- Speaker #0
Comment savoir si votre ado est victime de harcèlement ? Comment l'encourager à parler ? Et comment l'aider concrètement à lutter contre ce harcèlement ou ce cyber harcèlement ? Selon une étude de l'association e-enfance 30-18, 35% des enfants de 6 à 18 ans ont été victimes de harcèlement ou de cyber harcèlement. Aujourd'hui, je suis heureuse de recevoir Elian Potier, co-président de l'association Faire Face, et Kang, 17 ans, qui a été victime de harcèlement et qui va venir témoigner aujourd'hui avec nous. Bienvenue dans Family Talks ! Je suis Caroline Ménager, fondatrice de Pixpay. Ici, on donne la parole à ceux qui vivent la parentalité au quotidien. Avec des parents, des ados et des experts, on décrypte les codes de l'adolescence et on prépare au mieux l'avenir de nos enfants. Psst, avant de commencer, abonnez-vous à notre podcast. Bonjour à tous les deux.
- Speaker #1
Bonjour, merci pour l'invitation. Merci de nous accueillir.
- Speaker #0
Alors on va peut-être commencer par un petit rappel de ce que c'est que le harcèlement. À l'école, c'est le fait d'un ou de plusieurs élèves à l'encontre d'une victime qui ne peut se défendre et avec l'intention de nuire. Lorsqu'un enfant ou un adolescent est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle de harcèlement scolaire. Et le harcèlement entre élèves peut se poursuivre en dehors de l'enceinte des établissements scolaires, plutôt en ligne, et on parle alors de cyberharcèlement. Elian, Kang, est-ce que ça vous parle, ces définitions ? Est-ce qu'elles vous semblent refléter la réalité de ce qui se passe ?
- Speaker #2
Alors oui et non, comme j'ai envie de dire, il y a mille et une définitions du harcèlement et il y a toujours des petites nuances à dire, mais dans la globalité je suis relativement d'accord.
- Speaker #1
Le harcèlement, comme tu l'as dit, c'est de la violence qui est répétée avec une intention de nuire derrière un groupe de personnes qui a l'intention de viser une seule personne dans le but de lui faire du mal tous les jours. C'est, on va dire, officiellement la définition. Officieusement, c'est un peu plus compliqué parce que dans une salle de classe, expliquer cette définition, c'est un peu plus complexe. Et ça nécessite donc des exemples et de pouvoir échanger et débattre avec les jeunes sur cette définition.
- Speaker #0
Et comment on fait la distinction entre une chamaillerie entre enfants et justement un cas de harcèlement ?
- Speaker #1
C'est ça justement le souci qui peut en être un parfois, c'est-à-dire un jeune qui va vouloir... juste titiller un camarade juste pour rigoler, mais qui par la suite va se transformer en harcèlement parce que le jeune qui est ciblé, lui, ne le prend pas de la même manière, ne reçoit pas l'information de la même manière et va s'en sentir rabaissé, humilié. Et donc là, le but, c'est vraiment de pouvoir expliquer aux jeunes que dès l'instant qu'il y a quelque chose qui ne va pas, déjà c'est quelque chose qui n'est pas normal, c'est peut-être pas du harcèlement, mais c'est quelque chose qui ne va pas, qui n'est pas normal, et donc il faut en parler avant justement que ça devienne du harcèlement, donc quelque chose qui est répété, qui est ciblé. Et généralement, les retours qu'on peut avoir d'enfants, c'est à quel moment je franchis le pas du harcèlement lorsque je suis initialement dans une situation de chamaillerie.
- Speaker #0
D'accord, parce qu'en fait, il y a un moment où il y a une rupture en fait.
- Speaker #1
Exactement. Et la rupture, c'est dès lors que, évidemment, ça continue et qu'il y a derrière une intention, une intention de nuire. Mais l'intention de nuire, elle est extrêmement compliquée et extrêmement complexe parce que comment prouver parfois qu'un enfant, un enfant a pour intention, pour projet, pour but de faire du mal à un autre enfant. Pour ça, il faut des preuves.
- Speaker #2
Je pense qu'il n'y a même pas besoin d'intention de nuire pour harceler en fait. A Barcelone, on ne se rend pas forcément compte de l'impact qu'il peut avoir sur autrui. Donc voilà, il n'y a pas forcément besoin de volonté de nuire, tout comme il n'y a pas forcément besoin de répétition. Pour moi, le cap, il est passé dès qu'on porte atteinte à l'intégrité d'autrui.
- Speaker #0
Mais est-ce que ce n'est pas une question de la souffrance de la personne qui est victime, qui va être le déclencheur ? Ça ne peut pas être « je souffre et donc je suis dans un état où ça n'est pas acceptable » .
- Speaker #2
Il y a des deux. Il y a l'aspect de souffrance personnelle, je pense. Il y a aussi l'aspect social. On peut, à titre personnel, avoir l'impression de ne pas forcément souffrir énormément et pourtant qu'il y ait une image négative à l'image sociale.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais nous raconter ce que tu as vécu comme situation de harcèlement ?
- Speaker #2
En vérité, j'ai vécu malheureusement beaucoup de situations différentes, les harcèlements, que ce soit du cyberharcèlement, du harcèlement... face à face, qui soient liées à différents sujets, que ce soit du harcèlement raciste, du harcèlement par rapport à qui je suis dans mes comportements, par rapport à mon histoire, par rapport à certaines particularités que je peux avoir ou que j'ai pu avoir pour le passé. Voilà, il y a tout plein de...
- Speaker #0
Et ça a commencé à quel âge ?
- Speaker #2
Moi, j'ai été victime de harcèlement assez tôt, mine de rien, j'ai été victime dès le... dès l'âge de 7-8 ans, en classe de CE2, et puis ça a duré de nombreuses années derrière, forcément. Ça a commencé comme beaucoup de situations de harcèlement, donc des jeux, des moqueries, des chamailleries, comme disent certains, et jusqu'à ce que ça dérape en choses plus graves.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'embête de nous en parler un petit peu plus ? Justement, sur ce premier cas, qu'est-ce qui s'est passé concrètement ?
- Speaker #2
Déjà, moi, ça ne m'embête pas du tout, je suis là pour ça. Comment ça a commencé ? On parle souvent de choses absolument extravagantes dans le harcèlement, mais le harcèlement, ça commence avec des toutes petites choses, que ce soit des mises à l'écart, des petites réflexions déplacées sur, par exemple, mon origine, ou par exemple, les résultats scolaires, qui, moi, à l'époque, étaient plus que moyens. Toutes ces choses-là qui... À l'unité, finalement, ce n'est pas grand-chose. Mais quand on regarde à grande échelle d'une classe et d'enseignants, ça a des répercussions assez évidentes.
- Speaker #0
Et du coup, il y avait un harceleur et un groupe de gens passifs autour ou c'était vraiment une personne, plusieurs personnes ?
- Speaker #2
Il y a eu un peu toutes de cette situation. Il y a eu des périodes où c'était une personne qui me faisait du mal. Il y a eu des situations où il y avait une personne qui était suivie par d'autres. D'autres situations où c'était plusieurs personnes qui s'en prenaient. prenait à moi. Et encore une fois, c'est peut-être que moi qui l'ai vécu comme ça, mais aussi d'autres situations où l'enseignant qui était présent à ce moment-là, ne m'aidait clairement pas.
