement d'un humour, d'une façon de voir le monde, d'une façon de réfléchir, d'une façon d'être avec l'autre, et que tant qu'on n'a pas compris tout ça, on ne peut pas vraiment maîtriser une langue.
- Speaker #0
C'est vrai. Et là, je me posais la question de l'âge auquel tu as appris l'italien ou à partir de quand tu as séjourné en Italie pour apprendre la langue.
- Speaker #1
J'étais toute jeune aussi parce que c'était au lycée. Donc, je devais avoir 17 ans, je pense, quand j'ai eu mes cours d'italien. Et après, j'ai vécu en Italie six mois où je suis devenue complètement bilingue. Les gens pensaient que j'étais italienne. Alors, j'ai perdu depuis parce que je ne pratique pas. mais j'adorais parce que je me sentais justement chez moi, je me sentais, mais parce qu'il y avait cette maîtrise complète de la langue. Oui. Et c'était quand j'étais encore plus jeune.
- Speaker #0
D'après toi, qu'est-ce qui fait la différence entre quelqu'un qui apprend une langue et quelqu'un qui réussit à l'intégrer dans sa vie ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une double lecture quand quelqu'un arrive à l'intégrer pleinement dans sa vie. Il y a certainement une compétence autour de l'intelligence relationnelle qui est là aussi, parce qu'on n'est plus sur l'apprentissage d'une langue d'un point de vue technique, mais on est aussi sur peut-être des compétences comportementales qui incluent, selon moi, une certaine intelligence relationnelle, et qui fait que même si la langue n'est pas, si on fait encore des fautes, ou que ce n'est pas absolument parfait d'un point de vue technique, il y a une attitude. qui change, qui évolue, une posture qu'on prend à travers la langue quand on est au contact d'un Italien ou d'un Anglais dans sa langue native.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Est-ce que, alors par rapport à l'Italien, l'Anglais ou l'Espagnol maintenant, puisque tu te lances à l'apprentissage de l'Espagnol, est-ce que tu as une routine, un petit rituel, une habitude qui te permet de rester en contact avec la langue que tu aimerais maîtriser ou que tu maîtrises mais que tu voudrais entretenir ?
- Speaker #1
Alors non, je suis une mauvaise élève à ce niveau-là. En fait, j'ai appris l'italien et l'anglais vraiment sur le tas. Et je pense que du coup, j'attends que la même chose se passe pour l'espagnol. Mais ça ne se passe pas de la même façon. Peut-être parce que je suis plus âgée. Peut-être parce que, comme à l'époque, je ne maîtrisais pas autant l'anglais. Aujourd'hui, je maîtrise l'anglais. Donc, c'est beaucoup plus facile finalement de communiquer avec plein de gens. quand je suis arrivée en italien, si je parlais pas italien je pouvais pas travailler, je pouvais pas parler il allait rien se passer, donc j'étais forcée invitée vraiment à maîtriser la langue j'aime regarder des films en espagnol avec les sous-titres, j'aime m'imprégner de la musique, quand j'ai une chanson qui me plaît, je vais aller lire les paroles essayer de les comprendre mais c'est très sporadique donc c'est pas une routine, c'est pas un rituel que j'ai. J'ai pris quelques cours parce que j'ai jamais appris l'espagnol donc je suis vraiment arrivée, débarquée en Amérique du Sud en me disant bon bah on verra bien. Je m'appuie sur l'italien évidemment parce qu'il y a quand même beaucoup de similitudes mais voilà j'avais quand même besoin de prendre quelques cours pour comprendre les bases, une notion grammaticale fondamentale que je comprenais pas ou j'avais du mal à comprendre en étant simplement en immersion donc ça m'a fait beaucoup de bien aussi. ça m'a donné un cadre et puis ça m'a facilité dans certaines choses. Je comprends extrêmement bien pratiquement tout, c'est juste que j'ai beaucoup de mal à m'exprimer. Donc voilà où j'en suis, mais je cherche encore si tu as un conseil, je suis preneuse parce que... Ah oui, c'est pas évident ! Et je pense que ça m'a mis presque un an pour que mon cerveau décroche de l'italien et se plonge pleinement dans l'espagnol parce que... Au début, je pense que c'était la facilité. Tiens, ça ressemble à l'italien, je m'appuie dessus, super. Sauf qu'à chaque fois que je répondais à quelqu'un, sans me rendre compte, je répondais en italien. Alors, j'étais très surprise parce que je n'ai pas pratiqué l'italien depuis 20 ans. Mais comme quoi le cerveau est bien fait. Et puis, tout revenait. Et je me disais, mais pourquoi les gens ne me comprennent pas ? Jusqu'à ce que je me rende compte qu'en fait, c'était l'italien et non pas l'espagnol. Et en fait, j'ai vraiment vu ce déclic où ça a pris pratiquement un an, en effet. avant que mon cerveau comprenne qu'il fallait que je mette l'italien à côté si je voulais acquérir l'espagnol.
