- Speaker #0
Pour moi, des flops, c'est sinon que tout. Les godasses, c'est fait.
- Speaker #1
Au final, c'est vrai que ça vous rapproche. C'est trop bien, Marie-Gaulle.
- Speaker #0
Vous mettez les deux pieds dans la flaque d'eau et ça aspergeait partout.
- Speaker #1
Mais j'adorais. Un peu comme ça,
- Speaker #0
la pluie qui tourne. Salut, moi c'est Marine.
- Speaker #1
Salut, c'est Luce.
- Speaker #0
Vous écoutez le podcast Flop. Aujourd'hui, nous abordons les madeleines de Proust.
- Speaker #1
Épisode 1, se souvenir de ses madeleines, conversation entre flops.
- Speaker #0
Je dis ça en même temps, c'est mal nous connaître que de croire qu'en 45 minutes on aura fait le tour de la madeleine. Voilà. Enfin, des madeleines même. Ouais.
- Speaker #1
Du coup, je me disais, ce serait pas mal aussi de dire comment on a eu l'idée un peu de...
- Speaker #0
Comment nos madeleines nous sont revenues ?
- Speaker #1
Ouais. Oui. Ouais, soit comment on... Enfin, d'expliquer un peu déjà... Enfin, en fait, je me souviens plus comment on avait eu l'idée de parler des madeleines de Proust.
- Speaker #0
En fait, je pense que c'est parce qu'on était justement sur une conversation de qu'est-ce qui faisait qu'on était rappelé à des moments, des événements de vie.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Et qu'en fait, on a complètement divagué sur, oui, mais au-delà des moments de vie en mode souvenirs figés, il y a plein d'endroits, de situations, de senteurs qui font que hop, tout revient. Et je me souviens qu'on s'était dit, ah bah, c'est le principe de la Madeleine, en fait. Enfin, c'est la Madeleine de Proust. Même si moi, pendant longtemps, justement, j'avais aussi une hésitation. C'est que je ne sais pas. Je ne sais pas si dans la définition stricte de la Madeleine de Proust, de Proust, si c'est juste en fait un aliment, si c'est culinaire, ou si en fait la Madeleine de Proust est une convocation quelle qu'elle soit, enfin une réminiscence sur un souvenir extrêmement fort de l'enfance. Je pense que ça dépend si tu prends la version large ou stricte. Justement,
- Speaker #1
en fait, je m'étais un peu... Je regarde Madeleine de Proust sur Internet, et là je vois la Madeleine passe le relais. Genre une pièce de théâtre,
- Speaker #0
un peu.
- Speaker #1
Le truc qui va partir trop loin.
- Speaker #0
On va juste commander 3 kilos de Madeleine Saint-Michel.
- Speaker #1
En fait, je pense que de base, c'est vraiment la Madeleine de sa grand-mère de Proust. Et là, il y a écrit « Signification de Madeleine de Proust. Une Madeleine de Proust est un élément qui déclenche la remontée d'un souvenir d'enfance heureux, sans que l'on ne cherche à s'en rappeler, et qui peut entraîner une certaine nostalgie de ses moments perdus. Cela peut être une odeur, un goût, la vue d'un objet. »
- Speaker #0
Oui en fait c'est ça, c'est que ce qui différencie la madeleine d'un simple souvenir c'est que quelque chose te fait revivre ou te rappelle au souvenir.
- Speaker #1
Oui c'est ça.
- Speaker #0
Donc il y a quand même un truc de pour qu'il y ait la madeleine, il faut que de temps en temps, même si c'est pas dans ton quotidien, il y ait quelque chose qui te permette de revenir à ça quoi. Ouais.
- Speaker #1
Ok vas-y.
- Speaker #0
Et toi t'avais pensé à quoi du coup ?
- Speaker #1
Pour mes madeleines ?
- Speaker #0
Ouais, tes madeleines.
- Speaker #1
Ok ma première.
- Speaker #0
J'avoue que j'en ai aucune idée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
J'ai aucune idée.
- Speaker #1
Ma première madeleine, c'est l'odeur de la Jamel.
