- Speaker #0
Bonjour à tous et à chacun, vous écoutez le podcast et maintenant, je suis Patrice Marcadé. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui les directeurs de la publication Tour de Parole, Sylvie Locteau et Gildas Kerdoncuf. Une revue rochelaise qui s'appelle Tour de Parole, je ne pouvais pas passer à côté sans leur tendre la main ou en l'occurrence le micro. Donner la parole aux gens, c'est les inviter à s'exprimer. ça a toujours été mon combat en participant à la création de la radio la rochelle début des années 80 en créant le service écrivain public audiovisuel en 85 en ouvrant la maison de la communication en 2005 et enfin en débutant il ya quatre ans ce podcast est maintenant pour donner la main en donnant la parole à ceux qui entreprennent qui créent qui innovent Rencontrer en 2026 des personnes qui réussissent l'exploit de fêter le centième numéro de leur journal papier, ça mérite de prendre le temps de les écouter pour mieux comprendre leur motivation. Et autant faire se peut les aider à trouver de nouveaux lecteurs, de nouveaux rédacteurs et, soyons fous, de nouveaux sponsors. Afin de mieux faire leur connaissance, je leur ai proposé que nous les écoutions successivement. Nous avons donc arrêté un tour de parole et il a été décidé que Sylvie Locteau commencerait et que... que Gildas Cardoncuff lui succèderait.
- Speaker #1
Bonjour Sylvie. Bonjour Patrice.
- Speaker #0
Alors, d'abord, est-ce que tu peux nous dire comment tu te retrouves ? Directrice de publication de Tour de Parole, qui fête son centième numéro.
- Speaker #1
Alors en fait, au départ, je prenais des cours d'anglais au centre social, qui était Rutière au départ, centre-ville de la Rochelle du centre-ville. Et pendant ces cours d'anglais, j'ai sympathisé avec Nicole Defoe, qui est devenue après mon adjointe et qui faisait partie de ce journal. Et enfin, En fait, très souvent, elle me disait « Pourquoi tu ne viens pas nous rejoindre au journal ? C'est très intéressant, je te verrai bien écrire, tout ça. » Et en fait, de fil en aiguille, si on peut dire, d'abord je l'ai aidée un petit peu à distribuer le journal parce qu'à l'époque, et c'est toujours le cas d'ailleurs, c'est toujours un petit peu compliqué la distribution. Et voilà, je suis venue à une réunion et je me suis sentie tout de suite à l'aise, à ma place. Et j'ai écrit mon premier article après la marche de l'assassinat de Charlie Hebdo.
- Speaker #0
Ah oui, dans des conditions un peu dramatiques. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Parce qu'à l'époque, lors des réunions, en fait, on faisait un tour de table et on a parlé bien sûr de la marche qui avait eu lieu le dimanche à La Rochelle, comme partout ailleurs. Et Nicole en prend la parole et me dit qu'elle avait senti lors de cette marche un petit peu de, pas forcément une ambiance très chaleureuse, des différences justement entre les communautés par rapport aux religions, des femmes voilées qui n'étaient pas forcément mélangées aux autres. Elle, elle n'avait pas senti une ambiance de...
- Speaker #0
Très fraternelle.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et moi, j'avais senti tout à fait le contraire. Pour moi, j'avais l'impression que tout le monde était un petit peu à l'unisson et qu'on marchait vraiment pour défendre les valeurs de l'expression. Et le fait que j'en parle comme ça, sans défendre simplement mon ressenti, il y a un des rédacteurs, René, qui m'a dit, écoute Sylvie, tu as ton idée d'article, lance-toi, écris. Voilà. J'ai écrit un tout petit article parce que j'étais pas très à l'aise non plus, c'est quelque chose que j'avais jamais fait auparavant. Et je me souviens même qu'à la fin, ça c'est une toute petite anecdote, que j'avais écrit du genre « Désolée... » pour mes maladresses peut-être ou soyez indulgents, c'était plutôt soyez indulgents et en fait il m'a dit non alors ça Sylvie tu l'enlèves aussi ça c'est pas possible et comme on corrigeait et c'est toujours le cas très collégialement. Ils ont vraiment validé mon petit article, que je relis de temps en temps, et ma foi qui tenait la route.
- Speaker #0
Tu persistes et tu signes.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. J'avais d'ailleurs signé Charlie Locteau.
