Speaker #0Bienvenue dans « Et si on en parlait ? » , un rendez-vous hebdomadaire pour penser la vie autrement. Ici, on ralentit, on questionne ce que l'on tient pour acquis, on déconstruit nos évidences et on explore ce qui souvent en silence façon nos choix, nos peurs et nos élans. Chaque semaine, je t'invite à un exercice simple mais essentiel. Regarder en face ce qui nous habite, non pas pour juger mais pour comprendre, non pas pour devenir quelqu'un d'autre mais pour devenir plus vrai, plus lucide. Et si on parle de liberté intérieure, de notre relation au monde et à nous-mêmes, on cherche moins des réponses que des chemins, moins des certitudes que des ouvertures. Alors installe-toi, ouvre l'esprit, et si on en parlait. Aujourd'hui, j'ai envie de parler de quelque chose qui semble simple, presque banal. Quelque chose qui pour beaucoup va de soi, mais qui pour moi a été profondément complexe. Il s'agit du football. Et oui, le foot. Pas les clubs, ni les trophées, pas les classements, ni les statistiques ou les débats sans fin, mais ce que ce jeu représente profondément pour moi. Et peut-être d'une certaine manière ce qu'il représente aussi pour vous, pour chacun de nous. Avant de continuer, laissez-moi vous poser une question. Quand vous pensez au foot, qu'est-ce qui vous vient à l'esprit ? Quelle idée vous vient premièrement à l'esprit ? Est-ce l'excitation, la compétition ou la communion ? Ou encore quelque chose de beaucoup plus profond, plus intime, de plus enfoui en nous ? Quand j'étais petit, le foot avait pour moi un goût étrange, un mélange de fascination et de peur. C'est souvent le premier sport, la première activité physique que presque tous les gamins touchent pour la première fois un jour. Un ballon, un terrain poussiéreux ou une cour d'école, des cris, des règles un peu floues mais avec une énergie immense. Vous savez quoi ? Dans ce jeu, je n'étais pas le plus fort, ni le plus rapide, ni le plus technique. Et très honnêtement, j'en étais conscient. Mais j'aimais jouer. J'adorais me retrouver là avec mes amis, s'échanger des passes, jouer, rigoler. J'aimais être là. J'aimais sans si que je faisais partie de quelque chose. Sauf que très vite, une hirashi s'installe. Quand vient le moment de choisir les équipes, vous savez, ce silence pesant, les deux capitaines, les noms qui tombent les uns après les autres, et toi tu attends. Tu n'es jamais choisi en premier, parfois même pas en deuxième ni en troisième, tu es là, comme une plante verte, présent, mais invisible. Les filles ne scandent pas ton nom. Pourtant, tu es aussi là, toi. Tu veux jouer. Oui, c'est drôle quand on y repense. Mais sur le moment, ça fait mal. Vous connaissez ce moment où vous regardez les autres courir, dribler, marquer. Et vous, vous êtes là, silencieux, à attendre qu'on daigne vous passer le ballon. Ce moment où vous vous dites « surtout ne rate pas, surtout ne fais pas d'erreur, surtout ne sois pas celui qui va faire perdre l'équipe » , je me souviens de cette peur presque physique, la peur du faux contrôle, du mauvais geste, la peur de confirmer ce que les autres potentiellement pensent déjà. Je me disais que c'était le cas. Et ce silence, quand personne ne crie ton nom, quand tu marques un but, quand tu réalises un exploit, enfin, un exploit pour toi, quand personne ne te regarde. Ce silence-là, il marque. On observe les autres briller et intérieurement une question. On est, et moi, où est ma place ? Alors ce podcast, ce n'est pas une plainte, ce n'est pas non plus une revanche, c'est juste un souvenir que je fais de mon enfance, un constat. Parce que ce silence m'a aussi appris quelque chose sur moi, il m'a appris à observer, à réfléchir, à anticiper. à comprendre avant d'agir, il m'a appris la patience. Paradoxalement, c'est dans ce retrait que j'ai commencé à me connaître, à m'apprécier, à me retrouver. Avec le temps, j'ai fini par renier le foot. Pas parce que l'homme me l'imposait, mais parce que je me protégeais. inconsciemment. Toucher la balle me mettait sous pression. Entrer dans un match me tendait de l'intérieur. J'avais peur d'avoir mal, d'être négligé. J'avais peur avant même de jouer. Alors petit à petit, j'ai mis de côté quelque chose que j'aimais instinctivement. J'ai commencé à associer le foot à de la frustration, à une forme d'humiliation silencieuse. à l'idée que je n'étais pas légitime. Pas légitime de jouer, pas légitime pour donner mon avis, pas légitime même pour en parler. Et pourtant, l'envie était toujours là. Mais dans ma tête, une voix me disait « Si tu reviens, tu es hypocrite. Si tu en parles, tu fais semblant. Tu n'as pas ta place