- Speaker #0
Bienvenue dans la playlist 2026 des Merveilleuses, composée d'audio féministe exclusif enregistré à l'occasion de la fête des mères par des personnalités engagées aux côtés de la Fondation des Femmes. Au fil des audios, nous tenterons de vous faire découvrir la maternité. et la sororité dans toute leur richesse et toute leur diversité, grâce à des témoignages, des extraits de romans, des analyses, des chansons. Merci à toutes celles qui ont participé à cette playlist merveilleuse. Et maintenant, place à l'épisode !
- Speaker #1
Bonjour Olivia, merci beaucoup d'avoir accepté de participer à notre playlist des merveilleuses. Est-ce que s'il te plaît, tu pourrais te présenter et nous expliquer pourquoi tu as créé l'association Moi et mes enfants ?
- Speaker #2
Bonjour Oriane, merci beaucoup pour cette invitation. J'ai créé l'association Moi et mes enfants en 2017 par rapport à mon propre parcours en tant que mère, en tant que mère-chef d'une famille monoparentale. Donc je me suis retrouvée à la tête d'un foyer avec une petite fille qui avait 4 ans et demi et un garçon qui avait 10 mois. Et toutes les difficultés qui me sont arrivées de plein fouet. Et l'impossibilité, l'incapacité de trouver des réponses satisfaisantes et adéquates. Et j'ai trouvé ça très injuste. Ça m'a un petit peu usérée. Je me suis dit comment est-ce possible que rien ne soit pensé. pour les femmes qui sont seules à la tête d'un foyer ici, dans un pays comme le nôtre. Et donc, je me suis mise en devoir de trouver des réponses et des solutions concrètes à ces problèmes.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais nous parler justement de ces difficultés auxquelles tu t'es retrouvée confrontée quand tu es devenue chez une famille monoparentale ?
- Speaker #2
Merci d'employer aussi ce terme, parce que c'est un... combats aussi que j'ai mené un long moment sur le fait de ne plus faire employer autour de moi le terme mère solo, mère isolée ou mère célibataire ou pire encore, fille de mère. Un truc comme ça. Et vraiment chef de famille monoparentale parce que ça repositionne complètement à un autre endroit et c'est vraiment les termes que nous employons à l'association. Parce que lorsque les femmes que nous accompagnons Merci. se décrivent et se présentent en disant « je suis un tel et je suis chef de famille monoparentale » , ça n'a rien à voir avec le fait de dire « je suis un tel et je suis mère isolée » . Elles ont tout de suite une autre posture, une autre estime d'elles-mêmes et une autre puissance, pouvoir d'agir sur leur situation. Donc ça, c'était vraiment une première chose hyper importante. Et donc, une fois qu'on a un petit peu repris de force, Malgré tout, les difficultés sont là et en premier lieu, les difficultés économiques, les difficultés d'accès au logement, les difficultés financières et une autre chose qui est un petit peu plus insidieuse, qu'on ne voit pas de prime abord, mais qui est la différence d'accès au temps, ce que j'appelle la précarité temporelle.
- Speaker #1
Est-ce que justement tu pourrais nous détailler ce concept de précarité temporelle ?
