- Speaker #0
Bonjour à tous, je suis Patrice Marcadé, vous écoutez Et main-tenant le podcast qui tend la main entre les générations. Quand j'ai lancé ce podcast il y a trois ans, j'ai eu l'honneur d'accueillir un homme de 99 ans, l'un des derniers survivants du camp de concentration du Strutthof. M. Pierre Rollinet, puis sont venues d'autres voies d'expérience comme celle du professeur Henri Eschapas qui avait passé le cap des cent ans. N'étant plus moi-même de la première jeunesse, j'ai 83 ans, je constate que mon pont des âges penche un peu trop du côté des anciens. Il est grand temps de rééquilibrer cet édifice en donnant la parole à des jeunes. compte pas mes conversations avec l'intelligence artificielle, elles appartiennent à une autre dimension. Aujourd'hui j'ai la chance de connaître un homme jeune, Nino Saboya, 20 ans, qui m'a confié le récit de sa première expérience dans le monde du travail. Ce qu'il m'a raconté a réveillé en moi un vieux sentiment d'indignation. que je connaissais bien du temps où j'intervenais en entreprise et que j'écoutais mes stagiaires me parler des abus de pouvoir qu'ils subissaient de la part de leur hiérarchie. Il ne s'agit pas ici de caricaturer tous les patrons ne sont pas des tyrans, mais d'affirmer notre solidarité avec les jeunes qui découvrent le monde professionnel. Et de dire haut et fort que nous avons en tant qu'aînés une responsabilité dans la manière dont ils y sont accueillis. À l'heure où l'IA s'immisce dans la chaîne de production et redéfinit la place de chacun, la qualité du lien entre les générations devient de plus en plus cruciale. Car si les humains se comportent comme des machines sans cœur, Alors, peut-être préférerons-nous un jour travailler avec des robots programmés pour être empathiques. Bonjour Nino, alors je suis très heureux de te recevoir, très heureux de t'accueillir à ce micro et... Avant toute chose, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Bonjour Patrice, très content d'être là aussi. Je m'appelle Nino Saboya, j'ai 20 ans, je suis étudiant en histoire et je suis aussi militant communiste.
- Speaker #0
Alors, tu rentres directement dans tes opinions, parce que les opinions c'est très important pour toi.
- Speaker #1
Je ne dirai pas forcément les opinions, c'est important, c'est juste pour me présenter de façon globale et parce que mon engagement prend une certaine place, on va dire.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu plus sur ton parcours, sur ce qui t'a amené par exemple à t'inscrire en fac d'histoire ?
- Speaker #1
Alors ce qui m'a amené à m'inscrire en fac d'histoire, c'est parce que je ne savais pas spécialement quoi faire et que j'aimais bien l'histoire de façon générale. Et que aussi je trouvais qu'histoire était assez intéressante d'un point de vue politique, forcément, vu qu'histoire qu'on fait de façon globale, c'est de l'histoire politique en soi. Et aussi parce que ça permet aussi d'étendre mon niveau de connaissance. Et j'avais hésité entre ça et la philosophie, j'ai choisi au final histoire. la philosophie, il y a quand même une partie en on pourrait dire élitiste dans le sens où elle a quand même un niveau de vulgarisation qui, d'après moi, il y a beaucoup moins de travail philosophique sur la vulgarisation qu'en histoire. Par exemple, en histoire, on peut déjà, en France par exemple, voir qu'il y a beaucoup de chaînes de vulgarisation et qu'elles sont assez populaires. Je peux citer la plus connue, Nota Bene, qui a quand même plus d'un million d'abonnés et que c'est une chaîne de vulgarisation d'histoire. très sourcés et tout, et qu'en philosophie, par exemple, on n'a pas eu tout l'équivalent, parce que la philosophie, c'est pas du tout...
- Speaker #0
Très bien. Ça veut dire que, pour toi, c'est important de faire partager le savoir ?
