- Speaker #0
Pour moi, des flops, c'est c'est vite, c'est vite.
- Speaker #1
Au final, c'est vrai que ça vous rapproche et je trouve bien d'en rigoler. Il mettait les deux pieds dans la flaque d'eau et ça aspergeait partout. Il faisait adorer. Ça me fait penser à la pluie qui tourne.
- Speaker #2
Salut, moi c'est Marine. Salut, c'est Luce.
- Speaker #3
Vous écoutez le podcast Flop. Aujourd'hui, nous abordons une nouvelle série autour des secrets.
- Speaker #2
Épisode 2, un silence organisé, l'omerta canalisée. Il est aux alentours de 23h lorsque je tombe sur une publication Instagram de Lisa Jeanne Rougerie, une jeune chanteuse et actrice qui dénonce l'agression sexuelle qu'elle aurait subie en présence de Jenna Boule-Médaïs, son ancienne amie, une influenceuse et chanteuse réputée pour sa douceur, son engagement et sa bienveillance. L'information me fait une sorte de choc qui réveille instantanément mon esprit déjà en train de se préparer à dormir. Je lis plusieurs fois la publication comme pour essayer de mieux comprendre ce secret que Jeanne Rougerie vient de révéler à la toile. J'envoie immédiatement un message à Marine. La révélation du secret est énorme et prend beaucoup d'ampleur. On échange alors sur l'impression récurrente qu'on a ces derniers temps d'assister à la tombée des masques de différentes personnalités et plus généralement, de différents domaines et structures autrefois portés au nu. Cette sensation étrange de lire un article ou un post Instagram qui révèle au grand jour un énième secret bien gardé nous devient de plus en plus familière. Marine me parle alors justement d'un documentaire d'OFF Investigation qu'elle a regardé pas plus tard qu'hier soir. Il détaille pendant 1h30 les mécanismes de prédation sexuelle dans les télés privées, autour d'un ancien couple de producteurs Gérard Louvin et Daniel Moine, très influents dans les années 80 et 90, l'époque des faits présumés, mais aussi de l'animateur Jean-Marc Morandini, encore actuellement à l'antenne en février 2026.
- Speaker #4
Jean-Marc Morandini, c'est à vous. C'est à moi.
- Speaker #5
Et du nouveau ce matin dans l'affaire Gérard Louvin, Daniel Moine, les deux producteurs de télé qui sont visés par quatre nouvelles plaintes pour viol et agression sexuelle sur mineurs.
- Speaker #6
Est-ce que vous imaginez l'effroi de Gérard Louvin et de Daniel Moine devant leur élection de télévision face à ce déballage d'horreur pour des faits sur lesquels ils ont déjà été entendus ?
- Speaker #0
C'est lamentable. Il y a Jean-Marc Mandini lui-même qui ne doit pas se prêter à ce genre de choses.
- Speaker #3
On parle de présence.
- Speaker #0
Oui, d'accord, mais il y a aussi de la dignité. Et lamentable, c'est M. Bolloré. M. Bolloré est lamentable.
- Speaker #3
Par rapport au documentaire, oui, je suis tentée de croire qu'on est à un moment de bascule où les différentes personnalités qui étaient protégées ne le sont plus vraiment. Et en même temps, c'est quand même assez horrible de se dire que systématiquement, la première chose que tu entends à chaque fois, c'est le fait que les structures protégeaient ces individus. Typiquement, sur le couple de producteurs Louvain-Moine, il y avait déjà eu un étouffement d'affaires où on avait demandé à Gérard Louvain de quitter la présidence d'une association Enfant d'Asie, je crois. Je te laisse imaginer la rumeur. Pédophilie, voilà. Mais sauf que ça, c'était dans les années 90. et nous voilà 30 ans plus tard.
