- Speaker #0
Flamme des années 80, le podcast qui allume la femme.
- Speaker #1
Bonjour, je suis très heureuse aujourd'hui de recevoir Gabrielle pour la sexualité des flammes, notre petite chronique qu'on fait à tous les trimestres. Comment vas-tu Gabrielle ?
- Speaker #0
Salut Sarah, ça va très bien, toujours aussi contente de partager ces conversations intimes avec toi.
- Speaker #1
Est-ce que tu veux te représenter brièvement pour qu'on n'ait pas encore écouté toutes les émissions qu'on a faites ensemble ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Moi, je suis sexologue et thérapeute de couple. Ça fait maintenant cinq ans que j'exerce. Je reçois des couples, des hommes, des femmes en consultation sur ce qu'ils ressentent dans leur sexualité, les difficultés qu'ils traversent. Je les accompagne sur ces sujets-là. Et aujourd'hui, le sujet que je voulais aborder avec toi, c'est un sujet, en réalité, que j'ai beaucoup abordé ces derniers temps en consultation. Et ce sujet, c'est finalement quand on ressent un attachement, pourquoi est-ce que le désir et l'excitation peuvent devenir plus fragiles ? Et je trouve que ce paradoxe est intéressant, qu'on soit en relation depuis longtemps avec quelqu'un ou qu'on vienne juste de rencontrer une personne. Pourquoi est-ce que dès lors qu'il y a un attachement, finalement la sexualité est beaucoup moins évidente, parce qu'il y a plus d'enjeux ? Et je trouvais ça intéressant peut-être de développer un petit peu plus ce sujet aujourd'hui.
- Speaker #1
Ouais, c'est trop. Franchement, je trouve que c'est un sujet hyper intéressant parce que moi, j'ai l'impression, donc je te pose la question, qu'il y a peut-être deux catégories de personnes. Il y a une catégorie de personnes de profil qui ressentent du désir que lorsqu'elles sont amoureuses. Et il y a une autre catégorie de personnes qui, au contraire, voient leur désir un petit peu s'éteindre quand ils sont dans une relation installée et amoureuse. Comme si la sexualité, le désir, le charnel et l'amour, ça pouvait être un petit peu... Soit en opposé, soit au contraire. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui, mais c'est vrai. Et en fait, tu vois, c'est quelque chose que moi j'explique beaucoup en consultation, c'est que la sexualité, telle qu'on la vit, elle est gérée par notre système nerveux. Donc en fait, il y a des personnes qui ont énormément besoin de sécurité pour pouvoir s'ouvrir à une excitation, pour prendre du plaisir dans la sexualité. Donc en fait, ces personnes-là, elles ont besoin d'un attachement, elles ont besoin d'une connexion. Et c'est à partir de cet attachement et cette connexion que... elles vont pouvoir lâcher prise, elles vont pouvoir se laisser aller, à ressentir, à être dans le corps, à laisser les sensations, etc., venir sur des moments intimes. Et pour d'autres, notamment sur les relations long terme, ce qu'on me demande souvent, c'est en fait, il y a beaucoup de sujets autour de la routine, autour du fait de, en fait sur un couple long terme, c'est ultra difficile, beaucoup plus difficile de ramener de l'érotisme dans un quotidien. Et donc en fait, pour ces personnes-là, plus le lien et plus l'attachement est fort, long, etc., plus la manière de se montrer sexuelle est difficile. Parce que finalement, si je suis attachée, si je t'aime, je m'expose. Je m'expose aussi à ton jugement, je m'expose aussi à ta critique, je m'expose aussi à ton rejet. Je m'expose à tes réflexions. Et pour certaines personnes, c'est difficile.