- Speaker #1
Lugariser, oui, je pense que c'est important pour pouvoir un minimum conscientiser la population, tout ça, et aussi surtout pour ne pas être élitiste, parce que... Le problème de tous ces sciences-là, souvent, c'est que ce soit la philosophie ou l'histoire, c'est que souvent ce sont des sortes de sciences un peu figées, et qu'au final, soit il y a un renouveau perpétuel et tout, mais derrière, est-ce qu'elles servent vraiment à l'intérêt général ? Au vu de parfois l'entre-soi universitaire qu'on se discipline, c'est quand même plus compliqué que ça. Et donc c'est une réflexion assez intéressante, mais moi est-ce que c'est important de partager les savoirs ? Oui, je le pense, en tout cas, moi j'essaie de partager ce que j'aime. principalement en histoire, ce que j'aime bien partager, c'est l'histoire des pays d'Est. Voilà, l'histoire du mouvement ouvrier, du communisme et tout, de la gauche en France, des choses que je connais très bien, des histoires politiques aussi, d'Angleterre, très vastes. Je pense par contre qu'il y a une vraie réflexion à mettre là-dessus, sur le rôle de l'histoire dans notre temps présent et comment elle peut nous aider un minimum à avancer.
- Speaker #0
Bon, donc, c'est une... Ces études, en fait, ce sont des études qui ont une préoccupation militante, on pourrait dire.
- Speaker #1
préoccupation militante oui et non parce qu'en soit moi ce que je trouve c'est que l'histoire de façon générale et à rigueur disciplinaire façon scientifique quand même comment dire que ce soit d'un point de vue militant ou non une utilité je dirais public parce que mon militantisme et tout ça sont quand même des mots assez vague et aussi simplement oui on peut dire qu'il ya une portée militante mais avant tout Parce que c'est un intérêt et que je trouve que derrière c'est important quand même de pouvoir conscientiser un minimum la population.
- Speaker #0
Donc ça, ce sont tes convictions d'historien. Bon, très bien. Mais si tu es au micro aujourd'hui, c'est parce que dans ta vie d'homme, il t'est arrivé quelque chose, alors que tu as 20 ans et que tu... et viens de terminer donc ta seconde année d'histoire à la fac, il t'est arrivé quelque chose de particulier. Qu'est-ce qui t'est arrivé donc en ce mois de juillet
- Speaker #1
2025 ? C'était juin, fin juin, mais oui, tu m'as invité pour en fait parler de ma première expérience dans le monde du travail. Tout simplement, ce qui est passé tout simplement, c'est que j'ai postulé à la plus grande hybride, trop ça. J'ai postulé là-bas, j'ai été pris sans entretien avant l'embauche d'ailleurs. Parce que c'était déjà, quand j'ai appris que j'ai été pris, ce qui était bizarre c'est que ça a traîné au niveau de quand on me donnait mon planning d'emploi. Ce qui fait que j'ai eu mon planning d'emploi suite à un appel téléphonique. Mais ce qui fait que j'ai eu moins d'une semaine avant l'embauche. Or on n'a pas le droit dans le code du travail, normalement on doit les avoir une semaine en avance. ce qui est déjà un peu bizarre, on le trouve déjà quand c'est bizarrement. Puis j'ai commencé à travailler donc, et en commençant à travailler ça se passait plutôt bien, c'est un peu compliqué parce que dans une grosse librairie, forcément trouver les livres et tout ça...
- Speaker #0
Tu peux nous décrire un peu en quoi consistait le travail ?
- Speaker #1
Le travail en gros consistait à faire des vérifications de stock dans E-rayon, pour faire très simple, et aussi de conseiller les clients et tout, tout simplement. Et donc je faisais ça, et donc j'étais... Et forcément, on me jette dans le bain directement, il n'y a pas forcément de formation, etc. C'est quand même un peu rapide et tout. Et n'ayant pas eu d'embauche, je ne savais pas trop quoi faire de base, je ne savais pas ce qu'il fallait que je fasse. Et donc je fais une journée, c'est déjà un peu rude et tout, vu que c'est quand même des journées de 8 heures, c'est pas logique, mais surtout parce qu'il faut apprendre tout ça, il y a quand même énormément de livres et tout, on est forcément un peu perdu. Puis,
- Speaker #0
décris-nous par exemple quand tu es arrivé le premier matin, est-ce que quelqu'un t'a accueilli ?
