- Speaker #0
Pour moi, des flops, c'est chelou de tout. Les rigolades, c'est vite.
- Speaker #1
Au final, c'est vrai que ça vous rapproche. C'est trop bien d'en rigoler. Vous mettez les deux pieds dans la flaque d'eau et ça aspergeait partout. J'adorais. On peut penser à la pluie qui tourne. Salut ! Moi, c'est Marine. Salut ! Salut !
- Speaker #2
Vous écoutez le podcast Flop. Aujourd'hui, nous abordons la série La nuit en éveil.
- Speaker #0
Épisode 2,
- Speaker #1
interdiction de dormir. Hello mon flop ! Alors pourquoi on se retrouve aujourd'hui mon flop depuis mon appartement ? En ce vendredi 2 janvier, on se retrouve pour notre deuxième épisode sur l'insomnie. Sachant que cette fois, on a pris le parti de faire une insomnie dite choisie. On va faire une nuit blanche. Donc on va faire un peu une pérégrination dans Paris et s'approche banlieue. Encore un coup de Fred et Jamy. Et s'approche banlieue. Et s'approche banlieue. On n'ira pas plus loin que la petite couronne. Exactement. Il fallait commencer par le commencement, à savoir là on s'apprête à volontairement se soumettre à une nuit sans repos, sans sommeil. Alors même qu'il y a beaucoup de personnes qui ont beaucoup de mal à dormir, nous on décide de volontairement renoncer au sommeil. Donc c'est pour ça que j'avais pensé à faire en sorte qu'on puisse contracter ensemble pour s'assurer de ne pas fermer les yeux.
- Speaker #3
Oh j'adore !
- Speaker #1
J'ai écrit et imprimé un contrat d'éveil. que tu vas nous lire et que je vais te demander de signer, si tu l'acceptes. Alors, je vais lire ce contrat. Contrat d'éveil entre les sous-signés, les participantes au podcast flop, si après désignée veilleuse, a été librement et joyeusement convenue de ceux qui suit. Article 1, objet du contrat. Le présent contrat engage les veilleuses à faire l'expérience volontaire et consciente d'une nuit blanche, entendue comme une privation choisie dans le sommeil. J'ai déjà envie de pas s'y dire. Ça fait tellement sectaire, on dirait juste que... À des fins de réflexion, de discussion, de divagation et de création sonore. C'est très joli ça. Article 2. Engagement d'éveil. Je sous-signe et reconnais consentir à ne pas dormir durant toute la durée de la nuit même lorsque mes paupières se feront lourdes. Les baillements menaceront la mâchoire. Le corps réclamera l'abandon. L'esprit cherchera... Est-ce qu'on peut se permettre de faire une petite précision ? J'avoue que ce contrat, je l'ai pensé spécifiquement pour toi, mon flop également pour moi. Mais parce que, on peut faire une petite entrée en matière, on est une fois encore assez opposés sur cette question du sommeil, où toi, je sais que c'est vraiment ta manière de te régénérer et tu as un rapport au sommeil très intuitif, spontané, où tu peux justement t'endormir à toute heure, en tout lieu. Tandis que moi, justement, je ne lâche jamais. Et donc au cours de la journée, je me suis dit mais qu'est-ce qui se passe si à un moment mon flop me lâche et s'endort ? Donc je me suis dit, je vais la faire contracter. Non, non, mais je me suis préparée. Mais tu sais que je me prépare à ça depuis déjà deux jours parce qu'il y a eu le nouvel an, etc. Et depuis, je mets un point d'honneur à ne pas me coucher trop tôt. En fait, on se détruit la santé pour ce podcast. Mais par exemple, je me souviens, là au nouvel an, j'étais avec une amie en train de parler. Et en fait, je ne pouvais pas ne pas fermer les yeux. Ah bah, du coup, je parlais mais...
- Speaker #2
transition toute, où est-ce que tu peux me lire la phrase d'en dessous ?
- Speaker #1
Je m'engage à rester présente et à regarder mon flop droit dans les yeux et à répondre tant que l'apparence sera possible. Oui, je m'y engage. En vrai, je m'y engage. Tout cet épisode repose sur ça.
- Speaker #2
Article 3, clause de lucidité altérée.
- Speaker #1
Pardon, je ris parce que je me dis, est-ce qu'il n'y a pas moins stratégique au monde que d'amorcer un épisode de podcast en faisant écouter les articles d'une clause de contrat, quoi. Il n'y a pas plus...
- Speaker #2
Mais c'est bien fait, vraiment, franchement.
- Speaker #1
Ah bah j'ai baissé du temps
- Speaker #2
Les signataires reconnaissent que la fatigue pourra entraîner pensées confuses,
- Speaker #1
éclats de vérité Oh non silence prolongé révélation inutile ou essentielle et accepte par avance que tout propos nocturne puisse ne pas survivre au jour. C'est tellement dramatique En fait à un moment je me suis dit est-ce que je n'écrirais pas plutôt une pièce de théâtre ? Article 4 responsabilité émotionnelle chacune demeure responsable de ses émotions de ses souvenirs convoqués et de ses associations libres. Ça, ça me fait un peu peur.
- Speaker #2
Là, j'ai un fond de peur.
- Speaker #0
Ça fait un peu sectaire, en fait. Je me rends compte de...
- Speaker #1
La nuit n'est pas tenue responsable de ce qu'elle rend audible. Ok.
- Speaker #0
Je comprends pas mes propres phrases.
- Speaker #1
Non, mais en vrai, mon flop, c'est super intéressant sur l'approche de la nuit. Je vois que t'as fait en filigrane de tout ce que ça peut quand même convoquer, c'est-à-dire une altérité de sa personnalité divurne. Article 5, durée. Le présent contrat prend effet à la signature et s'achève à l'apparition des premiers signes de l'aube, sans garantie de clarté retrouvée. Wow ! Sachant que nous sommes quand même en plein hiver.
- Speaker #2
Et qu'on arrive plutôt vers 8h.
- Speaker #1
Fait en pleine conscience à l'heure où l'on promet encore de tenir. Il est actuellement mon vlog ? On va signer. Il est actuellement... Il est 6h. Il est 18h57. Allez, yes, on n'a plus qu'à attendre 8h le lendemain. On n'a plus qu'à faire le tour du cadre. On signe.