- Speaker #1
Alors du coup, pourquoi est-ce qu'on a l'impression que cet attachement profond, le désir devient fragile alors que c'est le contraire ? En fait, j'ai l'impression vraiment qu'il y a ces deux. Est-ce que tu penses qu'il y a ces deux catégories de personnes qui existent ou est-ce qu'on peut être, selon notre système nerveux, une fois un peu l'autre et puis on peut osciller entre les deux ? Ou c'est des natures profondes, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Je pense que c'est des natures. Je pense que notre manière profonde de nous sentir en sécurité, ça vient de nous, en fait. Si moi, par exemple, je me sens plus en sécurité, ou en tout cas, j'ai besoin de sécurité pour ressentir du plaisir, de l'excitation, pour me laisser aller, bon ben voilà, c'est mon fonctionnement. Je pense que chaque personne va avoir un fonctionnement différent. Mais en tout cas, pour répondre à ta première question, c'est pourquoi est-ce qu'on a l'impression que parfois, plus l'attachement est profond et plus le désir devient fragile ? Ce n'est pas forcément le désir qui devient fragile, c'est l'excitation. Ou en tout cas, s'exposer, c'est qu'en fait, plus je suis attachée, plus je suis vulnérable. Et donc, finalement, quand l'autre ne compte pas encore, quand je ne suis pas encore attachée à l'autre, la sexualité reste en jeu. Je ne suis pas exposée dans ce qui se passe. C'est-à-dire qu'en fait, ça peut bien se passer, génial, ça ne se passe pas trop bien, ce n'est pas grave. S'il y a un moment de gêne, ce n'est pas très grave. Alors que quand il y a un attachement, quand l'autre commence à compter, d'une certaine manière, la sexualité devient un endroit d'exposition. Un peu ce que je te disais tout à l'heure, c'est que du coup... plus j'aime, plus je peux être blessée. Et plus je suis blessée, et plus mon système... va chercher à me protéger. Donc en fait, je vais être un petit peu plus en retrait, je vais avoir peur de mal faire, je vais avoir peur de ne pas être à la hauteur, je vais avoir peur de ne pas répondre à tes demandes. Et donc, c'est pour ça que c'est important de faire la distinction entre attachement, désir, excitation, parce que tout ça n'est pas automatique. Ce n'est pas parce que je t'aime que je vais forcément être excitée par toi ou je vais réussir. Et parfois même, ça peut vraiment créer une embrouille dans nos têtes.
- Speaker #1
Déjà, c'est clair, mais c'est vrai qu'on est quand même spéciaux, les êtres humains. Du coup, on peut partir sur… Il y a deux choses ici. C'est l'amour naissant dans ce qui se passe au début d'une relation. Et ensuite, j'ai l'impression que dans la relation longue, après, ça se renverse dans l'autre sens. On a que des mécanismes qui vont dans un sens, puis après dans l'autre. Donc du coup, est-ce que cette difficulté à rester sexuellement attirée peut apparaître dès le début, ou alors quand l'amour devient plus intense ?
- Speaker #0
Il y a certaines personnes, finalement, qui vont vivre une sexualité très fluide, très facile, où en fait, ils ne vont se poser aucune question tant que la relation reste légère, tant qu'il n'y a pas d'engagement sentimental. En fait, la sexualité, on n'y réfléchit pas. C'est fluide, il n'y a pas d'enjeu, etc. Et dès que l'autre devient important, l'excitation est moins facile. Et en fait, l'excitation, je ne sais pas si on en avait déjà parlé dans une précédente émission, mais l'excitation, en tout cas dans les termes sexologiques, l'excitation, c'est tous les phénomènes physiques et mesurables. qui ont lieu dans le corps quand le corps répond à un stimuli sexuel. Mais pour que cette érection ait lieu dans le corps, pour que cette excitation ait lieu dans le corps, il faut que le système nerveux l'autorise. Et donc, en fait, pourquoi est-ce que potentiellement l'érection peut être un sable, ou la lubrification peut ne pas avoir lieu dans un rapport sexuel, ou on peut se sentir un peu gêné, ou être un peu maladroit dans nos gestes ? Tu sais, le fameux... Ah, pardon, oula, désolé, oui, je... On perd un petit peu ses moyens. C'est qu'en fait, à ce moment-là, on sent qu'il y a un enjeu dans ce qu'on vit. Et donc, le système nerveux se met en alerte. Et à ce moment-là, on est beaucoup moins dans le contrôle de ce qui peut se passer. Et c'est bien aussi, d'une certaine manière, d'avoir ces moments où on est dans une perte de contrôle. C'est-à-dire, OK, c'est l'émotionnel peut-être qui prend un peu plus le dessus. Mais ce n'est pas grave, en fait. Ça ne dit rien réellement. du désir qu'on porte à la personne, de l'excitation qu'on peut réellement ressentir, en tout cas dans nos têtes déjà. Et oui, l'attachement, le fait de rencontrer quelqu'un qui compte, que ce soit dans un amour décent ou dans une relation longue, ça peut être ultra déstabilisant, encore plus pour, par exemple, une relation hétérosexuelle. Les hommes sont beaucoup moins éduqués que nous, les femmes, à se laisser un peu envahir par les émotions.