- Speaker #2
Je repense alors au procès Mazan, au mouvement MeToo, à l'affaire Betaram, aux accusations d'Amber Hurd contre son ex-mari, l'acteur Johnny Depp. C'est vrai qu'il semblerait que les omertas des grosses structures politiques, judiciaires, religieuses et artistiques battent de l'aile, et que la parole circule plus et mieux. Je me pose alors plusieurs questions. Y a-t-il un réel affaiblissement, voire une disparition prochaine de l'omerta en France ? Est-ce que les réseaux sociaux qui médiatisent beaucoup les différentes affaires réussissent leur promesse de l'ultra-transparence ? Et est-ce que cette parole qui brise d'ancien silence réussit-elle à faire bouger les lignes ? Il est vrai qu'un secret, lorsque celui-ci est gardé à l'échelle structurelle, relève généralement de l'illégalité ou du non-respect d'un certain code éthique et moral. On parle du nomerta. C'est la loi du silence, une règle tacite qui impose de ne pas parler, de ne pas dénoncer, et de garder secrètes certaines informations, sous peine de représailles. Je me pose alors à mon bureau et cherche l'histoire de ce monde. Le terme d'Omerta est notamment apparu au XIXe et au XXe siècle, dans le contexte des sociétés rurales du sud de l'Italie et de la Sicile, où l'État était souvent absent, faible ou perçu comme injuste. Les populations rurales résolvaient leurs problèmes en dehors des institutions officielles et développaient des codes d'honneur locaux. Le terme a vite été associé à la mafia sicilienne de ces mêmes années, qui fonctionnait notamment à travers le Chantal. Chaque membre était protégé s'il lui-même protégeait le silence illégal de l'organisation criminelle. Même les principales victimes redoutaient les représailles et préféraient ne pas prendre la parole ou de désigner personne. C'est vrai qu'en y pensant... Ce qu'il y a de plus dur à comprendre, c'est qu'une omerta survit par l'autorité extérieure qui impose le silence, mais aussi par ses victimes. Celles-ci subissent une pression psychologique telle que prendre la parole n'est pas envisageable, surtout si la culture et les codes sociaux favorisent ce silence généralisé. Donc même si moralement il faudrait révéler le secret pour ne pas en être complice, l'enjeu n'est pas aussi simple. Bon, c'est vrai que ce qu'il y a d'encourageant, c'est de voir que ces derniers temps, la honte change de camp. Et l'adage « dire c'est guérir » prend plus de poids. L'ironie du sort est d'ailleurs de voir que si initialement l'OMERTA était associée aux organisations criminelles, celle-ci s'applique désormais aux structures légales et institutionnelles comme la police. Je retombe alors sur un article de Mediapart, du 3 novembre 2022, que mon père m'avait fait lire à l'époque, qui introduit le livre « Police, la loi de l'OMERTA » , dans lequel six policiers et ex-policiers issus de différents services, brisent le silence imposé par leur statut et témoignent en leur nom de pratiques professionnelles insensées. Dans ce livre, les policiers insistent sur toutes les démarches mises en œuvre pour les réduire au silence et les entraver dans leurs recherches visant une plus grande justice. Agnès Naudin, co-auteur du livre avec Fabien Billerand, décrit alors la culture policière actuelle comme un contexte où « on lave son linge sale en famille » plutôt que d'alerter les instances externes ou l'opinion publique. Ce livre crée alors un éboulement témoignage. Et avec le GIGN impliqué du mauvais côté, la structure policière en général est contestée, et l'opinion publique scandalisée. J'offre l'article Mediapart à Marine, je reçois sa réponse une heure plus tard.
- Speaker #3
Coucou mon flop, je te fais un petit vocal, je voulais te remercier, enfin étrange remerciement, mais c'était pour m'avoir choisi pour être la destinataire de l'article gratuit offert à un proche. Non mais écoute, blague à part, j'ai tout lu. J'ai tout lu et j'étais à deux doigts de t'envoyer un autre article, pour enfoncer le clou, tu me connais, qui remet sur la table cette fois l'omertum et dans le milieu scolaire, post-affaire Bétarame. Je sais pas si t'avais trop suivi cette affaire à l'époque, mon flop. Mais honnêtement, ça m'a tendu quoi. Tant donné que vraiment, se pose la question d'une vigilance qui aurait dû être accrue, étant donné l'asymétrie radicale de pouvoir. C'est des enfants. qui par définition n'ont aucun moyen de résistance, dont la parole est disqualifiée d'office, et dont la survie dépend entièrement des adultes, des institutions censées les protéger.
- Speaker #2
Il est 22h, j'éteins mon ordinateur et je vais me coucher. Je me doute que la police n'est pas la seule structure pour laquelle l'OMERTA se brise, mais pour aujourd'hui, je crois que j'en ai assez lu. On est lundi matin, j'allume la radio, telle une grand-mère, et prends la phrase en cours de route.
