- Speaker #0
Embarquement immédiat pour EscalMétiers. Avec EscalMétiers, embarqués pour une expérience immersive dans le quotidien des professionnels de l'aérien.
- Speaker #1
Je m'appelle Vanessa et je suis agent parcours passager.
- Speaker #2
Nicolas, technicien balisage. Laurent, je suis chef de manœuvre, donc c'est chef d'équipe chez les pompiers.
- Speaker #1
Je m'appelle Kim et je suis coordinatrice sûreté.
- Speaker #0
Des métiers connus à se insoupçonner, tous ont un point commun, évoluer dans l'univers atypique, varié et dynamique de l'aéroport. Mais les connaissez-vous vraiment ? Bonjour et bienvenue dans ce premier épisode d'Escale Métiers, une création originale des équipes des aéroports de Nantes et de Saint-Nazaire. Je suis Sylvie Richard, accompagnée par Nick Ressman à la caméra, et je suis ravie de vous embarquer dans ce podcast pour vous faire découvrir l'univers du métier de technicien de maintenance.
- Speaker #3
Le milieu aéroportuaire, ça fait rêver. Quand on y travaille, on se rend encore plus compte de l'impact. de chaque personne dans ce maillage qui est gigantesque en réalité.
- Speaker #0
Ils sont les garants de la continuité du bon fonctionnement des installations dans l'aérogare, sur les pistes ou même dans les zones inaccessibles aux passagers. Ils assurent la maintenance et le dépannage de l'ensemble des équipements aéroportuaires de façon polyvalente. Nous plongeons aujourd'hui dans le quotidien des techniciens de maintenance pour se projeter dans leur métier. Pour nous partager sa vision et son expérience, nous avons invité Ronan Quénon. Bonjour Ronan. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et de représenter le métier de technicien de maintenance pour ce premier épisode du podcast EscalMétier.
- Speaker #3
Merci à vous.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter s'il te plaît et décrire ton métier ?
- Speaker #3
Je m'appelle Ronan. Je travaille pour AGO, Aéroport du Grand Ouest, en tant que technicien de maintenance aéroportuaire. Je travaille majoritairement sur l'ensemble de la plateforme. Du coup, ça amène à une diversité d'équipements assez importante. Par exemple, le tribagage, comme le parcours passager, comme les passerelles.
- Speaker #0
Tu fais partie d'une équipe ?
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #0
Vous êtes combien à peu près ?
- Speaker #3
On est 11 techniciens au total sur la plateforme, plus deux techniciens baliseurs qui eux s'occupent majoritairement du balisage qu'on peut retrouver sur la piste.
- Speaker #0
D'accord. Et ça fait combien de temps que tu as intégré l'équipe ?
- Speaker #3
Ça fait deux ans et demi.
- Speaker #0
En deux ans et demi, est-ce que tu penses que tu as appréhendé le métier ?
- Speaker #3
On commence à avoir une grosse notion des équipements qu'on va retrouver sur la plateforme, même si toutefois on n'a pas vu encore toutes les pannes. On dit qu'un technicien confirmé, il lui faut 6 ans pour pouvoir connaître l'ensemble des équipements.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous décrire ton parcours ? Qu'est-ce que tu as fait avant d'arriver ici ?
- Speaker #3
J'ai commencé avec un bac technologique, STI 2D, Science Technique du Développement Durable. J'ai ensuite enchaîné sur un BTS. CRSA, donc conception et réalisation de systèmes automatisés en alternance. Donc il m'a déjà donné goût à ce métier qu'est la maintenance, la réparation diverse et variée, on peut dire qui est amenée de... de la mécanique à l'hydraulique, en passant par l'électrique ou encore l'automatisme, qui est moi mon cœur de métier initialement. Et ensuite j'ai fait une licence en alternance également au sein du groupe Yves Rocher. Et à la suite de cette licence, j'ai décidé de postuler à l'aéroport, en tant que premier vrai job qui m'a fait rentrer chez Vinci, à l'aéroport au sein d'Agio.
- Speaker #0
D'accord. Donc on peut dire que tu as débuté ta carrière professionnelle chez AGO.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu peux nous décrire concrètement une de tes journées ? Est-ce qu'elles commencent toujours de la même manière ? Voilà, je te laisse nous raconter ça.
