- Speaker #0
Bon, c'est n'importe quoi.
- Speaker #1
On s'en fout. C'est pour ça que c'est cool le cinéma. Ça sert à rien, ok ?
- Speaker #0
C'est le scénario qui détanche tout.
- Speaker #2
Pas tout, mais enfin beaucoup de choses. Oui, parce que je trouve que c'est la chose sur laquelle on doit être le plus exigeant. C'est l'histoire.
- Speaker #3
Bonjour et bienvenue dans Phase B. Aujourd'hui, je reçois Nathan Ambrosioni à l'occasion de la sortie de son dernier film, Les Enfants vont bien, en salle le 3 décembre. Bonjour Nathan.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #3
Merci d'être venu dans Phase B, tu es réalisateur et tu signes ce film dans lequel tu mets en scène notamment Camille Cotin et Juliette Armanet. On va en discuter dans cet épisode, on va aussi parler de ton parcours, de la manière dont tu réalises tes films et dont tu diriges tes acteurs. Et ce que c'est que de faire du cinéma en France quand on a 26 ans en fait. Mais avant de parler de cinéma on va aussi un peu parler de toi et de ton enfance. Tu as grandi à Grasse dans le sud de la France et c'est là que tu as écrit et tourné avec tes potes tes premiers courts métrages. C'est ça ?
- Speaker #0
Oui, mes films d'horreur effectivement.
- Speaker #3
Comment ça se passait de t'auto-produiser et ça a commencé à quel âge en fait ?
- Speaker #0
Ça a commencé quand j'avais 12 ans. J'ai découvert le cinéma d'horreur et ça m'a fait super peur et en même temps j'avais trop trop envie de comprendre comment faire peur aux autres alors j'ai commencé effectivement faire des films complètement autoproduit fonds l'été 3 tu voyais avait moi pardon qui tenait la caméra je fais de la semaine mais moi qui tenait la caméra et mes deux meilleurs amis qui étaient les actrices du film et c'était en fait une foutait je sais je sais pas si tu vois le projet blair witch par exemple ok ouais c'est que fait une fête et c'est que la caméra et enfin c'est C'est comme si c'était des images retrouvées. Comme si... Le film avait été filmé par des jeunes avec leur téléphone quoi. Et voilà, donc on n'avait pas besoin d'argent parce que t'as juste besoin d'une caméra et de potes à filmer. Et j'ai fait ça pendant toute mon adolescence et les équipes devenaient un peu de plus en plus grosses parce qu'au début c'était juste mes amis. Puis après j'allais dans des cours de théâtre pour essayer de trouver d'autres acteurs et actrices plus adultes que mes amis qui avaient 13 ans. Et il se trouve que le mec d'une actrice était ingénieur du son, qu'il est devenu mon ingénieur du son gratuitement. Et voilà, on faisait ça de façon très bénévole, le week-end et les vacances scolaires. Et c'est comme ça que j'ai commencé à faire des films.
- Speaker #3
Ouais, c'est ça, tu disais tout en adolescence, parce que ce matin j'ai écouté un podcast dans lequel tu étais il y a quelques mois, un an je crois, où tu disais vraiment que tu tournais une scène un week-end, puis t'en écrivais une autre la semaine pour le week-end. Et en fait, c'était comme ça que tu construisais tes premiers courts-métrages, toujours en les travaillant en même temps que le tournage, c'est ça ?
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais, et puis... Et il y a eu trois films qui étaient plutôt des longs métrages, qui faisaient une heure et demie. Et du coup, en fait, j'avais quand même le temps. Enfin, je ne savais pas ce que c'était des courts métrages à l'époque, quand j'étais ado. Je n'en avais jamais vu. Donc du coup, pour moi, il n'y avait que les longs métrages qui étaient des formes normales de cinéma. Alors, effectivement, je me posais le challenge de faire des longs métrages. Donc c'est vrai que ça prenait du temps. Et ça s'est allé comme ça, le tournage de mon tout premier film quand j'avais 12 ans, c'était pendant toute l'année scolaire de mes 12 ans, et on l'a fini à la fin de l'année scolaire. Le deuxième, pareil, ça a pris un an, c'était quand même des longs projets, mais j'adorais ça, moi je tenais le truc, et puis j'encouragais mes amis à continuer, parce qu'eux ils avaient quand même souvent envie d'abandonner, parce que c'est normal, c'était long. Mais je les encourageais, je leur reparlais du film pendant la semaine, et j'écrivais des scènes, et je leur vendais des scènes pendant la semaine, pour qu'on se tourne le week-end. Et les vacances scolaires, on pouvait tourner plusieurs scènes d'un coup, mais c'est vrai que je pensais plus, je pensais pas vraiment à l'histoire ou au scénario, je pensais plus à la matière filmique, aux scènes, j'avais envie de produire des scènes qui, j'espérais, allaient s'imbriquer au sein d'un film, mais c'est vrai que j'essayais pas non plus de raconter une histoire profonde ou quoi que ce soit, j'essayais juste de produire des images, quoi.
- Speaker #3
Et je me demandais, est-ce que, loin de vivre loin de Paris, ça t'a plutôt aidé ou freiné pour faire du cinéma ? Mais en fait, après avoir écrit cette question, j'ai vu que, enfin j'ai écouté, que quand tu étais ado, tu allais vendre tes films à Cannes pendant le marché du film. Donc en fait, même si tu vivais loin de Paris, tu faisais tout pour provoquer un peu le fait de faire du cinéma.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Mais tout est arrivé un peu comme ça. Je me souviens que, mais je ne me souviens même plus en fait comment j'ai découvert l'existence du marché du film. Je crois que c'est une des personnes qui s'est mise à travailler sur mon tournage, qui s'appelait Mickaël, il avait un festival à Nice, il s'appelait la semaine du cinéma fantastique, et je trouve que j'avais reçu un prix là-bas quand j'avais 14 ans, mais c'était un tout petit festival, super chouette, très familial, entre amis et tout. Et c'est lui qui m'a dit, mais je ne suis pas sûr, en tout cas je crois que c'est lui qui m'a dit tu peux vendre tes films à Cannes. Et voilà, j'ai découvert l'existence du marché du film et il fallait payer, je crois, 150 euros. Donc moi, c'était mon canon de Noël. Je demandais à mes parents, au lieu de m'acheter des trucs, de me payer cette admission-là et comme ça. Voilà, et après, quand tu as ton film, j'avais des petits tracts et j'allais dans le palais du festival pour essayer d'amener des acheteurs et tout. Et ça marchait parce qu'il y avait des festivals internationaux qui venaient, qui sélectionnaient le film et ça me faisait voyager. Et c'est comme ça que c'est devenu un peu plus pro, parce que j'ai commencé à voyager avec les films dans le monde. J'en ai vendu un aux Etats-Unis ou en Italie, il sortait au cinéma. En Italie, j'ai fait ma première conférence de presse quand j'étais adolescent. C'était très impressionnant, c'était très bizarre.
- Speaker #3
T'as fait en italien ou en français ?
