- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
c'est n'importe quoi. On s'en fout. C'est pour ça que c'est cool le cinéma. Ça sert à rien, ok ? C'est le scénario qui déclenche tout.
- Speaker #2
Pas tout, mais enfin beaucoup de choses. Oui, parce que je trouve que c'est la chose sur laquelle on doit être le plus exigeant. C'est l'histoire.
- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Phase B. Aujourd'hui, je reçois... Salomé Dassouza qui est réalisatrice. Bonjour Salomé. Bonjour. On va parler aujourd'hui de ton parcours au cours Florent à la FEMIS, de ta manière d'aborder la réalisation. Et c'est la première fois que je reçois une femme dans Phase B. Ça faisait longtemps que je voulais... aussi évoqué la place des femmes dans le cinéma. On parlera aussi de Boucan, nommé au César l'année dernière. Mais avant, j'ai envie qu'on parle du sud de la France, d'où on est tous les deux originaires. Si mes informations sont bonnes, tu es née à Nîmes et tu as grandi près d'Alès. Est-ce que le cinéma était déjà présent à cette époque de ta vie ?
- Speaker #1
Alors, le cinéma, je ne pensais pas être réalisatrice. Moi, je suis montée à Paris à 18 ans. pour être comédienne, mais je fais du théâtre depuis que j'ai 11 ans, je crois. Et je prenais des cours de théâtre à Alès et ça me plaisait beaucoup. Et au départ, je crois que je voulais vraiment être comédienne, c'est-à-dire que je ne voulais même pas faire de cinéma, je voulais faire que du théâtre et que du plateau de théâtre. Et puis voilà, à cette époque-là, j'ai toujours un peu écrit des choses sur moi. Comme, je ne sais pas, des petites nouvelles ou des petites scènes qui me venaient. Mais jamais je ne me suis dit que j'allais les réaliser ou être réalisatrice.
- Speaker #0
Et les cours de théâtre, c'était comment ? C'était en plus de l'école ou c'était au collège en option ? Ça s'est passé comment ?
- Speaker #1
Alors, moi, le collège, j'étais à Brignon, à la Gare d'Onenc. Et non, il n'y avait pas de cours de théâtre. Au lycée, j'aurais pu aller à Uzès, où il y avait Agide, où il y avait une option théâtre, mais je voulais aller... à JBD dans un endroit plus grand et à JBD il y avait aussi effectivement une option théâtre que j'ai fait en seconde mais qui m'a pas vraiment plu en plus des cours de théâtre que je prenais à l'espace André Chanson à Alès avec une prof qui je pense que sans elle je serais pas là qui s'appelle Annie Corbier et qui nous faisait faire beaucoup de théâtre classique et j'aimais bien ça parce que ça demandait une certaine discipline et des rôles des fois un peu plus forts,
- Speaker #0
un peu plus grands Et pourquoi tu dis que tu serais pas là sans elle ? Parce qu'elle t'a poussée à toujours continuer, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, elle m'a poussée à continuer. Elle m'a appris que c'était du travail. Et en fait, j'ai directement... Même quand je faisais les cours de théâtre, je n'avais pas du tout... Je ne sais pas comment dire. Je n'étais pas dans une optique de loisir. Pour moi, c'était hyper important. Et je prenais la chose comme... Comment dirais-je ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu savais déjà que c'était du boulot.
- Speaker #1
Je savais que c'était du boulot, oui. Je n'allais pas pour rigoler avec les copains. Ce n'était pas un loisir. faire après. Après, moi, j'ai un tempérament qui a du mal à se détendre et à prendre les choses pour du loisir. Je suis très... On travaille, quoi. Mais voilà, et elle, elle m'a poussée. Et à l'époque, quand on vient du Sud et qu'on ne sait pas trop où aller, elle m'avait dit, fais les cours Florent, quoi. Donc, j'ai fait les cours Florent.
- Speaker #0
Ouais, tu le disais tout à l'heure, à 18 ans, tu montes à Paris. Et donc, tu sais déjà pourquoi tu viens ici. C'est pour les cours Florent. comment tu as vécu déjà cette période de ta vie de quitter quitter le Sud, d'arriver à Paris ? Tu connaissais du monde, c'était comment ?
- Speaker #1
Alors, je ne connaissais personne. Je n'ai pas de famille à Paris, non, non. Plusieurs fois, on y était allés avec ma mère et ma sœur en vacances. Je me souviens qu'on y allait aux vacances de Pâques. Ma mère, elle est d'origine parisienne. Je n'ai pas du tout eu... Je crois que c'est ma plus belle année à Paris, la première année où je suis arrivée. Je n'ai pas du tout été pas bien, ni quoi que ce soit, ça n'a pas été un choc du tout. En tout cas, l'effet de la grande ville n'a pas été un choc. Le fait de vivre toute seule non plus. Ce qui a plus été un choc, c'est que je me suis aperçue que dans le Sud, c'est un autre monde, c'est une autre France. C'est une autre façon de penser, c'est d'autres valeurs, c'est autre chose. Mais j'ai rencontré des gens formidables, et au cours de l'an, il y a beaucoup de gens qui ne viennent pas de Paris aussi. Donc voilà, j'ai pu... c'est que
- Speaker #0
Dans le sud, tu as grandi dans un village. C'est cette ambiance qui te manquait ici, peut-être ?
- Speaker #1
Non. Non. C'est... Je ne sais pas comment dire.