- Speaker #3
Je commence.
- Speaker #1
Ok, à ton tour mon vlog. Je signe, même si je sais très bien que je ne dormirai pas. De toute façon, si quelqu'un était éveillé, jamais ça ne me viendrait l'idée de dormir si t'es là. Je pense qu'il est 18h58 maintenant. Allez, ça, c'est fait. C'est fait. On va descendre. Nous, on descend à Arcueil. La petite couronne !
- Speaker #2
Exemple. Assurez-vous de ne rien oublier d'abord. Please enjoy and collect all your buildings. Por favor, no ruin en el coelto.
- Speaker #1
Alors, mon flop. Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Alors là, on est actuellement à Arcueil. J'hésite à dévoiler l'adresse entière, mais je ne le ferai pas. Pour aller faire une raclette party entre amis. Une raclette party, ah bon c'est nouveau ça ! Avec nos proches proches quoi.
- Speaker #0
Oui puisque on s'est dit qu'on allait commencer en se rendant à une raclette où nous allons prendre en otage des amis qui n'ont rien demandé pour leur poser tout un tas de questions sur la nuit.
- Speaker #1
Leur pire et meilleure nuit, ce qui leur fait peur dans la nuit.
- Speaker #3
Tout ce qu'il y a autour de la nuit.
- Speaker #1
Voilà, toutes les questions possibles qui peuvent se terminer par nuit. Exactement. Et là, on a eu des petits couacs organisationnels parce qu'en tant que bon fleuve qu'on est. Parce que là, il est quoi ? Il est actuellement 20h38. Ça fait 38 minutes qu'on devrait être réalistes. Et ça fait 38 minutes qu'il s'est passé tout un tas de situations qu'on ne dévoilera pas par souci de préservation de dignité, mais qui nous ont retardés. Nous nous dirigeons d'un pas pressé, anxieux. En plus, j'ai l'impression qu'ils nous ont quand même bien attendus avant de lancer la raclette. Donc je pense qu'on va retrouver des ventres affamées. Après, on n'a que trois quarts d'heure de retard. Oui. Tout se passe bien ? Ça va ? Mais vous allez bien ? Vous êtes sûrs ? Faites attention avec le verglas. Bonne soirée, monsieur. C'est vrai qu'il y a un verglas de fou, il est tombé comme une crêpe. C'est ici ? C'est là. Qu'a un pain ? Je le dis au doigt, je le dis son code de sécurité de porte d'accès ? Je sais pas mon papa, attends. Je suis pas sûre mais là j'ai l'impression d'être en reportage. T'imagines les paparazzis comme ça ? Attends mon vlog ! Attends mon sonnet, il faut se coter ! Ah non non, on est avec les blèches à B62. On n'a plus le temps de dévoiler tous les codes non plus.
- Speaker #4
Ah t'es là ? Ok. Et j'appelle...
- Speaker #1
Ah ils vont nous voir en plus. Ah la blèche !
- Speaker #0
Je me cache ton micro mon pote !
- Speaker #1
Oh je suis délicieuse celle-là ! En fait moi je crois que je suis de la bac en fait. C'était tellement un move de la belle ! C'est pas là ! Non, non, c'est pas... Attends, par contre on hurle alors qu'il commence déjà à se faire tard. Parce que t'as pris beaucoup de retard. Là on est au début de notre... Oui mais on a pris beaucoup de retard sur le plan. Ah non,
- Speaker #2
putain, à bientôt 21h.
- Speaker #1
Tu vois finalement ça passe très vite cette nuit blanche.
- Speaker #2
On va rester au total 1h.
- Speaker #1
On va bien leur rappeler qu'on les aime nos amis hein. Parce qu'on les voit si pauvres finalement. Allez, à tout à l'heure. À tout à l'heure. Faudra bien que je coupe ça. Tellement c'est gris ! Ça va et toi ? On est désolés pour le retard, ça fait littéralement une heure. On est censé arriver mais on a eu... On a eu moult déconvenus.
- Speaker #2
Il y avait même eu un accident.
- Speaker #0
Il y a de l'action !
- Speaker #1
Mais tu sais, avec un gros sourire. On a même eu un accident.
- Speaker #0
C'est la séquence Pipo et Lise Lucet ?
- Speaker #1
Oui. C'est ouf. C'est pas un béla. En fait j'ai l'impression que c'est une tabarouche.
- Speaker #0
Quelqu'un veut de la tarte aussi ? Non merci.
- Speaker #1
C'est un pâtissier qui l'a fait ? C'est bien ouais. Ouais tu vois. Attends parce qu'on ne gomme pas trop parce qu'il y a rien de bon. C'est drôle parce que du coup la nuit ce n'était pas du tout un moment où tu te dis je vais me reposer juste un peu.
- Speaker #2
Non, en fait, je voulais me dire, écoute, j'arrive chez moi, j'ai 20 milliards d'autres choses qui me font relaxer, mais en même temps, je n'arrive pas à me relaxer. Du coup, c'est un peu le truc où tant que je n'arrive pas à me détendre, je ne vais pas arriver à dormir.
- Speaker #1
J'ai l'impression qu'il y a un peu deux catégories d'individus. Tu as justement ceux qui, face au problème, voient dans la nuit le refuge. Moi, j'ai aussi des amis où, justement, quand ils ont des périodes très compliquées ou des angoisses ou des problématiques, vont avoir tendance à plutôt beaucoup dormir et se dire « la nuit me refuge » .
- Speaker #2
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et j'ai l'impression qu'il y a l'autre catégorie de personnes, ceux qui sont condamnés. En fait, la nuit, tout va remonter.
- Speaker #2
Les données de la nuit.
- Speaker #1
Et je vais voir la cartographie en boucle au fur et à mesure des heures.
- Speaker #2
J'avais un peu les deux. C'est que ça commence un peu, je profite de ce temps-là et puis au bout d'un moment, ça dépasse de trop et ça commence à me stresser, ça commence à pousser plus loin. Et en fait, c'est un truc qui est resté après longtemps.
- Speaker #1
Tu veux dire l'insomnie ou le... L'insomnie.