- Speaker #0
On s'avait vraiment en fond de tueur. La première Madeleine, c'est quand ma mère aiguise les couteaux de cuisine. Ça me rappelle les deux souvenirs du dimanche.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai qu'en fait, quand j'étais petite, ma grand-mère, donc elle habitait dans un appartement un peu... Ma grand-mère, quand elle a été grand-mère, entre guillemets, elle était un peu sous le seuil de pauvreté. Donc, elle était dans un appartement... Enfin, comment dire ? C'était une grand-mère qui voulait toujours faire genre. Elle était ultra riche, alors qu'elle ne l'était pas.
- Speaker #0
Elle vivait au-dessus de son...
- Speaker #1
Non, c'est pas qu'elle vivait au-dessus de ses moyens, c'est juste que dans son apparence, c'était hors de question qu'elle paraisse pauvre, ou que même là où elle habite puisse paraître pauvre. Donc par exemple, je me souviens, il y avait énormément de fleurs dans son appartement, mais c'était des fleurs en plastique. Parce que du coup, c'était qu'elle chopait par-ci, par-là, qui faisait que ça paraissait être un appartement ultra aiguillé, etc. Mais en fait, la plupart des meubles, c'était meubles d'occasion, elle était ultra forte sur ça. Et je me souviens, à chaque fois, elle venait me voir... Quand elle venait, genre qu'elle avait acheté quelque chose de nouveau, elle me disait, à ton avis, ça va coûter combien ça ? Et du coup, on rigolait un peu sur les prix, elle finissait par me dire genre 2 euros. Et du coup, son intérieur aussi, il fallait toujours qu'il soit nickel chrome. Et moi...
- Speaker #0
Je vois bien la chute.
- Speaker #1
Ouais, et en plus, j'étais allergique Ausha, elle avait un chat à un moment, donc c'était ultra important pour elle que tout son appartement soit rangé, qu'il y ait vraiment un truc sur la propreté. Et aussi, c'était une... Elle a vécu du coup dans l'Espagne de Franco. Et je pense qu'à un moment, il y avait... Enfin, tous les produits, par exemple, d'hygiène, étaient vraiment limités à un truc. Il fallait savoir se débrouiller et savoir faire plein de trucs. Par exemple, le bigarbonate, elle en mettait partout. Que ce soit pour la digestion, que ce soit pour les plats. Enfin, il y a vraiment un truc de... Voilà. Et je ne sais... J'ai compris plus tard, en fait, ce que c'était. Mais souvent, elle avait les doigts qui sentaient une odeur très particulière. Et en fait je ne savais pas quelle était cette odeur là Mais je sais que même quand elle me coupait, souvent elle avait l'habitude de me couper des aliments. Donc par exemple les bananes, etc. Elle les coupait, mais elle mettait toujours le couteau avec sa main. Ce qui faisait que même les aliments étaient imprégnés de cette odeur. Et je me souviens qu'il y avait même des... Ouh, j'étais en mode... J'ai pas... Enfin... Je l'aime trop, mais l'odeur est forte et du coup, j'arrivais moins à manger, etc. Mais il y avait un truc bizarre où ça me rappelait à ça. Et un jour, je ne sais plus comment, je crois en lavant moi-même mon appartement, je ressors de la javel parce qu'il y a un moment, c'était pour les toilettes ou je ne sais pas. Je ressors de la javel et en fait, ça sentait ma grand-mère. Je me suis dit, mais en fait, ce qu'elle avait au bout des doigts tout le temps, c'était cette odeur de la javel. Et en fait, elle ne mettait pas de gants, ma grand-mère. Elle n'a jamais mis de gants. Enfin, tu vois, il y avait un peu un truc, elle avait des mains...
- Speaker #0
C'est fou, en fait, tu as une association immédiate entre l'odeur et ta grand-mère. C'est l'odeur de ta grand-mère, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et en fait, c'est drôle, j'en ai reparlé avec mon père, et c'est vrai que même mon père, quand il était petit, il avait ça aussi. Donc du coup, je lui ai montré, je lui ai dit, ah mais en fait, mamie, elle sentait l'odeur de la javel, en fait, c'était la javel. Et mon père me dit, oui, oui, quand j'étais petite, je n'arrivais pas à manger quand elle me découpait, je demandais que quelqu'un d'autre me découpe les aliments. Alors... Petite interruption, attends je viens voir, y'a quelqu'un... Dans un cas de décote. Mais attends, mais...