- Speaker #0
Et t'es au courant ? Parce que j'ai l'impression qu'il y a des cas aussi où finalement ça va se passer dans les petits recoins, au moment des interclasses, à des moments où finalement ça va rester sous le radar pour l'instituteur ou le professeur. Toi, t'as le sentiment que ça n'a pas forcément été le cas, qu'il y a des instituteurs qui le savaient et qui n'ont rien fait.
- Speaker #2
Il y a les deux. Il y a effectivement des instituteurs qui n'étaient pas du tout au courant, qui effectivement, ça se passait dans un coin de la cour caché du monde. Donc là, en tant qu'instit, tu ne peux pas agir ou être au courant de ces choses-là si personne n'en parle, si personne ne dénonce. Mais il y a aussi des situations où les instit voyaient ce qui se passait et soit prenaient ça pour des gamineries, des chamailleries d'enfants, des enfants qui s'embêtent, qui se taquinent, voilà. Sans se poser plus de questions que ça sur l'impact que ça peut réellement avoir sur l'enfant. ou alors même des instituts qui cherchent à obtenir l'approbation de la majorité de ces élèves.
- Speaker #0
Donc ils vont rentrer dans le jeu du harceleur en fait ?
- Speaker #2
Je dirais peut-être pas jusqu'au fait de rentrer dans le jeu du harceleur, mais en tout cas on est témoin sans agir.
- Speaker #0
Et comment tu es sorti de ce premier cas de harcèlement, si on peut en sortir ?
- Speaker #2
Pour être tout à fait honnête, j'en suis pas sorti avant plusieurs années, de cette situation de harcèlement qui a évolué de façon crescendo à mon égard.
- Speaker #0
Donc tu as 7-8 ans, tu as un garçon ou une fille de ta classe qui te harcèle. Là, j'imagine que ça devient de plus en plus dur à supporter.
- Speaker #2
Oui, il y a l'année de CE2 où c'est très compliqué pour moi socialement. Je suis assez différent dans ma façon de penser les choses, de voir les choses. Je ne m'intéresse pas aux mêmes choses, je n'ai pas les mêmes jeux. J'ai un petit handicap qui est le TDAH aussi, ce qui fait qu'à cet âge-là, quand on connaît mal son TDAH, etc. On peut avoir du mal à canaliser certains de ses comportements aussi, ce qui fait que je n'étais pas bien accepté, j'étais assez mis de côté. Ça, ça a été une année qui a été difficile, mais pas la plus marquante de toutes. Ça a pris le pas, notamment l'année suivante en CM1, où pour le coup, j'ai eu une institutrice qui était très à l'écoute et très attentionnée par rapport à tout ce qui se passait. Donc pas du tout comme l'année qui avait précédé. Mais ça a pris une ampleur que je n'aurais jamais imaginée à cet âge-là. À cet âge-là, j'avais tendance à m'intéresser à des choses assez différentes des autres de mon âge, sans aucune arrogance, c'est pas une façon d'être arrogant ou quoi, mais une avance par rapport à l'âge que j'avais sur les sujets qui m'intéressaient. Notamment, à 9-10 ans, je me suis intéressé d'un point de vue purement scientifique et anatomique à la sexualité. Et c'est quelque chose qui a été assez mal vu, je pense, par mes camarades de l'époque, parce que quand... Un élève de 6e, 5e commence à s'intéresser à la sexualité. On se dit, c'est normal, c'est l'adolescence, c'est l'après-adolescence, c'est le début de la puberté. Ça ne pose pas de soucis socialement. Mais quand un gamin de 8, 9, 8, 9 ans ou 10 s'intéresse à ces choses-là, c'est très vite assez mal vu finalement.
- Speaker #0
Et du coup, c'est un SM1 qui a été dur à vivre pour toi. Est-ce que tes parents, comment ils ont intervenu à ce moment-là ?
- Speaker #2
En tant que parent, je pense que ça a été difficile pour eux de prendre conscience de ce qui se passait, même pour moi en fait à l'époque. En fin de compte, il y a beaucoup de choses dont je prends conscience aujourd'hui, à me dire que ce n'était pas normal, mais sur le moment où je ne me rendais pas forcément compte. Après, je pense qu'en tant que parent, ils peuvent voir que parfois ça ne va pas, ou qu'il y a eu des choses pas normales, mais sans s'en inquiéter énormément pour autant, ou alors sans en avoir conscience, tout simplement.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui a été le déclencheur dans le fait que tu t'es dit que cette situation n'est pas normale, ou que tes parents se sont rendus compte que la situation n'était pas normale, ou qu'elle avait un impact sur... Sur toi, ton bien-être ?
- Speaker #2
Mes parents se sont rendus compte bien des années plus tard quand j'ai décidé de leur en parler.
- Speaker #0
Et donc là, t'es en primaire, t'arrives au collège, est-ce que tu gardes les mêmes camarades de classe ?
- Speaker #2
Globalement, j'en garde certains. Je regarde certains parce que mine de rien j'avais quand même quelques amis, même si c'était pas par grande fierté qu'ils étaient amis avec moi, j'avais quelques amis. Mais forcément on arrive au collège, j'étais dans une petite école en plus, il n'y avait qu'une classe par niveau. Là j'arrive dans un collège, on est 6, 7, 8 classes par niveau, on est hyper nombreux, on me dit putain chouette nouveau départ, c'est un monde absolument immense. Sans me douter que c'était aussi un monde particulièrement cruel.
- Speaker #0
Et donc comment ça s'est passé ton arrivée au collège ?
- Speaker #2
Mon arrivée au collège, elle s'est passée... En deux étapes, la première partie où je suis finalement comme les autres, je m'intègre mieux qu'en primaire, ça marche bien. Et il y a la deuxième partie où certaines personnes qui ne m'appréciaient pas en primaire font passer des fausses rumeurs, me donnent une réputation de personne bizarre, de personne pas fréquentable. Et forcément, j'attise la colère ou la haine de certains élèves qui vont s'en prendre à moi sur le restant de l'année.
- Speaker #0
Donc là, ça recommence. Là,
- Speaker #2
on arrive sur des violences qui sont carrément différentes. Au début, j'ai des mots, des insultes auxquels j'avais déjà été confronté par le passé. Et très vite, il y a l'image un peu de caïd d'un établissement des 6e, c'est lunaire. Mais il y a cette image du caïd qui va venir dominer un autre élève pour sa simple plaisir, pour sa simple puissance. Et donc, j'ai très vite été confronté à de la violence physique aussi.
- Speaker #0
Donc tu as été battu concrètement ?
- Speaker #2
J'ai été battu, j'ai été frappé à de nombreuses surprises au quotidien pendant mon année de sixième. Que ça a été dans des couloirs, dans la cour de récré, en cours de sport. Il vient le moment aussi où ce n'est même plus dans l'établissement, c'est dans la rue. Où je suis suivi jusqu'à chez moi. Donc forcément je fais des tours dans le quartier pour les fuir, mais ça ne suffit pas. Ou sur des parkings, ils me prennent à part, ils me foutent par terre et ils me tabassent. Ou dans un coin de rue, il peut me faire du mal sans que ce soit trop vu.
- Speaker #0
Et donc là, c'est un groupe qui est après toi ?
- Speaker #2
Oui, là, c'est des groupes.
- Speaker #0
Des groupes, tu dis. Donc, ce n'est pas qu'un groupe. Il y a plusieurs groupes qui te...
- Speaker #2
Oui, il y a des groupes, selon les jours. De toute façon, quand il y en a, ils sont en cours, ils sont en recours, donc ils ne peuvent pas. Mais oui, lundi, c'est ceux-là. Le mardi, eux, ils n'ont pas cours, donc c'est eux.
