Speaker #0Si je reviens au moment où tout a basculé, en fait c'était presque avant l'annonce. J'ai compris assez vite que j'avais un cancer, même si une partie de moi était vraiment en déni. J'ai senti une boule très dure sous mon aisselle et ma médecin m'a dit que c'était un ganglion infecté. Et clairement, pour avoir vu ma mère et ma grand-mère, mais surtout ma mère, parce que ma grand-mère, j'étais très petite, ma mère aussi avoir un cancer du sein, j'avais bien compris intérieurement que s'il y a un ganglion infecté, c'est qu'il y a quelque chose de pas cool en amont. Et elle avait aussi senti une masse dans le sein, donc en fait, je me suis raccrochée à l'idée que c'était pas grave. Mon conscience est raccrochée à cette idée. Mais en fait... Je savais très bien que c'était grave et finalement, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant à peu près deux semaines, jusqu'à ce qu'on me confirme vraiment que j'avais un cancer du sein triple négatif. Un peu avant l'annonce justement, quand je pleurais toutes les larmes de mon corps, ce qui me traumatisait vraiment, c'était de savoir que ma mère et ma grand-mère en étaient décédées avant moi. Alors bien sûr, autre époque, autre traitement, autre histoire. Néanmoins, j'ai dû lutter très très fort contre l'idée que peut-être j'étais condamnée à vivre exactement la même chose. Ça m'a demandé un effort surhumain de mobiliser des pensées positives et de me dire que non, je n'étais pas condamnée à suivre exactement le même chemin qu'elle. Finalement, lorsqu'on m'a annoncé que j'avais un cancer, Je me sentais un petit peu comme une chef de projet. En fait, j'étais déjà dans l'action, j'étais presque pas étonnée. Et ça ne faisait que confirmer. Je me rappelle que je notais méthodiquement dans un petit carnet ce que me disait le chirurgien, en l'occurrence. Parce que je n'ai pas tout de suite rencontré un oncologue, j'ai rencontré un chirurgien d'abord. Donc on m'avait conseillé d'aller voir. Et qui m'expliquait, voilà, vous allez avoir de la chignot, et une opération, et de la radiothérapie, etc. Et du coup... Je prenais note comme si j'étais en réunion. C'était assez drôle, mais je pense que c'était vraiment un élan, un système de protection que j'avais. Et donc, j'ai noté méthodiquement et j'étais en mode vraiment genre, ça va aller, tu vas trouver des solutions, tu vas travailler ce sujet et tu vas en faire quelque chose. En fait, je me disais, c'était presque comme tu vas réussir ce cancer. C'était un peu bizarre. En tout cas, tu vas réussir ta guérison. Concrètement, finalement, mon monde s'est écroulé et en même temps, justement pour ne pas que ça s'écroule trop fort, trop vite, j'ai fait en sorte de me raccrocher à l'idée que j'avais peut-être un pouvoir d'action. Moi, j'ai choisi de me dire, OK, je suis très sensible à tout ce qui est thérapie alternative. J'ai vu ma mère essayer plein de choses quand elle était malade et des choses qui fonctionnaient quand même. Elle a été, au final, la maladie s'est répandue bien trop partout, mais elle avait des choses qui l'aidaient énormément. Et puis, j'avais une croyance et une conviction que j'ai toujours forte, qui est que je pense qu'on peut se créer les maladies. Et ce n'est pas culpabilisant quand je dis ça, pas du tout, parce qu'en fait, on fait toujours de notre mieux, on est toujours à notre maximum. Mais compte tenu d'un certain nombre de paramètres, de pressions que l'on s'inflige, de modes de vie que l'on subit, on se sent obligé des fois de ne pas être vraiment bien dans nos baskets, de faire trop plaisir aux autres, d'être un peu à côté de nous-mêmes. En fait, tout ça c'est des violences pour notre corps et c'est ce qui peut générer des