- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Enola qui va nous parler de son métier d'infirmière. Alors bonjour Enola, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous parler un petit peu de toi et de ton travail ?
- Déborah
Bonjour, je m'appelle Enola et je suis infirmière depuis juillet 2025 et je travaille actuellement dans un service d'hématologie dans un centre hospitalier.
- Arthur
Maintenant, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton parcours ?
- Déborah
Alors, j'ai suivi un bac général, donc j'avais choisi comme spécialité la physique chimie, la SVT et les maths. Donc, en terminale, j'ai abandonné la physique chimie et ensuite je me suis inscrite sur Parcoursup et j'ai été acceptée à celle de Clermont-Ferrand. Et j'ai réalisé mon école sur trois ans en alternance stage et école.
- Arthur
Et pour obtenir ce diplôme d'état d'infirmière en trois ans, tu nous as dit être passée par des stages et alternances. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
- Déborah
On a quatre typologies de stages à respecter. On doit aller dans la courte durée, souvent c'est local. On doit aller sur des lieux de vie, souvent les EHPAD. Les longues durées et on a aussi la psychiatrie.
- Arthur
Et entre les cours et les expériences professionnelles, tu as rencontré des difficultés ?
- Déborah
Les difficultés, c'est plutôt au niveau des stages, de s'adapter un peu à tous les professionnels de santé. Ce n'est pas facile d'arriver dans une équipe qui est déjà formée et de s'imposer un peu. Ce n'est pas facile.
- Arthur
Quand tu parles de t'imposer, j'imagine que c'est auprès des patients, certes, mais aussi auprès de tes collègues. Il faut faire sa place, ce que tu nous dis en fait.
- Déborah
C'est ça, il faut essayer de trouver le juste milieu. Il ne faut pas être trop timide, mais il ne faut pas être trop présent. C'est un équilibre à trouver qui n'est pas facile, je trouve.
- Arthur
D'accord. Et le domaine de la santé alors, c'est quelque chose qui t'a toujours intéressée ?
- Déborah
J'ai toujours su que je voulais travailler dans la santé, mais je n'avais pas de métier particulier. Et c'est en arrivant en terminale, quand il a fallu faire ses choix sur Parcoursup, que le métier d'infirmière s'est imposé un petit peu.
- Arthur
Et c'était ton premier choix ?
- Déborah
Non, je dirais que c'était plutôt un déclic. Après, j'avais déjà réalisé un stage dans le milieu libéral en seconde pour essayer de voir un petit peu les divers métiers de la santé. Et je pense que j'ai fait mon choix un petit peu sans réfléchir. Enfin, c'est un petit peu imposé. Infirmière, c'est ce que je vais être.
- Arthur
D'accord, donc le fameux stage de seconde a eu aussi son importance. Et du coup, maintenant, avec ta jeune carrière, est-ce que tu peux nous dire en quoi consiste le métier d'infirmière ?
- Déborah
Alors pour moi, le cœur du métier d'infirmière, c'est prendre soin des patients. Que ce soit à travers des soins prescrits par le médecin, comme la préparation de traitements, de perfusions, ou alors à travers des soins que l'on fait de manière autonome, comme les soins d'hygiène, les soins de confort.
- Arthur
Et est-ce que tu aurais une journée type pour illustrer tout ça ?
- Déborah
Une journée type ? De jour ou de nuit ? Que moi j'alterne.
- Arthur
Eh bien celle qui te vient à l'esprit en premier, après j'imagine que les deux sont assez liées.
- Déborah
Alors moi je suis dans un service en 12 heures. Donc quand je suis de jour, je commence à 7h et je finis à 19h. Et quand je suis de nuit, je commence à 19h et je termine à 7h.
- Arthur
D'accord, donc un service étant continu. Est-ce que tu pourrais nous raconter un petit peu le déroulé d'un service de jour ou un service de nuit ?