- Speaker #0
Pas simple, pas simple. Et c'est possible alors de mettre l'italien parce qu'il est vraiment là, il a tellement été bien activé aussi très tôt dans ta vie. Donc je pense que c'est vraiment un réflexe appris, acquis et très solide. Mais du coup, comment tu fais techniquement ? Comment tu arrives à le mettre de côté ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Je ne sais pas. Je me rends compte que c'est avec le temps. Donc, si je passe un certain laps de temps dans un pays hispanique, mon cerveau va comprendre que ce n'est pas l'italien, mais c'est l'espagnol. Mais je sais que là, en ce moment, je ne suis pas dans un pays hispanique et que quand je vais revenir dans un pays hispanique, mon cerveau va se remettre encore en italien au début, avant qu'il ne comprenne que c'est l'espagnol.
- Speaker #0
Donc, il y a une phase de conditionnement nécessaire pour réintégrer la bonne langue au bon endroit.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On parle souvent de la motivation, mais elle n'est pas toujours linéaire. Est-ce que tu as connu des moments de découragement dans ton apprentissage ? Ça peut être pour l'italien, l'anglais ou maintenant l'espagnol.
- Speaker #1
Oui, j'ai l'impression que l'apprentissage chez moi, ou peut-être que c'est le cas chez tout le monde, c'est fait par palier. Donc, il y a des moments où en fait on y... On se sent très mauvais. Et puis tout à coup, il y a un grand bond qui se fait en avant. Et puis on a l'impression de commencer vraiment à maîtriser quelque chose. Et puis après, on refait un pas en arrière. Alors après, c'est l'apprentissage qui se fait ainsi. On fait beaucoup de va-et-vient entre l'incompétence et la compétence. Mais c'est frustrant quand on a l'impression enfin de maîtriser quelque chose et puis de refaire un pas en arrière. Comment j'ai gardé ma motivation ? Je pense que j'avais un objectif plus grand. que simplement apprendre une langue, qui était de vivre, de m'intégrer dans les pays que j'ai visités, parce qu'autant aujourd'hui je suis nomade et je bouge beaucoup plus qu'avant, mais à l'époque je restais bien trois ans sur chaque territoire, donc pour moi c'était important de m'intégrer, de développer un réseau social, de continuer à évoluer professionnellement, donc j'avais tous ces enjeux. qui était important pour moi. Et puis après, j'ai eu en effet, quand j'ai repris mes études et que je voulais absolument obtenir mon diplôme, donc il fallait que je sache maîtriser la langue. Mais ça a été, je pense, beaucoup lié aussi à mes ambitions professionnelles, en effet.
- Speaker #0
Donc, lié à un enjeu, à l'apprentissage d'une langue, ça devient intéressant comme motivation double, en fait. L'un est en lien très étroit avec l'autre. Être nomade, moi ce que j'imagine derrière ce mot-là, c'est continuer son activité, quel que soit le lieu de vie, mais ça suppose de travailler à distance. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. La plupart de mes clients se trouvent aux États-Unis ou dans le reste du monde. Je travaille beaucoup avec des entreprises aux États-Unis, je travaille avec beaucoup d'entreprises françaises mais internationales, ce qui fait que je suis souvent embauchée pour travailler sur des missions en Afrique, en Amérique. du Sud, en Europe de l'Est et très souvent en anglais. Donc, ma pratique professionnelle est à 50% français, 50% anglais. J'ai ma base à Montréal qui est plutôt un choix personnel parce que je n'ai pas de clients au Canada. J'en ai eu à mes tout débuts, il y a une dizaine d'années, quand j'ai monté ma boîte. Mais aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Donc, c'est vraiment un choix personnel. Et puis, en effet, mes voyages sont basés sur des envies personnelles plus qu'autre chose. avec cette ligne conductrice qui est qu'en effet, je peux continuer à travailler sans interruption avec mes clients, peu importe où je suis et peu importe où ils sont.
- Speaker #0
Quel luxe, non ?