- Speaker #0
La mentalité des gens. Oui,
- Speaker #1
c'est une mentalité. C'est-à-dire un peu quelque chose de spontané. Les gens qui te parlent sans avoir forcément un intérêt professionnel pour toi. Je me souviens que ce qui me choquait le plus quand je suis arrivée à Paris, c'est qu'après qu'on me demande ton prénom, c'est tu fais quoi dans la vie ? Alors que dans le sud, tu prends l'apéro avec les gens, tu parles et si ça doit venir sur le tapis, ça vient sur le tapis, mais c'est pas la première question. Ça et des trucs un peu, je sais pas comment dire, pareil, je rencontrais des gens et si tu passais une soirée avec eux et que tu matchais bien avec eux, t'avais l'impression que t'allais les revoir mais en fait non cette espèce de truc où en fait il y a tellement de gens au même endroit et les gens soient un peu à usage unique et ça c'est pas possible chez nous quoi de par les valeurs je pense et de deux par le nombre qu'on est en fait tu vas forcément les recroiser les gens et donc tu arrives à paris pour faire les cours florent où tu as été pendant trois ans comment
- Speaker #0
ça s'est passé c'était donc pour faire de la comédie comment tu as commenté rentrer là dedans comment j'ai eu plein de questions en fait comment ça s'est passé pour toi ouais alors comment ça s'est passé bon on était monté avec
- Speaker #1
ma maman l'été pour trouver un appart, déjà, moi, il faut le préciser, moi, j'ai mes parents qui m'ont toujours soutenue, qui avaient aussi les moyens de me payer un appartement à Paris. J'ai pas eu à faire de pré-étudiants ou de choses comme ça, vraiment, ils m'ont soutenue financièrement là-dedans, sinon, sans eux, ça n'aurait pas été possible. Et non, je suis arrivée, la première année, c'était, comme je te disais, c'était super. J'avais l'impression de pouvoir être entièrement moi. J'ai rencontré des amis avec qui je suis toujours amie aujourd'hui, c'est mes meilleurs amis. C'était super. La deuxième année, c'était un peu plus compliqué. profs avec lesquels c'était un peu plus compliqué. Et je me disais, ouais, mais si tu fais cette carrière-là, tu vas bien tomber sur des metteurs en scène avec qui tu ne t'entendras pas forcément. Donc, tiens bon cette année-là et prouve-lui que tu as ta place ici. ici. Avec du recul, je me dis, c'est quand même payant les cours Florence, c'était quand même moi qui l'a payé, j'aurais dû me barrer parce qu'elle m'a bien foutu bas. Voilà. Et après, la troisième année, c'est l'année où tu fais une préparation au concours pour les écoles nationales à Florence. Donc là, t'as 4 mois où tu vas faire 7 minutes de scène pendant 4 mois. Et là, c'est hyper intense, c'est un peu déprimant, tout le monde en sort un peu déprimé, surtout quand t'as pas eu d'école. Ce qui a été mon cas. Et à la fin de la troisième année, je n'avais plus trop envie de monter sur le plateau. Par contre, j'avais beaucoup envie de mettre en scène. Donc je suis sortie des cours Florent un peu lessivée. Je suis partie voyager pendant un an après ça. Parce que oui, il faut dire aussi que moi je travaillais dans la restauration en parallèle pour payer ma vie à Paris. Et donc j'ai mis pas mal d'argent de côté. Et après je suis partie voyager pendant un an. Et c'est quand je suis revenue que je me suis dit bon bah qu'est-ce que tu fais ? Tu restes à Paris, tu peux pas partir de Paris avec cet échec là sans avoir tourné. sans avoir fait des choses et comme le truc principal qu'on te dit quand tu sors de là c'est avoir une bande démo pour pouvoir l'envoyer au réalisateur ou au metteur en scène ou au producteur je me suis dit bah tiens je vais faire ma bande démo et c'est en faisant cette bande démo là que j'aurais pu genre juste être dans une pièce comme ça faire un monologue face caméra et basta mais en fait j'avais très envie de mettre en scène des petites scènes et c'est en mettant en scène ces trucs là, ces moments là que je me suis dit mais j'aime beaucoup en fait aller chercher les lieux, savoir comment je vais m'habiller,
- Speaker #0
moi même me diriger enfin voilà on va parler de la réalisation juste après mais petite question, les cours Florence ça fonctionne comment c'est par promo, vous êtes combien ?
- Speaker #1
ouais alors c'est par promo et par classe je sais pas il y a peut-être 10 classes ça va de De 25 à 35 par classe. Donc tu dois un peu te battre pour monter sur le plateau. On a 9 heures obligatoires de cours par semaine. Mais moi j'avais à chaque fois deux classes. Donc ça me faisait 18 heures. Et voilà. Et t'as des échéances. Je sais plus si c'est encore comme ça. Mais t'as une échéance à peu près tous les 3 mois. Donc une évaluation.
- Speaker #0
Est-ce qu'en tant que comédienne, on t'a demandé de... masquer ton accent ou pas. C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui, mais j'avais déjà commencé à le faire dans le sud avec Annie parce qu'elle me l'avait dit. Oui, oui, là, je l'ai. Mais il y a... J'ai 30 ans maintenant, je suis sortie des cours flouantes, j'en avais 21. Je ne l'avais quasiment pas. En fait, je l'ai repris après, pendant la réalisation, en me disant, attends, il y a un problème là.
- Speaker #0
et oui oui bien sûr mais c'est vrai que ça demande un effort de fois de masquer l'accent et puis au début tu t'en rends pas compte puis après il ya l'étape où tu entends ton propre accent ouais et ça demande un effort constant c'est pour ça même moi je suis sorti sorti de ce truc alors que je l'avais de vouloir me masquer enfin je sais que je connais des personnes à qui on a dit la même chose, on a dit l'accent du sud c'est pas possible et tu masques ça mais Mais OK, bon, c'était ma question. Et dans une interview, tu disais que tu ne pouvais pas écrire une histoire dans un lieu que tu ne connais pas. Le Sud, ça reste ta source d'inspiration principale encore aujourd'hui ? Oui. Et est-ce que maintenant que tu es à Paris, tu pourrais inventer des personnages parisiens ?
