- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Nathan qui va nous parler de son métier d'analyste SOC pour Security Operations Center. Alors Nathan, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Est-ce que tu peux commencer sans plus attendre, pouvoir nous parler de ton parcours ? Qu'est-ce qui t'a mené vers la cybersécurité ?
- Nathan
Alors. J'ai commencé au lycée en bac STI 2D, donc filière technologie. J'ai eu vent de l'école 42 par un ami et donc je suis parti avec lui faire ce concours-là à l'issue de mon bac. Et malheureusement, comme tout concours, on ne peut pas gagner à chaque fois, donc on n'a pas été pris. Donc je suis revenu faire une formation en BTS-CRSA, conception et réalisation des systèmes automatisés, qui est vraiment la poursuite de STI 2D. Et à l'issue, j'avais quand même envie d'aller tester l'informatique, donc je suis parti sur Lyon. cette fois-ci pour faire le concours de la même école. Et cette fois-ci, j'ai été pris. Donc là, j'ai appris la programmation informatique, le DevOps, ce qui a attrait à l'informatique de près ou de loin. Voir à quel point c'est un domaine large donton ne peut pas faire le tour en une vie. Et dans cette formation-là, j'ai commencé à faire du développement web, j'ai commencé à faire du système embarqué. Au tout début, j'ai voulu apprendre tout l'informatique. Vu que je ne connaissais pas les limites, j'ai voulu découvrir où j'étais. Et ça a été difficile à un moment d'accepter que je ne pourrais pas tout apprendre et de choisir où est-ce que je voudrais concentrer mes efforts. Je suis très content d'avoir passé un temps à justement explorer tous ces sous-domaines pour en fait pouvoir faire mon choix de manière éclairée et pas me dire deux ans après « Tiens, je ne savais pas que ça, ça existait. » Alors que c'était vraiment ce que j'aurais voulu faire. Même si c'est un peu ce qui s'est passé avec la cybersécurité. Je savais que ça existait, mais je ne savais pas en quoi ça consistait. Et seulement quand j'ai voulu l'apprendre, j'ai découvert qu'en fait, c'était une surcouche de l'ensemble de l'informatique.
- Arthur
D'accord. En somme, du général au particulier, de l'informatique à la cybersécurité, est-ce que c'est une logique d'entonnoir quelque part, selon toi ?
- Nathan
Tout à fait.
- Arthur
Ok. Et ensuite, en quoi ça consiste ce métier d'analyste SOC ? Qu'est-ce que tu peux nous en dire concrètement ?
- Nathan
Le travail d'un analyste SOC consiste majoritairement à traiter des alertes. La majorité de notre temps est consacrée à ça. C'est-à-dire qu'on a une console qui va nous dire... Chez tel client, il y a eu telle alerte sur tel poste qui consiste à description de l'alerte par tel utilisateur. Et du coup, nous, on doit dire, tiens, mais est-ce que c'est normal ou est-ce que ce n'est pas normal ? Il n'est pas du tout censé contacter la Chine à 2h du matin. Donc, il faut lever une alerte. On va investiguer. On va aller chercher ensuite pourquoi est-ce que ça a eu lieu. Est-ce que c'est un programme ? Est-ce que c'est un virus ? Est-ce que c'est l'utilisateur qui a fait une mauvaise pratique ? Une attaque externe ? Est-ce que c'est une attaque interne ? Il faut utiliser toutes les connaissances qu'on a et un peu de jugeote pour pouvoir conclure. et faire des conjectures là-dessus. Dans ce cas-là, on contacte le client, on lui explique de manière vulgarisée par quelqu'un qui n'est pas expert quels sont les impacts et qu'est-ce qu'on lui recommande de faire. Et souvent, nous, ça va être majoritairement de la recommandation. Et on va leur dire, nous, on vous recommande de nettoyer la machine à l'aide de tel logiciel, rajouter telle règle sur vos pare-feux, rajouter tel droit ou enlever tel droit à tel utilisateur parce qu'il n'y en a pas besoin et parce que ça laisse une porte ouverte inutilement.
- Arthur
Une porte ouverte aux cyberattaques.
- Nathan
Exactement.
- Arthur
D'accord. Moi, quand j'entends le terme cyberattaque, je pense tout de suite au vol de données. Donc, tu vas nous le dire, mais est-ce que tu as déjà été amené à travailler avec des données sensibles, si on peut le dire ? Et auquel cas, est-ce que tu as un devoir de confidentialité ?
- Nathan
Oui, bien sûr. À la fois, du coup, il y a des lois et des normes qui régissent ça. Par exemple, si on a un client qui travaille avec des données médicales, il y a des mesures drastiques à prendre pour leur stockage, mais pour leur transition, pour leur lecture, pour leur accès. Tout ça doit être contrôlé et on a un devoir bien sûr de confidentialité. On ne peut pas parler de tout ce qu'on voit au boulot en dehors du boulot parce que derrière, il peut y avoir à la fois des enjeux économiques, mais il peut aussi y avoir des enjeux de vie humaine parfois.
- Arthur
D'accord, donc il y a un cadre légal effectivement. Ça m'amène à ma question suivante. Est-ce que tu penses qu'il y a des clichés sur ton domaine ?
- Nathan
La sécurité civile, c'est un domaine qui est encore nouveau et qui évolue très vite. donc les gens ont une idée assez... Flou de ce en quoi ça consiste réellement. Un des plus gros clichés, c'est le cliché du hacker où il y a des grosses lignes vertes qui défilent verticalement sur son bureau, à la Matrix, tout seul avec sa capuche dans sa chambre. Déjà, les lignes vertes qui défilent verticalement, ça n'a jamais existé. Mais un hacker aujourd'hui, c'est un professionnel qui travaille dans une équipe, dans une entreprise où il y a un cadre juridique, il y a des RH, des commerciaux, et il ne va jamais travailler tout seul. Par contre, il peut y avoir aussi en dehors des entreprises La notion des white hats et des black hats. Aujourd'hui, un white hat, c'est quelqu'un qui travaille de manière légale, éthique. Et du coup, généralement, c'est des entreprises. Il y a ensuite le black hat. Lui, c'est celui qui va travailler pour du profit personnel uniquement. Donc là, on va être vraiment souvent sur des acteurs malveillants. C'est les pirates informatiques. Et il y a les grey hats. C'est des noms d'étiquettes à des grandes catégories. Mais les grey hats, c'est du coup ceux dont l'éthique est discutable. Est-ce que c'est éthique ? de pirater une agence gouvernementale et d'en sortir des documents confidentiels qui montrent que l'État a menti à ses citoyens pendant 50 ans sur des appartements. Est-ce que c'est éthique ou est-ce que ce n'est pas éthique ? En tout cas, c'est illégal ?
- Arthur
Et Nathan, pour terminer, est-ce que tu aurais un petit mot à dire à un jeune ou une jeune qui nous écoute afin de se lancer dans ce domaine ?
- Nathan
Si jamais tu ne sais pas quoi faire, l'informatique et plus particulièrement la cybersécurité, ça peut être un domaine où il est très facile de réutiliser les connaissances précédentes pour aller dans un nouveau métier et pour se latéraliser. Donc ça peut être un endroit où ça vaut le coup d'investir des efforts parce que derrière, on pourra se recycler de nouveau dans d'autres métiers. Il y a de quoi apprendre pour toute une vie.
- Arthur
Eh bien écoute Nathan, un grand merci pour ce témoignage, en espérant que cela peut aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être se lancer dans le domaine de l'informatique et plus précisément de la cybersécurité. Et quant à nous, chers auditeurs, merci de nous avoir écoutés et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast. Et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.