Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Estime-toi, le podcast qui explore la confiance et l'estime de soi sous toutes ses formes. Ici, je m'adresse à toutes celles et ceux qui traversent des remises en question ou des transitions de vie personnelles ou professionnelles. Mon intention avec ce podcast est simple, vous donner des clés pour mieux vous connaître afin de mieux vous estimer. Parce que de mon point de vue, c'est le fondement de l'épanouissement et le moyen de trouver enfin sa juste place. Aujourd'hui, je vous propose un épisode solo. Cet épisode solo est là pour introduire une série d'interviews que je vais publier sur l'estime de soi en entreprise. C'est un sujet qui est important pour moi. On a parlé beaucoup d'estime de soi, mais j'aimerais qu'on aille regarder un peu ce qui se passe pour cette estime de soi au sein de l'entreprise. Donc aujourd'hui, le thème est simple. Je voudrais qu'on aille regarder pourquoi l'entreprise joue un rôle central sur notre estime de soi et pourquoi le travail impacte autant. cette estime de soi et notre confiance en soi. Et malheureusement, parfois, beaucoup plus qu'on ne le voudrait. Et je voudrais aussi qu'on regarde comment est-ce qu'on peut reprendre la main sans tomber dans des choses simplistes comme « il suffit de penser plus positivement » . Alors, avant d'entrer dans le cœur du sujet, j'ai envie de reclarifier trois notions qu'on a déjà vues dans d'autres épisodes du podcast, mais qui pour moi sont importantes et qui souvent sont mélangées. Je voudrais qu'on fasse la différence entre l'estime de soi. L'estime de soi, c'est l'évaluation que l'on fait de soi-même en comparant la perception que l'on a de soi et d'un idéal de soi. Autrement dit, plus je me sens proche de la personne que j'aspire à être et de mes valeurs, plus je me sens OK avec moi-même. Plus j'ai l'impression que mon estime de moi est bonne. Plus l'écart est grand, plus mon estime de moi est fragile. Ensuite, on parle souvent de confiance en soi en entreprise. La confiance en soi pour moi c'est une partie de l'estime de soi, c'est une sous-partie je dirais même. Elle est liée à est-ce que je me sens capable d'agir, capable d'apprendre, capable de faire face dans un contexte précis. Voilà donc est-ce que j'ai confiance en moi par exemple en réunion pour prendre la parole ou par exemple en tant que manager. Et puis il y a un troisième terme qui pour moi est très important et... dont on parle souvent en entreprise ou au travail, qui est la légitimité. La légitimité, c'est le fait de se poser la question de « Est-ce que j'ai ma place ici ? » « Est-ce que je suis crédible dans mon rôle dans ce groupe ? » Voilà, c'était important pour moi de remettre ça au clair parce qu'on va toucher ces trois sujets dans le cadre de ce podcast, l'estime de soi, la confiance en soi et la légitimité. Maintenant, je souhaiterais poser une idée qui est centrale pour moi et qui est importante pour bien comprendre ce qui se passe en entreprise, On n'arrive généralement pas en entreprise avec une page blanche. Certains vont arriver avec une estime de soi qui est robuste, et d'autres, malheureusement beaucoup d'entre nous, vont arriver avec une estime de soi qui sera déjà fragilisée, bien avant notre premier travail, notre premier boulot. Cette estime de soi aura pu être fragilisée par notre éducation familiale, par l'école, par les comparaisons, par des remarques qu'on nous a faites à un moment de nos vies et qui restent, et par le fait d'avoir appris très tôt parfois, qu'il fallait bien faire pour être reconnu, encouragé, simplement tranquille et parfois aimé. Pour décrire cela, Christophe André dans ses approches, il parle de deux dimensions qui sont intéressantes d'avoir en tête. Il parle de l'estime de soi élémentaire, qui est notre socle, qui est le sentiment qu'on a d'avoir de la valeur en tant que personne, indépendamment de nos réussites et de nos échecs, donc ça fait plus ou moins partie de nous, et puis une estime de soi situationnelle. qui elle est plus fluctuante et qui va vraiment dépendre et bouger en fonction de ce qu'on vit, de nos réussites, de nos échecs, des feedbacks qu'on reçoit et de la reconnaissance qu'on reçoit. Et malheureusement, quand notre socle est fragile et a été fragilisé par exemple dans l'enfance, et donc là on parle de l'estime de soi élémentaire, l'entreprise va parfois devenir un endroit où on va chercher à prouver quelque chose en permanence. On va se retrouver alors dans une situation où on va vouloir bien