- Speaker #1
Oui, ça fait 12 ans que je vis là. Donc, comme je puise dans mon histoire personnelle et dans des... Dans des phases de ma vie qui étaient assez intenses, maintenant que ça fait 12 ans que je vis ici, forcément j'ai vécu plein de choses ici, et forcément je pourrais faire des histoires qui se déroulent à Paris. C'est pas encore le cas. Ce que je suis en train d'écrire, ça se passe dans le Sud. Mais oui, j'y pourrais. J'y pourrais, c'est juste que j'ai un problème à finir. J'ai du mal à... à m'imaginer filmer des villes parce que je trouve ça trop gris. Voilà, j'ai un problème avec le gris, j'ai un souci avec ça.
- Speaker #0
On va parler de boucans après avec toutes les couleurs pendant tout le court-métrage. On en parlera juste après, mais en 2019-2020, tu es en résidence à la Fémis où tu réalises Rabinard, ton premier court-métrage. Est-ce que tu peux nous pitcher un peu le film déjà ?
- Speaker #1
C'est l'histoire d'Electra qui retourne dans le... sud en voulant devenir comédienne à Paris et qui s'aperçoit que le monde qu'elle a laissé a continué sans elle et a évolué et c'est notamment incarné par le personnage d'Enzo qui est son amour de toujours depuis toujours qu'elle pense être depuis toujours et elle revient et elle s'aperçoit qu'il a une nouvelle meuf voilà en gros c'est ça je pense et en fait souvent le pitch qu'on voit sur Rabinard c'est... c'est parce que rabinard, en occitan, ça veut dire cramer, brûler. On va dire, par exemple, tu as laissé un place dans la casserole trop longtemps sur le feu, au fond, ça a croûté, c'est cramé, tu dis que c'est rabiné complet. Mais tu peux aussi dire de quelqu'un qui a pris un peu trop le soleil et qui est un peu fou qu'il est rabiné.
- Speaker #0
Je ne connaissais même pas. Mais ça a dû être une année particulière, parce que c'était en 2020, donc c'était pendant la période Covid. Merci. J'imagine que ça a été écrit fin 2019 et tourné quand ?
- Speaker #1
En fait, la résidence de la FEMIS, c'est un parcours qui est juste à côté du cursus général qui dure 4 ans. Le parcours maintenant fait 2 ans. A l'époque, il n'en faisait qu'un. C'était qu'une année en accéléré de réalisation à la FEMIS pour des autodidactes. Pas avec des gens qui avaient fait des études sup. Ce qui est mon cas. et on est rentré en 2019 tout est bien. Et trois semaines avant le tournage, qui devait être prévu en avril, il y a eu le premier confinement. Donc comme on ne savait pas le temps que ça allait durer, la FEMIS avait mis en place tout un tas de Zoom avec des masterclass. Et comme tout le monde était chez soi, on a eu des masterclass de réal de ouf ou de producteur de ouf. Enfin voilà, on a eu cette chance-là. je me souviens que je cuisinais et qu'en même temps j'avais des podcasts de Quentin Dupieux incroyable mais voilà et en fait on est rentré on nous a enfin donné les dates de tournage donc on a dû faire le casting parce que moi j'ai continué le casting malgré le fait qu'on soit en En confinement, ce que je faisais, c'est que je demandais aux comédiens que j'avais en tête de faire des espèces. Je leur avais écrit une espèce de monologue et ils le faisaient par leur téléphone et ils m'envoyaient ça. Donc j'ai continué de travailler sur Rabinard pendant le confinement et on a tourné en septembre 2001.
- Speaker #0
Ok. Et de qui est-ce qu'on est entouré quand on est en résidence à la FEMIS ? Des profs ? Qui c'est ?
- Speaker #1
Alors, il faut savoir qu'à la FEMIS, c'est que des profs qui travaillent et qu'on a plus d'intervenants. que de profs en gros il ya des chefs de département pour chaque section décor prod réel et tout et après c'est des espèces de modules avec des gens qui viennent quoi nous la résidence est très intense on est vraiment au cours de 9 à 18 quoi et
- Speaker #0
Tous les jours ?
- Speaker #1
Ouais, enfin lundi à vendredi. Et voilà, et donc on a eu plein d'intervenants.
- Speaker #0
Et donc les étapes, il y a un calendrier qui est imposé à tout le monde sur l'écriture ? Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Mais en fait là je vais dire des bêtises parce que le problème c'est que maintenant c'est en deux ans, ça a complètement changé ce calendrier-là. Mais nous on commençait à écrire le court-métrage en novembre. Et de septembre à novembre, on avait des ateliers.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et il y a combien de... c'est des classes de combien ? Non,
- Speaker #1
on est six.
- Speaker #0
Ok. Et on rentre comment ? Attends, on est six.
- Speaker #1
Non, on est quatre. On est quatre. On est quatre à la résidence et ils sont six par promo dans les différents secteurs. Donc en prod, ils sont six, en réel, ils sont six. En déco ils sont 6, en son ils sont 6, en montage 6.
- Speaker #0
Et vous travaillez tous ensemble ?
- Speaker #1
Non, nous on n'était pas mêlés à l'autre année, enfin à l'autre cursus.
- Speaker #0
Et on rentre comment ? Parce que j'imagine que c'est hyper sélectif.
- Speaker #1
C'est sur un concours aussi qui est différent du concours général, mais c'est aussi un concours.
- Speaker #0
Ok, et c'est quoi ? C'est des oraux, des écrits ?
- Speaker #1
C'est qu'il faut avoir fait une première réalisation tout seul, plus donc à l'époque plus Il y avait un dossier social, plus un projet autobiographique, un truc autobiographique que tu rendais qui pouvait prendre la forme que tu voulais. Moi j'avais mis des archives de moi bébé par exemple. J'avais fait un montage autour de ça, en expliquant ma famille, d'où je venais. Par exemple j'avais un pote qui avait fait un rap, et ensuite un oral.