ici. » Et cette peur s'est transformée en un... discours intérieur et à force de l'entendre, j'ai fini pas y croire. Je m'y suis associé. Est-ce que ça vous est déjà arrivé ? Avez-vous déjà renoncé à quelque chose que vous aimiez, simplement pour vous sentir en sécurité ? Pas peur de ne pas être assez bon, pas peur du regard des autres, pas peur d'échouer. Pas peur de raviver une ancienne blessure. On l'a tous fait. On répète ces mêmes chemins. Ce n'est pas une faiblesse en tant que telle. C'est une stratégie de survie émotionnelle que le cerveau nous donne à un moment donné de notre vie, avec les capacités que nous avions à ce moment-là. Aujourd'hui, j'ai envie de revenir vers le foot. Pas pour devenir un expert du foot et des cryptages, etc. Pas pour attraper le temps perdu non plus. Pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Juste parce que je veux me réconcilier avec. Et parce que j'aime le foot. Mais ce retour n'est pas simple. Même avec l'envie, il y a encore de la peur. La peur de se sentir ridicule, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d'être jugé et de recevoir ce petit message « donne tes potes » disant « mais depuis quand tu connais le foutoir ? » Et surtout, la peur de se sentir incohérent. On se dit « j'ai régné ça pendant des années, qui suis-je pour y revenir maintenant ? » Mais vous savez quoi ? Ce n'est pas de l'hypocrisie, c'est juste la complexité humaine. On peut aimer quelque chose, s'en éloigner puis revenir autrement. On peut changer de regard, changer de rythme, changer même de relation vis-à-vis de la chose. On peut aussi avoir peur de s'exprimer, de donner son avis, de participer à une discussion, pas peur que notre point de vue soit jugé moins pertinent, moins légitime. Mais aujourd'hui, je veux prendre ce défi, pas pour les autres, pas pour Apatoni et un groupe, mais pour moi. Pour ce petit enfant qui aimait jouer au foot malgré tout et qui attendait qu'on lui passe la balle. Aujourd'hui, j'aimerais en tant que capitaine me choisir. Choisir cet enfant en premier, lui passer la balle afin qu'il puisse jouer. et que l'on puisse aussi scander son nom. dans les tribunes. Le but n'est pas de transformer le foot en passion, non, loin de là, ce n'est même pas nécessaire. Le but, c'est le geste intérieur, la réconciliation, faire la paix avec ce qu'on a aimé, avec ce qu'on a mis de côté, avec ce qu'on a cru devoir renier pour avancer. Si cela a été votre cas aussi, Imaginez un instant, vous êtes face à un ballon et il est là, immobile. Vous n'avez rien à prouver, il n'y a pas de pression, personne ne vous regarde, aucune attente. Vous avancez doucement vers ce ballon, vous le touchez, vous sentez l'appréhension, mais aussi cette petite entesselle de joie oubliée. C'est étrange, c'est ambigu, c'est même inconfortable. Et c'est exactement ça la réconciliation. Mais dans votre cœur, il y a une sorte de jouissance, une petite joie qui naît. Et vous faites la paix avec vous-même. Alors dites-moi. Qu'avez-vous mis de côté dans votre vie ? Pas peur, pas prudence, pas instinct de protection. Il peut s'agir d'un rêve, d'une passion ou même d'une partie de vous-même. Que pourriez-vous concilier aujourd'hui ? Non pas pour prouver quelque chose, mais simplement pour retrouver la paix intérieure. Vous pouvez l'écrire en commentaire. Vous pouvez partager votre histoire ou simplement réfléchir en silence. Ça n'a pas d'importance. Le plus important, c'est votre retour vis-à-vis de vous-même. Alors oui, le foot peut sembler simple, mais pour moi, il raconte une histoire bien plus profonde. Une histoire d'amour. Une histoire de peur, de renoncement, mais aussi de retour possible. La vraie victoire n'est pas dans le score ni dans le but marqué. La vraie victoire, c'est de se reconnecter à soi-même, de retrouver le droit de jouer, de se tromper, d'essayer, de dire enfin, je peux toucher la balle, je peux la rater. Et je peux quand même m'amuser. Et qui sait ? Peut-être que ce ballon que vous craignez tant devinera demain votre plus beau terrain de liberté et de réconciliation avec vous-même. Merci d'avoir pris ce temps, merci d'avoir écouté vraiment. Si cet épisode t'a fait réfléchir, douter ou simplement t'arrêter un instant, alors il a déjà rempli sa mission. Tu peux soutenir le podcast simplement en laissant un avis, en likant l'épisode ou en le partageant autour de toi à quelqu'un qui peut-être en a besoin sans le savoir. Tu penseras aussi à t'abonner au podcast et également à rejoindre la newsletter pour continuer à réfléchir autrement. On se retrouve très bientôt. D'ici là, prends soin de toi et de ce qui t'habite. Ciao !