- Speaker #1
Oui, j'allais venir à la différence homme-femme, parce que je pense qu'il y a quand même une différence aussi entre les hommes et les femmes à ce niveau-là. Alors, évidemment, pas des généralités pour tous les hommes ou toutes les femmes, mais il y a peut-être des tendances.
- Speaker #0
Oui, en tout cas, moi, ce que je vois en consultation, tu vas s'en faire de généralité, de toute façon, je ne me base que sur ce que je vois en consultation. Parce que les personnes que j'accompagne, je passe tellement de temps à discuter avec eux que je vois quand même que sur la grande majorité, l'éducation qu'on reçoit, Quand on est un homme et quand on est une femme, le côté émotionnel n'est pas le même. C'est ultra dommage. Une petite fille, on va beaucoup plus l'encourager. Il y a beaucoup moins de problèmes si elle pleure. Elle va être encouragée à parler. Elle va avoir des soupapes émotionnelles et relationnelles auprès peut-être de ses frères et soeurs, de ses parents, de ses copines, etc. Alors qu'un petit garçon sera assez rapidement, on va assez rapidement le mettre sous cloche au niveau de ses émotions. Et il va rapidement enregistrer qu'il ne peut pas pleurer, qu'il ne peut pas être vulnérable. il ne peut pas s'exprimer quand ça ne va pas, il ne faut pas qu'il soit trop dans la complainte, etc. Et c'est dommage parce que ça crée assez rapidement dans nos vies, où pour les hommes il y a ce côté il ne faut pas trop que j'exprime, il ne faut pas trop que je ressente, et en tout cas pour les femmes il y a ce côté où on peut être à l'aise avec ses émotions, on peut les exprimer parce qu'on aura cet espace de soupapes. Donc oui, il y a quand même une différence dans l'éducation au départ. Après, chacun est responsable par la suite de se dire « j'ai envie d'être proche de mes émotions, j'ai envie d'accueillir ces émotions, j'ai envie de pouvoir partager ça avec quelqu'un » . Donc il y a aussi beaucoup d'hommes. qui font ce travail d'identifier leurs émotions, de comprendre pourquoi ces émotions sont là, d'en parler. Il y a aujourd'hui quand même, il y a beaucoup d'hommes qui font ce chemin-là, c'est bien.
- Speaker #1
Du coup, petit tips, parce que là on parle de la théorie, mais en pratique par exemple, on va faire deux exemples. Si là on est en train de rencontrer un homme ou une femme qu'on aime bien et on sent que... C'est un peu compliqué sexuellement, que finalement, voilà, on est un peu, je ne sais pas. Et qu'est-ce qu'on peut faire ? Comment est-ce qu'on peut réussir à en parler dans un début de relation ? Comment est-ce qu'on peut faire en sorte, peut-être, qu'est-ce que tu peux nous donner comme conseil ? Est-ce qu'il faut choisir un moment stratégique ? Est-ce que ce n'est pas forcément pendant qu'il se passe ? Est-ce que c'est avant ? En fait,
- Speaker #0
ce que je vois le plus, c'est que, imaginons, Imaginons qu'on est dans... La situation où c'est un couple hétérosexuel, un homme rencontre une femme, il commence à s'attacher et la sexualité, il y a un peu d'essayé-disé, il a du mal à avoir une érection. Par exemple, c'était un peu le cas classique que je rencontre le plus en consultation. Du mal à avoir une érection, la sexualité au départ en tout cas n'est pas forcément fluide, etc. La réaction que va avoir l'homme dans ces cas-là, c'est de s'excuser. je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'arrive, j'espère que tu voudras me revoir. En fait, tout de suite, il y a un peu cette excuse qui arrive sur le fait de ne pas réussir à être performant dès le départ. Et j'utilise ce mot performant exprès parce qu'en fait, je pense que s'il y a une chose qui est ultra stressante pour un homme, c'est qu'ils ont cette pression de performance. sur le fait de bien