- Speaker #0
Allez, l'homme dans l'actu, c'est Olivier Deberanger, directeur général de LFDE. L'homme, on va être très honnête pour qui on a un tout petit peu décalé cette émission, mais l'annonce a été faite cette semaine. Le projet de fusion entre LFDE et LBPAM ont trouvé que c'était une information suffisamment importante pour qu'on décale notre émission. Olivier, merci beaucoup d'être avec nous. On va naturellement parler de cette fusion. Pardon, je vais juste rappeler pour commencer quelques petits souvenirs personnels parce que les deux maisons LBPAM et LFDE sont nées au début des années 90, au moment où j'ai débuté ma carrière. J'ai un petit lien particulier dans ma petite phase mieux vivre avec les deux, puisqu'en 1999, on remettait une corbeille d'or à La Poste et à sa filiale de gestion qui s'appelait à l'époque Soge Poste. Et puis en 2011, j'ai remis une corbeille. à l'LFDE, la financière de l'échec qui est rentrée depuis quelques années dans le classement. Et vous aviez une petite raison dans cette raison-là, puisque la financière de l'échec n'avait qu'une gestion actions et vous aviez été embauché pour développer une gestion taux. Donc, une fois que j'ai dit mes petits souvenirs personnels d'antan, je vais vous demander de vous livrer un petit exercice, cher Olivier. Donnez-moi maintenant le pédigré des deux maisons.
- Speaker #1
Deux maisons effectivement qui ont quand même une certaine ancienneté, en fait les 35 ans de la financière de l'échiquier cette année. Financière de l'échiquier, fondateur Didier Nesrel, actions de conviction, portefeuille concentré, Small et Mid Cap, puis l'Europe, puis l'international, et une maison qui en 2023 gérait un peu plus de 12 milliards d'euros. La banque postale Asset Management, devenue... LBPM, une maison qui a beaucoup fait de M&A, beaucoup d'acquisitions et de sessions, et une maison concentrée sur des activités assez différentes des nôtres, EPM, une activité d'aide privée, European Private Market, les crédits à valeur ajoutée, quelque chose d'ailleurs sur lequel on veut se développer, le Smart Beta, une alternative d'ailleurs plutôt intéressante par rapport aux ETF, et puis aussi une activité de multi-gestion de fonds de fonds essentiellement à vocation d'être distribué dans le réseau de la banque postale, mais avec des potentialités de croissance importantes.
- Speaker #0
Alors si on fait l'histoire de la maison, il y a eu effectivement beaucoup d'opérations de croissance externe, il y a eu Tocqueville Finance, il y a eu la financière de l'EFK. Pourquoi aujourd'hui prendre la décision de fusionner ?
- Speaker #1
Eh bien, je veux dire que notre actionnaire semble content de ce qu'on fait depuis 2023. Et il nous est paru évident que si on voulait faire l'étape suivante, c'est-à-dire continuer à se développer sur la clientèle externe, il fallait fusionner, rassembler nos forces de manière à offrir à l'ensemble de nos clients, et notamment les CGP au premier rang, une gamme complète, diversifiée, avec des actions, du crédit et des diversifiés, chose qu'on faisait déjà à la financière de l'échiquier, et vous l'avez rappelé tout à l'heure, mais aussi des fonds de performance absolue sur le crédit, des fonds... de smart bêta, des solutions multi-actifs et les actifs privés, qui est un axe de développement important également.
- Speaker #0
Alors, j'imagine qu'il y a également un axe de développement sur l'Europe. Vous, à la Financière de l'Échec, vous avez déjà ouvert un certain nombre du monde. C'est normal qu'on nous parle de l'union de l'épargne et de l'investissement et que le marché, désormais, est de plus en plus européen. Il y a quand même un truc qui interpelle Olivier dans cette fusion. C'est le choix du futur nom. LFDE ou, si je résonne en Europe, LFDI. Pourquoi ce choix ?
- Speaker #1
Un choix, je le disais à l'instant, de se tourner vers le client externe. Et pour se tourner vers le client externe, il faut une marque reconnue, déjà implantée. Et même si notre développement européen, pour l'instant, n'est pas forcément au niveau que celui que je voudrais, c'est vrai qu'on est quand même installé dans déjà plusieurs pays, le Benelux, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne. Donc on a déjà une empreinte. Garder la marque LFDE, c'est dire qu'on va continuer à être ce que nous sommes, c'est-à-dire des gérants multispécialistes. Pas des gérants globaux qui font tout et n'importe quoi sur toutes les classes d'actifs et dans toutes les géographies, avec nos spécificités et avec toutes les solutions qu'on peut apporter, notamment à notre clientèle patrimoniale.
- Speaker #0
Alors, l'autre curiosité d'un point de vue linguistique dans le choix de la nouvelle marque, c'est, après LFDO, on vient d'en parler, c'est IM, Investment Managers, et non pas Asset Managers ou Asset Management. Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que dans notre ressenti, quand on a fait ces nombreux meetings sur la marque, sur l'organisation future, il nous a semblé qu'Investment Manager, c'était plus en ligne avec ce qu'on savait faire. De la gestion de conviction sur les actions, de la réponse avec des solutions structurées sur la partie... qui sera bientôt ex-LVPM. Bref, un côté plus tailor-made, plus customisé, plus à l'écoute du client, avec aussi évidemment les actifs privés, qui semblait mieux refléter dans Investment Manager qu'Asset Manager, qui paraît beaucoup plus large, beaucoup plus installé, et être un petit peu moins réactif, un petit peu moins à l'écoute du client. Et c'est la position, en tout cas, que la nouvelle LFD-EIM veut avoir.