- Speaker #2
C'est vraiment resté longtemps. Là, je m'en sors un peu mieux.
- Speaker #1
Il a à toi rien en 1000 grammes de terrestre, donc on entrave et neuse.
- Speaker #2
Là je me défonte au CBD, à tout pétrole.
- Speaker #1
Non mais c'est un peu ça l'insomnie, c'est que tu te crées un peu ton propre tombeau, mais parce qu'une fois que t'es rentré dans la boucle, t'as un enjeu, la pression du sommeil, et que t'as peur de dormir. Le principe du sommeil, c'est quand même un truc bizarre, quand tu vas te coucher, tu veux lourd à dormir. Si tu te mets par mes yeux, tu te mets dans un lit et tu fais comme si tu dormais, alors qu'au début tu dors pas, c'est que tu fais semblant de dormir et tu vas vraiment dormir. Quand t'es insomnière, le roi j'y grippais et en fait tu te mets une pression et tu te forces à dormir. Du coup c'est la meilleure manière de ne pas dormir. Moi j'avais des souvenirs où vraiment, vous voyez la tension montait. Je me disais allez, là il est minuit, j'ai 8h de sommeil, c'est génial.
- Speaker #0
Tu fais quelle nuit ?
- Speaker #1
7h. J'ai 30 minutes un peu d'évasion et tout d'un coup je me dis oh là là il s'est passé beaucoup de temps. 1h10. Bon allez ça va encore, 7h de sommeil. Tu sais tout d'un coup il est 3h, je suis dans mon sac complètement tendu.
- Speaker #2
Tu t'insides...
- Speaker #1
- T'es vite en train de faire des ASMR, essayer de repenser la maison de ta grand-mère, ou juste chialer quoi ! Quand même ça ne va pas !
- Speaker #2
Ça ne va pas ! Mais ouais, t'es obligé de développer des techniques. - C'est pas facilement ?
- Speaker #0
- Par exemple, tu es obligé d'aller te coucher par exemple.
- Speaker #2
Bah moi les films, le nombre de films que j'ai vu mais qu'en fait je n'ai pas vu parce que je m'abrutissais devant des films quelle qu'il soit la qualité,
- Speaker #0
tu vois,
- Speaker #2
pour me penser à dormir. Mais oui donc du coup je me souviens de tout. Moi aussi c'était drôle ! je me souviens que I The White Shirt c'était le plus gros sommeil de ma vie j'ai déconnecté très très vite tu vois et 10 minutes passent directement le phénomène en l'air c'est hyper sympa je suis un peu trop anxieuse au magique je vais m'endormir toi t'es team la nuit c'est marrant dans le bus quand
- Speaker #0
je dors en métro plus RR tout ce qui est spécifique c'est que je peux dormir facilement avec beaucoup même en dehors de la nuit ouais à la soirée techno imagine je vais dormir en laveur
- Speaker #1
J'avais une autre question, la nuit quand vous dormez pas qu'est-ce que vous faites ?
- Speaker #2
Quand tu dors pas il y a deux teams, il y a des gens qui genre gros dog le sommeil genre mode je bouge pas tant que je dors pas et après il y a des gens qui sont hyper actifs le soir Est-ce que par exemple vous êtes plus créatifs la nuit ?
- Speaker #1
Ouais, pardon C'est une sortie de vie de coeur T'sais j'ai l'impression vu que c'est la nuit le temps s'arrête, t'es plus libre enfin je sais pas t'as moins de pression t'as l'impression tout est possible du coup t'as envie de commencer un projet ah vas-y je commence, tout semble possible Tu te fais une to-do list et tu te réveilles le matin, c'est "oh bah non en fait je vais pas y arriver" alors que la nuit tout semblait possible.
- Speaker #0
Mais ça c'est vrai que t'as un rapport autour de la thème,
- Speaker #1
c'est-à-dire je trouvais...
- Speaker #0
C'est vrai que c'est vraiment tout l'opposé quoi. Moi c'est vraiment le soir je l'associe on va dire en effet au plaisir tu vois dans le sens où moi j'ai envie de me détendre.
- Speaker #1
C'était bien de dire mon thème !
- Speaker #0
Mais nan mais le soir soit je joue à la console... Soit je joue à la console avec mes potes, soit je regarde des films, soit si tu mets plusieurs réveils. Vraiment les gens qui mettent plusieurs réveils... Alors on va faire le tour de l'autre table si vous voulez mais vraiment expliquez-moi je comprends pas.
- Speaker #2
Mais alors c'est que t'es vraiment pas insomniac parce qu'il y a une boîte de pâques qui voit. Oui c'est vrai.
- Speaker #1
Ah ouais ? Oui c'est vrai. Pour moi la nuit galpnésien, le concept de nuit pour le coup j'avoue je l'associe beaucoup à la peur mais je l'associe aussi à quelque chose qui peut être vraiment désagréable. J'ai aussi beaucoup de souvenirs et d'images de la nuit. Je trouvais un truc très régressif pour enfantin.
- Speaker #0
Quand vous avez quelque chose comme ça qui tourne un peu vide, j'ai l'impression que je suis à nourrir une enfant de 8 ans.
- Speaker #2
Ah oui. Il y a une règle aussi, c'est quand le soir tu es fatigué, tu es très à fleur de peau, il ne faut pas repenser à ta vie.
- Speaker #0
Je ne peux pas avoir peur. Ils ont dit que ceux qui ont du mal à s'en rendir,
- Speaker #1
c'est des gens qui ruminent beaucoup, qui sont stressés, etc. Moi, quand tu dis « ouais, je pose mon téléphone loin de mon lit » , moi, j'aimerais bien faire ça, mais juste rien que d'être toute seule dans mon lit, avec juste ma tête. C'est une source d'angoisse. Et du coup, j'ai tout le temps besoin d'avoir une musique en fond, un podcast en fond, rien de tout en fond parce que juste mon cerveau... Mais la lecture, les gars.
- Speaker #0
C'est vrai que moi, je fais très vite le tri quand il y a des choses mauvaises qui m'arrivent. Toi, typiquement, quand tu me parlais de... La nuit, j'associais des trucs terribles liés à l'enfance, tout ça. Quand il y a un événement comme ça qui m'arrive, je fais très vite le tri dans ma tête. Je fais très vite le deuil, entre guillemets.