- Speaker #0
Ok, qui se passe devant qui ?
- Speaker #1
Qui se passe devant des membres de l'administration de la FEMIS, plus des producteurs qui sont en dehors de la FEMIS, plus là, moi, l'année dans laquelle je suis tombée, c'était Jean-Bernard Marlin.
- Speaker #0
Ok, et donc tu es à la FEMIS et tu sors de la FEMIS et tu es officiellement réalisatrice. Tu gardes cette seule casquette, enfin tu joues aussi, on va en parler aussi après, dans Boucan, tu incarnes un rôle. Mais en tant que réalisatrice, comment tu travailles sur tes plateaux ? Tu te places où ?
- Speaker #1
Alors, je me place rarement derrière le combo, derrière le retour image. Je suis beaucoup avec les comédiens. En fait, j'ai besoin d'une énorme prépa et d'une confiance que chacun sache quoi faire dans chaque séquence. Et après, moi, je suis qu'avec les comédiens quasiment.
- Speaker #0
Tu n'essayes pas de fliquer tout le monde un petit peu ? Je veux dire, il y a peut-être des gens qui sont là qui... Ce n'est pas un manque de confiance, mais je veux vérifier la lumière, je veux vérifier le focus.
- Speaker #1
Ah oui, mais ça, tu le fais obligatoirement. C'est-à-dire qu'une fois que la caméra est posée, tu fais ce qu'on appelle une méca. C'est une mécanique et tu fais bouger tout le monde en fonction de ce qui va être fait. À ce moment-là, je regarde. Ensuite, on fait une espèce d'allemande. Là, c'est avec le texte, très rapidement, de quoi il va se passer. Là, je suis très présente parce que malgré... Qu'on ait pu faire le découpage bien avant, comme là on est sur le réel, tant bien que je vais m'apercevoir que comment il met la main là, à cet endroit-là, c'est beaucoup plus intéressant que le plan que j'avais prévu avant, ou qu'on avait prévu avec la chef-op. Je dis la chef-op parce que les deux films que j'ai faits, c'était la même personne avec moi. Mais par contre, au moment de jouer, moi je suis souvent dans un coin où en fait on ne me voit pas, et je parle en même temps que les comédiens jouent. C'est-à-dire que je vais les aiguiller dans leur humeur. dans leur jeu. Si on prend sur Boucan, pour les gens qui auront vu Boucan, par exemple la scène à l'abribus où il s'énerve, moi je suis dans un coin et en fait je gueule quoi tu vois. Je suis là avec Marilou et je lui dis non ça tu dis plus fort, vas-y plus et tout. Je les aiguille là, à cet endroit-là.
- Speaker #0
Tu sais à quoi ça me fait penser ? Hier, j'ai été voir Nouvelle Vague.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et ça me fait penser à ça, parce que dans le film, on voit Jean-Luc Godard qui souffle les répliques à ses acteurs.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc ça me fait penser à ça. Et pour parler un peu plus des femmes dans la réalisation... Historiquement, elles ont quand même moins la lumière dans les festivals, dans les récompenses des festivals de cinéma. Est-ce que c'est quelque chose que tu ressens toi en tant que réalisatrice ?
- Speaker #1
C'est très compliquée cette question avec moi. Moi je me suis toujours considérée comme un être humain et jamais comme une femme ou comme un homme. J'en ai rien à foutre de ça. Du coup... Je pense que mon caractère peut parfois débouter certains hommes. Je ne suis pas d'un gros gabarit ou d'un grand gabarit, je suis une petite meuf quoi. Donc il y a des moments où je pense que... Mon caractère des fois ça peut très sauter en mode wow ok d'accord mais je me suis jamais posé la question en fait
- Speaker #0
Parce que ce qui peut faire peur c'est que tu es très direct et ton tempérament enfin son tempérament puisqu'on retrouve beaucoup chez nous
- Speaker #1
Plus chez les hommes en fait, j'ai un tempérament peut-être plus dit masculin qu'un tempérament dit féminin, enfin je suis plutôt... quelqu'un d'un peu agressif et d'impulsif et j'ai une grande douceur avec les gens que j'aime et j'ai un immense amour avec avec tous les gens du plateau quoi enfin moi je les adore tu vois tu parlais du contrôle ou quoi moi ouais je suis un peu freak contrôle par contre Par contre, je veux savoir exactement qui est qui sur mon plateau et je ne ramène pas n'importe qui sur mon plateau. Et si tu n'es pas content d'être là, tu dégages. Il n'y a pas de...
- Speaker #0
Et tu travailles toujours avec les mêmes personnes de film en film du coup ?
- Speaker #1
Quasiment, ouais.
- Speaker #0
Et c'est des gens que tu as rencontrés ici à Paris ? À Paris,
- Speaker #1
ouais. À la FEMIS majoritairement.
- Speaker #0
Et en février dernier, tu étais nommée au César pour Boucan. J'ai plein de questions autour du court-métrage, mais d'abord, même question, est-ce que tu peux pitcher le film, s'il te plaît ?
- Speaker #1
C'est l'histoire de Johan et Gabin, qui sont cousins dans le sud de la France et qui sont amoureux l'un de l'autre.
- Speaker #0
Et du coup, Boucan, pour toi, c'est davantage un film autour de la famille ou autour de l'amour ?