- Speaker #1
Je ne retournerai pas à un autre mode de vie.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas possible, il n'y a pas de retour en arrière. Et ça fonctionne parce que tout est en ligne, ça fonctionne aussi parce que tu parles plusieurs langues et que tu t'adresses à différentes audiences en différents pays.
- Speaker #1
Alors, si je parlais que français, ça fonctionnerait aussi certainement. J'aurais un marché plus réduit. Le fait de parler anglais et français me permet d'avoir une clientèle plus large, plus diversifiée, surtout avec l'anglais, parce que je peux avoir des clients asiatiques, mais qui parlent anglais, ou européens hors France, mais qui parlent anglais. Donc, c'est sûr que j'ai une possibilité de rayonner. plus facilement sur le monde dans son entièreté que si je parlais uniquement français.
- Speaker #0
C'est ça. Et tu accompagnes des individus, des personnes individuelles, ou bien des petits groupes, ou bien toute une entreprise ?
- Speaker #1
Bien sûr, j'accompagne des clients privés. D'ailleurs, c'est souvent des Français qui vivent à l'étranger et qui vivent toutes sortes de transitions professionnelles. Donc, une nouvelle expatriation, une prise de poste, le souhait de faire une reconversion professionnelle. un retour de congé maternité, dès qu'il y a un changement, un bouleversement finalement dans sa vie professionnelle, ils font appel à moi. Et en parallèle, je travaille aussi avec des entreprises de tous types. J'ai accompagné des startups comme des grosses boîtes internationales. Je vais plutôt intervenir auprès de leurs leaders qui sont souvent identifiés comme des talents, donc des personnes clés au sein de leur entreprise et qui ont besoin d'un accompagnement. pour continuer à les développer dans leur poste de leader, faire en sorte que ce soit de meilleurs managers, travailler sur leurs compétences comportementales et puis les pérenniser aussi au sein de l'entreprise.
- Speaker #0
D'accord. Donc, ça te fait une diversité de publics en réalité. Ce n'est pas monotone.
- Speaker #1
Pas du tout, non. Donc, moi, je voyage, mais mes clients font voyager aussi.
- Speaker #0
C'est ça. C'est ça. Wow. Superbe.
- Speaker #1
Juste avant notre appel, j'étais avec une cliente du Cameroun. Donc, encore une autre chose, une autre posture, une autre façon de s'exprimer, une autre façon de voir le monde, de voir le monde professionnel, des enjeux similaires et différents. Enfin, tout ça, je trouve ça fascinant.
- Speaker #0
Oui, comment on vient vers toi ? Comment on te connaît ?
- Speaker #1
Alors, j'ai des super ambassadeurs, des super clients qui me font confiance et qui me recommandent énormément. Donc, c'est beaucoup de bouche à oreille. Et puis, je travaille aussi avec deux agences de coaching, une aux États-Unis, une en France, qui m'invitent sur des plus gros contrats et qui me permettent d'accompagner plusieurs leaders d'une même entreprise avec d'autres collègues coachs.
- Speaker #0
C'est vraiment intéressant. Superbe, fascinant.
- Speaker #1
Et il y a plein de façons d'être nomade. Moi, j'ai rencontré des familles, j'ai rencontré des collègues entrepreneurs, des associés qui vont voyager ensemble, des couples, des amis. Et en effet, j'ai des amis qui vont rester un an au même endroit et puis j'en ai un qui va bouger toutes les semaines. Donc, c'est vraiment en fonction de sa vision, de ses besoins. Et puis moi, ça évolue tous les ans. Donc là, je sais que j'apprécie rester plus longtemps dans un même lieu, que ce soit plutôt sur les six mois qu'avant où je restais un mois, deux mois. Maintenant, c'est trop rapide pour moi. Je prends de l'âge.
- Speaker #0
Oui. Non, puis ça permet aussi d'avoir une autre... de voir les choses différemment, rester sur le temps. Sur six mois, ce n'est pas pareil que six semaines. On a vraiment le temps d'approfondir son regard et puis son contact aussi. C'est des rencontres, donc j'imagine que... On a plus de chances de les approfondir quand on reste un peu plus longtemps. Alors, si tu devais donner un seul conseil pratique à quelqu'un qui apprend une langue aujourd'hui, ce serait quoi ?
