- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Déborah qui va nous parler de son métier de conductrice routière. Alors Déborah, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter et nous parler un petit peu de toi et de ton quotidien ?
- Déborah
Bonjour, je m'appelle Déborah Surel, j'ai 27 ans et aujourd'hui je suis créatrice de DS Trans. J'ai fondé ma société de transport routier de marchandises.
- Arthur
Et pour avoir aujourd'hui ces deux casquettes de conductrice routière d'un côté et chef d'entreprise d'un autre, je suppose que tu es passée par différentes étapes.
- Déborah
Exactement. Alors moi à la base, je voulais juste conduire un camion. J'ai fait un bac pro conducteur routier de marchandises en trois ans. Et à la suite de mon bac... que j'avais quand même l'idée de monter mon entreprise. Donc, j'ai fait un DUT en deux ans. Et par équivalence, en fait, on a l'attestation de capacité qui permet de monter son entreprise.
- Arthur
Effectivement, une attestation de capacité professionnelle est obligatoire pour pouvoir monter sa société dans les transports et la logistique. Et juste avant, tu nous as dit avoir fait un DUT, donc qui se rapproche le plus aujourd'hui du BUT, Management de la logistique et des transports. Je suppose que, du coup, pendant ce parcours, tu as rencontré des... difficultés, n'est-ce pas ?
- Déborah
Oui, comme toujours. Après, j'ai eu la chance de le faire en apprentissage, qui m'a permis d'évoluer dans le monde de l'entreprise déjà. Bon, voilà, l'école, c'est vrai que ce n'était pas le plus facile pour moi. Et donc, j'ai choisi la voie professionnelle où, du coup, j'ai pu apprendre tout en travaillant et en ayant des choses concrètes.
- Arthur
Le transport et la logistique, c'est un domaine qui t'a toujours intéressée ?
- Déborah
Oui. Alors, plus le transport, C'est vrai que moi, j'ai un papa qui est dans le travaux public. Donc, c'est vrai que j'ai toujours été attirée par les engins et plus les camions. Donc, j'ai toujours voulu mêler plus l'activité travaux publics ainsi que céréales où je suis actuellement aujourd'hui sur le côté Ben, transport Ben.
- Arthur
Alors, on va s'intéresser maintenant davantage à ta première casquette de conductrice routière. Qu'est-ce que tu peux nous en dire ? En quoi ça consiste finalement ?
- Déborah
Alors, conducteur routier, c'est de faire des livraisons. Après, il y a plein de domaines dans ce monde-là. Moi, aujourd'hui, je suis spécialisée dans la benne. Je travaille avec les agriculteurs principalement. Je vais chercher de la céréale qui est récoltée chez les agriculteurs. Je la charge dans ma benne et je vais l'emmener dans des silos qui, eux, après, retransportent par train. Il y a plusieurs modes de transport, mais nous, actuellement, on va charger en ferme de la céréale type maïs, blé, etc. et qu'on amène dans les silos pour soit l'alimentation animale, soit l'alimentation humaine, si je puis dire.
- Arthur
Et en qualité de premier maillon de distribution, est-ce que tu as des journées types ? Est-ce que tu fais des tournées journalières, mensuelles, annuelles ? Comment ça se passe ?
- Déborah
Alors non, c'est bien assez journalier et souvent au dernier moment. Après, ça descend de plein de choses. Aujourd'hui, ma journée type, j'ai souvent le programme la veille, mais pour le premier tour du matin. On voit avec le client, on appelle son client la veille. On a le premier tour, on charge à telle heure le matin. Et après, à chaque fois qu'on vide, on retrouve un autre tour. C'est au dernier moment. On peut avoir des journées types, mais jamais au mois. Nous, c'est plutôt à la journée. En général, vers 15-16 heures, on a le programme du lendemain.
- Arthur
Et ces livraisons, jour le jour, tu vas les faire à l'échelle régionale ?
- Déborah
On s'adapte à la demande du client. Aujourd'hui, principalement, je fais du régional. Je reste sur ma région en sachant qu'il nous a amené à faire du national, traverser la France. Aujourd'hui, je ne fais pas d'international parce que je n'ai pas la demande et je n'en ai pas aujourd'hui la capacité, on va dire. Moi, je suis ouverte à toute proposition, donc c'est vraiment la demande du client. Je réponds, on me fait une demande, je réponds par un devis, une proposition, on se met d'accord. Et après, effectivement, en fonction des coûts et de tout ce qui peut venir derrière. on peut réaliser n'importe quel type de prestations.
- Arthur
Alors, on entend souvent que ton secteur est réservé aux hommes, entre guillemets. Est-ce que tu penses que c'est un cliché ou il y en a d'autres le concernant ?
- Déborah
Des clichés, il y en a toujours, il y en aura toujours. Après, moi, je pense que dans tous les métiers, il y a de la place pour les femmes comme pour les hommes. Ça dépend de l'envie, de plein de choses. Moi, aujourd'hui, j'ai complètement ma place dans ce métier-là. J'ai la casquette de conductrice comme de gérante, je gère mon entreprise et je n'ai pas plus ou moins de difficultés. Après, on rencontre toujours des personnes qui vont avoir le cliché de « oui, elles y arrivent moins bien » . La force, après il y a des choses qui sont vraies, mais je pense qu'on a notre place et qu'on pense différemment que les hommes. Sur la question de la force, je m'aide d'un marteau, je vais m'aider d'outils que j'ai fabriqués. pour justement moins peiner. Mais après, chacun à sa place et on agit juste différemment.
- Arthur
Donc avec un peu de débrouillardise, les différences de genre s'effacent. Et justement, tout le monde peut s'améliorer en apprenant de ses collègues, qu'ils soient hommes ou femmes. Juste avant de se quitter, Déborah, est-ce que tu aurais un dernier mot à dire aux jeunes qui nous écoutent et qui voudraient se lancer dans le domaine des transports et de la logistique ?
- Déborah
Eh bien, je dirais que moi, j'ai eu quelques doutes, on en a toujours. Et il y a toujours quelque chose qui vient en se mettre en travers. Aujourd'hui, il y a des personnes, tout ça. Il y a toujours quelqu'un qui a son mot à dire. Mais il faut le faire. Il faut s'entourer des bonnes personnes. C'est très important. Moi, j'ai la chance d'avoir ma famille. Aujourd'hui, j'ai mon conjoint qui roule avec moi dans mon entreprise. Donc ça, c'est très important de s'entourer. Jamais reculer et de toujours faire ce qu'on a envie. Et surtout, si on est passionné, moi, aujourd'hui, c'est un métier passion. Et je changerai pour rien au monde ma vie d'aujourd'hui, même si elle est dure par moment.
- Arthur
Trouver son métier passion. passion est un objectif pour bon nombre de nos auditeurs et le trajet pour y arriver peut-être long et source d'appréhension, mais à la portée de tout le monde et tu en es un parfait exemple, Déborah. Un grand merci en conclusion pour ton témoignage à propos de ton métier de conductrice routière et de chef d'entreprise, bien sûr, en espérant que celui-ci ait pu aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être même se lancer dans le large domaine des transports et de la logistique. Et quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, bien sûr, merci de nous avoir écoutés jusque-là et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.