- Speaker #0
En français-anglais. Mais ouais, je me souviens, j'avais 14 ans et j'étais allé tout seul. Mon père m'avait dit, vas-y. J'étais allé à Rome tout seul. Je dormais chez le distributeur, que nous n'avions jamais rencontré. Donc franchement, mon père avait quand même une grande confiance en moi. et la vie mais c'est vrai que j'allais là-bas, j'avais mangé un risotto aux asperges, c'était super bon et on avait fait la conférence de presse, je m'étais baladé dans le parc de Rome pendant que le film était projeté à une trentaine de journalistes c'était des journalistes professionnels qui regardaient le film d'un adolescent de 14 ans qui allait sortir au cinéma comme si c'était normal et comme si c'était un film produit c'était un peu étrange mais bon c'était très formateur et j'ai adoré ce moment-là
- Speaker #3
Et qu'est-ce que tu as retenu de cette période où tu autoproduisais tes films avec assez peu de moyens ? Est-ce qu'aujourd'hui, il y a des réflexes ou des enseignements que tu as retenus et que tu ressors même avec des films avec un peu plus de moyens aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je pense qu'on apprend sur tous les tournages. Et je crois qu'il n'y a pas une énorme différence entre faire des films sans moyens et faire des films avec de l'argent, si ce n'est que c'est plus facile de faire des films avec de l'argent. quand même en fait il ya une pression quand tu as quand tes produits que t'as pas quand tu fais des films autoproduits mais en même temps il ya vraiment un confort financier et à une équipe déjà tu as le talent des autres t'es pas tout seul moi j'étais quand même j'avais une toute politique quand je faisais mes films autoproduits et là maintenant j'ai des techniciens qui travaillent avec moi qui sont j'ai un super chef opérateur j'ai un ingénieur de son qui avait 35 films dans sa vie J'ai une super chef décoratrice, une super chef costumière, une maquilleuse professionnelle. En fait, j'ai tous les chefs de poste.
- Speaker #3
Tu travailles toujours avec les mêmes personnes ?
- Speaker #0
Globalement, c'est à peu près les mêmes. Il y en a qui changent, mais parce qu'ils ne sont pas disponibles ou parce que moi, j'ai envie de travailler avec d'autres techniciens. Mais j'aime bien créer une sorte de famille de cinéma. Et c'est vrai qu'il y a des travaux dehors. J'espère que ça va aller. Mais c'est vrai que... Quand tu fais des films professionnels, tu peux vraiment compter sur les autres et l'argent apporte quand même beaucoup de confort et de temps. Là où quand tu ne payes pas les gens, tu ne vas pas les exploiter quand tu te mets à les payer, ça c'est hors de question, mais tu leur dois quelque chose. Alors que là, on travaille. Vous êtes payé pour être là et chacun est sur le plateau, en train de faire ses intermittances et de gagner sa vie. Alors que quand tu fais un tournage amateur... Tu émendes un peu tout le temps aux gens une heure de disponibilité un week-end pour filmer une scène, puis t'as pas d'argent pour faire ça, puis pour louer un lieu il faut passer par 150 000. Mais moi je me souviens quand je faisais mes films d'horreur, je cherchais dans mon collège, je voulais tourner une scène à l'hôpital, alors je cherchais, j'allais voir tout le monde dans le collège, je disais est-ce que vous avez quelqu'un qui travaille dans un hôpital ? C'est Angéline, sa mère était docteur à l'hôpital de Cannes et du coup je l'appelle. J'ai dit j'aimerais tourner une scène, elle m'a donné une aile désaffectée de l'hôpital, mais c'était toute une procédure et tout, c'était bien, mais maintenant il y a des gens qui le font pour moi, donc c'est plus facile, mais c'est vrai qu'on apprend sur tous les films, et je trouve qu'il y a quand même, à part tout ça, il y a la façon de réfléchir à un film, ça n'appartient qu'à toi, et c'est toi qui le réfléchis, c'est toi qui penses à tes plans, c'est toi qui as envie de faire un film, de raconter cette histoire-là. Et ça, c'est quand même... En fait, que tu fasses un film avec rien ou que tu fasses un film avec beaucoup d'argent, je trouve que c'est plutôt pareil, en fait.
- Speaker #3
Et tu disais, il y a plus de pression quand tu fais des films produits. C'est vrai que ça peut paraître contre-intuitif parce qu'on se dit, non, justement, les finances, etc. Mais en fait, ce qu'il faut savoir, j'imagine que c'est ce que tu as voulu dire, c'est que quand tu fais des films produits, il y a un distributeur, il y a un producteur qui viennent et qui réajustent un peu le scénario. Est-ce que c'est quelque chose que... qui s'est passé sur Tony en famille ou sur Les Enfants Ront-Bien par exemple ?
- Speaker #0
Je ne dirais pas qu'ils réajustent le scénario sur cela, mais c'est vrai que ça peut arriver complètement. C'est plutôt des indications, mais c'est vrai que quand tu produis un film, tu dois passer par plein de guichets de financiers. Tu as les chaînes de télévision, Canal+, France Télévisions, Arte, tous ces trucs. Tu as Netflix, Disney+, tu as les régions, tu as le CNC, les aides publiques. En fait, tu as tellement de guichets que tu dois convaincre. A chaque fois, c'est des rendez-vous où tu dois expliquer pourquoi tu fais ton film. En même temps, pour toi, ça te semble évident que tu fais ce film parce que tu as passé un an à l'écrire, donc tu te dis « je vais passer un an à écrire quelque chose que je n'ai pas envie de faire et que je ne sais pas pourquoi je suis en train de le faire » , mais il faut l'expliquer, il faut convaincre ces gens-là, et eux, dans leurs paramètres, c'est « est-ce que le scénario leur plaît ? » « Est-ce que toi, tu leur plais ? » et « est-ce que le film va faire des entrées ? » parce qu'eux, ils mettent beaucoup d'argent dans un film. les distributeurs je parle tu vois l'aide de l'état le CNC c'est pas pareil parce que C'est grâce aux films qu'on va voir, c'est pas grâce aux impôts des gens, je tiens à le préciser, ça n'existe pas en fait, on finance pas des films avec des impôts, c'est une toute toute petite partie de nos impôts qui financent des films, mais c'est en fait quand on va voir par exemple un Marvel, le prix du ticket de cinéma il est indexé et il revient au CNC pour financer le cinéma français. Et donc là il y a moins de pression parce que tu ne leur dois rien, c'est l'exception culturelle quoi, mais on a beaucoup de chance en France d'avoir ce système là, mais un distributeur voilà c'est son argent qu'il met quand il met... On parle de grosses sommes, je ne parle pas pour mes films, mais en soi c'est entre 200 000 et 1 million, voire plus d'argent qu'ils mettent dans un film, même un distributeur indépendant. Et ça, ils ont besoin d'avoir leur argent en retour, donc ils te font un plan de financement et ils te donnent un nombre d'entrées que tu dois faire pour les rembourser. Et du coup,
- Speaker #3
les euros pour obtenir les financements, tu les fais toi-même ? Tu y vas avec tes producteurs ?
- Speaker #0
Oui, c'est moi et mon producteur. Et voilà, on nous pose des questions et on doit répondre. Et c'est vrai que les distributeurs, ils ont quand même un droit de regard sur le scénario dans le sens où ils peuvent t'ajuster un peu. Ils peuvent te dire, là, ce serait bien qu'il y ait un enjeu. Cette scène, on ne la comprend pas. Cette scène, il faudrait un enjeu dramatique un peu plus fort. Et puis moi, je travaille avec Studio Canal, qui est mon distributeur pour Tony en famille et les enfants vont bien. Ils sont des super distributeurs et je les adore et on s'entend super bien. Mais voilà, c'est un gros groupe quand même. Donc, ce n'est pas un distributeur indé qui va... Voilà, c'est un distributeur qui aussi, peut-être encore plus qu'un distributeur comme Diaphanah ou Pyramid, pense à la rentabilité de leurs films. Ce qui est normal parce qu'ils mettent plus d'argent que ces distributeurs-là. Mais du coup, effectivement, je ne sais pas s'il y a plus ou moins de liberté. Mais je sais qu'il y a certaines contraintes quand même. Mais je me sens plutôt libre quand même. Franchement... Tony en famille, je l'ai écrit tout seul et j'étais vraiment libre en l'écrivant. C'est vraiment un film que j'avais envie de faire. Tu vois, ce n'est pas des commandes, c'est vraiment des films d'auteurs. J'ai écrit et les enfants m'ont mis un pareil. Je me sens même encore plus libre que Tony en famille parce qu'il y avait eu le petit succès de Tony et que je savais que les partenaires financiers de Tony voulaient retravailler avec nous. Donc, c'était à moi de leur proposer quelque chose, d'être à la hauteur de leurs attentes. Mais quand même... Je me sentais bien en écrivant Les Enfants vont bien.
