- Speaker #0
« Hey, Finta ! » « Finta ! »
- Speaker #1
Explorer les basculements d'une époque, sentir frémir des énergies, voir les ruralités se transformer avec celles et ceux qui les provoquent, les repensent et les bousculent. Finta, c'est le podcast qui nourrit les esprits, des envies d'agir et des espoirs très concrets, à l'échelle locale. Finta donne à entendre l'Aveyron à travers celles et ceux qui ont choisi d'habiter, ici et maintenant. Je suis Lola Cross, et j'arpente ce bout de campagne depuis 12 ans comme journaliste. Avec Finta, je vous invite à pousser la porte de vos voisins, à croiser des regards, à Finter de plus près. Et ça commence tout de suite. La première fois que je l'ai vue, flamboyante sur la scène du club à Rodez, Coco Damoiseau m'a fait un sacré effet. Il fallait sentir son aura, voir la puissance qui se dégageait d'elle à chaque numéro. L'avoir performée sur l'hymne de nos campagnes dans sa robe côte de paysanne. Depuis ce moment-là, il était évident pour moi que Coco d'Amoiseau serait un jour dans Finta. Ce jour est venu. Drag Queen, elle vit de son art depuis 7 ans. Un art qu'elle a vécu comme une libération après les études en pâtisserie qui l'ont éprouvé. Dans cet épisode avec elle, on explore l'univers drag dans toutes ses nuances. Je lui ai demandé ce que permettait le drag que d'autres arts ne peuvent pas. Quels sont les messages que porte son personnage, ce qu'elle voudrait que l'on retienne de ses performances et ce qui continue à la lier à son milieu d'origine, à la ferme du Nord-Aveyron où elle a grandi. Coco, c'est aussi le prénom qu'elle utilise dans la vie. Alors pour commencer notre conversation, bien installée dans son cocon toulousain, je lui ai demandé à quel coco j'avais affaire aujourd'hui. Bonne écoute !
- Speaker #0
Aujourd'hui, on va pouvoir dire que c'est Coco Damoiseau. Je suis artiste à Toulouse, mais d'origine avéronnaise, du Nord-Aveyron, Nord-Ouest. Ça fait huit ans que je suis artiste drague, et sept où c'est mon métier, je suis intermittent du spectacle. J'ai commencé dans un cabaret de Toulouse pendant quatre ans, et là maintenant je suis en solo. À faire du drague, c'est mon métier.
- Speaker #1
Est-ce que tu as plus que deux identités ou deux, ça suffit ?
- Speaker #0
Deux, c'est pas mal. Mais pour moi, c'est la même. Je ne différencie pas tant l'artiste de scène et la personne dans la vie. C'est justement avec un peu plus de maquillage et des gros looks et je m'exprime plus facilement parce que j'ai cette armure. Mais sinon, c'est la même personne. Ce n'est pas un double.
- Speaker #1
Est-ce que ça veut dire que Coco sur scène, elle a les mêmes traits de caractère que toi ? Tu t'y reconnais complètement ?
- Speaker #0
Oui. Mais je m'autorise plus parce que la scène c'est là où je m'exprime, c'est mon terrain de jeu. Dans la vie j'ai un fond timide quand même, je suis quelqu'un de réservé. Le drague ça m'a aidé à ne plus l'être autant, à pouvoir m'exprimer. Il y a un truc où je me suis vraiment ouvert grâce au drague, grâce à la scène. Mais dans le fond, c'est la même personne. C'est juste moi et je m'autorise des choses.
- Speaker #1
Je ne te connaissais que sur scène. Pour le coup, je t'ai découvert sur scène. Et là, je trouvais très rigolo de te rencontrer un lundi matin. Parce que je trouve que c'est la journée peut-être la plus en décalage avec ce que tu es, ce que tu fais sur scène. Il y a un peu cette idée-là que le week-end retombe. Et ça ressemble à quoi le lundi matin d'une drag queen ?
- Speaker #0
C'est drôle. Comme un lundi, je ne sais pas. Le drag, ça peut vraiment être... On a cette idée que c'est le milieu de la nuit, le milieu du week-end, la fête, etc. Mais ça m'arrive de travailler les mardis à 14h. C'est vraiment tellement varié. Et c'est un peu cliché ce que je vais dire, mais travail, passion, je suis dedans constamment. Lundi, mardi, mercredi, il y a un truc, c'est constant.
- Speaker #1
Donc tu disais que tu as commencé le drag il y a 8 ans. C'était quoi ta vie avant ? J'étais pâtissier.