- Speaker #0
Et comment tu le vis, toi, dans ton quotidien ?
- Speaker #2
Au début, je suis en colère. Au début, je suis très en colère de ce qui se passe. J'en ai assez de vivre ces choses-là. Donc, je me défends, on va dire. Je ne me laisse pas faire, en fait. Je dis que j'en parle autour de moi, je dis ce qui ne va pas. Quand je dis que j'en parle autour de moi, j'en parle à mes amis. Ce n'est pas forcément à des adultes, mais à des amis. Je dis, il me saoule, je ne l'aime pas, lui, ou quoi. Et puis, il y a très vite de l'opposition. Et puis, très, très vite aussi, j'ai peur. Notamment au moment où les violences surviennent en dehors des événements. Là, je commence à avoir peur, en fait. Et cette peur, elle m'accompagnera des années.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, est-ce que tu... Tu t'en es sorti ? Je ne sais pas si tu es en première ou en terminale.
- Speaker #2
Je suis en terminale.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui tu t'es sorti de ça ou ça te poursuit encore ? À la fois physiquement et émotionnellement.
- Speaker #2
Alors physiquement, forcément j'ai grandi. Donc bon, je suis plus grand, plus costaud, j'ai moins peur de ces choses-là physiquement. Et mentalement, j'ai pu prendre beaucoup de recul avec le temps sur les choses. Donc rationnellement en parlant, j'ai pu mettre les choses à plat. Ce qui fait que je peux en parler aujourd'hui avec vous, devant vous et partager mon expérience. Mais émotionnellement, il y aura toujours chez moi un petit cœur qui va se serrer par rapport à ces expériences-là.
- Speaker #0
Et elles remontent souvent ?
- Speaker #2
Ça peut remonter souvent quand je suis dans des situations où je retourne dans des lieux où j'ai vécu des choses traumatisantes ou que je suis face à des personnes qui m'ont fait du mal par le passé.
- Speaker #0
Et tu as été accompagné pour sortir de cette situation ou pas ?
- Speaker #2
J'ai vu des psychologues qui m'en ont parlé. J'en ai parlé à des personnes de l'établissement, finalement. Je pense que l'accompagnement aura été nécessaire sur le moment plus qu'après. J'ai quand même eu la chance, et c'est toujours le cas, d'être ambassadeur du programme phare de l'éducation nationale, qui est un programme qui a pour principe de lutter contre le harcèlement, je pense que tu connais. Dès ma quatrième, j'ai fait partie de ce programme, et ça m'a permis aussi d'avoir un œil nouveau sur ces choses-là.
- Speaker #0
Et une fois au collège, et que tu en as parlé à l'équipe pédagogique, que tu as pu en parler à tes copains, tes parents, dans cette histoire, ils interviennent comment ?
- Speaker #2
Mes parents, ils interviennent, je dirais, en fin d'année scolaire, quand les choses commencent vraiment à devenir tendues, et au moment où je pense que le déclic, c'est quand je suis rentré chez moi, avec la joue violette, en fait. Je suis rentré chez moi, je m'étais fait tabasser dans la rue, dans la cour, à ce moment-là, je crois. Et ça a été le déclic où, derrière, l'établissement a pris... Ma mère a contacté l'établissement et l'établissement a pris les choses en charge. Donc conseil de discipline pour les élèves concernés, parce que les faits s'étaient déroulés dans l'établissement. Donc, conseil de discipline pour les élèves concernés, accompagnement, ce qu'ils appellent accompagnement psychologique vis-à-vis de moi, vis-à-vis d'eux.
- Speaker #0
Et ça, ça les a calmés, ce conseil de discipline ? Et après ?
- Speaker #2
Ça a été une des choses qui a fait que les choses étaient à plat, que j'étais désormais accompagné là-dessus.
- Speaker #0
Et donc là, à partir de là, tu commences à remonter un peu la pente, c'est ça ?
- Speaker #2
Je commence légèrement à remonter la pente, à vivre et pas à survivre. Et là,
- Speaker #0
tu es en quelle classe à ce moment-là ?
- Speaker #2
À ce moment-là, je suis toujours fin sixième, début cinquième. Et je passe de la survie à la vie.
- Speaker #0
Et là, tu es en terminale et aujourd'hui, c'est encore...
- Speaker #2
Aujourd'hui, c'est un sujet dont je peux parler, mais c'est toujours un sujet qui me touche fort. C'est un sujet qui me touchera toujours fort.
- Speaker #0
Merci, Kang, pour ton témoignage. Elian, est-ce que tu peux nous parler un peu de toi ? Est-ce que tu pourrais te présenter pour nos auditeurs ?
- Speaker #1
Moi, je m'appelle Elian Potier, j'ai 24 ans et je suis co-président de l'association Fairface. C'est une association qui a pour but... de lutter contre le harcèlement à l'école en intervenant dans les établissements scolaires, donc école primaire, collège, lycée et parfois même post-bac, parce qu'on se rend compte qu'il y a aussi un sujet là-dessus. Et qu'au-delà du fait qu'en post-bac, on peut aussi être victime de harcèlement, on peut aussi être un grand frère, une grande sœur, un parent et donc pouvoir les former pour voir des signaux faibles ou du moins anticiper certaines choses qu'on pourrait voir de notre enfant ou d'un enfant en général ou même sur les réseaux.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu fais du coup ? Concrètement, quand tu interviens dans les établissements scolaires avec cette association ?
- Speaker #1
Concrètement, j'interviens dans les écoles à raison d'une heure par classe en moyenne, où je vais raconter mon histoire. Mon histoire, je pense qu'elle est importante à raconter lorsque je rencontre ces jeunes, parce que ça donne une sorte de légitimité, montrer pourquoi je suis devant eux et pourquoi c'est un sujet qui me tient à cœur. Et parce que je n'ai pas le rôle d'un professeur, je n'ai pas le rôle d'un chef d'établissement, je suis pour eux un jeune qui vient parler à un jeune. et raconter son histoire, ça montre que j'ai pu subir quelque chose, et c'est véritablement le message que je veux envoyer, que j'ai pu subir quelque chose auparavant, j'ai été victime de harcèlement et j'en parle librement en classe, mais que ce n'est pas une fatalité, que ce n'est pas la fin du monde, et que pour ça on a besoin d'eux. Et je pense que cette transition est hyper importante, parce que généralement, à la télévision et sur les réseaux, on entend beaucoup d'histoires négatives. Et mon histoire s'est terminée de manière négative. Mais je le raconte. Mais j'ai envie de montrer qu'il y a de l'espoir et qu'on peut tourner la page. Je pense que c'est le plus important. à raconter dans cette histoire dans une salle de classe, montrer qu'on peut s'en sortir, que ce n'est pas la fin du monde, qu'on doit tourner la page, qu'on peut tourner la page. Mais pour ça, on a besoin d'eux. Et comment, justement, on peut leur donner les clés pour dénoncer, pour alerter auprès d'un adulte une situation qu'il pourrait voir à l'école, mais même sur les réseaux, puisque la majorité des situations qu'on voit, c'est sur les réseaux sociaux maintenant.
- Speaker #0
Et donc là, tu t'adresses à la fois aux enfants qui sont victimes de harcèlement et aux témoins passifs qui vont pouvoir le voir sans en être directement la victime.