- Speaker #3
Oui, c'est des films que tu écris parce que tu en as envie en fait. Et puis j'ai vu aussi que Tony en famille, tu l'as écrit en deux semaines. Ça a été quoi l'élément déclencheur pour déjà commencer l'écriture et l'écrire aussi vite ?
- Speaker #0
Entre Les Drapeaux de Papier et Tony, il y a deux films que j'avais écrits qui ne se sont pas montés. Il y en a un qui a failli être tourné, puis on s'est arrêté à deux mois du tournage en pleine prépa, c'était très difficile. j'avais Une équipe que j'adore, j'avais une actrice formidable, enfin deux actrices formidables, à qui j'ai dû dire que tout s'arrêtait, c'était un peu étrange. Puis après j'ai écrit un autre film et c'était la galère, puis j'ai co-scénarisé. Franchement c'était très pénible. Et voilà, j'arrivais au bout de mes ressources financières que j'avais acquises sur les dents pour le papier. Mes parents n'ont pas les moyens de me payer mon appartement appareil, ça coûte très cher. Donc voilà, je me suis dit bon là c'est vraiment ma dernière année, sinon j'avais plus mon intermittence. Heureusement, j'étais payé pour écrire. J'allais retourner chez mes parents et puis c'était pas facile quoi dans le sud de la France donc je me suis dit il faut que j'écrive un film qui va se faire dans lequel je me sens libre, dans lequel je crois et j'avais très envie de raconter cette histoire. Et surtout la différence avec les deux autres c'est que je me suis dit bon bah cette fois heureusement cette histoire il y a une actrice de 40 ans, enfin c'est un personnage de 40 ans donc je vais pouvoir trouver une actrice qui va financer le film. Puis j'ai arrêté de m'entêter tu vois j'ai essayé de faire un film de genre et je voyais qu'en France c'était difficile puis après c'était un drame, une chronique de... sur des jeunes de ma génération, puis en fait il y a eu le Covid, donc ça devenait impossible de financer un film de ce genre-là. Donc voilà, je me suis dit en fait une comédie dramatique, moi c'est un film que j'ai envie de voir, qu'on fait, on le fait en France, mais en fait on le fait peu en tant que film d'auteur. Souvent les comédies quand même en France c'est des commandes, ou c'est des scénarios qui ne sont pas écrits par les auteurs qui les réalisent, c'est pas un problème, je ne dis pas ça comme une critique, je dis ça comme un constat. Et on n'a pas beaucoup en France non plus de comédies dramatiques, Il y a une Oulé le Roi, écrite par Fauron Bernard, qui est super. Il y a Enya Barula qui a fait aussi On ira. Moi, j'appelle des comédies dramatiques, qui est vraiment super aussi. Mais il n'y en a pas non plus énormément. Il y en a deux, trois par an qui sortent. Et j'avais envie de faire Tony en famille. Franchement, j'avais très envie de faire ce film-là. Et je me suis senti hyper libre à l'écriture. Encore plus libre que quand j'écrivais des drames très auteurs et très artistes.
- Speaker #3
Et tu préfères écrire... Tu as fait les deux, tu as fait de la co-écriture et tu as écrit seul. Où est-ce que tu te sens le mieux et qu'est-ce que tu préfères faire ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile. Il y a autant de choses. Moi, j'ai écrit deux films avec Audrey D. One, qui a réalisé l'événement. et Emmanuelle et mais vous êtes fous que j'aime énormément Audrey c'est une autrice que j'adore une réalisatrice que j'admire beaucoup et il y avait plein de choses ultra positives dans le fait qu'on écrivait ensemble elle est aussi elle est très rapide comme moi elle aime bien elle aime bien l'efficacité elle est productive elle a plein d'idées et elle est très intelligente Audrey j'ai appris énormément c'est vraiment quelqu'un qui est brillant et en même temps quand je suis tout seul c'est pas en opposition mais juste je me sens bien aussi je me sens libre je vais à mon rythme voilà j'aime bien aller vite aussi et j'aime bien être dans un flot de pensée être très focus quand je suis en train d'écrire voilà je le vois il ya des scénaristes qui aiment bien prendre leur temps quand même et je dis pas ça des fois c'est long de financer un film et ça peut être deux trois ans quatre ans d'une vie Et c'est très long et tout, mais il y a aussi des fois des schémas que je vois où ça prend du temps parce que les gens prennent leur temps quand même. Des fois, je me dis mais comment vous gagnez de l'argent et tout ? J'ai l'impression que c'est un peu étrange. Mais ouais, moi, j'aime bien quand même aller à une certaine vitesse et quand je suis seul, je me sens assez libre. Et en même temps, parfois, je me sens assez seul parce que je suis seul. Donc voilà.
- Speaker #3
Quand tu fais des films, tu as plusieurs casquettes, donc tu les écris, tu les réalises et tu les montes aussi. On va en parler un peu après. Mais est-ce que ça veut dire que quand tu écris, tu penses déjà au storyboard, à la manière dont tu vas tourner les scènes ? Oui,
- Speaker #0
quand j'écris, je pense déjà même au montage du film. Je n'arrive pas à écrire une scène si je ne la vois pas montée et imagée dans ma tête. Quand je commence à écrire, je prends des notes et j'écris plein de choses sur mes personnages, des choses que j'ai envie de voir dans le film. C'est Phoebe Waller-Bridge qui disait ça, l'autrice de Fleabag, qui est une série que j'adore, qui, elle, elle conçoit l'écriture, elle a son petit tableau qu'on voit là, et elle met plein de scènes qui n'ont rien à voir, des scènes qu'elle a envie de voir, qui la font rire, et après elle en fait comme un petit puzzle et elle fait en sorte que les scènes trouvent leur place. Je ne fais pas ça, parce que je suis incapable, elle est trop forte, je ne sais pas comment elle fait, mais quand même, quand je prends des notes, je rumine sur le film tout le temps, j'y pense en boucle, je ne dors plus. et j'écris des scènes, oh là le personnage il pourrait faire ça, oh là elle pourrait être dans un bar et répondre comme ça à ce mec et en fait tout ça construit le personnage aussi, ça ça m'aide beaucoup et après quand je me mets face à mon ordinateur, j'écris une sorte de traitement très moche de trois pages qui parle de tout ce qui va se passer dans le film et après je me mets directement à la version dialoguée moi j'aime pas passer par le traitement parce que je trouve ça hyper dur à lire et je trouve que ça procure vraiment peu d'émotions, faut être très très fort pour procurer une émotion avec un traitement Donc je passe à ma version dialoguée et quand je l'écris, c'est vrai que j'arrive pas à finir une scène si je la vois pas dans ma tête. Après, elle changera parce qu'il y a les acteurs qui vont l'incarner. On va parler, il y a plein de départements qui vont ajouter leur talent à cette scène. Et voilà, avec mon chef opératoire, on va discuter. Peut-être qu'il va me dire en fait, t'es sûr que tu veux faire un plan large ? Je comprends que tu l'avais imaginé comme ça, mais réfléchis parce que peut-être qu'un plan... Enfin bref, voilà, il y a plein de discussions qui rentrent en jeu. mais c'est vrai que globalement quand même je fais presque mon découpage un peu plus long Une première façon du découpage en parallèle de l'écriture Et le découpage je le fais dans l'ordre dans lequel je veux le voir au montage Et quand même souvent ça se confirme Mais ça c'est parce que Voilà je pense que comme j'ai fait mes films Amateurs autoproduits Que je devais tout faire tout seul Et qu'il n'y avait personne pour me dire quoi que ce soit Parce qu'il n'y avait pas d'argent J'ai pris un peu ce réflexe de liberté De prise de position et tout Alors que c'est vrai que voilà Maintenant il y a plus de paramètres qui rentrent en compte Dans les films que je fais Et maintenant, j'aime bien avoir des collaborateurs, apprendre leur avis. Et je me dis même que le prochain, je pense que je vais le commenter ou laisser le montage à quelqu'un. Je serai là tous les jours parce que c'est hors de question que je ne vienne pas pour ma V1, ce qui arrive souvent et ça, je trouve ça fou. Mais quelle angoisse, découvrir la V1 de son film. Mais je pense que j'aimerais peut-être un peu déléguer quand même.