- Speaker #2
Alors, en fait, ce que je dis souvent, c'est que... Et que pour une famille monoparentale, pour tout le monde en soi, mais c'est encore plus visible chez les familles monoparentales, parce qu'il faut savoir qu'en effet, si on prend une loupe, en gros, la métaphore, c'est que les familles monoparentales sont les loupes aussi sentent de toutes les difficultés, de tout ce qui ne fonctionne pas dans la société. Donc voilà, on est une sorte d'amplificateur, ce qui est le plus cher. Pour nous, famille monoparentale, ce à quoi on tient le plus et qui est le plus compliqué à saisir, bien entendu, dans un premier lieu, effectivement, je mets hors catégorie, hors course. Les enfants, bien sûr, c'est la première chose importante dans nos vies, mais ce qui est en plus le plus insaisissable, c'est le temps. Ce sont des journées, comme je le dis, de 40 heures. si on essaye, si on tente de... de se mettre le défi de réussir à faire entrer dans une journée ce dont on pourrait avoir besoin et ce à quoi on pourrait aspirer, qui sont deux choses complètement différentes, on se rend compte qu'on va être toujours dans l'urgent, dans l'important, le tout de suite, l'essentiel, le prioritaire, et que la place ne sera jamais réellement faite à ce qui peut passer en second, et pourtant qui est essentiel, comme l'accès à la formation, l'accès bien entendu au répit. Et puis, autant pour soi, pour souffler, pour se poser, pour se construire, se reconstruire, pour imaginer, pour se projeter, pour peut-être réfléchir à changer de boulot, pour créer du réseau, créer du lien, pour lire, pour rencontrer des gens, peut-être tomber amoureux, enfin voilà, un million de choses auxquelles on n'a pas accès puisqu'il n'y a pas l'espace et qu'on se retrouve dans cette espèce de charge, de surcharge mentale. et qu'on peut se dire qu'il y a une vraie inégalité à cet endroit-là. Alors, certaines personnes ont accès à ce qu'on peut appeler du crédit de temps, peuvent avoir le luxe de se dire « j'ai du temps, je navigue dans mon espace-temps » et d'autres personnes sont en permanence en temps contraint, en temps limité. Et donc, à partir de là, on ne peut pas avoir les mêmes chances, même les mêmes chances de… de se poser, de pouvoir réfléchir, se dire comment je mets un pied devant l'autre, qu'est-ce que je fais demain ? Tout ça creuse vraiment le sillon des inégalités. Donc cette précarité économique amène à cette précarité temporelle qui amène à cette précarité économique. Et c'est un cercle vicieux. Et donc on se rend compte que finalement, les personnes qui ont les meilleures situations, les meilleurs. conditions aussi professionnelles, sont des personnes qui, on peut être dans une famille biparentale et se sentir très seul aussi, très isolé, mais toutefois, on a la capacité de s'acheter du temps. Et comment on s'achète du temps ? C'est que du coup, on délègue les courses, on délègue le ménage, on délègue d'aller chercher les enfants à l'école, on délègue plein de tâches qui peuvent être exécutées par d'autres personnes. Et donc ça, ça fait qu'on On peut avoir des respirations et donc du crédit de temps qu'on peut mettre ailleurs, qu'on peut mettre sur du sport. Je le répète encore une fois sur la formation, mais pour moi, c'est essentiel. C'est que si on n'arrive pas à ouvrir son esprit, ouvrir son cerveau, se former, accéder à d'autres connaissances, d'autres compétences, mettre en avant ses talents, on ne peut pas sortir de la condition dans laquelle on est. Donc, c'est vraiment lié. Et donc, à côté, lorsqu'on ne peut pas s'acheter de crédit de temps, qu'on n'a d'autant plus pas de relais puisqu'on est seul, donc on n'a pas de personne relais. et en plus qu'on n'a pas les moyens économiques de s'offrir du temps, on est dans quelque chose qui fait que, comment finalement on fait jouer ces vases communicants de passer à une autre étape de sa vie ? Ce qui est insupportable et complètement injuste et inacceptable, c'est de dire qu'on traverse la vie comme ça, en mode survie en permanence, et qu'on se retrouve finalement lorsque les enfants ont grandi... quittent la maison, on espère qu'ils quittent la maison pour être heureux, faire des études, faire ce qu'ils veulent, qu'on les a bien accompagnés. Mais toutefois, moi, le nombre de femmes que j'accompagne qui ont passé cette étape-là, qui ont la cinquantaine, soixantaine, et qui se disent, qui se retrouvent avec le syndrome du nid vide, et de se dire, mais qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ? Et en plus, j'ai une petite retraite, et en plus, j'ai pas envie de peser sur mes enfants, parce que je sais pas comment je vais faire. avec ma retraite, si jamais il m'arrive des soucis de santé ou quoi que ce soit. Et donc, c'est en permanence, du début jusqu'à la fin, et on est dans quelque chose de complètement, je le redis, inacceptable. On ne peut pas accepter de traverser sa vie comme ça, en étant toujours en oubli de soi-même. Et donc, ça, c'est vraiment une chose qu'on essaye de faire à l'association, de redonner la capacité, d'offrir du temps, de redonner la capacité de prendre du temps pour soi et de penser à soi. parce qu'on est les reflets, les miroirs et les modèles de nos enfants. Et l'exemple qu'on doit leur donner, ce n'est pas égoïste de dire « je prends du temps pour moi » , au contraire, c'est d'avoir cette capacité de se dire « mieux je serai moi, plus épanouie je serai, et plus de force et d'espace j'aurai à redonner aux autres » . Donc c'est un petit peu le message qu'on essaie de délivrer.