- Speaker #1
Je m'adresse à toute la classe. Je m'adresse à des potentiels victimes, je m'adresse à des potentiels harceleurs, je m'adresse à des potentiels témoins actifs ou passifs. Je m'adresse à toute une classe qui pourrait voir, entendre, détecter quelque chose. Et même à un prof, une prof, et même à des parents en fin de journée. Parce qu'en fait, on est tous concernés par cette lutte et donc ça concerne tout le monde.
- Speaker #0
Et donc Elian, toi, comment t'en es arrivé là à prendre autant de... D'engagement, on va dire, sur cette lutte contre le harcèlement. J'entends que tu as été victime, mais qu'est-ce qui a été le déclencheur pour que tu dises que tu voulais aller plus loin dans cette action ?
- Speaker #1
J'ai dû changer d'établissement parce que mon établissement m'a rendu responsable de la situation. Moi, j'ai assumé très tôt mon orientation sexuelle et c'est ce qui a posé problème. Et mon chef d'établissement m'a regardé droit dans les yeux en me disant « si tu n'avais pas parlé de ta vie privée, on n'en serait pas là » . Donc je suis parti de cet établissement, j'ai été hospitalisé pendant deux semaines et dès le 1er octobre, je me souviens avoir intégré un nouvel établissement à Paris où ça a été le bonheur absolu. J'ai été très heureux et pour moi, ça a été vraiment le paradis parce que j'ai été accompagné par mes camarades et par les adultes à 200% et c'était trop bien. Mais je me suis posé deux questions à ce moment-là. Soit je reste dans cette incompréhension toute ma vie parce que c'est quelque chose qui marque quand on est enfant, mais même plus grand. Ou soit j'essaye d'utiliser un médicament invisible qui fait que je vais transformer moi-même cette expérience négative, clairement négative, en expérience positive. justement en intervenant devant les jeunes. Et je me suis dit que la seule manière de pouvoir me réparer et d'aller mieux, c'était d'aller rencontrer les jeunes pour leur raconter mon histoire. Et parce que lorsque vous racontez votre histoire, vous parlez, vous vous libérez, vous racontez ce qui s'est passé. Puis vous avez aussi le témoignage d'autres jeunes qui vous remercient d'avoir témoigné et qui se reconnaissent aussi dans votre témoignage. Et donc mine de rien, moi ça m'a beaucoup aidé parce que je me suis dit ok, je ne suis pas le seul. Mais surtout le fait de changer d'établissement et de rencontrer une nouvelle classe, d'avoir été aidé. ça m'a montré que le harcèlement, ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas parce que ça s'est passé dans cet établissement-là que dans mon nouvel établissement, ça va se passer. Et ce n'est pas un point final dans ma vie. Ça a été une transition. Ça a été très compliqué, mais aujourd'hui, je vais mieux. Et c'est le principal, c'est le plus important. Et donc, en gros, le médicament, c'est les interventions. Aujourd'hui, je vais très bien et je suis très heureux. Et je pense que je n'ai plus besoin d'intervenir dans les établissements pour être heureux. Mais je sais qu'il y a de la demande. Je sais qu'il y a besoin. en l'occurrence de raconter un témoignage, de raconter quelque chose de factuel à des jeunes. Parce que dire dans une classe que le harcèlement c'est pas bien, ok, ils en entendent parler chaque année, je pense qu'il faut aller plus loin. Donc un témoignage et surtout raconter et présenter des solutions aux jeunes. Comment en parler, comment le dénoncer ? Parce que quand vous dites à une salle de classe qu'il faut en parler, il faut le dénoncer, ils vous regardent dans les yeux en vous disant... Pas que aux jeunes finalement. Bah ouais, pas que aux jeunes, mais surtout ils te regardent et ils te disent mais en fait, t'es marrant, tu me demandes de dénoncer, mais moi je suis pas une ballon, je suis pas une poucave. Puis tu me demandes d'aller le dénoncer à la fin du cours devant le prof, qu'est-ce qu'il va faire le prof ?
- Speaker #2
C'est absolument lunaire à quel moment tu as pu être tenu responsable de cette situation.
- Speaker #1
Mais il y a 9 ans, on n'en parlait quasiment pas. Moi, il y a 9 ans, je n'ai jamais eu d'intervention dans ma classe qui racontait le harcèlement à l'école.
- Speaker #2
Moi non plus, mais même sur le principe, je trouve ça complètement délirant. C'est totalement fou. T'as été tenu responsable d'une situation alors que tu étais la victime.
- Speaker #1
C'est totalement fou. On avance, on s'améliore, il y a beaucoup de progrès, mais ce n'est pas ça encore, il faut continuer. Mais par rapport à mon histoire, je t'assure qu'il y a beaucoup de choses qui ont évolué. Tu as parlé tout à l'heure du programme phare. Encore une fois, il y a 9 ans, le programme phare, on n'en parlait pas.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ou Kang, si vous connaissez tous les deux bien le programme c'est quoi ce programme en fait ?
- Speaker #2
Le programme FARC c'est un programme qui a été mis en place en 2022 quand Gabriel Attal était ministre de l'éducation nationale et elle a pour principe de former des élèves des encadrants de l'établissement pour lutter contre le harcèlement donc quand je dis former ça va inclure sensibilisation création de modules dans un établissement pour accompagner des élèves harcelés Et faire venir des interventions aussi. Donc quand je dis faire venir des intervenants pour sensibiliser, je parle justement des personnes comme toi qui viennent dans l'établissement, qui en parlent.
- Speaker #0
Et alors ce serait quoi, Elian ? Tu parlais de conseils concrets pour les parents qui nous écoutent et pour les jeunes qui nous écoutent. Qu'est-ce qu'on peut dire à un jeune qui est victime de harcèlement ? Comment faire pour en parler ? Ou quelqu'un qui est témoin d'une situation de harcèlement ? C'est quoi les conseils concrets pour libérer la parole sans être une poucave ?
- Speaker #1
D'où l'intérêt déjà de la prévention dans les écoles à destination des jeunes, mais aussi à destination des parents. Et comme tu as parlé du programme phare, alors le programme phare, juste, il existe depuis plus longtemps. C'est Gabriel Attal, en revanche, qui l'a démocratisé, mais surtout qui a fait en sorte que le programme phare soit obligatoire dans tous les établissements scolaires et qu'ils doivent rendre entre guillemets des comptes. C'est-à-dire que chaque année, le chef d'établissement, il doit envoyer sur une plateforme tous les projets qu'il a pu mettre en place dans son établissement en offrant de la détection. de la détection, pardon, de la prévention et surtout des solutions aux établissements, mais aussi aux parents. Et moi, le message que j'envoie aux jeunes, c'est de dénoncer dans le but pas d'être une balance, d'être une poucave, mais surtout de montrer que, au final, dénoncer, c'est protéger, c'est aider, c'est sauver parfois un camarade qui n'irait pas bien. Insister sur sauver parce qu'on a des témoignages qui sont affreux à la télévision. On a des chaînes de télé qui vous parlent de suicide. Et les jeunes, quand vous leur demandez à quoi ça te fait penser le harcèlement à l'école ? en fait ils te regardent et ils te disent ça me fait penser à la mort, ça me fait penser au suicide et en fait moi quand j'entends ça dans une salle de classe de 6ème de primaire, ça me rend triste parce que je me dis,
- Speaker #2
connaître ces mots ça peut quand même être inadapté connaître ces mots dans ce genre de niveau c'est pas possible,
- Speaker #1
donc leur prouver que dénoncer c'est protéger, c'est aider, c'est sauver comment ? en en parlant, auprès de qui ? personne de confiance dans un établissement scolaire Merci. Personne de confiance, si toi tu es ambassadeur de lutte contre le harcèlement dans ton établissement scolaire, j'imagine que tu as des personnes ressources, donc des adultes. Par exemple, toi dans ton établissement, c'est qui les personnes ressources dans ton établissement ?