- Speaker #0
J'étais pâtissier chocolatier. J'ai pas mal bougé parce que j'ai grandi à Navéron mais au divorce de mes parents, ma mère a été mutée à Ausha droite avec son travail. Donc j'ai fait Montauban, Cahors, etc. Et mes études de pâtisserie, je suis revenu à Navéron, donc en internat, à Villefranche de Rouergue. Voilà, j'ai fait un bac pro pâtissier-boulanger. Bon, la boulangerie, ça ne m'a absolument pas plu. La pâtisserie, j'aimais bien, mais découvrir le monde du travail a été une gifle parce que pour moi, c'était l'artistique qui me plaisait dans la pâtisserie. Donc, je suis parti après en chocolaterie, confiserie... Confiserie Glacier, je crois. Confiseur Glacier, un truc comme ça. Un CAP de plus. Et pareil, le milieu du travail m'a écœuré. C'était dur. C'était un milieu comme la cuisine. Tout ce cliché qu'on a des gens qui se crient dessus, de la misogynie, l'homophobie, tout ça. Heureusement, il y a des gens qui ne le sont pas. Et Dieu merci, il y a encore du bon dans tout ce milieu-là. Mais moi, je n'ai pas eu de chance. Et vraiment, j'ai été écœuré de ce métier. Et l'art dans ce métier, on m'a dit dès le début, c'est pas ça qui va te faire gagner ta vie. Il faut produire, il faut se lever à 4h du mat, enfin l'enfer. Voilà, c'était pas pour moi. Mais je reviens vraiment là-dessus, il y a des gens bien dans ce métier, heureusement.
- Speaker #1
Mais toi en tout cas, ça t'a fait bifurquer quoi.
- Speaker #0
Ouais, et à la fois je suis allé naturellement, mais depuis l'enfance j'ai un truc qui m'attire. Dans l'art, dans le milieu artistique, il y a un truc que je ressens vraiment à l'intérieur. J'ai toujours dessiné. Depuis l'enfance, je dessine des oiseaux, des machins. J'ai toujours été un peu l'enfant perché et timide. Mais je sentais que j'avais un truc dans l'art. J'avais demandé à mes parents de faire des études d'art. Et sans les blâmer, c'était l'époque. Et la réponse était... C'est pas ça qui va te faire gagner ta vie, faire des peintures. A l'époque, je ne connaissais pas le milieu du spectacle. Je ne savais pas du tout que j'étais là-dedans, que je voulais être là-dedans. Moi, je me voyais artiste, mais au sens large. Et mes parents, très pragmatiques, je ne sais pas si c'est le bon mot. Mon père agriculteur et ma mère fonctionnaire, c'était pas... Un métier d'avenir, c'était pas comme ça que je pouvais gagner une vie décente.
- Speaker #1
Donc c'est à quel âge que t'assumes de quand même prendre cette voie-là ?
- Speaker #0
Quel âge ? 23 ans, je crois. J'ai eu une sacrée rupture avec le milieu de la pâtisserie-chocolaterie. Il y a eu tout un drame où ça a été mon coming-out en même temps. C'était un sacré micmac. Je rentrais un soir d'un entretien d'embauche à Toulouse où ça s'était très mal passé. Et j'ai dit à ma mère, je veux plus faire ça. Le mec m'avait fait chialer dans son bureau. J'ai dit, c'est monstrueux comme milieu. Je ne suis pas fait pour ça. Et là, ma mère a paniqué un peu parce que la pauvre m'avait payé les études. C'était quelque chose où elle s'était quand même investie et je comprends. Mais j'étais malheureux et je ne voulais pas en démordre. Donc, on s'est disputé, je suis parti. Et à ce moment-là, elle a ouvert mon ordinateur et elle a vu les conversations avec mon meilleur ami, qui est aussi artiste drag queen aujourd'hui, et où on parlait de garçons, etc. Et là, ça a été la double peine pour elle. Et donc, ça a été assez dramatique, mais nécessaire. Et ça m'a fait démarrer sur autre chose après. J'ai eu une année, je crois, de flottement. Je dis n'importe quoi. Ensuite, j'ai atterri cinq ans dans une usine de confiserie. Oui, mais ce n'était plus la même chose. Ce n'était plus la chocolaterie, ce n'était plus là, ce n'était que de la production. Et c'est un truc où je me suis un peu perdu. D'où le fait, j'oublie même d'en parler. J'ai atterri dans Toulouse, j'ai trouvé ce milieu de bonbons à la violette, naturel, cristallisé. Intéressant au début, et puis après, en fait, ce n'était que de la production. Et tous les ans, je me disais, il faut que je parte. C'est pareil, ce n'est pas pour moi. Je ne suis pas heureux. Je mets trop au boulot. C'était triste. Et en même temps, j'ai commencé à faire du drague. Pardon, je mets au tunnel.
- Speaker #1
Vas-y, c'est l'occasion d'arriver jusqu'au drague. C'est chouette de le savoir.