faire. Ils doivent bien faire dans la sexualité. Bien faire, voulant dire avoir une érection qualitative, avoir un rapport qui dure un certain temps, tenir cette érection, etc. Et en fait, c'est ultra stressant pour eux. Et dès lors que l'émotionnel prend dessus et que ça, ça fonctionne un peu moins bien, c'est très déstabilisant pour eux. Donc en fait, moi, ce que je conseille, c'est au lieu d'être dans l'excuse et la peur, finalement, à ce moment-là, peut-être d'être rejeté. parce qu'il n'y a pas cette performance parfaite qui a été délivrée, c'est, alors je sais qu'encore une fois c'est plus facile à dire qu'à faire, mais de dire, en fait, parler de ce que vous ressentez. C'est-à-dire de dire, en fait, je suis déstabilisée par la situation parce que tu me plais. Je me sens bien avec toi et donc je stresse de mal faire. On est tous humains, on est tous et toutes humains, on a tous peur et toutes de mal faire. Mais ce n'est pas grave, ce sera toujours bien reçu que de le dire finalement.
- Speaker #1
Oui, c'est le moment de la communication, parce que souvent si la personne n'a pas envie de communiquer, là ça va être compliqué parce qu'on va commencer à imaginer plein de choses et se remettre en cause alors qu'en fait ce n'est pas forcément le cas. Mais ce n'est pas forcément évident de communiquer, ce que je t'ai demandé tout à l'heure, ce n'est pas forcément de le faire au moment. ou alors peut-être de le faire un peu en amont si ça s'est déjà passé. Est-ce que ce n'est pas un peu bizarre aussi ? Quand est-ce qu'on en parle ? Parce que ce n'est pas le moment, il n'est pas forcément anodin.
- Speaker #0
Mais ça dépend de quoi tu as envie de parler. Parce que dans tous les cas, moi je trouve ça toujours sain d'aborder la sexualité avant que ça se passe. Je sais qu'aujourd'hui on est souvent dans un modèle où, bon déjà on n'aborde pas la sexualité, mais la sexualité avant d'avoir eu un rapport sexuel encore moins. Mais moi, je trouve ça sain d'aborder la sexualité avant qu'il y ait un rapport sexuel, parce que c'est de poser ne serait-ce que la question de la santé sexuelle. C'est de se dire, est-ce que tu as une contraception ? Comment tu gères ta santé sexuelle ? Qu'est-ce que ça représente pour toi la sexualité ? Quelle place ça tient dans ta vie ? Comment tu te sens ? vis-à-vis de ça, je trouve que poser ces questions-là, déjà c'est sain, avant même qu'il y ait eu quelque chose. Et ensuite, je trouve qu'on ramène beaucoup la sexualité à quelque chose que l'on fait, au lieu de ramener la sexualité à, finalement, un endroit où l'on va, dans le sens, à partir du moment où je suis nue devant toi. avant même qu'on ait eu un contact plus fort, plus sensuel, plus sexuel, je suis déjà dans une vulnérabilité. Et donc potentiellement, je suis déjà dans un questionnement. Je pense que rares sont les personnes aujourd'hui, en tout cas moi j'en ai peu en consultation, rares sont les personnes aujourd'hui qui arrivent à me dire « Ah mais moi je débranche complètement mon cerveau quand je suis nue devant quelqu'un. » Juste ça, tu vois.
- Speaker #1
Bah ouais, non, parce que surtout c'est peut-être le moment aussi où quand on est nu, on se met à nu, on prend conscience qu'on se met à nu, donc du coup on n'est pas forcément tout de suite dans quelque chose de… surtout dans un début. Après, bon, c'est comme ces deux cas de figure, après quand c'est une habitude et qu'on se connaît par cœur, et donc ça devient un petit peu, comme tu disais tout à l'heure, la routine ou quelque chose qui fait en sorte que c'est plus dur de se réinventer, ça c'est un autre cas de figure en fait. On a fait des émissions un petit peu là-dessus justement sur le désir, comment… Comment justement rallumer cette flamme ?