- Speaker #3
Je me rends compte en fait que je ne t'ai même pas demandé, est-ce que tu as fait des études dans le cinéma ? Non. T'as été quoi ton parcours ?
- Speaker #0
J'ai fait un bac L, comme tout combattant qui se respecte. Mais maintenant ça n'existe plus, toi t'as pas eu L.
- Speaker #3
Non, moi j'ai eu les spécialités au bac.
- Speaker #0
Ça a l'air tellement compliqué, franchement.
- Speaker #3
Moi j'ai kiffé parce que j'ai pu faire des combos. Enfin après j'ai fait un bac US, mais on peut faire des combos qui sont cools. J'ai des potes qui ont fait SVT et littérature. Je ne sais pas à quoi ça va leur servir mais je sais que j'ai des potes qui ont fait des combos qui leur plaisaient donc moi je le vois assez bien ce... même s'il est très mal vu en fait. Ah non,
- Speaker #0
c'est juste que ça a l'air compliqué à comprendre comme nous.
- Speaker #3
Ouais, c'est ça en fait, c'est pour ça qu'il est très critiqué. Mais du coup, toi, pas d'études. Ah oui,
- Speaker #0
moi j'ai fait un bac L, donc j'ai fait mes films pendant mon adolescence en parallèle d'une scolarité très normale, j'ai fait un bac L, et en fait, j'ai financé les drapeaux de papier pendant ma terminale. Du coup, en fait, le film s'est tourné juste après mon bac. En fait, je finançais le film pendant ma dernière année de lycée, donc c'est vrai que ça a été le tournage tout de suite. Et après le montage, j'ai enchaîné et donc j'ai pas eu le temps de faire des études. Mais ça a été l'école de la vie, comme dirait.
- Speaker #3
Ouais, mais c'est bien. Je trouve que c'est cool aussi de ne pas faire d'études et de... Enfin bref,
- Speaker #0
je juge ton parcours scolaire en fait. Chacun son parcours. Mais j'ai eu mon bac avec. Mention très bien. Très content. C'est un master littéralement à rien, parce que je n'ai même pas allé le récupérer, parce que je n'avais pas le temps. d'aller le récupérer au moment où il fallait et depuis je ne suis pas allé donc il est en train de dormir quelque part mais voilà je suis quand même content et fier d'avoir eu cette mention très bien et les 200 euros du CIC
- Speaker #3
Bravo Je l'ai fait vraiment que pour ça
- Speaker #0
Vraiment quand j'ai appris, j'ai appris genre 4 jours avant qu'il y avait 200 euros du CIC je me suis mis à réviser comme un fou parce que je voulais ces 200 euros et voilà je l'ai eu
- Speaker #3
Tes films, tu les écris. On va parler un peu de la réalisation après, mais tu les montes aussi. Depuis tes premiers films, tu fais le montage ? Oui,
- Speaker #0
c'est pour ça, en fait. C'est parce que je ne connaissais personne. Mais en même temps, j'adore monter. Je trouve ça super, franchement. On a vraiment l'impression de toucher la matière. Avant, c'était encore plus le cas en pellicule, parce que littéralement, ils touchaient les pellicules. Ils coupaient les pellicules, ils les collaient. Mais maintenant, je trouve qu'il n'y a pas ça, évidemment. Mais je ne sais pas, toucher la souris, Moi je monte pas avec des raccourcis clavier je comprends rien Du coup, je prends vraiment ma souris, je clique. Et t'apparais. Je clique sur la fin d'un plan et je le coupe, je choisis à l'image près. J'aime bien, j'ai l'impression de toucher la matière, j'ai l'impression de manipuler le truc et de ressentir complètement les images. Mais je l'ai fait par défaut au début parce que je ne connaissais personne. Et en fait, ça m'a vraiment plu et c'est une étape que j'aime bien le montage.
- Speaker #3
Et tu montes chez toi ou en salle de montage ?
- Speaker #0
Avant, je montais chez moi. sur mon ordi et tout parce que voilà j'avais pas de sous encore une fois mais maintenant la production loue à des salles de montage dans des boîtes de post-production et comme ça j'ai ma petite salle t'as accompagné ou pas ? avant je l'étais pas et maintenant pour celui-là j'ai exigé, j'ai dit que je voulais pas être tout seul une assistante que j'adore qui s'appelle Juliette Lévesque qui m'a écrit sur Twitter qui m'a dit qu'elle aimait bien mon travail, qu'elle avait envie qu'on travaille ensemble ... Et il se trouve qu'elle avait envoyé un message à ma directrice de post-production en même temps et on a tous les deux parlé, j'ai rencontré Juliette, elle a été formidable et c'était un peu mon troisième oeil. Elle était là souvent, je demandais à ce qu'elle vienne et je lui montrais des scènes et elle me disait très honnêtement ce qu'elle en pensait et c'était super. Je me sentais beaucoup moins seul.
- Speaker #3
Et quand tu réalises que tu es en plateau... Est-ce que tu laisses de la place en tant que réalisateur à l'improvisation ? Ou est-ce que tu diriges très strictement ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Je laisse peu de place à l'improvisation pour les acteurs parce que moi je ne suis pas vraiment fan personnellement. C'est pas quelque chose qui me... Enfin c'est pas que je ne suis pas fan, j'adore le voir dans le film des autres et tout. Quand j'apprends que c'est des scènes qui ont été improvisées, je trouve ça fascinant. C'est que moi ça m'angoisse franchement de laisser les acteurs... Partir en impro, bon après aussi c'est que moi Tony en famille c'est 5 adolescents Je peux te dire qu'on a essayé de faire de l'impro, ça part quand même vite en cacahuètes Et ça part vite en pipi caca Et là les enfants m'ont bien, c'est deux enfants de 6 et 9 ans C'est quand même difficile de leur demander d'inventer un texte sur leur mère qui est partie Alors que eux ils sont pas juste en train de vivre ça Je trouve ça un peu intense de demander à des jeunes acteurs Des acteurs professionnels adultes ça y'a pas de soucis Mais de demander à des jeunes acteurs, ce qui est mon cas pour mes deux films là Je trouve ça un peu ingrat et du coup j'aime bien qu'un film ait son langage j'adore les dialogues c'est vraiment mon moment préféré de l'écriture écrire les dialogues, je parle à voix haute, je fais mes scènes je trouve que c'est vraiment le moment que je préfère et c'est ce que j'adore le plus dans un film c'est la qualité des dialogues quand je suis un spectateur donc c'est vrai que j'aime bien me dire qu'un film a son langage j'adore Noah Bomba qui en parle beaucoup c'est un super réalisateur qui a fait Marriage Story The Squid and the Whale Kicking and Screaming aussi, c'est des films que j'aime beaucoup. Et Frances A, évidemment. Et justement, il parle de ça, du fait que les personnages ont une langue qui appartient au film et qui n'est peut-être pas la plus réelle possible. Le but, ce n'est pas de chercher quelque chose de plus naturel. Moi, j'aime que ce soit très naturel, mais ce n'est pas ce que je cherche absolument. Je ne me dis pas, je veux absolument que ce soit le plus naturaliste possible. Je me dis, je veux que ce soit une langue que tous les personnages parlent dans le film. C'est la réalité du monde du film. Peut-être que c'est pas la réalité de la vie, mais en tout cas, s'il y a une cohérence et qu'ils parlent tous de la même façon... Mais ça veut pas dire avec les mêmes expressions et tout, mais c'est comme une façon de parler. Et bien alors, le spectateur, il pourra croire à la crédibilité de ce qu'il voit, tu vois. C'est comme ça que j'imagine.
