- Speaker #0
« Hey, Finta ! » « Finta ! »
- Speaker #1
Explorer les basculements d'une époque, sentir frémir des énergies, voir les ruralités se transformer avec celles et ceux qui les provoquent, les repensent et les bousculent. Finta, c'est le podcast qui nourrit les esprits, des envies d'agir et des espoirs très concrets, à l'échelle locale. Finta donne à entendre l'Aveyron à travers celles et ceux qui ont choisi d'habiter, ici et maintenant. Je suis Lola Cross, et j'arpente ce bout de campagne depuis 12 ans comme journaliste. Avec Finta, je vous invite à pousser la porte de vos voisins, à croiser des regards, à Finter de plus près. Et ça commence tout de suite.
- Speaker #2
Allez, après toi, c'est lui. C'est vous ? Non. Les squatters. Du blues ? Du blues, oui. Parce qu'il n'y a que du flouze dans ton flouze. C'est la schizophrénie en fait. La base de la maladie, c'est la schizophrénie. Mais ça c'est un truc super délicat à aborder comme sujet, parce qu'on pourrait y mettre des heures et des heures à tout raconter. En ce qui me concerne personnellement.
- Speaker #1
C'est dans les coulisses de la MEJC à Rodez que je vous donne rendez-vous aujourd'hui. Les loges sont pleines à craquer, il y a de l'agitation dans tous les sens. Et pour cause, ce soir-là... Le théâtre des Deux Points affiche presque complet pour le concert des Squatters du Blues. Ces squatters avaient la maladie mentale en commun. Tous ont été, à un moment de leur vie, accompagnés par le CRPS, comprenez le Centre de Réhabilitation Psychosociale du Centre Hospitalier Sainte-Marie. Mais ceux qui les rassemblent aujourd'hui dépassent tous les symptômes et toutes les pathologies. À travers la musique et l'écriture de leurs propres textes, qu'ils jouent sur scène, les Squatters du Blues déjouent. le tout tracé chemin médical, pour y faire entrer la création artistique comme allié thérapeutique. Après la création du groupe en 2017 et la sortie d'un premier CD en 2021, les Squatters racontent aujourd'hui sur scène, dans le spectacle Maudit Blues, leurs histoires, des premiers signes de la maladie jusqu'au rétablissement. Guidé par un musicothérapeute, Francis Esteve, les Squatters comptent aussi dans leur rang l'infirmier psy Olivier Rabloureau, et le médecin psychiatre Pierre Kivitz, respectivement à la basse et à la guitare. De plus en plus autonome à la tête de l'association qu'ils ont créée, les squatteurs espèrent désormais faire des émules et devenir, à leur tour, des pères aidants, afin d'accompagner celles et ceux que l'écriture pourrait révéler. En les rencontrant, j'ai compris que tout est question d'une pulpe restée au fond de la bouteille, qu'il s'agirait d'agiter à nouveau. Vous comprendrez en écoutant ce nouvel épisode de la collection DantaBand, une collection de fintas pensée pour expérimenter des podcasts plus collectifs, en immersion, laissant la place à des sujets qui nous lient et des tranches de vie qui nous rassemblent. C'est avec Cisco, le musicothérapeute et chef d'orchestre des Squatters, que l'on commence cet épisode. Bonne écoute !
- Speaker #0
C'est dur, mais c'est naturel. On connaît le fond du temps. Un, deux, trois, quatre. Un, deux, trois, quatre. Un, deux, trois, quatre. On fait un jacquard différent. On fait un jacquard différent. Vous sentez la différence ou pas ? On le tire au fond. Chantez-le avec moi. Vous ne jouez pas les instruments, vous ne jouez pas les bases, vous allez chanter avec moi. Il faut vraiment que vous tendez vos récits. Ce n'est pas du rock. On chante au fond du temps. On y va ? On chante à tout le monde. 1, 2, 3 Apporte-moi ton soutien Sans doute de bien faire quelqu'un Vous avez le chemin pour exister Est-ce que cela te convient ? C'est sa passion de relâcher Différents, nous, nous sommes chacun Différents, nous, nous sommes chacun Différents, nous, nous sommes chacun On le refait une fois. Fais gaffe, fais rosité, un peu en avance. C'est moi qui donne le ton quand tu parles. Un, deux, trois, quatre. Abonne-toi à mon soutien. Un, deux, trois, quatre. Voilà, vous êtes devant. J'ai fait le signe, on refait.