- Speaker #1
« Combat d'une élue pour briser l'OMERTA des violences faites aux enfants. »
- Speaker #2
Je comprends qu'il s'agit de Violette Spilbou, députée de la 9e circonscription Nord, qui vient de signer un ouvrage au titre évocateur, « Silence brisé » . Le livre retrace les coulisses de la commission d'enquête parlementaire, qu'elle a co-présidée l'an dernier, aux côtés de Paul Vannier, LFI, avec pour objectif de briser l'OMERTA entourant les violences en milieu scolaire. J'éteins la radio, je prends mon café et marche d'un pas assuré jusqu'à mon bureau. Je crois que je veux en savoir plus sur l'affaire Bétarum. Cette affaire, c'est un voile qui se lève peu à peu depuis fin 2023 sur plus de six décennies de violences physiques et sexuelles présumées en milieu scolaire. Au total, plus de 200 anciens élèves de l'établissement catholique Béarnet ont dénoncé en cascade des faits de violences psychologiques, physiques ou sexuelles couvrant les années 50 jusqu'aux années 2000. L'histoire débute entre 1957 et 1960, lorsque Jean-Marie Delbos, un jeune homme âgé de 10 ans, est agressé sexuellement à plusieurs reprises par le père Henri Lamas, membre de la congrégation de Bétarame. Quelques années plus tard, en 1985, François Bayrou, père d'élève à Bétarame, devient membre du conseil d'administration de l'école. Plusieurs agressions sur des enfants mineurs vont se produire au sein de l'établissement. Certains perdent une partie de l'audition sous la violence des coups. D'autres sont agressés sexuellement, enfermés dans les placards ou encore laissés dehors en plein hiver. Une enseignante de l'établissement catholique, Françoise Gullung, affirme avoir interpellé M. Bayrou à plusieurs reprises sans qu'aucune démarche ne soit amorcée. L'école reçoit au contraire beaucoup de soutien, dont le financement de travaux de rénovation de l'établissement. En 1995, elle va jusqu'à dénoncer les agressions au JT de 13h sur Antenne 2, et de nombreux parents d'élèves commencent à porter plainte. A partir de mai 1998, l'affaire prend une ampleur nationale. De son côté, François Bayrou gravit les échelons politiques. Il est ministre de l'Éducation, puis maire de la ville de Pau, où se déroulent les faits. Presque 70 ans plus tard, le 10 avril 2025, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale révèle avoir trouvé un courrier de remerciement du directeur de Bétarame, adressé à un inspecteur qui, en 1996, avait blanchi l'affaire. On peut lire Encore une fois, merci pour ce que vous avez fait pour que Bétarame vive. Mon ventre gargouille. Il est 14h et je n'ai toujours rien mangé. Je décide alors de me faire des pâtes carbonara. En cuisinant, je repense à une de mes collègues pâtissières qui m'avait dit Tu vois, ici, il y a des syndicats. Dans les étoilés, à l'époque, ça ne pouvait pas exister. La règle c'était « tu sais quand t'arrives, jamais quand tu repars » . Et le fameux dicton qu'on lui répétait pour rire, mais surtout pour que ça rentre. La règle numéro une, c'est « le chef a toujours raison » . Et la deuxième, c'est « si le chef a pas raison, se référer à la première règle » . En gros, le chef a toujours raison, point à la ligne. C'est vrai que le milieu de la restauration est aussi récemment sorti du nomerta autour des violences physiques et sexuelles, notamment sur les commis ou ceux faisant partie du bas de l'échelle hiérarchique. En 2014, un document avait été signé par 5 des meilleurs ouvriers de France, dont le chef des cuisines de l'Elysée, Guillaume Gomez, pour appeler à lever l'OMERTA sur ses actes qu'il jugeait indignes de la profession. Je regarde mes pâtes carbonara, je me suis coupée la faim. J'envoie un message à Marine.
- Speaker #3
Mon flop en vrai c'est un peu en train de me rendre dingue j'avoue là.
- Speaker #2
J'ai un peu l'impression que c'est inévitable quand il y a une structure hiérarchique, il y a des secrets qui finiront toujours par être découverts. Et qui révèle surtout un monde odieux, quoi. Et puis, là, j'étais en train de me dire, la restauration, mon flop, j'en ai vraiment bavé, quoi. Donc bon, je suis contente que la parole aille cyber, vraiment, c'est pas le sujet, mais je trouve ça assez effrayant, je t'avoue.
- Speaker #3
Ouais, bah écoute, mon flop, honnêtement, je comprends complètement. Disons que quand tu te penches sur le sujet, t'as l'impression d'ouvrir une immense... boîte de Pandore. Après, par rapport à ce que tu me disais à l'instant sur le fait que la parole se libère, oui, mais bon, elle a quand même un coût encore énorme et j'allais rembrier sur l'exemple Humber Heard où je viens de lire qu'elle allait s'exprimer prochainement dans un documentaire où, dans les grandes lignes, elle expliquait qu'elle ne voulait plus prendre la parole, ni sur la question des violences conjugales, ni plus précisément sur le procès qu'elle a mené contre Johnny Depp. Et ouais, en fait, je me faisais la réflexion qu'au bout du compte, toi en tant que femme, de l'autre côté, qu'est-ce que t'intègres ? Quand t'as le courage d'une prise de parole, qu'est-ce que tu ressens en retour ? De la misogynie en barre, en grand format, quoi. C'est quand même assez déprimant. Il me semble, mais vérifiez mon flop, il me semble que ça a été la femme la plus cyber harcelée au monde avec Meghan Markle ces dernières années. Donc ça te laisse quand même t'interroger à deux fois avant de la prendre cette parole, justement. Mais bon, écoute, j'ai supprimé le DM, j'ai senti que c'était pas le moment, donc je t'épargne momentanément ce sujet. Et oui, prends-toi une pause et mange tranquillement, et moi je vais y aller, je suis complètement à la bourre, comme d'hab, j'ai envie de te dire.
