- Speaker #0
Embarquement immédiat pour Escalmétier. Bonjour et bienvenue dans ce quatrième épisode du podcast Escalmétier. Une création originale des équipes des aéroports de Nantes et Saint-Nazaire. Je suis Sylvie Richard, accompagnée par Nick Ressman, et je suis ravie de vous embarquer dans ce podcast pour vous faire découvrir l'univers du métier de pompier aéronautique. Il veille à la sécurité incendie des aérodromes et des avions, combinant expertise traditionnelle et compétences spécifiques à l'environnement aéroportuaire. Ce rôle crucial demande réactivité, sang-froid et une formation spécialisée pour assurer la protection des passagers et des infrastructures. Pour nous partager leur vision et leur expérience, nous avons invité Alicia et Joseph. Grâce à eux, nous allons percer les secrets de ce métier passionnant et découvrir leur quotidien.
- Speaker #1
Bonjour Alicia, bonjour Joseph, bonjour Nick.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #1
Merci d'avoir accepté cette invitation pour nous parler. parler de votre métier ici à l'aéroport au SSLIA. Déjà, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c'est que le SSLIA ?
- Speaker #2
Le SSLIA, c'est le service de sauvetage et de lutte contre les incendies des aéronefs. Donc en fait, la base de notre métier, c'est vraiment d'être là pour les incidents avec les avions.
- Speaker #1
Donc si on vulgarise, on peut dire qu'on est chez les pompiers de l'aéroport ?
- Speaker #3
Oui tout à fait. Si on veut vulgariser le mot, notre métier c'est pompier d'aéroport. Et SSLIA c'est vraiment notre métier qui nous différencie un peu des autres secours, des pompiers qui vont être un peu plus urbains, qui vont être dans des villes. Nous on est vraiment basé sur l'aéroport, avec ses spécificités de devoir intervenir en cas de besoin sur des aéronefs qui ont une panne ou même si un passager vient... avoir un souci de santé. Donc le SSILIA, lui, il est vraiment juste à côté de la piste.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on devient pompier à l'aéroport de Nantes ? Est-ce que c'est un métier de vocation ?
- Speaker #2
Déjà, il faut savoir que tous les deux, on est pompier volontaire à côté, dans le civil. Et je pense que c'est déjà une base pour pouvoir après commencer à être pompier à l'aéroport. C'est deux choses différentes, mais pour autant, sur le fond, c'est sensiblement la même chose. Je pense qu'il y a peu de personnes qui connaissent le métier de pompier d'aéroport. Les gens connaissent les pompiers dans le civil.
- Speaker #3
C'est un métier qui est méconnu. À titre personnel, c'est un métier que j'ai découvert parce qu'avant j'étais à l'armée. Je travaillais à la sécurité civile et on partait l'été en Corse du Sud, à Solenzara. Et on était basé sur la base aérienne de Solenzara. Et c'est là que j'ai découvert le métier de pompier aéroportuaire. Et c'est par la suite que j'ai fait une reconversion professionnelle. Donc moi j'ai eu la chance, c'est l'armée qui m'a financé ce qu'on appelle la FIPA, c'est la formation initiale de pompier d'aéroport. C'est là que j'ai pu intégrer ce métier. Mais c'est vrai qu'avant je ne connaissais pas du tout.
- Speaker #2
Je ne connaissais pas du tout non plus le métier de pompier d'aéroport. J'étais au service des SIAP avant et c'est là que j'ai découvert... Les SIAP, c'est quoi ? Ils sont là dans l'aérogare pour faire le secours à personne. Tout ce qui est surveillance des issues de secours et les départs de feu. J'ai travaillé là-bas avant et c'est comme ça que j'ai découvert le métier de pompier d'aéroport. Il n'y avait pas de femmes quand je suis arrivée. Le directeur de l'époque voulait féminiser le service. Du coup, je me suis financé mon permis poids lourd pour pouvoir postuler. J'ai pu être prise ici et intégrer le service du SSLIA.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un métier d'homme ? Est-ce que c'est un métier de femme ? Comment est-ce que vous voyez ça ? Le fait d'avoir une mixité dans le service, homme-femme, c'est très bien. Un service mix,
- Speaker #3
je trouve que c'est important. Maintenant, tout le monde peut faire le métier de pompier. Il faut juste déjà être passionné, parce que je pense que c'est un métier... De vocation, on ne devient pas pompier mais on a toujours ce désir de le faire depuis généralement tout petit, pour la majorité d'entre nous, et ensuite être motivé. Et puis à partir du moment où on se donne les moyens et qu'on a envie de se fixer ce but de devenir pompier, pour moi il n'y a aucune limite. Que ce soit un homme ou une femme, on est pareil. Moi et Alicia, on aime la même chose, on fait la même chose et c'est tant mieux.
