- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Hortense qui va nous parler de son métier de soudeuse. Alors Hortense, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, peux-tu te présenter et te décrire en trois mots ?
- Hortense
Bonjour, moi j'appelle Hortense, j'ai 24 ans et je suis soudeuse dans l'industrie. Je dirais que je suis assez curieuse, passionnée par le métier que je fais et assez volontaire pour découvrir de nouvelles choses et sortir un peu de mon quotidien.
- Arthur
Super, et pour compléter maintenant, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours ?
- Hortense
Alors moi, je me suis orientée vers des bacs professionnels. Et au tout début, j'ai fait un bac qui s'appelle RA, études et réalisations d'agencement. Donc c'est de la menuiserie. Et une fois que j'ai eu mon bac, finalement, ce n'était pas quelque chose que je voulais faire plus tard. Je trouvais ça plus en loisir, en passe-temps. J'ai bien aimé, mais je ne voulais pas le faire comme métier. Et donc du coup, je me suis orientée vers la chaudronnerie. C'était des ateliers en dessous. Et c'était un de mes choix au tout début. je suis partie en chaudronnerie et là vraiment je me suis dit que Ça serait mon métier. J'ai poursuivi en BTS, toujours en chaudronnerie. J'ai appris une spécialisation dans la soudure, qui s'appelle un CQPM. Aujourd'hui, je voulais en savoir plus sur la soudure, donc j'ai passé une formation qui s'appelle IWT, c'est Technologue en Soudage, pour vraiment connaître ce qui se passe quand je soude et ce qui se passe dans l'acier une fois soudé.
- Arthur
D'accord. Et à propos de cette dernière formation, propre au secteur du soudage, l'IWT, pour obtenir le titre de Technologue, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
- Hortense
Alors IWT, ça veut dire technologue en soudage, c'est un mot qui fait un peu peur, mais en réalité c'est juste savoir exactement qu'est-ce qui se passe dans l'acier. Parce qu'en fait l'acier, nous on voit un matériau brut, mais en fait c'est rempli d'atomes, et donc ça devient un peu de la chimie. Et les atomes, quand on les chauffe, ils bougent, ils s'excitent, et il se passe énormément de choses, que ce soit sur n'importe quel matériau. Et chaque matériau a ses spécificités, et en fait c'est un peu une recette de cuisine. On va rajouter un élément chimique et un autre. et du coup ça donne toute autre envergure du soudage. Donc j'ai commencé la soudure avec une torche dans la main et j'ai fini par utiliser des atomes. Mais finalement c'est hyper passionnant parce que ce n'était pas quelque chose où j'étais prédestinée à être et au final je me suis pris de passion pour cette petite chimie et cette recette de cuisine à faire et connaître le pourquoi il va se passer ça quand je vais chauffer mon acier en soudage.
- Arthur
D'accord, donc tu as sorti pas mal de termes techniques, on va y revenir un peu plus tard. Mais juste avant, est-ce que toutes ces formations ont été source de difficultés pour toi ?
- Hortense
Oui, moi les difficultés que j'ai rencontrées, c'est au niveau scolaire. Parce que, voilà, comme beaucoup d'enfants, je suis dyslexique et l'école, c'est pas trop fait pour nous. Donc je me suis orientée vers des métiers manuels, où vraiment, j'ai pu m'épanouir pleinement. Il y avait toujours ce côté scolaire, mais ça donnait une forme... plus concrète de l'école et de la scolarité. Donc voilà, si j'avais des difficultés, moi, ce serait plus niveau scolaire. Et le manuel m'a beaucoup aidé.
- Arthur
D'accord. Et au milieu de ces formations, alors, il y a eu un virage de la chaudronnerie vers la soudure. Pourquoi tu es allée vers la soudure, finalement ?