faire, on va vouloir anticiper, on va vouloir contrôler. et souvent on va être amené à se suradapter un maximum pour répondre aux attentes qu'on pense être celles de l'entreprise. À ce moment-là, le travail n'est plus seulement un endroit où l'on exerce ses compétences, mais ça devient un endroit où l'on essaye, on tente, de sécuriser sa propre valeur. Cela étant dit, j'aimerais que l'on aille regarder pourquoi l'entreprise pèse autant sur l'estime de soi. qu'elle soit robuste quand on arrive ou fragilisée, il a été démontré que l'entreprise a un impact très fort sur les cimes de soie. J'ai identifié quatre mécanismes qui entrent en jeu. Alors le premier, c'est 1. L'entreprise est réellement un miroir social permanent. On s'y sent en tout cas observé, évalué, souvent comparé, parfois ignoré, avec le sentiment parfois de ne pas être connu. Et notre cerveau est très sensible à ça. Parce que, comme vous le savez, nous sommes des êtres sociaux. On a tous un besoin fondamental qui est d'être reconnu. Être reconnu, ça ne veut pas dire seulement être félicité. Mais ça veut dire être reconnu en tant que personne, en tant que personne qui existe, qui compte et qui a une place, qui a sa place dans l'entreprise. Cela veut dire qu'on n'attend pas seulement de recevoir de la reconnaissance et des félicitations, mais on attend aussi tout simplement, par exemple, que notre manager nous dise bonjour le matin. Et quand cette reconnaissance est absente, qu'elle est floue, qu'elle est parfois même injuste ou imprévisible… Ça peut aller toucher quelque chose de très profond en nous. Est-ce que je compte ? Est-ce que je suis à ma place ? Et avoir donc un impact très fort sur notre estime de soi. En entreprise, deuxième mécanisme, la comparaison devient structurelle. Elle est maintenant partout. On nous fixe des objectifs, on a des évaluations, des promotions, on suit des indicateurs, des titres. Et généralement, elle n'est pas collective, elle est individuelle. Donc on est bien en train de mettre en comparaison, en compétition même, les personnes entre elles. Alors même quand vos collègues ne se comparent pas ouvertement, le système crée des situations pour que vous puissiez vous jauger par rapport aux autres. Alors quand on a déjà un idéal de soi qui est très exigeant... et donc un écart très fort entre la perception que l'on a de soi et son idéal de soi, cette comparaison du quotidien peut devenir vraiment toxique. Elle peut nous donner l'impression qu'on est encore plus en retard que ce qu'on pensait initialement, qu'on n'est toujours pas assez et nous amener à vivre dans la peur constante d'être démasqué, de ne pas être légitime. Ensuite, le troisième mécanisme est que le travail touche à l'identité. On n'a pas le sentiment qu'on fait seulement un job. On finit par croire, certains de nous pensent, qu'on est ce job. Et par exemple, moi en tant qu'indépendante, clairement, la frontière entre le pro et le perso se gomme et il est parfois difficile pour moi de garder de la distance avec mon boulot. Par exemple, on dit « je suis manager » , « je suis consultante » , « je suis responsable de » « moi je suis freelance » , « je suis indépendante » , « je suis coach » . Voilà. Et si ça se passe mal, on va... Pas seulement se dire « j'ai fait une erreur » , mais avec cet amalgame, on va avoir tendance à se dire « je suis nul, je ne suis pas au niveau, je ne suis pas à la hauteur, je ne mérite pas cette place » . Donc c'est là que l'écart entre la perception de soi et l'idéal de soi peut nous mettre très mal à partir du moment où on considère qu'on est son job et qu'on a du mal à prendre de la distance par rapport à son job. Le quatrième mécanisme est lié à la reconnaissance. La reconnaissance est un sujet complexe qui peut agir comme un amplificateur sur l'estime de soi. Donc, on l'a déjà mentionné, enfin je l'ai déjà mentionné, la reconnaissance peut avoir différentes formes. On peut avoir la reconnaissance de la personne, la reconnaissance des compétences, la reconnaissance des efforts et la reconnaissance des résultats. En entreprise, on a souvent tendance à ne reconnaître que les résultats et parfois uniquement les résultats visibles. Cela peut fragiliser certaines personnes qui ont besoin d'un autre type de reconnaissance. Si vous avez besoin qu'on reconnaisse vos efforts ou vos compétences, n'être reconnu que pour vos résultats peut poser problème et peut fragiliser votre estime de soi. En plus, pour ceux qui connaissent le modèle PCM et qui ont par exemple fait leur inventaire