- Speaker #2
Marine a raison. Je m'assois devant la télévision pour me détendre. Je regarde les documentaires disponibles en replay sur France TV, et je tombe bien évidemment sur La Fabrique du Mensonge, Affaire Johnny Depp Amber Heard, La Justice à l'épreuve des réseaux sociaux. J'avoue que je le cherchais un peu. Je lance le documentaire et mange mes pâtes carbonara. Il est 16h, j'ai regardé le documentaire de France 5 en entier, et je suis sidérée. Pour retracer un peu l'histoire de ce que je viens de voir, Amber Heard décide de divorcer de son mari Johnny Depp en 2016, après plus d'un an de mariage, évoquant des différences irrémédiables. Un an plus tard, en 2017, le mouvement MeToo éclate aux Etats-Unis, puis en France, avec une vague de dénonciations de violences conjugales, sexistes et sexuelles subies par les femmes. Et le mouvement débute notamment par une douzaine de femmes actrice ou collaboratrice, qui accuse le fondateur et ancien directeur des studios Miramax, Harvey Weinstein, de harcèlement sexuel, agression sexuelle ou viol, entre les années 1990 et 2015. Mais surtout, les différentes enquêtes révèlent que l'OMERTA sur ces violences était encadré, connu et tué en compensation monétaire. Beaucoup de femmes prennent alors la parole, notamment sur les réseaux sociaux, avec le hashtag MeToo. C'est dans ce contexte qu'Amber Heard, en 2018, publie une tribune dans The Washington Post où elle dénonce des violences conjugales et la manière dont la société traite ces accusations. A l'époque, elle ne nomme pas Johnny Depp, mais beaucoup pensent y voir un lien. En 2020, Johnny Depp poursuit le journal The Sun pour diffamation, car celui-ci associe Johnny Depp au terme de batteur de femmes. Mais il perd le procès, car 12 des 14 incidents d'abus allégués par Heard sont substantiellement vrais. Mais ce que retiendra l'histoire, c'est deux ans plus tard, Quand Johnny Depp intente un procès en diffamation contre Amber Heard, le procès est filmé, diffusé en direct sur YouTube, Twitch et d'autres chaînes TV. A l'époque, ce sujet n'avait pas été pris au sérieux, ni relayé par les médias traditionnels, dont la profession impose une vérification des faits et une forme d'objectivité. Résultat, ce sont les réseaux sociaux et beaucoup de courants masculinistes qui étaient particulièrement frustrés depuis le mouvement MeToo, qui s'emparent du sujet. Amber Heard est lynchée, sur la place publique. Des TikToks parlent d'elle comme une folle qui n'arrive même pas à pleurer, qui n'arrive pas à cacher son mensonge, qui défait qu'elle sur le lit de Johnny Depp. Les hashtags font des milliards de vues. De l'autre côté, Johnny Depp est glorifié, jugé drôle et sincère. Et aujourd'hui, Johnny Depp est encore dans le milieu du cinéma et Amber Heard est partie s'exiler en Espagne. La nuit est déjà en train de tomber et je suis épuisée. J'envoie mon dossier de recherche à Marine, en lui souhaitant bon courage pour la suite.
- Speaker #3
Honnêtement, je me sens abattue. Nos dernières discussions avec Luce m'ont découragée. Bon, en même temps, il fallait s'y attendre. Réfléchir sur l'omerta, c'était pas un passeport pour la sérénité, quoi. Et surtout, je suis déprimée de la banalité du phénomène. J'ai beau me dire que c'est important de garder de la nuance, de ne pas tout réduire, de ne pas tomber dans de la facilité, mais bon, c'est plus facile à dire qu'à faire, quoi. J'ai l'impression d'incorporer malgré moi des bouts de thèse complotistes, tant la réalité semble parfois devancer la caricature. Mais surtout, je crois que ce qui me reste le plus en travers de la gorge, c'est le dernier acte, le après la levée de l'omerta. À force, si les témoignages et accusations se multiplient, que les enquêtes sortent, que les noms circulent, que les commissions se montent, en toute logique, les institutions et structures doivent trembler de plus en plus. Mais voilà, je crois que c'est précisément cette dernière affirmation qui coince. Je m'interroge. Est-ce qu'on ne confond pas trop vite visibilité et justice ? Et surtout, est-ce vraiment ? que parce qu'on est moins silencié, on est moins dominé. En réalité, je me rends compte que j'ai une image naïve en tête. Je crois toujours que le plus dur, c'est de parler. Que le moment héroïque, c'est l'instant où tu publies le poste, où tu vas au commissariat, où tu livres enfin ton secret. Sauf que plus je regarde comment les omertas se fissurent, plus je comprends que la prise de parole, bah, c'est pas la fin de la violence. C'est souvent le début d'une autre violence, au contraire. Une violence administrative, sociale, judiciaire. Une violence froide. Celle du « ouais d'accord mais prouve-le, mais pourquoi révéler ce secret maintenant ? » ou encore du « non mais tu vas détruire des vies quoi, tu veux juste faire le buzz » . Finalement, la force de l'omerta se situe autant en aval qu'en amont. C'est empêcher la parole, mais c'est aussi la faire payer une fois qu'on l'a prise. Je repense à l'école d'abord, parce que l'école, c'est censé être le lieu le plus anti-Omerta du monde. Une institution de savoir, mais surtout de protection. Et pourtant, c'est précisément au sein de cette institution que l'affaire Betaram a eu lieu. C'est cette affaire qui a déclenché une commission d'enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire. Et d'ailleurs, en 2025, les auditions de victimes ont décrit un système très clair. Un système où la violence dure, parfois pendant des années, dans des établissements où les adultes se connaissent, où l'autorité est verticale, où l'élève n'a pas de pouvoir, pas de crédibilité, pas de droit à la parole finalement. Et quand les