- Speaker #1
Très intéressant, on va revenir sur ton association juste après. Je voulais juste redonner quelques chiffres. La monoparentalité concerne un quart des familles, plus de 4 millions d'enfants. Et dans 82% des cas, la chef de famille est une femme. Est-ce que ça signifie que la résidence est exclusivement chez la mère ? Oui,
- Speaker #2
si on élargissait le panel, si on était sur des cas où on est en garde alternée, on exploserait quand même un peu plus les chiffres. Mais là, effectivement, on parle de cas. où la garde était exclusivement chez la mère et toutes les responsabilités, la charge dont nous parlions tout à l'heure, que tout le monde bosse sur les épaules d'une seule et même personne.
- Speaker #1
C'est vraiment aucun, c'est pas un week-end sur deux, c'est vraiment non-stop.
- Speaker #2
Ce sont des situations de non-stop par rapport à moi et mes enfants. Je fais le parallèle, le lien sur ce non-stop. Moi, quand j'ai créé l'association, c'est parce que j'étais dans, à un moment donné, vraiment ce non-stop-là et cette culpabilité de ne pas offrir à mes enfants, la famille. parfaite dans ma tête, que j'avais à cette époque-là, dans ma tête d'une famille idéale, que je voulais toujours être en surcompensation, de faire plein de choses pour eux, de leur offrir des choses, alors que je n'avais pas les moyens financiers, alors que je me trouvais dans des galères économiques, de payer mon loyer. J'ai connu un petit peu toutes ces traversées du désert-là, et je me suis épuisée, et je me suis rendue compte que mes enfants n'étaient pas plus heureux, voire pas plus agréables. Et pourquoi, en fait ? Je me suis questionnée, c'est parce que moi, je n'étais pas bien. Et donc, ils ressentaient ça, les enfants qui sont de vraies éponges, sachant que maman n'était pas bien dans ses baskets, ils ne pouvaient pas, eux, être heureux. J'adore ce texte qui dit « Nous ne vivons vraiment que par ces petits êtres qui, dans tout notre cœur, s'établissent en maîtres, qui prennent notre vie et ne s'en doutent pas et n'ont qu'à vivre heureux pour ne pas être ingrats » . Et donc, c'est un peu ça, nous, qu'on demande aux enfants, juste qu'ils soient heureux et eux, de la même sorte, ils veulent que leur maman soit une maman qui rayonne. Et donc, c'est à ce moment-là que je me suis posée un petit peu et je me suis dit, bon, qu'est-ce qu'il faut faire ? Donc, en gros, le sujet, c'est moi, c'est moi le socle. Donc, il faut que je prenne soin de moi, que je prenne du temps pour moi, que je prenne du temps aussi pour penser à ce que j'aime faire, pour me donner de nouveaux projets, pour m'énergiser. ce dont j'avais besoin. Je suis une personne qui a besoin de créer, qui a besoin d'être en action, qui a besoin de s'investir, de s'engager. pour être heureuse. Après, il y a d'autres personnes, ça va être un besoin fou de lire, ça va être d'autres un besoin fou de voyager. Enfin voilà, donc moi, le besoin était là. C'est là qu'est né moi et mes enfants. Ce besoin aussi de sortir de cet isolement qui était créé par cette famille où on était tous les trois, mon fils, ma fille et moi. Et donc d'ouvrir cette bulle, recréer une famille un peu autrement et de mutualiser des coûts financiers. et des coups de temps pour faire des choses hyper sympas. Et donc, c'est là que j'ai appelé l'association Moi et mes enfants parce que, tout simplement, je me suis responsabilisée et je me suis dit que c'était au-delà d'un droit, c'était un devoir réellement de prendre du temps et de prendre soin de moi. C'est pour ça que le Moi est en avant, c'est pour rappeler aux parents que c'est une vraie responsabilité de faire son max pour