Speaker #0Bienvenue dans Femmes Leaders, changeons le game, le podcast dédié aux femmes qui aspirent à prendre leur place de leaders et à enrichir leurs pratiques managériales. Moi, c'est Samia. Après plusieurs années en tant que manager et responsable RH, ma mission c'est d'accompagner désormais les femmes managers comme toi à gagner en confiance, à être plus sereines dans leur rôle tout en restant alignées avec leurs valeurs. Si tu es à la recherche de conseils, de partage d'expérience et d'une dose de bonne humeur, alors abonne-toi : ce podcast, que tu sois débutante ou experte, va devenir ton meilleur allié. Seule ou avec mes invités, on va plonger dans le monde fascinant du management et du leadership. Mais pas que, parce que derrière la femme leader que tu es, il y a peut-être aussi d'autres rôles que tu endosses, et ça, c'est pas rien! Mon ambition, c'est de te partager tous mes conseils pour t'aider à atteindre tes objectifs, pour t'inspirer, soyons fous, et rendre le management accessible et humain. En attendant, installe-toi confortablement et c'est parti pour l'épisode du jour. Ah, le syndrome de l'imposteur : tu l'entends, cette petite voix qui te dit que tu n'es pas légitime, que tu n'es peut-être pas à ta place, ou pas à la hauteur. Pire, tu penses que les autres vont finir par se rendre compte de qui tu es vraiment. Pas d'inquiétude, c'est le syndrome de l'imposteur qui pointe le bout de son nez. Spoiler alert, on parle de syndrome, mais ça n'est ni une pathologie, ni un handicap, ni un trouble d'ailleurs. On n'attrape pas le syndrome de l'imposteur comme on attraperait une grippe. Alors, c'est quoi le syndrome de l'imposteur ? En fait, puisque c'est comme ça qu'on l'appelle, le syndrome de l'imposteur, c'est cette sensation qu'on nous prête des qualités et des compétences qu'on n'a pas vraiment. Si tu penses que tes réussites, par exemple, sont du hasard ou que c'est juste un coup de bol, tu es peut-être concerné par ce syndrome de l'imposteur. Tu sais, ce sentiment où, finalement, tu ne te sens pas vraiment légitime, pas à ta place, ne méritant pas vraiment ce qui t'arrive. Et tu penses même que les autres vont finir par se rendre compte un jour que tu n'es pas compétente. Si jamais tu es confrontée à cette réalité, eh bien dans cet épisode, je vais te dire comment apprendre à l'identifier, à le surmonter si tu es manager. Alors d'abord, revenons-en aux origines de ce syndrome. C'est à deux psychologues américaines qu'on doit ce terme: Pauline Rose Clance, elle a élaboré un test de quelques questions au sujet du syndrome de l'imposteur, et Suzanne Himes. À l'époque, on ne parlait pas de syndrome. Leur première découverte, c'est qu'en discutant avec des étudiantes auprès de qui elles enseignent la psychologie, certaines vivaient un complexe d'infériorité. Ce phénomène de l'imposteur touche principalement les personnes brillantes avec des parcours d'excellence, celles et ceux qui réussissent absolument tout. Au début, on parlait donc de complexe. Ces personnes qui vivent avec cette expérience de l'imposteur, ont plus tendance à, d'une part, attribuer leur réussite à des facteurs externes, c'est-à-dire sur lesquels elles n'ont pas de contrôle. Par exemple, quand tu réussis quelque chose, c'est de dire : "Non, mais vraiment là, je n'ai aucun mérite. J'ai réussi parce que j'avais révisé le chapitre en question la veille. C'est vraiment un coup de bol". Ou alors de dire "Je suis tombée sur un jury sympa. Ils ont dû avoir pitié". Au lieu de simplement se dire "J'ai réussi car je suis calée dans ce domaine",par exemple. Et à l'inverse, elles vont avoir tendance à expliquer leurs échecs par des facteurs internes, en disant des phrases du type "je suis trop nulle, j'ai pas les compétences" au lieu de dire par exemple "c'était très compliqué ou je n'ai pas eu de chance". Alors moi, ce qui m'a frappé, c'est que paradoxalement, ce sentiment touche plutôt des gens très compétents, ça c'est ce que je t'ai dit tout à l'heure, et plus particulièrement les femmes. Et c'est là que ça m'interpelle. C'est marrant d'ailleurs, parce qu'on emploie ce terme aux masculins alors qu'il touche davantage les femmes. D'après une étude des assises de la parité qui date de 2021, 75% des femmes en sont victimes contre 50% des hommes. Pourquoi ? Tu vas me dire parce que en réalité, les femmes sont plus touchées, ou en tout cas plus durement