- Speaker #0
Alors, j'imagine que vous, qui êtes derrière votre écran, Quand vous entendez ça... Vous êtes content. Pourquoi ? Parce que la marque LFDE, vous la travaillez déjà depuis longtemps. Qu'est-ce que ça va changer pour les CGP, les distributeurs externes qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Une simplicité évidente dans les interactions qu'on va avoir tous les jours. Je vais vous donner un exemple récent. Beaucoup de CGP, de nos amis CGP, sont en train d'acheter des solutions de performance absolue sur le crédit. Il y a un fonds qui est très beau, très bien chez LBPM, qui s'appelle LBPM Absolute Return Credit, mais qu'on a rebrandé en échiquier Absolute Return Credit pour le marché de la distribution. Parce que la marque, je venais de le dire, elle est rebrandée, elle est plus jolie. Elle est plus jolie, elle est mieux acceptée, elle est mieux connue, puis elle est mieux référencée. Il y a plein de raisons. Et en fait, on a lancé ce produit au mois de septembre et on a déjà collecté plus de 150 millions. Donc, c'est l'illustration qu'un bon produit, une bonne manufacture, plus une marque, plus évidemment des équipes commerciales sur le terrain, tout ça vous fait une petite sauce qui est quand même beaucoup plus agréable pour nos partenaires CGP.
- Speaker #0
Ok, donc je vais garder mes habitudes avec la maison, mais avec une gamme qui va être plus étouffée. Je voudrais qu'on revienne. L'autre jour, on a fait un débat avec Kevin Tauzé et Bertrand Merveille sur la gestion active. Je voudrais, c'est votre ADN, on est d'accord, la gestion active, c'est votre dada. Je voudrais, là encore, puisque je suis dans les questions de vocabulaire, quel mot vous préférez ? Parce que j'ai regardé le communiqué de presse, il est question à la fois de gestion active et de gestion de conviction. Vous, votre terme préféré, c'est quoi ?
- Speaker #1
Je dirais que l'un ne va pas sans l'autre, parce que la gestion de conviction, c'était... je dirais l'ADN historique de toutes ces maisons qui se sont lancées au début des années 90. Et je préfère peut-être aujourd'hui la gestion active parce qu'au vu des mouvements de marché, de la violence des retournements sectoriels, factoriels, au vu de l'incertitude générale qu'on a depuis plusieurs années. Vous êtes forcé d'avoir une gestion de conviction, mais qui reste active. C'est-à-dire dans lesquelles, dans vos portefeuilles, vous bougez régulièrement, vous vous réadaptez aux conditions de marché, et même si vous avez des convictions, vous ne pouvez pas rester sourd aux signaux que vous envoie le marché.
- Speaker #0
Allez, je peux abuser ?
- Speaker #1
Allez-y.
- Speaker #0
Je vous ai sous la main. La dernière fois que vous étiez venu en plateau, c'était pour parler des marchés. Votre sentiment aujourd'hui sur les marchés ?
- Speaker #1
Des marchés qui sont... Ce n'est pas la peine de le cacher. plutôt chers, avec des exigences sur les résultats des entreprises importantes. Juste en arrivant avec cette émission, la séance à Wall Street n'est pas terminée, mais Broadcom perd 15% sur des résultats spectaculaires, mais simplement la croissance n'est pas forcément là. Au rendez-vous, plus exactement, un surplus de croissance annoncé ne l'a pas été. Donc une petite déception, ça vaut 80 fois les résultats, quand vous délivrez un petit peu moins, même si c'est spectaculaire. vous corrigez. Et c'est un peu l'état dans lequel se trouvent les marchés actuellement. C'est-à-dire qu'on a pricé la fin de la guerre en Iran assez rapide, on ne price plus la guerre en Ukraine, et on se dit que tout valait pour le mieux. C'est possible, c'est même probable, et moi en tant qu'investisseur en actions historiques, de toute façon j'y crois et je reste toujours investi, mais des turbulences à venir, ce n'est quand même pas exclu.
- Speaker #0
Ok, juste une petite question parce qu'on en parlait tout à l'heure avec Florent Vabon dans le Point Eco. L'IA ? ça vous pousse à aller plutôt vers les États-Unis que vers l'Europe ?
- Speaker #1
Je serais tenté de dire malheureusement un peu plus vers les États-Unis quand même, parce qu'on disait souvent pendant des années que les États-Unis innovent, la Chine produit et l'Europe réglemente. Ça a changé. Les États-Unis innovent et produisent grâce à Biden et aussi à Trump et tous ces rapatriements de capacités de production. Les Chinois ne font plus que produire, ils innovent, et notamment dans tout ce qui est IA et humanoïdes, qui est d'ailleurs un thème qu'on pousse auprès de nos clients. Et l'Europe, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle sur-réglemente à nouveau pour être sûre de réglementer assez. Donc je pense quand même qu'en termes de perspective de croissance, ces deux zones sont vraiment à regarder. Donc je favorise plutôt les États-Unis sur le thème de l'IA, mais aussi tout ce qui est émergent, tout ce qui est Chine, tout ce qui est... Asie du Sud-Est, tout ce qui est Inde, c'est des thématiques sur lesquelles la croissance est là, et donc les résultats seront là.
- Speaker #0
Olivier, merci beaucoup de nous avoir fait décaler notre émission. Tout de suite, le regard d'Hélène.