- Speaker #1
De se trouver un petit copain, une petite copine native. C'est comme ça que j'ai appris l'italien et en fait, c'est le meilleur parce qu'on plonge tout de suite dans l'univers de l'autre. Moi, ce que j'aime bien faire aussi, parce que pour moi, apprendre une langue, c'est vraiment aller au... à la rencontre de l'autre, donc ça m'arrive d'aller très souvent à des événements, des événements d'entrepreneurs, des événements d'échanges de langues, et de ne pas avoir peur en fait. J'ai vu aussi une évolution entre quand j'étais plus jeune, où je n'osais pas forcément faire des erreurs, où je pense qu'on a aussi dans notre culture française... quelque chose de l'ordre de il faut absolument faire une phrase parfaite avant de pouvoir la partager à quelqu'un et puis avec le temps je me suis rendu compte que dans plein d'autres pays n'avait pas du tout cette vision là en amérique du nord si on fait plein de fautes c'est pas grave j'exagère évidemment mais c'est moins moins grave qu'en france l'important c'est d'être efficace dans sa communication donc toute culture va aussi mettre le doigt par rapport à la langue sur des concepts différents Et donc, je vois qu'avec le temps, maintenant, je m'en fiche, en fait. J'ose, je baragouine des choses et puis finalement, on se comprend. Et en fait, toute opportunité est bonne. Donc moi, je sais que dès que je monte dans un Uber, je vais parler avec le chauffeur du Uber. Mes meilleurs cours d'espagnol, c'était en Colombie. Assise à côté du chauffeur, ils adorent papoter. Ils sont très curieux et j'ai eu parfois des cours privés d'espagnol, l'espace de 20 minutes assise dans un hyper. Donc, en fait, il n'y a pas de bon moment ou de mauvais moment. Il faut juste y aller, oser, essayer, pratiquer. Et plus on pratique et plus on apprend.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu dirais, toi, de ce que tu as appris sur toi-même en apprenant une autre langue ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai appris combien j'étais résiliente. et adaptable parce que c'était pas évident mes premiers temps en Angleterre où je ne comprenais rien je faisais mille erreurs je me faisais disputer par tout le monde en même temps je ne comprenais pas toujours quand on me disputait, je comprenais le ton même pas forcément les mots et que ça demande beaucoup d'humilité aussi ça demande du courage d'essayer encore et encore jusqu'à ce que ça marche Donc beaucoup de résilience et je pense que ça a beaucoup participé à développer ma confiance en moi parce que... À un moment donné, il n'y a pas le choix, on est un peu en mode survie. Et puis c'est là où on se rend compte que finalement, on a plein de ressources intérieures et qu'une langue, ça fait partie d'une ressource, mais qu'on peut s'appuyer sur d'autres ressources avant de pouvoir maîtriser une langue. Je dirais que c'est ça que j'ai appris sur moi. Je trouve ça intéressant aussi aujourd'hui parce que j'ai l'impression d'avoir un petit peu comme deux personnalités, une en français, une en anglais.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Où je ne vais pas... Alors c'est moi, je ne suis pas... Schizophrène encore, j'espère. Mais il y a quelque chose de l'ordre où il y a des choses que je vais me permettre de dire en anglais que je ne me permettrais pas de dire en français ou différemment. J'aime beaucoup apporter l'humour aussi quand je crée du lien avec quelqu'un et j'ose beaucoup plus en anglais. Il y a quelque chose, je pense, au niveau des émotions qui est différente parce que c'est comme s'il y avait un filtre peut-être supplémentaire. qui fait que je ne prends pas la mesure de la même façon de ce que je dis en français et en anglais.
- Speaker #0
Donc, tu te sentirais plus libre en anglais ?
- Speaker #1
Il y a des choses qui me tiennent à cœur ou qui sont difficiles à dire, qui sont tellement plus faciles à dire en anglais qu'en français. C'est comme si en français, ça prenait une dimension plus forte, plus profonde, plus grande, parce que c'est ma langue maternelle, alors que l'anglais... Et puis, il y a aussi, voilà, dans l'anglais... On fonctionne beaucoup avec des concepts. C'est une langue qui est plus directe. C'est une langue... Voilà. Et donc, c'est intéressant de se dire... Si en face de moi, j'ai quelqu'un qui parle et français et anglais, parfois, je peux me positionner plutôt en français ou en anglais en fonction de ce que je veux dire parce que je sais que mon message va avoir un impact différent si je l'amène en français ou en anglais.
