- Arthur
Un métier, une passion, des réussites, des échecs et pourtant ils ont tous trouvé leur vocation. Aujourd'hui, ils donnent leur voix pour t'aider à répondre à la question « Et si c'était moi ? » . Dans cet épisode, on part à la rencontre de Naël qui va nous parler de son métier de chef de projet textile. Alors Naël, bien le bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler un petit peu de toi et de ton quotidien ?
- Naël
Bonjou, alors moi je m'appelle Naël, j'ai 20 ans et je suis chef de projet chez Oxbridge qui se situe à Paris dans le 13ème.
- Arthur
Très bien, donc Oxbridge, une boutique de prêt-à-porter pour le milieu professionnel. Maintenant, est-ce que tu peux nous parler de ton parcours, de tes études, de tes expériences ? Qu'est-ce qui t'a conduit ici ?
- Naël
Alors, j'ai commencé par un bac pro métier de la mode et du vêtement en alternance sur trois ans, où j'étais chez un artisan à Lyon, dans les pentes de la Croix-Rousse, on faisait du prêt-à-porter féminin haut de gamme. Par la suite, j'ai fait le BTS métier de la mode et du vêtement en alternance aussi, où je suis allée à Villefranche, où j'ai d'abord été prototypiste sur du vêtement de travail, et par la suite, développeur produit et assistant modéliste. Et à la suite de ça, je suis cette fois-ci sur Paris, dans un bachelor modélisme concepteur, sur trois ans où je suis chef de projet en alternance dans la même boîte.
- Arthur
D'accord, donc tu as un parcours qui a toujours été professionnalisant, que ce soit pendant le bac pro, le BTS et maintenant ton bachelor. Est-ce qu'avec un peu de recul, tu as été confronté à des difficultés selon toi ?
- Naël
Bien sûr, déjà tout d'abord il y a eu le Covid, qu'il a été compliqué de joindre les cours, tout ça, par rapport aux confinements.
- Arthur
Alors juste pour contextualiser, c'était à quel moment les confinements dans ton cursus ?
- Naël
Le bac pro. Je suis rentré en seconde, on venait de passer le premier.
- Arthur
D'accord, donc ça impliquait quelque part un fonctionnement un peu hybride.
- Naël
La première année, oui, c'était un peu une année, on va dire, test ou quoi. Je n'ai pas pu expérimenter grand-chose, mais j'ai quand même beaucoup appris.
- Arthur
Bon, alors du coup, le bac pro a davantage été théorique, on va dire. Tandis qu'une fois en BTS et en bachelor, tu as pu vraiment goûter au terrain. avec les alternances. Tu nous as parlé du coup de plusieurs métiers, le prototypiste, le développeur-concepteur de produits, l'assistant modéliste et maintenant chef de projet textile. Est-ce que le secteur de la mode en général, c'est quelque chose qui t'a toujours intéressé ?
- Naël
Alors j'ai eu un déclic au départ, j'ai fait de la danse classique pendant 11 ans et en fait il s'est avéré qu'au collège, je me suis rendu compte que je me passionnais beaucoup plus sur les tenues de danse que sur la danse elle-même et c'est là où par la suite j'ai voulu en faire mon métier.
- Arthur
Ok, donc c'est arrivé très tôt et maintenant, chef de projet textile, qu'est-ce que tu peux nous en dire ? En quoi ça consiste ce métier ?
- Naël
Alors, ça consiste un peu à gérer tout le cheminement. En fait, on reçoit le cahier commercial de la demande du client, puis en fait, on cherche les tenues. On regarde par rapport au délai dans quelles usines on peut fabriquer, puis on donne les consignes à la modéliste ou à toutes les personnes qui travaillent dans un bureau d'études. Donc le style, la chef du bureau d'études, le développeur produit qui va faire le dossier pour expliquer le vêtement. On donne aussi les consignes aux usines et puis on reçoit les premiers prototypes. Il y a ensuite les essayages et après les prototypes finaux qu'on envoie nous-mêmes aux clients ou alors qu'ils viennent et on fait un rendez-vous client à la suite de ça.