- Speaker #3
Et quand tu tournes surtout avec des enfants, je pense que c'est compliqué de les diriger. Est-ce que... Enfin, comment on apprend à diriger des acteurs à l'instinct, en fait ? J'imagine que c'est pendant tes premières productions que tu as fait tes armes, comme on dit. J'imagine que c'est hyper compliqué d'apprendre à dire à quelqu'un « Tu fais ça, tu fais ça » .
- Speaker #0
C'est vrai que c'est le rôle. Là, pour le coup, un réalisateur essaie un peu rien faire sur un plateau parce qu'on ne tient pas la caméra, on ne fait pas le son. En fait, il y a tout le monde qui fait tout pour nous. Mais c'est tes idées à toi et c'est comment toi tu vas communiquer aux autres. Moi, je trouve qu'un réalisateur, le plus grand travail d'un réalisateur, au-delà de son inspiration, ses idées, c'est sa façon de communiquer aux autres, ce qu'il ressent. Et je crois que pour moi, la direction d'acteur, c'est vraiment s'adapter et comprendre à qui tu parles. Et je ne crois pas qu'il y ait une bonne façon de diriger. En tout cas, moi, je n'ai pas ma façon de diriger les acteurs. Je me dis, j'essaie de comprendre qui j'ai en face de moi et de comprendre leurs besoins. Et de savoir, voilà, Camille, sur Tony, elle avait besoin que je lui parle de plus. Là, elle avait moins besoin que je lui parle. Et en même temps, c'est une actrice qui est très cérébrale. Elle a besoin de comprendre ce qu'elle est en train de jouer plus que je lui parle du texte. En même temps, les enfants... Voilà, ils ont besoin de trucs très précis, de mots très simples pour comprendre ce qu'ils doivent faire. Et en même temps, il y a d'autres acteurs, il faut être vraiment sur leur côte et ne pas les lâcher pour être sûr d'avoir quelque chose de bien. Et il y en a d'autres où tu te rends compte qu'il faut être plus en retrait. Il y en a d'autres qui ont besoin de tournures de phrases un peu complexes. Juliette, elle est très cérébrale aussi. Elle a besoin de vraiment comprendre ce qui se passe. Et c'est hyper intéressant. et en même temps Monia, elle est très technique par exemple, tu vois, elle me dit ok là la caméra elle est là, t'as besoin que je me mette comme ça, est-ce que quand je dis cette phrase tu veux que je baisse les yeux ? Et moi je lui dis, en fait je crois que la direction d'acteur, c'est vraiment, c'est une grosse part d'empathie, d'écoute et de comprendre qui est-ce que t'as en face de toi et comment cette personne a besoin que tu lui parles, pour qu'elle soit à l'aise et pour qu'elle te donne le meilleur d'elle-même.
- Speaker #3
Juste Camille, Juliette et Mounia c'est les trois actrices principales du film Voilà,
- Speaker #0
Juliette Armanet et Mounia Chokri
- Speaker #3
Et justement Camille Cotin c'était pas la première fois que tu travaillais avec elle vu que c'était l'actrice principale dans... Enfin c'est un film choral, Tony en famille mais... Mais c'est quand même... ...et l'adulte principal C'était comment te retravailler avec elle ? C'est toi qui l'as appelée ? Quand t'écrivais Les enfants vont bien tu pensais à elle ? Comment ça s'est passé ? Ouais
- Speaker #0
Ouais, ouais, en fait, sur le plateau de Tony, c'était vraiment génial de travailler avec Camille. On est devenus très amis. On s'entend vraiment très, très bien. Et c'est vrai que j'avais trop envie d'explorer à nouveau avec elle parce qu'on a été un peu bridés sur Tony en famille par le genre du film. Dans le fond, c'est une comédie dramatique, donc il y a des choses qui n'appartenaient pas au registre du film, notamment l'intériorité de Camille, sa mélancolie. Je ne dis pas qu'elle est mélancolique, je veux dire ce qu'elle... pouvait transparaître parfois dans des scènes, ce qu'elle pouvait proposer. Je savais que ça ne marcherait pas, mais c'était trop beau et j'avais envie d'aller plus loin avec elle là-dessus. Et c'est vrai que j'ai écrit pour elle en la connaissant, ce qui était différent de Tony. Et quand je lui ai proposé le scénario, d'ailleurs, elle m'a dit « Mais ce n'est pas du tout moi ce personnage, c'est vrai que c'est à l'opposé d'elle. » Mais c'est justement pour ça que j'ai écrit pour elle, puisque je voulais qu'on se challenge, je voulais qu'on aille chercher ailleurs, je voulais qu'elle propose de nouvelles choses. Et je savais qu'elle était capable de tout ça et je savais que parce qu'on se connaissait, on allait avoir confiance l'un dans l'autre et qu'on allait pouvoir explorer toutes ces pistes. Et c'est vrai que Camille, c'est une actrice que j'adore et c'est une amie que j'aime énormément. Vraiment, on passe beaucoup de temps ensemble, on se parle beaucoup. Et c'est une collaboratrice de cinéma que je suis vraiment fier d'avoir rencontrée. Et ouais, le film était vraiment pour elle.
- Speaker #3
Et quand tu avais écrit Tony en famille, j'ai appris que tu l'avais écrit sans la connaître, mais en pensant à elle quand même, juste par son image publique. Ouais. Donc, comment en fait c'est venu ? C'est parce que c'était une sorte d'admiration que tu avais pour cette actrice ?
- Speaker #0
Je savais que mon histoire, c'était sur une femme qui avait la quarantaine. Il y a beaucoup d'actrices qui sont démentes en France, mais c'est vrai que Camille, je la suis depuis toujours. J'ai commencé avec Connasse et on rosait les caméras cachées de Connasse quand je faisais des films. à l'école, elle nous faisait énormément rire, j'étais allé au cinéma voir le film Connasse, et après j'étais allé voir tous ses films, je me souviens de Cigarette et Chocolat Chaud quand je suis allé le voir, je me souviens du moment où je suis allé le voir, enfin, elle m'a quand même marqué, j'ai vu vraiment tous ses films, Style Boiteur et tout, 10% évidemment, on regardait tout le temps avec mes parents, c'était vraiment la série, à regarder à la maison, ma mère était complètement fan, et voilà quand j'ai pensé à Tony, je me suis dit, bah en fait c'est vrai qu'au tout début du film, j'avais besoin d'un visage pour... pour incarner ce personnage, pour y penser plus concrètement. Et le visage de Camille s'est imposé, sa façon de parler, sa façon d'être. Et voilà.
- Speaker #1
Et donc, elle est à l'affiche, Camille Cotin, de ton dernier film, Les Enfants vont bien, qui sort cette semaine en salle au moment où l'épisode sortira. On est en décembre. Ouais, là, on est en décembre. Et Les Enfants vont bien, déjà, est-ce que tu peux nous pitcher un peu le film ?
- Speaker #0
Ouais, OK. C'est l'histoire de Suzanne, qui est interprétée par Juliette Armanet. qui rend visite à sa sœur Jeanne, Camille Cotin, avec ses deux enfants, un soir d'été à l'improviste, et le lendemain, elle n'est plus là. Ses enfants sont toujours là, et une lettre est posée sur la table basse du salon qui annonce son départ et qu'elle ne veut pas qu'on la cherche, qu'elle ne reviendra pas, et qu'elle confie ses enfants à sa sœur, à Jeanne. Et voilà. Et c'est un film sur un départ, c'est un film sur l'absence, c'est un film sur les disparitions volontaires. En France, on a le droit de disparaître, ça s'appelle le droit à l'oubli. Quand un majeur décide de partir, la police n'a pas le droit de lancer une enquête pour retrouver cette personne. Et c'est 15 000 personnes par an qui choisissent de disparaître. Et voilà, ça m'a bouleversé, j'avais très envie d'en faire un film.