- Speaker #1
De l'amour. En fait... Il y a toujours, comment dirais-je, je le dis à chaque fois mais j'ai du mal à le décrire et à y mettre les mots. Je pense que moi quand j'aime, je suis dans une telle intensité d'amour que ça devient quelque chose de pur et en mode familial et viscéral. C'est-à-dire que pour moi l'amour ça coule dans le sang et dans les veines et à chaque fois que j'ai eu des relations avec des gens c'était un peu comme ça. Donc au départ j'ai écrit boucan sur une histoire qui m'était beaucoup plus proche. Enfin, Joanne et Gabin n'étaient pas du tout... du tout cousin-cousine. Et moi, j'écris ce scénario et moi, je sens ce truc hyper familial de comment cette personne extérieure tombe dans la famille et devient mêlée avec de la famille, où ça devient presque une espèce d'inceste. Parce que... Et une nuit, je rêve que je suis amoureuse de mon cousin. Et je me dis, OK. Donc, le scénario que moi, j'avais écrit, où je sens tout ça, les spectateurs ne vont pas le voir. Alors, je vais vraiment en faire des cousins. Voilà. Tu vois ? Et je me suis dit comme ça.
- Speaker #0
Tu l'as explicité.
- Speaker #1
Oui, je l'ai explicité. Donc, le fait qu'il soit cousin, c'est un espèce de truc qui, du coup, va faire un espèce de fil rouge et de dramaturgie pure au film. Mais pour moi, le sens réel de ce film, c'est que ça parle d'amour. Voilà.
- Speaker #0
C'est un film que tu as écrit en combien de temps ? Tu t'y pensais déjà depuis longtemps ? Ça t'est venu quand ?
- Speaker #1
J'ai terminé Rabinard en décembre 2020. J'ai commencé à écrire Boucan en mars 2021. Et on a tourné en juillet 2022. Donc ça a été très vite.
- Speaker #0
Ça a été un film qui a été compliqué à chercher à financer.
- Speaker #1
Un peu, ouais.
- Speaker #0
Par rapport à cette thématique ou pas forcément ?
- Speaker #1
J'en sais rien parce que les retours, déjà c'est galère d'avoir des retours. L'un des retours que j'ai eu, c'est de la région Occitanie qui a dit que c'était un cliché marseillais la manière dont ça parlait. Pour moi, Marseille, ça reste une ville. Là, ça ne se passe pas dans une ville. Enfin bon, bref, j'ai eu des espèces de retours où je ne comprenais pas bien pourquoi on me faisait ces retours-là. Puis les retours, tu les as des producteurs. tu les as pas toi directement en tant que réel. Et les producteurs, ils sont là pour que tu fasses ton film et que tu continues d'avoir confiance en ton film et en ce que tu veux dire. Donc c'est sûr qu'à un moment donné, ils font le tampon. Et merci. Parce que sinon, ça m'énerverait trop, ça toucherait mon orgueil et le projet. le projet n'aurait plus la même énergie, la même dynamique. Mais oui, il a été galère à financer. En vrai, on a financé grâce à de l'aide au programme de la part de la boîte de production qui est Altaroca Films, qui, eux, avaient eu pas mal de succès avec un film qui s'appelle Dustin de Neila Guiguet juste avant, qui fait qu'ils ont une espèce de compte au CNC qu'ils peuvent réinvestir dans un autre film. Donc ça, on a eu de l'argent de la ville d'Alès, mais que moi, j'ai réussi à contacter directement. et sinon on s'est fait recale du CNC On s'est fait recale de la région Occitanie et des chaînes de télé. Et à partir de là, c'est les trois guichets auxquels tu peux sonner. Donc on a tourné, on a réussi à rentrer tout ce film au tournage. avec une première version de montage, on est allé voir le Nouvel Aquitaine Film Workout, qui est un peu en partenariat, si je ne dis pas de conneries, avec le FIFIB, qui est le Festival à Bordeaux, et tu leur montres une première version de montage, et eux, ils te payent une partie de la post-production. Donc, on a fini le montage à Paris, et le reste de la post-production, il faut la faire. Il faut la faire en Nouvelle-Aquitaine, donc je suis partie à Bordeaux finir le film.
- Speaker #0
Et pour faire financer le film, est-ce qu'il y a des choses qui ont changé entre la première version du scénario et il y a des choses que tu as réajustées parce que tu sentais que c'était peut-être ça qui bloquait ? Ça reste la même chose ?
- Speaker #1
Ça reste la même chose, oui.
- Speaker #0
Et les comédiens qui jouent dans ce... Comment ça s'est passé sur le casting ?
- Speaker #1
Le casting, on a eu... Donc on a appliqué une méthode... qui est celle de Julia Lyon, qui nous a conseillé dessus, qui, elle, fait beaucoup de castings sauvages, qui est, en fait, de placarder partout, partout, partout, qui a un casting, de dire à la radio. Moi, j'avais fait, juste avant ça, c'était France 3, Nîmes, qui m'avait interviewée dans l'un des villages où on a tourné sur mon parcours et sur le casting, des trucs dans Midi Libre, enfin, une espèce de relais comme ça, voilà. et Et l'annonce disait, en gros, tournage dans une fête votive d'un court-métrage, envoyez vos candidatures, parce que nous, il fallait recréer toute une famille. Et puis les deux comédiens principaux. Donc il y avait autant de jeunes que des parents de 40, 50 ans. Et on a reçu plus de 600 candidatures. Donc selfie, salut, moi je m'appelle machin et tout. Il y avait quelqu'un à Paris qui récupérait tout ça, qui classait donc parents, mamans, papa, potentiellement Gabin potentiellement Johan, bam bam bam moi je regardais tout, à partir de là tu fais un premier élagage en disant j'aimerais rencontrer ces gens là et tout ça et là c'est une fille qui s'appelle Julia Canarelli qui est descendue dans le sud et qui a fait des groupes de tous les papas, qui a fait des groupes de toutes les mamans, qui a fait des groupes de tous les Johans, qui les a réunis physiquement physiquement, qui les a réunis physiquement et qui a filmé ces moments là où en fait juste elle leur parlait Elle leur fait rien jouer de mieux, juste elle les fait parler. Là, seconde élagage, moi je regarde tout le monde, je dis tiens, cette personne m'intéresse, cette personne m'intéresse. Et c'est que à ce moment-là que je suis intervenue. En faisant des groupes, en simulant des familles. Par exemple, je sais plus, il y avait peut-être une dizaine de personnes. Je faisais venir deux ou trois Johan potentiels avec deux papas potentiels. et là c'était des impros parce que c'était des comédiens pas pros et c'était que des impros impros.