- Arthur
D'accord, donc toi tu es le pilote en fait, on va arriver avec une demande et tu vas terminer ta mission lorsque le produit fini sera remis au client. J'imagine que chaque projet est un peu différent, mais est-ce que tu as déjà été confronté à une tâche inattendue ?
- Naël
J'en ai une l'année dernière. On répondait à un appel d'offres qui était sur trois lots différents. Donc il y avait un lot prêt-à-porter, un lot intempéries et un lot choc électrique. Moi, je répondais à celui de l'intempéries. Et en fait, le délai était très serré et ma commande auprès de l'usine est arrivée avec un peu de retard. En général, quand les commandes arrivent, on se laisse trois, quatre jours de délai. Et là, je ne les avais pas du tout. C'est vraiment arrivé le soir avant qu'on livre au client. Et la parce ça ne répondait pas du tout aux demandes. Et donc, la chef de projet a voulu annuler le rendu. Mon directeur à l'époque m'a dit, est-ce que tu penses que tu peux régler ça avant demain ? J'étais là-bas, je l'ai essayé. Et donc, j'ai fait des retouches, j'ai essayé d'analyser par rapport aux cahiers des charges, tout ça. Et au final, ça a beaucoup plu au client. Et le lot intempéries a été le seul lot que le client a sélectionné.
- Arthur
D'accord. Et pour ce rattrapage, alors, tu as sorti ton épingle du jeu, on peut dire.
- Naël
Oui, oui, j'ai décousu, j'ai recousu, j'ai modifié. Et j'ai fait en sorte que ça réponde un peu plus au cahier des charges.
- Arthur
D'accord, et ce lot finalement, il a pu partir en production à grande échelle.
- Naël
Oui, exactement.
- Arthur
Et est-ce que tu aurais une autre situation, une autre anecdote un peu insolite dans ce genre-là à nous raconter ?
- Naël
Pas dans cette entreprise-là. Quand j'étais dans mon entreprise en bac, c'était mon patron qui faisait toutes les robes de mariée. Et un jour, il me restait un mois et demi avant la fin de mon contrat, et il m'a laissé la robe de mariée qui venait de commencer. Il m'a dit « écoute, je te laisse la continuer, tu as carte blanche pour les finitions, je sais que tu les fais très bien et c'est sans problème ». Et j'étais surpris et en même temps très content.
- Arthur
D'accord, donc un ultime challenge avant de valider ton baccalauréat. Et j'imagine que ça a été la mariée la plus surprise quand elle a dû apprendre que c'était un jeune qui avait conçu et réalisé sa robe. Ça me mène à ma question suivante. Est-ce que, selon toi, il y a des clichés sur ton métier ?
- Naël
Oh oui, comme quoi toutes les personnes qui travaillent dans la mode sont aigries ou alors très fashion, tout ça, qui doivent absolument être minces, des choses comme ça, c'est pas du tout vrai. Aujourd'hui, on est dans une ère où l'inclusivité est beaucoup plus là, la liberté d'expression, tout le monde est comme il est et tant qu'il est bienveillant avec les autres, il peut être accepté.
- Arthur
Très bien, donc en somme, on arrive à un décalage entre l'image un peu élitiste que la haute couture peut avoir et le milieu du textile en général, au profit de l'inclusion qui se retrouve dans d'autres branches, comme en l'occurrence, celle à destination des professionnels dans laquelle tu travailles en ce moment. Naël, on va se laisser là-dessus. Je te remercie pour cette belle conclusion. et plus largement ce témoignage à propos de ton métier, on le rappelle, de chef de projet textile, en espérant que celui-ci ait pu aider ceux qui nous écoutent en ce moment à s'intéresser et peut-être même se lancer dans le large domaine de la mode et du textile. Quant à nous, chers auditeurs et chères auditrices, merci de nous avoir écoutés jusque-là. Et comme vous le savez, on se donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode de votre podcast et si c'était moi, le programme qui vous aide à trouver votre voix.