- Speaker #3
Qui est-ce qu'on a en face de nous ? On a Emric, qui est notre... J'aime bien l'appeler l'acteur. C'est assez fascinant, quoi, entre la personne qui est au quotidien et une fois qu'il rentre sur scène, il y a Eugénie, trottinette, qui est entre Zébulon, quoi, qui est un peu... Ouais, notre petit jongleur, notre pitre des squatteurs, mais qui apporte plein de vie, qui a fait de sa maladie aussi. Vision de voir le monde politique complètement différente dans sa manière de parler. Il y a Françoise... C'est quelqu'un que je respecte beaucoup, qui est la plus âgée en fait, qui est notre... qu'on appelle un peu la maman des squatteurs. Et Nathalie, notre engagée politique, avec qui je rigole beaucoup, mais qui a une sensibilité au niveau social exacerbée, mais qui apporte ce côté-là, très engagée des squatteurs. Il y a Jérémy, je l'appelle le rappeur des squatteurs du blues, qui pareil se freinait énormément. Et puis à partir du moment où il y a eu le déclic, il a compris, il avait une culture hip-hop. Aujourd'hui c'est notre rappeur. Qui c'est qu'il y a encore ? Il y a Sylvain. Alors lui c'est notre petit génie avec qui je travaille aussi sur tout ce que j'ai, l'accompagnement, la composition. Qui est le guitariste et qui est un virtuose, qui a fait le conservatoire, qui a été professeur. Il y a Pierre Sylvain, qui est notre revenant, qui revient de loin. Pour moi, c'est un guerrier qui a été vraiment impacté par la maladie. Je n'oublie pas, parce qu'il y a Sylvie, qui est magnifique. mais qui renaît. Moi, j'aime bien l'appeler Phénix. On a deux Phénix, il y a Sylvie et puis après, il y a Rosy. Rosy qui est notre plus jeune, notre Benjamin que j'ai rencontré dans un état très difficile et qui, aujourd'hui, est magnifique et croque la vie et qui écrit super bien, qui a une réflexion et qui est aussi un peu se liant aux autres parce que... Il y a beaucoup de bienveillance dans les squatteurs. Ils se canalisent sur Rosy, mais ils renvoient. Il y a ce processus de bienveillance entre eux qui fonctionne super bien. Il y a Olivier, mon binôme, un infirmier. Des fois, on se frite, on n'est pas d'accord, on n'est pas du même milieu. Mais en tout cas, on a réussi à créer... Ce beau projet ensemble et être très complémentaire dans ce qu'on fait. Et après, il y a Pierre Kivitz qui, sans lui, sans la validation du médecin, on n'aurait jamais pu aller aussi loin. C'est hyper beau à voir, parce qu'effectivement, il y a des responsabilités énormes, mais quand il est avec les patients, ou quand il est avec les squatteurs, ça devient une autre personne, en fait. Il est au plus proche des gens, il est musicien à part entière, en fait. Et puis cet ensemble forme les squatteurs, c'est-à-dire qu'une fois qu'on y est, on a travaillé vraiment sur cette horizontabilité. Dès qu'on est sur scène, on est sur scène, on est tous des musiciens. Ça va plus loin que juste créer pour son propre égo. On est dans autre chose.
- Speaker #0
On va répéter.
- Speaker #4
On bosse bien les transitions. Par exemple, pour les présentations, on va peut-être faire passer les 2-3 premiers. Et après, chacun fait le passage. Voilà, il vient. Il vient prendre le micro. Bonjour, c'est Aymeric. Tu reposes et tu vas t'asseoir.
- Speaker #5
Juste pour avoir le mouvement.
- Speaker #4
Et c'est là que je m'en vais. Et que vous, vous preniez... Il y en a un qui s'occupe de la table, de la prise, l'autre de la chaise.
- Speaker #3
Sur chaque partie, on s'arrête, on fait un brief. On fait ça ? Allez !
- Speaker #4
Récupérez vos 12. On fait pareil, par contre, on remet tout le début, la grosse, il va...
- Speaker #6
En fait, si vous voulez, on retrace un petit peu les débuts de la maladie. Voilà, les merdes un petit peu qu'on a subies. Et... C'est pas présenté,
- Speaker #2
c'est Amérique. Oui.
- Speaker #6
et donc les meilleurs bras de la maladie, on exprime un peu ça. On exprime aussi un petit peu les solutions, le rétablissement, un petit peu comment on voit les choses. Comment on les a vécues, comment on les vit maintenant.
- Speaker #5
La maladie, du premier diagnostic, l'acceptation de la maladie, jusqu'au rétablissement.
- Speaker #6
En fait, on avait des thèmes un petit peu sur lesquels on écrivait chacun. Au revoir. Je suis tout seul. Le premier thème, c'était la présentation. Pour moi, c'était le début de la maladie. Après, on a fait des chansons sur le rétablissement, par exemple. Si on devait aider quelqu'un, qu'est-ce qu'on ferait pour lui ? Plein de mises en scène un petit peu théâtrales.
- Speaker #5
de rebondissement. Sylvain aussi qui a écrit deux chansons pour le spectacle qu'il a écrite et composée dans la musique. Et une chanson qui clôt le spectacle qui s'appelle Maudie Blues. Donc on finit tous en chansons avec un petit happy end comme ça. Maudie Blues, tu sais me rendre joyeux. Avec toi j'oublie que je suis malheureux. Tes accords magiques, tes tours de passe-passe. Un moment idyllique plus rien ne me tracasse. Voilà. C'est le titre du spectacle.
- Speaker #1
qu'est-ce que tu observes dans leur parcours individuellement ? Alors peut-être si tu en visualises un en particulier, qu'est-ce que ça va chercher chez eux ? Qu'est-ce qui bouge grâce à la musique ?
