- Speaker #0
Allez, premier face-à-face de cette émission Objectif Long Term, on pargne épargne salariale, c'est l'actualité en cette période de l'année. Avec nous, c'est sa première en plateau, elle est directrice générale de Generali Global Pension, Anne de Lanversa. Anne, merci donc d'être avec nous pour cette première et en grand retour, le grand retour de Mathieu Chauvin, le président d'ERES avec nous. Mathieu, je vais commencer si vous le voulez bien avec vous, je dis c'est votre grand retour. R.S. a pas mal bougé ces dernières années. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
- Speaker #1
R.S. a pas mal bougé. On a franchi en fin d'année dernière la barre des 8 milliards d'actifs sous gestion. On gère aujourd'hui des dispositifs d'épargne salariale comme c'est notre fondement historique. On gère aussi des dispositifs d'épargne en retraite. collective, individuelle. On a lancé un contrat d'assurance vie il y a deux ans et en ce début d'année, on lance un compte-titres. Donc vous voyez qu'on a beaucoup bougé, on s'est pas mal diversifié avec néanmoins un dispositif d'épargne salariale qui reste cœur dans notre activité.
- Speaker #0
Épargne salariale, vous travaillez d'un côté avec des distributeurs et d'un autre côté en direct avec des grandes entreprises ?
- Speaker #1
Effectivement, il y a deux verticales. Une verticale où on accompagne des très grands groupes français dans la construction de leur gamme financière, dans la structuration de leurs opérations d'actionnariat salarié. Et ça, ça fait appel à des compétences très spécifiques chez nos consultants internes. Et pour le reste de nos activités, ce sont des activités de distribution via les réseaux de courtiers, de conseillers en gestion de patrimoine et des prescripteurs experts comptables.
- Speaker #0
Anne, je viens vers vous, c'est votre premier remplateau. On connaît Generali Assureur. Vous faites aussi de l'épargne salariale ? Qu'est-ce qui vous a amené vers ce business ?
- Speaker #2
Alors, Generali, c'est un assureur, mais c'est surtout un très grand acteur de l'épargne, un professionnel de l'épargne. On gère 800 milliards dans le groupe d'épargne et on le fait sur toutes ses formes. Et l'épargne salariale est un de ces types d'épargne qui nous intéresse beaucoup parce qu'il est à la fois patrimonial, c'est le fond de ce qu'on essaye de faire sur ce métier aujourd'hui de plus en plus. C'est aussi un métier de protection, à la fois pour le dirigeant et pour les salariés. Et Generali a fait le choix stratégique d'être partenaire des petites entreprises. Et c'est elles qui ont le plus besoin d'être équipées aujourd'hui. Les grandes le sont déjà. Et enfin, c'est un métier d'avenir pour la distribution. Et Generali est très positionné sur le partenariat avec ses distributeurs.
- Speaker #0
Alors justement, on va regarder distribution, parce qu'on va essayer de voir si l'intérêt, on a titré cette séquence un peu sur l'intérêt du business que vous pouvez avoir. l'épargne salariale pour la distribution. Mathieu, je vais profiter de votre expérience. Si on regarde les profils de courtiers, de conseillers en gestion de patrimoine qui font de l'épargne salariale, il y a une typologie, il y en a plusieurs.
- Speaker #1
Il y en a plusieurs. Il y a des distributeurs qui débutent et qui commencent à avoir des opportunités parce que les chefs d'entreprise qui sont leurs premiers clients viennent à eux en leur demandant d'optimiser leur rémunération. Et donc là, il faut que le courtier ou le conseiller en gestion de patrimoine ait la réponse en matière d'optimisation de la rémunération du dirigeant et l'épargne salariale est une de ces réponses. Il y en a d'autres qui sont des courtiers plutôt... spécialisés en protection sociale qui accompagnent déjà le collectif dans la structuration de la prévoyance et de la santé et qui font de l'épargne retraite et qui viennent à l'épargne salariale par le truchement de l'épargne retraite et il y a des hyper spécialistes qui ne font que ça et qui mettent en place et qui accompagnent la structuration des politiques de rémunération différée dans l'entreprise et donc on trouve plein de typologies d'intermédiaires pour se faire accompagner sur ces sujets de l'épargne salariale aujourd'hui.