être épanoui. Mais une fois qu'on a dit ça, on fait comment ? On fait quoi quand on n'a ni temps ni argent, etc. ? C'est pour ça que des structures comme les nôtres existent pour permettre justement de déposer ses valises, déposer ses heures. Tu poses quelques heures, là, tu viens prendre de l'énergie, tu viens prendre des outils, tu viens prendre du lien, tu viens prendre des recettes de cuisine, tu viens prendre de la liberté financière avec du coaching en éducation financière, en gestion économique. Tu viens... faire du sport, te remobiliser dans une activité sportive parce que c'est essentiel de maintenir sa forme, sa santé. Tu viens faire un coaching parental parce que tu es à un moment perdu sur des questions d'éducation ou juste assister à une table ronde où tu as la chance d'avoir des personnes incroyables qui vont te donner un coup de boost en te disant « ben voilà, moi j'ai fait ça, j'ai galéré, mais malgré tout, j'ai trouvé telle ressource en moi pour faire ci, pour faire ça » et des choses qu'on a... besoin d'entendre de la vie.
- Speaker #1
Du coup, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l'association Moi et mes enfants, est-ce que tu pourrais nous présenter un peu comment ça fonctionne ? Tu en as un petit peu parlé du coup, mais qui peut venir ? À quoi on a le droit ? Qui anime les ateliers ?
- Speaker #2
En fait, ce qui est chouette vraiment dans l'association, c'est vraiment l'idée de faire famille comme on le souhaite, à sa façon. Donc tout le monde... chaque personne est la bienvenue, que ce soit un ado, une grand-mère, tout le monde est bienvenu. Dans l'association, les portes seront toujours ouvertes pour tous.
- Speaker #1
Tu m'as dit aussi tout à l'heure que c'était autant les hommes que les femmes. Même si dans les faits, vous accueillez 97% de femmes.
- Speaker #2
Tout le monde peut franchir la porte et sera accueilli avec plaisir. Mais les personnes pour lesquelles on a le plus de cœur à l'accompagnement, ce sont les mères, chefs de famille monoparentales. En effet, 9 personnes sur 10 qui franchissent la porte, c'est une maman qui... qui rencontrent des difficultés en tant que mère, chef de famille ou monoparentale. Ça peut être des violences conjugales, ça peut être des violences économiques, ça peut être de la perte d'estime de soi, ça peut être malheureusement, je ne sais pas où dormir avec mes enfants ce soir. Enfin voilà, on a toutes ces situations qu'on rencontre en permanence et qui concernent encore une fois plus de 9 fois sur 10 des femmes. Ce que dit la note de la Fondation est tellement juste. Ces chiffres-là que je garde en tête, je redis. Chaque fois que je peux, je les place parce que j'ai vraiment envie qu'ils entrent dans la tête des gens. C'est de dire que sur 100 familles monoparentales, vous en prenez 83 qui vont être portées par une femme à leur tête. Et vous avez donc les 17 autres qui vont être portées par un homme. Et à l'intérieur de ces 83, vous allez avoir quasiment un enfant sur deux qui va être considéré comme un enfant pauvre. Puisque c'est 45%, donc vous avez quasiment un enfant sur deux qui va rencontrer toutes ces difficultés. Et toute cette inégalité, lorsqu'il est élevé par sa mère seule, alors que 83% des cas, c'est la mère qui est seule, et dans les 17% qui vont être élevés par un père seul, et bien là, il n'y aura qu'un enfant sur cinq. C'est déjà énorme, mais ce sera quand même un enfant sur cinq. Donc, on va être sur 20% au lieu d'un sur deux. Et on se rend compte qu'il y a vraiment une... une énorme inégalité, quelque chose de complètement absurde. Au-delà d'absurde, c'est complètement ubuesque et c'est révolutant.