- Speaker #1
Oui, on m'a accueilli et pendant deux heures et demie, on m'a fait visiter deux bâtiments, ce qui était quand même très long et très fatigant. Voilà, donc ça aussi, je voyais à quel point c'était quand même une grosse entreprise, si je puis dire. Oui, une énorme entreprise même. Et donc à partir de là, j'ai regardé, quand on m'a donné un travail et tout, donc c'était de vérifier les rayons. et donc avec une feuille il fallait cocher petit à petit les rayons et tout que ça veut dire vérifier les rayons ? c'est à dire en gros voir s'il y avait les bouquins qui étaient est-ce que les bouquins qui étaient affichés en rayon ou autre avaient le bon stock de bouquins en gros est-ce qu'il y en avait assez ou pas, oui il fallait en rajouter tout simplement voilà ce qui fait quand même que c'est assez grand, quand tout j'étais sur un rayon mais déjà un rayon c'est énorme parce que c'est quand même assez gros et tout et qu'en plus trouver les bouquins dedans c'est pas non plus très... je trouve plutôt très facile. et que c'est pas forcément trié, et qu'aussi c'est quand même des... comment dire... C'est parfois des livres qui sont un peu compliqués à trouver du fait... bah... l'ordre alphabétique, tout ça... Les thèmes, enfin les rayons où il est mis, ils sont pas forcément dans ceux où on pensait qu'ils seraient, parce que, bah, les livres ça dépend, c'est très flou à chaque fois. Par exemple, il y a une biographie d'une militante révolutionnaire russe... qui est quand même une biographie beaucoup pensée sur sa pensée féministe et tout, ça a été mis, par exemple, c'est mis vraiment dans le catalogue, etc., en histoire de l'Europe, alors que c'est une biographie qui a été faite aussi surtout par un philosophe, donc c'est quand même plutôt sur la pensée politique, et pourtant ça a été mis là, donc c'est quand même assez flou, ça n'a même pas été mis dans le féminisme et tout, alors que c'était avant tout aussi une biographie sur son activité militante, féministe et intellectuelle, féministe. Donc bon c'est quand même assez flou tout mais vraiment ça a été sur ça et ils ont pas du tout, enfin j'ai vraiment été réprimé, réprimandé là dessus de façon assez assez violente pour faire simple donc c'était quand même assez impressionnant quand même surtout bah aussi on m'a dit que j'étais pas assez efficace et tout sauf que bizarrement bah des collègues qui étaient avec moi me disaient clairement que c'était normal et tout parce que bah c'était mon troisième jour donc c'est quand même assez compliqué. et que c'était comment dire... enfin c'était très bizarre, enfin tout ça. Et après ce que j'ai appris c'est qu'en gros ils embauchaient, si j'ai bien compris, je crois des gens pour surveiller et empoiler en bas. Donc en bas parce que la direction est en haut. Donc c'était assez comment dire, une espérance un peu stressante et même... enfin assez violente quoi, dans le monde du travail quoi, directement. Et qu'aussi on m'a dit un peu en mode oui il faut être comme ça et... voilà enfin faut pas du tout faut vraiment supprimer sa personne pour le profit quoi et pour aussi surtout l'image de marque de l'entreprise qui est où et se paraît prestigieuse j'ai et éthiste voilà
- Speaker #0
je sais pas quoi dire de plus c'est déjà tant dit tant dit beaucoup est ce que cette première confrontation avec l'autorité ça s'est passé dans Dis-moi, dans quel cadre, quelle mise en scène ? On t'a fait monter à l'étage ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai été dans le bureau de la directrice.
- Speaker #0
La directrice du personnel ?
- Speaker #1
Non, de l'entreprise.
- Speaker #0
La directrice ?
- Speaker #1
Oui, directement, oui. Donc voilà, c'est vraiment me reprocher tutoiement, que j'ai tutoyé des gens de mon âge, c'est ça vraiment, et que je n'étais pas assez efficace, mais oui, directement à la directrice.