- Speaker #3
Ce qu'on a pu s'apercevoir, c'est qu'effectivement, les squatteurs le disent bien eux-mêmes. Pendant toutes ces années... Ils ne sont pas revenus à l'hôpital. On s'est aperçu aussi qu'il y avait moins de prises d'anxiolithique en fait. Donc ce que nous on appelle les SOS en cas de crise. Et surtout qu'il y avait une stabilisation de l'humeur quoi. Et après, dans le pouvoir d'agir, c'est des personnes qui étaient très isolées. Il faut savoir que la maladie psychique, elle isole vraiment quoi. Et là, on se rend compte que c'est des personnes qui revivent, qui se réinscrivent dans la société, qui vont avoir des activités, et qui vont, au lieu d'être enfermées, qui vont vraiment aller au contact du monde.
- Speaker #5
Le fait d'écrire, d'exorciser par l'écriture, ça fait beaucoup de bien. Parce que moi, personnellement... Je suis suivi depuis une vingtaine d'années en psychiatrie et c'était l'escalade dans les traitements quand ça n'allait pas et je me suis rendu compte que depuis que j'ai commencé à écrire et à pouvoir enregistrer ou faire des spectacles j'ai pu énormément baisser le traitement et je suis bien plus stabilisé.
- Speaker #6
En fait, ça aide parce que d'une part, déjà, on se sociabilise un petit peu, donc on est dans un groupe. Forcément, quand on dit dans un groupe, c'est qu'il y a d'autres personnes. On s'entend bien, donc du coup, il y a une cohésion sociale un petit peu. Le fait est aussi un peu de sublimer un petit peu ce qui nous arrivait, malgré le fait que ce soit très, très dur. Le fait d'en parler. Jouer avec, ça permet un petit peu de le dédermatiser aussi. Et puis voilà, ça nous fait voyager aussi un peu. On fait des concerts, des spectacles un petit peu à droite à gauche. Donc du coup, ça nous sort un petit peu du quotidien. Ça nous fait voir d'autres gens.
- Speaker #1
Et de le montrer sur scène, quand on vous a dit, bon, maintenant vous avez vos textes, il va falloir... Les montrer en public ? Attends, j'arrive. Je vous tutoie, ça ne gêne personne ? Vous me tutoyez aussi ?
- Speaker #7
On a le trac, quoi.
- Speaker #1
À chaque fois ?
- Speaker #7
Pas toujours à chaque fois. On a toujours peur de... de ne pas faire bien, quoi. Mais bon, après, on se dit, on s'aide entre nous. On se fait confiance, donc si on ne sait pas, on se rattrape sur l'autre.
- Speaker #1
Ce n'est pas évident, je crois, de dire sur scène des sujets aussi intimes quand même.
- Speaker #6
Alors attends,
- Speaker #1
je prends mes jambes.
- Speaker #6
En fait, c'est pas forcément le fait de les exprimer qui est dur, c'est le fait de les vivre en fait. C'est ça qui est beaucoup plus dur en fait, voilà. Parce que même après plein d'années, on a toujours du mal à vivre avec sa maladie, toujours à accepter, puis c'est forcément des moments où elle prend le dessus en fait. Avec l'âge, on prend un peu d'expérience, on se connaît, mais ça suffit pas forcément, mais après on sait qu'il y a des trucs à mettre en œuvre. Pour aller mieux, comme pour moi, c'est aller marcher un petit peu, faire du sport déjà, ça m'aide un peu, ça atténue la maladie, ça ne l'efface pas, mais ça permet déjà de la supporter un peu mieux. Pour ce qui est d'exprimer un petit peu la maladie, parce que les gens normaux, ils ne se sentent pas de compte de la souffrance que c'est. La difficulté que ça peut amener dans les raisonnements.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'ils vous disent justement, les gens qui viennent vous voir à la sortie des spectacles ? Quels sont les retours ?
- Speaker #6
Ils sont émus.
- Speaker #1
De quoi ?
- Speaker #8
Parce qu'on a des mots qui sont forts. Moi, je parle de suicide. Donc, c'est une chose qui n'est pas marrante. Mais dans le spectacle, il y a aussi une évolution. On finit le spectacle par le rétablissement. Donc, on finit quand même par une note positive. Mais c'est vrai que les gens sont émus, sont aussi impressionnés par nos textes.