- Speaker #0
J'ai commencé le drague en même temps. Du coup, les week-ends, vu que j'avais mes week-ends, je sortais avec mes copains à Toulouse, dont mon meilleur ami que j'ai rencontré à Villefranche de Rouergue. depuis ça fait 17 ans qu'on est meilleurs amis, et qui lui est bisexuel et commence déjà à faire la fête dans le milieu LGBT de Toulouse. Et petit à petit, il m'a fait rentrer là-dedans. Et j'ai rencontré des copains. Et du coup, les week-ends, je sortais, etc. Le drague, je connaissais à travers lui, du coup, parce qu'il commençait déjà. Mais moi, ça me faisait un peu peur pour lui. En fait, je me disais, il se met en danger. Je ne comprenais pas trop le sens, le but. Mais bon, ça me faisait plaisir pour lui s'il s'éclatait. Mais j'avais peur des gens. J'avais peur qu'il se fasse... taper, etc., insulter. Donc, ce n'était pas un truc qui m'attirait forcément. Et un jour, il m'a montré l'épisode, la saison de Drag Race US. C'est une émission de drag queen des États-Unis. Maintenant, il y a des franchises en France. C'est pour ça que le drag est de plus en plus connu, d'ailleurs, en France. Grâce à ça, il y a du bon, du mauvais dans l'émission, mais il y a quand même du bon. Il m'a montré l'émission du coup et là j'ai eu un déclic parce qu'il y avait une artiste qui était étrange, passionnée d'art. Enfin il y avait un truc où là je me disais ça me parle. Il y a quelque chose où je sens que moi aussi je pourrais peut-être m'exprimer, je pourrais peut-être sortir un truc que j'ai dedans et que jusqu'à maintenant je n'ai pas su faire sortir. Et à partir de là j'ai rencontré des dragues à Toulouse. J'ai atterri dans une house, je ne sais pas si ça te parle. C'est une maison drague, si tu veux. C'est un ensemble d'artistes, il n'y a rien de vraiment officiel. Nous, par exemple, on était un groupe d'amis. Du coup, on disait qu'on était une house pour faire famille, pour se trouver dans un endroit safe, un endroit où on se comprenait les uns les unes. Parce qu'on a des vécus proches, on a vécu les coming out, les machins, les choses qui sont quand même difficiles et qui ne sont pas connues de tous et toutes. Donc là, on se retrouvait ensemble, on avait le même langage, on va dire, la même forme d'humour aussi, il y avait quelque chose de commun. Et du coup, j'ai commencé là-dedans à comprendre un peu et à faire sortir cette fameuse chose qui était dedans. Et c'était surtout, on va pas se mentir, c'était la fête, c'était les excès, c'était... Moi j'ai commencé en tant que club kid, donc club kid c'est la teuf quoi. On mettait des paillettes sur le visage et des costumes ridicules et on sortait parce que ça nous faisait triper et parce que ça secouvait un peu, tu vois. Il y avait un truc où dans la rue, il y avait les insultes mais il y avait l'interrogation déjà en fait. C'est genre, c'est quoi, qu'est-ce qui se passe quoi ? Et ça, ça m'a... Ça m'a pas mal porté au début, oui.
- Speaker #1
Donc là, tu évoques les hausses, tu as évoqué déjà les cabarets aussi. Pour quelqu'un, quelqu'une qui n'a jamais rencontré l'univers drague, est-ce que tu arrives à mettre des mots dessus ? Est-ce que tu arrives à décrire ce qu'il représente, ce qu'il couvre, tout cet univers-là ? Et qu'est-ce qui fait le liant peut-être entre ces différentes manières de faire du drague ?
- Speaker #0
Oui, le drague en général, c'est une forme d'art, c'est une expression artistique. Et c'est en partie, parce que c'est vraiment très large comme art, c'est en partie une façon de jouer sur les codes, dont les codes de genre. Donc, par exemple, une drag queen va jouer sur les codes de genre féminin, un drag king, les codes du genre masculin. Enfin, c'est très cliché ce que je vais dire, mais par exemple la moustache, le torse en plastique, les abdos, tout ça, pour partir après sur... soit de l'humour, soit quelque chose de plus satirique. C'est jouer sur les codes, en fait. Mais là, c'est masculin, féminin, mais il y a plus. Il y a aussi le club kid, comme je pouvais dire, qui est plus festif, plus flou aussi. Par exemple, c'est né à New York et il y a des gens qui sortaient... déguisé en pizza ou en micro-ondes, déguisé c'est même pas le mot, c'est habillé en micro-ondes avec des pics sur la tête et il prenait du LSD. Il y a un truc où c'est pas une espèce de révolution, mais c'est un truc où tu te reconnais pas en fait dans cette société et en tant qu'artiste tu veux l'exprimer donc tu vas à fond et tu vas à fond comme tu le ressens toi. Et on a de la chance d'avoir des gens qui ont le même... ressenti. Donc on se retrouve et on fait la fête et on célèbre en fait cette différence de... Cette différence en fait simplement...
- Speaker #1
C'est un peu... C'est cette idée-là de retourner des codes qui ont trop longtemps oppressé ?
- Speaker #0
Oui. Oui, oui, oui. Où on se sent enfermé en fait. Enfin... Tout ce truc cliché des filles aiment le rose et les garçons le bleu. Enfin, si on part de là, ça n'a aucun sens et... Ça a du sens pour certaines personnes et moi je ne critique pas, tant mieux s'il y a des gens qui s'y retrouvent, mais je trouve ça dommage de fermer tout le monde dans des trucs de société qui sont créés de rien du tout. C'est un truc qui est créé depuis longtemps et on s'y prend dedans et on dit que c'est ça la vie, c'est ça une femme, c'est ça un homme, mais en fait non. Un homme, une femme, c'est chacun qui l'exprime à sa façon. Et puis, il y a plus. On est des êtres humains, on est capables de s'exprimer tous différemment, tous et toutes. Il y a un truc plus large que des codes de société où on est enfermé. Ma façon de voir, encore une fois, il y a des gens qui s'y retrouvent dans ces codes-là et tant mieux. Mais je pense qu'on pourrait ouvrir un peu les portes aussi.
- Speaker #1
Donc toi, au moment où... Tu as cette rencontre-là avec le drague où tu commences à y entrer dedans. Tu y vas avec quelle envie ?