- Speaker #0
D'accord. Et qu'est-ce que tu penses de l'accent français à l'étranger ? Moi, je pense que souvent, on le considère comme un accent sexy et plutôt bien vu, très charmant. Est-ce que c'est toujours bien d'avoir cet accent ? Est-ce qu'on doit lutter contre ? Est-ce qu'on doit faire l'effort que tu as fait toi d'avoir l'accent de la population locale ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours un accent quand même français sur certains mots. Donc c'est pour ça que c'est un peu perturbant, je crois, parce que les gens se disent « tiens, elle est française, mais je ne suis pas sûre » . Et en même temps, malgré tous les efforts que j'ai mis là-dedans, mon accent français... français, je crois que je l'aurais toujours. Et je me demande si ça ne touche pas vraiment à mon identité de personne et combien on est proche, on a envie de garder peut-être cette culture, cette identité. Je connais des gens qui ont un accent bien meilleur, en tout cas beaucoup plus proche d'un accent natif que moi, et puis d'autres où c'est bien pire. Et je ne sais pas si c'est une question d'effort, je ne sais pas si c'est une question... Je n'ai jamais vraiment compris. Je crois que ça... touche à l'identité de soi ou quelque chose comme ça qui n'est pas bien clair mais j'ai appris à faire la paix avec ça je me souviens d'un de mes leaders à l'époque ou avant d'avoir mon entreprise qui avait un prêt au poste dans la compagnie pour laquelle je travaillais qui avait un accent français mais à couper au couteau mais son anglais était parfait c'est à dire que voilà et c'est là où je me suis dit bah c'est pas grave je vais mettre peut-être plus d'efforts sur ma grammaire, enrichir mon vocabulaire, développer mes expressions. Mon accent est mon accent, il est ce qu'il est. Et voilà, donc ça, ça m'avait un petit peu réconciliée aussi en me disant, malgré un accent fort, prononcé, on peut quand même aller là où on a envie d'aller à partir du moment où on est compris, où l'anglais est plus que correct.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est la perception que j'en ai dans la réalité. c'est à dire qu'en fait on peut s'en faire tout un Tout un plat, alors que ce n'est pas là l'essentiel en réalité. C'est que l'on commence à assumer cet accent qui nous échappe, parce que tu le dis toi-même, tu as fait beaucoup d'efforts, tu as longtemps travaillé dessus et sur le reste, mais finalement c'est sur le reste que tu t'es concentrée, la grammaire, la correction de la langue, pour faire passer un message, communiquer clairement et t'assurer d'une bonne communication. C'est l'essentiel en réalité. Alors, quelle est ton actualité en ce moment, Bénédicte ? Alors, en ce moment, j'ai un grand projet qui me tient à cœur depuis un certain temps, qui va être lancé. C'est une grande journée pour moi aujourd'hui, notre rencontre. Et puis, après notre appel, je vais continuer à me concentrer là-dessus. J'ai travaillé, en fait, donc ça fait dix ans que je suis dans l'accompagnement professionnel. Et puis, j'ai voulu offrir au monde un partage d'expérience, donc mettre dans un seul et même dispositif. toutes mes années d'expérience, les rencontres que j'ai faites, mes outils, les exercices, les réflexions. Et donc, j'ai créé un dispositif d'accompagnement qui s'appelle Horizon Stellaire, qui a été développé autour du langage des étoiles et de l'univers parce que je voulais que mes clients rêvent grand, aussi grand que l'univers. Et donc, c'est un ouvrage qui est découpé en deux carnets de voyage. Donc, c'est un produit physique qu'on reçoit chez soi. et qui joue le rôle vraiment d'un journal intime dans lequel on va aller déposer toutes ses pensées et toutes ses réflexions pour aller réfléchir là où on en est dans sa vie professionnelle et apporter les changements qu'on cherche à apporter. Donc il y a l'odysséen qui fait appel au rêve, à la connaissance de soi. Donc on prend un temps de pause et puis on se regarde un petit peu le nombril pour réfléchir de nouveau. Mais qui suis-je aujourd'hui dans l'instant ? C'est maîtresse de personnalité. mes intérêts, mes compétences, mes peurs, mes freins, mes limitations. Et c'est une invitation véritablement à aller identifier des pistes, des projets, des envies, des souhaits. Donc à la fin de la lecture de l'Odyssée 1, c'est avec ça qu'on repart, qu'on va ensuite aller confronter dans le deuxième carnet de voyage, l'Odyssée 2, à la réalité des