pathologies. C'est une possibilité. Bien sûr que c'est multifactoriel. Mais moi en fait, ça m'a aidée de me raccrocher à ça parce que je me suis dit, très bien, si malgré moi... J'ai créé les conditions de cette maladie, ça veut dire que j'ai aussi le pouvoir de dénouer les conditions de cette maladie et de chercher à comprendre pourquoi ça m'est arrivé, qu'est-ce que j'ai à comprendre pour avancer sur le chemin de la rémission, donc avec les médecins et faire tout ce qu'il faut avec les médecins, évidemment, mais aussi qu'est-ce que je peux faire à côté pour comprendre le message de la maladie, en fait. Et c'est vraiment ça qui a guidé toute ma démarche autour du cancer et qui... Et qui fait qu'aujourd'hui, j'arrive à en parler comme une chance, parce qu'en fait, j'ai nettoyé énormément de choses, intellectuellement, émotionnellement, dans mon passif, dans mon histoire, et ça m'a mis sur un chemin de mieux-être qui est vraiment hyper important. Avant le diagnostic, il y avait des signaux que j'ignorais un peu. Il y avait déjà des symptômes qui indiquaient que mon corps était à bout de nerfs. Je faisais des migraines absolument tout le temps, mais j'avais vraiment très souvent mal à la tête. signe que pour moi, mon cerveau était en ébullition et en pression constante. Quand j'ai de nouveau des migraines aujourd'hui, par exemple, je sais que c'est quand je suis sous pression. Mais en général, c'est lié à des déplacements éreintants, une situation très courte où je suis sous pression, donc j'arrive à identifier. Là, j'avais vraiment des migraines chroniques. Et ce n'était pas les migraines comme certains qui ont besoin de s'enfermer dans le noir, mais c'était des maux de tête très très très importants qui m'invalidaient beaucoup. Et qui duraient sur plusieurs jours et qui faisaient que... Et donc je ne trouvais pas la racine, surtout. Et puis je pense qu'il y avait plein d'autres choses dans mon corps qui indiquaient que j'étais dans la zone rouge du stress en permanence. Mais moi, je ne me sentais pas stressée. Je trouvais que les autres étaient les personnes autour de moi qui se plaignaient à du stress ou de la fatigue. Je me disais, oh là là, c'est des petites natures. Franchement, il n'y a pas de quoi faire un plat. Moi, je me sentais toujours en maîtrise, toujours à dominer, quoi, quelque part. Alors qu'en fait... j'étais dans un état d'épuisement et de fatigue. Et je m'en suis rendue compte au moment où je me suis mise en arrêt, maladie pour le cancer, en fait, je me suis sentie autorisée à tout lâcher. Et j'ai senti un soulagement énorme. Donc là, j'ai réalisé à quel point, en fait, ma vie n'était qu'une succession de violences que je faisais à mon corps, à mon mental, à mes émotions. Alors qu'en fait, j'avais qu'une seule envie, c'était de tout arrêter et de souffler. Et finalement, le cancer m'a offert cette opportunité de souffler et m'a déjà donné un premier message, c'est, tu vois, finalement, tu n'étais pas aussi bien que ça dans ta vie jusqu'à présent. Les traitements, c'est vraiment quelque chose... Je peux en parler, mais j'ai toujours des scrupules à en parler parce qu'en fait, on les vit différemment d'une personne à l'autre. Et puis, je n'ai pas envie de faire peur à des personnes qui seraient concernées actuellement par la maladie. Parce que c'est très impressionnant, la chimiothérapie, les effets secondaires sont très impressionnants. On perd bien sûr ses cheveux, on a des problèmes de peau, des problèmes digestifs. Mais ils sont plutôt moins forts selon les gens. Et puis les rayons, pareil, il y a des soucis de peau. C'est vraiment dur. C'est très éprouvant pour le corps. Moi, ce que je peux dire, ce qui m'a aidée à supporter la chimio