- Hortense
La soudure, ça m'a vraiment passionnée. J'ai aimé le geste technique apporté et la concentration qu'il y avait. J'ai l'impression que quand je mets ma cagoule de soudage, Merci. Il se passe quelque chose d'autre, le temps s'arrête et moi je suis vraiment concentrée. Je regarde mon bain de fusion, je regarde mon métal et je ne sais pas, c'est quelque chose qui me passionne. Je trouve ça cool de pouvoir faire fondre de l'acier qui me paraît si brut, si dur. Et au final, je peux faire fondre ça et d'un coup, il devient malléable comme du chewing-gum.
- Arthur
Et donc concrètement, en quoi consiste ton travail aujourd'hui ?
- Hortense
Alors soudeur, c'est assembler deux aciers entre eux en les faisant fondre et en venant rajouter du métal pour... que ça soit le plus solide possible. La soudeur, c'est une spécificité du métier de chaudronnier, mais il n'y a pas que la soudure au dessin, il y a de la découpe, il y a de la prise de mesure. Il y a un peu de calcul, mais vraiment, en chaudronnier-soudeur, c'est travailler l'acier, que ce soit de l'acier au carbone, de l'inox ou de l'alu.
- Arthur
D'accord. Et alors, pour faire fondre ce métal, je suppose que tu as besoin d'avoir une tenue ou un environnement avec des conditions particulières, non ?
- Hortense
Tout à fait, oui. Et oui, je rebondis sur la tenue. On a une tenue, de la tête aux pieds pour se protéger parce que la soudure, ça crée beaucoup de rayonnement, donc ça peut brûler la peau. La température est d'environ 1500 degrés, ça dépend des différents cuits d'alias justement. Et donc pour ça, on a besoin d'être équipé pour ne pas se brûler.
- Arthur
D'accord, donc c'est avant tout un métier physique dans un environnement parfois dangereux. Est-ce que tu penses que ça, ça peut être source de clichés ?
- Hortense
Oui, on a beaucoup de clichés comme quoi c'est un environnement sale, bruyant, poussiéreux, qu'il n'y a que les garçons, mais pas du tout. Alors oui, on a beaucoup de bruit, on a de la poussière, mais on a aujourd'hui beaucoup d'instruments qui font que notre confort est vraiment top. On a des aspirations pour ne pas respirer des mauvaises poussières, on a des bouchons d'oreilles. Et puis non, il y a aussi des femmes qui sont dans ces métiers-là. Et même si les pièces peuvent être très lourdes, on a aussi beaucoup d'ustensiles qui nous permettent de les porter, comme des ponts roulants ou des chariots élévateurs. Il faut juste savoir bien porter, mais finalement, comme dans tout métier, le physique, c'est important et ça tient en forme. Il faut faire attention à comment on porte les choses.
- Arthur
Super. Et pour conclure cette interview, alors Hortense, est-ce que tu aurais un dernier mot à dire à ceux qui nous écoutent et qui hésiteraient à se lancer dans le métier de soudeur ?
- Hortense
Qu'il n'ait pas peur de se lancer, qu'il soit curieux, ne pas hésiter à faire des stages. Je sais que c'est compliqué de trouver des stages, mais si on arrive à en trouver, c'est vraiment cool de pouvoir toucher à tout, parce qu'il ne faut pas avoir peur de se tromper. On est jeune et on peut se tromper. Et quand on fait un stage, peut-être que la première approche peut faire peur. On peut avoir des désillusions sur ce qu'on fait, mais il ne faut pas avoir peur de continuer. Parce que des fois, les premières choses qu'on fait au début, on trouve ça un peu nul. Et on se rend compte que finalement, c'était hyper utile. Il fallait le faire, ça aide beaucoup pour la suite.
- Arthur
Super, et bien merci Hortense pour ton témoignage, inspirant on l'espère pour ceux qui nous écoutent et qui hésiteraient à se lancer dans la chaudronnerie ou le soudage. Et quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, merci de nous avoir écoutés jusque là, et on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast, et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.