choses. Donc c'est beau de rêver, mais c'est encore bien mieux pour les rêves deviennent réalité. Et donc l'idée, c'est de pouvoir... Prendre ces pistes qui ont émergé et qui sont parfaitement en lien avec qui nous sommes et d'aller voir ce qui est réalisable, réaliste, de le confronter au contexte économique, social, politique, professionnel, de le confronter à ses propres limitations et puis d'aller le transformer non plus en un rêve mais en un projet réaliste. Donc à la suite de l'Odyssée 2, on repart avec un plan d'action clé en main. qu'on a simplement besoin de mettre en place. Et donc tout ce dispositif, même si l'objet principal est un livre, c'est deux carnets de voyage, tout ça vient aussi avec un accompagnement de ma part. Donc j'ai développé une plateforme de formation sur laquelle il y a des audios et des vidéos qui viennent accompagner chacun des exercices. Donc l'idée, c'était de pouvoir offrir un dispositif en autonomie. Moi, je suis vraiment une grande croyante. Si je fais le métier que je fais aujourd'hui, c'est parce que je veux autonomiser les gens et qu'ils prennent encore plus la responsabilité d'eux-mêmes de leur développement personnel et professionnel. Et en même temps, c'est souvent des transitions qui sont difficiles, qui sont bousculantes. Donc, je voulais un compromis, leur permettre de se penser. en autonomie, mais d'avoir un soutien à côté. C'est l'idée de tous ces audios que moi, j'ai enregistrés pour donner des instructions supplémentaires, partager des histoires personnelles, apporter une partie éducative sur certains concepts, ce qui fait qu'on a l'impression toujours de m'avoir à ses côtés tout le long du parcours. Et en plus, je suis joignable par WhatsApp, par e-mail, pour des échanges, des questions, du feedback, des célébrations. Évidemment, il y a aussi un groupe WhatsApp avec une communauté qui apporte de la solidarité et du soutien parce qu'on se rend compte souvent qu'on n'est pas tout seul et que quand on se rend compte de ça, c'est beaucoup plus aidant et facile de parcourir ce type de voyage.
- Speaker #1
Un magnifique projet. C'est plus qu'un projet maintenant, ça prend forme, ça démarre en fait, ça décolle aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, j'ai fait un lancement en juin en mode soft launching. Là, il est officiellement lancé à partir d'aujourd'hui.
- Speaker #1
D'accord. Et tu le fais sur Québec, parce que c'est français. Donc, c'est la France, Québec, une partie africaine ou tu te concentres sur un...
- Speaker #0
Sur le monde entier, pour tous les francophones qui auraient besoin d'un soutien autour de ces sujets-là, le dispositif est disponible sur mon site internet, horizonstellareaupluriel.com. Moi, je suis toujours disponible pour une rencontre, des questions, et puis faire en sorte d'embarquer dans cette aventure, soit positive et aidante.
- Speaker #1
Eh bien, voilà, Vénédicte, on arrive à la fin de cette interview. Je te remercie énormément, parce qu'en fait, tu as dit des choses qui m'ont enthousiasmée. J'en ai parfois oublié mon fil rouge, mais bon, je m'y suis rattrapée. C'était juste passionnant, épatant. Moi, je suis épatée par tout ce que tu dis. vie, tout ce que tu fais et la forme que tu donnes à tes projets, ton tout dernier projet. Les langues, c'est ce qui conditionne toute ton existence depuis au moins l'âge de 18 ans. Ça t'a amené très loin et tu n'as pas fini ton voyage.
- Speaker #0
Je n'ai pas fini.
- Speaker #1
C'est magnifique.
- Speaker #0
Merci à toi, Daniel. Ça a été vraiment une belle conversation, en effet. Et puis, c'est là où on se rend compte que des choses qu'on a dans le quotidien et qui paraissent normales, en fait, ont quelque chose de tellement plus profond et un impact tellement plus important sur soi. Donc, c'était intéressant pour moi aussi de faire cette réflexion avec toi. revenir en arrière sur des sujets que je n'ai pas discuté depuis fort longtemps et puis de comprendre aussi des choses dans mon parcours et sur moi. Donc merci pour cet espace-là.
- Speaker #1
Je suis ravie d'avoir pu partager tout ça avec toi. Merci encore Bénédicte. C'était Bénédicte, je vous l'avais bien dit. J'espère que cela vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner, à en parler autour de vous. Le podcast a besoin de se faire. connaître et de profiter à tous ceux qui ont envie d'avoir plus envie encore d'apprendre les langues. Merci, merci du fond du cœur. A très bientôt.