- Speaker #5
On peut être touché de plein de manières. Tout le monde dans sa vie va vivre un décès. Ça peut amener vers la dépression. Il y a plein de coups durs dans la vie. Après,
- Speaker #6
je dirais que ce n'est pas forcément les gens. que ça peut leur arriver, mais il y a peut-être des gens aussi qui ont dans leur entourage quelqu'un à qui c'est arrivé ce genre de déboire. Et justement, je trouve que c'est important de montrer qu'il y a de l'espoir, qu'il y a des possibilités, qu'il y a des aides, qu'il y a des trucs qu'il faut ne pas lâcher. Je pense que ça peut aider. Je vois mes parents, ils ont bien galéré, un peu à cause de moi aussi. Mon père allait à l'Uniforme. L'Uniforme, c'était une réunion où les gens parlaient de leur enfant qui était malade ou des proches qui étaient malades. Je trouvais ça bien dans le spectacle de montrer qu'il y a possibilité de s'en sortir même si on est malade. Il faut continuer à aller de l'avant et trouver les bonnes cartes et les jouer. J'ai eu le premier symptôme à 16-17 ans. De là, petit à petit, ça s'est insinué en moi. J'ai réussi à avoir le bac à peu près, parce que j'ai tenu le coup jusque-là. Après, 6 mois de BTS, je me suis cassé la gueule. Je ne sortais plus, je restais enfermé. Je restais toute la journée devant l'ordinateur. Je ne bougeais plus, je ne voulais plus voir personne. J'étais en crise complète, je rejetais tout. Et là, ça a duré à peu près 10 ans, pas autant. 3-4 ans pour le vraiment prémis, et après 5-6 ans encore où j'ai eu du mal. à avancer. Et après, une fois que je suis parti un peu chez mes parents, je suis venu au CERF-SR au Dess, là, ça s'est allé mieux, je me suis mis à travailler au CAT, voilà, ça a roulé, c'est vrai. Voilà, je ne vais plus m'en sortir alors que ce n'était pas gagné, parce que les trois, quatre premières années de maladie ont été vraiment très dures à vivre. D'ailleurs, je ne sais pas trop comment je me suis sorti. Aujourd'hui, j'ai toujours des symptômes, des trucs. Moi, je connais un peu plus la maladie. Je sais qu'il y a des gens qui m'aiment. Je sais aussi qu'il y a les méandres du cerveau. Je commence à les comprendre un petit peu. Même si des fois, on sait qu'on a des pensées, des mauvaises pensées, des pensées qui sont très perturbantes, des pensées... On se dit, bon, c'est pas vrai. Et puis, c'est pas... C'est des pensées, parce qu'en fait, moi quand je traduis un petit peu le fonctionnement du cerveau, par exemple si on est très angoissé, en fait n'importe quelle pensée qui va arriver pendant le moment où on est angoissé, elle va nous angoisser en fait. Et donc du coup on peut angoisser sur des trucs qui n'ont pas lieu d'être. Après ça peut être un peu pareil pour les énervements, la parano, voilà, quand on est schizophrène, on expérimente vraiment un petit peu tous ces... Tout c'est ces conneries aléatoires du cerveau en fait. Voilà où il y a même le cerveau. Des fois, il est un peu plus compliqué. Mais quand on en a conscience, déjà c'est un peu mieux. Et après, il faut chercher un peu des moyens pour atténuer un petit peu ces pensées-là.
- Speaker #2
C'est déclencher la maladie. Un déclenchement de la maladie, moi je vais vous en sortir un très commun maintenant. Il s'agit de la drogue. Parce qu'en fait, j'ai tellement touché à toutes les drogues qu'il y a sur Terre, que j'en ai des souvenirs inimaginables, entre l'herbe, le cannabis, la coke, la piquouse. Parce que j'ai jamais touché à l'héroïne, mais c'est très dur de vivre ce que j'ai vécu moi personnellement. Parce que tout ce qu'on me dit avec les squatteurs, ça me retrace moi en fait. Nathalie, tout l'islam qu'elle va faire, la vérité qu'elle dit sur elle, elle se rapproche de moi parce que moi je n'ai pas d'enfant comme Nathalie, à mon plus grand regret. Les autres, après, j'ai des rapprochements, des similitudes avec eux dans ce qu'ils chantent ou dans ce qu'ils slament. Ça me touche, moi, aussi, personnellement.
- Speaker #9
Vous allez,
- Speaker #0
vous savez que c'est toi.
- Speaker #9
On va le faire. On va le faire.
- Speaker #4
Olivier. Qui je suis ? Je suis infirmier en psy depuis... Depuis maintenant, attends, il faut que je fasse la subtraction. 96. Donc ça va faire... Ben, 30 ans... Tant que je suis perdu. Oui, 30 ans. J'ai le diplôme de déu de musicothérapie depuis deux ans maintenant. Et... Parce que j'ai toujours travaillé avec la musique, en fait, dans toute ma carrière. À chaque fois, ça a été utilisé en tant que... Soit en tant qu'activité à part entière, d'écoute musicale, quand j'étais en pavillon d'entrée, soit après simplement, les infirmiers, on ne fait pas que des piqûres, on fait aussi le ménage de la salle de soins de temps en temps le soir, enfin de temps en temps, tous les jours, et je mettais de la musique. Et en fait, tout le temps, il y avait des patients qui venaient, et le fait d'entendre un titre ou d'entendre quelque chose, ça faisait ce petit lien, et de là, on ouvrait, comme je dis, on ouvrait une porte à la discussion. Et après, souvent ça partait de la musique et on finissait après vraiment sur l'état psychique et l'état mental du moment.
- Speaker #1
Et à quel moment est-ce que ce projet-là, il a pris cette ampleur qu'il a aujourd'hui ? Quelle a été la progression ?