- Speaker #0
Bonne question. Envie de lâcher les chiens, de faire la fête. Vraiment, le début, c'est ça. Où je peux enfin ouvrir les portes, lâcher les chiens. Il y a un truc de liberté qui me gifle en plein dedans. Comme j'ai dit au début, j'étais timide. Il y avait un truc où je me sentais à côté, toujours à côté des autres. Je n'étais pas à l'aise en société. Et là, d'un coup, je comprends que j'ai le droit d'être différent, d'exister. Et qu'il y en a d'autres qui sont comme moi. Et que du coup, on peut... On peut être fous ensemble, on peut comprendre ensemble aussi que la vie est complètement absurde et qu'il faut en profiter. Je ne sais pas si ça répond à la question. Pourquoi je suis si attiré par l'art ? Pourquoi toutes ces femmes artistes me font chialer, elles me donnent les frissons ? Il y a un truc... Qu'est-ce que moi je peux apporter à ça ? Même si c'est que de l'ego, en fait, dans tout ça, c'est quand même pas mal d'ego. Mais bon, on est artistes, donc c'est ça aussi. Mais qu'est-ce que moi, je peux apporter aux gens ?
- Speaker #1
Et quand tu dis « qu'est-ce que j'ai à apporter aux gens ? » , c'est une question à laquelle tu as réussi à répondre, au moins en partie ?
- Speaker #0
C'est venu avec le temps. J'ai compris avec le temps que j'avais une forme de poésie qui touchait. Après, avec le temps, j'ai compris aussi que je pouvais faire rire. que je pouvais faire peur, déranger. C'est fascinant de découvrir tout ce qu'on peut être capable de faire à travers une seule forme d'art.
- Speaker #1
Et est-ce que Coco d'Amoiseau, ton personnage de scène, est-ce que c'est une seule personne ? Est-ce que tu la pinces comme une personne avec une trajectoire, une philosophie de vie ? Ou est-ce qu'elle, elle est multiple aussi ?
- Speaker #0
Oui, une personne, mais plurielle. C'est toujours moi, mais c'est... Je ne sais pas quel numéro t'as vu, mais je peux être en bavaroise à jeter des saucisses sur les gens.
- Speaker #1
Je ne crois pas avoir reçu là.
- Speaker #0
Ou en chanteuse en cote, en robe cote, hommage à mon papa agriculteur. C'est très très large. Moi, je m'enferme. Je ne me mets pas dans une case, que ce soit dans la vie ou dans le drague. Je n'aime pas les cases, en fait. Je fais du chant, je fais du trapèze. Je ne sais pas si on peut appeler ça de la danse, mais j'essaye. De l'absurde, ça me fascine. J'adore toucher à tout.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire que tu écris des numéros ? Oui. Comment on parle ? De numéros ?
- Speaker #0
Oui, numéros ou performances. Je les écris, oui. Je les imagine, surtout. Et généralement, ça vient surtout des musiques. Pour moi, en tout cas, ça vient de la musique. Il y a un truc... principalement des femmes qui chantent ou des artistes queers. Il y a un truc, j'écoute beaucoup de musique constamment toute la journée et parfois, paf, il y a un truc, j'ai des poils, j'ai des frissons, j'ai des larmes aux yeux, que ce soit joyeux ou pas, mais il y a un truc qui se crée et je me dis, oh là, là ça me touche, est-ce que je peux en faire quelque chose ? Est-ce que je peux me l'approprier, entre guillemets, parce que je respecte évidemment la chose qui est créée, mais est-ce que moi je peux m'en servir ? pour faire quelque chose. Et de là, j'écris un numéro.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que t'espères transmettre ? Qu'est-ce que t'aimerais que le public qui est en face de toi retienne de tes performances ?
- Speaker #0
Une émotion, peu importe laquelle, une émotion. Que ce soit même une des questions, un truc qui change du quotidien, déjà un truc qui te fait dire « Merde ! » J'avais pas pensé à ça, tu vois, enfin, ah ouais, ça existe, ah ouais, je peux moi aussi m'exprimer, enfin, ça, c'est le plus beau compliment ou cadeau, quand quelqu'un me dit, waouh, tu m'as inspiré pour faire un truc, ou que ce soit un dessin aussi, j'ai déjà eu des dessins de mes looks ou mes numéros, etc. Là, c'est le plus beau cadeau, enfin, c'est vraiment un truc, si je peux inspirer, enfin, créer une émotion ou inspirer. Une création, tu vois, c'est merveilleux.
- Speaker #1
Il y a quand même un côté très politique aussi, dans le drag. Avec quel message politique est-ce que tu avances, toi ?