- Déborah
Quand on arrive à 7h le matin, donc la journée, on commence toujours par les transmissions avec l'équipe de nuit. Ensuite, va s'enchaîner le tour de 8h avec les bilansants, les traitements. C'est un tour très important puisque c'est le premier tour où on va voir nos patients, donc on va pouvoir se présenter et déjà avoir créé un lien avec eux. Ensuite, on a notre tour de 10h, c'est le tour avec tous les pansements, les chimiothérapies ou les transfusions si besoin est. Ensuite, on a le tour de midi, donc c'est avec les traitements du midi. Et ensuite, l'après-midi, on continue de poser des transfusions si besoin, des signaux. On a notre tour de 16h et notre tour de 18h avec les derniers cachets du soir. Et ensuite, on réalise les transmissions avec l'équipe de nuit.
- Arthur
Donc en résumé, tu as des échanges avec l'équipe de roulement en début et fin de service. Et après, c'est le tour des patients à peu près toutes les deux heures, j'ai l'impression. Ou à ce moment-là, tu vas créer du lien et veiller à ce qu'ils aient tout ce dont ils ont besoin. C'est bien ça ?
- Déborah
C'est ça. Et puis, ça permet de devoir surveiller son état de santé tout au long de la journée, que ce soit au niveau des pathologies, mais également au niveau du mental et du moral, voir comment le patient va.
- Arthur
D'accord. Donc, c'est un travail aussi bien médical qu'humain, on va dire. Et par rapport à ça, est-ce que tu as déjà été confrontée à une tâche inattendue ?
- Déborah
Je ne crois pas. Puisque bon, après, comme j'ai réalisé des stages durant toute ma formation, c'est vrai que je savais à quoi m'attendre dans le métier. Après, on fait beaucoup d'administratifs, chose que je ne pensais pas avant la formation. Il y a beaucoup de papiers, des bons de transport pour rentrer et un travail un peu de secrétaire.
- Arthur
Voilà, donc on peut ajouter en plus une forte polyvalence, c'est vraiment les couteaux suisses dans les hôpitaux. Est-ce qu'en plus des qualités que tu nous as citées au début de cette interview te concernant, tu penses qu'il y en a d'autres qui sont essentielles pour exercer ton métier ?
- Déborah
L'écoute, l'empathie, c'est vraiment essentiel dans ce métier quand on travaille avec de l'humain. Et la rigueur, parce que c'est quand même un métier où on a la santé de passer entre nos mains quand même.
- Arthur
Et qu'est-ce que ça te fait ressentir, toi, cette responsabilité justement d'avoir la vie des patients entre tes mains ?
- Déborah
Ce n'est pas facile, mais bon, on a fait le choix d'avoir cette responsabilité. C'est un métier tellement beau qu'on ne peut pas sauter. Il faut juste être rigoureux, savoir son fait et voilà.
- Arthur
Je pense que tu peux vraiment être fier de tout en tout cas, parce que c'est un métier dans lequel tu dois faire preuve d'une grande empathie, que ce soit auprès de tes patients, mais également de leurs proches. Et au quotidien, tu restes quand même en contact avec la vie, la maladie et parfois la mort. Donc, il faut être capable de prendre du recul et de gérer des situations stressantes. Juste avant de se quitter, Enola, est-ce que tu aurais un petit mot à dire aux jeunes qui nous écoutent et qui hésiteraient à se lancer dans le domaine de la santé, du soin et du social ?
- Déborah
Je lui dirais de foncer. De croire en lui et surtout, même si les études ne sont pas faciles, avec notamment les stages, de s'accrocher. Et que trois ans, c'est très rapide. Donc il faut s'accrocher et surtout foncer.
- Arthur
Une conclusion pleine de détermination. Un grand merci, Enola, pour ton partage à propos de ton métier d'infirmière qui s'inscrit du coup dans le large domaine de la santé, du soin et du social. En espérant que ce témoignage ait pu aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être même à se lancer dans ce domaine. Et quant à nous, chers auditeurs... et chères auditrices bien sûr, merci de nous avoir écouté jusque là et comme vous le savez on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast et si c'était moi le programme qui vous aide à trouver votre voix