- Speaker #4
La progression, au tout début, pendant 4 ans, ça a été déjà de créer ce groupe. Donc quand j'ai créé ce groupe, j'ai demandé au CRPS, à tous les usagers du CRPS, qui est-ce que ça intéresserait de faire un groupe de musique ? Donc il y en avait quelques-uns, mais très peu, qui jouaient de la musique, d'un instrument. Il y avait surtout Sylvain qui a un niveau de guitare exceptionnel. Après quelques autres, il y en avait un qui faisait du clavier, un autre qui faisait un petit peu de percut. Mais après, comme je disais, il n'y avait pas un référentiel particulier. C'était simplement se retrouver autour et pour la musique avec avant tout une notion de plaisir. Après, j'avais mon petit objectif thérapeutique en tête de toute façon, parce qu'à chaque fois, je savais pourquoi j'allais pratiquer telle ou telle chose. Mais voilà, c'était le prétexte, la musique était le prétexte. Et donc on a fait ce groupe, je voulais avant tout aussi quelque chose de collectif. Ça, c'était super important, parce que ça amène aussi toutes les notions d'écoute de l'autre, de respect, de relationnel et ainsi de suite. Donc on a fait ça pendant quatre ans. L'objectif, la fête de la musique, on créait notre petit répertoire. Donc c'était chacun en fait qui me disait, ben voilà, tiens, je voudrais reprendre par exemple du Goldman. Et bon, rapidement on se rendait compte que le Goldman, en fait, c'est super dur quoi. Plein de types de variétés qu'on adaptait en fait à notre sauce et selon nos capacités. Bon, c'est vrai que le tout début, il y en avait beaucoup, c'était, on était parti aussi, on frappait dans les mains. Frappait dans les mains avec ne serait-ce que le rythme. Il y en avait beaucoup qui n'avaient pas le rythme, parce qu'au niveau de la voix, il n'y en avait pas un qui savait chanter. Et donc c'était arriver à s'arranger, à faire quelque chose. J'ai toujours eu cet objectif quand même qualitatif. Comme je leur disais, je dis voilà, on va se présenter devant un public, c'est pas le spectacle de fin d'année de l'école, on fait quelque chose de chouette quand même. Et parce que ça fait aussi une fierté à chacun de faire quelque chose de beau. Et puis d'avoir un rendu du public qui t'applaudit et qui te dit que c'est chouette ce que vous faites. Donc on a travaillé ça pendant 4 ans et après le gros développement, ça a été 2020. Parce qu'à chaque fois, on cherche des financements. Il n'y a pas le choix et on avait réussi à avoir un financement culture et santé. Donc c'est là que Cisco est arrivé. Quand il a vu déjà ce qui se pratiquait un petit peu dans le groupe, et puis cette envie qu'il y avait, et puis il y avait ce côté aussi vachement... curieux et motivant pour les patients de rencontrer un vrai artiste. Et en plus, qui venait avec la musique assistée par ordinateur, qui était vraiment l'instrument magique, parce qu'il appuie sur... Voilà, je veux du hard rock, il fait du hard rock, je veux du classique, il fait du classique. Mais avant tout, c'est parce qu'il a cette maîtrise phénoménale de l'instrument. Et en fait, de l'ensemble des compétences de tout le monde et de l'envie, à l'origine, il était venu uniquement pour... On va dire, c'était... De mémoire, c'était, je crois, pour trois mois, un truc comme ça. Il devait enregistrer trois titres. Ça fait 5 ans, presque, ça fait même 6 là.
- Speaker #2
En fait, c'est faire plaisir et de faire plaisir. C'est ça, vous avez deux. Ouais.
- Speaker #3
On commence, si on se fait déjà plaisir, c'est sûr on va faire plaisir aux autres.
- Speaker #2
Qu'est-ce qu'on dit ?
- Speaker #3
Qu'est-ce qu'on dit ?
- Speaker #2
Je ne suis pas toujours... coutume comme ça.
- Speaker #3
Alors comment il faut faire ?
- Speaker #2
Il faut aller juste en amont.
- Speaker #3
Il faut aller juste en amont ?
- Speaker #2
Ouais, fondre droit devant.
- Speaker #3
C'est un peu radical. Ouais,
- Speaker #2
tu fonds droit devant, tu fonds dans le tas. Tu es baissé. Comme un taureau. Le taureau de la gueule.
- Speaker #3
C'est vrai ? Souvent, je leur dis, vous savez, les troubles que vous avez, c'est une richesse aussi. Vous avez une autre vision du monde, vous avez un autre rapport au monde qui est intéressant, qui est poétique, qui est artistique et qui va aussi, des fois, sans filtre, permettre aussi un engagement et des communications un peu plus directes que nous. On est un peu... Dans la normalité, des fois, on est aussi un peu empêchés. Alors que chez certaines personnes qui ont des troubles, ça va être sans filtre. On va se dire les choses et on va sentir les choses assez rapidement. Et c'est tous ces petits côtés-là magiques que je mets en avant sur ce travail-là.
- Speaker #1
Je comprends la première étape de l'écriture, mais après il y a l'étape d'aller... La composition.
- Speaker #3
La musique.