de personnalité PCM avec moi, vous vous rappelez certainement que nous avons vu aussi qu'il y a des types de reconnaissances différents en fonction des personnalités PCM. Par exemple, certaines personnes ont besoin de reconnaissance de leur productivité ou de leur efficacité, là où d'autres personnes ont besoin de reconnaissance à propos de leur engagement dans le travail. La reconnaissance est donc un sujet complexe. Il y a assez peu de chances que votre manager vous apporte la reconnaissance dont vous avez vraiment besoin. Surtout si lui fonctionne différemment, il aura un biais, il aura certainement tendance à vous apporter de la reconnaissance alignée avec ses besoins à lui et certainement pas avec les vôtres. Dans ce contexte, l'estime de soi au travail devient conditionnelle. C'est-à-dire qu'on va avoir tendance, certaines personnes vont avoir tendance à considérer qu'elles vont bien si elles réussissent et qu'elles vont mal si elles ratent. Et cela peut être épuisant. Et cet impact sur l'estime de soi va souvent baisser aussi la confiance en soi. Le risque est que si la reconnaissance qu'on reçoit n'est pas adaptée, on finisse par ne plus oser, qu'on évite, qu'on se censure, qu'on procrastine. Ou alors, certaines personnes vont avoir tendance à surperformer pour se rassurer et à s'épuiser. Alors maintenant que ce constat est fait, j'aimerais qu'on prenne un petit moment pour voir comment est-ce qu'on peut reprendre la main. J'ai identifié cinq pistes très concrètes pour reprendre la main sur votre estime de soi et la renforcer. Ou en tout cas éviter que l'entreprise ne la fragilise. Alors il ne s'agit pas de nier la réalité de certains environnements qui peuvent être compliqués et qui peuvent être toxiques et avoir un impact sur l'estime de soi. Mais néanmoins, il y a des choses que l'on peut mettre en place pour retrouver un peu de stabilité intérieure et stabiliser son estime de soi. La première chose, c'est de séparer sa valeur personnelle de sa performance. On a le droit d'échouer et cela ne va pas impacter notre valeur. Ce n'est pas parce qu'on ne réussit pas une mission ou qu'on a du mal avec un travail qu'on n'est pas quelqu'un de valable. On peut recevoir un feedback difficile et rester digne de respect. Ce n'est pas se raconter des histoires que de vouloir dissocier le résultat et son identité. Donc une vraie recommandation que je vous fais... c'est de prendre de la distance par rapport à votre boulot. Vous n'êtes pas votre boulot, et ce n'est pas parce que vous avez du mal à certains moments avec votre travail, ou que certaines personnes considèrent que vous avez du mal avec votre travail, que vous n'êtes pas aussi performant qu'attendu, que vous n'avez pas de valeur. Il est important, c'est le deuxième point, le deuxième axe, de clarifier votre idéal de soi au travail. Je rencontre parfois lors de mes coachings des personnes qui ont un idéal de soi... professionnel qui est très élevé et surtout très flou. Voilà, je veux être excellent. Quand on veut être excellent c'est perdu d'avance. Donc dans ce cas là ce que je vous recommande c'est de vous poser des questions simples : qu'est-ce qu'un bon travail pour moi ? Dans ce contexte, dans cette situation là, qu'est-ce qui dépend de moi ? Qu'est-ce qui ne dépend pas de moi ? Qu'est ce que je peux faire pour que mon travail soit au mieux avec les contraintes que j'ai ? Et vous posez la question de « est-ce que j'ai les moyens de faire ? » « Est-ce que la charge est réaliste ? » « Est-ce que je suis face à une injonction contradictoire ? » Parce que si c'est le cas, vous allez pour sûr ne pas arriver à répondre aux attentes qui sont posées sur vous. Votre confiance et votre estime de soi par l'épreuve. Ce que ça veut dire, c'est qu'on a souvent tendance à sous-estimer nos réussites et à ne focaliser que sur le négatif. Ceux qui ont déjà travaillé avec moi ont peut-être déjà mis en place un cahier des réussites. C'est quelque chose de très simple à faire et qui peut être fait dans le milieu professionnel ou dans le milieu personnel. Il s'agit de noter tous les jours ce que vous avez livré, ce que vous avez appris, ce que vous avez amélioré, les retours positifs qu'on vous a faits, les situations que vous avez gérées, les situations un peu plus difficiles que vous avez gérées, pour vraiment tracer tout ce qui vous paraît difficile, toutes vos réussites. Et quand vous en avez besoin, pouvoir revenir les lire et éviter que votre mémoire et votre cerveau ne focussent que sur le négatif. Et ça