touchées par cette dévalorisation permanente à cause finalement des stéréotypes d'infériorisation qu'elles ont intégrés dès leur plus jeune âge. On leur a dit souvent, et notamment aux petites filles, et on leur apprend depuis toute jeune, De ne pas faire de vagues, de ne pas prendre trop de place, de rester à leur place, d'être gentilles, d'être dociles. Aux garçons, on va enseigner plutôt de se faire confiance, d'être courageux, d'être fort et d'oser. Quand tu deviens manager, puisqu'on parle de ça aujourd'hui, tu peux être touchée aussi par ce syndrome. En fait, ce sentiment d'imposture, il va s'accentuer quand tu es confrontée à une difficulté nouvelle, un emploi nouveau ou de nouvelles missions, comme après une promotion par exemple. Et si tu viens d'être nommée manager, tu peux même ressentir ce syndrome de manière exacerbée. Alors pourquoi ? Les personnes, ou en tout cas les managers imposteurs, comme je les appelle entre guillemets, que je rencontre, ont des croyances du type je dois être experte pour manager des équipes Par exemple, si tu manages des équipes, en service de paye, tu penses que tu dois être experte dans le domaine de la paye. Une autre croyance, c'est de se dire je ne peux pas demander d'aide car c'est la preuve d'une faiblesse ou d'un manque de compétence; Ou encore de se dire "Sophia du pôle RH est beaucoup plus à l'aise à l'oral que moi et elle excelle dans tout ce qu'elle fait". "Je ne serai jamais à la hauteur" Etc. La tendance à la comparaison est très fréquente quand tu démarres en tant que manager. Sauf que tu peux avoir tendance à te comparer justement à des managers qui sont expérimentés. Et donc, tu ne peux pas comparer l'incomparable. Ce qu'il faut comprendre, c'est que sortir de ta zone de confort, donc de ce que tu sais faire, c'est être confrontée à de la nouveauté. Et c'est cette nouveauté qui va t'amener à avoir des doutes. Ces doutes, ils vont ensuite générer des pensées, qui ne sont que des pensées, concernant ce que tu penses être capable de faire ou non. Et si tu démarres en tant que manager alors que tu ne l'as jamais été, ou sur un nouveau challenge professionnel d'ailleurs, tu peux être parasitée ou envahie par des pensées qui remettent en cause ta légitimité en tant que manager. On parle de légitimité, mais en fait, ça ne veut rien dire de mon point de vue. Parce que c'est quoi être légitime ? Qui décide si tu es légitime ou non ? Par contre, se sentir suffisamment compétent ou non, c'est différent. Parce que si tu considères que tu n'es pas suffisamment compétente de manière factuelle, ça signifie peut-être que tu dois apprendre à progresser, à apprendre dans ton domaine. Bref, tu dois monter en compétence. Et là, tu peux agir. La légitimité, c'est lié à la validation des autres. La compétence, c'est lié à ce que tu peux faire toi. Et ça change tout. Je vais te donner un exemple concret. Je me souviens la première fois où j'ai été recrutée pour le poste de responsable RH, donc il y a plus de 10 ans. C'est exactement ce que je me suis dit. Je me suis dit, "est-ce qu'ils ont bien lu mon CV avant de me dire oui ?" "Est-ce que je suis moi-même sûre de faire l'affaire ?" "Maintenant que j'ai le poste et que j'ai réussi à convaincre en entretien d'embauche, parce que c'était vraiment un coup de bol cet entretien visiblement, je me disais aussi, et si tout le monde se rendait compte que je ne suis pas à la hauteur ? Ce sera vraiment la honte". Ce que je ne savais pas à l'époque, c'est que mon cerveau a activé le mode warning, danger, red flag, face à cette nouveauté. En fait, je sortais de ma zone de confort. Si jamais tu es concernée par ce sentiment et ces doutes, sache que ces pensées viennent te protéger d'un danger. Parce que nouveauté égal peur égal danger pour le cerveau. Le risque, c'est que ces pensées peuvent t'empêcher d'avancer. Et j'ai déjà vu des managers refuser des postes à responsabilité, par exemple, dans le cadre d'une stratégie d'évitement, en fait, pour ne pas être confrontés à ce syndrome de manière forte. Et parce que ces personnes ne se sentaient pas forcément à la hauteur au moment où le poste leur a été proposé. Et puis le deuxième risque, c'est que ça peut t'empêcher de performer ou tout simplement d'être en paix. Parce que oui, ce syndrome peut générer de l'anxiété aussi, des peurs diverses et donc mettre à mal ton bien-être en général. Ça peut générer une mauvaise estime de toi, une petite voix qui vient te susurrer à l'oreille en permanence que tu ne vaux rien et que tout le monde va finir par s'en rendre compte. Cette petite voix qui va te dire mais tu vas échouer, mais qu'est-ce que tu fabriques, qu'est-ce que tu fous là ? etc. Sans faire de psychologie de comptoir, évidemment, ça n'est absolument pas l'objectif ici. Je vais te donner quelques astuces pour y faire face et que je m'applique à moi-même lorsque ce syndrome vient me titiller régulièrement. La bonne nouvelle, c'est que tu peux apprendre à l'apprivoiser. 