- Speaker #2
Les personnes ressources, ça va être certains professeurs qui ont été volontaires pour être formés, certains AED qui ont été aussi volontaires, les CPE qui ont été volontaires, ou même pour les autres élèves, les ambassadeurs phares qui pourront passer le relais en cas de besoin.
- Speaker #0
Donc toi tu as des élèves qui viennent te voir ? pour te dire j'ai été victime ou j'ai été témoin d'une situation de harcèlement et qu'ils viennent se confier auprès de toi ?
- Speaker #2
Complètement. Le module de mon établissement, principalement, ça a été de instaurer des séances de médiation où les élèves pouvaient venir nous parler, venir se confier à nous, venir en parler. Nous, on jurait, c'était notre rôle de garder ça anonyme, évidemment, mais du coup, de parler de ce qui n'allait pas, s'ils le souhaitaient, de passer le relais à un adulte. Et puis c'est aussi notre rôle, si on considère que l'élève qui vient nous parler est en danger, que ce soit vis-à-vis de lui-même ou vis-à-vis des autres, on considère que c'est nécessaire du coup d'en parler aussi.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que, Lian, ça peut faciliter la prise de parole, notamment pour les témoins, de venir à plusieurs ? de ne pas être le seul à dénoncer une situation, mais d'arriver en groupe. Est-ce que c'est un conseil qu'on peut donner aux jeunes de peut-être agir pour pas... J'ai l'impression qu'il y a quand même une crainte quand on est témoin et potentiellement qu'on dénonce une situation, d'être la prochaine victime, en fait, et que ça peut faire très peur aux enfants. Est-ce que le fait de venir à plusieurs, ça peut être une manière d'y répondre ?
- Speaker #1
Moi, je pars du principe que si le phénomène de groupe profite généralement aux harceleurs et qu'on fait en sorte qu'ils se retournent et qu'ils profitent à la victime ou aux témoins, On part du principe qu'on est plusieurs témoins et donc on peut le dénoncer à plusieurs. Comment ? Et ça c'est tout l'enjeu du coup, d'en parler à quelqu'un de confiance dans l'école.
- Speaker #2
C'est un des modules qui sont à mettre en place.
- Speaker #1
Exactement, des personnes ressources dans un établissement. Donc là on a listé les adultes de l'école personnes ressources, ambassadeurs. Mais il faut aussi montrer que même si par exemple un professeur fait partie du personnel ressources, il y a aussi potentiellement le personnel de cantine, de ménage, de l'administration qui... n'est pas dans le programme phare, qui n'est pas personne ressource, mais qui peut aussi agir. Si moi, je n'ai pas envie d'en parler à quelqu'un du programme phare, je peux aussi en parler à le personnel de cantine, de l'administration, de ménage, de l'intendance, qui va pouvoir recueillir la parole et après le transmettre à l'équipe ressource de l'établissement. Mais quand un jeune vous dit, moi, je n'ai confiance en personne dans l'école, ce qui arrive parfois, le but, c'est de trouver une solution aussi. Et l'enjeu, c'est aussi de pouvoir présenter le fameux numéro 38. Le numéro 38, parce que c'est bien de coller une affiche. À l'extérieur de l'école, en disant c'est un problème, t'appelles le 3018, tout comme plein d'autres numéros qui existent, mais il faut aussi le présenter ce numéro. Parce que dire à un jeune t'appelles le 3018, ok, mais qui va répondre ? Comment ça va se passer ? Qui va traiter l'information ? Exactement.
- Speaker #0
Et alors ?
- Speaker #1
Moi je leur dis, le 3018 c'est un numéro qui est gratuit, qui est anonyme, qui ne s'inscrit pas dans les factures téléphoniques des parents. C'est un numéro qui est ouvert tous les jours du lundi au dimanche de 9h à 23h. C'est des écoutants, des juristes, des psychologues, des personnes qui sont formées à répondre au téléphone tous les jours. et qui vont pouvoir m'écouter, recueillir ma parole, me conseiller, mais à défaut, si je n'ai pas envie d'en parler à quelqu'un de l'école ni à ma famille, de transmettre l'information auprès de l'établissement. C'est-à-dire qu'avec mon autorisation, si j'appelle seul ou avec mes parents, je peux appeler seul mais aussi avec mes parents, transmettre l'information au sein de mon établissement dans le but de déclencher le fameux protocole de lutte contre le harcèlement, le programme FAR.
- Speaker #2
Il y a ce numéro qui est contre le harcèlement, mais évidemment, on peut parler de harcèlement à d'autres numéros. Par exemple, je pense au 31-14, au numéro de l'intervention contre le suicide.
- Speaker #1
Exactement. dans des situations extrêmes il y a tout plein de numéros auxquels on peut se confier et c'est important de les garder en tête Et alors le numéro 3018 vous pouvez l'appeler par téléphone mais vous pouvez aussi discuter avec eux par message si vous faites le test vous allez sur internet vous tapez juste dans la barre de recherche 3018 vous cliquez sur ienfance.org et en bas à droite du site internet vous avez une bulle bleue qui va apparaître vous cliquez dessus et vous pourrez discuter instantanément avec un opérateur du 3018 et c'est aussi important de le rappeler aux jeunes parce qu'un enfant va peut-être même beaucoup plus se confier par message, via le chat, que par téléphone. Parce que ça nécessite d'appeler quelqu'un, potentiellement de faire du bruit, quelqu'un entendre derrière, etc. Et là, le but, c'est de parler du 30-18 et de leur dire, ok, vous pouvez les appeler, mais vous pouvez aussi discuter avec eux par message, via leur application.
- Speaker #0
Et donc, c'est d'autant plus important qu'aujourd'hui, 6 parents sur 10 ne connaissent pas ce numéro, et 7 enfants sur 10 ne connaissent pas ce numéro. Donc, 30-18, il y en a d'autres, mais peut-être qu'on...
- Speaker #2
Il faut que sur lui-même, c'est bien la preuve qu'il y a encore un boulot de sensibilisation énorme qui doit être fait.
- Speaker #0
Un parent qui a l'impression que son enfant... J'ai l'impression qu'il y a quand même des signaux qui peuvent arriver, des notes qui baissent, un comportement qui va changer brutalement, un enfant qui va se renfermer. Un parent qui va avoir des doutes, qui n'a pas de preuves, qu'est-ce qu'il peut faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire en tant que parent vis-à-vis de son enfant pour... Il n'y a peut-être rien, mais il y a peut-être quelque chose pour l'encourager à parler.
- Speaker #2
Déjà, le... Lui faire comprendre qu'en tant que parent, on est ouvert à la discussion, qu'il n'y a pas de soucis, qu'il n'y a pas de jugement. Ne pas émettre de commentaires critiques sur ce que vivent certaines personnes parce que, on ne sait pas, ça se trouve, votre enfant est concerné. Et si vraiment on a des doutes, essayer d'aller creuser un petit peu. Aller vers lui, faire le premier pas. Parce que quand on est harcelé, c'est difficile de faire le premier pas. Donc faire le premier pas, aller lui demander comment il va, comment ça se passe à l'école, est-ce que tu as des copains, est-ce qu'il y a des choses qui te dérangent à l'école. Si on voit des résultats qui baissent pas tout de suite, à lui dire, « Hey, t'es un feignant, tu bosses pas assez. » Non, essayez vraiment de comprendre.