victimes parlent, très souvent elles se prennent un deuxième mur. La prescription, l'absence de preuves, le soupçon d'exagération, l'isolement. Et d'ailleurs même la commission le dira à sa manière, puisqu'à l'issue de son enquête, L'alerte est claire. Sans contrôle et sans mécanisme solide, il peut y avoir de nouveaux bêtarames. Je visualise la scène. T'as 50 ans. Tu te replonges dans des souvenirs traumatiques d'il y a près de 40 ans. Tu témoignes. Tu te remets à trembler comme à tes 10 ans. On te demande une chronologie au millimètre. Des preuves matérielles et surtout une cohérence parfaite. En face, l'institution, elle... peut rester dans un langage qui la protège. Nous prenons acte, nous allons diligenter, l'enquête dira. Le temps devient un allié structurel. Plus c'est ancien et moins c'est condamnable. Et je comprends que briser l'omerta, bah ça veut pas seulement dire dire. Ça veut dire survivre au contre-coup. Rester debout quand le système te renvoie ton propre récit comme une pièce manquante. Je me décide enfin à entamer le livre dont me parlait Luce, Police, la loi de l'omerta. Et là, c'est encore plus vertigineux. On parle d'une institution où la cohésion de groupe est valorisée au nom de la sécurité, et où on te répète qu'il y a une loyauté de corps. Et enfin, on te dépeint comment la machine se retourne contre ceux qui parlent. Parler peut vouloir dire perdre tes appuis, être muté ou mis au placard, voire pire. Être regardé comme un traître, tu deviens le problème, tu cesses d'être un collègue, tu deviens un risque. Je repense alors au témoignage d'Aurélie Magron, la première policière qui a obtenu la condamnation d'un supérieur hiérarchique pour harcèlement moral. Dans l'ouvrage L'arme de service, elle décrit précisément comment sa hiérarchie lui a fait payer sa parole. Ce que j'ai mal vécu c'est qu'on m'a muté de nuit pour pas que de jour je sois visible et que je sois entendu par les autres. De nuit, t'es coupé du monde. Faut être clair quand même, on vit à l'envers. Donc on m'entendait pas,
- Speaker #2
on me voyait pas. Ça a le mérite d'être clair. Si tu parles, attends-toi à être ostracisé. Ce qui est horrible avec cette logique,
- Speaker #3
c'est qu'elle est terriblement efficace. Peut-être parce qu'elle ne ressemble pas à une censure, justement. Elle ressemble plutôt à une conséquence normale. Une mauvaise ambiance, des tensions, une carrière qui stagne... Des procédures qui s'abattent. Et c'est précisément dans cette zone grise que l'Omerta se modernise. Elle n'a plus besoin de menaces mafieuses si elle peut compter sur l'écosystème, la hiérarchie qui temporise, l'institution qui protège son image, et enfin, la peur qui fait le reste.
- Speaker #1
Est-ce que vous vous rendez compte du courage qu'il a fallu à cette jeune femme de 20 ans de regarder cet homme dans les yeux en disant « je ne ferai rien » ? Est-ce que vous imaginez le sort de toutes ces femmes ? Qu'est-ce qui se serait passé, en fait, Juliette, si vous n'aviez rien dit ?
- Speaker #7
Et d'essayer de me dire qu'il fallait que j'essaye de me reconstruire sur ce champ de ruines. Je suis une femme debout aujourd'hui, parce qu'on a toujours tendance à se dire que la victime doit être une bonne victime, c'est-à-dire dépressive, suicidaire. Moi je veux montrer aujourd'hui que ce livre est un message d'espoir à toutes les femmes qui traversent des périodes très compliquées dans leur existence.
- Speaker #3
En parlant de la peur qu'on peut ressentir en prenant la parole, difficile de ne pas repenser à Amber Heard. Quatre ans après l'ultra-médiatisation de son procès contre Johnny Depp, l'actrice s'est finalement éloignée de l'industrie hollywoodienne. Elle a déménagé en Espagne et surtout, elle s'est tue. Elle s'en est expliquée très récemment auprès de la réalisatrice Selina Miles dans le documentaire « Silenced » présenté au Festival Sundance en janvier 2026. « J'ai perdu ma capacité à parler. Je ne suis pas là pour raconter mon histoire. Je ne veux pas raconter mon histoire. En fait, je ne veux plus utiliser ma voix. Je ne pensais pas que ça pouvait empirer à ce point, en tant que femme, si j'utilisais ma voix. C'est ça le problème. » Même constat, la parole n'était pas interdite à Humbert. En revanche, elle a rendu son quotidien invivable. Finalement, on te laisse parler, puis on t'isole. Dans les deux cas, que ce soit la policière Aurélie Magron ou l'actrice Humbert, l'Omerta ne tient pas seulement parce que le silence est imposé, mais bien parce que la parole est punie par des mécanismes suffisamment ordinaires pour paraître légitime. Et ça, ça me fait peur, parce que c'est là que les discours se retournent. On vit dans une époque qui répète « la honte change de camp » , « il faut parler » ou encore « dire, c'est guérir » . Mais ce qu'on ne dit pas toujours, c'est que parler peut blesser à nouveau. Qu'un témoignage peut déclencher une tempête de doute, d'insinuation, de pression. Et que cette tempête n'est pas un dommage collatéral. C'est parfois une fonction, une manière de rappeler à tous les autres. Tu vois ce qui arrive quand tu parles. Je commence à comprendre la question autrement. Moins de secrets, oui. Mais pour qui ? Pour celles et ceux qui ont la force sociale, juridique, psychique ou encore financière de supporter l'après. Pour celles et ceux qui peuvent être crues. Pour celles et ceux qui ne seront pas seules. Et c'est précisément pour ça que la levée d'Omerta ne suscite pas. Elle produit de la visibilité, mais elle ne garantit pas la protection. Et tant que la protection n'est pas structurée, La parole reste un seau dans le vide dont on ne veut pas forcément payer le prix.