- Speaker #0
Oui, sur la tension. On l'avait fait sur la tension sexuelle qui est ultra intéressante. Cet épisode, il est ultra intéressant pour les personnes justement qui se posent des questions sur comment ramener en tout cas cette tension et l'érotisme sur un couple long terme. La tension sexuelle et l'érotisme, ce n'est pas juste réservé à un couple décent ou au tout début d'un couple. C'est quelque chose qui peut complètement aussi être vivant dans un couple long terme. Mais ça, j'y crois à fond. Je sais que... Je sais que l'imaginaire collectif va plus vers le côté naissant. Évidemment, on revit jamais les premiers moments. Évidemment, la découverte, c'est quelque chose à part. Mais on peut quand même ramener cet érotisme et cette tension, bien sûr, sur un couple long terme.
- Speaker #1
On est peut-être dans cette peur, entre guillemets, de s'attacher, de dépendre, cette peur de dépendance, de perdre. Est-ce que tu penses que ça existe aussi ? Parce qu'on a parlé tout à l'heure de la vulnérabilité, de l'attachement, mais cette peur de perdre l'autre, elle est vachement importante aussi, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Oui, et puis en fait, dans l'attachement, il y a aussi deux facettes. Il y a ce que je vais ressentir pour toi, donc en fait, les sentiments que je vais développer pour toi, mais il y a aussi, l'attachement, c'est aussi très propre à soi. C'est-à-dire qu'en fait, aujourd'hui, Je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler des différents styles d'attachement. En fait, le style d'attachement qu'on a, souvent c'est quelque chose qu'on a développé dès la petite enfance et qui en fait révèle notre manière d'être en lien avec les autres. Et donc forcément, les premières personnes avec qui on est en lien dans notre vie, ce sont nos parents. Et donc en fait, en fonction finalement de ce qu'on a vécu dans notre petite enfance, on va développer certains liens. Et donc, il y a quatre manières d'être en lien. Il y a l'attachement anxieux, l'attachement évitant, l'attachement sécure et l'attachement qu'on appelle désorganisé. Et en fait, évidemment, ce n'est pas parce qu'on est… Il n'y a pas vraiment de style d'attachement problématique. Mais en fait, ce que je veux mettre en lumière, c'est que notre manière de nous attacher dépend aussi beaucoup de notre histoire. Ce n'est pas juste « Ah, je suis déstabilisé par telle ou telle situation » . et donc en fait j'ai une manière comme si ou comme ça d'être en lien. Évidemment que dès lors qu'on est attaché, peu importe qu'on ait un attachement sécure ou qu'on ait un attachement évitant ou anxieux, etc., la peur de perdre l'autre ou la peur d'être abandonné ou la peur que l'autre ne soit pas satisfait ou satisfaite émerge à ce moment-là dans notre tête.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est intéressant parce que c'est souvent des choses qui vont arriver au début d'une histoire, alors qu'au final, cette personne, il y a aussi, ça on va rentrer dans autre chose, mais cet amour naissant, c'est aussi peut-être des projections, ce n'est pas quelque chose de très construit, c'est le début de quelque chose, donc c'est des sensations, c'est vraiment peut-être aussi une espèce de bonheur de ressentir toutes ces choses dans son corps, de se sentir vivant. Alors que quand on arrive dans une relation beaucoup plus installée, au bout de dix ans, c'est là vraiment où on pourrait avoir peur de perdre, parce que ça serait un vrai changement de notre vie, avec tout ce qui s'en découle. Des fois, c'est des enfants, des fois, c'est quelque chose qu'on a vraiment construit pendant... Et là, la peur de perdre est complètement disparue. On est dans autre chose. J'exagère, je fais très caricature, mais c'est intéressant de voir comment on fonctionne.