- Speaker #1
Et comment on l'explique, cette différence entre hommes et femmes ?
- Speaker #2
La différence, elle vient vraiment du départ, parce qu'on sait malheureusement que trop, déjà les inégalités entre les hommes et les femmes, elles démarrent quasiment dès le début. On travaille sur des recommandations non C'est précise notamment au Conseil à l'égalité où je co-préside la commission Parité sur tes recommandations en direction justement de l'éducation financière dès le plus jeune âge, etc. Mais toutefois, dès que les femmes dans un couple hétérosexuel perdent tout de suite en pouvoir économique, en pouvoir carriériste, je dirais, dès qu'elles se mettent dans un couple hétérosexuel et d'autant plus lorsqu'elles ont des enfants. On peut voir à l'échelle, j'aime beaucoup la photo, l'image faite par le crédit municipal qui illustre très bien ça aussi. On voit très bien les femmes qui baissent, qui baissent, qui baissent et les hommes qui montent, qui montent, qui montent sur les escaliers. Voilà, donc c'est un enfant, deux enfants, trois enfants, c'est fini, il n'y a plus personne. Et là, au-delà de ça, à ce moment-là, il y a séparation et on se retrouve avec des femmes qui tout de suite perdent 30% de niveau de vie. dès la première année, 35% de la première année de séparation. Alors que les hommes, on n'est pas du tout, je ne vais pas dire de bêtises, mais je crois qu'on est sur les 7%. C'est vraiment beaucoup plus bas. Et les hommes reprennent du poil de la bête, ce que les femmes ne reprennent jamais. Puis,
- Speaker #1
je n'ai plus les chiffres en tête, mais j'ai vu qu'il y avait un... très haut pourcentage des pensions alimentaires qui n'étaient pas versées. Oui, alors ça... Quand elles étaient versées, elles n'étaient pas du tout suffisantes et qu'en plus, elles n'étaient souvent pas versées.
- Speaker #2
Elles ne sont souvent pas versées, elles ne sont pas suffisantes et en plus, elles sont fiscalisées. Donc, ça fait un petit peu beaucoup. Il faudrait peut-être un petit peu arrêter de charger la mule. Je ne sais pas comment on peut être dans une situation aussi révoltante, une fois de plus. Effectivement, dans 97% des cas, La pension alimentaire, ça... concernant la mer, on est sur 180 euros en moyenne de pension, alors qu'élever un enfant, ça équivaut par mois à entre 650 et 700 euros. Donc on se rend compte que déjà, il y a plus de 500 euros qui sont partis dans la nature. Qui les paye ? Bien évidemment la mer. Évidemment, c'est la mer qui doit se saigner, se priver, et tout ce qu'on a dit tout à l'heure. Et en plus de ça, sur les pauvres 180 euros qui ne couvrent même pas un tiers de ce qu'ils devraient couvrir réellement, On se retrouve à devoir en plus être fiscalisés, donc imposables pour certaines. Et en plus, au-delà du fait d'être imposables, c'est changer de tranche tarifaire sur un million de choses comme les activités extrascolaires, etc. C'est aberrant. Je trouve que cette phrase est très juste de dire que c'était une des choses qu'on avait dites justement avec la Fondation lorsqu'on a mené depuis l'année dernière toute cette campagne ensemble pour la défiscalisation de la pension alimentaire. Et on disait, effectivement, de l'autre côté, du côté du père qui, lui, paye parfois la pension, c'est fiscalisé. On disait, l'enfant n'est pas un tableau, ce n'est pas une œuvre d'art. En fait, c'est quoi le sujet ? Je veux dire, pourquoi on doit être récompensé de donner, en plus, même pas ce qu'il nécessiterait. C'est des choses sur lesquelles, nous, on lutte vraiment férocement. Sur cette question de la pension alimentaire, je pense qu'il est absolument urgent de... de trouver un système qui fonctionne et qui soit juste, qui ait une vraie justice fiscale. On l'a porté au Sénat, on l'a porté à l'Assemblée, on porte ces propositions de loi qui font toujours un petit bout de chemin. Elles s'arrêtent toujours aux portes du Sénat. Un jour très prochain, je veux dire, parce qu'on a tous en tête quand même que 2027 approche, dans un documentaire... inter-visibles, parce que j'ai en tête, il sera diffusé demain. Et donc, du coup, je disais, en effet, dans l'extrait, je disais, les politiques ont compris qu'ils ne peuvent pas se couper d'un quart des familles françaises. Donc, à un moment donné, il faut qu'ils fassent des propositions concrètes et appliquées. Ça suffit de dire que oui, il y a un souci, un problème. Oui,