- Speaker #0
Mais c'est qui tu penses ? J'ai failli faire une blague en mode c'est ta mamie avec... Tu vois quelqu'un ? Excusez-moi de vous déranger, je ne sais pas si vous êtes sous l'OASA, je suis votre voisine, merci. Il y a un cas où vous êtes chanceux de votre côté, ça coule le haut, vous n'êtes pas sous l'OASA. Est-ce que chez vous, voilà ce qu'elle a mis. Elle est en fait chaussée, donc je lui ai dit que je serais au-dessus. Vous voyez, ça coule. On va prendre sur son chaussée. Elle est juste en dessous de chez nous. Moi, c'est Agnès et je suis au 06 Oise-Bas.
- Speaker #1
Ok !
- Speaker #0
J'étais, je sais pas, j'avais peut-être 5-6 ans. C'était un après-midi, un week-end, un dimanche. Et en fait, je regardais le film Charlie et la chocolaterie sur l'ordinateur de mon papa. Et en fait, ce film, pour moi, est associé à une odeur parce que c'était un week-end où ma mère mettait le produit d'entretien du bois. Tu sais, pour nourrir le bois, elle avait entré tous les meubles du jardin d'été, de la terrasse. Et idem, un peu comme le gel, ça a une odeur assez particulière, forte. qui n'est pas non plus repoussante mais qui n'est pas agréable, qui a une odeur très très forte. Et en fait c'est marrant, au moment où j'ai senti l'odeur remonter du sous-sol, c'était le moment où en plus dans le film, ça commençait à complètement basculer sur un truc un peu fantastique. et en fait je sais pas pourquoi mais on s'en va fait une sorte d'association tous ces brouillés mélangés et j'avais l'impression que l'odeur faisait partie du film en fait ce qui fait que maintenant des gens je sens quelque part le produit d'entretien de bois tout ce qui est un peu cire nourrissant immédiatement j'ai vraiment des images de charlie la chocolaterie et j'ai l'impression d'être dans le film c'est très étrange parce que ça n'est jamais passé et j'ai vraiment la scène comme ça qui de temps en temps est convoqué dès que j'ai une erreur de ce type quoi Et du coup ça m'a totalement fait penser à ça, à ton anecdote au Djamil. Oui,
- Speaker #1
c'est fou. En plus c'est la même chose mais un peu...
- Speaker #0
Mais tu vois c'est comme toi. C'est qu'en fait une odeur te fait penser à autre chose qui était associée. Oui, oui. Donc en fait ce qui est très drôle c'est que pour moi ma Madeleine c'est vraiment le fait que pour moi à tout jamais c'est l'odeur du Charlie que je regarde à 6 ans le dimanche avec mon papa.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et c'est beau en plus parce que pour le coup... l'image de ta mère qui récure aussi tous les trucs de...
- Speaker #0
Moi c'est beau cette ménagère ! Non mais le dimanche ! Non mais je trouve ça mieux ! En tant qu'avec mon père,
- Speaker #1
on se divertit ! J'avoue que c'est super genré en fait. Bah oui,
- Speaker #0
c'est pour ça qu'on t'a dit c'est beau cette image de ta mère qui nettoie le dimanche.
- Speaker #1
Ce qui est beau c'est tout ce qui se passe quand c'est au sous-sol de un peu ce truc. Moi je sais qu'enfant souvent t'es en contemplation de plein de choses quand il y a beaucoup de choses qui s'agitent autour de toi. Et il y a un peu un réconfort aussi de voir que toi t'es dans ton petit monde et pourtant tout le monde bouge autour de toi. Mais oui en soi c'est pas beau que ta mère récure. Efface le milieu.
- Speaker #0
Ça c'est une autre histoire. Est-ce que t'as des madeleines aussi sur le côté un peu plus classique, en issue de Marcel Proust, sur des aliments ? Je vais essayer de deviner. Est-ce que c'est un gâteau ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Un dessert ? Je sens que ce jeu va être... Non, mais pas spécial, mais drôle, mais intéressant. Balance ta madeleine.
- Speaker #1
Attends, je peux te dire, c'est des cornflakes. Est-ce que tu pourrais deviner lesquels c'est ?