- Speaker #0
Mais efficace ? Comment pouvais-tu être plus efficace ? Il fallait que tu vendes plus de bouquins par jour ?
- Speaker #1
Non, je n'ai pas trop compris, non. C'était surtout sur le tri, etc. Alors que, bah, en fait, le truc, c'est que je n'arrivais pas trop à comprendre, parce que vraiment, je pense surtout qu'ils devaient avoir peut-être déjà les caméras, et aussi surtout des gens qu'ils embauchent pour se réveiller en bas, parce que mes collègues et tout, avec qui je travaillais juste en bas, etc., il n'y avait pas de soucis, etc., ça se passait vraiment plutôt bien, et qu'eux-mêmes disaient qu'il n'y avait pas à se mettre à pression là-dessus parce que ça allait petit à petit et tout. Et que moi, j'y allais, enfin j'étais peut-être, je ne suis pas forcément très bon, etc. Mais je m'habituais petit à petit. On m'a dit que j'étais un moins que rien, tout ça, et donc en tout cas, j'obéissais, tout ça.
- Speaker #0
On te l'a dit, SIC, elle a utilisé...
- Speaker #1
Ah oui, moins que rien, oui, on m'a utilisé, oui. On m'a utilisé le mot moins que rien, etc., tout ça. Même moi, j'ai un peu quand même été impressionné, parce que vraiment, le vocabulaire, il a été violent directement, tout ça. Et c'était vraiment aussi... Oui, ce qu'on m'a aussi reproché, j'ai repensé, c'est que je donnais un peu trop mon avis sur les bouquins de type politique, et donc en tout il fallait être genre le plus neutre possible. Or ce qui était quand même assez marrant, c'est que forcément, moi je suis très connaisseur des mouvements ouvriers et tout ça, et du marxisme et tout, forcément quand j'ai des gens qui sont intéressés par ça ou par la politique et tout, c'est quand même compliqué de pas dire son avis sur les livres, et en plus après il y a des conseillers là-dessus. Sachant qu'en plus j'ai réussi à en vendre quand même quelques-uns des livres en conseillant des clients là-dessus, c'est juste totalement logique. C'était vraiment pas très clair et tout. Et en plus ce qui est assez bizarre aussi c'est qu'on me reprochait pas de faits directement très concrets, parce que je pense que directement la directrice n'étant pas en bas, elle a eu des retours, c'est vraiment très flou. Et il n'y a pas du tout par exemple de faits très concrets et tout, ce qui fait que c'était assez flou et c'était vraiment... Heu... très bizarre. Je ne sais pas quoi vous dire.
- Speaker #0
Oui, c'était très étrange pour toi. C'est la première fois de ta vie que tu es convoqué comme ça et que tu es jugé publiquement ou à l'autorité.
- Speaker #1
Oui, je dirais que c'est une autorité vraiment en plus... C'est quand même vraiment autorité patronale, enfin c'est en mode emploi, tout ça, et employés, et aussi de voir les employés comme une main d'oeuvre serviable et, enfin comment dire...
- Speaker #0
Taillable et compréhensible.
- Speaker #1
Oui, ça t'as vu avec Orvea, mais aussi pas du tout en fait dans le rapport humain du tout, et que c'était vraiment chercher une image de marque élitiste et prestigieuse pour aussi avoir plus de profit.