1. Accueillir cette petite voix. Qu'est-ce qu'elle te dit ? Et là, tu vas lister toutes les pensées qui arrivent. Par exemple, si la pensée qui arrive, c'est "je ne suis pas un bon manager je ne suis pas à la hauteur" Ça ne veut pas dire que c'est vrai, mais tu vas la lister. En 2, c'est comment tu peux contrer ces pensées en restant factuel. D'abord, tu vas challenger cette pensée. Est-ce que c'est vraiment vrai ? Est-ce que tu as des éléments factuels qui vont dans ce sens ? Notre réflexe, c'est de croire ces pensées alors que tu peux les contrer. Les pensées ne sont que des pensées, elles ne te définissent pas. Et si factuellement... Tu dois encore progresser parce qu'il te manque probablement des compétences pour y arriver ou pour réussir à performer dans le nouveau job que tu occupes. Eh bien, demande-toi qu'est-ce que tu dois faire ? De quoi tu as besoin pour progresser ? Lister ce qu'il te manque pour progresser. Est-ce que tu as besoin d'une formation ? Est-ce que tu as besoin d'un mentor ? Est-ce que tu as besoin de lire des livres ? Ou de t'enrichir via des podcasts ? Par exemple, rien en dehors de toi ne peut créer cette confiance en toi. La confiance, c'est la croyance de ta capacité à faire. Et cette confiance à faire, elle va être générée par toi et toi seule. Je sais, ce n'est pas facile de le mettre en place. La confiance, ce n'est pas à travers les autres que tu vas l'acquérir. C'est via des actions et une prise en compte et une conscience de ce que tu fais qui va te permettre de la générer. En trois, c'est se proposer des contre-exemples et de dire, ok, dans quel cas j'ai réussi ? Noter par exemple tout ce que tu as réussi à faire. Noter tout ce que tu réussis chaque semaine. Oublie les phrases du type "non mais là, c'est un coup de bol, c'est le karma", etc. L'objectif de cet exercice, c'est de te confronter à toi-même. Ce qui chez toi et toi seule, donc tes compétences, ta personnalité, t'a permis de réaliser tes objectifs. Il y a aussi des avantages au sentiment d'imposture. Je m'explique. Il y a une professeure à l'école de management Mit Sloan aux Etats-Unis qui s'appelle Bassima Tewfik qui a réalisé une étude très intéressante. Elle travaille essentiellement sur la psychologie du moi social au travail et sur les différents aspects du syndrome de l'imposteur. Elle a mis en lumière le comportement de médecins pseudo-imposteurs et des médecins qui avaient une forte confiance en eux. Qu'est-ce qu'elle a constaté ? Elle a constaté que les médecins pseudo-imposteurs, ils ont été évalués par les patients comme étant plus à l'écoute, donnant de meilleures explications et plus empathiques. On trouve donc chez ces personnes dont les compétences sont plus hautes que la confiance en soi, une meilleure capacité d'apprentissage et puis surtout l'humilité de savoir qu'elles ne savent pas tout. Ce que je veux dire ici, c'est que comme disait Sénèque, j'adore cette citation, la vie ce n'est pas d'attendre que l'orage passe. c'est d'apprendre à danser sous la pluie. Eh bien moi, je vais faire un parallèle avec le syndrome de l'imposteur. S'il vient te titiller parfois, et c'est une bonne nouvelle, parce que ça veut dire que tu progresses, tu passes un pallier. L'essentiel, c'est d'apprendre à danser avec lui, parce qu'il viendra te faire coucou régulièrement, à chaque nouveau challenge, à chaque nouvelle étape de ta vie professionnelle et personnelle. L'important, c'est de savoir le reconnaître pour avoir des réflexes et mieux l'apprivoiser. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Et s'il t'a plu, tu peux le partager à tes amis et l'évaluer sur ta plateforme d'écoute préférée en mettant un avis 5 étoiles. C'est la meilleure façon de soutenir ce podcast et de le faire connaître. En attendant, je te dis à très vite pour le prochain épisode. Ciao !