- Speaker #0
À quoi c'est lié en fait tout simplement ? Est-ce que c'est parce que tu as des difficultés avec tes profs ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ton quotidien qui pourrait être le harcèlement en l'occurrence ?
- Speaker #1
Le mettre en confiance tout simplement. Lui dire que, lui montrer que ce n'est pas de sa faute. Enfin, ne pas lui faire peur. Le mettre en confiance et lui montrer qu'on est à l'écoute en tant que parent. On va recueillir sa parole, qu'on va avancer avec lui, avec son autorisation. Et même si on a un doute, parce que notre enfant peut aussi très bien nous dire « il n'y a rien, c'est compliqué, est-ce qu'on alerte l'école, est-ce qu'on n'alerte pas l'école ? » On peut aussi être dans cet échange avec l'établissement sans déclencher le protocole. Demander l'avis au professeur, demander l'avis au chef d'établissement, être dans cette discussion et être à l'affût de tout signe qu'on pourrait repérer pour aller plus loin par la suite. Et même un jeu peut-être à faire lors de la réunion de famille, le fameux soir quand on mange tous ensemble. de jouer à ce jeu où en fait on raconte tout ce qu'on a aimé, qu'on a kiffé dans la journée, et tout ce qu'on n'a pas forcément aimé, ou ce qui nous a peut-être mis en difficulté, ou rendu énervé ou triste. Et les adultes peuvent jouer, et les enfants aussi. Moi j'ai bien aimé parce que, je ne sais pas, ma collègue elle a fait un gâteau au chocolat, j'ai adoré. Bon par contre j'ai beaucoup de travail et je suis fatigué. Bon et toi, qu'est-ce qui t'a plu aujourd'hui, qu'est-ce qui t'a pas plu ? Ça paraît peut-être bête ce que je dis, mais au final ça permet aussi indirectement de recueillir des infos du jeune.
- Speaker #0
C'est super intéressant ce que tu dis là, parce que ça rappelle aussi qu'il y a déjà plein de routines qui peuvent être mises en place pour accompagner ça, et que le harcèlement, c'est pas ponctuel. Ça rappelle aussi que c'est une histoire quotidienne.
- Speaker #1
Et sans parler de harcèlement, tout de suite. Parce que quand on parle de harcèlement, ça fait peur tout de suite, évidemment. Donc sans parler de harcèlement, avant de raconter ce qu'on a fait, ce qu'on a aimé, ce qu'on a un peu moins aimé, mais d'être dans cet échange sans tout de suite poser le mot harcèlement, où tout de suite, aujourd'hui, derrière, ça fait penser à des procédures, à des signalements, à la police, etc. Et ça fait peur.
- Speaker #0
Je pense que le harcèlement, c'est un sujet qui est soit pas assez, je dirais pas médiatisé, mais dont on parle pas assez, soit qui est entouré de trop d'idées reçues.
- Speaker #2
Et tu penses à quoi comme idées reçues ?
- Speaker #0
Je pense au fait, je prends l'exemple du film hollywoodien américain où tu vois le grand costaud qui plaque le moins costaud au compte des casiers, qui lui fait la misère au quotidien. Le harcèlement, c'est pas que ça en fait, c'est aussi plein d'autres choses. C'est extrêmement large, en fait, le harcèlement,
- Speaker #1
par exemple. C'est marrant que t'en parles, parce que des fois, t'as des jeunes qui te disent « Oui, mais moi, je serai jamais victime de harcèlement, parce que je suis le plus populaire de la classe, je suis le plus fort de la classe. » Au final, ça veut rien dire. T'as raison de le rappeler.
- Speaker #2
Oui, j'ai l'impression qu'en fait, tout le monde peut un jour être victime de harcèlement. Il n'y a pas de harceler type,
- Speaker #0
et il n'y a pas de harceler type. Ça, c'est une chose qu'il faut vraiment retenir.
- Speaker #1
Tout le monde. Ça peut arriver à n'importe quelle personne. Vous avez des témoignages d'enfants qui vont être le plus costaud de la classe, le plus grand de la classe, mais... qui a un jour été le plus populaire de la classe, mais qui, parce que phénomène de groupe, cible la personne, va devenir victime de harcèlement. Mais si vous me le permettez, moi j'aimerais juste rajouter qu'aujourd'hui on parle beaucoup de harcèlement à l'école, mais la majorité des situations qui émergent de situations de harcèlement, ça se passe sur les réseaux. Et vous demandez à n'importe quel chef d'établissement, à n'importe quel prof, aujourd'hui on vous dira que, avant on te disait, oui le harcèlement s'arrête aux frontières de l'école, etc. Bon, moi, quand j'ai eu mes problèmes à l'école, il y avait déjà les réseaux, donc il n'y avait plus de frontières. Ça continuait sur les réseaux. Mais maintenant, vous vous rendez compte que la majorité des situations émergent des réseaux et ont un impact dans le bon fonctionnement de l'établissement, parce que problème dans les groupes de classe fait que ça va avoir une influence dans ma classe, mauvaise ambiance, règlement de compte, etc. Et le problème, c'est que les écoles, elles ne peuvent pas gérer. Officiellement, elles ont un devoir de signalement s'il y a des problèmes sur les réseaux.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a vraiment un manque de cadre. vis-à-vis des réseaux sociaux et de tout cet aspect numérique qui peut y avoir dans le harcèlement et le cyberharcèlement.
- Speaker #1
Et je ne pense pas que ce soit à l'école de gérer les problématiques sur les réseaux.
- Speaker #0
Non, clairement.
- Speaker #2
C'est le rôle des parents, c'est le rôle de l'État ?
- Speaker #0
C'est le rôle des parents de sensibiliser là-dessus et aussi c'est le rôle des plateformes de faire attention à ce que certains contenus ne soient pas que ce soit du contenu ou sur des Ausha ne soient pas dégradants pour quiconque.
- Speaker #1
Ça c'est un sujet, c'est un vrai sujet, mais d'un autre côté, tu vois, moi je vais dans des salles de classe, les premières classes que je rencontre ce sont des CE2. Je t'assure qu'en CE2 ils sont quasiment, sans dire de bêtises, la moitié de la classe à lever la main quand je leur demande qui a un téléphone portable et qui a des réseaux sociaux. Et quand je te parle de téléphone portable, je te parle pas de téléphone à touche, des smartphones.
- Speaker #0
Des smartphones avec les réseaux sociaux. En CE2. Moi je me souviens, c'était une des raisons pour lesquelles je m'étais fait harceler aussi. C'est que mes parents, et ils ont très bien fait pour le coup, m'ont donné accès à un téléphone relativement tard par rapport à la majorité de mes camarades. J'ai accès à mon premier téléphone quand j'avais 14 ans. 14 ans,
- Speaker #1
t'es en quelle classe ? 4ème.
- Speaker #0
4ème, t'as 14 ans. Alors que finalement, mes amis, ils avaient un téléphone portable. Bon, c'était des années, mais en 2018... 2016, non, 2016-2017, donc on était quoi, CO2, CM1, il y avait déjà des gens qui avaient des téléphones pas trop avec les réseaux.
- Speaker #2
C'est ce que tu dis, c'est un enfant sur deux.
- Speaker #1
Mais d'un autre côté, t'as pas de téléphone en sixième dans cette transition-là, où normalement en sixième tout le monde a un téléphone portable, c'est un peu, d'un autre côté, aussi une pression sociale.