- Speaker #0
Anne, votre sentiment là-dessus ? Est-ce que vous voyez, si je fais entre guillemets des profils dans ce que vient de nous dire Mathieu, il y a ceux qui font ça à titre accessoire et il y a ceux qui font ça à titre principal. Est-ce que vous voyez le principal et l'accessoire un peu bouger dans le marché ?
- Speaker #2
Oui, c'est-à-dire que le principal n'existait presque pas il y a quelques années. C'est assez nouveau. Et effectivement, on voit des cabinets qui se lancent avec ce métier en fer de lance et ce métier comme un outil de prospection. D'ailleurs, c'est vrai aussi chez les agents. Ils ne se lancent pas, les agents sont aussi des assureurs. Mais ils utilisent l'épargne salariale comme une porte d'entrée pour une activité patrimoniale et entreprise. Et puis, il y a beaucoup pour qui c'est de la diversification. c'est un peu Une réponse obligée, parce que s'ils ne prennent pas cette place auprès de leur client, c'est quelqu'un d'autre qui le prendra. Mais aussi une réponse d'experts, parce qu'il faut emmener ceux qui ne sont pas équipés à aller vers ces dispositifs qui, de temps en temps chez certains, restent encore avec cette idée, je crois, de complexité.
- Speaker #0
On va y revenir. Alors justement, vous, vous vous dites, moi, l'épargne salariale, j'en fais pas, je ne suis pas expert, c'est pas compliqué, ne zappez pas. restez avec nous. Pourquoi ? Parce qu'on va essayer justement de creuser le sujet et de voir l'intérêt de la chose. Première question. Anne, moi, de l'épargne salariale, j'en ai mangé pendant toute une grande partie de ma carrière, notamment à l'époque où j'avais créé les corbeilles de l'épargne salariale à mieux vivre votre argent. On a toujours dit, l'épargne salariale, c'est compliqué. Anne, l'épargne salariale, c'est compliqué ?
- Speaker #2
L'épargne salariale, c'est de plus en plus simple. L'épargne salariale est au carrefour de plusieurs droits, de plusieurs règles. C'est ce qui a donné cette notion de compliqué, puis les tonnes de papiers qu'on avait avant. Tout ça, c'est terminé. La plupart des acteurs qui accompagnent les entreprises aujourd'hui ont créé des outils et un service. Les distributeurs sont aux côtés des entreprises. On peut soustraire un plan en 10 minutes et le faire avec une sorte de standard sur mesure qui simplifie tout.
- Speaker #0
Mathieu, c'est compliqué ?
- Speaker #1
Je pense que les courtiers CGP font des choses beaucoup plus compliquées que l'épargne salariale quand ils structurent et qu'ils accompagnent le chef d'entreprise ou son client patrimonial dans la structuration de son patrimoine. L'épargne salariale, ça nécessite de se former et de se faire accompagner et donc il y a aujourd'hui plein de solutions, effectivement, comme le dit Yann, au travers et des outils digitaux. et des accompagnements de terrain qui nous permettent de rendre la chose beaucoup plus accessible et beaucoup moins complexe qu'elle ne l'était auparavant.
- Speaker #0
Alors on va faire quand même deux petites minutes de pédagogie. Les sources pour alimenter l'épargne salariale, c'est quoi ? L'intéressement ?
- Speaker #2
Intéressement, participation, abondement et le temps de travail, le CET, les congés qui ne sont pas pris. Et avec tout ça, parce qu'on a parlé de complexité, donc on a rendu les choses simples, mais ce qui est important maintenant, c'est de les rendre sur mesure pour l'entreprise. et c'est quelqu'un elles épousent le projet de l'entreprise, donc soit un projet patrimonial pour le dirigeant, soit un projet de création de valeur. L'épargne salariale, c'est un moyen pour l'entreprise de créer de la valeur qu'elle va ensuite partager. Ce n'est pas une charge, comme la plupart des autres dispositifs que l'entreprise doit mettre en place pour ses salariés. C'est quelque chose qui lui permet d'aller plus loin.
- Speaker #0
Alors, je continue dans ma pédagogie. On dit intéressement, participation, abonnement, prime de partage de la valeur. Mathieu, si on parle d'enveloppe, c'est quoi ? PE, grand vieux PE.