- Speaker #0
Ce n'est pas la même peur. Je pense que, tu vois, l'attachement que tu vas avoir quand ça fait longtemps que tu es avec quelqu'un, C'est une sorte de sécurité affective, relationnelle, émotionnelle qui permet la construction. Et l'attachement que tu vas avoir au départ d'un amour naissant va te mettre sur le chemin d'une projection court terme et moyen terme. C'est un peu les différentes étapes de la relation qu'on fait dans un amour naissant. Tu as le côté d'abord séduction, découlement. découverte, ensuite tu as le côté individuation, c'est-à-dire je commence à me montrer vraiment qui je suis, et puis là commence un peu la confrontation, c'est-à-dire qu'en fait au départ je me montre un peu sur mon meilleur jour, puis ensuite je commence à te montrer que j'ai tel et tel défaut, voilà mon avis sur telle et telle question, voilà qui je suis, et là je vois encore si tu restes. Ensuite... il y a la projection. OK, c'est bon, on a passé les deux premières phases, là maintenant j'arrive à me projeter avec toi. Et donc c'est potentiellement à ce moment-là que la sécurité arrive. Mais sur les deux premières phases, il y a toujours cette peur que l'autre parte. Parce qu'en fait, dans la découverte, je ne sais pas si je vais complètement plaire à l'autre. Dans la séduction, j'ai envie de me montrer son meilleur jour, tu vois.
- Speaker #1
Je pense qu'à ce moment-là, quand on a la peur de perdre, c'est à la fois de perdre l'autre, parce que cette personne nous fait ressentir quelque chose, mais c'est aussi nous. personnellement de ne pas se sentir aimable ni à la hauteur. Donc il y a un truc que nous, on va remettre en cause, automatiquement, en tout cas c'est très féminin, de se dire, si je ne suis pas choisie, c'est que je ne suis pas aimable et donc je ne suis pas à la hauteur. Alors que de nombreuses fois, on n'est pas forcément choisie, mais à plus mal. Et ça, on a complètement tendance à l'oublier. C'est très drôle. Je vois... Et on a toujours tendance à se dire « Ah mais non, mais pourquoi il ne veut pas de moi alors que je ne comprends pas ? » Ça veut dire qu'on remet complètement en cause nos qualités, la personne qu'on est, et sous prétexte d'une autre personne qui nous dit non, alors qu'en fait cette autre personne n'était peut-être pas forcément pour nous. Et surtout, cette personne n'est loin d'être parfaite. Elle a aussi plein de défauts. Donc c'est marrant comme on a cette capacité à voir le contraire.
- Speaker #0
C'est fragile. En fait, tu te rends compte que tout devient assez fragile dès lors. que globalement, dès lors qu'on s'expose, dès lors qu'on est exposé à l'autre, à sa critique, à son regard, à son jugement, à son amour aussi. Mais c'est beau.
- Speaker #1
Oui, c'est beau, mais aussi un sentiment de validation. On a aussi besoin de se sentir validé, de se sentir à la hauteur de quelque chose. Et je pense aussi, des fois, on va se mettre dans des histoires et on a juste envie que la personne, elle est en vie. Mais une fois qu'elle est en vie, après, est-ce que... Des fois, on peut se dire, en fait, je n'ai plus envie. Tu vois ce que je veux dire ? On peut être dans la sexualité aussi, comme dans une histoire. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Et savoir en conscience, est-ce que c'est parce que j'ai envie qu'il ait envie et comme ça, je me sens validée à un moment donné et après, on verra. Est-ce que c'est ça qui est le plus important ou est-ce qu'on aime vraiment bien la personne et qu'on l'a choisie et qu'on a vraiment envie ? Tu vois, c'est tout un truc, c'est presque de la philosophie.
- Speaker #0
Oui. Je pense qu'on batte un peu par tous ces états. Au départ, tu as envie de te convaincre. Tu as envie de te montrer sous ton meilleur jour. Puis ensuite, peut-être que tu te rends compte que l'attachement que tu pensais avoir, tu l'as un peu moins. Et donc, tu te sens moins fragile si le lien s'arrête. Mais je pense que quoi qu'il arrive, ce n'est pas évident. On parle d'attachement et sexualité, attachement et désir, attachement et excitation. Mais je pense que... quoi qu'il arrive, l'attachement nous met face à des parties de nous avec lesquelles on pourrait ne pas être à l'aise. Parce que forcément, tout de suite, si je m'attache, est-ce que je ne vais pas souffrir ? Si je m'attache, est-ce que je ne vais pas être quittée ? Si je m'attache, est-ce que je ne vais pas être abandonnée ?