- Speaker #1
Justement, l'idée de ce film, ça t'est venu à la lecture d'un article qui évoquait une disparition volontaire. Et après, tu as voulu développer cette idée. C'est un film très intime, il y a toujours cette perspective de la famille, comme dans Anthony en famille. là c'est un peu plus une fratrie est-ce qu'il y a une part de toi dans ces deux films sur la famille ouais ouais en fait Tony c'est un peu une famille fantasmée j'aurais rêvé d'avoir une famille nombreuse et
- Speaker #0
une mère comme ça extraordinaire je parle extraordinaire dans un sens où elle est décuplée et c'est voilà il y avait quelque chose de l'ordre du rêve et de la famille idéale d'Anthony en famille et là c'est quand même effectivement plus proche Voilà, ma sœur est partie en Nouvelle-Zélande en 2019, quand j'ai appris que c'était possible de disparaître, et elle n'est jamais revenue, elle vit là-bas maintenant, on se parle, mais quand même on se parle peu, on est proches sans être vraiment proches avec ma sœur, parce qu'il y a beaucoup de choses qui nous ont séparés, parce qu'il y a eu beaucoup de dysfonctionnalités dans ma famille, il y a eu plein de choses qui se sont passées aussi pendant mon enfance et mon adolescence, le rapport que j'ai avec ma mère, donc c'est vrai que les enfants vont bien, c'est très personnel, c'est pas autobiographique, mais il y a beaucoup de choses... très personnelles dans le film. Et voilà, ça m'intéresse, la fatalité de ce lien. Qu'est-ce qu'on fait des gens chez qui on est, NIT, et dont on... Voilà, on ne fait pas ce choix-là. Et est-ce qu'on devrait... Parfois, c'est une grande source d'amour, parfois, c'est une grande source de violence. Et qu'est-ce qu'on devrait faire dans ces cas-là ? Est-ce qu'on doit absolument accepter sa famille ? est-ce que c'est parce qu'on partage le même sang qu'on se doit quelque chose c'est plein de questions qui m'intéressent beaucoup et je trouve qu'ils sont des questions morales qui sont peut-être ambiguës mais c'est toujours intéressant ça apporte beaucoup de cinéma à un film de traiter de choses moralement ambiguës moi c'est un film,
- Speaker #1
je l'ai vu ce matin donc je m'en suis pas encore réfléchi à tout mais c'est un film qui m'a beaucoup touché Notamment pour l'aspect de la fratrie, c'est Gaspard et Margot. Il y a ce côté grand frère qui protège tout le temps. Je ne sais pas si je me suis reconnu, mais ça m'a profondément touché. Il y a un côté amour, mais il y a aussi un côté deuil, de faire le deuil de leur maman qui disparaît. Est-ce que ce film, c'est plutôt un film d'amour ou un film de deuil ? Tu le qualifierais comment ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est comment on fabrique une famille et comment on accepte de s'aimer malgré le deuil. Je pense que c'est les deux. Mais c'est aussi un film sur un deuil impossible parce que Suzanne n'est pas morte dans le film. Et c'est vrai que c'est vraiment quelque chose qui revenait beaucoup quand je faisais mon enquête pour écrire le film sur les disparitions volontaires. C'est un deuil impossible. Quand on ne situe pas la personne, c'est très difficile d'accepter son départ. Elle peut être au cimetière ou dans le ciel ou je ne sais dans quel pays. Mais quand on ne sait pas où et pourquoi, c'est très compliqué d'accepter le départ de quelqu'un. Et donc je crois que c'est des personnages qui naviguent dans l'attente et en même temps qui avancent. mais qui avance lentement et je voulais que ce soit un film sur l'attente, sur l'absence, un film de fantôme aussi un peu. Est-ce que la présence de Suzanne habite le film ? Est-ce qu'elle va revenir ou est-ce qu'elle ne va pas revenir ? Ça on ne le dira pas, je ne sais pas si toi tu t'es posé la question. C'est marrant, il y a des spectateurs qui me disent qu'ils ont la certitude qu'elle ne reviendra pas, Il y en a d'autres qui me disent qu'ils attendent qu'elle revienne. et voilà j'avais envie c'est pas un thriller c'est vraiment pas ça mais je voulais quand même que y ait la présence de Suzanne qui habite le film après son départ et je dirais que c'est autant un film sur apprendre à faire le deuil même quand il est très compliqué qu'un film sur apprendre à s'aimer malgré des conditions qui ne sont pas propices à l'amour le personnage de Suzanne il est interprété
- Speaker #1
par Juliette Armanet qu'on a déjà vu au cinéma en mai dernier à Cannes dans Partir un jour. Déjà Les Enfants Vaut Mien ça a été tourné avant ou après Partir un jour ?
- Speaker #0
Juste après.
- Speaker #1
Juste après donc elle avait déjà eu l'expérience du plateau. Comment ça s'est passé alors la direction de Juliette Armanet ?
- Speaker #0
Oh bah c'était génial franchement Juliette moi je suis absolument fan. Je l'avais jamais vu jouer en fait c'est Camille qui m'a amené à un concert à l'Olympia de Juliette pour la fin de Brûler le feu. Et j'ai trouvé ça formidable, on allait la voir en loge et elles se sont prises dans les bras et je me suis dit, elle se ressemble tellement à Elle doit jouer des soeurs, c'est sûr. Et voilà, j'ai eu la chance que Juliette accepte, je l'ai envoyée le jour où elle performait pour les Jeux Olympiques, donc je me suis dit qu'elle ne l'irait jamais et elle l'a lue le lendemain et elle m'a appelé le surlendemain. Et franchement, Juliette, elle est incroyable, elle est hyper volontaire et justement, elle a un peu l'innocence d'une jeune actrice alors que c'est une jeune femme quand même, elle a 40 ans, elle n'est pas vieille mais... Mais elle n'a pas l'expérience de son âge. Et en même temps, elle est brillante, elle est très volontaire, elle est très intuitive. C'est toujours juste, il y a toujours quelque chose d'intéressant. Elle se donne, elle a tellement travaillé sur le rôle, alors que c'est cinq scènes au début du film, et peut-être plus au fur et à mesure du film. Elle n'a aucun ego mal placé. Tu vois, elle est hyper curieuse. Elle venait même quand elle ne jouait pas pour voir le plateau et quand elle avait le temps. Et je trouve ça génial. Franchement, j'ai adoré travailler avec Juliette.
- Speaker #1
Mais je me demande comment tu as écrit ce personnage. Parce que même ce moment de la disparition, parce que c'est hyper brutal. On le ressent en tant que spectateur quand on regarde le film. La disparition, elle est hyper brutale parce qu'on a Suzanne qui vient chez sa sœur. Elles ont une discussion le soir. On s'attend à ce qu'il y ait le développement de la relation entre ces deux sœurs. Et en fait, c'est hyper brutal. Tu l'as vraiment pensé comme ça ? Stopper net la relation entre les deux ?
- Speaker #0
Oui, je voulais qu'on croit un développement. Et en même temps, elle n'est jamais vraiment filmée de face, Juliette. Et puis, on sent qu'il y a quand même un mal-être. Il y a un truc qui l'habite.
- Speaker #1
Puis on voit son visage hyper tard dans le film.