- Speaker #1
Qui est l'enveloppe reine.
- Speaker #0
Plan d'épargne d'entreprise.
- Speaker #1
Plan d'épargne d'entreprise, plan d'épargne inter-entreprise quand on parle de solutions packagées pour les TPE. Et le plan d'épargne retraite d'entreprise collective, donc le PERECO ou le PERCOL, selon comment les uns et les autres l'appellent. qui permet justement d'aller chercher des stratégies supplémentaires, notamment pour accompagner la construction de la retraite.
- Speaker #0
Ok, comment ça se passe si je veux me lancer sans être lâché dans la nature ? Vous m'avez dit tout à l'heure qu'il faut être formé.
- Speaker #1
Bien sûr, il faut commencer par être formé, il faut commencer par avoir ses bases d'initiation au dispositif d'épargne salariale pour comprendre les grands mécanismes, pour comprendre... comment est-ce que cet outil-là peut servir le besoin du chef d'entreprise, du DRH ou du manager pour accompagner les équipes dans la construction de la création de valeur. Puisque comme le dit Anne, ce n'est pas seulement un outil d'optimisation de la rémunération du dirigeant, c'est aussi un vrai outil managérial pour aller servir un projet d'entreprise et un projet collectif. afin de créer cette sur-valeur qui va être redistribuée aux collaborateurs. Et tout ça, c'est un outil du package de rémunération à part entière. Et donc, il faut aller se former, il faut entendre le discours sur le terrain pour pouvoir le manipuler et se l'approprier. Et ensuite...
- Speaker #0
On peut amener quelqu'un de chez vous à mes rendez-vous ? Pour débuter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Nous, on a des équipes qui sont réparties partout en France, dans toutes les grandes métropoles françaises, et qui vous accompagnent en rendez-vous pour vous accompagner sur ces premiers pas dans le dispositif d'épargne salariale pour parler aux dirigeants. Et après, on s'efface.
- Speaker #0
Anna, je reviens vers vous. Vous m'avez dit maintenant que les choses sont plus simples. Déposer des accords d'intéressement, à mon époque, il fallait être à la direction du travail, ça prenait des heures et des heures. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a fluidifié en pratique ?
- Speaker #2
Alors, on a fluidifié à la fois la conception de ce qu'on va mettre en place, c'est-à-dire quels critères, pour quel métier, pour quel projet d'entreprise. Comme disait Mathieu, c'est le projet d'entreprise qui doit déterminer la formule qu'on va choisir. Et ensuite, on a dans le marché beaucoup d'outils qui permettent de simplifier la mise en œuvre, la rédaction de ça, et qui vont jusqu'à... Parce qu'il n'y a pas que les acteurs privés tels que nous qui avons fait des progrès, il y a aussi l'administration. Et il y a maintenant une manière de déposer en digital qui est extrêmement simple.
- Speaker #0
Alors, je reste avec vous, Anne. On va regarder justement ce que l'on peut faire, ce que l'on peut proposer aux entreprises. Alors, je vous ai tout à l'heure référence au corbeil de mieux vivre votre argent. À mieux vivre votre argent, on avait mis en place un plan d'épargne entreprise, la formule qui avait été choisie la plus simple. On avait dit c'est plan d'épargne entreprise avec un amendement discrétionnaire du chef d'entreprise. Jean-Antoine Bouchez nous disait tous les ans, j'ai décidé qu'on allait vous donner tant si vous versiez de l'argent là-dessus avec un abonnement de 300%. Bonne solution, bon point d'entrée ?
- Speaker #2
D'abord, c'est une bonne solution puisque le dirigeant et les équipes l'ont choisi et y ont adhéré et le font vivre. Toutes les solutions qui marchent sont des bonnes solutions. Il n'y a pas une seule solution, c'est ça la clé de l'épargne salariale, c'est de le faire en fonction de ses moyens et de son projet. L'intéressement, par exemple, c'est le critère le plus concret qui représente la valeur que l'entreprise va partager à la réussite d'un projet. La réussite d'un projet, ça peut être pour vous, pour votre entreprise, le taux d'audience de vos émissions, par exemple. Lorsque le taux d'audience est atteint, la prime collective que vous avez décidée est payée aux salariés qui ont participé à l'atteinte de cet objectif.