- Speaker #1
En fait, c'est le moment entre ta journée est finie, t'éteins ton téléphone, il n'y a plus rien et tu dois t'endormir. C'est un laps de temps où moi, bon là ça va mieux, mais il y a des moments où vraiment je m'endormais avec une vidéo YouTube et je me réveillais le matin et elle tournait encore la vidéo. Putain, c'est quoi comme cette journée-là Antoine ? C'est un autre truc, est-ce que les nuits, il faut que ce soit le noir ou est-ce qu'il faut qu'il y ait de la lumière ?
- Speaker #0
Ah ouais ! Ah moi je suis le type noir, je suis même tellement malade que pendant un moment j'avais été le cash toy.
- Speaker #1
Ouais, je suis allé dormir dans cette cachine. Mais dès que je dors avec quelqu'un, mais que ce soit mon copain, une pote et tout, genre vraiment tout de suite, s'il y a des gens autour de moi, ça va. Je vais grave bien dormir. C'est vraiment l'inverse. C'est pas vrai. C'est pas vrai. C'est drôle, on va parler vraiment que de la nuit, mais on mène le sommeil. Alors que je me rappelle que nous, ça prouve quand même que toi, c'est une nuit blanche. Écoute, là, il est 22h57. On vient de quitter la raclette. Et on se dirige vers le Badaboum, qui est un lieu où on fait des soirées techno qui est assez iconique à Paris.
- Speaker #0
J'aime bien que tu sortes le mot « iconique » dès 1h57 alors qu'il est déjà en temps sultan. Le corps et mon esprit sont au courant que je suis censée ne pas dormir de la nuit.
- Speaker #2
Ouais, pareil.
- Speaker #1
Donc je me suis bien gardée de me laisser être fatiguée, tu vois.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est que pour l'instant, on n'a pas l'impression de l'heure qu'il est.
- Speaker #1
Après, j'aime bien, on en fait des tartines. Bon, il est moins 2h50. La nuit est devant nous. En fait, on est au début de la nuit.
- Speaker #2
On a vraiment le temps d'être là tout le soir. C'est ça. Et alors attends, les personnes qu'on va voir à cette soirée techno, Farah et Mahem, si je le prononce bien.
- Speaker #1
Ce qui est assez drôle, c'est qu'on va prendre complètement le contre-pied de ce qu'on vient de vivre. Puisque à cette soirée raclette, globalement, on a beaucoup parlé de la nuit,
- Speaker #0
mais sous le prisme du sommeil. Alors que là, on va faire un tirage à 180 degrés du côté de ceux qui font partie du monde de la nuit.
- Speaker #1
Surtout, on va prendre aussi le contre-pied un peu plus positif, on va dire. pendant... Négatif, en fait on est privés de sommeil contre notre gré. Là on va être du côté un peu plus positif de la vie. On n'a pas un nouvel accident d'ici là parce qu'il y a une couche quand même de verglas. Ouais, il y a beaucoup de verglas. Bon, faites attention. En plus, c'est ridicule ce que j'ai fait. Le pauvre monsieur qui se casse la figure. J'ose lui dire de manière insupportable.
- Speaker #2
Attention, il y a du verre là.
- Speaker #1
A posteriori, faites attention. Alors que la personne est déjà tombée.
- Speaker #2
Ah non.
- Speaker #1
Allez, 23h03, on se souhaite un petit point de situation dans une heure ou deux. Parce que tu ne m'y êtes pas étant donné qu'on le rappelle. On a encore 7-8 heures devant nous. Yes !
- Speaker #3
Ah ouais, t'es dingue. Vous n'avez pas vu ça comme ça ?
- Speaker #1
Allez, go ! En fait, j'adore comment on monte en épingle.
- Speaker #3
C'est vraiment les gamines qui ne sont jamais sorties et qui sont en mode... Ah mais là, attends... Tu es en boîte,
- Speaker #2
ça se fonde, je vais devenir pote dans le gars.
- Speaker #1
Pendant la raglette, je ne sais plus quelle était la discussion. Et en fait, on se retourne vers moi et on me dit, mais je ne comprends pas, vous partez sur un projet d'absence de soleil sur combien de jours ? Je dis, pas plusieurs jours, juste sur une nuit blanche. Donc tu vois, le type se retourne et me dit, ah, quel est le sujet en fait ? Je dis, ça, la nuit blanche. Là, je ne sais pas pourquoi, mon pote, je fais le pari. On arrive au pataboum. On ne regarde pas notre téléphone. Et la première fois qu'on regarde notre téléphone, c'est sur les 3-4 heures. Facile.
- Speaker #0
Moi, j'aurais plutôt dit 2 heures. Pour l'instant, est-ce que tu remarques également, on dit 7 nuits,
- Speaker #1
mais alors vraiment collées à la montre. On est tous sauf dans la liberté et la créativité. On est vraiment dans le contrôle du temps.
- Speaker #2
On est tout le temps dans l'absence de la suite.
- Speaker #1
Et on est en l'absence de ce qu'on attendait de cette nuit, à savoir l'abandon. Une sorte de lâcher prise. la fatigue t'oblige à faire tomber le masque à baisser l'armure donc je pense qu'à un moment c'est là que tu imagines il y a juste un moment où du coup tu deviens hyper problématique Maintenant qu'elle est là. À 4h, je me dis, peut-être que c'est ça l'humain. C'est juste quelqu'un qui est infréquentable à 4h du matin. Ok, il est 23h46. On est censé être devant le Badaboom avant minuit. Sachant qu'on a encore 4 arrêts. 6 minutes de marche. Je vais faire un rapide calcul. Là, c'est 26€ que je porte à la... Oubec ! Vraiment ? Bêta quoi !
- Speaker #2
surtout que vraiment il y a un monde où juste on arrive devant le badaboom et vous dites bah non quoi qu'est-ce qu'on fait si on veut pas danser ? ah bah il n'y a pas d'autre option on danse devant le badaboom comme deux fois plus bon allez,
- Speaker #1
on se souhaite de la chance en fait et surtout beaucoup de courage Ok, c'est possible. Bon, Plop, quelle heure est-il ? Il est minuit 22 et on vient finalement, bug surprise, d'arriver au Badaboum. Et ouais ! Avant que notre ticket nous coûte le double en fait. On est arrivés pile à minuit 00. Comme des queens ! Exactement ! Il est quelle heure là ? Là il est... 8h11 ! Voilà ! On reste dans la nuit.
