- Speaker #0
Charline ne pensait pas que sa vie allait basculer à ce moment-là. Rien ne l'a préparée à entendre ces mots. Un cancer du sein H2R2 triple positif. Avant ça, il y avait le quotidien, la vie qui suit son cours, et puis ce corps qui envoie des signaux sans vraiment alerter. Au début, on doute, on se rassure, on continue d'avancer, jusqu'au moment où tout s'accélère. Les rendez-vous s'enchaînent, les examens aussi. Et très vite, le temps ne se compte plus en semaines, mais en traitements. Chimiothérapie, médicaments, attente, le corps change, la fatigue s'installe, et à l'intérieur il faut continuer à tenir. Tenir face à la peur, tenir face à l'inconnu, tenir aussi pour ce qu'on aime. Dans cet épisode, Charlene ne raconte pas seulement la maladie, elle raconte ce qu'on ne voit pas,
- Speaker #1
les émotions, les moments de doute, les instants de fragilité,
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mais aussi cette force qui apparaît quand tout vacille. Aujourd'hui, elle nous livre son histoire. Vous écoutez Etat d'âme, le podcast au cœur de votre santé. Pour toutes les femmes dont le corps et l'esprit ont été bouleversées, excellente écoute.
- Speaker #1
Le 5 septembre 2024, donc à peine 4 semaines avant que je fête mes 29 ans, on m'a diagnostiqué d'un cancer du sein agressif triple positif. Et à ce moment-là, c'est vraiment un tourbillon d'émotions, un mélange d'émotions que j'ai ressenti. Je suis d'abord passée par le choc. J'ai seulement 28 ans, la médecin s'assoit à côté de moi, pose sa main sur mon genou et m'annonce que j'ai une tumeur, un cancer qui est de plus agressif. Donc tout de suite, c'est la peur, le choc. la tristesse, je me suis effondrée tout de suite. Je pense qu'il y a une partie de moi qui a compris instantanément ce qui se passait parce que ça a été directement un torrent de larmes. Mais d'un autre côté, j'ai une partie de moi qui a voulu se protéger et à partir du moment où elle prononce le mot cancer, j'écoute plus. C'est comme si j'étais là dans la pièce, je me vois à côté de moi mais je n'entends pas ce qu'on me dit. Et heureusement, il y avait ma sœur ce jour-là qui m'accompagnait au rendez-vous pour l'annonce du diagnostic. Et elle a pu ensuite me retranscrire tout ce que la médecin avait dit durant le rendez-vous. Car j'ai vraiment rien écouté. C'était des larmes. Et la seule phrase que j'ai pu dire, et que j'ai dit en boucle d'ailleurs, c'était « Comment on va dire ça à papa et maman ? » « Comment on va dire ça à papa et maman ? » C'est vraiment la seule chose qui m'inquiétait. J'entendais vaguement des mots. J'entendais « chimiothérapie » , « perte de cheveux » , « radiothérapie » , « opération » . Mais c'était la seule chose qui m'emportait. C'était vraiment... Comment je vais pouvoir annoncer quelque chose comme ça à mes parents, qui de plus ne s'attendent pas du tout à une annonce comme ça, étant donné que je ne leur avais pas parlé de ce rendez-vous, je ne leur avais pas dit que j'avais une biopsie à passer. Au moment du diagnostic, c'est vraiment des sensations paradoxales que j'ai ressenties, parce que j'ai à la fois senti le monde s'écrouler sous mes pieds, vraiment la peur, l'inconnu. Je n'ai jamais été malade, je n'ai jamais connu de personne ayant eu ce genre de maladie. Mais j'ai à la fois senti le poids du monde sur mes épaules, où j'ai compris tout de suite, je me suis dit, bon, là, il y a un sacré combat qui t'attend. Il va falloir y aller, il ne va pas falloir lâcher. Et ça va être dur, mais il va falloir le faire. Je pense que quand on nous fait ce genre d'annonce, en fait, inconsciemment, on essaie de se protéger. Le cerveau, il se met automatiquement en mode survie. Et c'est pour ça que, bon, à la fois, il y a la peur, il y a l'inconnu. Mais d'un autre côté, on se dit, bon, je vais y arriver, je vais le faire, je suis une battante, je vais m'en sortir. Pour moi, non seulement mes proches, ma famille, mes amis, mon conjoint, que j'avais un cancer du sein, ça a presque été le plus difficile que l'annonce en elle-même. J'appréhendais tout de suite, c'est d'ailleurs les premiers mots que j'ai dit au moment du diagnostic. Comment on va dire ça à papa et maman ? Heureusement, j'ai été très bien accompagnée. J'ai deux frères, deux sœurs, une très grande famille. Donc on s'est tous réunis, on a tous été ensemble chez mes parents pour pouvoir leur annoncer cette nouvelle. Et forcément, comme je m'y attendais, ça a été très difficile. Déjà, mes parents étaient surpris de nous voir arriver tous en même temps sans avoir prévenu. Donc mon père, avec son humour, nous fait la blague. « Qu'est-ce que vous faites tous là ? On a gagné au loto ou quoi ? » Et en fait, ils ont vu à nos têtes que non, on n'avait malheureusement pas gagné au loto, même si on aurait préféré. Et là, ils ont tout de suite compris que c'était quelque chose de grave qui se passait. Donc on leur a demandé de s'asseoir. Et voilà, je ne suis pas passée par quatre chemins, c'était ces mots-là. J'ai une boule dans le sein depuis quelques mois. J'ai fait des examens, des examens de contrôle. On a fait une biopsie. Le diagnostic est tombé aujourd'hui. C'est un cancer.