- Speaker #0
Tout à l'heure, vous parliez de la rémunération de dirigeants. On peut, entre guillemets, défiscaliser combien via l'épargne salariale ?
- Speaker #2
On ne défiscalise pas, on investit dans un cadre qui est assez exceptionnel, c'est vrai, parce qu'en termes de charges sociales, les deux fiscalités, il est exceptionnel. Et on peut aller, si on additionne vraiment tout, jusqu'à à peu près 80 000 euros par an.
- Speaker #0
Mathieu, je me tourne vers vous. Qu'est-ce que vous constatez comme étant les montages les plus fréquents et les plus appréciés ?
- Speaker #1
Alors ? Ce qu'on constate d'abord, c'est qu'on utilise l'abondement pour aller vite. L'abondement, il est efficace et effectif, il peut être effectif immédiatement. Ensuite, on s'inscrit avec d'autres dispositifs comme l'intéressement pour venir déclencher ces fameuses primes collectives sous couvert d'atteinte de niveau de performance. Et ça, ça met un peu plus de temps à se mettre en œuvre puisqu'il faut le mettre en place avant la moitié de l'année pour que ce soit effectif l'année suivante. Donc, en général, on commence par mettre en place de l'abondement pour que cette année, il y ait quelque chose à distribuer. et à redistribuer, puis on se met en œuvre dans un dispositif d'intéressement ou de participation. Et la participation dérogatoire, c'est-à-dire pour les entreprises qui n'y sont pas soumises, qui font moins de 50 salariés, la participation peut être aussi dans certaines situations un très bon outil pour construire cette politique de partage de valeurs. Donc l'articulation des solutions, c'est souvent la clé pour bien appréhender l'ensemble des bienfaits des dispositifs.
- Speaker #0
Il y a une loi qui a été prise l'an dernier, qui rentre en application le 1er janvier. Est-ce qu'elle a changé la donne sur le partage de la valeur ?
- Speaker #1
Alors oui, elle continue de mettre le projecteur sur les bienfaits de ces dispositifs de partage de valeur. Elle continue de dire aux dirigeants et aux chefs d'entreprise que partager cette création de richesse, c'est important. Après, les entreprises s'en emparent progressivement et c'est un mouvement qui se met en œuvre depuis le début de l'année 2025. Avec une phase de test, pendant 5 ans, cette disposition va être analysée par le gouvernement et l'administration pour comprendre comment est-ce que... que ce dispositif de partage de valeurs se sera déployé dans la plus petite entreprise qui est aujourd'hui celle qui est sous-équipée en la matière, puisque comme le disait Anne en introduction, les grandes entreprises ont toutes un dispositif d'épargne salariale, mais il nous reste encore 80% des petites à équiper et à accompagner.
- Speaker #0
On est d'accord, c'est une loi, il n'y a pas de sanctions si jamais on ne la respecte pas. C'est plus un effet de communication et un effet d'information et de sensibilisation qu'un effet menace.
- Speaker #1
Exactement. Aujourd'hui, c'est une invitation sincère par le texte à mettre en place.
- Speaker #0
Anne, on voit que l'enjeu est au niveau des petites entreprises qui sont conseillées par des courtiers, par des CGP, etc. On a une vraie proximité par rapport à ces métiers-là. Il faut séduire un chef d'entreprise. Est-ce qu'il y a une demande de la part des salariés ?
- Speaker #2
Certainement. Je pense que tous ceux qui emploient et qui surtout recrutent savent que maintenant, la plupart des candidats posent la question de l'épargne salariale et choisissent les entreprises dans lesquelles ils vont en fonction notamment de leur rémunération qui en fait partie.
- Speaker #0
Ça fait partie du package désormais ?
- Speaker #2
Ah oui, ça fait partie du package. Pour ceux qui sont déjà bénéficiaires, ça fait partie aussi de leur vision patrimoniale de plus en plus. Donc ils associent ça avec l'intégralité de leur épargne, pour ceux qui en ont déjà, et surtout pour les autres, et notamment dans les petites entreprises, c'est très souvent la seule épargne qu'ils ont. C'est le premier compte d'épargne qu'ils ouvrent et la seule épargne. Et quand on voit le niveau de déblocage pour les résidences principales, on comprend à quel point c'est un outil de construction. de patrimoine pour les salariés.