- Speaker #2
Coucou Flop, je te fais un petit vocal parce que je n'ai pas trop de nouvelles depuis deux jours. Je voulais savoir si on se voyait bien toujours ce soir. Et voilà, j'ai cru comprendre que tu avais fini aussi le livre que je t'avais passé. Tu me diras ce que tu en penses. En tout cas, j'espère qu'on se voit bien demain soir et je te fais des bisous.
- Speaker #3
Coucou mon flop ! Ben écoute, ça fait littéralement trois fois que je recommence Vocal, qu'il ne s'envoie pas, donc je sens qu'à chaque tentative, c'est une part de spontanéité que je perds en plus. Ouais, écoute, j'ai presque terminé ton livre sur Lomerta. Et en fait, depuis ce matin, ça rentre complètement en interférence avec l'actualité. Je sais pas si t'as vu passer, mais ils ont rendu accessible à 3 millions, millions de documents sur l'affaire Jeffrey Epstein. Et je crois que c'est que la moitié de ce qui constitue le dossier total. Si j'avais bien compris, le Congrès a voté une loi, en fait, pour forcer l'administration Trump à dévoiler justement ce dossier. Donc, sans grande surprise, Trump avait tout fait pour empêcher ce vote, quoi. Et je t'avoue, quoi, en fait, je trouve ça assez vertigineux et presque absurde qu'on soit, nous, d'un côté, en train de traiter la question de l'OMERTA à partir précisément du secret, du non-dit, de ce qui est caché. Et que d'un autre côté, parallèlement à ça, on se retrouve prise dans un concours de circonstances où tout à coup,
- Speaker #2
dans cette affaire, on a tout sous les yeux. Et je ne sais pas trop bien quoi penser de ce brouhaha informationnel et du fait que tout soit visible.
- Speaker #3
J'en viens à me demander si nous ne serions pas en train d'assister à une forme de déplacement de l'omerta. Une omerta qui pourrait survivre et se recomposer au milieu même des révélations. Une sorte d'omerta 2.0 qui naviguerait entre les injonctions... à l'ultra-transparence. Dans le secteur audiovisuel, les révélations ne manquent pas. Les témoignages existent, les enquêtes existent. Et pourtant, l'impression persiste. Le système sait encaisser le choc, l'absorber. C'est drôle d'ailleurs parce que le verbe absorber, je l'associe toujours intuitivement à des souvenirs de TP de physique. Un cours sur la plasticité des matériaux ou quelque chose dans le genre.
- Speaker #8
La déformation élastique fait référence à un changement temporaire, de la forme d'un matériau réversible. Le matériau reviendra à sa forme d'origine une fois que la contrainte provoquant la déformation sera supprimée. Pensez par exemple à étirer un élastique. Il revient à sa longueur d'origine lorsque vous lâchez prise.
- Speaker #3
Est-ce que je suis vraiment en train de comparer l'omerta à un bout de plastique ? Ceci dit, j'ai l'impression que ça résume assez bien ce qui est en jeu. On attend du système qu'il se réforme. alors qu'il se contente de reprendre sa forme. Cet hésitement de la remise en cause, de la réforme, c'est d'abord parce que l'omerta avance toujours masqué. Son masque, c'est celui de l'individu. Et oui, on adore l'histoire du prédateur comme personnage central. Un individu, un monstre.