notamment, j'ai remarqué que j'étais en meilleure forme que d'autres personnes parce que je faisais un effort énorme, c'était presque de la sophrologie. Au moment où on me faisait la perfusion, je me forçais à visualiser quelque chose de très bénéfique pour moi. Un liquide doré qui coulait dans moi, un arc-en-ciel. Mais c'était vraiment, je m'obligeais parce que c'était quelque chose qui me faisait extrêmement peur. Et finalement, d'envoyer le signal à mon corps que ce qui était en train d'arriver comme produit, c'était quelque chose de très bon, qui allait m'aider. Ça m'a permis d'avoir des effets secondaires un peu moins forts, en tout cas en termes de nausées et de fatigue. J'ai remarqué que par rapport à d'autres personnes de mon entourage que je côtoyais à la clinique, à l'hôpital, j'avais pas les mêmes effets. J'étais pas sous la couette pendant cinq jours, comme d'autres personnes en parlaient. Moi j'étais fatiguée pendant deux, trois jours, et puis après je pouvais reprendre une vie presque normale. On a une fatigue en toile de fond qui est évidente. Mais j'étais moins handicapée que d'autres personnes et je pense que ça a vraiment pu énormément aider et qu'accompagner ces soins de ces visualisations positives, ça rend vraiment service à notre corps. Mon quotidien, il a été complètement bouleversé, évidemment, et surtout, il est complètement millimétré. C'est-à-dire que du jour au lendemain, on ne s'appartient plus. On doit tout. À la fois, on a du temps pour réfléchir, pour penser à soi et pour se soigner. en fait On a un emploi du temps de ministre, c'est un truc de fou. Quand on fait des chimios, alors il faut prendre des traitements plusieurs jours avant et puis quelques jours après. Mais du coup, il faut un pilulier super précis parce qu'il faut penser à tout. Il faut qu'il y ait des infirmières qui passent après, qui font des prises de sang, qui font des analyses. Et on ne parle pas de l'opération après où il faut changer les pansements. En fait, en permanence, on est accompagné par des gens. On nous crée notre agenda, on nous dit il faut que tu sois à tel endroit à telle heure pour faire ta chignot, pour passer un examen, pour être en échographie, il y a plein de choses et ça c'est à la fois pas évident, parce qu'on aimerait avoir plus de temps un peu indolent pour penser à soi et prendre soin de soi, et de toute façon c'est nécessaire de faire tout ça. Mais on est très pris par la main. Et ce qui peut être vertigineux, d'ailleurs, à la fin, peut-être j'y reviendrai après, c'est qu'au moment où on nous dit « bon, c'est bon, vous entrez dans la phase de rémission » , d'un seul coup, il faut se réapproprier sa vie. Et en fait, on ne sait plus tellement comment vivre sans avoir cet agenda qui a été dicté par les médecins. Et c'est un petit peu perturbant au départ. Alors émotionnellement, ce que j'ai traversé pendant cette période, C'est vraiment des prises de conscience, je pense que je peux le dire comme ça. J'ai vraiment commencé à... j'ai cherché un peu partout des réponses, je lisais des livres, j'écoutais des podcasts, j'allais voir des thérapeutes alternatifs que je connaissais déjà ou d'autres qu'on me conseillait pour me faire avancer, donc des kinésiologues par exemple, pour comprendre les messages du corps, pour comprendre ce que je traversais, et puis petit à petit, c'était comme une pelote de laine dont je tirais le fil et qui m'apportait des réponses sur le... Pourquoi ? Les potentielles raisons qui faisaient que je vivais cette maladie. Donc j'ai découvert par exemple qu'il y avait un héritage extrêmement fort, une reproduction de schéma entre ma grand-mère, ma mère et moi, alors que je le précise, nous n'avons pas de marqueur génétique