- Speaker #0
Charly Locteau.
- Speaker #1
Charly Locteau,
- Speaker #0
oui. Et puis après,
- Speaker #1
je me suis laissée prendre au jeu, et je pense que depuis maintenant 11 ans que je suis dans ce journal, j'écris à chaque fois. Et en fait, pour répondre à ta question par rapport à la directrice de publication, c'était Nicole Aubé, une institutrice qui était directrice de publication à l'époque, et elle en avait un petit peu marre, elle avait envie de... de s'arrêter tout doucement et ça s'est fait très naturellement. Un jour, on m'a regardée en me disant « mais en fait, tu serais bien directrice de publication » . Je lui ai dit « je veux bien essayer si Nicole est mon adjointe » . Parce que Nicole était au journal depuis plus longtemps et elle avait une bonne expérience. C'était une super copine.
- Speaker #0
Et tu dis « finirai le rôle de directeur de publication comment ? »
- Speaker #1
Rassembler peut-être, rassembler, écouter, essayer de comprendre, et puis trouver parfois des compromis, des choses comme ça, être un petit peu dans la nuance. Parce que des fois, il faut... Je dirais que ce journal, c'est quand même une grande leçon d'humilité. Et parfois, il faut remettre un petit peu les valeurs au cœur des réunions, on va dire. Et j'essaie, j'essaie de le faire.
- Speaker #0
Tu as l'impression que quelquefois, il y a... Certains voudraient en profiter pour affirmer d'une façon un peu péremptoire leur vérité.
- Speaker #1
Alors pas vraiment ça, mais c'est plus dans le sens où des fois c'est un petit peu compliqué au niveau des corrections. C'est vrai que quand on écrit son article, on a l'impression qu'il est très bien, qu'on a essayé de penser un petit peu à tout. Et en fait, quand quelqu'un le lit, parce que maintenant c'est quelqu'un d'autre qui le lit, c'est mieux que parce que quand... En fait, on s'est aperçu quand on écrit son article, c'est pas qu'on le connaît par cœur, mais... Naturellement, on met la ponctuation, on fait en sorte de faire plus passer l'écrit. C'est déjà notre pensée qui... Et ce n'est pas toujours le cas, en fait. Et quand quelqu'un le lit, donc le découvre, le rendu n'est pas du tout le même. Et ça, c'est intéressant. Et parfois, les corrections, pour certaines personnes, c'est moi la première. Parfois, c'est un peu... ça pique un peu, quoi. Ah oui. Mais je trouve qu'on y arrive quand même. Et ça, c'est une force aussi du collectif. C'est une force du groupe de finir par accepter, bah oui, les autres ont raison. Et on avance comme ça et on s'enrichit aussi mutuellement. Et c'est peut-être pour ça qu'on arrive à écrire des articles qui ne sont pas trop mal, qui sont les plus justes possibles, les plus informés, les plus...
- Speaker #0
C'est un groupe de combien de personnes, le comité de réaction ?
- Speaker #1
On est sept. On a été beaucoup plus, et c'était très bien aussi, mais que sept, je dirais que sept, oui, parce que moi je rêve qu'on soit beaucoup plus nombreux autour de la table, parce qu'il y a des nouvelles idées, des nouvelles... plumes d'autres regards sur la ville des gens qui connaissent d'autres personnes parce qu'on vient d'horizons différents donc c'est vrai que ce serait beaucoup plus enrichissant et si on était plus nombreux mais c'est difficile donc ça veut dire que vous
- Speaker #0
ne limitez pas le les rédacteurs à au quartier dont le centre social et le point de ralliement ah non non non on est vraiment ouvert à tout le monde.
- Speaker #1
On se limite, en fait... Sur qu'est-ce qu'on va raconter, on ne va pas raconter forcément du village, toute la banlieue un peu lointaine de La Rochelle, on ne va pas forcément parler des initiatives, je ne sais pas, d'un artiste qui va s'installer, il faut que ce soit proche de La Rochelle quand même, vraiment. Mais les gens peuvent venir par contre de partout s'ils ont envie de s'intéresser à La Rochelle. Le précédent journal, j'ai écrit sur un artiste qui habite Laleu, et il aurait François Cantépacos, et ce n'était pas un problème. On peut vraiment aller plus loin que le centre-ville, évidemment.