- Speaker #0
Une fois n'est pas coutume, les articles récents sur les derniers relents de l'affaire Epstein n'échappent pas à la règle. Sur les réseaux sociaux, je suis effaré par la quantité de têtes farfelues qu'on y lit. Rituels sataniques, sacrifices, cultes secrets... Ce champ lexical transforme littéralement une affaire de violence sexuelle à grande échelle et systémique en récits presque obscurantistes. C'est narrativement efficace et politiquement pratique. Parce que si tout tient à un ou des individus, alors il suffit de les éjecter. Ce déplacement opère une forme de psychologisation, voire de spiritualisation du crime, qui empêche, une fois encore, de penser l'affaire en rapport de pouvoir. Ici, d'une classe masculine, blanche, bourgeoise et transnationale. C'est toujours plus rassurant de se dire que cette affaire est le résultat de folies individuelles à neutraliser. plutôt que le résultat logique et cohérent de structures sociales qui existent. Une fois encore, je ressens un malaise. Pourquoi l'emballement médiatique se déporte-t-il, une fois encore, sur le degré de complotisme ? Au détriment des victimes et surtout des faits. Finalement, la question fondamentale à se poser, c'est pas tant de savoir comment ou jusqu'où la révélation des documents va alimenter le complotisme, mais c'est plutôt... Comment a-t-on laissé collectivement cet homme être le produit d'une complaisance mondiale ? Sur cette affaire de complaisance, le cas Morandini est presque une démonstration clinique. Des alertes et des récits à l'encontre de l'animateur, ils existent depuis longtemps. Des affaires judiciaires aboutissent, et malgré tout, l'inertie du système médiatique fait bloc autour d'une continuité. Gris de programme, marque, audience... présomption d'innocence, sont autant d'éléments utilisés comme bouclier d'entreprise. Et surtout, ça casse l'illusion d'un happy end automatique. Puisque là, l'histoire, elle ne se termine pas quand ça se sait. Puisque oui, ça se sait. Et c'est là qu'on voit le glissement. Ici encore, on contourne la structure et on évoque un visage, celui de Jean-Marc Morandini. On passe alors de « comment une industrie protège ses dominations » à « comment un homme a dérapé » . Bon, concernant l'avenir professionnel de Jean-Marc Morandini, il semblerait que l'opinion publique finisse par exercer un contre-pouvoir face à la structure. Et c'était pourtant mal parti. Fin janvier 2026, la cour de cassation rejette le pourloi de l'animateur dans l'affaire dite « Des faux cons » , la websérie qu'il avait tenté de produire en 2015. Autrement dit, à ce moment-là, sa condamnation devient définitive. Et là, l'élément qui est le plus... troublant, c'est pas tant la condamnation que la cohabitation durable entre la condamnation et la scène, puisqu'à ce moment-là, on continue d'envisager le maintien à l'antenne de l'animateur sur CNews, avec le soutien à peine masqué de Vincent Bolloré. Bon, finalement, le lundi 9 février 2026, l'animateur annonce sur le réseau X qu'il a proposé à la direction de CNews de se retirer de l'antenne. Comme on l'évoquait, reste l'enjeu du tri et de la hiérarchie des informations lorsqu'elles sont révélées. C'est ce que je partageais déjà à Luz tout à l'heure. Dans le cas de l'affaire Epstein, fin janvier 2026, le ministère américain de la justice a rendu public près de 3 millions de documents. Vidéos, e-mails, photos, tickets de caisse, tout y passe. L'affaire Epstein.
- Speaker #1
Nous aurons besoin d'un engagement avec Epstein. Les nouvelles révélations des files Epstein ont posé des questions sérieuses.
- Speaker #2
Jeffrey Epstein. Epstein. Alors, ces documents-là sont assez révélateurs des activités d'Epsine. C'est du moins qu'on peut dire.
- Speaker #0
J'imagine déjà la scène. L'entièreté de la planète en train d'éplucher mon historique de recherche. Bon, en tout cas, qui y aurait accès ? Le popcorn est-il bon pour la santé ? Top 10 expressions québécoises. Julia Sarkozy, amie avec la fille de Cyril Hanouna. Romain Garry, lettre d'adieu, PDF. Comment faire un tir et cadre atteint sur Word sans pavé numérique ? Mais qui écrit sans pavé numérique ? Compromate, définition. Bon, parmi cette historique de recherche plutôt anarchique, pour le coup, ce concept de compromate nous ramène justement au sujet. Le compromate, c'est un terme russe inventé par le KGB qui désigne des documents compromettants, authentiques ou fabriqués d'ailleurs. Ce qui compte, c'est pas tant leur vérité que leur capacité à faire pression, à influencer ou encore à maintenir quelqu'un sous contrôle. Et c'est là que ça devient intéressant pour nous. Parce que dans une logique de compromates, Le secret n'est pas fait pour être révélé, mais pour être activable. C'est-à-dire que son pouvoir réside dans la menace de sa révélation. Bon, ceci dit, quand on dévoile un secret, on ne met pas fin pour autant au pouvoir qu'il produit. On le transforme. Parce que plus un secret est partagé, plus on peut publier à son sujet, et donc plus les récits prolifèrent, et plus on prend le risque de ne plus savoir sur quoi s'appuyer. Et d'ailleurs, moi-même, en retournant à mes recherches sur les documents Epstein dévoilés, je sens que mon cerveau est fatigué. Je vois défiler une litanie de noms, d'institutions, de