pour le cancer, en tout cas en l'état de la science, ils ne nous en ont pas trouvé. Mais ça veut dire qu'on s'est transmis autre chose sur trois générations. Et visiblement, c'était ce syndrome de vouloir être parfaite pour être aimée. tout le temps sous pression, d'en faire des tonnes, de quelque part nourrir les autres avant nous. La symbolique est très forte, sachant qu'on parle du sein. C'est l'organe nourricier quand même. Il y avait vraiment cette chose-là. Je suis allée interroger quelle mère j'étais. Mon petit garçon, à l'époque, avait 6 ans. Après, je suis allée chercher pourquoi je me mettais la pression comme ça et qu'est-ce qu'on m'avait inculqué pour que ça se passe. Comment j'ai été élevée. par quel type de personne. J'ai fait une relecture aussi de la vie de ma maman et de ce qu'elle m'a transmis. De ce que je me suis obligée à faire toute ma vie, à être tout le temps un bon petit soldat, à être tout le temps la meilleure dans tout, à vouloir m'imposer des objectifs presque inatteignables et du coup je me sentais toujours inférieure, etc. Et tout ça fait que c'était... Je me suis rendue compte à quel point je vivais un peu que à côté de mes baskets, parce que j'étais toujours en train de chercher soit à être fabuleuse, donc à mettre des objectifs inatteignables, et pour cela, à plaire en permanence soit aux autres, soit à ce que j'imaginais que la société attendait de moi. Donc il y a des injonctions, réelles ou imaginaires, que je recevais de l'extérieur pour être comme ci ou comme ça. Et donc, quand on n'est pas en phase avec soi-même, c'est sûr que ce n'est pas bon. C'est pas bon du tout et du coup je forçais tellement, tellement, tellement sur la machine, je tirais tellement sur mon corps pour pouvoir accomplir toutes ces choses-là que j'adressais à l'extérieur que finalement mon corps il n'a pas eu d'autre choix que de m'envoyer une alerte énorme et c'était le cancer. Et je parle d'une alerte parce que je pense que si ma vie avait dû s'arrêter... J'aurais fait une attaque cardiaque foudroyante ou je ne sais quoi. Là, en fait, on ne m'a pas dit stop, tu ne peux plus vivre. Quelque part, mon corps ne m'a pas dit ça. Mon corps m'a dit on n'en peut plus, ça suffit, tu ne peux plus vivre comme ça. Il faut que tu ouvres les yeux, il faut que tu t'arrêtes, il faut que tu regardes les choses autrement. Et donc, visiblement, les migraines, les petits maux, tout un tas de choses, ça ne suffit pas à te faire t'arrêter. Très bien, on va envoyer la grosse artillerie. Et donc, j'ai vécu ce cancer qui... était effectivement peut-être le seul truc suffisamment fort pour me faire stopper ma course. Alors la peur pendant toute cette période, je dirais qu'elle n'a pas pris de place. Je ne me suis pas autorisée la peur. Je me suis mise en mode combattante, convaincue, toujours un histoire d'état d'esprit positif, combatif. Et en fait, la peur, ce n'était pas un sujet. Je m'interdisais d'avoir peur. Et je faisais en sorte de me convaincre que je faisais tout ce qu'il faut entre les thérapies alternatives et les thérapies conventionnelles pour que ce cancer ne revienne plus. J'ai très rapidement commencé à voir cette épreuve autrement. Je ne pourrais pas dire qu'il y a eu un déclic. Ou peut-être que le déclic, ça a été dès le début, tout au début, même avant qu'on me dise que j'avais un cancer. Je crois que j'ai ce naturel à chercher des solutions aux problèmes. Ça fait partie de moi. Et du coup, c'était un problème pour lequel il fallait que je trouve une solution, à mes yeux. Et donc, j'ai décidé un petit peu comme ça, de façon très intuitive, que j'avais quelque chose à faire de cette maladie et que, aussi, me mettre dans cette quête intérieure, ça m'a