- Speaker #0
Est-ce que c'est un outil de fidélisation ? On va être très honnête, dans les années 90, quand chez Mieux Vivre, on avait mis ça, il y avait un niveau de chômage qui était tellement élevé qu'on ne se posait pas la question, on se disait, si quelqu'un peint, on trouverait bien quelqu'un pour le remplacer. Aujourd'hui, est-ce que dans la capacité que les entreprises ont à garder leurs collaborateurs, l'épargne salariale joue un rôle ?
- Speaker #2
Oui, ça joue un rôle de fidélisation. mais aussi de motivation. On reprend cette idée de réussite des projets. On associe les salariés à un projet. Du coup, on a une discussion avec eux sur le projet de l'entreprise qui est beaucoup plus intime, qui n'est pas seulement que des dirigeants qui prennent des décisions et qui ensuite rétribuent en fonction des résultats. C'est quelque chose qu'ils font plus ensemble. Donc forcément, ça crée de la cohésion et de la fidélité.
- Speaker #0
Mathieu, j'ai envie de vous parler d'argent.
- Speaker #1
Allons-y.
- Speaker #0
Non mais parlons rémunération et comme on est entre nous, jouons en frangeux comme d'habitude. La caractéristique de l'épargne salariale, Anne le disait, il y a les quatre déblocages. Là, aujourd'hui, au Sénat est analysée une proposition qui permettra un déblocage à hauteur de 5000 euros dans l'objectif de relancer la consommation. Donc il y a une partie de ce qu'on appelle l'épargne salariale qui n'est jamais épargnée, parce que c'est une prime. et puis les gens la touchent. Il y a des gouvernements qui régulièrement nous sortent des cas de déblocage anticipé, parce que c'est la façon la plus simple de relancer la consommation. En termes de rémunération, est-ce qu'on voit des développements par honoraire ? Genre, moi je conseille une entreprise, je vais facturer le fait de dire que je vous conseille et je ne vais pas vivre simplement sur des rémunérations sur un cours.
- Speaker #1
Bien sûr, il y a tout type de format de rémunération. L'honoraire en fait partie. Les métiers qui sont aussi sur ces sujets, qui sont les experts comptables, se rémunèrent exclusivement en honoraire sur ces dispositifs-là. Et donc, on trouve aujourd'hui la capacité de générer... même un revenu récurrent, puisque chaque année, il faut accompagner l'entreprise dans la redistribution des primes, dans les calculs. Et donc, tout ça sont autant d'occasions que de facturer des honoraires, en plus de la rémunération sur encours que l'on peut percevoir par ailleurs. En plus, à la place d'eux, ça, c'est chaque distributeur qui voit midi à sa porte.
- Speaker #0
Je continue de creuser mon sujet pour voir mes arguments pour me lancer dans l'épargne salariale. Je vous raconte ma vie, Mathieu. dans ma vie précédente, un beau jour, j'ai mis 25% de ma rémunération brute sur un plan d'épargne d'entreprise. Je rappelle que c'est le plafond légal. Mais j'avais quand même une question. C'était un sujet d'offre financière. Parce que, grosso modo, j'avais un fonds monétaire, un fonds obligataire, un fonds diversifié, puis un fonds actions en euros. Et si j'avais envie de me diversifier sur de l'action internationale et tout ça, je ne pouvais pas. Est-ce que ça bouge dans le monde de l'épargne salariale ? Est-ce que ça bouge chez R.S. ?