- Speaker #1
Alicia, est-ce que c'est un univers qui était compliqué pour toi au début, en tant que femme, pour intégrer cette caserne ?
- Speaker #2
Alors moi je suis dans l'univers des pompiers depuis que j'ai 14 ans, donc je connais un petit peu tout ça, la vie de caserne. Je pense qu'il faut quand même avoir un peu de caractère, il faut faire ses preuves, mais dès lors qu'on connaît notre travail, qu'on s'investit et qu'on est dynamique et qu'on participe, voilà, ça se fait naturellement. Après, il faut savoir qu'on nous demande la même chose, à nous les femmes, qu'on va demander aux hommes. Il n'y a pas de différence, que ce soit au sport, que ce soit en manœuvre ou en intervention. On ne regarde pas si c'est un garçon ou une fille, c'est pour tout le monde pareil.
- Speaker #1
Alors si on parle de l'organisation au quotidien, c'est un métier où on n'est pas forcément là de 9h à 17h, je m'imagine, comment ça se passe ?
- Speaker #3
Alors nous on a un fonctionnement de garde qui est un peu particulier parce qu'on travaille sur un créneau de 24h, donc on embauche à 6h le matin et on termine à 6h le lendemain. Après les journées sont organisées un peu toujours de la même manière, par rapport aux aléas des interventions et de la journée, ça peut être amené à modifier. Évidemment il faut qu'on change, qu'on soit prêt à 6h. On effectue la vérification de nos camions. A 8h30, on a le rassemblement où on va avoir nos piquets officiels. On dit s'il y a des problèmes sur les véhicules. Sachant que les piquets, on les a avant, mais là c'est plus histoire de savoir si un véhicule a un problème, des choses à faire passer de la veille, etc. C'est ce qu'on appelle la main courante. Et ensuite, après ce point-là, la journée s'organise toujours de la même chose. C'est soit on va aller faire une manœuvre ou un sport.
- Speaker #2
Sport, manœuvre, ça fait partie de nos impératifs sur la journée. Et après, l'après-midi, on fait travailler nos services. Il y a plusieurs services pour faire tourner la caserne. C'est comme dans toutes les casernes de pompiers. Il y a de la formation. On a une ambulance, donc il faut qu'on maintienne notre matériel opérationnel, faire le complément de tout ce qui est compresse, pansement, tout ça. Une garde de 24 heures, ça passe relativement vite.
- Speaker #1
Tout à fait. Une garde de 24 heures, donc être là à 6h du matin, et c'est jusqu'à 6h le lendemain matin, c'est intense.
- Speaker #2
Après c'est un régime de travail qui peut paraître intense pour certains, parce qu'on travaille 24 heures en effet, sauf que du coup on ne travaille pas tous les jours, donc on a du temps de repos en semaine qui est pas mal. Et je sais que pour ma part j'ai travaillé sur un autre régime, et je ne suis pas vraiment faite pour du régime classique en horaire régulière. Travailler en 24 heures, moi c'est ce qui me convient, et je suis habituée comme ça depuis des années, et je ne reviendrai pas sur un autre régime de travail.