- Speaker #1
La musique. Et puis aller sur scène aussi. Donc là,
- Speaker #3
on arrive sur le procédé qui est... dont je parlais avant, c'était la question de la réhab, c'est de redonner une place citoyenne. Donc, si on doit redonner une place citoyenne, il faut qu'on voit les personnes qu'ils ont dans l'institution. Il ne faut pas qu'elles restent cantonnées à l'institution. Si on veut qu'elles soient citoyennes, il faut qu'elles parlent, il faut qu'elles aillent rencontrer la cité, il faut qu'elles parlent de leur vécu. Et donc là, effectivement, on a commencé les premiers concerts qui étaient musicals, puis après, il y a eu cette idée de... Du Maudit Blues qui est le spectacle, de dire si vous racontiez votre histoire en fait. Il y a toujours une notion de fantasme aussi sur... J'avais lu une étude qui était assez alarmante quoi, parce qu'effectivement le lambda a une image de la schizophrénie qui glade en effectivement des productions cinématographiques quoi. Comme Natural Born Kidder, des choses extrêmes en fait. On va tout le temps dans l'extrême de la maladie, alors que je connais des schizophrènes qui n'ont pas envie. tués, qui sont très... Il y a juste, effectivement, des symptômes qu'on essaye de stabiliser avec une symptomatologie qui est des hallucinations visuelles, des hallucinations auditives, des moments aussi de conflits intra-psychiques, mais qui ne relèvent pas la personne. C'est bien dissocié ce qui est du symptôme et de la personne. Et souvent, je rappelle aux usagers, je leur dis, mais quand... Quand vous êtes né, vous étiez une personne avec une personnalité. Ce qui vient troubler et ce qui vient vous affecter, c'est les symptômes. Et si vous arrivez à connaître votre maladie avec vos symptômes, vous allez être garant aussi de votre maladie. C'est-à-dire de pouvoir réduire aussi l'hallucination de tout ce qui vient les impacter et qui est effrayant.
- Speaker #1
Et eux, comment ils le prennent quand tu leur dis que vous allez raconter votre histoire et on change de dimension ?
- Speaker #3
Pour en arriver là, il n'y a qu'un lieu. tout le processus des concerts, de ce qu'on a fait avec Olivier, de mettre en place quelque chose qui était plus festif, on va dire. Pour un arrivé, il fallait déjà qu'il y ait une alliance thérapeutique. Ça aussi, c'est une confiance. Ça arrivait quand même au bout de 4 ans.
- Speaker #4
Ah oui, si vous avez des portables, mettez-les en silencieux. Ah mais j'ai mis en silencieux depuis que j'y arrivais, la même histoire.
- Speaker #0
Camille, c'est pas fini, mettez deux micros sur la chaise.
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #5
c'est à soir et nuit, voilà. Pour la première partie, pour l'INSEE, et après vous rentrez. et vous faites votre truc.
- Speaker #3
Donc tout le monde est d'accord ? Introduction, spectacle de claquettes. Après, introduction, spectacle de claquettes. Après, Rosie, avec Jérémy. mettre leur costume de poule et c'est poule dance d'accord vous nous faites un spectacle en roller
- Speaker #4
Ça fait six qu'on est ensemble et donc là le truc extraordinaire aussi c'est qu'il arrivait au moment où c'était le Covid avec le confinement. Et on a été l'une des rares activités à rester encore active. Donc les patients venaient et ça faisait la bouffée d'air aussi pour eux. Et quelque part on en a profité, puis c'était un besoin chez tout le monde aussi. Et bien on a écrit là-dessus. Et surtout, peut-être que des gens ont oublié, mais c'est vrai que c'était l'époque où il y avait les rayons vides de supermarchés, où il y avait cette... Peur, ce côté, la crainte de la mort aussi. On n'a jamais été aussi proche de la mort qu'à cette époque-là. Donc plein d'angoisse. Et le fait d'écrire, ça a exorcisé plein de choses. Et puis, on a toujours eu cet abord aussi très... Je ne vais pas me lancer des fleurs, mais ça a toujours été très bien vivant et très humain. Et on laissait venir les choses. Et en fait, il y a une production phénoménale qui a été faite. Ce qui fait qu'on a eu l'enregistré, c'était 23 morceaux. 23 morceaux, et de là, parce qu'on est un peu dingue aussi, comme je l'ai dit, on n'est pas en psy par hasard, on s'est dit, tiens, il faudrait le sortir en album. Et donc on a inscrit l'ensemble des textes et des musiques à la SACEM avec eux. Donc ils ont tous eu leur statut d'artiste et tout ça. Ça aussi, ça a été une sacrée reconnaissance pour eux. Parce que justement, ils passaient du statut, on va dire, de patients en activité thérapeutique. au statut artistique valorisé, à avoir leur nom, enfin leur album dans les magasins. Et ça a été quelque chose d'assez fabuleux pour eux. Et donc on a fait ça. Et après, rapidement, on s'est dit, on a fait un album, c'est très bien. Ça nous a pris presque un an. Et après, on s'est dit, tiens, il faudrait le présenter en concert. Donc on a commencé de travailler de nouveau un répertoire, donc quelques reprises et aussi de... des compos qu'on avait faits et de les présenter au public. Et puis, ça plaisait à tout le monde. Et puis, il y avait de l'envie, il y avait du plaisir. Et après, une petite notoriété qui s'est faite. Donc, on a été invités à différents festivals, différents endroits. Puis, quand on a invité, des fois, on se retrouve à l'hôtel. Puis, de partager ça ensemble, parce que c'est vrai que dans le groupe, comme je disais, il y a un psychiatre, un infirmier, un artiste, les patients. Mais en fait, il n'y a pas de sachant. Il n'y a pas d'apprenant.