- Speaker #1
Alors, le constat que vous aviez fait à l'époque, c'est celui qu'on a fait il y a 20 ans quand on a regardé ce marché dysfonctionner. C'était il y a 20 ans. Avec 5 acteurs qui tenaient 95% du marché en architecture fermée, des établissements bancaires, qui organisaient une offre très réduite avec 5, 6 FCPE à l'intérieur de l'enveloppe d'épargne. Et donc, effectivement, on n'y trouvait pas son compte. C'est ce qui a présidé à la création d'Eres, la nécessité d'ouvrir l'environnement de la gestion d'actifs. et de permettre d'accéder à l'ensemble de ce qu'offre le marché de la gestion collective aujourd'hui. Et c'est ce qu'on fait dans nos solutions, avec plus de 60 FCPE investis dans les meilleures sociétés de gestion de la place parisienne ou même européenne. On y retrouve aujourd'hui de la gestion active, on y retrouve aussi de la gestion passive avec des trackers et des ETF. On va y retrouver... des fonds structurés. Et donc, aujourd'hui, l'épargne salariale s'est beaucoup mise au niveau d'une vision patrimoniale dont elle manquait historiquement quand on raisonnait en architecture fermée chez les banquiers.
- Speaker #0
D'accord. Donc, on a toujours chez R.S. les fonds co-brandés avec des sociétés de gestion connues de la place.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Anne, pareil, architecture ouverte chez Generali.
- Speaker #2
Absolument. On suit la même philosophie et on s'adresse à ce marché de l'épargne salariale qui devient de plus en plus patrimonial. Nous, on a fait le choix d'avoir des six caves en direct pour tout ce qui est gestion libre. Donc, on a un mixte de FCPE pour les solutions par défaut et les six caves pour que les distributeurs et les salariés retrouvent les mêmes univers que ceux qu'ils utilisent dans les autres dispositifs d'épargne. Et ce qui est intéressant, c'est de voir que plus le distributeur est investi et plus le dispositif est utilisé, plus les solutions par défaut diminuent en proportion dans l'épargne des salariés. C'est-à-dire qu'ils font le choix de la gestion libre, ils font le choix d'aller vers le patrimonial, dans lequel on retrouve toutes les classes d'actifs qu'a cité Mathieu.
- Speaker #0
Je reviens maintenant sur le business. On se dit, tiens, il faut aller équiper des entreprises qui aujourd'hui ne le sont pas. Est-ce qu'il y a aussi un marché du transfert ? Autrement dit, d'aller chercher... Parce qu'avant, on a séparé les teneurs de compte et la gestion financière. Est-ce que, on peut dire... Vous avez, vous disiez, les vieux acteurs qui refourguaient la gamme maison. Quand on est en architecte ouvert, est-ce qu'on peut aller voir des entreprises ? Ils vont dire, finalement, vous aviez pris l'épargne salariale de votre banque, vous venez donc chez moi, vous allez être bien mieux traité que chez eux.
- Speaker #2
Oui, oui, tout à fait. Alors, les TCCC existent toujours. Ils ont fait aussi beaucoup de progrès. Tous les deux, on aurait pu dire, quand on a répondu sur l'univers patrimonial, qu'ils ont donné les outils à l'entreprise et aux salariés. de bien utiliser justement l'offre financière que nous, nous construisons, parce qu'ils peuvent faire des arbitrages tous les jours en digital sur leur app et c'est gratuit. Donc c'est un niveau d'accessibilité qui a vraiment beaucoup progressé par rapport à ce que vous avez connu il y a 20 ans.
- Speaker #0
Effectivement, sur les nouveautés avec les transferts et le fait qu'on puisse aller chercher de la gestion financière.
- Speaker #2
Soit des transferts individuels, ces arbitrages, soit des transferts d'entreprise. Quand c'est des petites entreprises, la plupart du temps, elles sont éclairées par un distributeur qui leur dit « Regardez, il y a d'autres types de dispositifs que celui que vous connaissez » . Effectivement, elles transfèrent l'intégralité de l'épargne de leurs salariés vers le nouveau dispositif avec des systèmes de fonds miroirs pour que les gens retrouvent les choix qu'ils ont faits.
- Speaker #1
Je compléterai juste un point aujourd'hui pour donner des chiffres. C'est une affaire sur trois, globalement. Un plan d'épargne mis en place dans la petite entreprise sur trois est un plan qui est transféré, qui préexistait auparavant. Donc ça, ça évolue avec l'équipement de ces petites entreprises qui évoluent aussi.
- Speaker #0
Sur la conquête, qu'est-ce qui marche le mieux, d'utiliser le mot épargne ou d'utiliser le mot retraite ?