- Speaker #0
Des miels pops.
- Speaker #1
Alors, il y a un truc associé aux Mielpops, mais auquel je pensais vraiment, c'est pas les Mielpops.
- Speaker #0
Les Frosty ?
- Speaker #1
Non, mais j'en prenais aussi en France.
- Speaker #0
Je sens que ça devait être juste insultant pour moi, ce moment. Et après, on fait le genre, on se connaît bien.
- Speaker #1
Il y a un truc, ce qui est très drôle d'ailleurs, il y a une petite anecdote autour de ça, où mon père m'avait dit, en mode, ouais, le dis pas trop fort, parce que surtout quand il y a des gens anglais, ça peut être bizarre. Ah,
- Speaker #0
attends, ça me dit comme ça. Et en plus, je me dis que mon père,
- Speaker #1
il était trop... Enfin, ça fait rire, mais... Des trésors ? des smacks.
- Speaker #0
Ah mais je vois pas ce que c'est.
- Speaker #1
Tu vois pas ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est des toutes petites un peu...
- Speaker #1
C'est des sortes de trucs au miel en fait.
- Speaker #0
Je crois voir mais je suis même pas vraiment bien sûre.
- Speaker #1
Attends je vais te montrer une image. Et en fait je crois que je sais jamais si c'est snack ou smack mais je crois que c'est smack et en fait à un moment j'avais dit parce que j'ai mes parents marraines qui sont un peu enfin qui sont anglais des Etats-Unis Merci.
- Speaker #0
En anglais ? Attention, raconte-moi !
- Speaker #1
Il parle anglais.
- Speaker #0
Les fameux anglais d'Amérique. Ah mon dieu, mais en fait, on est juste tellement problématiques. On a dit des choses ignobles depuis 20 minutes, entre vraiment tirer et cuire le bois. Oh là là, prélevé.
- Speaker #1
Du coup, j'avais dit, pour parler anglais avec eux, je disais, I love smack. Et pour leur dire, j'adore ces céréales. En fait, j'ai fait un post de ouf en mode I love smack, I love smack. Oui, et bisous. Oui, en fait, c'est bisous en anglais. Et du coup, mon père me disait Luz, tu sais, quand tu parles anglais, il ne faut pas que tu dises que tu aimes les smacks. Et moi, je n'avais pas compris.
- Speaker #0
Moi, j'adore. C'est une berbère. En vrai, c'est mignon.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok, oui. Oui, oui. En fait, je les ai déjà vus, mais je ne les ai jamais... Ça ne fait pas partie de ma vie. Oui, en fait, c'est avec les sortes de petites grenouilles crapauds. Avec le fond rouge et les petites... Pour moi, en fait, c'est un peu le pendant plat du Miel Pops.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, là où c'est relié, c'est qu'avec mes parents, on partait tout le temps en Espagne. Et en fait, je ne sais pas pourquoi. Je pense que mon père, par exemple, qui mange... Enfin, tu vois, le matin, on mangeait assez pain, confiture. Enfin, on n'avait pas trop de cornflakes, je crois, quand on était petits. Parce que c'était très sucré. Et je crois que mes parents ne voulaient pas trop nous habituer à un truc trop sucré. Plutôt qu'on reste dans des petits déjeuners sans. On avait quand même au final tout le temps les brioches tranchées, les sortes de pince. C'est ultra sucré. Voilà, je pense qu'ils sont pas mieux et je me souviens d'ailleurs...
- Speaker #0
Ça c'est trop chiant quand les parents veulent bien faire et ont certaines règles et en fait tu te rends compte rétrospectivement qu'ils ont des sortes de œillères et qu'il y a une rigidité. Mais parfois tu te dis oui mais sincèrement vous vous trompez de combat. Vous êtes contre les cornflakes mais il faut le savoir, ce pain au lait parce que c'est bourré de sucre.
- Speaker #1
Mais surtout qu'en plus à un moment il y avait une femme qui était passée. Je crois que c'était au collège pour dire quel est votre petit déjeuner pour qu'on voit s'il est sain ou pas.
- Speaker #0
Et toi il était pas mou.