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Ça a été compliqué parce que j'ai tout de suite vu la peur dans les yeux de mes parents. Ça,
- Speaker #1
c'est quelque chose que je n'oublierai jamais. Dans les yeux de mon petit frère aussi, parce qu'à ce moment-là, il a seulement 18 ans. Donc pour lui, je pense que ça a été l'inconnu autant que pour moi. Je sais que quand on est jeune, quand on entend le cancer, forcément, on entend la perte des cheveux. On entend la mort. la souffrance. Donc ça a été un moment très compliqué, mais mes proches m'ont tout de suite soutenue. J'ai la chance d'avoir une famille géniale sans qui je n'aurais jamais pu traverser toute cette épreuve avec tant de bonne humeur. Et à partir de ce moment-là, ils ont tous été au top. Ils ont fait en sorte que je ne sois jamais seule. Ils m'ont accompagnée à chacun de mes rendez-vous. D'ailleurs, dès le lendemain, j'avais mes premiers rendez-vous pour me parler des traitements que j'allais avoir, des examens que j'allais avoir, étant donné qu'en plus, je n'avais rien écouté. écouté au moment du diagnostic. J'allais enfin pouvoir en savoir plus sur vraiment les traitements que j'allais avoir. Et donc voilà, j'ai eu la chance de pouvoir avoir des personnes qui m'ont accompagnée au rendez-vous, qui m'ont retranscrit le soir tout ce qui s'était dit, parce qu'on enchaîne les rendez-vous. Et étant donné que le cerveau se met en mode protection, on ne retient pas forcément tout ce qui nous est dit. Ça fait énormément d'informations et de choses à encaisser à la fois. D'un côté, on nous parle de chimiothérapie, d'un autre... D'un autre côté, on nous parle de ménopause artificielle, de préservation d'ovocytes, d'opérations, de radiothérapie. On nous parle également de taux de survie. Donc c'est beaucoup d'informations et c'est vrai que si on peut avoir des personnes qui nous accompagnent à ce moment-là, c'est vraiment pas négligeable. D'un autre côté, il y a également l'annonce aux amis, à mon conjoint. Il a tout de suite été là pour moi, il m'a tout de suite soutenue. Ça a été pareil pour mes amis. Bien évidemment, un choc pour tout le monde, mais je me suis tout de suite sentie entourée. Je ne me suis pas sentie seule. Je me suis dit bon d'accord ça va être dur mais je ne suis pas seule, je vais y arriver, tout le monde va m'aider. Et c'est principalement ce qui s'est passé, c'est là où j'ai pu justement voir sur qui je pouvais vraiment compter et sur qui je ne pouvais pas compter. Quand on traverse une période comme celle-ci, il y a des personnes qui vont se rapprocher de nous, qui vont vraiment être là pour nous, qui vont venir nous voir, qui vont nous contacter, prendre assez souvent des nouvelles, nous donner du courage, de la force, qui vont également se proposer de venir. à certains rendez-vous qui vont vraiment être dans l'accompagnement, dans le soutien. Et au contraire, et ça c'est ce qui m'a étonnée, parce que je ne m'étais pas forcément renseignée sur ça avant, mais c'est en fait, il y a des personnes qui vont s'éloigner, des personnes qui vont tout simplement pas forcément vouloir se lancer dans le combat de la maladie, d'autres personnes qui, je pense, s'éloignent de peur, de peur de mal faire les choses, de peur de ne pas trouver les bons mots, de ne pas savoir comment aider. Et au final, moi, ça m'a permis de faire un réaltri. Dans mon entourage, dans mon cercle d'amis, je sais maintenant sur qui vraiment je peux compter. Et je sais qui s'est éloigné et qui donc j'ai dû sortir de ma vie. Ce n'est pas un point ni quelque chose de négatif pour moi, parce qu'au final, je sais que maintenant, les amis qui sont à mes côtés aujourd'hui sont mes vrais amis. C'est ceux que je