- Speaker #0
Et du coup, entre le moment où il y a les annonces et où toi t'interviens, le casting, il dure combien de temps ? Parce que ça a l'air hyper lent, là,
- Speaker #1
le processus. C'est long, et moi, j'aurais préféré qu'on démarre bien en amont. C'était en mars, je crois, qu'on a démarré tout ce bazar, là, d'envoyer les trucs et tout. C'était en mars. Et moi, je suis descendue en mai pour rencontrer ces gens-là. Et Gabin, ça a été assez rapide. Il y avait deux personnes que j'avais très, très envie de où j'hésitais et Johan par contre ça a été beaucoup plus compliqué et Marie-Lou est arrivée à la toute fin j'avais pas la Johan que je voulais et donc là il y a une autre personne de casting qui est venue qui s'appelle Florie Carbon qui elle est à Montpellier et qui a dit, écoute moi je relance le casting donc on relance les annonces et là parmi cette relance là, je reçois une vidéo pixelisée à Donf d'une meuf hyper loin les jambes écartées sur son fauteuil en pleine dans les vignes et je savais que c'était elle quoi, et c'était Marie-Lou
- Speaker #0
Il y a quand même un enjeu autour de cette histoire d'amour intrafamilial c'est un sujet tabou tu le savais déjà que Parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu'il y a énormément de gens du public qui le critiquent, ce film, parce que ça parle d'amour intrafamilial. Tu le savais déjà, toi, quand tu as écrit que tu pouvais t'exposer à des critiques comme ça ?
- Speaker #1
Ouais, mais je crois que je m'en foutais. Parce que pour moi, c'est vraiment... Pour moi, en fait, j'ai fait ce film, je voulais faire un film, en gros, qui dise même si l'extérieur n'est pas d'accord avec votre amour, il n'y a que vous qui pouvez décider s'il continue ou s'il ne continue pas. Merci. Et c'est pour moi cette fin ouverte qu'il y a dans Boucan, elle dit ça quoi. Elle dit bon ben en fait il y a...
- Speaker #0
Tout le monde a râlé, tout le monde n'était pas content, mais en fait il l'a pris dans ses bras et pour moi tu sens que ça va continuer. Bref, moi j'ai eu aucun retour comme ça. Sur tous les festivals que j'ai fait, toutes les rencontres que j'ai fait avec le public, personne ne m'a parlé de ça.
- Speaker #1
Parce que moi quand j'en ai discuté avec des potes, les retours qui sont ressortis, c'est pour ça que je disais ça.
- Speaker #0
Il n'y a personne qui a osé me le dire.
- Speaker #1
Pas à toi.
- Speaker #0
Voilà, alors je ne sais pas. Moi, au contraire, j'ai eu plutôt des gens qui m'ont dit, et souvent des gens beaucoup plus âgés et pas du tout de notre génération, qui m'ont dit, tiens, mais moi, ma cousine, c'était l'amour de ma vie, quoi. C'était plutôt ça. Les gens m'en parlaient avec mélancolie et nostalgie et pas du tout... Enfin, il faut savoir que le mariage, il est autorisé entre cousins à l'appréciation du maire en France, hein. Donc, c'est pas le sujet du film, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est plus l'histoire d'amour, comme on disait tout à l'heure. On disait aussi tout à l'heure que le film a un esthétisme très coloré. Comment tu as travaillé sur ça, sur les tenues des personnages, les décors, l'étalonnage peut-être ? Comment tu as inséré toutes ces couleurs dans ton film ?
- Speaker #0
Comme tu le disais tout à l'heure, j'avais déjà tous les lieux en tête quand j'ai écrit. Le collège, c'est mon collège, donc je savais que les murs étaient oranges par exemple. Donc voilà et c'est moi qui ai fait les costumes aussi. Donc alors pourquoi ces couleurs là ? C'est que moi à l'époque de l'âge de Gabin et Johan on était en pleine tectonique. Donc je voulais quelque chose de flash, je voulais être à l'opposé d'une esthétique passéiste un peu mignonne avec du grain parce que c'est le sud et on va entendre les cigales. Je voulais pas... Je voulais pas un univers de vacances, quoi. Je voulais un truc qui tape comme eux, et puis ça s'appelle Boucan, et je voulais que l'image soit un Boucan aussi. Donc moi, j'ai dit à ma chef-op, écoute, je veux une image méga numérique. Je veux pas de grains, je veux pas de pellicules, je veux rien du tout. Je veux une image qui soit celle qui correspondait entre 2005 et 2008. On passe de l'argentique au numérique, et là, les gars...
- Speaker #1
C'est à ce moment-là que l'histoire est située. C'était ma question aussi. C'était un peu avant 2010.