- Speaker #4
Donc là on peut officiellement dire qu'on arrive dans la nuit et que la soirée est finie.
- Speaker #1
Pour mon club, il est 1h37 et là on est un peu plus dans le dur de la nuit. Là j'avoue que c'est la première grosse vague de bêtises. Ouais moi aussi un petit peu. Je suis en retraite à 5 minutes. Tant qu'on en sait qu'on est dans la course à aller. Ce petit retour à moi-même, à Pito Bar, est une pente très glissante. Vous allez redanser dans pas longtemps ? Oui. Mais je trouvais ça intéressant de parler de ce qu'on s'était un peu dit en rock. Sur la nuit, le fait que tu es beaucoup plus vigilant quand même. C'est vrai qu'il y a un petit truc de là même si je danse etc. Par exemple la journée, si quelqu'un va me fleurer ou si quelqu'un va passer à côté de moi, je ne vais pas vraiment m'en soucier. Là où la nuit, je me dis toujours, en fait comme les gens se permettent beaucoup plus de choses, je redouble de vigilance. Après moi je suis un peu sûr qu'on redouble de vigilance justement parce qu'on est plus vulnérable et moins alerte. Et que ça demande l'âge pris. Ouais. En fait la journée t'es un toit plein en forme, la nuit en fait moi je suis plus inquiète mais parce que je sais que je peux... j'ai à reformer. Après c'est que je me dis aussi que dans la culture y a tout un imaginaire et un beat autour de la nuit les méchants se réveillent, c'est là que tu vois les loups gardent sorte, les vampires... T'as l'impression que le mal t'attaque et t'atteint la nuit alors que bon ton oncle peut te violer en plein jour hein. Oh non c'est horrible. - Je me posais une question. Quand tu danses comme ça, et que tu rentres dans un truc presque de trance... - Hypnotique, ouais, un peu de trance. - Est-ce que tu penses à quelque chose ? Ou est-ce que c'est vidé de... - Oui, je me fais des petits films. En fait, je me fais comme une sorte de cinéma dans ma tête. C'est un peu méditatif, mais souvent j'en profite pour le méditatif. - Ça paraît, on dirait vraiment les meufs de France Culture en pleine live party !
- Speaker #4
Ouais, tout ! Bon allez, mon flamme, on va y retourner. On va y retourner, on sait.
- Speaker #1
Bon écoute mon flop nous sommes sur le retour
- Speaker #0
J'adore, on dirait vraiment que c'est une expérience de l'extrême Alors que c'est un vendredi soir on ne peut plus classer
- Speaker #1
Je pense qu'il est juste 2h30 Il est 2h30, pile poil On est sur le retour, on a fait notre petite expérience immersive dans la boîte du Badabou
- Speaker #0
Immersive On dirait qu'on est des enfants en ligne, que c'est la plus première fois qu'on voit le monde extérieur.
- Speaker #1
Mais c'était très sympa. Et là, on a à peu près 35 minutes de marche pour rentrer chez toi, mon flop, et peut-être se poser pour faire un débrief peut-être plus... j'allais dire plus philo. Un petit peu plus poussé. On voit la déformation professionnelle. En fait, là, on a défini les termes du sujet. Maintenant, on va aller plutôt dans une mise en tension et une problématique plus aboutie, oui. Non mais par contre,
- Speaker #0
je me faisais la réflexion, là depuis qu'on marche en sortant de la boîte de nuit, à quel point c'est extrêmement silencieux.
- Speaker #1
C'est drôle parce que ça me fait penser... Ma grand-mère me répétait souvent que ça l'attristait beaucoup de petit à petit se rendre compte qu'elle ne voyait plus du tout les étoiles la nuit. Qu'elle avait vraiment eu l'expérience de la nuit et aussi accompagnée de sa luminosité mais beaucoup plus naturelle. La lune, les étoiles.
- Speaker #0
Alors là,
- Speaker #1
autant dire que loin de la nuit noire.
- Speaker #3
On est vraiment très très loin.
- Speaker #1
J'ai eu un switch vers 2h où, et ça c'est un indice assez fort, mes yeux me piquaient et mes lentilles commençaient à me déranger. Je sentais que j'avais l'envie irrépressible de les enlever parce que j'avais la fatigue visuelle.
- Speaker #2
Tendre rentrée.
- Speaker #1
Et je me suis dit que ça tombe mal parce que j'ai encore des heures de fond.
- Speaker #2
Mais ouais, pareil, un peu la fatigue corporelle. Mais c'est fou parce qu'en vrai, je me dis, on parle beaucoup de la nuit,
- Speaker #1
mais au final, c'est toujours en comparaison avec le jour. Comme là, on voulait un peu interroger cette... Justement, créer un espace... Il y a encore un peu de verre là. Faisons attention ! J'ai tellement de beaux coups de sang pour parler. Très bien mon flop, il est 4h10. Ah ok. Oui je te fais des petites surprises. Alors je sens que je commence quand même à être bien fatiguée, dans le sens où je me sens pas très bien, tout simplement. Moi c'est horrible là, je commence à avoir des impatiences, c'est comme le syndrome un peu des jambes lourdes. T'as une envie irrépressible de tendre très très fort ton mollet et ta jambe parce que t'as des forces de spasme dans tes jambes, c'est très bizarre. Est-ce que c'est un peu comme le syndrome des jambes sans repos ? Ah oui. T'as un besoin un peu compulsif de bouger les jambes. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Et c'est assez horrible. Et généralement, ça peut se calmer en mettant énormément d'eau froide pour un peu anesthésier le muscle.
- Speaker #1
Je rigole,
- Speaker #2
il n'y a rien de drôlement flottant.