- Speaker #1
Et en fait au moment, il y a quelqu'un qui lave le main et qui dit moi je prends des brioches tranchées avec du beurre et de la confiture, avec du jus d'orange, enfin bref, un peu ce que je prenais moi quoi. Et là il y a la dame qui se retourne et qui fait tu prends de la brioche tranchée tous les jours ?
- Speaker #0
C'est trop drôle.
- Speaker #1
Elle était offusquée. Mais pas du tout, si tu veux prendre du pain ok, de la brioche tranchée.
- Speaker #0
Je pense que j'adore ces brioches tranchées. Mais sous-entendu, la brioche industrielle,
- Speaker #1
bien sucrée. Et moi, j'étais tétaniste et je suis en mode, mais quoi ? Toute ma vie, j'ai mangé quelque chose. Mais du coup, au final, tout ça pour te dire qu'on ne prenait pas trop qu'un flex. Et quand on allait en Espagne, là-bas, il y avait des smacks. Et mon père adorait ça, mais j'avais l'impression qu'il adorait ça que vraiment en Espagne. Et en fait, on se prenait, chaque fois, c'était notre entrée au petit déjeuner. On prenait un énorme bol de smac avec du lait chocolaté qu'on mangeait tous, moi, mes frères, sauf ma mère.
- Speaker #0
Tes frères, ah oui.
- Speaker #1
Et ensuite, on prenait des madeleines et tout. Enfin bref, c'était notre rentrée, quoi, là-bas. Et du coup, à chaque fois que je mange des smac...
- Speaker #0
Ça te fait penser à ça.
- Speaker #1
Ça me fait penser à ça.
- Speaker #0
Oh, c'est beau.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est beau, Flop. Mais ça me fait mourir de rire que ton père... Enfin, que ce soit permis de te dire que t'as les smac. C'était vraiment pas tip-top,
- Speaker #1
ni de compo.
- Speaker #0
Mais par contre, t'inquiète que la brioche pesquée, ça...
- Speaker #1
Ça, c'est parfait, ça.
- Speaker #0
Oh, je n'y ai rien.
- Speaker #1
Et au final, après, ils se sont... Enfin, sur ce genre de choses, maintenant, on en a des smacks un peu à la maison de temps en temps. Mais, enfin, je crois. Enfin, quand j'étais là-bas, on en avait un peu de temps en temps aussi. Mais c'est vrai que Petit avait vraiment ce truc de...
- Speaker #0
C'est marrant de voir, tu sais, à quel point il y a aussi des sortes de périodes et d'air sur les consommations, les périodes alimentaires. Il y a vraiment certains aliments qui sont associés à des années de vie très précises et puis tu sais, du jour au lendemain,
- Speaker #1
ça disparaît.
- Speaker #0
Je sais que moi avec mon père, il y avait souvent, donc quand j'étais petite, j'allais très souvent en course avec mon papa le samedi matin. On a compris, je suis vraiment une fille à son père.
- Speaker #1
Donc j'allais en course. T'es seule là, t'as compris ?
- Speaker #0
Moi j'ai compris. J'avoue.
- Speaker #1
T'as mentionné ton père deux fois.
- Speaker #0
Moi j'ai dit bon bah déduction immédiate, j'ai fait les courses avec mon père donc... Paris Hilton, me voilà. Alors qu'il y a un peu plus de basique dans la vie, tu as Vipi, qui s'ennuie comme un rat mort le samedi matin et donc elle est au con, tu vois. À l'époque, c'était même Champion.
- Speaker #1
Ancien Carrefour.
- Speaker #0
Bon, Flop,
- Speaker #1
calme-toi.
- Speaker #0
Non mais dire, dire à Carrefour, on est vraiment maintenant des vieilles personnes.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est pas grave.
- Speaker #0
Donc j'allais au Champion avec mon papa tous les samedis. Et en fait, c'est vrai que sur plusieurs années, coup sur coup, Parce que c'est marrant, petite parenthèse pour qu'on comprenne mieux, maintenant mon père cuisine beaucoup plus, mais je dirais qu'entre 2000 et 2010, quand on était vraiment enfant, enfant, petit, mes parents c'était vraiment quand même les darons eux-mêmes enfants des trottes glorieuses, c'est-à-dire ils achetaient quand même beaucoup de produits industriels, des choses où il y a eu une vraie évolution dans le fait d'avoir plutôt des matières premières, des... Qu'est-ce que je raconte ? Juste des aliments ! Attends, là, on dirait que je parle d'un chantier.