- Speaker #0
Foutez-nous la paix, non je rigole. Non, le message politique c'est, on existe, le milieu queer, le milieu LGBT existe et mérite les droits comme tout le monde. Je suis politique dans ma pratique, je suis politique au quotidien aussi, mais le drague et le politique c'est inséparable, il y a des gens qui essaient de les dissocier, mais moi je trouve ça impossible, parce que c'est la base de tout, depuis le début je dis que c'est de l'art, mais le politique est dedans, c'est évident, quand tu sors dans la rue et que tu te fais insulter parce que tu as une jupe, C'est un problème de société, tu vois, c'est un truc où... Non, en fait, j'ai le droit, j'existe comme toi, et j'ai le droit de porter ce que je veux, en fait, c'est pas normal de subir la violence. Et ça, c'est aussi pour... Ça vaut pour tout, ça vaut pour la misogynie, le racisme, en fait, c'est plein de... De sujets qui, comment dire, c'est des luttes groupées en fait, c'est un truc, il y a des artistes queer racisés par exemple qui ont une parole plus forte là-dessus et il faut les porter aussi, on est ensemble tu vois, il faut qu'on aide à faire circuler les messages. Et après je pense que... Je veux pas juger, mais il y a par exemple des dragues qui font beaucoup de performances avec des pancartes où c'est écrit noir sur blanc. Voter les filles ou... Je pense qu'on est... En tant qu'artiste drague, en tout cas, je l'espère, on est tous et toutes d'accord sur le sujet. On le défend tous et toutes. Est-ce qu'on a vraiment besoin d'une pancarte pour le dire ? Je sais pas. Moi, je pense pas. Moi, j'essaie de l'apporter. Avec mes messages, tu vois, mais que ce soit pas à premier degré, je trouve ça plus intéressant, mais chacun s'exprime comme il veut.
- Speaker #1
Et comment tu t'arranges, tu vis avec la violence dont tu parles quand même depuis le début ?
- Speaker #0
Oui. Alors je touche du bois, j'ai eu de la chance jusqu'à maintenant de ne pas en subir trop. J'ai jamais été battu, par exemple, pour l'instant. J'ai pas peur dans la rue à Toulouse, même quand je vais performer à Navéron, j'ai pas peur parce que déjà j'ai pas vécu peut-être autant de violences que ça. Je connais des gens qui en ont vécu et je comprends la peur. Il y a quand même un truc qui me fait dire, des fois tu te mets en danger, mais ça vaut le coup. Et si je viens me faire frapper, je ne changerai pas pour ça. Ça vaut le coup. J'ai subi des insultes, j'ai subi pas mal de choses, mais la violence, on fait avec parce que déjà, on n'a pas le choix, parce qu'on a grandi avec ça. Mon enfance en Aveyron, c'était pas si rude parce que j'étais cet enfant timide, perdu et que je savais même pas que j'étais queer jusqu'à mes 17 ou 18 ans. Je comprenais rien à ça parce que j'avais pas eu de représentation. En arrivant à Toulouse, j'ai commencé à percuter grâce à mon meilleur ami, mais lui aussi, il avait compris des choses sur lui-même avant moi. Est-ce que ce serait pas merveilleux que ce soit moins violent et qu'on n'ait pas à faire des coming-out ? Parce que ça aussi, c'est une forme de violence de dire à ses parents, oui, j'aime ceci, j'aime cela, ma sexualité, c'est ça. Quelle violence, quelle horreur. À n'importe quel âge, ça n'a aucun sens. Les personnes hétéros, elles ne le font pas. malheureusement la violence ça fait partie du du milieu Mais c'est aussi notre arme. C'est aussi un truc dont on se sert, qui nous fait grandir. Et qui malheureusement est là et sera souvent... Enfin, je n'ai pas envie de dire toujours, mais tu vois, la violence, elle vient aussi du questionnement. Les gens qui ne comprennent pas ce qui se passe, tu as plusieurs réactions, tu as la peur, tu as la violence. Donc on crée ça. Ça fait partie du jeu, malheureusement.
- Speaker #1
Oui, vous l'avez... Quand tu rentres dans le drague, tu l'intériorises aussi, en sachant que tu la vivais déjà avant comme personne queer. Mais tu sais qu'en attirant les regards, en ayant ces tenues, ce maquillage, cette aura, tu t'exposes d'autant plus, c'est ça ?
- Speaker #0
Tu le développes encore plus, sauf que t'es armé. En fait, t'as une armure folle. qui s'appelle la perruque. T'as du maquillage, t'as une perruque, t'as un look... Il y a des drags sans perruque, je fais pas de généralité, mais... T'as un look qui te donne l'assurance, une assurance folle, en fait, et moi, en tout cas, on m'insulte en drag, genre, pédé, ou choses comme ça, j'ai mis... Enfin, évidemment, t'as vu ma gueule, enfin, je sais, et heureusement, Dieu merci, je suis... J'arrête pas de dire Dieu, mais je suis pas... Je suis pas religieux. Heureusement, j'ai ça et je le sais. Et je vais t'en foutre plein la gueule avec mon maquillage super sexy. Et je n'ai pas peur. Et tant pis si ça te questionne et ça te donne envie de me frapper, c'est ton problème. Je ne suis pas ta psy.
- Speaker #1
Il y a autre chose dans le milieu drague qui peut paraître paradoxal, c'est que ça donne l'impression d'un milieu extrêmement communautaire, d'un univers communautaire, dans le sens où on ne se sent peut-être pas bienvenu si on n'a pas les codes. Et à la fois, vous portez des messages qui sont universels. Alors, comment tu expliques ce décalage ? Est-ce que tu le ressens comme moi ou est-ce que je suis juste néophyte ?