- Speaker #1
C'est juste qu'en fait, je me voyais déjà te proposer un bain glacé. Ah ouais, non. Le fusil à lui est peut-être déjà assez long comme ça. Alors justement, comme il est tard... Là on commence à sentir le fait qu'on aimerait dormir et qu'on a décidé de ne pas le faire. Je voulais aller regarder pour se rappeler tous ensemble quelles sont les conséquences de la privation de sommeil.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Évidemment, comme d'habitude, on en fait des tonnes et des tonnes. Là, c'est juste une courte nuit qu'on aura, enfin une absence de nuit. Mais sur le long terme, je pense que sans grande surprise, c'est assez délétère. Donc, on va tout de suite aller voir ce qui nous pend au nez. Des personnes de tout âge déclarent ne pas dormir suffisamment. Sachant que je me suis fait quand même plaisir puisque j'ai atterri sur un site qui s'appelle Docteur Sommeil.
- Speaker #2
Wow !
- Speaker #1
En décembre 2021, selon un sondage de l'IFOP... 56% des français interrogés ne dormaient pas assez. De nombreux facteurs tels que des maladies, des problèmes de sommeil, la consommation de certains médicaments, le fait de travailler tard, de veiller. Regarder la télévision socialisée entraîne un manque de sommeil. Attention, t'es prêt à la liste mon flop ?
- Speaker #2
Non, mais vas-y.
- Speaker #1
Le manque de sommeil peut avoir de graves conséquences. Manque d'énergie, somnolence, colère.
- Speaker #2
En vrai je comprends.
- Speaker #1
Donc, avec le temps, le manque de sommeil affecte la mémoire, l'apprentissage, augmente les risques d'affection, tels que le diabète de type 2, l'obésité, la dépression, l'hypertension, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux.
- Speaker #2
C'est joyeux.
- Speaker #1
C'est comme si c'était une mort à petit feu.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux te chercher à partir de combien de jours ça devient mortel ?
- Speaker #1
C'est tellement étrange comme formulation, je tape combien de jours sans dormir pour mourir. C'était en lutte. Je vais le faire signaler par... Je vais avoir un... Tu sais, l'annonce prévente.
- Speaker #2
En vrai, un peu... Le disclaimer qui arrive beaucoup trop tard, mais c'est vrai que pour les gens qui sont insomniaques, c'est peut-être pas le bon moment d'écouter ça, mais bon.
- Speaker #1
En plus, l'étant moi-même, en plus je ris, mais je ris jaune, quoi. Honnêtement. Alors, il n'existe pas de nombre exact de jours après lesquels on meurt sans dormir, mais les effets apparaissent dès le troisième jour. Et, bon, ça va, on a une grande marge de manœuvre. Et le record officiel sans dormir est de 11 jours.
- Speaker #2
Ah bah attends,
- Speaker #1
je vais sur un site qui dit complètement autre chose.
- Speaker #2
Le record est de 2 mois.
- Speaker #1
Ah non, j'ai rien dit. Parmi les exploits les plus mémorables figure celui de Randy Gardner, un lycéen américain de 17 ans. Un lycéen américain de 17 ans qui en 1964 s'est lancé dans une expérience audacieuse. Resté éveillé pendant 11 jours consécutifs. soit 264 heures. Au fil des jours, les symptômes se sont multipliés. Troubles de la mémoire, désorientation, sautes d'humeur, hallucinations. Gardner a même comparé son état mental à un début temporaire de maladie d'Alzheimer. Ça fait froid dans le dos !
- Speaker #2
Mais qui fait... j'avoue, c'est le step au-dessus de nous mon Flap.
- Speaker #1
En fait c'est un cours pour le coup. Ne pas fermer l'œil de la nuit là. Enfin, avoir lu des choses pareilles, moi dans une heure je dors pas hein.
- Speaker #2
Ah non mon Flap ! Arrête de lire. Ah,
- Speaker #1
en 1986, Robert Macdonald, Un cascadeur professionnel a établi le record absolu J'adore les formulations toujours plus dramatiques En passant 18 jours, 21h et 40 minutes Oh non mais laisse tomber
- Speaker #2
T'imagines mon flop on commence à se lancer genre de délire Non non mais
- Speaker #1
C'est horrible Sur Futura Science Y'a un vrai faux sur peut-on mourir d'un manque de sommeil J'ai pas envie d'aller le lire
- Speaker #2
Non mais arrête là mon flop je pense De toute façon pour le bien de tout le monde Puisqu'on a découvert quand même durant cette journée qu'il y avait quand même une grande partie des gens qui étaient quand même insomniaques.
- Speaker #1
Vous savez, justement, ça me fait bien rire qu'on s'amuse à se colchiner une nuit blanche alors qu'il y a déjà tant de personnes qui ont du mal à lâcher prise pour se reposer, quoi.
- Speaker #2
Un peu honneur à nous, parce que moi qui suis un peu hyper somniaque, de pas dormir la nuit, c'est un grand défi. Et toi, mon flou. Je vois tes yeux de panda et je me dis... Mon pauvre Flop qui a quand même accepté de faire une insomnie alors que tu te bats quand même. Il s'est trouvé de dormir quoi.
- Speaker #1
Mais alors, justement, est-ce que je peux faire une sorte de coming out de nocturne ?
- Speaker #2
Vas-y.
- Speaker #1
C'est que précisément, le pendant un peu rassurant et positif de tout ça, c'est que je crois que justement il y a un côté très euphorisant de me dire pour une fois, quelqu'un sera avec moi durant cette absence de sommeil. Au-delà de ne pas dormir en fait, c'est surtout le fait d'être seule. pour moi c'est le sentiment de solitude quand il n'y a personne pour vous je risque c'est pas drôle mais je trouve que ça fait remonter des gens en fait très primaires quoi, très enfantines où c'est vrai que je me sens pas très rassurée pendant mes insomnies tu comprends,
- Speaker #2
ouais je comprends mon flop c'est vrai que l'insomnie est caractérisé par ce phénomène de solitude en vrai,
- Speaker #1
pour moi une insomnie est toujours solitaire,
- Speaker #2
t'as raison voilà,
- Speaker #1
fin du débat point, en même temps c'est vrai qu'on a associé beaucoup les artistes globalement c'est vrai, c'est ce que tu disais tout à l'heure à l'insomnie ah oui Merci.
- Speaker #2
Ouais, ce truc un peu...