- Speaker #0
Oui, mais ça correspond. Ce qui compte, c'est en fait l'émetteur, c'est celui qui écrit. Lui, il peut prendre compte de choses qui se passent dans un périmètre plus écarté.
- Speaker #1
Oui, oui, tout à fait. C'est ça.
- Speaker #0
Et pour en revenir à la critique et à l'écriture à plusieurs, c'est vraiment un genre extrêmement délicat. Est-ce que tu as des exemples de personnes qui ont dit, écoutez messieurs-dames, si ce que j'écris ne vous plaît pas, moi je m'en vais.
- Speaker #1
Alors oui, effectivement, on a eu ce cas-là. Mais c'est une personne, c'est très bizarre parce que c'était pendant le Covid. Donc, c'est une personne qu'on n'a pas rencontrée. On faisait par...
- Speaker #0
En visio.
- Speaker #1
Voilà, en visio. Et je ne sais plus trop comment elle était venue nous rejoindre. Et en fait, c'était quelqu'un qui avait l'habitude d'écrire, qui faisait beaucoup de... qui écrivait dans un journal. Et c'est vrai qu'elle écrivait très bien. Mais on avait l'impression, et je pense que c'est ça, qu'on n'était pas très loin de la vérité, qu'elle voulait placer un petit peu, elle était sur l'île dorée, enfin elle parlait beaucoup de l'île dorée, elle voulait placer des gens qui faisaient des choses, des initiatives. Ça faisait un peu pub déguisé, on va dire. On lui en avait fait part et elle avait dit ok. J'accepte votre critique et du coup, je ne vais pas rester. Et on ne l'a pas retenu. Parce que c'est vrai, on sentait un petit peu trop ça. Oui,
- Speaker #0
elle utilisait le support comme un moyen, un porte-avions pour porter ses propres... Les aéronefs, oui ça c'est délicat à gérer.
- Speaker #1
Oui, et ça c'est pas l'idée du journal, pas du tout. Alors c'est vrai, parfois c'est un peu tendancieux parce que d'écrire, là par exemple j'ai écrit sur une écrivaine qui a sorti deux livres, et on s'est posé quand même la question. et c'est ça aussi qui est intéressant parce qu'on se pose des questions. Quand on a une idée d'article, il faut qu'elle soit validée par tout le monde. Et en fait, on m'a dit, on lui fait un peu de la pub quand même. Mais moi, j'ai dit, oui, mais elle écrit des livres pour enfants. Elle aborde le thème de la psychogénéalogie, moi qui m'intéresse beaucoup. Donc, pour moi, c'est OK.
- Speaker #0
On lui fait de la pub. Et donc on ne va pas la prendre. Personnellement, je trouve que c'est un peu rude, parce que... Parce que les gens qui font des choses, ils ont besoin de se faire connaître.
- Speaker #1
Après, ça dépend dans quel domaine. Je dirais la personne qu'on avait rencontrée en visio, elle plaçait un peu soit un restaurant, soit... C'était vraiment une autre démarche.
- Speaker #0
Oui, tu as raison.
- Speaker #1
Pour moi, parler d'un livre, c'est génial. Je veux dire...
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Voilà. Oui, elle plaçait un peu des produits comme ça.
- Speaker #0
Non, là je suis d'accord. Si c'est placer un restaurant, placer un marchand de quoi que ce soit,
- Speaker #1
qu'on ne connaît pas, c'est autre chose. Par contre, effectivement, une rédactrice... Regina qui a fait partie pendant des années qui est partie c'est dommage parce que c'était une super plume elle avait fait un article sur un restaurant en plein centre-ville mais ils avaient vraiment une éthique, ils avaient l'idée de rencontrer justement des producteurs de l'île dorée il y avait une femme dans dans le restaurant qui produit. Ils puisaient des fleurs qu'ils intégraient après dans leur cuisine. Enfin, pour ça, ça avait vraiment un sens. C'était vraiment quelque chose. Ils faisaient de la culture, peut-être pas bio, mais il y avait une envie de bien faire les choses. Et qu'on en parle, ça, je trouvais que c'était complètement légitime. Et c'est vrai qu'indirectement, on a fait de la pub au restaurant, évidemment.