- Speaker #0
Non, je te comprends. Et je sais qu'il y a des artistes drag qui se protègent. Et du coup, qui... On ne fait qu'une seule communauté et on ferme les portes. Et je les comprends aussi. Mon meilleur ami, Nishana Banana, et moi, on a un truc où, dans toutes nos soirées, on trouve ça important d'aller parler aux gens. On fait de l'accueil, on fait du show, mais c'est primordial de se dire... On a un message à apporter, mais on a surtout un truc humain où on peut parler. On est des créatures pour certaines personnes, on peut être des monstres aussi, mais on reste humain et on reste accessible. Moi, c'est un truc que j'ai envie et que je défends. Je veux être accessible et je veux communiquer. Je ne veux pas fermer les portes, je ne veux pas qu'on me dise « oh là là, celle-là, elle est glaciale, je ne comprends même pas ce qu'elle essaie de me dire » . Il y a un truc où moi, je trouve ça important. Mais comme je dis, je comprends. les personnes qui ferment les portes parce que les questions sont souvent et parfois maladroites. Des personnes qui ne connaissent pas peuvent te dire pourquoi tu es déguisé en femme. Il y a un truc où toi, tu l'as dépassé depuis un bail, ce questionnement. Donc, tu as l'impression que c'est acquis pour tout le monde. Mais en fait, non. Donc, c'est important quand même de communiquer et de rester accessible. L'intra communautaire est important pour nous parce que Encore une fois, on y revient, les violences, on en subit aussi dans notre communauté. Il y a un truc qui, des fois, est malsain, mais on se comprend. Il y a un truc où on se porte un peu les unes les unes. C'est quand même important d'avoir une communauté et de savoir que tu es soutenu et compris.
- Speaker #1
Donc là, tu vas te produire... Plusieurs fois en Aveyron, tu fais un retour au pays. Avec quel sentiment est-ce que tu reviens quand tu te produis dans un espace où tu as grandi et avec lequel tu as des souvenirs ? Qu'est-ce que ça représente en fait d'être vu et entendu en tant qu'artiste avec les messages dont on vient de parler dans ton espace d'enfance ?
- Speaker #0
De la fierté, le sentiment c'est vraiment de la fierté. Et de l'espoir aussi parce que... Parce que moi, j'ai pas eu de... Comme je disais, j'ai pas eu la chance d'avoir des représentations queer, tu vois, enfant. J'ai grandi à cinq centaines, enfin même le hameau m'a spourqué. Enfin, tu vois, j'ai un truc où une personne queer là-bas n'existait pas. Et même à la télé, à cette époque-là, j'ai 32 ans. Il y avait la téloche, il y avait quand même pas mal d'infos et de machins, mais... Mais avant que je comprenne qu'est-ce que c'était l'homosexualité ou qu'est-ce que c'était rien que les codes de genre ou les trucs comme ça, c'était un truc... Ça n'existait pas. La première fois que j'ai vu, je dis que c'était une drague, mais c'était au théâtre à Léviniaque. Je faisais du théâtre enfant, ma mère m'avait inscrit là et c'était génial et ça m'a pas mal servi. Je vais avoir 7 ans je pense. Et c'était un mec sur scène habillé en femme qui faisait... C'était quoi la chanson ? Il faisait un playback. Ah merde, j'ai encore rêvé d'elle. Je sais pas, c'est un truc qui est hyper fait refait tu vois mais... C'était deux personnes, un mec et du coup un autre mec habillé en femme avec une perruque, une robe affreuse et qui donnait la réplique. Et ça m'a marqué, mais à vie, je le revois encore. Et pourtant, c'était une blague, tu vois. Là, c'était singé en plus. Et je trouve ça complètement fou parce que je me dis, que ce soit un gamin ou même une personne adulte qui voit ça et qui se dit, waouh. Ça existe aussi ici. J'ai le droit aussi de pousser à fond les trucs et d'être libre. Ça me donne les frissons rien que de me dire ça. Si je peux même qu'une seule personne lui apporter cette envie de liberté, cette envie de se sentir soi-même et de ne plus avoir peur du regard et de se dire que c'est possible et qu'il faut juste saisir le truc, ça fait peur. compliqué mais c'est possible et que ce soit à Livignac-le-Haut ou à Toulouse enfin tu vois ça depuis le début de mon drague je le défends le drague c'est pas pour les villes c'est une forme d'art donc comme la peinture comme la sculpture comme n'importe quoi c'est partout en fait que ce soit à la campagne, à la ville Ça fait partie des gens, donc il y a des gens partout. Pourquoi le milieu de la campagne serait plus fermé ? Ça, je n'ai jamais compris. Récemment, j'ai vu un documentaire d'artiste parisien qui disait... Ça m'a beaucoup énervé. Elle disait, oui, on est venu à la campagne apporter notre art, mais par contre, on s'adapte un peu à leur rythme. Et ça, j'ai trouvé ça scandaleux parce que qu'est-ce que ça veut dire ?
- Speaker #1
Tu évoquais une facette de coco d'amoiseau quand tu portes cette cote d'agricultrice, une très belle robe. Tu as toute une série de photos comme ça que tu avais faites dans les champs, je crois près de chez ton père. C'est vraiment dans ton espace.
- Speaker #0
Avec les vaches de mon père d'ailleurs.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui lie encore ces deux univers qui te façonnent encore ? Qu'est-ce qu'ils ont en commun ?