- Speaker #0
possible et voilà quoi je sais pas quoi vous dire de plus tu en arrives à ton arrive à me à me vous voyez tellement tu es dans la situation pour lui de l'est et c'est elle pouvait pas elle pouvait pas te rendre plus service que de dire ça et de se comporter comme ça c'était j'allais elle était payée vraiment pour aller dans le sens de ta thèse
- Speaker #1
Bah, je ne le dis pas, mais c'est vrai que ça me fait quand même assez rire, parce que même moi j'ai été assez impressionné et quand même assez stressé, parce que personnellement j'étais déjà un peu fatigué et tout ça. Après j'ai été donc moi je dis en bas d'accord ok je vais après y'a pas eu de soucis après après cet événement là mais le lendemain ça ils ont tellement pas aimé alors qu'il n'y a pas eu de souci entre temps qui m'ont reconvoqué pour me dire après qui voudrait pas du tout me Re comment dire Ressigner un nouveau contrat pour plus tard et jouer renouvelé oui c'est ça merci patrice donc un contrat pour plus tard et que moi déjà j'étais déjà depuis La veille j'étais déjà en mode, bah j'ai pas trop envie de passer déjà trois semaines, j'avais signé un contrat pour trois semaines, alors renouveler ou pas, moi ça m'intéresse, ça me dérange pas trop quoi. Et après donc on m'a mis surtout faire de la manutention, donc la manutention c'est sous manipulation de livres et tout, donc des stocks et tout ça, et qu'on m'a dit en gros que les vendeurs en bas et manutentionnaires, par exemple en gros c'est un peu comme si, comment dire, je descendais dans l'échelle sociale, vu que... oui vraiment c'est ça ce que après ce qu'elle a dit ça en mode oui donc en tout on va vous faire des choses va donner à vous faire des choses plus abrutissante a vraiment utilisé le mot abrutissant après donc tu as été reconvoqué oui c'est ça oui exactement donc donc pour vraiment me dire en mode on n'avait pas renouveler votre contrat et tout ça et on va vous donner des choses qui au moins ne seront pas vous serez pas en contact des clients parce que vous donner de mauvaises images on va dire à l'entreprise et tout donc on va vous laisser faire de la manutention Et aussi ce qu'on me disait c'était quand même assez flou, c'est en mode qu'il ne fallait pas que je dise que j'ai été vendeur de base, une manutentionnaire parce que je serai payé, d'après j'ai compris normalement plus que, or j'ai vérifié sur le contrat de salaire, j'étais payé au SMIC et qu'on m'a dit après que normalement il y aurait un truc en quoi les vendeurs de livres et tout étaient payés un 13ème à un 14ème mois, je ne me suis pas reconcrit mais en tout cas sur le contrat il n'y avait pas marqué ça et même sur le contrat aussi il y a eu une erreur très bizarre, c'est que j'ai vérifié. C'est que j'étais payé 11,92 de heure, mais pour mensuel, donc par contre par mois, il y avait marqué que j'étais payé au SMIC. Donc il y a un petit problème parce que c'est 11,88 de mémoire SMIC heure, donc en tout déjà ils avaient fait un bruit calcul je sais pas trop quoi, mais en tout cas c'est pour 4 centimes et qu'on m'avait dit un peu en mode oui il faut que tu ne dises rien au maillot tensionnaire et tout, parce que ce serait comme si je faisais une tâche à maillot tension. qui serait plus déshonorante ou en tout cas qui devrait être moins bien payée que le contrat que j'ai signé. Donc voilà, et à partir de là j'étais vraiment persuadé que j'avais envie de partir dans l'entreprise, parce que je ne voyais pas du tout intérêt plus que ça, et que c'était une sorte quand même de pression aussi de surveillance, et aussi un côté malsain quand même qui était beaucoup trop présent. Après je me suis rappé quand même que j'avais vu qu'il y avait eu un article du Monde un peu vieux qui parlait de ces conditions de travail pas très bien dans l'entreprise, pas très saines si je puis dire. Et donc après ça m'a encore plus conforté vu que j'avais revu cet article-là qui était un peu vieux, qui datait d'il y a 3-4 ans, mais en tout cas il parlait de ça directement. et donc à partir de là je me suis dit que j'ai mon année d'histoire extérieure en devenez je voulais travailler juste pour ma petite expérience et pour... défourait des choses, avoir un petit peu d'argent, je suis en vacances pourquoi rester dans cet endroit là alors qu'il y a un niveau de de côté malsain quand même qui est un peu trop présent quoi et alors c'est terminé ? bah c'est terminé c'est qu'après j'ai parlé à mes parents ils ont aussi ils m'ont dit d'aller démissionner etc donc le lendemain j'ai dit je voulais démissionner et tout et donc deux jours plus tard j'ai posé ma lettre et ça a été accepté donc j'ai pu quitter l'entreprise sans aucun problème et je trouvais ça beaucoup mieux et beaucoup plus sympathique parce que moi j'avais plus de temps libre et aussi j'avais pas du tout l'impression d'être surveillé en permanence et toujours pour tous mes faits et gestes et aussi observer tout ça et c'était beaucoup plus agréable d'être chez soi et de lire des choses.