- Speaker #3
Alors une journée type, ben y'en a pas. D'accord. Parce qu'à la maintenance, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Donc on peut très bien commencer une journée sur les chapeaux de roue avec peut-être 10 dépannages en attente, comme on peut très bien commencer une journée plus calmement. Avec le temps de discuter, d'échanger avec les autres équipes, savoir ce qu'il s'est passé en amont, parce qu'on travaille en 3-8, donc il y a toujours des gens sur site, 24h sur 24, 7h sur 7.
- Speaker #0
Donc ça ne s'arrête jamais en fait ?
- Speaker #3
Ça ne s'arrête jamais. On a toujours un besoin en fait, que ce soit jour, le jour, le nuit, que ce soit le 25 ou le 1er ou n'importe quand, on a toujours besoin de techniciens maintenant sur la plateforme. Donc une journée type, il n'y en a pas.
- Speaker #0
Et concrètement ? Ta dernière journée de travail par exemple, comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #3
On va commencer la journée par prendre l'attention un petit peu, voir un petit peu où on en est, où sont les équipes, comment vont les équipements. On a donc divers appareils qui nous permettent de savoir l'état des équipements en temps réel. Par exemple une GMAO, une SUP. Supervision ou plusieurs supervisions en fonction des équipements.
- Speaker #0
GMAO c'est quoi ?
- Speaker #3
C'est une gestion de maintenance centralisée, donc on va avoir tous les bons d'intervention, tout ce qui a été rédigé par les techniciens, tous les dépannages qui ont été faits par exemple sur une vacation ou sur l'année par exemple, ou même sur plusieurs années pour avoir un historique des différentes pannes, pour pouvoir se retrouver et avoir des traces de ce qu'on a fait. Si à un moment il se passe quelque chose par exemple et on se dit peut-être qu'un collègue l'a eu, au moins on a un écrit de ce qui s'est passé et on essaie de reproduire un petit peu. peu au mieux ou de trouver des idées pour s'aider sur le dépannage en question.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Donc ça, c'est ce que tu consultes à chaque fois que tu commences ta journée ?
- Speaker #3
On peut consulter ça à chaque fois qu'on commence la journée. On a aussi des tableaux d'informations qui nous permettent d'avoir des informations sur des vacations précédentes ou alors nos collègues peuvent nous informer des diverses choses qu'ils ont pu avoir ou des divers dépannages qu'ils ont pu réaliser sur la dernière vacation.
- Speaker #0
Ok. Et après ?
- Speaker #3
Et après, du coup, on va arriver dans un moment où on va attendre le dépannage. Donc, soit on a du préventif à faire, ou là, on va aller faire, par exemple, du graissage. On va attendre les dépannages, tout en continuant à faire notre tâche de préventif.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #3
Et autrement, dès qu'on a un dépannage, donc là, c'est un peu le go, quoi. On part directement sur un dépannage. On ne sait pas sur quoi on peut tomber. Ça peut être n'importe quoi.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas prévu, du coup. Voilà, ce n'est pas prévu.
- Speaker #3
Donc, c'est aléatoire. Voilà, ça peut être... ça peut créer du stress pour des gens qui ne seraient pas avertis parce qu'on va arriver directement sur quelque chose d'inconnu. On ne sait pas à tout moment ce qui peut arriver. Donc, c'est vrai qu'on a des bonbouces d'adrénaline au sein de la journée.
- Speaker #0
Tu dis « on » . Est-ce que tu travailles tout seul ou est-ce que vous êtes toujours en binôme ?
- Speaker #3
Alors, la nuit, on est toujours en binôme. Donc, on est toujours deux. On essaie au maximum d'être deux. Donc, un qui est de chantier ou de préventif. et un qui va être de dépannage en permanence.
- Speaker #0
Ensuite,
- Speaker #3
on est toujours à minima, même le week-end, un technicien, un coordonnateur, parce qu'il y a aussi des coordonnateurs maintenance, qui eux ont des spécificités selon les équipements, et qui peuvent nous aider avec notamment plus d'expérience.
- Speaker #0
Ils vont vous accompagner en fonction de la difficulté du besoin ? Tout à fait.
- Speaker #3
Donc on n'est jamais vraiment tout seul.