- Speaker #0
Ça fait partie de moi. Il y a un truc où des fois je me sens un peu illégitime dans le sens où je n'ai jamais travaillé la terre. Je ne suis pas paysan, ce n'est pas mon milieu. Et à la fois, je le connais ce milieu. J'ai grandi dans les bottes de paille et les bouses de vache. On y sautait à pieds joués avec ma sœur. Il y a un truc où je connais. Mais par exemple, en robe cote, en hommage à mon papa, je ne me sens pas imposteur, mais je veux parler d'un truc qui peut-être me dépasse, parce que tu vois, le milieu de l'agriculture, je ne connais pas tout. C'est un truc, des fois, j'ai l'impression que ça me dépasse un peu le sujet, et à la fois, ça me porte, et je le trouve important, parce que... Parce que déjà, sans le milieu paysan, on ne serait rien. Il faut qu'on mange, il faut qu'on... C'est la base, je pense, de tout en France. On a besoin du milieu de l'agriculture, donc le représenter, donc le connaître.
- Speaker #1
Je crois que ton papa apparaît sur cette série de photos. C'est lui qui est à table avec toi. Oui, oui, oui. Quel regard il porte sur ton art en général et puis peut-être cette idée-là que tu lui as proposée un jour de venir shooter chez lui ?
- Speaker #0
Alors, mon père n'a jamais été très à l'aise jusqu'à il n'y a pas très longtemps, parce qu'il était tombé sur une photo de moi au début, où j'étais un peu plus trash, entre guillemets, enfin je peux l'être aussi aujourd'hui, mais cette photo, j'étais quasi nu avec un hortensia sur le pénis, enfin bon bref, il y avait un truc un peu, je voulais que ce soit choquant, mais je ne voulais pas que ce soit choquant pour lui, enfin je ne m'attendais pas à ce qu'il voit cette photo. Bon, il l'a vue. Euh... Mon père est pas quelqu'un qui fait des drames ou qui s'exprime énormément sur ses sentiments, du coup... Il m'a fait comprendre qu'il l'avait vu, mais il ne m'a pas fait comprendre que ça l'avait choqué. Je l'ai compris de moi-même. Donc ça a été un sujet tabou jusqu'à ce que j'atterrisse en Aveyron, en traille sur Truyère et que je lui dise « Papa, je vais faire un spectacle et je pense que ça peut t'intéresser » parce que ce spectacle était vraiment bien fait. Sur le territoire à Véronée, c'est la compagnie Des Prairies, c'est Julie Des Prairies qui avait fait ça aussi. Elle avait fait ça en travail sur Truyères avec des artistes du territoire, dont une drag queen. Ce n'était pas un spectacle drag. Mon père serait complètement largué si je l'amenais dans un spectacle drag pur et dur. Là, il y avait de la musique folklore à Véronèse, ça parlait le langage qu'il connaît. Il y avait un truc, et moi qui débarque en robe avec une perruque et qui parle aussi de mon enfance. dans ce milieu, dans ce territoire qui fait partie de moi aussi. Et donc, là, pareil, il n'a pas été très démonstratif, mais j'ai vu que c'était moins dramatique. C'est un truc qui s'est déconstruit, en fait. Que j'avais des choses à dire et que ça touchait les gens. Parce qu'à la fin de mon numéro, par exemple, les gens venaient me parler. Donc, il a vu que ça créait une curiosité et bienveillante, en plus.
- Speaker #1
Tu as déjà beaucoup parlé de tout ce qui t'anime dans ce milieu. J'avais noté deux phrases que tu avais écrites sur Instagram. J'ai épluché ton profil Instagram pour trouver des traces. De toi, tu disais notamment que le drague, c'est un jeu, c'est la découverte de quelque chose d'intérieur que l'on a voulu cacher ou que l'on nous a imposé de cacher. Ça, tu l'as déjà un peu abordé. Et j'aimais beaucoup aussi l'idée... cette idée-là que tu as écrite, c'est de dire que le drague te permet de prendre possession de toi et de toutes tes strates. Je trouvais ça assez joli. Est-ce qu'aujourd'hui, tu as l'impression d'être en pleine possession, justement, de toutes tes strates ?