vais garder pendant encore 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, voire plus. Et c'est le principal, je sais que j'ai un entourage de qualité. Mon protocole contre le cancer du sein, ça a vraiment été un marathon médical. On m'a tout de suite envoyée dans les hôpitaux, dans l'enchaînement des rendez-vous. Dès le lendemain du diagnostic, j'avais déjà deux rendez-vous. Et pendant deux semaines, je pense que ça a été minimum un rendez-vous à l'hôpital par jour. Il y a même eu une journée où j'ai eu trois rendez-vous dans trois hôpitaux différents. J'ai fait mon premier repas de la journée à 16h. Et j'étais toujours dans cette phase de protection. Du coup, c'était des rendez-vous où je n'écoutais pas grand-chose ou alors où je ne voulais pas comprendre les choses. Heureusement, comme je le disais précédemment, j'étais très bien entourée. À la fin de la journée, les proches qui m'avaient accompagnée me faisaient un récapitulatif de ce qui m'avait été dit. Ça a commencé avec la pose du portacat, le boîtier qui est placé sous la cavicule, qui est relié au cœur, qui va permettre de faire passer la chimiothérapie. Ensuite, on m'a fait faire ma première injection pour la ménopause artificielle. Et on est donc parti sur un protocole initialement de 16 chimiothérapies. J'en ai finalement fait que 13, parce qu'avant la fin des chimiothérapies, j'ai eu une échographie de contrôle où on a constaté que la tumeur avait complètement disparu. J'avais donc une réponse complète et j'ai pu arrêter les chimiothérapies plus tôt. Ensuite, après les trachymiothérapies, on m'a « laissée en vacances » pendant un mois avant de passer à la chirurgie, donc la tumorectomie et le retrait des ganglions sentiniennes. La tumorectomie a consisté à enlever la zone du sein où il y avait la tumeur. J'ai eu de la chance, la tumeur faisait à peine 3 cm. C'est vraiment une petite zone qu'on m'a enlevée. Ça se voit à peine, les cicatrices sont très fines, ça ne se voit vraiment pas beaucoup. Une fois que j'ai été remise de l'opération, on m'a basculé sur l'immunothérapie. Le système en lui-même est un peu le même que la chimiothérapie. Je me rends en service de chimiothérapie, on me pique dans le porte-à-carte et on passe des produits qui vont refaire travailler mon système immunitaire. C'est une injection que j'ai toutes les trois semaines pour un total de 18 cures, sachant que ce sont des cures qu'on commence à faire parfois en même temps que les chimiothérapies. J'en avais déjà fait quelques-unes sur mes dernières chimiothérapies. Et ensuite, j'ai eu 18 séances de radiothérapie. Ça a été compliqué parce que la radiothérapie, même si c'est moins invasif que la chimiothérapie, on doit quand même y aller tous les jours. C'est-à-dire que j'y allais tous les jours du lundi au vendredi. Et le trajet, le fait d'être à l'hôpital, le fait de recevoir quand même un traitement qui est assez lourd, ça a été très fatigant pour moi. À la suite de ma radiothérapie, je vais enchaîner avec l'immunothérapie. que j'avais déjà débuté lors des dernières chimios. Le principe est à peu près le même que la chimiothérapie. On se rend au service de chimiothérapie, on est branché dans le porte-à-quatre, on reçoit des produits et ensuite on rentre chez nous. C'était sur un rythme de trois semaines.
- Speaker #0
J'y allais toutes les trois semaines pour recevoir mon injection.
- Speaker #1
Et ce traitement-là, c'était pour un total de 18 injections. J'ai reçu ma dernière injection le 27 janvier 2026.
- Speaker #0
C'était la dernière fois que je me rendais en service de chimiothérapie. Ça aurait été un soulagement pour moi de me dire, ça y est, c'est fini, le lourd des traitements est vraiment derrière moi.