- Speaker #0
On est avant 2010. Pour moi, on est avant 2010. Bon, après, je l'ai... Il y a plein de gens qui m'ont dit que ça se passe dans les années 80. Je dis, putain, t'as pas connu les années 80 ? Ils sont passés à paix comme ça. Enfin bon, bref. Moi non plus, je les ai pas connus, mais c'est pas... Bref, bon. Donc je dis à ma chef-op, je veux une image hyper numérique et tout, très claque, très dure. Et elle me dit, wow, ok, d'accord. Donc là, on va avoir tous leurs défauts sur le visage, on va avoir tous les boutons, on va avoir tout ça. Moi je dis pas de soucis, on va là-dedans. Donc il y a eu un gros travail d'étalonnage. Non, avant ça. Donc les costumes, on a fait les repérages sur tous les endroits. Avec Pauline Domejan qui est ma chef-op, on a utilisé... On avait déjà la caméra avec laquelle on tournait. On tournerait sur les repérages. Donc au moins trois semaines avant le tournage. Moi, je me déplaçais avec une valise. Où j'essayais moi-même les costumes. Elle prenait des photos pour voir ce qui correspondait le mieux.
- Speaker #1
Sur le lieu.
- Speaker #0
Sur le lieu. Voilà. Et après on a tourné et ensuite l'étalonnage ça a été un gros travail. Moi j'avais un étalonnage qui s'appelle Alexandra Poquet qui a beaucoup de métiers qui me disait mais là on est en train de tuer l'image, les gens ont rien à foutre, on y va, tire, tire, tire. Mais là la grosse atteinte est fluo, ouais ouais, ok, voilà.
- Speaker #1
Et dans ce court métrage aussi tu joues un rôle, celui de la grande soeur. C'était une évidence pour toi de te donner un rôle dedans ? T'as hésité ? Je voulais pas. Ah tu voulais pas et c'est venu quand ?
- Speaker #0
C'est venu au moment des castings comme je t'ai dit, on a galéré à trouver Johan. Et je me suis dit... Donc déjà en fait une fois que Marie-Lou et Rodrigue ont été choisis... Je me suis dit en fait il faut que je joue avec eux, de un ça va être un appui pour eux dans le jeu et de deux en fait on a fait un mois de répétition tous les trois, on se voyait quasiment tous les jours. Dans le sud moi j'allais les chercher, on faisait des répètes, on passait vachement de temps ensemble et on a vraiment créé une complicité à trois. Et ça j'aurais pas pu l'obtenir avec quelqu'un d'autre et puis surtout que j'arrivais pas à trouver, je galérais déjà à trouver mon personnage principal, je me suis dit putain si en plus il faut que tu trouves la grande soeur là ça va être... Ça va être trop le bordel. Donc, comme je connaissais exactement les intentions du personnage d'Anaïs, je l'ai joué.
- Speaker #1
Et après, le film a été nommé au César en février dernier. Quand et comment est-ce que tu apprends cette nomination déjà ?
- Speaker #0
Il y a deux étapes. Fin septembre, tu sais qu'il fait partie des 48 films. Donc là, tu pars un peu en campagne. Et ensuite...
- Speaker #1
C'est-à-dire en campagne ?
- Speaker #0
Tu fais savoir à tout le monde que tu as ton film dedans et que tous les gens qui peuvent potentiellement voter pour ton film votent. Donc c'est des mails, c'est beaucoup de posts Instagram, tu mets en place une espèce de stratégie pour que dans le fil d'actualité d'Insta, tu aies les bandes annonces de boucante et voilà. Donc ça.
- Speaker #1
Et la deuxième étape ?
- Speaker #0
Et la deuxième étape, putain, alors ça, je me souviens plus quand est-ce qu'on a su qu'ils faisaient partie des quatre. Je crois fin janvier, fin janvier, un truc comme ça. Et là, tu vas encore plus à donf, quoi, avec d'envoyer des mails et tout ça.
- Speaker #1
C'est ça, parce que pour expliquer, en fait, c'est pas la même commission. Enfin, c'est pas en même temps les courts-métrages et les longs-métrages au César. Les longs métrages, on apprend les nominations un mois plus tard. Là, à l'heure où on tourne, on connaît déjà les courts métrages des Césars, mais on ne connaît pas encore les longs.
- Speaker #0
Tous les longs, non, on ne les connaît pas. Là, tu vois, moi, du coup, je peux voter cette année. Donc, j'ai déjà tous les courts métrages, je peux les voir. Mais les longs, ils vont s'ajouter au fur et à mesure. Alors, je ne sais pas quand ça se clôture pour les longs. Quand est-ce qu'ils ferment le truc, je ne sais pas exactement. Mais oui. Et après, tu sais dans quelle catégorie. ils ont mis les longs alors que les cours t'as pas de catégorie c'est juste meilleur et puis voilà quoi meilleur de fiction,
- Speaker #1
meilleur de docu j'avais pas calculé que tu pouvais voter au César cette année du coup j'ai plein de questions qui viennent ça se passe comment c'est sur une plateforme ?
- Speaker #0
c'est un truc où tu t'inscris tu payes une cotisation déjà pour pouvoir voter moi je savais pas si j'allais la payer ou pas je me suis dit ouais bon quand même quand même Donc je l'ai payé et en fait, t'as accès à tout. Donc tu peux voir tous les films. Sur le côté, t'as une espèce de truc avec écrit ton nom, ton prénom et ton numéro de votant. Donc il fait que tu peux pas le pirater, quoi. Et c'est bien normal. Et après, je peux pas en dire beaucoup plus parce que comme les votes sont pas ouverts, moi, tout ce que je peux faire actuellement, c'est regarder, quoi.
- Speaker #1
Tu sais si tu peux voter dans toutes les catégories ou que court-métrage ?
- Speaker #0
Je crois que je peux voter dans toutes les catégories, mais je ne suis même pas sûre.
- Speaker #1
Il y a énormément de gens au César maintenant, je crois qu'il y en a 3000 ou 5000. Ouais,
- Speaker #0
un truc comme ça,
- Speaker #1
ouais. Ok, trop cool, t'es là-dedans du coup. Et donc tu vas regarder tous les films ? Tu ne vas pas faire... Parce qu'on avait appris qu'aux Oscars, il y a des gens qui ne regardaient pas tous les films. Là, on est au César, mais...