- Speaker #0
Vous l'avez fait connaître.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Vous l'avez fait connaître. connaître, on peut. Mais ça me paraît différent de faire de la pub au sens trivial du terme qui consiste à dire on veut faire vendre, c'était pas ça. Vous vous encouragez, vous souteniez une initiative.
- Speaker #1
Très honorable.
- Speaker #0
Donc, faire partie et en plus de ça, être à la direction avec Gildas de cette revue, c'est quand même complexe.
- Speaker #1
Et c'est bien d'être à deux.
- Speaker #0
C'est bien d'être à deux, oui. C'est vraiment avec une dimension politique, une dimension éthique, une dimension artistique. C'est vraiment... Qu'est-ce qui te fait rester maintenant ? Ça te prend du temps. Ça te mobilise.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. J'ai la chance d'être à la retraite, donc d'avoir beaucoup de temps. Et je l'emploie, alors je fais autre chose aussi, mais ça me nourrit en fait, parce que je trouve qu'on apprend déjà beaucoup de par l'article qu'on écrit, parce que souvent... Moi, je le fais très souvent. Je rencontre des personnes pour personnaliser un petit peu l'article. Parce que l'idée, ce n'est pas de faire un copier-coller quand on a une idée d'article. C'est vrai que maintenant, c'est très facile. En plus, avec l'intelligence artificielle, on peut... poser beaucoup de questions et avoir des réponses tellement rapidement. Mais moi, ce n'est pas l'idée, c'est de rencontrer des vrais gens. Et souvent, c'est des personnes qui sont passionnées. Et du coup, ça rend, je trouve, l'article très dynamique, très humain, avec plein de belles valeurs, souvent. Donc, moi, c'est ça qui me fait rester. Et aussi d'apprendre, j'apprends aussi beaucoup des articles des autres, que je n'aurais pas eu l'idée d'écrire. Et donc, on se nourrit aussi beaucoup des articles des autres. C'est ça,
- Speaker #0
on se nourrit de l'apport des uns et des autres. Bon, alors, je vais... mettre le couteau dans la plaie à propos de cette histoire d'IA et à propos le fait que vous soyez aussi attaché au papier donc j'imagine que vous n'avez pas de Facebook que vous n'avez pas de
- Speaker #1
Alors, il est en ligne, le journal.
- Speaker #0
Ah, il est en ligne.
- Speaker #1
Il est en ligne sur le site de la Fabrique du lien social, dans la rubrique tour de parole, parce qu'on est une activité de la Fabrique.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, on est ouvert à tout le monde, n'importe qui peut venir en nous disant, moi, j'ai envie de participer à la réunion, je reste ou je ne reste pas. alors ça se fait pas vraiment comme ça parce que j'ai l'impression que c'est quand même être un peu compliqué pour que les gens viennent voir. Souvent on entend, oui, mais moi je ne saurais jamais écrire, je n'ai pas du tout de formation littéraire. Personne dans le groupe, on a une, c'est... En fait... Je pense que c'est très accessible pour tout le monde.
- Speaker #0
Oui, vous allez avoir tous les gens qui vont arriver avec des textes que l'IA aura écrits, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Ça c'est le problème.
- Speaker #0
Ça c'est un gros problème et ça vous ne pouvez pas l'empêcher. Parce que, qu'est-ce que vous allez faire en face d'une personne qui vient, qui vous présente un texte impeccable, sans une faute d'orthographe, sans une anicroche et... Enterrement fait à dire, qu'est-ce que vous faites ?
- Speaker #1
Ça, je ne pensais pas répondre à cette question.
- Speaker #0
Tu serais d'accord pour que ce journal soit un bastion de... de l'écrit tradit et refuse les outils ?
- Speaker #1
Oui, parce que pour moi, ce journal, d'abord, Tour de Parole, ce titre, alors ce n'est pas nous, bien sûr, qui l'avons créé, il a 25 ans, et ça veut bien dire quelque chose, quoi. La parole, mais c'est la parole aussi de l'autre qu'on prend. Donc, prendre la parole à l'intelligence artificielle, pour moi, ce n'est pas une vraie parole. C'est une parole, mais pas d'un humain. Donc, avant tout, la priorité, c'est de laisser la place à l'humain. Donc, c'est vrai que si un très beau texte est écrit, mais qu'il n'y a rien, on s'aperçoit que la personne qui a écrit ou la machine n'a pas rencontré quelqu'un en chair et en os on va s'en rendre compte de ça donc il sera uniformisé synthétisé tout bien écrit effectivement sans faute d'orthographe parce que je pense que l'intelligence artificielle ne fait pas beaucoup de faute d'orthographe mais ce côté un peu synthétique trop bien trop lisse Ouais. Il faut rencontrer des gens.