- Speaker #0
ça c'est sûr ça c'est sûr mais je suis quand même frappé que cette première expérience professionnelle t'ait donné à ce point la preuve du bien fondé de tes analyses. Donc une telle expérience, en fait, ça a duré au total 8 jours, 10 jours ?
- Speaker #1
C'est ça, une semaine plutôt. Une semaine, oui.
- Speaker #0
Une semaine. Bon, mais tu as appris beaucoup de choses dans une semaine. Ah oui,
- Speaker #1
mais même encore, là, j'ai du mal à y croire parce que vraiment, il y avait un tel niveau de comment dire... de pression et aussi de d'aliénation au sens marxiste que j'avais déjà pas que je connaissais déjà un peu mais les cas que j'ai pu voir le fait que chez marx pour lui travaille sous le monde capitaliste il perd tout un trait dans ce sens où on voit plutôt sens et la division à outrance fait qu'au final on retrouve pas comment dire un sens à son travail et on s'émancipe pas par celui ci on n'a plus de satisfaction de 1 donc ça j'ai vu ça parce que c'était quand même des gestes un peu répétitif et tous étaient rapides et tout ça et aussi parce qu'on me demandait de faire ça de telle façon de telle façon mais aussi surtout il ya une nation dans le sens où on me demande littéralement de supprimer ce que je suis en tant qu'individu et et puis il faut être comme ça comme ça pour pouvoir coer à une image précise d'entreprise pour être aussi faire plus de profit dans leur idée des choses j'irai donc les relations avec les les collègues ça s'est passé comment ça s'est plutôt bien passé il était plutôt sympathique il ya vraiment pas eu trop de soucis ma responsable de rayon elle était très gêné en fait de ces entrevues que j'ai eues avec la directrice parce que bas elle-même, en fait, vous voyez que c'était quand même assez violent. et qu'elle me disait si après que moi d'un point de vue du terrain etc j'étais plutôt efficace et que ça allait tout ça et et qu'elle aussi elle pouvait me rassurer par rapport au fait que là peut-être ça marche pas mais dans une autre hybride ça pourrait marcher etc mais là ça marche pas.
- Speaker #0
Et c'est quand même très intéressant qu'elle ait ta supérieure ta N plus 1 comme on dit ta supérieure hiérarchie qui a eu le souci de te rassurer le souci de de t'aider à passer ce moment délicat mais ça n'explique pas comment tu t'es retrouvé dans le bureau de la directrice. C'est pas elle qui t'a vu sur le terrain.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est le cas, oui, mais totalement. Et ça se voyait parce qu'en fait, en gros, la supérieure était là quand j'étais dans le bureau de la directrice, et que ça se voyait qu'elle était plutôt très gênée. Elle ne disait rien du tout. Elle ne disait même pas quasiment rien, elle ne disait rien du tout. Elle était comme ça, et la directrice commençait à me sermonner, si je peux dire. Oui, moi, ce qu'on m'a dit après, c'est que vraiment, ils sont des gens qui surveillent les employés. Tout ça, en fait, ce que m'a dit ma N-plus-un, en tout cas, voilà. Et que, enfin, moi, je voyais clairement que je ne pense pas que ce soit elle qui aurait dit ça, et même aussi, je ne vois pas trop son intérêt, parce que vu comme on aurait été très gênés, je ne sais pas plus que ça, et c'était un peu flou, et en tout cas, je me suis senti assez observé après. Et donc, à partir de là, j'ai vraiment compris que c'était vraiment quelque chose où j'avais déjà, je pense, vu assez de tours, etc., pour voir à quel point c'était... c'était pas un travail très émancipant et aussi que c'est quand même plus comment dire mauvais pour la santé plus qu'un travail qui permet de pas d'imaginer des choses et tout ça et c'est mon site et tu as tu as pris conscience que ce travail était toxique pour toi oui oui toxique et tout assez rapidement parce que tout simplement je vous en ai pas forcément déjà très bien et tout vu que je me sentais observé et tout et que... On se sent juste, comment dire, fliqué et juste pas du tout respecté en tant qu'attrument, enfin en mode vraiment une main d'oeuvre servile, et donc à partir de là, je ne trouvais pas trop intérêt de rester, et que je trouvais que j'avais déjà... j'étais en vacances, quoi, vaut mieux faire autre chose, quoi.