c'est très puissant pour booster votre estime de vous. Le quatrième axe, c'est d'apprendre à traiter le feedback comme une information et non comme un verdict. Un feedback, qu'il soit positif ou négatif, appartient à la personne qui l'exprime. La personne en face de vous exprime quelque chose avec ses propres filtres. avec ses propres critères d'évaluation qui peuvent ne pas être les mêmes que vous. À nouveau, elle va évaluer votre comportement, mais elle ne va pas vous évaluer vous et votre valeur. De plus, les feedbacks parfois vont être trop flous pour pouvoir être entendables ou avoir de la valeur et pour que vous puissiez en faire quelque chose. Donc un feedback doit répondre à des questions très concrètes. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui est attendu pour la première fois ? Quels seraient les critères de réussite, etc. Si le feedback est trop flou, n'hésitez pas à demander qu'est-ce que tu attends concrètement de moi sur ce point, dans cette situation, dans ce contexte. Ça change tout parce que ça déplace le sujet de moi en tant que personne à la situation et l'attendu. Et ça c'est primordial. Un feedback n'est pas fait sur vous, il est fait sur votre comportement, sur vos réussites, sur ce que vous avez. produit et il n'augure en aucun cas de votre valeur. Dernier axe pour booster, renforcer et stabiliser votre estime de soi, c'est de soigner ce qu'on appelle le soi social. Ne restez pas seul avec vos doutes parce que quand on est isolé, on interprète, on s'auto-juge, on s'auto-flagelle. Donc créez de l'appartenance, faites lien avec un père, trouvez-vous un mentor, trouvez un collègue avec qui vous puissiez partager, faites partie d'un réseau externe ou interne. elle se nourrit par des liens stables, des conversations où on peut être vrai et où on se sent reconnu. Pas reconnu seulement pour sa réussite, ses performances, ses efforts, mais aussi reconnu en tant que personne, Donc, prenez du temps pour soigner votre lien social. Pour conclure, l'entreprise joue un rôle central sur notre estime de soi, vous l'avez compris. Et cela, c'est parce qu'elle touche à des besoins humains très profonds. Elle touche à la reconnaissance, au sentiment d'appartenance, à notre place au sein de l'entreprise et au sein de la société, et à notre compétence, et donc à notre valeur. Et elle est d'autant plus... L'entreprise est d'autant plus impactante sur notre estime de soi parce qu'on arrive souvent avec un socle qui est déjà plus ou moins fragile et que l'on a construit dans l'enfance ou à l'école. Alors la bonne nouvelle, c'est qu'on peut reprendre les choses en main. petit à petit. Et comme je dis souvent, je ne dis pas que c'est facile, mais en mettant en œuvre les axes de travail que je vous ai présentés, il y a moyen de reprendre en main petit à petit votre estime de soi et de la restabiliser en entreprise. Pour ça, ça veut dire clarifier vos critères de définition de votre idéal de soi. Ça veut dire sortir de la fusion avec votre job. Non, vous n'êtes pas votre job. Ça veut dire se réapproprier les feedbacks. en ne considérant pas qu'ils sont des verdicts, mais qu'ils sont de l'information. Et surtout, en arrêtant de porter tout ça seul, en créant un environnement social qui vous aide à booster votre estime de soi, en étant reconnu pour qui vous êtes et pour ce que vous faites, de la façon dont vous en avez besoin. Alors dans les prochains épisodes, je vais recevoir des invités pour explorer ces sujets en profondeur. Et j'en suis très excitée et ravie. Avant ces épisodes, je voudrais vous poser une question et vous laisser avec cette question. Dans votre travail, comment se porte votre estime de soi et quels sont les éléments qui impactent le plus cette estime de soi ? Est-ce la comparaison, les feedbacks, la reconnaissance ou autre chose ? Alors maintenant, je vous remercie d'avoir écouté cet épisode d'Estime Toi. J'ai du mal. Si cet épisode vous a aidé, pensez à vous abonner, à laisser un avis ou à le partager. Cela m'aidera en retour. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Estime-toi. J'espère qu'il vous a donné des clés pour booster votre estime de soi. Si ce podcast vous plaît, pensez à vous abonner, à laisser un avis et à le partager autour de vous. C'est ce qui m'aide le plus à le faire grandir. Et si vous souhaitez poursuivre la conversation, je vous retrouve avec plaisir sur LinkedIn. Et surtout, souvenez-vous, prendre soin de votre estime de soi, c'est vous donner l'opportunité de trouver enfin votre juste place.