aussi évité de gamberger. C'était aussi une aide, en fait, parce qu'au moins, je réfléchissais pas, je laissais pas la peur arriver, justement. Et ça me permettait de me mettre dans de l'action et dans de la transformation qui me mettait en mouvement et qui me donnait l'impression d'être un peu actrice de mes soins et pas seulement de subir les thérapies que l'on m'imposait. Donc petit à petit, j'ai fait ce travail sur moi. J'ai avancé. J'ai eu des prises de conscience qui étaient de plus en plus fortes, de plus en plus importantes. Et j'ai tissé tout un récit. C'est ce dont je parle dans mon livre, en fait. Je raconte toute cette prise de conscience, le parcours que j'ai... Mon parcours d'épiphanie, je pourrais dire. Et finalement, aujourd'hui, avec le recul, ça fait cinq ans, j'entre officiellement en guérison d'ici le mois de septembre 2026. Donc d'ici quelques mois, parce qu'à le moment où je vous parle, nous sommes en mai. Je me suis rendue compte, en fait, que j'étais au début du chemin, c'est-à-dire que ça m'a permis d'initier des choses très importantes, de poser les jalons d'une transformation profonde. Et en fait, je n'étais qu'au début de la transformation. Et finalement, cinq ans après, je suis toujours en train de travailler sur moi de façon très forte. C'est devenu vraiment quelque chose d'indispensable pour moi, de très épanouissant. Et je ne fais que m'améliorer constamment. me découvrir constamment, aller vers toujours plus de conscience, toujours plus de justesse. Et en fait, ça, je le dois vraiment au cancer, parce que cette conscience-là fait que j'ai une vie beaucoup plus joyeuse, beaucoup plus alignée, beaucoup plus authentique. Et c'est une expérience vraiment formidable. Parfois, j'ai l'impression que la vie que je menais avant, c'est très flou, la vie avant le cancer, à certains égards. Et la vie après, elle a plus de couleurs, elle a plus de vigueur. Ce que je donne comme sens aujourd'hui à cette maladie, c'est vraiment ce que j'expliquais, c'est la possibilité de regarder vraiment ce qui dysfonctionne chez soi et l'opportunité de le transformer, parce qu'en fait c'est nécessairement pour notre bien. On ne peut pas exprès de se retrouver dans ces situations de stress intense, de trop donner. Tout ça c'est des choses liées à notre... Notre conditionnement, notre éducation, vraiment, on n'y est pour rien. J'insiste, il n'y a pas de culpabilité à avoir, vraiment, on n'y est pour rien. Mais en fait, on peut se donner vraiment la chance de changer et de se retrouver soi et d'être plus en phase avec soi. Et en fait, c'est le plus merveilleux cadeau de cette maladie atroce à vivre quand on est dedans. C'est en cela que ça peut vraiment être une chance. Donc dire mon cancer, quelle chance, ce qui est un petit peu subversif. C'est vraiment montrer tout cela, montrer qu'on ne peut vivre la maladie autrement qu'en se sentant condamné, et on peut la voir comme une étape sur notre chemin pour progresser intérieurement. Et aller vers plus de richesse pour soi-même. Ce n'est pas une posture qu'on adopte pour les autres, ce n'est pas ça du tout. C'est vraiment, on se réaligne. Et en fait, il y a une sérénité incroyable qui se dégage de tout ça quand on se réaligne. Mon rapport à la vie aujourd'hui, il a beaucoup changé. À la fois, je reste la même personne très dynamique qui fait beaucoup de choses, mais tout part d'un autre endroit intérieur. C'est-à-dire que ça part de mon ventre, de mes motivations intrinsèques et pas seulement de ce que les autres attendent. C'est une tendance par contre. compte qui est toujours en moi, qui explique que je suis en thérapie depuis tout ce temps pour justement faire attention à ne pas rebasculer dans mes travers