- Speaker #0
C'est clairement une pression sociale. Parce que par sécurité,
- Speaker #1
tu donnes pas de téléphone à ton enfant.
- Speaker #2
Mais alors est-ce qu'il vaut mieux en donner ou pas en donner ? Est-ce qu'il vaut mieux retarder le plus longtemps possible ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a du oui et du non. il y a des avantages comme des inconvénients il y a l'avantage d'être protégé des réseaux sociaux en cas de cyberharcèlement ou même d'empêcher son enfant de harceler quiconque sur les réseaux sociaux s'il n'est pas sensibilisé et il y a aussi l'aspect de pression sociale où ton enfant peut se prendre des pressions ce qui a été mon cas où on me disait t'as
- Speaker #2
même pas de téléphone après je rappelle quand même que normalement l'accès aux réseaux sociaux c'est 13 ans encore aujourd'hui, ça changera de tête. D'où le normalement.
- Speaker #0
Officiellement. Officiellement, vous êtes dans une salle de classe,
- Speaker #1
ils vous racontent tous comment avoir un compte sans... On a juste un motif déclaratif, que vous montez sur votre date de naissance et puis c'est bon.
- Speaker #2
Donc le rôle des parents est hyper important.
- Speaker #0
C'est très rare qu'on ait une carte d'identité ou une vérification faciale.
- Speaker #1
Et puis même avec l'intelligence artificielle, c'est très facile. Des fois on me raconte, si tu veux aller sur telle application, tu mets une photo de... de personnes âgées sur Google et puis ça déverrouille le chat, ça déverrouille l'appli. Ou alors, c'est du déclaratif, encore une fois. Tu mets la carte de noté de tes parents. Et les parents, je pense qu'il y en a beaucoup qui ne sont pas sensibilisés parce que déjà, quand vous invitez des parents à une sensibilisation, bon, sur des établissements de 500 élèves, honnêtement, vous avez entre 5 et 10 parents qui sont présents. Pourtant, la communication, elle a été...
- Speaker #0
J'ai dit une vingtaine, mais j'étais large.
- Speaker #1
Non, vraiment, je te jure. Vraiment. Et quand t'en as 20, t'es très content. Parce que tu te dis, waouh, trop bien. La com' elle est bien faite,
- Speaker #0
elle est envoyée. Il y a 5 et 10 parents. C'est la niche, le domaine où il y a le plus gros manque de prévention, c'est vis-à-vis des parents.
- Speaker #1
Mais d'un autre côté, les parents ils ont un travail, ils ne sont pas disponibles tout le temps et ça se comprend. D'un autre côté, quand tu discutes avec certains parents qui ne sont pas là, tu entends parfois des retours où on te dit oui mais mon enfant il n'est pas victime, donc ce n'est pas un sujet d'actualité, mon enfant il ne pourrait jamais être harceleur, je l'ai trop bien éduqué, c'est impossible. Alors que ça n'a pas du tout de rapport avec l'éducation qu'on a pu donner à notre enfant. On n'est pas les mêmes à l'école qu'à la maison et d'où l'intérêt justement de venir. Et quand vous présentez justement, lors de ce genre de conférence, à des parents, lorsque vous présentez les modules réseaux sociaux, applications à bannir, dangereuses, applications qui pourraient mettre en relation votre enfant avec des prédateurs sexuels, parce que ça aussi on n'en parle pas mais c'est un sujet, les parents sont scotchés et se disent « mais cette application-là, je la connais pour juste être un jeu » . Ben ouais, mais c'est un jeu où votre enfant peut être mis en relation avec une personne mal intentionnée.
- Speaker #0
Et je pense que par rapport aussi à la prévention, tu disais que les parents se disent « Jamais mon enfant ne peut pas être un harcèleur » . Mais je pense qu'il y a aussi un vrai problème de remise en question du côté de certains parents qui refusent aussi... C'est une histoire d'ego ou de fierté. Voilà, c'est jamais facile aussi de se mettre en question. Surtout après des années à avoir été conditionnées d'une certaine façon. Mais je pense qu'il y a aussi un vrai problème de remise en question chez certains parents qui refusent de voir la réunion en face, de dire que « Ton gamin, il a déconné. »
- Speaker #1
Donc moi, je dirais, le harcèlement, on en parle. Je pense même parfois un peu trop. Parce que quand tu vas dans des salles de classe, des fois, tu as des jeunes, alors souvent vers le lycée, pas forcément école, primaire, collège. Tout dépend. Et des fois, tu as des lycéens qui te disent, c'est bon, ça fait dix fois que j'en entends parler, je sais ce que c'est le harcèlement. D'où l'intérêt de revisiter à chaque fois la prévention et chaque année d'être en complémentarité du programme phare et de tout ce qu'on peut leur apporter sur ce sujet. Mais d'accentuer la prévention à destination des parents. Et d'ailleurs, dans le programme phare dont tu as parlé, tu as trois niveaux. Et sur le niveau 2 et le niveau 3, niveau 2, tu demandes une intervention à destination des parents, donc pouvoir sensibiliser les parents pour monter en niveau 2. Et niveau 3, tu demandes aux parents d'être ambassadeurs, ambassadrices de lutte contre le harcèlement en tant que parents. Donc pouvoir permettre aux parents de venir, d'être acteurs dans la lutte contre le harcèlement de leur établissement.
- Speaker #2
Et ça fonctionne concrètement pour les parents qui nous écoutent, d'être ambassadeurs ?
- Speaker #1
Bah, j'ai envie de dire que j'ai pas envie de vous mentir, pour l'instant c'est compliqué, il n'y a pas beaucoup d'établissements au niveau national. qui sont niveau 3, parce que justement, le plus complexe, c'est de faire venir les parents dans l'établissement. Donc, j'ai envie de dire, la moyenne, c'est à peu près niveau 2 en France. Tout dépend des départements, tout dépend des régions et tout dépend aussi de l'implication, parce que pour ça, il faut aussi une équipe investie dans l'établissement. Il y en a beaucoup, évidemment, mais on va dire transition actuellement, niveau 1, niveau 2 actuellement.
- Speaker #2
Et alors, petite transition, qu'est-ce que vous pensez tous les deux de ce plan portable en pause ? Avec tout ce qu'on vient de se dire.
- Speaker #1
Je te laisse le nord.
- Speaker #0
On aurait peut-être un avis différent là-dessus, si ça se trouve. Je pense que pour moi, c'est un grand non. Pour moi, ce n'est pas une bonne idée. Dans le sens où, ça, c'est l'opposition de la prévention. C'est l'opposition de toute prévention qu'on peut donner. Le portable, en tous les cas, il reviendra à la sortie des cours. Donc s'il doit y avoir du cyberharcèlement, il y sera, en fait. Pour moi, au contraire, on doit justement, dans un établissement, donner la possibilité aux élèves d'utiliser cette technologie qui est omniprésente dans nos vies, de la bonne façon. On doit pouvoir donner une solution à ces élèves aussi d'être responsabilisés par rapport à cet usage-là, au quotidien. Donc leur donner la possibilité de s'en servir de façon libre, sans leur donner quelques contraintes, dans la limite du raisonnable, évidemment. Mais voilà, pour moi, il faut les responsabiliser, parce que c'est en étant responsabilisés qu'on a un impact sur les choses. Et ce n'est pas en étant cachés des choses, en fait.
- Speaker #2
Elian, ton avis ?