- Speaker #0
Il faut continuer à rencontrer des gens. Il faut rencontrer des gens et des vrais gens et des vrais citoyens avec des tripes, avec des émotions, avec une histoire. D'accord. Mais je suis d'accord avec ça. Mais moi je combatte quand même beaucoup pour que ces gens-là, ces vrais gens, s'approprient les outils de... Et je pense que l'IA est un outil qui permet à leurs paroles d'aller plus loin, d'être entendues, d'être... Moi je reste encore naïvement... Peut-être, mais je veux le croire que ces outils peuvent être des outils dont on tire le meilleur parti, et pas uniquement des outils de propagation. d'asservissement et de tromperie. Je veux le croire. Depuis le début, je veux le croire. J'ai du mal à certains moments à croire ce que je crois, mais c'est un combat. Parce que si on se met complètement à l'extérieur, on laisse le champ libre. Tu me regardes avec scepticisme, et je le comprends, mais bon, c'est une affaire délicate, et il va de l'avenir de la presse, qui est en train d'être bouffée, complètement, absorbée.
- Speaker #1
Complètement, oui, je suis d'accord. C'est pour ça que ce petit journal, il a vraiment de la valeur. Le dernier journal sur la Rochelle, et le périphérique aussi, il n'y en a plus du tout. Donc, il est précieux. J'espère qu'on va être entendus auprès de la mairie, parce qu'on a quand même une petite subvention. Moindre, mais si elle pouvait augmenter, ce serait top, parce qu'on serait plus à l'aise, on va dire, financièrement parlant, parce qu'il y a aussi ce côté-là qu'il faut gérer, trouver des annonceurs.
- Speaker #0
J'espère bien que le podcast vous aidera à vous faire connaître et suscitera l'intérêt. Ah bon, ça existe ? Comment peut-on voir ce qu'ils font ? Comment peut-on les lire ? Et comment peut-on les aider ? Vous pouvez trouver des gens, oui. C'est assez joli que vous endossiez ce rôle de... Je ne dirais pas dernier des Mohicans, vous pouvez trouver ça un peu méchant, mais c'est bien ça. Pour moi, c'est un combat de dernier des Mohicans. C'est beau, mais c'est beau. Je le dis sans humour, c'est vrai, je trouve que c'est très beau. C'est pour ça que je tenais tellement à te rencontrer et à rencontrer Gilda. C'est parce que je trouve que ce que vous faites est grand, oui.
- Speaker #1
C'est gentil.
- Speaker #0
Non mais c'est vrai, c'est vrai, je te l'ai dit il y a longtemps mais c'est vrai. Et la phrase que vous avez mise sur la couverture de ce dernier numéro que j'invite nos auditeurs à rechercher, ils peuvent le trouver où ?
- Speaker #1
Alors ça c'est Gilda, je pense que tu l'as interviewée.
- Speaker #0
Oui, ils peuvent retrouver le journal où ? Les gens qui voudraient récupérer, lire le journal, ils peuvent le trouver où ?
- Speaker #1
Alors, sur le lien de la fabrique du lien social, c'est très facile, ils vont sur le site et il y a plein de rubriques. Et à un moment, dans ce qu'ils proposent au niveau des activités, il y a... Tour de parole, journal local de La Rochelle, on clique dessus et là, il y a une présentation du journal avec nos valeurs, ce qu'on défend, la liberté d'expression. Et on peut lire en ligne tous les, peut-être pas tous parce que maintenant il y en a 100, ça fait beaucoup, mais au moins 6-7 précédents.
- Speaker #0
Et s'ils le veulent en papier, en vrai papier ?