- Speaker #1
En parallèle de tout ça, j'ai été mise sous hormonothérapie. C'est un traitement que je vais avoir environ 5 à 10 ans. C'est un médicament à prendre tous les soirs. Je sais que certaines personnes vont avoir beaucoup d'effets indésirables, d'autres moins. Moi, disons que les effets secondaires qui sont générés... Par la prise de cette hormonothérapie, je les avais déjà étant donné qu'on m'a mis, dès l'annonce du cancer, sous ménopause artificielle. Les bouffées de chaleur, les soeurs nocturnes, etc. Ce sont des symptômes que j'avais déjà. Suite à la première chimiothérapie, au bout d'une dizaine de jours, mes cheveux ont commencé à tomber. Je m'étais plutôt bien préparée. Je savais que ça allait arriver, mais je m'étais tout de suite mis en tête que c'était secondaire. J'avais pourtant les cheveux très longs, ils m'arrivaient à la moitié des fesses. J'ai commencé par me couper les cheveux au carré. Donc j'avais déjà commencé à perdre un peu cette habitude de tout le temps avoir mes cheveux longs, tout le temps les toucher. Et le jour où j'ai commencé à les perdre, forcément j'étais très triste, ça a tout de suite été des pleurs, mais je me suis dit bon, de toute façon j'ai pas le choix, ils vont complètement tomber. J'ai pas voulu prendre le risque de trop attendre avant de les raser. Je voulais pas me voir en fait avec des trous sur la tête, avec des poignées de cheveux impressionnantes dans les mains, donc j'ai tout de suite contacté ma prothésiste capillaire. qui est venue chez moi dès le lendemain, qui m'a rasé la tête et avec qui j'ai pu donc choisir ma perruque. Ça fait forcément un pincement en cœur de se voir sans ses cheveux, surtout quand ils sont aussi longs. Mais c'est quelque chose que j'ai quand même plutôt bien appréhendé. Ça a quand même été compliqué parce que c'est un choc. C'est quand même une période qui était assez compliquée parce que là, je suis passée du tout au tout. J'avais les cheveux très longs et là, j'avais le crâne complètement rasé. Et c'est tout un visage en fait qui change parce que... Après les cheveux, on perd les cils, on perd les sourcils et je ne me reconnaissais pas forcément. Donc c'est vrai que c'est assez compliqué de devoir apprendre à vivre avec un reflet dans le miroir qui n'est pas le nôtre. C'est surtout un reflet qu'on nous a imposé, qu'on n'a pas choisi. Alors certes, il y a beaucoup d'accessoires qui font qu'on peut quand même se sentir féminine, quand même essayer de se mettre en valeur, les perruques, les foulards, etc. Ça reste un moment qui est compliqué. parce que pour ma part, c'est le moment vraiment où j'ai compris ce qui m'arrivait, où je me suis dit bon, c'est pas rien, c'est pas un cauchemar, je vais pas me réveiller demain, on va pas me dire que c'est une blague, c'est vraiment un cancer que j'ai et c'est ça que je vais devoir affronter. À cause du traitement contre mon cancer du sein, on m'a fait un trait en ménopause artificielle, donc ça, dès le début des traitements, avant même le début des chimiothérapies, ça a provoqué pas mal d'interrogations chez moi parce que... Dans un premier lieu, je ne savais même pas qu'on pouvait être en ménopause artificielle, autant plus à mon âge. Et je me suis aussi interrogée au niveau des effets secondaires. Je me suis dit, mais est-ce que c'est comme la ménopause normale ou est-ce que c'est des effets différents ? Effectivement, c'est des effets qui se rapprochent relativement de la ménopause classique que toutes les femmes peuvent avoir arrivé à un certain âge. Ça se traduit par des douleurs articulaires, de la fatigue, des insomnies, beaucoup de bouffées de chaleur. Le traitement contre le cancer du sein lui-même, il n'est déjà pas simple. C'est en fait plein de petits traitements à côté qui sont rajoutés et qui font que c'est vraiment compliqué. En plus, quand on est une femme à 29 ans, on se dit « bon, je ne devrais pas avoir à me poser cette question maintenant,
- Speaker #0
mais est-ce que je vais vouloir des enfants plus tard ? » Parce que oui, il faut que je fasse une préservation de vos sites. C'est le corps qui change, c'est le corps qui fatigue. À un âge où on est censé être en pleine forme.