- Speaker #1
Là, dans ce spectacle particulièrement, vous mettez quand même en scène la relation patient-soignant.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #1
C'est pour la gratter pour vous, en tant que soignant. Vous en prenez pour votre grade aussi. À quel moment est-ce que vous avez fait ce choix-là ?
- Speaker #4
Oui, c'est une très bonne question. Effectivement, en fait, on avait fait ça. On avait fait encore une autre année, après un concert, encore un peu plus. Et puis, au bout d'un moment, on s'est dit, tiens, il faut... Il faudrait qu'on calme un peu et qu'on se retrouve le groupe. Et donc on était reparti en composition. Mais ça venait d'eux en fait, qui voulaient parler de la psy. Qui voulaient parler de leur vécu parce qu'on les encourageait sans arrêt aussi. Ça c'est le rétablissement, c'est tout le côté réhab en psychiatrie. De leur faire parler de leurs troubles. Et le rétablissement c'est arriver à vivre au mieux avec ces troubles. Avoir la vie la plus normale, la plus agréable et épanouie possible avec ces troubles. Donc il y a tout ce qui est stigmatisation de la maladie mentale. Il y a l'auto-stigmatisation aussi. De toute façon, je suis malade, je ne suis pas capable de faire ceci ou cela. Ou je vais être jugé, ou je ne peux pas faire ça. Il s'interdisait de faire des choses. Donc il voulait parler de cette maladie mentale. Et donc on s'est mis à écrire. Et puis en fait, il y a eu plein de choses qui sont sorties. Et petit à petit, on s'est aperçu qu'il y avait en gros les trois chapitres. C'est-à-dire le chapitre, l'apparition des troubles, comme je dis, après la phase d'état, et cette confrontation à l'hospitalisation et aux soins, qui, il ne faut pas se le rire, souvent est contrainte au début, et après cette phase de rétablissement. On est impliqués, nous aussi, dans le spectacle. Et donc moi, c'était parler aussi de mon vécu de psy, parce que j'ai évolué aussi dans ma carrière, entre l'infirmier de service fermé que j'étais, jeune, tout ça. Et maintenant ce que je suis est cette vision aussi des soins et de la maladie mentale et de la prise en charge qui a vachement changé aussi chez moi. Justement de retrouver beaucoup plus d'humanité, de proximité, d'empathie. On est tellement amené à vivre. Vivre des choses avec eux, parce qu'en fait c'est des gens qui sont seuls très souvent. Comme je dis, les malades mentaux, très souvent, en fait c'est ces gens qu'on voit errer souvent dans la ville. Mais errer, ils ont leur petit rituel, ils ont leur périmètre de vie qui est de 500 mètres autour de la structure, où ils ont leur supermarché, leur petite supérette, ils ont le bureau de tabac, ils ont le café, ils ont tout ça, la boulangerie. Et puis voilà, ça ne va pas plus loin, parce qu'après, ça fait peur. Et donc, il y a plein de problématiques aussi qui nous amènent, parce que très souvent aussi, il y a une distance familiale qui se fait aussi avec eux. Donc, des fois, pas de lien, soit des fois, ils n'ont plus leurs parents, soit après, il y a des relations familiales qui sont difficiles. Et donc, en fait, c'est nous la famille. Et donc, en fait, on a plein de choses de la vie quotidienne, de la vie sentimentale, de la vie émotionnelle qui nous ramènent.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a appris, toi ?
- Speaker #4
C'est dur. C'est vachement dur comme question. Ils m'ont appris plein de choses. Déjà, ils m'ont fait changer mon regard, changer mon regard d'infirmier. Effectivement, j'ai toujours été à l'écoute, mais être encore plus à l'écoute, encore plus dans l'empathie de certaines choses. Et puis... à être plus, je dirais des fois plus disponible pour certaines choses aussi. Et puis ils m'ont appris aussi que ça a même changé certains préceptes que j'avais du début de ma carrière. Très souvent on dit que les schizophrènes, c'est ce que j'ai appris au tout début, les schizophrènes, 40-50 ans, c'est vrai qu'il y a peut-être moins d'expressions délirantes, mais par contre il y a ce qu'on appelle l'émoussement affectif, il y a l'isolement social. Il y a des troubles cognitifs qui aussi peuvent arriver, ce qui fait qu'on a une personne qui va commencer, on va dire, entre guillemets, de décliner, de se refermer sur elle-même, autant émotionnellement que socialement. Et en fait, l'activité, justement, ça c'est une des choses qui... qui m'avait amené justement à faire mon mémoire de DU, c'était justement cette nouvelle ouverture. Et de se rendre compte que, ben voilà, 40-50 ans, c'est pas... J'arrive pas à trouver le mot, c'est pas...