- Speaker #0
D'accord, mais si tu as besoin, suppose que je sois un copain de fac, et que je te dise, écoute, Nino, tu as fait cette expérience, tu as travailler dans cette grande librairie. Moi, j'ai besoin de gagner un petit peu de thunes pendant les vacances, et j'ai fait acte de candidature pour aller dans cette librairie. Quel conseil tu me donnes ?
- Speaker #1
Quel conseil, moi je dirais, plutôt que déjà, il vaut mieux trouver ailleurs, parce que juste, je pense que ce serait beaucoup mieux, en fait, déjà pour l'individu en question. Sauf pour un copain de fac, je trouve qu'il vaut mieux le trouver ailleurs et en plus, que derrière, c'est même plus agréable, je pense, d'être dans une petite librairie, tout ça, plutôt qu'être dans une énorme librairie comme celle-ci. Et que c'est beaucoup plus, comment dire, intéressant même intellectuellement et d'apprendre une espérance du travail et tout. Ce qui fait que moi, par exemple, chose assez marrante, c'est que moi, après avoir démissionné... Ma mère m'a conseillé d'aller voir la librairie de Philippe Poutou, que je connais, parce que je vois en magnifé tout ça et que je suis assez... On se connaît quand même, on se parle, etc. On a déjà bu des thés et des cafés ensemble. Et il est avec sa femme, donc très sympathique, et donc je lui ai parlé de ça. Et directement, par exemple, il m'a dit, comme je lui dis, j'avais quand même un peu d'espérance et tout ça, que lui, si sa librairie marche bien, etc., il ne serait pas contre essayer de m'embaucher à un moment. Parce que lui, il m'aime bien et qu'en plus, comme il se rend compte d'une expérience, ça peut être assez intéressant. Et que derrière, ça peut m'offrir un petit métier, etc. Et aussi, je vois clairement que dans cette librairie, en tout cas, l'ambiance est beaucoup plus sympathique.
- Speaker #0
Bon, donc en fait, cette opération est tout bénef. C'est-à-dire que tu as pu avoir une expérience professionnelle. Tu as été payé ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu as été payé au nombre de jours que tu as fait ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est ça ?
- Speaker #0
Donc ça c'est positif, tu as pu vérifier ta thèse, c'est-à-dire que le Grand Capital exploite la classe ouvrière. Tu peux aller voir Poutou et tu sais de quoi tu parles puisque tu as cette expérience toute fraîche. Et peut-être même que ça va te servir de carte de visite pour ton nouveau poste. Ah oui, oui,
- Speaker #1
oui, mais en plus, on touche à un librairie de Phil Poutou, quand même, elle est très sympathique, très conviviale et tout, et je lui ai parlé des tutoiements, etc. Il a été assez impressionné à quel point c'était quand même... Enfin, il m'a dit dans sa librairie, en tout cas, on peut tutoyer.
- Speaker #0
Bon, et peut-être...
- Speaker #1
même que ça va te servir de carte de visite pour ton à nouveau poste ah oui oui mais en plus on touche à l'église philippe boutou quand même est très sympathique très convivial et tout et je vais parler des tutoiements etc il ya comment il était assez impressionné à quel point c'était quand même enfin raoult il m'a dit non c'est librairie en tout cas on peut tutoyer maintenant
- Speaker #0
tu as fait cette expérience Est-ce que ça va changer quelque chose, tu as l'impression, dans ta vie ou dans la façon dont tu te projettes dans l'avenir ?