- Speaker #1
Attends, tu ne comprends pas, ils prenaient beaucoup de conserves ?
- Speaker #0
Oui, voilà, à l'époque, il y avait beaucoup de... Mais tu sais, en fait, on sentait un peu de malbouffe, quand même. En fait, on ne mangeait pas du tout McDo ou ce genre de choses. Mais quand j'y repense, je me dis, tiens, c'était étonnant. Parce qu'en plus, tu vois, on pourrait se dire, on était plutôt quand même dans une banlieue favorisée, avec des métiers cadres. Et en fait, on prenait des boîtes de conserves. On faisait la pétine, les galettes toutes faites. des pâtes tu sais enfin pas des pâtes pardon comme on dit tu sais les petites patates carrées enfin en fait on mangeait beaucoup de trucs transformés et déjà préparés voilà donc ça c'était à l'époque et en fait il y avait un running gag associé à ces années de course aux champions c'est que on avait donc des obsessions sur nos produits transformés qu'on prenait et à chaque fois je sais pas des trucs très précis par exemple moi je pense au il y avait un feuilleté chèvre épinards qu'on adorait J'ai toutes les semaines. Je me dis qu'il te fait envie de prendre mes degrés, t'as vraiment faim. Et en fait, il a disparu des rayons du jour au lendemain. Idem sur... Et c'était toujours le redneck, parce que personne ne prenait ça. Enfin, vraiment, c'est un gâteau très précis. Et en fait, avec mon père, après, on avait créé toute une théorie comme quoi il ne fallait pas qu'on montre trop fort dans le magasin et à vote qu'on aimait. Parce que dès qu'on faisait le commentaire qu'on aimait ce produit, la semaine suivante, il était rayé des rayons de chaud. En fait, je ne sais pas, je vivais... En fait, c'était le complotisme avant l'heure. Mais mon père était... Mais ce n'est pas possible, en fait. Son nez, il est son nez. Ça faisait vraiment le parano de service.
- Speaker #1
Mais il le pensait vraiment ? Non,
- Speaker #0
il ne le pensait pas. C'était une sorte de jeu et de blague. Mais c'est qu'en fait, il y avait un peu la malédiction de... En fait, il ne faut pas se réjouir trop fort de ce feuilleté chèvre, parce qu'il va partir.
- Speaker #1
Ok. Voilà.
- Speaker #0
Et c'était le running gag et ça nous l'a fait. En fait, là, pour le coup, il faudrait que je réfléchisse parce que je n'ai plus le souvenir précis de tous les produits, mais je sais que ça associait au moins 4, 5 aliments précis, mais qu'on prenait vraiment toutes les semaines. Et du jour au lendemain, il y avait la tragédie de...
- Speaker #1
Il a disparu.
- Speaker #0
Oui. Et j'ai vraiment même le souvenir après d'étape 2, à table le samedi avec mon frère et ma mère, où on était tous les quatre, et je crois que le moment de l'annonce de... Voilà.
- Speaker #1
Ah non.
- Speaker #0
Ils ne le font plus. ils l'ont retiré des rayons. Il y avait un peu le moment recueillement, tu vois. Ah,
- Speaker #1
c'est fou !
- Speaker #0
Donc ça, j'avoue, c'est un peu une sorte de madeleine, en fait, de mode de vie, quoi.
- Speaker #1
Et du coup, t'as un truc, toi, un peu au niveau du goût, enfin, de quelque chose que tu manges ?
- Speaker #0
Eh ben, au niveau du plat, je dirais que... Ouais, tout ce qui est saveur, c'est plutôt, en fait, des choses que je mangeais chez ma mamie. Elle cuisinait, et en plus, elle cuisinait, en fait, avec... Elle ajoute... Enfin, elle cuisinait au beurre, à l'huile... Parce qu'il faut aussi savoir que mon père ne cuisinait sans rien. C'est à dire sans rien. Bah je sais pas, par exemple on avait un steak haché charral, il faisait cuire le steak haché charral, bim comme ça dans la poêle.