- Speaker #0
Une fin en soi,
- Speaker #4
en fait. Voilà, une fin en soi que de finir dans cette conjecture-là. Et ben non, ils m'ont prouvé qu'ils peuvent apprendre des choses, ils peuvent se redévelopper, ils peuvent se réépanouir. C'est... Le titre de mon mémoire, en fait, c'était « Secouer la pulpe » . Et ça, ça vient d'un des patients de Jérémy, en fait, à la fin d'un concert, qui nous avait dit « Putain, là, vous nous avez bien secoué, quoi » . Et j'ai dit « Mais c'est la bouteille d'orangina » . Et c'est vraiment cette pulpe, la personne, le schizophrène, c'est cette personne qui a toute la pulpe qui est au fond, qui sédimente. Et bien, si on arrive à la réagiter, à la remettre en émulsion, et bien, ça revit, quoi. Et il y a plein de choses qui se recréent, ça se réouvre, ça a été assez fabuleux comme expérience.
- Speaker #1
Qu'est-ce que t'aimerais, tu l'as déjà expérimenté, mais que le public retienne en sortant de là ce soir ? Qu'est-ce que t'aimerais qu'on retienne de ce spectacle ?
- Speaker #4
De changer le regard vis-à-vis de ces patients, de ces gens qui souffrent d'une maladie. psy, parce que autant on va arriver à comprendre et puis on va avoir une empathie pour quelqu'un qui a un cancer, quelqu'un qui a un diabète, qui a une maladie cardiaque ou n'importe quoi. La maladie mentale fait peur. Et pourtant, je dirais que bon, heureusement, tout le monde n'a pas expérimenté la schizophrénie, heureusement, mais je pense que tout le monde a au moins expérimenté une fois la crise d'angoisse. Tout le monde a expérimenté au moins une fois le coup de déprima. Voir la dépression. C'est deux choses là, toutes simples, mais c'est eux, c'est ça, mais fois, multiplié par 10, par 100. Et c'est des êtres humains qui n'ont pas eu de bol, qui n'ont pas eu de bol, qui ont chopé, comme on dit, ces foutues maladies, quoi. Ces foutues maladies qui sont super handicapantes. Et puis, ils en souffrent. Ils souffrent aussi du regard des gens, ils souffrent du regard de la société. Parce qu'au fond d'eux, c'est vrai qu'ils ont tous cette envie de vivre normalement et puis de ne pas avoir ce regard braqué sur eux. Ou que les gens aient peur d'eux. Comme on dit, c'est vrai que le cinéma fait des fois beaucoup son... On va dire son... Je suis un business là-dessus. Forcément, le serial killer, c'est forcément un schizophrène. Il n'y a que des choses comme ça. Mais en fait, moi, j'ai pas eu de serial killer sans arrêt. J'en ai pas eu. J'ai eu des gens, par contre, qui souffraient, qui n'étaient pas bien. Donc, de changer ce regard de la psychiatrie, de mieux comprendre ce que ça peut être. Des fois aussi, ce qu'on appelle un peu le transfert, c'est-à-dire se rendre compte qu'il n'empathie. C'est, bah ouais, moi, j'ai pu vivre ça aussi. Putain, ce qu'ils vivent, c'est pas cool, quoi. C'est vraiment pas cool.
- Speaker #3
Être norme ou bizarre, ce n'est plus une question, c'est une partition. Et chacun ici, avec les squatteurs du pouce, doit écrire sa propre improvisation. Oui, merci, vous pouvez y aller.
- Speaker #5
Merci à vous !
- Speaker #2
Merci à vous. Mesdames, bonsoir. Voilà, je m'appelle Eugénie, je fais partie des directeurs du Blues. J'ai été extrêmement heureuse d'avoir des personnes qui sont venues nous voir comme vous. Ça prouve qu'on n'est pas délaissés, que même si on a un handicap dans la vie... On fait quand même partie de la société qui est normale. Et moi, je veux vous dire à tous, profitez bien de la vie. Pour en profiter, je vous dis qu'un pédium. Et ce qu'un pédium, ça veut dire que c'est de profiter de l'instant présent. Enfin, voilà. Je vous souhaite une bonne soirée. Merci à tous.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Finta jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu, inspiré, questionné et fait voyager peut-être. Viens me dire sur Instagram ou sur fintapodcast.fr ce que tu en as pensé. Je suis toujours curieuse de vous lire pour faire grandir Finta. Si tu fais partie de ceux qui apprécient le podcast et qui veulent continuer à cheminer avec moi dans les contrées avéronaises, tu peux désormais soutenir financièrement le podcast en donnant quelques euros par mois ou en faisant un don ponctuel. Tu participes à renforcer l'indépendance éditoriale de Finta et tu valorises, par la même occasion, le temps que j'y consacre chaque semaine. Figure-toi que si chaque auditeur donne un euro par mois, Finta peut vivre sans publicité dès aujourd'hui. Le lien de la cagnotte est disponible en description de cet épisode. Pour que Finta vive, partage-le autour de toi, parle-en à tes amis, laisse-lui des étoiles et des commentaires sur toutes les applis d'écoute. C'est vraiment... le meilleur soutien que tu puisses nous apporter. A très bientôt.