- Speaker #1
sans rien faire.
- Speaker #2
Voilà, il y en a un. Ok, merci, bonsoir. Donc, maintenant, qu'est-ce qu'on fait réellement ? Qu'est-ce qu'on met en place ? Et moi, je suis une femme...
- Speaker #1
Juste, est-ce que tu as la chaîne ou le nom du documentaire ? Il faut mettre le lien.
- Speaker #2
Alors, ce sera sur Teva. Le 17 juin. Le 17 juin. Après, je pense qu'il y aura un lien de replay, etc.
- Speaker #1
D'accord. Mais effectivement, nous,
- Speaker #2
on est sur... Vraiment, j'interviens spécifiquement sur cette question de la pension alimentaire et de la justice fiscale et économique. Et une maman ambassadrice de notre association les suivis sur toutes les questions de répit. Il y a d'autres associations, il n'y a pas que nous, il y a 3 ou 4 associations, en tout cas de témoignages, qui viennent vraiment répondre à tout ce qu'on a évoqué depuis tout à l'heure.
- Speaker #1
D'accord, super. Je regarderai. Alors du coup, on a les pensions alimentaires qui ne fonctionnent pas. Est-ce que l'État a pensé à d'autres dispositifs ? Est-ce qu'il y a d'autres dispositifs qui existent ? Ou vraiment, là, quand tu as créé ton association, c'est vraiment venu répondre à un besoin qui n'était pas du tout...
- Speaker #2
Ce dont je suis contente, c'est que depuis que j'ai créé l'association, en tout cas, il y a eu quand même une connexion qui s'est faite en se disant que le repos, ce n'est pas le répit. Et le répit n'est pas un luxe, c'est une nécessité. C'est quelque chose que j'essaie de faire imprimer depuis un petit moment. Ça commence à marcher. Et donc, c'est pour ça qu'il faut soutenir le développement d'espaces comme les nôtres, de tiers-lieux, comme tiers-lieux chez moi et mes enfants, des espaces de répit dans lesquels on peut venir avec ou sans ses enfants, où on peut venir pour se former, pour passer du temps, pour prendre soin de soi, faire de la socio-esthétique. Donc là, maintenant, l'État, oui, a pris ça en considération, mais qu'est-ce qu'il met en place pour financer ce type de dispositif ? Ils sont vraiment essentiels et prioritaires. Donc ça, c'est vraiment une chose pour moi qui est importante, de prendre des mesures pour financer la question du répit pour les familles et d'autant plus pour les familles monoparentales. Au niveau de la justice fiscale et économique, on a parlé des pensions alimentaires. Il y a aussi tout un pan qui est absolument nécessaire sur la question de l'accès au logement. Comment on fait lorsque les familles monoparentales partent ? plein de biais, il y a plein de chemins qui mènent à la monoparentalité et on parle des chemins vraiment d'urgence et de grands risques et de grands dangers comme les violences intrafamiliales, etc. Comment on sécurise le fait de pouvoir quitter un foyer violent et de savoir qu'on va être logé, hébergé ensuite en tant que chef de famille monoparentale et dans des situations où il n'y a pas ces questions de violence, c'est parce qu'heureusement, il y en a beaucoup où ce n'est pas ça, mais aussi où concrètement, tu n'as pas les moyens de te loger, surtout dans des villes comme Paris ou des grandes villes. Donc, le fait de répondre à ça, à des logements adaptés et des facilités d'accès aux logements aussi pour les familles monoparentales, ça, ça me paraît essentiel.