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est qu'on essaie toujours de mettre une forme de contrôle, alors que dans une sexualité épanouie, on lâche un peu le contrôle. Sinon, on ne peut pas arriver à l'orgasme, au partage ou à quelque chose d'autre. C'est ça qui est un peu le... La sexualité, c'est un peu ça, c'est de complètement se laisser aller. Et on a toujours tendance à vouloir, surtout aujourd'hui où on peut contrôler beaucoup de choses, à contrôler et dans un début d'histoire, ou même dans une histoire au bout de 10 ou 15 ans, il y a toujours cette notion de contrôle. de contrôle peut-être.
- Speaker #0
Et puis tu vois, l'idée, ce n'est pas toujours de tout lâcher parce que je pense que pour certaines personnes, ce n'est pas possible. Et ces personnes-là, ce n'est pas pour ça qu'elles n'auront jamais d'orgasme ou jamais de jouissance ou jamais de plaisir dans la sexualité. Mais c'est de se dire comment est-ce que je dirige puisque je suis quelqu'un qui a besoin de contrôler pour me sentir à l'aise, comment est-ce que je dirige ce contrôle pour qu'il ne m'empêche pas complètement de ressentir des choses. Tu vois, c'est plus de diriger, de réussir à diriger ça pour que ce ne soit pas un frein. mais plus le côté bien vivre avec.
- Speaker #1
On arrive déjà à la fin, c'était trop chouette, j'adore parler de ces sujets, parce que je trouve que la sexualité c'est beaucoup plus grand que juste la sexualité, c'est genre un petit peu le point culminant de tout ce qu'on a, de toute notre éducation, de tous nos attachements, je ne sais pas comment tu le ressens, je vais donner un petit mot de la fin avec cette petite question un peu pour le mot de la fin.
- Speaker #0
Ce que j'aimerais dire en mot de la fin, c'est que la sexualité, ce n'est pas une prestation. Vous n'allez pas recevoir un bon point, vous n'allez pas recevoir une bonne note. Il n'y a pas de bonne... première fois avec quelqu'un, il n'y a pas de bonne manière de faire. Et je pense que ce qui est intéressant quand on vit de l'intimité avec quelqu'un, que ce soit dans un amour naissant, que ce soit dans un amour long terme, c'est de se dire, remplacer finalement d'une certaine manière la logique de « je dois être performant, je dois être bon, être bonne » par « en fait, c'est un moment qu'on va partager ensemble et qu'on va explorer ensemble. » Ça ne veut pas dire que je suis défaillant ou défaillante, ça ne veut pas dire que je ne suis pas bon, ça ne veut pas dire que je ne suis pas… c'est pas dire que je peux pas être un bon amant ou une bonne amante c'est juste, là on vit quelque chose et il n'y a pas de résultat, il n'y a pas d'objectif juste soyons dans l'exploration et évidemment évidemment j'encourage le fait de parler le courage de dire, quand on est déstabilisé de le dire quand on a peur de mal faire de le dire c'est même très attendrissant ça renforce l'intimité émotionnelle et ça fait que je pense que ça enlève un poids Merci. de se s'ouvrir parce qu'on ressent.
- Speaker #1
La communication est la clé, on va le redire dans tout le monde. Ça pourrait être juste ça. On pourrait faire des émissions sur la communication est la clé. Mais bon, c'est tellement facile à dire et ensuite c'est tellement difficile à mettre en place à des moments donnés. Et puis souvent, la communication, si pour toi, tu veux dire vas-y. va en parler, ça a l'air simple, mais en fait, on a tous un prisme différent et selon ce qu'on vit, selon ce que les gens vivent, on doit le sentir quand c'est le moment de la communication. C'est pas le moment, c'est très personnel en fait. En tout cas, merci Gabrielle pour tous ces conseils. J'adore faire ces petites émissions avec toi tous les trimestres. Donc, la première fois qu'on se retrouve, ce sera presque l'été. Donc, en attendant, prenez soin de vous et puis moi, je vous dis à la semaine prochaine et Gabrielle, à très bientôt.
- Speaker #0
Merci Sarah,
- Speaker #1
c'était un plaisir aussi et à très bientôt. Flamme des années 80.
- Speaker #0
Le podcast qui allume la femme.