cercles. Politique, grande fortune, gens qui comptent. Bill Gates, Donald Trump, Jean-Luc Brunel, le prince Androu. Trop de pages, trop de noms, trop de bruit et au final, un immense flou. Ce flou, c'est d'abord parce qu'on a libéré ces millions de documents un peu n'importe comment. Déjà, contrairement aux injonctions du Congrès, tout n'a pas été rendu accessible. Par exemple, certains éléments sont... explicitement soustraient la publication. Concrètement, c'est tout ce qui concerne les morts, la pornographie et les abus physiques, pour reprendre les termes du département de la justice. A l'inverse, même dans ce qui est rendu public, des passages entiers sont caviardés ou expurgés de manière parfois incompréhensible. Des noms de victimes apparaissent, livrés sans protection de leurs données personnelles. A l'inverse, des noms de personnes qui semblent impliquées ou au minimum compromises à la lecture des documents restent... elle, protégée. Et puis il y a aussi ces incohérences troublantes. Des données personnelles masquées dans un document, mais visibles dans leur réplique. Des numéros de téléphone, des adresses mail, accessibles ici, effacées là. Et au milieu de tout ça, une injonction implicite faite au journalisme. Plonger dans la masse, patiemment. Aller chercher l'information là où elle est, sans céder à l'illusion qu'un mail, un extrait ou un document isolé puisse constituer à lui seul l'alpha et l'oméga d'une démonstration journalistique. Résultat, on ajoute un terrain fertile au complotisme et l'argument de la transparence devient une technique de brouillage. Et même quand l'archive sort, même quand les liens sortent, le système peut dire en substance « oui c'est embarrassant, oui c'est trouble, oui c'est regrettable, mais ce n'est pas une preuve de structure » . Et là, on touche quelque chose d'essentiel. La phrase « je ne savais pas » C'est pas seulement une défense individuelle, c'est souvent un mécanisme institutionnel. Parce que si personne ne savait, alors personne n'a à répondre. L'omerta gagne. La mise en scène de la transparence autour de l'affaire Epstein devient un spectacle. Elle peut même devenir une arme. On révèle, on expose, mais on laisse les structures intactes. L'omerta ne se cache plus. Elle s'affiche, puis elle passe à autre chose. Et d'ailleurs, au moment où je termine ces lignes... Je rallume mon téléphone, commence à scroller sur Instagram, et tombe sur une publication de l'AFP, Agence France Presse, avec un titre surligné en gras. Affaire Epstein, Trump appelle à passer à autre chose. Bon bah voilà, il m'avait déjà devancé. Je n'ai même pas eu le temps de m'insurger que le président verbalise déjà son empressement à refermer la brèche. Bon maintenant vous me voyez venir, évidemment j'envoie directement cette publication de l'AFP. Alus ! Finalement, nous vivons peut-être la fin d'une omerta fondée sur le silence, mais pas la fin d'une omerta fondée sur le contrôle. La parole circule, oui, mais elle circule dans des systèmes capables d'absorber le scandale, de transformer une violence structurelle en affaire, et surtout de faire payer le prix de la vérité à celles et ceux qui la portent. L'omerta contemporaine n'est plus uniquement la loi du silence, mais bien la capacité du système à survivre à la vérité.
- Speaker #1
Coucou mon flop, je viens de lire ta partie et franchement je suis très contente de nous et très fière d'être allée au bout de cet épisode. Et je suis très contente qu'on ait pu ratisser au peigne fin ce sujet. Après je reste toujours avec cet arrière-goût un peu amer de me dire que ce qui est vraiment dommage c'est que en effet généralement la réponse aux choses c'est qu'il faut changer, réformer, plutôt au niveau des institutions. La culture des choses, là, typiquement sur le mensonge, en fait, il y a tout un rôle à prendre, quoi. Des différentes institutions, que ce soit au niveau de l'éducation, que ce soit au niveau de la politique. Et je me demande pourquoi est-ce qu'en vrai, c'est jamais fait. Et un jour, je me dirais, ce serait cool aussi qu'on se penche sur les solutions. Parce que je suis sûre qu'il y en a certains qui doivent en donner, que des choses doivent être mises en place et que j'ai un petit peu l'espoir de me dire que tout n'est pas fini en disant que les institutions n'arrivent pas à remplir leurs devoirs. Donc je serais quand même très intéressée pour peut-être de prochains sujets à se dire quelles sont les petites idées ou les grandes idées et quels sont les programmes et les actions politiques mises en place pour que les choses changent. Voilà mon club. Bon je pense que je vais finir ce vocal là, je vais rentrer, il pleut des cordes et je suis frigorifiée. Donc voilà, j'ai hâte de rentrer chez moi et j'ai hâte de faire plein d'épisodes avec toi mon club. Des bisous, ciao !
- Speaker #0
Vous venez d'écouter, en silence organisé, l'Omerta canalisé, un épisode de la série Les Secrets du podcast FLOC.
- Speaker #1
Écriture, réalisation et production Marine Boudali et Luce Paz. Montage, sonore et mixage Manon Jutel et Lucas Monon. Prise de son Marine Boudali et Luce Paz. Communication et réseau Sibylle Ollemans. Musique originale Georges Paz et Thomas Paz. Identité visuelle Paul Ardent-Hérignac et Luce Paz.