- Speaker #0
Oui. Je pense qu'il y en a encore plein à découvrir, mais je n'ai jamais été aussi bien et aussi sûr de qui je suis, en fait. Où je vais, tout ça, j'en sais. absolument rien, mais aujourd'hui je ne suis plus perdu, en fait j'ai compris j'ai compris qui je pouvais être, qui est-ce que je pouvais enfin, j'ai compris que ma vision de la vie elle est complètement grotesque et absurde mais elle est fun, il y a un truc où je m'éclate tous les jours et je suis content de me réveiller le matin et de me dire encore une journée où je vais mettre des perruques il y a un truc que Je suis bien aujourd'hui, je suis bien aussi dans mon genre et dans ma peau, c'est quelque chose qui n'a pas été facile. J'ai toujours été complexé de mon corps, etc. Aujourd'hui, absolument plus. J'avais des complexes de calvitie, j'avais des complexes de bourrelets, j'avais des complexes... Et en fait, plus j'avançais dans le drag et du coup dans la découverte de moi intérieur. Plus je dépassais ces choses-là, et c'est merveilleux, je le souhaite vraiment à tout le monde. Apprendre à se connaître, apprendre à s'aimer. Bon, calmez-vous quand même les divas, mais il y a un truc où c'est trop beau en fait. Et plus tu te connais, plus tu aimes qui tu es, et qui tu as l'impression d'être aussi à travers les autres. Plus ça encourage aussi autour de toi. cette espèce d'amour propre ou pour les autres. Il y a un truc bienveillant. Et si tu ne l'es pas envers toi-même, comment tu veux que les personnes soient bienveillantes aussi ? Il faut créer un truc sain, je pense. Et le drag, ça m'a aidé là-dessus. Et à travers mon genre aussi, j'y reviens parce que... aujourd'hui j'ai compris que j'étais une personne non binaire que le féminin, le masculin tout ça, ça me dépasse même si je comprends et je respecte le choix de chacun chacune mais moi en tout cas je m'y retrouve pas et il y a un mot pour ça même si j'aime pas les cases encore une fois mais au moins je peux dire le pourquoi du comment et que ça existe et qu'il y a d'autres gens qui s'y retrouvent et qu'on a le droit et que si t'as pas envie d'être un homme et si t'as pas envie d'être une femme tu as le droit en fait ça existe et tu as d'autres gens qui te comprendront et puis tant pis s'ils ne se comprennent pas on a des comptes à rendre à personne
- Speaker #1
J'ai trois questions un peu franchement un peu Pas crête peut-être, mais bon, qui me vienne à l'esprit. Pourquoi Coco Damoiseau ? Pourquoi ce nom ?
- Speaker #0
Coco, c'est mentionné au nom d'enfant. Et Damoiseau, parce que c'est plus une blague, c'était une copine. avant que je commence le drag, je crois juste avant elle m'avait trouvé des manières un peu bourgeoises et du coup pendant une soirée on faisait un apéro elle m'avait dit le coco d'un oiseau pour se moquer ça venait vraiment d'une blague entre nous mais je me suis dit, ah tiens c'est rigolo ça sonne bien et je trouvais ça aussi intéressant que ça sonne avec des O parce que c'était une période où toutes les drag queens s'appelaient avec des A il y avait un truc Pour faire féminin, je ne suis pas la rebelle de la bande, mais j'aime bien secouer les trucs. Du coup, je me disais, tiens, Coco Damoiseau, genre elle, c'est rigolo. Deuxième question,
- Speaker #1
combien d'heures de maquillage avant une performance ?
- Speaker #0
Ça dépend des maquillages. Généralement, je mets une heure et demie.
- Speaker #1
Ok, ça va.
- Speaker #0
Au début, je mettais quatre heures et je n'étais pas jolie. Mais ça vient avec le temps, avec la pratique. À toutes les personnes qui commencent le maquillage, accrochez-vous. C'est ok d'être pas joli au début, ça vient avec le temps. On apprend les formes du visage, on apprend les techniques, pas de pression.
- Speaker #1
Et est-ce que tu fais toi-même tes costumes ?
- Speaker #0
Peu, peu. Je les imagine surtout. Par exemple, la robe côte, c'est moi qui l'ai dessinée, mais j'ai pas les talents de couturier de mon ami. qui l'a faite, qui est aussi artiste drag queen, qui est la bourrette. Après, je bidouille, ça oui. Il y a des perruques que je fais à la colle chaude avec des cheveux. En fait, je colle dans tous les sens. Je bidouille. Je couds aussi un peu, mais je ne peux pas tout faire. Mais par contre, j'invente, oui. J'ai des visions. C'est bizarre. J'ai des visions. Non, j'ai une vision de ce que j'ai envie de... porter. Après, est-ce que je suis capable de tout faire ? Non. Et je le reconnais. Du coup, heureusement que je suis entouré d'artistes perruquiers, perruquières aussi. À Toulouse, on a des personnes absolument talentueuses, talentueuses, couturiers, couturières aussi.
- Speaker #1
Et après, je t'amène sur une question que je pose à tous les invités du podcast en fin d'enregistrement. C'est en quoi est-ce que tu crois ?
- Speaker #0
Moi ? Je crois, je crois, je crois. Ça va être rémissement, mais je crois en l'amour déjà. heureusement. Ça, j'y crois à fond. Je crois en l'être humain. Je pense qu'on n'est pas tous pourris et qu'on a quelque chose de bon à partager et qu'il est temps de le faire. Il est temps de se retrouver et d'essayer de se comprendre. Je crois en l'amour, simplement.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Coco.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Finta jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu, inspiré, questionné et fait voyager peut-être. Viens me dire sur Instagram ou sur fintapodcast.fr ce que tu en as pensé. Je suis toujours curieuse de vous lire pour faire grandir Finta. Si tu fais partie de ceux qui apprécient le podcast et qui veulent continuer à cheminer avec moi dans les contrées avéronaises, tu peux désormais soutenir financièrement le podcast en donnant quelques euros par mois ou en faisant un don ponctuel. Tu participes à renforcer l'indépendance éditoriale de Finta et tu valorises, par la même occasion, le temps que j'y consacre chaque semaine. Figure-toi que si chaque auditeur donne 1€ par mois, Finta peut vivre sans publicité dès aujourd'hui. Le lien de la cagnotte est disponible en description de cet épisode. Pour que Finta vive, partage-le autour de toi, parle-en à tes amis, laisse-lui des étoiles et des commentaires sur toutes les applis d'écoute. C'est vraiment... le meilleur soutien que tu puisses nous apporter. A très bientôt.