- Speaker #1
Alors on le distribue quand même à 6000 exemplaires dans toutes les administrations de La Rochelle. Chez les commerçants qui veulent bien l'avoir en dépôt, et on aime bien faire des dépôts, parce que dans les boîtes aux lettres, donc le reste est mis dans les boîtes aux lettres de La Rochelle et dans les quartiers environnants. On se pose quand même la question que quand on le met dans une boîte aux lettres, on l'impose aux personnes. On a essayé un jour d'avoir des retours dans le journal, on avait mis un petit quelque chose à découper en disant voilà. Là, on vous met ce journal tous les trimestres dans votre boîte aux lettres. Est-ce que c'est OK ? Enfin, on n'avait pas mis ça comme ça, mais est-ce que vous êtes d'accord ? Qu'est-ce que vous auriez aimé peut-être trouver dans ce journal que vous ne trouvez pas ? On a essayé de faire un lien, on n'a eu aucun retour. C'est un peu dommage, mais c'est comme ça. Il fallait que les gens répondent à ces questions très succinctes, découpent, on l'avait fait pour découper, et mettent ça dans la boîte aux lettres du centre social. Et on n'a pas eu de retour. Donc, on se pose toujours la question, est-ce que ce journal est lu par tout le monde ? Quand la personne reçoit ça dans sa boîte aux lettres, Merci. On m'impose ce journal, moi je n'ai pas forcément envie de le lire, et il va directement recycler. On espère que non, évidemment, parce qu'on a quand même des retours quand on rencontre des gens. Et là, lors de cet anniversaire, on a rencontré plein de gens et ça nous a donné du baume au cœur parce qu'on a eu des retours très positifs. On l'attend tous les trimestres, des personnes âgées, parce que je pense que c'est quand même peut-être plus nos lecteurs, des personnes âgées, mais pas que certainement, et qui nous disent, moi je l'attends avec impatience, parce qu'à chaque fois j'apprends quelque chose sur la ville, sur des gens qui font des choses, des belles initiatives, des associations aussi qui font un boulot de dingue, et donc c'est, voilà.
- Speaker #0
Je suis bouche bée. Que vous soyez déçus que personne n'ait renvoyé son petit coupon, etc. Mais vous avez envoyé à combien de personnes ? Même pas une centaine ? Quand ils ont eu ça dans la boîte aux lettres, il y avait combien ?
- Speaker #1
C'est vrai que je ne peux pas répondre à la question précise combien on fait de journaux en dépôt et le reste en boîte aux lettres. Mais il y en a beaucoup plus dans les boîtes aux lettres qu'en dépôt. Donc sur les 6 000, il y en a peut-être 5 000 qui vont dans les boîtes aux lettres. C'est beaucoup, 5 000. Donc sur 5000 pas de réponse, ça veut dire quand même quelque chose.
- Speaker #0
Mais ça c'est pas très... Moi je pense que, parlez-en à des gens de la publicité, je pense qu'ils vous diront que c'est normal. Et puis vous demandez un effort. Ouvrir le journal, le lire, le lire, découper, accepter d'écrire, découper, remettre ça, c'est extrêmement sélectif.
- Speaker #1
on l'a compris on était déçu mais pas plus que ça on aurait aimé avoir un retour bien sûr mais c'est pas pour ça qu'on avait le moral en berne et qu'on s'est remis en question pourquoi on n'a pas de réponse mais on se pose quand même cette question et je pense qu'elle est légitime Le fait d'imposer ce journal, ça quand même, c'est une petite musique qui ne nous lâche pas.
- Speaker #0
On peut aussi dire le fait de proposer, de mettre à disposition. Vous l'imposez, tu parles d'une...
- Speaker #1
Un petit peu quand même.
- Speaker #0
C'est pas une violence quand même, faut pas exagérer.
- Speaker #1
Oui, parce qu'effectivement on est complètement apolitique, on parle pas de sujets qui fâchent, on a pas envie de... En fait on a envie de raconter des belles histoires, des beaux projets, rencontrer des belles personnes, et ça fait du bien, on a besoin de ça.
- Speaker #0
Et c'est pas politique ça.
- Speaker #1
Comment ?
- Speaker #0
Et c'est pas politique ça.
- Speaker #1
Je sais pas.
- Speaker #0
Moi je crois que si c'est politique, que vous vous battez pour des valeurs et que c'est éminemment politique. Et moi je trouve que je soutiens votre combat, mais c'est un combat politique.