- Speaker #1
L'interdiction du téléphone portable au lycée, ce n'est pas que pour lutter contre le cyberharcèlement. Il y a d'autres sujets.
- Speaker #0
Je dis ça parce que c'est le sujet d'aujourd'hui. Oui, tu as raison.
- Speaker #1
D'un autre côté, tu as totalement raison, parce qu'il y a pas mal de situations aussi qui peuvent...
- Speaker #0
émergé sur les réseaux dans les établissements scolaires c'est compliqué en fait j'ai pas de oui j'ai pas de non je serais plus tenté de te répondre de vous répondre j'ai dit un grand non mais c'est un propos qui est à nuancer ça je suis d'accord bah ouais j'ai dit que c'est un grand non j'ai peut-être été impotent c'est un non c'est un non mais à nuancer en fait moi je pense que aujourd'hui
- Speaker #1
ils ont bien fait d'interdire le téléphone portable au lycée parce qu'il y avait certaines dérives et certaines problématiques dans le lycée qui pouvaient se poser je parle réseaux sociaux problématiques sur les réseaux parce qu'il y a beaucoup de situations sur les réseaux que les chefs d'établissement et que les écoles, collèges, lycées auxquels sont dépassés en fait ils ne peuvent pas gérer donc par la suite si les parents ne font pas le travail aussi derrière c'est compliqué de faire supprimer des contenus etc. Et je pense d'un autre côté qu'en termes d'attention c'est mieux. Maintenant je ne suis plus au lycée donc c'est trop facile de dire ça. Voilà donc je n'ai pas envie d'être influencé par cette position Je suis peut-être biaisé et mon avis le type.
- Speaker #0
biaiser là-dessus, étant donné que je suis concerné par la tradition du téléphone, peut-être que mon ami est biaisé là-dessus, j'en sais rien. Mais enfin, ça donne un cadre quand même. Ça donne un cadre. Après, est-ce que c'est ce cadre-là qu'il faudrait donner ? C'est une autre question.
- Speaker #1
On verra.
- Speaker #0
Ce sont de grandes questions qui sont encore dans la controverse aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est comme l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Oui, mais comment en fait ? C'est quoi le cadre ? Qu'est-ce qui est donné ?
- Speaker #2
Et alors du coup, réseaux sociaux, danger des réseaux sociaux, qu'est-ce qu'on fait concrètement si on est harcelé sur les réseaux sociaux ?
- Speaker #1
Je suis un collégien, je suis un lycéen, je suis victime de harcèlement sur les réseaux. Moi, la solution, c'est directement de contacter le 3018. Le 3018, il peut agir lorsque je suis victime de harcèlement à l'école, lorsque je suis témoin de situation de harcèlement à l'école, mais il peut aussi agir lorsque je suis victime de cyberharcèlement. Un exemple, je suis victime d'insultes, de moqueries, d'humiliation, de menaces sur les réseaux sociaux. Une photo qui fuite de moi sur les réseaux de quelque nature. de quelque nature que ce soit, une photo, une vidéo, j'appelle le 3018. Dès l'instant que le 3018 est au courant, ils peuvent directement contacter la plateforme, je parle de quelques minutes, contacter la plateforme en question pour demander la suppression de manière immédiate. Ce n'est pas un algorithme qui va se mettre en place, ce n'est pas un bouton auquel ils vont cliquer, c'est justement un process en interne qu'eux ont parce qu'ils ont signé un accord au niveau européen avec ces plateformes. qui font que quasiment instantanément, ils peuvent faire supprimer la photo, la vidéo, les menaces, les insultes, faire bloquer des comptes, bannir des comptes sur les réseaux sociaux, qui pourraient représenter un risque, un danger imminent pour ce jeune. Maintenant, le 3018 a aussi une application. Et vous avez certaines régions, je pense notamment à la région Pays de la Loire, qui, comme plein d'autres régions, offrent des ordinateurs portables aux lycéens, mais qui incluent, eux, spécifiquement, l'application 3018 à l'intérieur. Et c'est trop bien parce que, du coup... les jeunes lycéens de cette région cliquent dessus et ils peuvent stocker des photos et des vidéos en guise de preuves de contenu qu'ils subissent sur les réseaux. J'ai l'application 3018, j'ai un bouton rouge avec marqué mon coffre-fort. Je clique dessus, j'ai un mot de passe. Je mets mon mot de passe et puis à l'intérieur, je vais pouvoir téléverser des photos et des vidéos de ma galerie en guise de preuves dans mon coffre-fort de manière à ce que lorsque je contacte le 3018, eux puissent avoir accès au coffre-fort et faire supprimer beaucoup plus rapidement des photos, des vidéos, des messages, des insultes sur les réseaux sociaux. Et encore une fois, j'insiste sur le fait que ce n'est pas une IA qui va gérer. Généralement, on vous dit, vous cliquez sur le bouton signaler de l'application et puis évidemment, la photo, la vidéo, les messages vont être supprimés. Parfois oui et parfois non. En fait, on sait que ça pose beaucoup de problèmes. Là, c'est vraiment des humains derrière qui vont répondre au téléphone, qui vont répondre Ausha et qui vont voir réellement ce qui se passe et actionner les leviers qu'ils ont en interne. Et c'est uniquement le 38 aujourd'hui qui a cette main-là là-dessus. Avant, les jeunes devaient appeler avec leurs parents. Aujourd'hui, ils n'ont plus besoin d'appeler avec leurs parents. Et je pense que c'est quand même une avancée, parce qu'appeler avec ses parents lorsqu'on est victime de cyberharcèlement, ou lorsqu'il y a une photo, une vidéo qui fuite sur les réseaux... C'est pas facile d'en parler. C'est carrément pas facile d'en parler.
- Speaker #2
Donc on retient le 38, je pense que c'est vraiment le... S'il y a une info à retenir aujourd'hui, c'est le 38 en cas de situation, de doute, qu'on soit enfant, qu'on soit parent... Que ce soit du harcèlement, du cyberharcèlement, c'est vraiment la meilleure manière d'être orienté et de trouver les bonnes réponses.
- Speaker #1
Exactement. Et on peut appeler pour simplement poser des questions, pas uniquement pour signaler quelque chose.
- Speaker #2
Génial. Écoutez, un très grand merci, Elian, Kang, d'être venus aujourd'hui parmi nous pour parler de ces sujets qui sont évidemment hautement importants, dont on parle beaucoup, mais dont il faut qu'on continue à parler parce que malheureusement, ce sont des situations qui continuent à perdurer. Il y a encore du chemin à faire. Il y a encore du chemin à faire.
- Speaker #1
Merci à Pixpay, surtout parce que c'est vrai que ça fait plusieurs années que vous parlez et traitez du... du sujet du harcèlement à l'école et je pense que vous avez aussi un rôle à jouer c'est-à-dire vous adresser à votre communauté aux jeunes mais aussi aux parents et c'est clairement ces personnes-là qu'on veut toucher et je pense que vous êtes un exemple pour peut-être de futures entreprises qui devraient aussi s'investir dans cette lutte donc merci pour votre...
- Speaker #0
Merci de faire participer des jeunes comme moi, que ce soit moi ou d'autres merci de donner la parole aussi à des personnes qui n'ont pas forcément eu l'occasion de l'avoir avant.
- Speaker #2
C'est normal je pense que c'est important Et effectivement, d'autres entreprises ont envie de se lancer. Je les encourage. Chacun peut apporter sa petite pierre à l'édifice. Ce podcast vous a été présenté par Pixpay, la carte de paiement numéro 1 des ados, copilotée par les parents.