- Speaker #1
L'épargne fonctionne très bien, il y a des enjeux d'optimisation sociale aujourd'hui. Ce qui est au cœur de la préoccupation des chefs d'entreprise, c'est le coût du travail. Ce coût du travail dans la rémunération fixe est devenu un problème. on commence à avoir du mal à augmenter ses salariés et ses primes de partage de valeur, ses primes d'intéressement, ses primes de participation sont autant d'outils qui permettent d'alléger le coût du travail pour le chef d'entreprise. Donc le premier argument, c'est comment alléger le coût du travail, comment motiver des salariés et ensuite comment construire avec ça une politique d'optimisation patrimoniale pour construire son avenir sur le long terme.
- Speaker #0
Il y avait un frein dans mon temps, de la part des entreprises qui disaient, oh là là, moi, ce truc-là, je n'ai pas envie de prendre deux coups, de gérer les histoires de placement de mes collaborateurs. Et donc, ça d'ailleurs, ça menait au monétaire, parce qu'on disait on va mettre du monétaire comme ça, on court aucun risque. Est-ce qu'aujourd'hui, les entreprises laissent plus de place, Anne, aux acteurs de la gestion ?
- Speaker #2
Oui, les entreprises et la maturité du marché, la maturité des distributeurs et la maturité des salariés aussi, qui fait qu'en tout cas dans les nouveaux dispositifs que nous, nous gérons, la part de monétaire est bien inférieure au stock qu'on connaît déclaré par l'AFG. Et l'exemple de tout à l'heure, quand je vous disais, quand la distribution est bien faite et que les volumes commencent à augmenter sur le compte du salarié, souvent ils sortent du par défaut. Donc ça veut dire qu'ils font des choix.
- Speaker #0
Monétaire, vous êtes en dessous de la moyenne du marché, qui doit être aux alentours de quoi ? 20% ?
- Speaker #1
On est un peu au-delà de 20%, mais chez R.S. effectivement, comme toute l'épargne, une grosse partie de cette épargne est accompagnée par des sachants, on est plutôt aux alentours de 14% de monétaire dans nos encours. Donc c'est assez efficace, mais j'ajouterais à ça qu'il y a deux marchés. Il y a aussi le marché de la grande entreprise qui est très installé, donc beaucoup de l'effet de cette surexposition monétaire est hérité des grandes entreprises. Dans ces grandes entreprises, les partenaires sociaux qui sont à la manœuvre pour décider des fonds qui sont rendus éligibles dans les enveloppes sont de plus en plus éduqués à la matière et sont devenus beaucoup plus moteurs pour aller chercher des solutions de gestion au-delà du périmètre historique du teneur de compte ou de la banque à qui on avait confié la tenue des comptes.
- Speaker #0
Dernière petite question pour vous Mathieu, est-ce que dans les petites entreprises on commence à avoir une sensibilité sur l'actionnariat salarié ?
- Speaker #1
Dans les petites entreprises, on commence à avoir de la sensibilité. Disons qu'aujourd'hui, il y a un marché qui reste très polarisé entre la très grande entreprise, où là aussi on a deux tiers de ces grandes entreprises qui mettent en place des dispositifs d'actionnariat salarié, et à l'autre bout du segment, la très petite, qui le fait peu ou qui incentive quelques cadres clés dans l'organisation. Et donc aujourd'hui, il se pose la question de comment déployer cet actionnariat salarié dans les tranches plus basses des segments d'entreprise. L'ETI et la PME sont en train de s'y mettre très massivement, notamment aider pas mal dans le monde de l'investissement et du private equity par des fonds qui sont de plus en plus moteurs pour... créer un alignement d'intérêt entre leur point d'entrée et la construction du projet collectif avec les salariés via l'actionnariat salarié. Et aujourd'hui se pose un nouveau débat qui est le sujet de la transmission d'entreprise. Et là ça intéresse vraiment la très petite entreprise ou la toute petite PME. Et l'actionnariat salarié est une réponse à ces enjeux de transmission. et c'est d'ailleurs un des chevaux de bataille de M. Papin qui lance aujourd'hui des initiatives pour démocratiser cet actionnariat salarié dans les très petites entreprises.
- Speaker #3
Merci beaucoup à tous les deux. Tout de suite, Le Regard d'Hélène.