- Speaker #0
Renan, quels sont les outils que tu utilises au quotidien, les équipements ?
- Speaker #3
On va voir les tris bagages qui représentent une grosse partie du travail. Il y a beaucoup de tapis et beaucoup de machinerie derrière pour que le bagage soit contrôlé et amené dans l'avion. On a un nouveau tri bagage qui est le CBS-02. qu'on appelle comme ça en interne, qui est tout neuf ou presque, tout à fait. Donc on est quand même sur la dernière technologie, notamment au niveau des moteurs et de l'entraînement des tapis, ainsi que le contrôle des bagages de soute.
- Speaker #0
D'accord, et toi dans ton quotidien de technicien de maintenance, tu peux intervenir pour quelle mission dans cet espace-là ?
- Speaker #3
Ça peut être remplacer un moteur, remplacer une bande de tapis. Ça peut également faire du préventif. On va avoir du préventif également, puisque ça a beau être neuf, si c'est bien entretenu. Ça s'entretient. Exactement. Et ensuite, les bagages d'analyse de soute, qui permettent de faire une lecture en trois dimensions du bagage, qui permettent de voir l'ensemble du contenu du bagage.
- Speaker #0
Est-ce que c'est plus compliqué ? Est-ce que ça fait appel à des compétences particulières ?
- Speaker #3
D'autres compétences.
- Speaker #0
Lesquelles ?
- Speaker #3
On va retrouver peut-être un peu plus d'automatisme. d'informatique industrielle également et de l'électrique majoritairement. Après pour tout ce qui est donc les tapis on va retrouver plus ce qui est mécanique donc on voit qu'on a quand même un panel assez important de connaissances à avoir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #3
Surtout sur cette équipe.
- Speaker #0
Est-ce que tu trouves que vous travaillez en transversalité avec d'autres métiers, que ce soit des collègues d'Aéroports du Grand Ouest ou d'autres partenaires ou prestataires sur le site ?
- Speaker #3
Beaucoup de prestataires et d'acteurs sur le site, que ce soit au sein de la Géo, parce qu'on va retrouver notamment le PCE, donc ceux qui planifient quand même les vols et qui sont là pour que tout s'imbrique bien pour tout le monde, que ce soit les compagnies. des agents au sol ou encore la maintenance. Donc voilà, on va beaucoup travailler avec le PCE, notamment pour la planification et savoir quand on peut intervenir et sur les bons moments.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #3
Et après, on peut aussi travailler avec diverses entités qui peuvent nous aider aussi lors de dépannage ou sur certains équipements, qui vont être plus à même d'avoir une vision d'expert, on va dire.
- Speaker #0
D'accord. Donc là, tu parles en fait de prestataires extérieurs qui viennent en fait vous aider dans certaines missions.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #0
Spécifique.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #0
Ok. Et sur l'aéroport même, est-ce qu'il y a une transversalité avec d'autres entreprises ?
- Speaker #3
Alors oui, on peut travailler avec beaucoup, beaucoup de personnes, notamment, comme je disais, on peut intervenir sur les parkings, donc on peut très bien travailler avec le payage. On peut travailler aussi avec des assistants au sol de compagnie, quand par moment ils ont une casque. sont un problème sur certains tapis, ils peuvent nous appeler nous pour qu'on puisse intervenir. Donc on va vraiment travailler avec tout le monde, ça peut très bien être les services d'État, comme des compagnies aériennes en fait.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu as en tête un souvenir d'une journée particulière qui ne s'est pas déroulée comme d'habitude, même si elles sont toutes différentes, ou une anecdote spécifique ?
- Speaker #3
Alors oui, c'était le week-end de Pâques, on était tout seul, j'étais tout seul avec un cordeau, on était deux. Et on se retrouve avec les appareils de contrôle de soute qui tombent en panne en même temps. Donc impossible d'enregistrer aucun bagage de soute. Donc on travaille avec beaucoup, beaucoup de pression. On a la tour de contrôle qui nous appelle pour savoir ce qui se passe. Parce qu'on n'a plus de place au sol pour accueillir les avions. Donc les avions sont en train d'attendre au-dessus. Savoir si on les déroute, si on ne les déroute pas. Donc il y a quand même une prise de décision qui est assez importante dans ce genre de situation.