- Speaker #1
Est-ce que vous, au sein de l'association, vous aidez les femmes à... À trouver des logements ?
- Speaker #2
Alors, nous, on a un dispositif, un projet qu'on essaye depuis plusieurs années de porter, mais on n'a pas les épaules financières pour le porter. Mais en tout cas, on lance un appel aux municipalités, aux communes et aux partenaires privés, foncières ou bailleurs sociaux qui voudraient lancer ce projet-là, mais d'habitat partagé pour les familles monoparentales. Donc, on a travaillé dessus, on a mené une étude pour ce projet, on a vraiment mené des grandes réflexions sur ça. Donc, ça nous paraît absolument urgent de repenser l'habitat, surtout dans les villes, vu les changements, les transformations de façon de faire famille, etc. On ne veut plus repenser des logements comme on les a pensés jusqu'à présent. Puis voilà, c'est complètement stupide de ne pas faire plus de mise en commun, de moyens, d'espace, etc. Donc j'ai espéré... Pour que ça se mette en place et que demain mon téléphone sonne et qu'on me dise Olivia, votre projet d'habitat partagé, toi et tes enfants, c'est génial, on veut financer.
- Speaker #1
On te le souhaite.
- Speaker #2
Voilà, après nous, ce qu'on fait, ce qu'on a beaucoup fait, nous pas grand-chose, mais en tout cas les mamans entraînent, c'est de la facilitation et de l'entraide et de la solidarité, de la solidarité. C'est-à-dire qu'il y a eu des situations où des mamans ont hébergé d'autres mamans avec leurs enfants pendant six mois dans leur... petits appartements, quand on sait que les galères qu'on traverse etc, on ne peut pas laisser une maman à la rue avec ses enfants, donc on se pousse on fait de la place et voilà qui fait ça,
- Speaker #1
c'est toujours les personnes qui elles-mêmes sont en difficulté mais qui ont le cœur le cœur au bon endroit J'imagine que ça aide beaucoup les femmes aussi de réaliser qu'elles ne sont pas seules dans cette situation et de rencontrer d'autres mères qui rencontrent les mêmes types de problématiques Merci. Pour terminer, tu m'as parlé tout à l'heure d'assises, d'universités de la monoparentalité que vous organisez cet été. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #2
Oui, on organise le 28 août à l'université Paris-Cité-Odéon la première université d'été de la monoparentalité. On est très heureuse de faire ça justement en partenariat avec la Fondation des femmes notamment. Et on est sur cette première édition qu'il y a pour Vision, donc les mères en première ligne. En sachant évidemment, comme je le dis toujours, que l'association est ouverte à tous, mais qu'on est quand même absolument lucide et consciente que les premières touchées les plus en difficulté, ce sont les mères. On va travailler sur la justice fiscale, économique, l'autonomie, l'accès aux droits et le répit et la santé mentale. Donc on amène ça de gros microscopes sur la monoparentalité. Ils vont débattre, échanger, faire des propositions et travailler ensemble, à la fois des familles, des fondations, des associations, des entreprises qui se sont engagées, mais aussi les décideuses et décideurs publics, politiques, institutions. On est sous le patronage du ministère de l'égalité avec Aurore Berger. On a des personnalités politiques, notamment Colin Brossel qui a participé, un sénatrice. On a aussi Fanta Bereté qui a travaillé, lorsqu'elle était députée, sur la mission gouvernementale en direction des familles monoparentales. On a bien sûr Anne-Cécile Meyfer qui sera là et qui nous parlera aussi de la node de la Fondation des femmes. On