- Speaker #3
Tout à fait, il y a beaucoup de gens qui sont étonnés quand, par exemple, je peux parler de mon métier avec un ami à moi, quand je lui dis que je sors à 24h, il me dit « moi je ne pourrais pas, j'ai besoin de rentrer chez moi le soir, de voir mes enfants » . Donc ça dépend en fait. C'est pour ça qu'on dit que c'est un métier de vocation, parce que c'est un métier qui sort un peu de l'ordinaire. Et j'ai envie de dire qu'il faut avoir la personnalité et l'envie de se dire « moi je me projette, je me vois 24h à vivre avec d'autres personnes qui ne sont pas de ma famille, pas forcément mes amis, même si ça peut être des collègues » . Mais il faut quand même savoir s'adapter et travailler avec tout le monde. Donc c'est ça la spécificité du métier. Et je pense qu'on ne peut pas se lever un jour et dire j'ai envie de devenir pompier. C'est vraiment quelque chose qui doit venir comme une vocation.
- Speaker #1
Il n'y a pas le feu tous les jours à l'aéroport. Et bien heureusement, qu'est-ce qu'on fait les autres jours ?
- Speaker #2
Eh bien on s'entraîne. Pompier c'est un métier d'attente. On pense encore plus à pompier d'aéroport. Pour ce faire justement, on s'entraîne à chaque garde pour pouvoir être prêt le jour où il y aura besoin de nos services.
- Speaker #1
Et au-delà du feu, il y a aussi d'autres interventions.
- Speaker #2
On fait beaucoup de secours à personne. Alors les passagers qui peuvent avoir besoin de nos services, mais également le personnel qui travaille sur l'aéroport. Et on est là pour tout le monde.
- Speaker #3
Exactement. Il peut à tout moment avoir un avion qui peut dérouter au besoin. S'il est sur la route et que c'est l'aéroport le plus proche, il peut dérouter sur l'aéroport de Nantes. Et nous, on est censé être en capacité de l'accueillir pour... porter secours aux passagers ou à un avion. C'est d'où l'importance et ça arrive. Je ne vais pas dire que c'est tous les jours, mais ça m'est déjà arrivé à 2h du matin de devoir me réveiller parce qu'il y avait un aéronef qui avait un problème et qui devait dérouter, etc. C'est pour ça que ça démontre toute l'importance des pompiers d'aéroport. C'est quand même un secours qui est nécessaire.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui vous a marqué ici à l'aéroport de Nantes depuis que vous êtes arrivés en poste ? Est-ce qu'il y a un événement particulier qui vous a marqué ?
- Speaker #2
Pas spécialement. Après, je dirais le premier déroutement, justement, avec un malaise cardiaque à bord. Même si j'en ai déjà fait plusieurs, mais quand on voit l'avion qui se pose et arriver au parking, on voit que la personne est en arrêt cardiaque, massée par le personnel à l'intérieur. C'est vrai que ce n'est pas commun dans un avion. Je dirais que c'est la base du métier. Quand ça arrive pour la première fois, c'est une intervention qui reste en tête.
- Speaker #1
Qui marque. Très bien. Comment est-ce qu'on peut donner envie aux futurs collègues, ceux qui auraient envie de rejoindre le SSLIA à Nantes-Atlantique ? Qu'est-ce que vous diriez à ces personnes-là ?
- Speaker #2
Il faut aimer le travail en groupe, la vie en collectivité. Il faut savoir s'adapter parce que d'une garde à l'autre, ce n'est pas forcément la même ambiance, ce n'est pas forcément la même routine. Il faut s'adapter, il faut être dynamique, il faut avoir envie d'aller vers les autres et de s'intégrer. Ça se passe très bien.
- Speaker #1
Ok, très bien. Un dernier mot ?
- Speaker #3
Écoutez, nous, on a été ravis de vous accueillir au sein du SSLIA. Ça fait plaisir de partager notre métier.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode d'Escale Métiers consacré à la profession de pompier aéronautique. Merci à Alicia et à Joseph d'avoir témoigné. Cela aidera nos auditeurs à connaître le... quotidien des professionnels de l'aérien. Si ce podcast vous a donné envie de nous rejoindre et de devenir pompier pour les aéroports de Nantes et Saint-Nazaire, sachez que vous pouvez transmettre votre candidature à l'adresse suivante. recrutement at nantes.aeroport.fr. En laissant un commentaire 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée, vous aiderez peut-être d'autres personnes à le trouver. On vous donne rendez-vous très vite pour découvrir un autre métier de l'aérien.