- Speaker #0
Et on voit son visage très tard, et je voulais ça, je voulais. D'ailleurs, je me souviens que sur le plateau, elle me disait « Mais tu ne me filmes jamais de face ! » Et c'était assez... Elle le disait de cette façon très légère. Mais bref, et c'est vrai que... Oui, je voulais, c'était important pour moi que la disparition soit un choc pour le spectateur, soit brutale, et qu'on commence par le pire, et le film va petit à petit vers la lumière. Mais je voulais que... Que voilà, on... Elle est partie, et c'est comme ça, et c'est... C'est extrêmement soudain et je voulais qu'on ressente ce sentiment très soudain dans la mise en scène. Et d'ailleurs, c'est une scène qui prend son temps. Le départ, il y a le petit garçon qui se lève, qui va voir sa tante, qui lui demande où est sa mère. Et on suit toute la déambulation de sa mère dans la maison et la longue lecture de la lettre auquel on n'a pas accès. Je voulais que ce soit comme en temps réel, ce choix insensé de disparaître et que le spectateur le ressente vraiment dans la durée. mais c'est pas possible elle est pas partie et j'avais envie,
- Speaker #1
j'espérais ça j'ai vraiment envie que le spectateur se dise mais c'est impossible elle a pas pu partir comme ça et bah si avec la découverte de la disparition avec un long plan séquence avec la mise au point qui change pour un petit peu je trouve que c'était très chouette d'avoir ce changement là entre cette valise et le fond et c'est là où je vais prendre mes petites notes que j'ai faites ce matin pendant que je filme euh Il y a un énorme travail sur les seuils, comment formuler ? Sur les seuils, en fait, la caméra, souvent, elle est posée dans une pièce qui n'est pas celle où les personnages sont. Et on voit à travers la porte, ou alors quand c'est des scènes dans une voiture, on est à l'extérieur de la voiture. C'est quelque chose que tu as pensé dès l'écriture ou ça t'est venu sur le tournage ?
- Speaker #0
Non, c'est quand même dès l'écriture. Et puis, on en a beaucoup parlé avec mon chef opérateur. J'avais cette idée de surcadrage, je trouvais ça hyper intéressant que... Comment on incarne l'absence d'un personnage dans un film qu'on ne verra peut-être plus jamais ? C'est... Je trouvais ça intéressant que ce soit peut-être Suzanne qui les observe ou en tout cas que le spectateur ait une place un peu d'observateur lointain à travers les fenêtres ou comme tu le dis dans une autre pièce. J'aimais cette idée qu'on puisse se dire et souvent les enfants sont en train d'écouter les adultes dans le film est-ce que c'est un enfant qui est en train d'écouter ou est-ce que c'est Suzanne ou est-ce que c'est nous spectateurs qui incarnons la caméra ? Je voulais qu'on soit un peu pudique. Il n'y a pas beaucoup de gros plans dans le film, il y en a mais il n'y en a pas non plus énormément. Et j'avais envie qu'on reste, qu'on ait une certaine distance. C'est une tragédie, c'est une histoire qui commence de façon assez triste, même si elle n'est pas forcément par la suite. Mais j'avais envie qu'on ait une certaine pudeur, qu'on ait du respect pour ces personnages, pour ce qu'ils sont en train de vivre. Et voilà, il y a les films d'Edouard Rian que j'aime énormément et lui, il est très très fort pour le surcadrage. Surcadrage, c'est donc filmer avec un premier cadre à travers. Et je trouve ça formidable ces films, et ça m'inspirait beaucoup, et on en parlait beaucoup avec mon chef opérateur pour le découpage. Je trouve que ça apporte beaucoup de classe, de pudeur, et en même temps d'empathie. Moi je suis très touché par les plans larges, ça me touche de voir des gens trop petits dans un cadre, j'ai l'impression de sentir leur peine et de... Et voilà. De les voir vraiment aussi. Oui, on voit leur corps entier, on sent la dynamique de leur corps entier. Il n'y a pas que leur visage qui compte et je crois que ça me touche beaucoup. Puis les corps des enfants, ils sont tout petits. Il y a quelque chose d'hypertouchant et de fragile chez eux.
- Speaker #1
Il y a un autre travail aussi, c'est le travail sur les reflets. Dès le début, dans les rétroviseurs des voitures, dans des miroirs, dans des maisons. Est-ce qu'il y a... Quelle est la motivation qui t'a fait faire ça ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est la même chose que le surcadrage, les reflets. Parce que du coup, il y a ce cadre, le rétroviseur c'est un cadre et le personnage est à l'intérieur. J'aime bien comment ça compose les plans. J'avais envie que le film soit quand même visuellement beau, quand on travaille vraiment l'aspect... visuel du film parce que c'est un drame et je voulais pas que ce soit misérabiliste, très naturaliste et tout ça. Pour ce film là ça m'intéressait vraiment pas du tout. Je voulais pas que ce soit documentaire, je voulais que ce soit vraiment un film de cinéma à voir en salle et je trouve que voilà, comment on compose un plan c'est important. Et j'aimais cette idée qu'on ne voit jamais vraiment les personnages qu'à travers un reflet. La caméra c'est déjà un reflet, c'est déjà une image reflétée de la réalité inversée. Et en plus, on filme ça à travers un miroir. Alors, est-ce que les personnages nous échappent un peu plus ? C'est comme des fragments de... J'aimais bien, il y a plein de significations. Mais c'était vraiment important pour moi.
- Speaker #1
Il y a une dernière chose qui m'a sauté aux yeux pendant la projection. Et je voulais te poser la question, est-ce que c'était voulu ou pas ? Pendant la... Je ne sais pas si... Non, je pense qu'on ne va pas spoiler. Au pire, je bie près. Je bie près, mais... Il y a pendant la scène de la fuite de Gaspard, ça m'a sauté aux yeux que c'était le même cadrage et le même mouvement de caméra que les 400 coups. Est-ce que tu y as pensé ou pas ? Je voulais te poser la question.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'en plus là, je suis allé voir Nouvelle Vague, tu sais, le film... Le Poe Making Of. Le Poe Making Of de A bout de souffle et ça commence par la fin des 400 coups. Enfin, ça commence par la fin des 400 coupes. Si on voit, on voit littéralement la fin du film, du vrai film. Et du coup, j'ai repensé à ce film que j'avais... En fait, je l'avais vu il y a assez longtemps parce qu'il était... Il passait à la télé, je ne sais plus, mais je l'ai vu quand j'étais adolescent. Et j'avoue que quand j'étais adolescent et que j'aimais beaucoup les films d'horreur, j'étais moins là-dedans. Et j'étais un adolescent pas très cinéphile, quoi. Enfin, très cinéphile pour les films d'horreur, mais pas pour le reste. donc le film ne m'avait pas touché à quel point il pourrait me toucher aujourd'hui je pense J'étais resté un peu extérieur, mais il m'avait quand même marqué. Et je pense que là, si je le revoyais maintenant, je comprendrais la grandeur du film et tout. J'étais trop jeune, je pense. Mais effectivement, je pense que ça m'a marqué, cette image-là de cet enfant qui court. Il y a plein d'images très marquantes dans Les 400 coups. Mais je ne dirais pas que c'était ça la plus grosse référence, même si je pense qu'elle était là et que c'est un peu la référence originelle parce que tous les films, après, se sont inspirés. Mais j'adore les scènes de course au cinéma. Enfin, tu vois, dans France 16, il y a des scènes de course qui sont j'aimant. Des demandes dans A bout de course, pas A bout de souffle, mais A bout de course. De Sidney Lumet aussi, avec River Phoenix. Il y a des scènes de course, et c'est surtout celles-là qui m'ont inspiré. Il y a des moments où ils courent avec les champs derrière, qui sont hyper forts. Et voilà, filmé en travelling, coté, on court avec eux, on se sent. Et en même temps, c'est pas à l'épaule, c'est vraiment travelling. donc la caméra est posée et elle glisse à côté d'eux, et c'est ce qui est dans le film. Et je sais pas, ça me touchait énormément et c'est vrai que j'avais trop hâte de filmer cette scène de course. J'avais trop hâte et Camille adore courir. Elle a demandé à refaire du coup. Elle refaisait plein de fois et elle faisait que des blagues sur le fait que c'était le moment de la caster pour un Avengers parce qu'elle avait la forme physique pour être dans un Avengers. Elle était hilarante, on a beaucoup rigolé et le petit garçon, Manoa, était génial. Parce qu'après, t'as vu, ils courent et ils ont une cascade dans le parc quand même, enfin dans le champ. C'est une petite casse-fague mais quand même, il faut le faire. Il s'attrape tombent tous les deux par terre, ils se rétament par terre et ils adoraient ce moment-là et vraiment ils s'explosaient par terre, enfin il y a des prises où ils s'attrapaient, ils se tombaient l'un sur l'autre et ça les faisait, ça les enchantait, ils tombaient dans la terre donc ça va mais quand même c'était assez physique mais c'était le moment physique du film et j'ai adoré ça et je voulais tu vois qu'on reste en plan large et qu'on soit pas dans le feu de l'action, je voulais qu'on les regarde avec une certaine impuissance, en fait c'est comme si la caméra elle pouvait pas les aider et Et d'une certaine façon, si on ne se rapproche pas, il y a ce truc de... J'ai envie de les prendre dans mes bras, mais je suis loin d'eux, et comment faire ? Moi, c'est ce que ça me procure en tout cas. Alors que si on avait fait une prise où on était à l'épaule très très proche et on bougeait, j'avais l'impression qu'on courait avec eux et qu'on les aidait, et ça me plaisait moins.