- Speaker #1
Mais comment il accrochait pas le steak haché ?
- Speaker #0
Je pense que c'était pas... enfin comment dire...
- Speaker #1
Il le mettait pas trop fort ?
- Speaker #0
Juste c'était pas son inquiétude, c'est que mon père ne supportait pas l'ajout de petites matières grasses. En fait mon père détestait faire à manger. Et donc pour lui c'était associé... enfin je sais pas comment expliquer, c'est que j'ai su très tardivement... que c'était vu comme un peu étrange et anormal de ne pas cuisiner avec des épices, une matière première, du sel...
- Speaker #1
Mais nous c'était vraiment quelque chose d'assez...
- Speaker #0
Mais tu sais, un peu un truc d'esthète quoi ! Vraiment, hop, tu fais cuire le steak haché, fini ! Hop, tu mets les pâtes, fini ! En fait c'était toujours une cuisine à rien !
- Speaker #1
Mais par exemple dans les pâtes ils mettaient quand même un peu de sauce ? Non ! Ah oui non, ok !
- Speaker #0
Voilà, par exemple, j'ai découvert très tardivement, enfin très tardivement, ça fait quand même plusieurs années, mais toute mon enfance, pour moi, les pâtes, c'était pâtes nature. Et à la limite, tu mettais du râpé derrière, mais c'était un truc de zinzin déjà.
- Speaker #1
Du râpé. Enfin,
- Speaker #0
du gruyère. J'ai l'impression qu'il y a un peu deux teams. Tu as ceux qui disent du gruyère et ceux qui disent du râpé, non ? Moi,
- Speaker #1
je dis du fromage râpé, non ? Tu dis du râpé ?
- Speaker #0
Je suis surrappée. Tu dis poil ou poil ?
- Speaker #1
Je dis poil. Et toi, tu dis quoi ?
- Speaker #0
Tu dis bro ou carafe ?
- Speaker #1
Carafe.
- Speaker #0
On part sur un pote à l'autre.
- Speaker #1
Et toi, tu dis quoi ?
- Speaker #0
Moi, je dis le brodo.
- Speaker #1
Ah ouais. Et tu dis quoi, poil ou poil ?
- Speaker #0
Moi, je dis poil, mais j'aimerais bien dire poil.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
J'aime bien les gens qui disent poil.
- Speaker #1
Moi, je dis iPhone. Non, moi, je dis iPhone. Ah ouais ? Je dis pas iPhone. J'ai dit iPhone. iPhone ? Ouais,
- Speaker #0
iPhone. T'es belge ou quoi ? C'est trop bizarre.
- Speaker #1
Oula, émotion.
- Speaker #0
ça vient iPhone ? Pourtant je t'ai jamais entendu dire iPhone.
- Speaker #1
En fait c'est parce que je pense que mon père toute sa vie, même aujourd'hui, il déteste les anglicismes. C'est-à-dire que dès qu'il entend quelqu'un dire en mode... C'est quoi la définition en français en fait de ça ?
- Speaker #0
Tu peux pas dire en mode... Oh ça m'étonne tellement, c'est tellement ton papa. Oui.
- Speaker #1
iPhone. Ma vie j'ai dit iPhone.
- Speaker #0
Oh c'est trop mignon. Et tu dis le ou la wifi ? Je sais pas. Je pensais pas que tu faisais une colle, j'étais... Oupsie.
- Speaker #1
Les deux sont... Là ou le, ça ne me chope pas.
- Speaker #0
Parce que pour moi, c'est un truc presque de l'ordre. C'est épileptique. C'est qu'en fait, comme j'ai été élevée avec le Wi-Fi, mais j'ai l'impression que je suis un peu en train de perdre le combat parce que majoritairement, les gens autour de moi disent la Wi-Fi. Et j'ai l'impression que c'est une grossière erreur, comme le petit débat qu'il y avait eu sur le ou la Covid.
- Speaker #1
Moi, par contre, quand on dit la Covid, ça me stresse.
- Speaker #0
Énorme dévigation. Tout ça pour dire que mes madeleines culinaires, c'est plutôt associé à ma mamie. Donc les odeurs, en fait c'est con, mais c'était la seule personne où j'ai pu sentir un bête l'odeur du beurre. On dirait Cosette, mon enfance. C'est bien au pire.