- Speaker #0
On est au César non plus, là.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Bah non, les courts-métrages, c'est plus du mailing que des gens qui ont kiffé ton film. C'est plus « Ah ok, c'est le film de ma chaîne » . Ou « Ah ok, c'est le truc qu'il y a produit » . Enfin voilà, les gens, ils ont pas... Enfin, t'es toujours sur une espèce de flux tendu. Il faut tout dire que c'est majoritairement des techniciens quand même qui votent au César. Et les mecs, ils sont en tournage, quoi. T'imagines le nombre qu'il y a à garder. Non mais c'est... Enfin voilà. Et du coup...
- Speaker #1
comme t'as aucune obligation d'avoir vu le film pour voter pour c'est un autre sujet mais c'est le même souci pour les Césars que pour les Oscars c'est juste que c'est beaucoup plus gros du coup aux Oscars parce que je crois qu'ils sont beaucoup plus bref pour écrire Boucan il y a des films qui t'ont inspiré ou pour le tourner même t'as eu des inspirations des... Ou c'est venu de ta propre imagination à 100% ?
- Speaker #0
Pour l'image, peut-être pas mal Spring Breakers. Et après, pas vraiment. Ce n'est pas la question que je me pose.
- Speaker #1
Et du coup, si je te demande s'il y a des films qui t'ont donné envie de faire du cinéma, il y en a qui te viennent en tête ou pas forcément ?
- Speaker #0
Là, je ne peux pas.
- Speaker #1
Là, c'est trop dur. Alors, quand je t'ai écrit il y a quelques semaines pour planifier l'épisode, je t'ai dit que je surveillerais ton acte. Tu m'avais dit que tu étais en écriture. Tu es en écriture d'un long métrage, on en parlait tout à l'heure. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu sur le contenu, sur le calendrier ?
- Speaker #0
Je suis en écriture, donc le calendrier...
- Speaker #1
Ça a démarré depuis quand l'écriture ?
- Speaker #0
Il y a un peu plus d'un an.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Après, il y a un peu plus d'un an. Avec une grosse pause pendant les Césars. Parce que je suis un peu monomaniaque et que c'était très compliqué d'être dans un délire de promotion et à la fois d'écrire quoi. C'est tellement deux endroits du cerveau différents. Mais un peu plus d'un an, c'est toujours un film qui parle de la famille. Et en théorie, ça se tournera en camargue. Et c'est produit par les films du morceau. C'est tout ce que je peux dire.
- Speaker #1
C'était ma question. Tu es toute seule ou tu es déjà avec une boîte de prod ?
- Speaker #0
Je suis déjà avec une boîte de prod.
- Speaker #1
À l'écriture, tu es toute seule ou c'est en co-écriture ?
- Speaker #0
C'est un début de collaboration avec Romy Colchetti-Ferro qui m'avait aidée sur Boucan. Mais voilà, c'est de la collaboration, ce n'est pas de la co-écriture.
- Speaker #1
Si tu avais un conseil à donner à quelqu'un qui voudrait commencer à réaliser ou quelqu'un qui voudrait commencer à jouer, ça serait quoi ton conseil ?
- Speaker #0
Vivre. Ouais.
- Speaker #1
Surtout à quelqu'un qui vient pas de Paris aussi.
- Speaker #0
Ouais, bah vis des trucs. Vis des trucs, vraiment vis des trucs. Et affranchis-toi de toute la théorie qu'on peut te donner. Et l'histoire la plus intéressante, ce sera toujours la tienne.
- Speaker #1
Avant de terminer, est-ce que tu te verrais... Aujourd'hui, t'as deux casquettes. Tu joues et tu réalises. Est-ce qu'il y en a une où tu te... que tu préfères ou tu te sens le mieux ? Est-ce que c'est les deux pareils ? Est-ce qu'il y en a une que tu penses que tu vas abandonner pour garder l'autre ? Tu penses que tu vas plus jouer, réaliser ? Comment tu te vois dans les prochaines années ?
- Speaker #0
Je me vois plus réaliser, même si là de jouer ça commence à vraiment me manquer beaucoup. Parce que c'est deux choses complètement différentes. En fait, réaliser, t'es tout le temps en maintien, t'as pas de lâcher prise, t'es en contrôle tout le temps. Alors que de jouer, c'est quasiment que du lâcher prise. Et là, je suis un peu en manque de lâcher prise. Mais ce serait plus... Ouais, je le vois bien, quoi. Tu vois, genre, si je me lève le matin, c'est pas pour parcourir les castings, c'est pour écrire mon film. Donc, ça serait réaliser, quoi. Et aller tourner, ouais.
- Speaker #1
Ok. trop cool, merci beaucoup j'ai pas plus de questions c'est la fin de cet épisode de FastBay que vous pouvez retrouver en version vidéo sur Youtube ou sur les plateformes de podcast merci de m'avoir écouté on se retrouve le mois prochain pour un épisode sur les festivals de cinéma un petit festival de cinéma dans le sud-ouest de la France ça sortira en novembre et puis Salomé on peut suivre ton travail où ?
- Speaker #0
Bah alors sur Instagram je crois Ouais
- Speaker #1
Le gourmet de Boucan c'est plus sur France Télé ?
- Speaker #0
C'est plus sur France Télé Alors j'ai vu là ce matin qu'il était sur Bref Et sinon il y a un lien Vimeo Ok Où on peut le louer Voilà il suffit d'écrire Boucan, Salomé, Dassouza Et il sort normalement en premier
- Speaker #1
Bon bah je vous invite alors à aller voir Allez voir ce court-métrage qui a été nommé au César l'année dernière. Et puis, je vous dis au mois prochain pour un nouvel épisode de Phase B. Merci, à bientôt !