- Speaker #1
Ce qui est important aussi pour ajouter quelque chose qui me semble effectivement important, c'est qu'on fait toujours relire les articles quand on interview quelqu'un. La personne valide. notre écrit, avant que ce soit bien sûr publié. Alors souvent, avant la correction avec le groupe, on fait relire à la personne. Des fois, on a des retours. Alors ça aussi, il faut l'accepter. Mais je trouve ça fort intéressant parce que des fois, quand on interview les gens, je pense que tu sais de quoi je parle. Des fois, on ne retranscrit pas tout à fait ce qu'il a voulu dire. Il y a des petits ajustements à faire. Et c'est intéressant après de communiquer avec la personne. En général, ça se fait par mail. On ne la rencontre pas à nouveau. Par exemple, M. François Cantépacos, un sculpteur et peintre très connu sur la Rochelle, mondialement connu, que j'ai rencontré. Et lui, il m'a fait totalement confiance. Il m'a dit, je ne veux pas relire l'article que vous allez écrire. Donc j'avais un petit peu une petite pression, parce que je me suis dit, waouh, bon, ok, c'est super qu'il me fasse confiance, mais moi je ne le connaissais pas, on s'est rencontré deux heures le temps de l'interview, il m'a fait visiter son atelier, un mec charmant, et quand le journal est sorti, je lui en ai apporté dans sa boîte aux lettres, et il m'a envoyé un super gentil message, vraiment, Vraiment adorable en disant qu'il était ravi de l'article, que j'ai... Ça fait plaisir, ça c'est... Voilà. Voilà, l'ego. Bien évidemment, ça fait plaisir.
- Speaker #0
C'est normal, et ça c'est peut-être une des réponses à la question. pourquoi tu continues ? C'est parce qu'on a des retours quand on fait ça qui sont quand même gratifiants.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. J'apprends plein de choses et effectivement, j'ai un retour des retours des personnes. Ça fait du bien. C'est vrai, il ne faut pas... L'ego, ça fait du bien un petit peu à l'ego. Ça, c'est sûr.
- Speaker #0
C'est bien. Tu as dit beaucoup de choses intéressantes et je crois comprendre pourquoi tu fais ça. C'est un combat à la fois, c'est un intérêt personnel et c'est un combat collectif que tu mènes, tu es fidèle à toi-même. quand tu fais ça. Mais il n'y a pas beaucoup d'activités dans lesquelles on peut dire je fais ça parce que je défends mes valeurs. Et c'est ce que tu fais et vraiment je trouve ça tout à fait... Dignes d'admiration. Moi j'aime bien admirer. J'aime bien admirer les gens. Je trouve que c'est un plaisir d'admirer les gens. Et bon, est-ce qu'il y a un mot que tu veux dire en conclusion de cette interview et de ta prise de parole à ton tour ?
- Speaker #1
Un grand merci à toi, déjà, pour tes mots très chaleureux et très positifs. Ça me donne envie vraiment de continuer. Et je dirais que cet anniversaire, ce petit moment qu'on a passé avec pas mal de gens, je pense qu'on était au moins 60, voire 70, on a eu des très bons retours et du coup, on a vraiment envie de continuer. C'est... Je dirais ensemble, le mot ensemble, solidarité. et communion, quelque part. Et puis, je voudrais rajouter aussi que Gilda, qui était mon adjoint il n'y a pas très longtemps, mais il fait tellement pour ce journal, il est tellement actif, on va dire, que... Très naturellement, je me suis demandé s'il voulait devenir co-directeur avec moi. Et on avance bien tous les deux. On a une grande complicité aussi, bien sûr, avec le reste du groupe. Mais pour tenir un petit peu le groupe, on bosse bien ensemble. C'est chouette. C'est une belle rencontre.
- Speaker #0
Eh bien, je te remercie, Sylvie, de faire la bande-annonce pour Gilles Dacquy, qui va suivre. C'est très bien. Merci beaucoup,
- Speaker #1
Sylvie
- Speaker #0
Locteau d'avoir nous avoir aussi bien parlé de tour de parole et donc la parole circule.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Les hauts ciels, que ça continue. Avant d'écouter bientôt Gilda Skerdon-Kuff, je vous invite à découvrir le journal Tour de Parole sur le site de la fabrique du lien social. Dans la partie documents à télécharger, vous cliquez et vous pourrez lire les articles de ce journal papier.