- Speaker #1
Alzac, par exemple, il dormait très peu. La légende raconte qu'il s'enfilait des cafés toute la nuit pour terminer ses... Il a été payé au lance-pierre ses pages de la comédie humaine. Gérard de Narval, qui était complètement passé de l'autre côté, déambulait tout au long de la nuit.
- Speaker #2
Tu sais ça comment ?
- Speaker #1
Parce que j'étais avec eux.
- Speaker #2
Il y a deux choses. C'est que la nuit, c'est le moment où justement, tu n'es pas censé utiliser ton temps de manière productive. Donc, tu peux un peu plus te permettre de te lâcher sur les loisirs créatifs.
- Speaker #1
Je vais dire la formulation. Te lâcher.
- Speaker #2
Non, mais tu es plus en capacité de pouvoir un peu te lâcher.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on avait dit ? La privation de sommeil et la fatigue, des troubles de l'élocution, du langage.
- Speaker #2
Donc je pense que c'est lié. Et puis il y a aussi ce truc de... En effet, je pense que la nuit apporte une forme de silence pesant quelquefois. Je trouve que quand t'écris quelque chose ou quand tu fais quelque chose en tant qu'artiste, tu mets toujours un peu ton histoire, ton vécu, t'es obligée un peu de te nourrir de ça. C'est vrai que c'est vraiment le moment parfait pour te souvenir de tout ça et de le mettre et de l'infuser dans tes arts. Ce qui m'énerve bien,
- Speaker #1
c'est que j'ai l'impression que le nerf de la guerre... C'est le fait d'avoir une preuve que t'es pas seule.
- Speaker #2
Parce qu'en fait,
- Speaker #1
c'est vrai que quand je marche la nuit, la seule question qui m'anime, c'est « Ok, il y aura combien de lumières allumées dans cet immeuble ? » Et tu vois, quand je vais tourner au coin de la rue, je me dirais « Ok, dans cet immeuble, il y avait trois personnes avec moi. » Au bout de la folle du bus, je confie mes amis sur la route. On a beaucoup parlé de « Ok, la nuit, c'est un temps à soi. » L'autre pendant, plus sombre, c'est que c'est très régressif. Tu sais, quand on avait évoqué tout à l'heure via l'expérience boîte de nuit, de « on est plus vulnérable » , « on peut moins se fier à nos sens » , « on fait moins confiance » , je trouve qu'il y a aussi un truc de remontée de tout ce qui était un peu contenu, ou de ton enfance et de certaines peurs irrationnelles. Certaines choses qui ne te font peur que la nuit, ou qui paraissent monstrueuses, mais en fait comme quand tu étais enfant. Le jour se lève et hop, le monstre a disparu.
- Speaker #2
C'est vrai mon flop, je pense que t'as raison parce que tu sais, moi j'ai une grande peur généralement quand je suis toute seule, quand la nuit se tombe, irrationnelle, je vais me faire cambrioler. Il va y avoir quelqu'un qui va s'introduire chez moi et tout. C'est vrai que c'est un peu bizarre parce que tu te retrouves, mais comme s'il y avait un monstre sous ton lit quand t'es enfant.
- Speaker #1
Mais justement je me dis, je pense que la nuit t'as moins d'ancrage. C'est pour ça qu'on a une sorte d'effet domino, où parfois je me dis, mais c'est bizarre, pourquoi la nuit j'ai l'impression que je suis un peu comme une enfant de 5 ans. C'est hyper agréable tout ce que je dis depuis tout à l'heure.
- Speaker #2
Est-ce que tu penses que la nuit, si justement tu étais activement tout le temps avec quelqu'un, te ferait cette même sensation par exemple ? Est-ce que tu penses que l'insomnie peut advenir même s'il y a quelqu'un avec toi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
C'est pas conditionné seulement à la solitude.
- Speaker #1
Oui, je peux être très insomnie. Après c'est vrai que si quelqu'un dort activement à côté de moi, je pense que ça tue un peu. Toute la fantasmagorie dans ta nuit de « je suis seule et personne n'est là pour me rassurer » parce que l'idée de me dire... D'ailleurs, c'est horrible, mais je me souviens que quand j'étais petite, le fait de voir les gens partir sans dormir me renvoyait à un truc un peu d'abandon. Je me disais « maintenant, je suis toute seule » . Je me disais aussi dans le même temps « oui, mais tant que je vois que quelqu'un est éveillé, je ne vais pas lâcher, je ne vais pas dormir » . Donc en fait, j'étais piégée. Je me disais « si j'entends quelqu'un qui est encore en éveil... » Moi, je ne vais pas quitter le navire. Mais à la seconde où l'autre s'endort, je suis renvoyée à ma solitude et donc je me sens mal.
- Speaker #2
C'est dingue. C'est vrai que mon flop, en 8 ans d'amitié, je ne t'ai jamais vue dormir. Jamais, mon flop.
- Speaker #1
Je rigole, ce n'est pas drôle, mais...
- Speaker #2
Je ne t'ai jamais vue dormir.
- Speaker #1
Du tout ?
- Speaker #2
Mais jamais.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, je pense qu'il fait que tu bouges un orteil. Ah ouais, non, je suis du lit.
- Speaker #2
C'est dingue. Non, mais c'est dingue. En effet, avoir la sensation et la possibilité de s'endormir en premier, moi, je trouve que c'est une libération. Quand tu te dis, OK, j'ai vu l'autre éveillé. Donc, dans ma tête, il est aussi garant de toute ma sécurité parce qu'il est éveillé. Et du coup, je ne le verrai pas s'endormir. Donc, dans ma tête, je suis en sécurité.
- Speaker #1
Alors, tu vois, c'est très drôle ce que tu dis, parce que je comprends de se dire qu'il y a symboliquement quelqu'un qui veille sur moi. Même le mot. Tu continues de veiller sur moi pendant que moi, je dors. Quand toi ou... n'importe quel autre proche s'endort, je me dis mince je n'ai plus ça. En revanche, ça ne me provoque pas cette déception, cette peur, si c'est un enfant. En fait, quand je dors avec des enfants, c'est très bizarre cette phrase, en dessous de mon texte, alors attention, apprendre avec beaucoup de pensée des drogules, et ne surtout pas la plaquer en dessous du contexte. Quand je dors avec des plus petits que moi, pour le coup, je me dis, ah bah c'est dans l'ordre des choses que cet enfant dorme. Donc en fait, il y a un côté de « Ah bah tiens, là c'est très naturel, ça me pose pas de problème. » Et en fait, je reste assez détendue. Et voir, du coup, je m'endors mieux. Je me suis déjà dit « C'est très bizarre, je m'endors mieux avec des enfants. » Oh le oulala qui est tellement dur. Mais en vrai, reprends-la cette psychanalyse. Il y a encore des tas de choses à découvrir.