a vraiment des intervenants de grande qualité de tout horizon. et l'objectif c'est d'échanger dans un premier temps, de faire un état de l'art, d'échanger et puis de travailler sur des propositions concrètes qu'on va remettre aux mains des décideurs et décideuses politiques avant les présidentielles. Donc on va travailler à construire un livre blanc en lien avec le Conseil à l'égalité, l'ESSEC et justement l'Université Paris-Cité et Oxfam France. Et donc on va transmettre ces écrits, ces propositions qui seront courtes, concrètes, applicables aux décideurs et décideuses. On va leur dire maintenant, c'est à vous de bosser et c'est à vous de nous faire des propositions et on va voir si elles sont acceptables pour votre campagne. L'idée, c'est de laisser à chacun et chacune la chance de prendre conscience de la réalité des familles monoparentales, de la réalité du besoin et de nous dire, on a compris, voilà la vision, la route vers laquelle on veut aller avec les familles monoparentales qu'on prend vraiment en compte. considération et qu'on ne prend pas pour juste de simples bulletins dans une urne. On va mettre les moyens nécessaires pour construire des choses solides.
- Speaker #0
Je sais qu'on est dans une énorme tourmente. On est au-delà de l'inacceptable, de la plus grande horreur avec ce qui s'est passé avec Liana. Ça a été tellement un long sujet, en fait. Ça a été tellement mis de côté que c'est inadmissible. Et je voulais dire sur ça que les mères, chefs de famille monoparentales que l'on accompagne, bien entendu, au même titre que l'ensemble des femmes en tout cas, cas qui étaient là et qui sont là et qui se sont révoltées n'ont pas enfin il y a eu un avant et un après en fait, il y a un truc où c'est plus possible, on peut plus accepter, on peut plus on peut plus se laisser faire en tant que femme et là on a touché à quelque chose qui est encore plus profond que notre féminité enfin ce qu'on dit intrinsèquement c'est vraiment cette question de toucher à nos enfants Comment on peut protéger nos enfants et ne pas nous aider à le faire, et ne pas nous écouter, ne pas les écouter. Et en tant que chef de famille monoparentale, il y a une vraie question d'être aussi une cible, beaucoup plus simple et accessible pour des prédateurs. Parce que du coup,
- Speaker #1
on est le seul parent responsable.
- Speaker #0
On est le seul parent responsable. Et on est, comme on l'a dit, toujours dans une tourmente d'accès au temps. la difficulté d'avoir... de ne pas avoir de relais, etc., ça, c'est plus acceptable. Donc, l'État doit réellement prendre ses responsabilités face à tout ce qui arrive, bien sûr, aux enfants, aux femmes, aux mères. Je le redis, mais il y a un avant, un après. On était quelque chose, un petit peu, bon, ben, voilà, c'est pas beau ce qu'on fait, mais voilà, mais là, la coupe est pleine.
- Speaker #1
Oui. Espérons que cette année présidentielle permette de mettre des sujets dans le débat public et d'avoir enfin des mesures concrètes.
- Speaker #0
Espérons surtout que...
- Speaker #1
Des vraies promesses qui aboutissent à des vrais actes.
- Speaker #0
Oui, parce que je pense qu'on sera toutes là pour regarder, pour observer et pour redire et ne pas...
- Speaker #1
Et bien, ce sera les mots de la fin. Merci beaucoup, Olivia. Et puis, on espère que cet épisode vous intéressera et que vous aurez envie d'en savoir plus sur moi et mes enfants.
- Speaker #0
Merci à notre invitée pour son partage. Et merci à vous pour votre écoute. A bientôt pour le prochain épisode de la playlist merveilleuse.