- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Justine qui va nous parler de son métier de technicienne de maintenance. Alors Justine, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler un petit peu de toi et de ton quotidien ?
- Justine
Je m'appelle Justine, j'ai 22 ans et je suis technicienne de maintenance aéronautique. Donc en bref, je répare des réservoirs d'avions.
- Arthur
Très bien, et pour te décrire en trois mots, que nous dirais-tu ?
- Justine
Je suis calme, perfectionniste et sérieuse.
- Arthur
D'accord, on enchaîne maintenant avec ton parcours. Qu'est-ce que tu peux nous en dire ?
- Justine
Au départ, j'ai fait un bac général scientifique pour me diriger dans une école de CPIE, donc c'est une classe réparatoire pour intégrer ensuite une école d'ingénieur. Mais lors de ma première année, je me suis rendu compte que ça ne me plaisait pas. Je me suis ensuite réorientée vers un BTS, maintenance des systèmes, option système de production. Et ensuite, je me suis spécialisée avec une licence pro dans le domaine de l'aéronautique, en maintenance aéronautique.
- Arthur
Très bien, donc on a d'abord le BTS en deux ans, puis en fait avec une troisième année d'études, on peut valider une licence professionnelle comme dans ton cas. Est-ce que ça a été source de difficultés tout ça ?
- Justine
La première année de classe préparatoire à l'école d'ingénieur a été difficile, mais ça a permis de forger mon caractère et de pouvoir mieux m'intégrer dans le BTS maintenance, qui est un milieu assez masculin et difficile à intégrer quand on est une femme. Au début, ce n'était pas facile de s'intégrer, surtout que je suis assez révervée. Mais petit à petit, j'ai réussi à faire ma place.
- Arthur
D'accord. Et comment ça t'est venu alors ce virage de la classe préparatoire pour les grandes écoles à un BTS beaucoup plus technique en maintenance ?
- Justine
C'est parti d'un job d'été que j'ai effectué dans l'entreprise où travaillait mon papa, qui était également en maintenance. Ça m'a beaucoup plu et je me suis dit pourquoi pas essayer et voir si ça me plaît toujours.
- Arthur
D'accord. Donc en somme, on peut dire que c'est cette première activité. professionnelle qui t'a permis de concrétiser ton choix. Et maintenant alors, en qualité de technicienne de maintenance dans l'aéronautique, quelles sont tes activités au quotidien ?
- Justine
Mon activité principale, c'est donc la détection et la réparation de fuites dans les réservoirs d'avion. Et lorsque nous ne sommes pas dans des placements d'intervention, j'effectue la maintenance des équipements que nous utilisons sur avion.
- Arthur
D'accord, donc est-ce qu'on peut dire qu'il y a une partie finalement... en atelier et une autre partie en déplacement. Tu vas jusqu'à où en déplacement d'ailleurs ?
- Justine
Oui, tout à fait. L'aménagement des équipements est effectué en atelier, mais pour l'intervention sur avion, c'est des déplacements dans l'Europe.
- Arthur
Ah oui, d'accord. Alors, c'est très large. Est-ce que tu aurais peut-être un exemple de pays dans lequel tu es allé, éventuellement le plus loin ?
- Justine
La République tchèque ou la Lituanie, je ne sais pas lequel est le plus loin.
- Arthur
D'accord. Est-ce que tu aurais une journée type à nous raconter par rapport à ça ?
- Justine
C'est plus décalé sur une semaine entière. Au début, on fait une journée de détection pour repérer la fuite. Ensuite, on a une autre journée de réparation pour réparer la fuite et qu'elle ne soit plus après. Et enfin, on a une dernière journée de test pour vérifier que notre maintenance a été efficace.
- Arthur
D'accord. Pour les détecter, ces fuites, quelle méthode tu vas utiliser ?
- Justine
Oui, c'est des fuites de kérosène, c'est le carburant utilisé dans les aéronefs. On utilise l'hélium pour tracer les fuites avec des détecteurs d'hélium.
- Arthur
D'accord. Une fois cette étape de détection passée, qu'est-ce que tu vas réaliser ensuite ? Tu vas faire de la soudure ? Quelles sont tes activités derrière ?
- Justine
C'est plus côté manutention, de l'utilisation de matériel comme des détecteurs ou des pistolets applicateurs de mastic, un peu comme quand on fait une augeant de salle de bain. Et il peut arriver qu'avec le temps ou avec les contraintes que subit l'avion, le mastique s'abîme et crée des fuites dans le temps.
- Arthur
D'accord, donc oui, c'est principalement l'usure due aux conditions météorologiques et de pression que subit l'avion, que se créent éventuellement ces différentes fuites. Toi, tu travailles sur quel type d'avion ?
- Justine
J'ai la chance de pouvoir travailler sur multiples fuites d'avion, que ce soit ceux d'Airbus, côté civil à Troyes. 320 à 350, mais également côté militaire sur les A400M, mais aussi sur des Falcon 6X et 7X.
- Arthur
D'accord, donc il y a un volet civil par rapport aux transports de passagers, mais aussi un volet militaire par rapport aux appareils de combat. Toi, je reviens sur cette difficulté de genre. Est-ce que toi, tu l'as rencontré, mais une fois dans le monde professionnel ?
- Justine
Au début, avec certaines personnes, il peut y en avoir, mais j'ai eu la chance d'intégrer une très bonne équipe au sein de mon entreprise. C'est surtout le fait d'être avec une équipe de jeunes. Je pense que les hommes jeunes sont plus ouverts d'esprit de nos jours. Et une petite équipe restreinte, c'est beaucoup plus facile de faire sa place que lorsqu'on a une grande équipe de collègues.
- Arthur
Ok, ça veut dire que ces stéréotypes de genre tendent à disparaître. Du coup, dans cette équipe, vous êtes combien, vous ?
- Justine
Sur Lyon, nous sommes 8.
- Arthur
Très bien. Et la proportion alors, homme-femme, c'est combien ?
- Justine
Je suis la seule femme de mon équipe.
- Arthur
Ah, mais pour l'instant, tu dirais alors ?
- Justine
Oui, oui, tout à fait. Je l'ai vu lors de mon parcours scolaire dans mes classes. On était de plus en plus nombreuses par rapport aux années précédentes.
- Arthur
D'accord. Je vais te laisser conclure cette interview, Justine, avec le mot de la fin, si tu en as un, pour ceux qui nous écoutent et qui hésiteraient à se lancer dans ton domaine.
- Justine
Qu'il ne faut pas hésiter, qu'il ne faut pas avoir. peur des appuis des autres. Quand on tombe sur les bonnes personnes, tout se passe très bien et que c'est un merveilleux métier.
- Arthur
Super. Eh bien, merci Justine pour ton partage et pour nous avoir fait découvrir ton métier de technicienne de maintenance dans l'aéronautique. Justement, c'est un secteur comme beaucoup d'autres qui s'ouvre de plus en plus aux femmes et les personnes déjà présentes dans le milieu ont un rôle crucial à jouer pour faciliter leur intégration. Alors, chers auditeurs, chères auditrices, Si, comme Justine, vous souhaitez trouver une formation ou un métier qui vous correspond, n'hésitez pas à poursuivre vos recherches, faites des stages, testez des jobs pendant les vacances scolaires et surtout, restez curieux. Et pour continuer à découvrir des métiers et des parcours différents, retrouvez nos autres podcasts sur la chaîne. Et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voie.