- Speaker #1
La peur et l'angoisse ont pris une énorme place dans mon quotidien depuis l'annonce de la maladie. J'étais une personne quand même assez insouciante. Tout allait bien dans ma vie, tout se passait très bien. Je n'avais pas vraiment de questions, je n'avais pas d'interrogations. Rien d'important qui me trottait dans la tête. Donc ça a vraiment été un choc et des nouvelles émotions que j'ai pu découvrir. Et j'ai dû apprendre à vivre avec. J'ai découvert les insomnies, j'ai découvert les crises d'angoisse, j'ai découvert la peur de mourir, la peur de me voir malade, la peur de voir mon état se détériorer encore plus. Et j'ai aussi découvert la peur pour mes proches parce que je me disais en fait si moi je vais pas bien, automatiquement ça va se calquer sur mes parents, sur mes frères et sœurs, sur mes amis. Et ils vont pas aller bien non plus. Et je dirais qu'au final c'est ça qui m'a donné la force en fait de rien lâcher pendant le combat, pendant la maladie parce que je me disais il faut... il faut que je sois là pour les autres et il faut que je m'en sache. Le 3 avril 2025, j'ai eu mon rendez-vous de contrôle avec la gynécologue chirurgienne qui m'a opérée, qui a procédé sur moi à la tumorectomie et à l'ablation des ganglions sentinelles. Car suite à l'opération, le morceau qui a été enlevé a été envoyé en analyse pour une biopsie afin de déterminer s'il y avait encore des cellules cancéreuses ou non. Et heureusement, on m'a donc annoncé qu'il n'y avait plus aucune trace du cancer. que le cancer était totalement parti et que donc j'étais en rémission complète. Ça a été un gros soulagement pour moi. Même si je m'y attendais, ça a quand même été des torrents de larmes, des larmes de joie, des larmes de soulagement. Et je me suis dit, ça y est, je l'ai fait, je me suis battue et je n'ai pas fait tout ça pour rien. Aujourd'hui, même si je suis en rémission complète, c'est quand même très compliqué d'apprendre à vivre lorsqu'on a eu un cancer ou toute autre maladie grave. On apprend à vivre avec une épée d'amoclès au-dessus de la tête, la peur de se dire que tout est imprévisible, tout peut arriver, ça peut nous tomber dessus à n'importe quel moment, ça n'arrive pas qu'aux autres. Alors bien sûr, avec le temps, les angoisses s'atténuent, mais elles sont toujours présentes. On est souvent remis dans le bain de la maladie, parce qu'il y a des rendez-vous de contrôle un peu tous les 3-4 matins, et ça, ça va durer pendant plusieurs années. Mais je dirais quand même qu'au bout d'un an après l'arrêt des gros traitements, donc la fin des chimiothérapies, On a quand même le cœur et l'esprit libérés. Et on reprend goût à la vie. On retrouve un petit peu d'insouciance, même si ce ne sera plus jamais comme avant. Le 12 mars 2026, j'ai eu une intervention chirurgicale pour le retrait du porte-à-quatre. Donc, ça a été très symbolique pour moi. Ça a vraiment marqué la fin des traitements, la fin du combat. Et j'ai quand même un gros point en moi aujourd'hui, depuis que je n'ai plus le porte-à-quatre. Avoir un cancer du sang aussi jeune, ça m'a transformée sur plusieurs... point. Je dirais que j'ai perdu la quasi-totalité de mon insouciance et que maintenant, je sais que tout n'arrive pas qu'aux autres, que quelques choses de graves peuvent nous tomber sur la tête du jour au lendemain, comme ça, sans prévenir. Mais ça m'a aussi apporté du positif. J'ai appris à me satisfaire des petites choses, à m'extasier devant des choses qui, pour moi d'habitude, n'avaient pas forcément d'importance. Et maintenant, je prends beaucoup plus plaisir lorsque je fais quelque chose, même les choses toutes bêtes de la vie, aller me promener. Aller marcher dehors, même s'il pleut, c'est pas grave, on est là, on a envie et il faut en profiter. J'aimerais dire à toutes les jeunes femmes qui apprennent qu'elles ont des cancers que la vie, elle continue. Elle ne s'arrête pas là, elle ne s'arrête pas à la maladie, elle ne s'arrête pas au diagnostic, elle ne s'arrête pas au traitement. Certes, c'est une sacrée période, c'est un sacré combat, c'est des moments très difficiles, mais il faut se dire que c'est temporaire. Les chimiothérapies, ça ne va pas durer toute la vie, ça va être un certain temps. La radiothérapie, c'est pareil, les médicaments, c'est pareil. Donc voilà, il faut se dire que même si on a des jours où on se sent très mal, ça restera passager parce qu'après la pluie vient toujours le beau temps.