- Speaker #1
On parlait de tes films que tu regardais quand tu étais adolescent. Il y a un film sur lequel tu reviens tout le temps ?
- Speaker #0
Quand j'étais adolescent, c'était vraiment des films d'horreur. Il y en a plein qui m'ont énormément marqué. Le premier c'était Esther de José Colesera, je ne dis sûrement pas comme ça mais c'est pas grave, je ne vais pas faire un accent espagnol, je ne suis pas espagnol. Il y a Conjuring qui a été vraiment... ça tu vois c'est des films d'adolescence mais vraiment je me souviens les avoir vus et adoré ça. Sinister de Scott Derrickson, c'était un film que j'adorais et que je regardais beaucoup. Et après il y a eu des films un peu plus indés, The Book of Cities et tout, c'était des films qui me faisaient super peur. Lake Mungo. et que le projet Blair Witch évidemment, Grave Encounters aussi. J'adorais, je regardais tous les films de rock possibles et imaginables et j'aimais vraiment quand c'était un peu cam, quand c'était vraiment fan footage fait avec trois fois rien, ça me plaisait beaucoup. Et maintenant après voilà c'est plutôt le cinéma d'Edward Young, Yi Yi, A Brighter Summer Day, Taipei Story, les films de Kore-eda, Mabu Roshi c'est un de mes films préférés, Nobody Knows évidemment, Une Affaire de Famille. Manchester by the Sea de Kenneth Lonergan, même quand il fait You Can Count On Me, Kramer contre Kramer, Ordinary People, A bout de course.
- Speaker #1
Il y a un film dernièrement que tu as vu et qui t'a marqué particulièrement au cinéma ou je vois ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas forcément un film récent ?
- Speaker #1
Non, pas forcément, parce que tu vas souvent au cinéma.
- Speaker #0
Oui, j'y vais tout le temps, j'adore, j'y vais un peu moins en ce moment, j'ai moins le temps, donc en fait j'ai moins vu les films récents. J'ai vu Valeurs sentimentales de Joachim Trier, que j'ai vraiment beaucoup aimé, et qui m'a beaucoup ému. Et sinon, qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai revu scène d'un mariage de Bergman, et malheureusement, Bergman était un nazi, je remets dans le contexte, on l'a appris récemment dans la presse, ce qui tâche quand même beaucoup sa filmographie. Mais voilà, j'ai revu ça récemment, avant. de savoir que c'était un indien et le film est vraiment très très fort mais je sais pas qu'est-ce qui m'a le plus bah si j'ai revu Yi Yi au cinéma il est ressorti en septembre et c'était franchement de le voir en salle je l'avais jamais vu en salle d'Edouard Young, Yi Yi d'Edouard Young et c'était ça a vraiment changé ma vie vraiment je suis sorti de la salle et je n'ai pas arrêté d'y penser pendant une semaine c'était fabuleux c'était vraiment le plus beau film que j'ai vu au cinéma cette année
- Speaker #1
Pour finir les épisodes de Phase B, d'habitude je demande à mon invité s'il a des prochains projets, etc. Je pense que c'est un peu trop tôt pour toi pour te poser cette question.
- Speaker #0
Ouais, là je commence à écrire tout doucement. Et il y a un film que j'ai très envie de faire, mais c'est vrai que moi je suis très superstitieux. Et à chaque fois que j'ai trop parlé d'un film, il ne s'est pas fait. Donc comme c'est encore le début et que je ne sais pas où ça va aller, ce que ça va devenir... Tu vois, après les drapeaux de papier, je parlais du film d'horreur que je devais faire et au final il s'est pas fait. Et quand j'ai sorti Tony, il y a des journalistes quand même qui me disaient « Mais du coup vous nous aviez parlé d'un film d'horreur, c'est celui-là, il a changé. » Je suis tombé « Bah non, vous voyez bien quand même que ça n'a rien à voir avec un film d'horreur. » Mais donc c'est vrai que là, voilà, je sais pas exactement si c'est ce film qui va se faire, où ça va mener, mais il y a un film que j'ai très envie de faire et voilà, j'y pense beaucoup. C'est un film encore beaucoup plus personnel que « Les enfants vont bien » Et j'aimerais vraiment le faire, c'est important pour moi, mais je ne sais pas encore où ça va aller, comment ça va se développer. et si ça va se faire.
- Speaker #1
On le garde secret.
- Speaker #0
Et on se reverra à la sortie du film.
- Speaker #1
Peut-être dans un an, un an et demi.
- Speaker #0
Deux ans, je pense. Deux ans minimum.
- Speaker #1
Et par rapport, pour finir, sur Les Enfants vont bien. Qu'est-ce que tu attends de la sortie de ce film en fait ?
- Speaker #0
Du coup là quand on se parle on est à la sortie du film. J'espère que ça va bien se passer. J'espère que les gens vont l'aimer le film. Là je suis content parce que j'ai l'impression que la presse ça va, ça se passe bien. On a vraiment des bonnes critiques. Donc je suis heureux et les attachés de presse sont heureux. Mais voilà, la presse c'est hyper important mais c'est aussi important que les spectateurs s'emparent du film. On fait des avant-premières et ça se passe super bien. Donc ça, je suis content aussi. Le public a l'air vraiment d'apprécier le film et de le comprendre. J'espère qu'ils iront le voir. J'espère qu'ils seront nombreux en salle et que ça leur plaira. Et moi, j'ai très envie d'échanger avec les spectateurs. Donc j'espère que je pourrais continuer à faire des soirées, des débats où on échange après le film, parce que c'est les moments les plus enrichissants. J'espère qu'on fera suffisamment d'entrées pour que je puisse faire un nouveau film. Et j'espère que les spectateurs qui iront seront contents de leur visionnage.
- Speaker #1
Merci beaucoup. c'est la fin de cet épisode de Phase B que vous pouvez retrouver sur toutes les plateformes de podcast et sur Youtube en version vidéo
- Speaker #0
Nathan on peut te suivre ou sur Insta principalement sur Insta j'ai mon vieux Facebook où je poste que des trucs pour le film et un peu Twitter mais bon c'est un réseau social qui est quand même très difficile et les gens sont quand même très méchants donc je le garde juste pour poster des trucs mais je n'y fais rien d'autre et je ne promote pas ce réseau social donc ouais sur Instagram Merci de m'avoir invité.
- Speaker #1
Je vous rappelle que Les Enfants vont bien, ça sort le 3 décembre, dans deux jours.
- Speaker #0
Le 3 décembre, dans deux jours au cinéma, il faut y aller.
- Speaker #1
Et c'est un super drame avec Ami Cotin, Juliette Armanet, Monia Chokri. Je vous invite vraiment à aller le voir et à suivre Nathan sur Instagram. Je vous dis au mois prochain pour un nouvel épisode de Phase B. A bientôt ! Merci.