- Speaker #0
Oui. Il faut de la réactivité et en même temps, il faut savoir gérer son stress aussi.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #0
Justement, par rapport à ça, tu dirais que c'est quoi pour toi les compétences nécessaires pour exercer ton métier ?
- Speaker #3
Je dirais qu'il faut savoir travailler sous la pression, pouvoir justement être capable d'intervenir en toutes circonstances, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige et sous n'importe quelle pression, parce qu'on peut très bien avoir une pression comme un feu. Par exemple, un feu qui se déclare, on peut aussi nous être amené à aller faire des interventions électriques pour éviter justement que le feu continue de se propager. Donc en fait, il faut déjà bien savoir gérer son stress et surtout être très méthodique parce qu'on travaille quand même sur une plateforme aéroportuaire. Il y a des choses qui sont proscrites, donc on ne peut pas amener tout ce qu'on veut en zone réservée, donc côté piste, donc on doit savoir travailler avec du matériel qui a été contrôlé au préalable. Et on n'a pas tout ce qu'on veut sous la main, comme dans une entreprise classique.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des obstacles auxquels tu as été confronté dans ta carrière jusqu'à présent ?
- Speaker #3
Déjà, dans un premier temps, rien que connaître son lieu de travail, connaître les différents recoins, savoir où trouver les choses, ça peut être compliqué. Dans les premiers temps, après on s'y fait, on se rend compte que l'aéroport n'est pas si grand que ça, au final. On a vraiment ce besoin de formation, on a vraiment besoin d'une formation sur l'équipement.
- Speaker #0
La technicité pointue du métier. Qu'est-ce que tu préfères dans ton métier ?
- Speaker #3
Ne pas savoir ce qui va m'arriver quand je vais embaucher.
- Speaker #0
D'accord, commencer ta journée avec un point d'interrogation.
- Speaker #3
Exactement.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des conseils à donner à quelqu'un qui voudrait, qui pourrait être intéressé pour devenir technicien de maintenance comme toi pour l'aéroport, mais qui hésiterait ?
- Speaker #3
Mais il faut se lancer. Il faut se lancer, on est là pour accompagner, on est là pour aider. On a une équipe qui est quand même très bienveillante, qui aide les nouveaux arrivants, qui les prend sous l'oreille, qui leur explique les choses. On ne les lâche pas tout seuls dans la nature.
- Speaker #0
Tu t'es senti accompagné ? Oui,
- Speaker #3
tout à fait.
- Speaker #0
Et pour terminer, si tu devais donner trois mots pour décrire ton métier, ce serait lesquels ?
- Speaker #3
Passion. Je pense que ça m'était de passion. Le milieu aéroportuaire, c'est un milieu qu'on ne voit pas tous les jours. C'est des équipements qu'on ne va pas retrouver partout. Et je pense que c'est très formateur et c'est une très bonne école surtout. Stress.
- Speaker #0
Oui, ok. Ça revient beaucoup. Oui.
- Speaker #3
Après, ce n'est pas forcément négatif non plus. Et le dernier, je dirais ponctualité.
- Speaker #0
D'accord. Dans quel sens ?
- Speaker #3
Dans le sens où, quand on est en retard, on met... Les équipes dans la difficulté. Et au-delà de ça, un avion, ça doit partir à l'heure.
- Speaker #0
Exact. Bon, Renan, merci d'avoir partagé avec nous et avec ceux qui seront peut-être de futurs collègues ton quotidien de technicien de maintenance pour ce premier épisode d'Escale Métiers.
- Speaker #3
Merci à vous.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode, Escale Métiers consacré à la profession de technicien de maintenance. Merci à Renan d'avoir témoigné. Cela aidera nos auditeurs à connaître le quotidien des professionnels de l'aérien. Si ce podcast vous a donné envie de nous rejoindre et de devenir technicien de maintenance pour les aéroports de Nantes et Saint-Nazaire, sachez que vous pouvez transmettre votre candidature à l'adresse mail indiquée dans le descriptif de l'épisode. En laissant un commentaire 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée, vous aiderez peut-être d'autres personnes à le trouver. On vous donne rendez-vous très vite pour découvrir un autre métier de l'aérien.