précédents. Mais globalement, je passe tout du coup au tamis de la conscience. Il n'y a plus rien qui se fait sans que je sois pleinement consciente, sans que j'accepte aussi d'entendre des choses des fois difficiles. Ma thérapeute, parfois, elle me confronte. Elle me dit là, attention. Il faut prendre du recul sur telle ou telle situation et j'accepte tout ça. C'est-à-dire que je ne me mets plus de hier. Donc ce qui a profondément changé dans mon rapport à la vie, c'est qu'il n'y a plus de déni de ma part. Je ne fais plus semblant que les choses vont bien. Je regarde ce qui ne va pas et je traite le problème. Et ça peut prendre un petit peu de temps, mais je suis toujours dans la conscience. Je suis toujours dans les yeux grands ouverts sur des fonctionnements qui pourraient me porter préjudice ou des situations qui ne me conviennent pas. Et je me sors de ces situations-là. Et ça, c'est vraiment précieux. Écrire mon livre, mon cancer, quelle chance, ça a été vraiment l'opportunité de pouvoir retracer tout ce parcours-là et de me dire, j'espère que des gens vont s'identifier. Et visiblement, c'est le cas parce que les retours des lecteurs et des lectrices, beaucoup de lectrices, me disent qu'elles sont énormément reconnues dans mon parcours et dans ce que je raconte. Ça leur a beaucoup, beaucoup parlé. Et c'est vraiment pour ça que j'ai écrit ce livre. En fait, c'est à travers mon témoignage. Très personnel, en fait, ça fait comme un effet miroir et les autres peuvent s'identifier à certaines situations, s'identifier à ce que j'ai compris, à toutes mes prises de conscience et ça les fait cheminer intérieurement. Et donc j'ai vraiment écrit ce livre pour partager et pour aider d'autres personnes. Ça, ça me tenait vraiment à cœur. Ce que j'ai envie de transmettre aux autres femmes à travers ce livre et mon histoire... C'est un petit peu ce que j'ai dit précédemment, c'est n'ayez pas peur de cette maladie. Traitez-la comme un adversaire, effectivement, sur lequel vous devez avoir de l'ascendance. C'est-à-dire que c'est vous qui devez gagner au final. Mais cette maladie, elle a quelque chose à vous apprendre, elle a quelque chose à vous dire. Donc regardez-la, accueillez-la et écoutez le message. Cherchez en vous, creusez en vous, lisez des choses. écouter des podcasts, rencontrer d'autres personnes, parler, etc. En général, quand on commence à être un peu en conscience, à ouvrir un peu nos chakras, si je puis dire, il y a plein d'infos qui arrivent à nous. Il y a des gens qui vont vous dire des choses. Et ça, ça va vraiment beaucoup vous aider. La femme que je suis devenue, elle est, comme je le disais, beaucoup plus consciente. Pas toujours plus apaisée, parce que je ne suis pas en train de dire que maintenant je suis un moine bouddhiste et que du coup, il ne m'arrive rien. Il m'arrive encore plein de perpéties. Il y a plein de trucs qui m'énervent. Et puis comme tout le monde, j'ai encore vécu deux décès depuis le cancer. Il y a plein de choses pas drôles qui se passent aussi. Une séparation, un divorce. Il y a des choses pas faciles. Mais je sens qu'en fait, je suis en pleine possession de mes moyens. Et je suis dans mes baskets. Je ne suis plus en dehors de mes chaussures. Et ça, ça change tout. Donc si une femme traverse aujourd'hui une maladie comme celle que j'ai traversée, J'ai envie de lui dire, il y a de l'espoir, il y a beaucoup d'espoir. Et même, tu peux te créer une vie encore plus belle et encore plus riche que celle que tu avais avant. Et ce cancer peut vraiment être le début d'un nouveau chapitre de ta vie. Donc il faut que tu aies confiance. Ça peut vraiment être quelque chose de chouette. Et c'est tout le bien que je te souhaite également.