- Speaker #1
Je dirais dans la façon dont je concevois le travail philosophiquement et l'importance politique, par exemple, de donner plus de droits aux travailleurs, forcément, et aussi qu'il y ait une véritable démocratie là-dessus. Je ne sais pas quoi dire, mais en tout cas, ça me permet aussi de comprendre ça et aussi, peut-être aussi, même moi, ça m'intéresse, par exemple, d'essayer de trouver d'autres métiers, on va dire. d'être beaucoup plus manuel et beaucoup plus pénible pour pouvoir aussi voir encore plus mais à les nations et aussi ce que c'est par exemple de travailler dans ce genre de d'endroits et comprendre un peu quand même le problème du mode du produit de mode de production capitaliste bon
- Speaker #0
pour conclure nino est ce que tu peux me dire comment tu vois la suite tu as 20 ans oui tu connais la phrase de nizan Je ne laisserai personne dire que avoir 20 ans c'est le plus bel âge de la vie. Est-ce que... Comment tu vois la suite de ta vie ? Imagine, projette-toi un peu, 20 ans, dans 30 ans, tu auras 50 ans, tu seras à 50 ans, tu seras encore très jeune, très vigoureux, tu auras tout l'avenir devant toi.
- Speaker #1
Moi ce qui m'intéresserait par exemple, ce serait de réussir à quand même... avoir faire des études surtout donc de la recherche sur les mouvements ouvriers marxisme aussi système politique différents pays en ce moment ce qui m'intéresserait peut-être je vais voir si je vais essayer de faire ou pas serait peut-être de faire d'audiovisuel pour faire de la vulgarisation et une d et faire découvrir bas et sujet historique qui m'intéresse par rapport avec des vidéos youtube ou des podcasts soit par exemple sur l'évolution russe ou d'autres choses et d'approfondir ça surtout Souvent on a une lecture assez caricaturale et très simplifiée des événements de ce qui se passe dans les pays de l'Est. Oui. Voilà. Là, comme ça, je passe déjà ma troisième année d'histoire. C'est un peu ça directement qui me préoccupe et mon master, sinon... En fait, moi ce que je voudrais réussir à acquérir, c'est une rigueur scientifique très concrète sur les points de vue économiques et tout. Donc oui, là, je sais pas, comme ça, ça paraît un peu vaste. Et sachant qu'entre temps, peut-être qu'il devait avoir une troisième carondiale, donc bon... L'avenir est très flou.
- Speaker #0
L'avenir est très flou. Bon, écoute, pour le présent, je te remercie beaucoup pour ton témoignage. Il n'y a pas beaucoup de gens de ta génération qui ont cet intérêt pour le passé, pour l'histoire, pour la recherche. Écoute, je t'en félicite et je te souhaite bonne chance pour la suite de l'histoire.
- Speaker #1
À toi aussi.
- Speaker #0
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. J'ai soumis notre entretien à l'IA et lui ai demandé d'en faire la synthèse. Voici, quelle a été sa réponse.
- Speaker #2
Nino, 20 ans, croyait décrocher un simple job d'été dans une grande librairie. Pas de formation, un planning à la dernière minute. Et, au bout de trois jours, la direction lui balance, tu es un moins que rien. Rétrogradé. Surveillé. Prié de se taire sur les livres qu'il connaît le mieux. Il est parti au bout d'une semaine. Sa leçon ? Fuir les boîtes qui veulent des robots obéissants, plutôt que des humains passionnés. Et souvenez-vous, dans le travail, le pire n'est pas d'être exploité, c'est d'être méprisé.
- Speaker #0
Et maintenant, je vous laisse sur ce commentaire abrupt de l'IA, censé être la voix du... capitalisme algorithmique triomphant. Si vous voulez participer à ce podcast, si vous voulez commenter, si vous voulez prolonger la discussion, vous pouvez m'écrire patricemarcade arrobase gmail.com Je vous souhaite une belle fin d'été et vous dis à bientôt !