- Speaker #2
C'est dingue, c'est un vrai mon flop. Après, je comprends ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Je me dis que je n'attendrai pas dans tous les cas d'un enfant qui veille sur moi. on l'avait un peu évoqué au moment de la raclette, je trouve ça assez fou comment tu as un rapport au sommeil qui est à la fois, bon, ok, c'est logique comme tout humain, une possibilité pour toi de te régénérer, mais qui est aussi en fait, tu sais, comme une carapace, un repli possible. Dès que tu as une émotion un peu négative, soit une tristesse ou un agacement, ou si tu en as marre de quelque chose, tu peux comme, mais tu sais, avoir une sorte de shutdown même très court. Je me suis dit, t'es à deux doigts de pouvoir faire une sorte de mini-dodo de 30 secondes et hop, de revenir dans la réalité. Ça me paraît fou de me dire en pleine journée, tu vas piquer un petit somme, tu vois, entre deux potos, je sais pas comment dire.
- Speaker #2
Attention, parce que là, tu vas m'inventer une vie. Je ne dors pas entre deux potos dans la rue, mais...
- Speaker #1
L'image, elle est horrible.
- Speaker #2
Justement, la question que je voulais un peu nous poser, c'est, est-ce que tu trouves, toi qui as plus tendance à avoir un rapport plus anxieux à la nuit, Est-ce que tu trouves que le fait de l'avoir un peu, justement, choisi, d'avoir fait cette nuit blanche, accompagné, etc., t'en es un peu échappée ?
- Speaker #1
Complètement, parce que pour moi, le mécanisme même de l'insomnie, c'est justement de manière involontaire d'être privée de sommeil. En fait, c'est un conflit interne. C'est que tu t'ordonnes de dormir, mais c'est par le fait de s'obliger que tu t'en empêches. Ouais, vraiment, l'expression, c'est quand tu crées ton propre tombeau, quoi. Où je me dis, c'est fou quand même qu'il... que l'esprit humain puisse tout seul se condamner. Je trouve ça fascinant, mais terrifiant. Pour moi, une nuit blanche seule, en fait, c'est une insomnie. Je crois que très vite, même dans mon récit, j'aurai quand même le retour d'une forme d'anxiété. Je me dirai, en fait, je suis en train de faire une insomnie. Je m'éclate pas de me seul, je m'éclate pas de rien.
- Speaker #2
Je me mens à moi-même, là.
- Speaker #1
Pour répondre à ta question, c'est plus que j'ai l'impression
- Speaker #2
C'est vrai que là, ces derniers temps, il y avait un vrai enjeu pour moi de pouvoir dormir seule. Tu sais, de déporter, je pense, mon anxiété sur les cambrioleurs vont arriver.
- Speaker #1
Tu me focalises sur un objet externe.
- Speaker #2
Voilà, je me focalise sur un truc, mais je sais très bien que c'est juste aussi que je suis concrètement incapable de lâcher le contrôle s'il n'y a pas quelqu'un qui veille sur moi, justement. Après, c'est sûr que je mets en place d'autres choses. J'essaye de recréer ça quand je suis toute seule. Par exemple, je vais... laisser une petite lumière allumée dans le couloir ou dans le salon comme s'il y avait quelqu'un.
- Speaker #1
Mais tu vois, on y revient. La nuit, c'est des rituels d'enfants. Tu vois, tu parles que du fait d'être rassurée et tu fais des choses qu'on aura à associer à un enfant. De se dire, du coup, je me mets une veilleuse. C'est pour ça que je suis persuadée qu'en fait, on est tous à nouveau des enfants la nuit. C'est une théorie fondée sur rien.
- Speaker #2
Mais en fait, je pense qu'après, mon flop, c'est aussi toute cette question de est-ce que la nuit, on ne fait pas tomber le masque ? Je pense que la posture adulte est quand même un masque. Dans le sens où je pense qu'on apprend socialement à devenir des adultes et à incarner ce personnage dans les circonstances de la vie qui font qu'il faut qu'on l'incarne. Mais je pense très honnêtement qu'on est vraiment des enfants en vrai.
- Speaker #1
On dit oui, est-ce que réellement la nuit, les masques tombent ? C'est qu'en tout cas, il y a un certain masque physique qui tombe. Tu t'habilles pas la nuit. Quand il y a le rituel et tout le moment cérémoniel du coucher... On va te demander de te déshabiller, de te démaquiller. Enfin, tu te mets à nu, quoi, d'une certaine manière. C'est un toi qui est complètement dépouillé. Par rapport à ce que tu dis, oui, ça viendrait à l'idée de personne de s'endormir, justement, avec ton costume du jour.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Il y a un truc, comme tu dis, de démasquer, d'enlever.
- Speaker #1
Mais aussi parce qu'il y a beaucoup moins le regard de l'autre. La nuit, il y a très peu de témoins. C'est ce que je me disais, en fait. Il y a plein de choses qu'on vit et qu'on se dit la nuit, mais qui ne voient jamais le jour. Enfin, on, là, du jeu de mots, quoi.
- Speaker #2
Oui oui,
- Speaker #1
de ce qui arrive la nuit reste à la nuit, à partir la nuit. Je m'entends débiter, je me dis ça y est je sais même pas ce que je dis. Vous venez d'écouter Interdiction de dormir, un épisode de la série La nuit en éveil du podcast Lope.
- Speaker #0
Écriture, réalisation et production Marine Boudalier et Luce Paz. Montage sonore et mixage Lucas Monon. Prise de son Marine Boudalier. Prise d'image Luce Paz. Communication et réseau Sybille Ollemans. Musique originale Georges Paz et Thomas Paz. Identité visuelle Paul Ardon-Hérignac et Luce Paz. Sous-