- Speaker #1
C'était le seul moment où je pouvais manger de la nourriture pas cramée.
- Speaker #0
En fait je rigole, mais...
- Speaker #1
Oh non !
- Speaker #0
Et j'ai un plat en particulier. C'était en fait des petites pâtes en lettres. Je pense que tout... En tout cas, oui. Je souhaite à tous les enfants d'avoir pu connaître les petites pâtes en lettre Pommes Annie, que ma grand-mère, j'allais dire ma mère, mais c'est bien mamie, mamie qui faisait ces petites pâtes en lettre au beurre, et en fait par-dessus elle rajoutait un peu de jus de bouillon. Et en fait ça avait un goût, et du coup c'est vrai que ça donnait un petit goût très sucré, beaucoup plus relevé, et je me disais mais c'est fou à quel point ces pâtes semblent, je ne sais pas comment dire, goûtues par rapport aux pâtes que servait mon papa, toutes collées. sans sel, sans huile. Oh non. Pour moi, c'est vraiment de souvenir. J'avais l'impression qu'on basculait dans un autre monde. J'ai l'impression que c'est deux réalités qui n'ont rien à voir. Les pâtes aux lettres de mamie et les teigles à tels collés de papa. Ça n'a rien à voir.
- Speaker #1
Moi, en plus, je pense que je suis à l'extrême inverse parce que récemment, je crois que je t'en avais parlé quand j'ai fait du babysitting, moi, j'ai été habituée à cuisiner à l'huile. Mon père, il m'a toujours dit Moi aussi je n'ai pas beaucoup de mon père, mais... J'ai un complexe de deep non résolu.
- Speaker #0
Moi avec mon papa.
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'en fait, à une époque, mon père, il a été père au foyer. Du coup, il était beaucoup avec nous dans notre petite enfance. Et ma mère était aussi là d'une certaine manière, etc. Mais elle était moins présente partout comme était mon père à un moment. Et oui, et du coup, et ma mère... Ils avaient des habitudes un peu différentes. Et justement, il y avait cette cuisine au beurre que faisait de temps en temps ma mère, qui adorait le beurre, et la cuisine à l'huile qu'adorait mon père, etc. Donc moi, j'avais plutôt la bataille entre l'huile et le beurre. C'est gros,
- Speaker #0
t'avais les deux teams.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et en fait, à un moment, je crois que j'ai pris plutôt partie de la team à l'huile, mais parce que dans ma tête, c'était un peu plus sain. Tu vois, en mode, j'ai l'impression, je sais pas, mais c'est peut-être des idées reçues, mais bref. Et du coup je cuisine beaucoup à l'huile mais tellement En fait, maintenant, c'est trop huilé mes plats. C'est vraiment de l'huile.
- Speaker #0
Mais quand tu dis huile, c'est huile de toutes sortes ou c'est vraiment huile d'olive ? Oui,
- Speaker #1
oui, oui.
- Speaker #0
Parce que tu as encore une troisième catégorie de ceux qui te vident le bidon d'huile de tournesol. Là, en fait, Patrick, il faut arrêter. Personne ne veut de ça.
- Speaker #1
Ah oui, non, pas du tout. Moi, c'est vraiment huile d'olive. Et en plus, j'aime beaucoup quand l'huile d'olive est goûtée. On sent bien l'olive. Mais toi,
- Speaker #0
tu fais de l'olive.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et en fait, c'est drôle parce que par exemple, c'est un running gag avec mon copain et tout qui se fiche un peu de moi en mode « Là, t'as mis trop d'huile d'olive, on se calme, on a vidé une bouteille en une semaine, c'est pas possible. » Et en fait, je suis allée faire un babysitting avec des enfants. Et à un moment, la mère m'avait demandé de faire du porc, enfin, comment on appelle ça ?
- Speaker #0
Du porc rôti, non ? Des tranches cuites ?
- Speaker #1
De l'omoplate, je sais pas quelle est la partie. L'omoplate ? Non.
- Speaker #0
Des côtes ? des côtes de porc elle me demande de faire cuire une homoplaste la première idée qui me vient pour les faire cuire c'est de mettre un peu d'huile d'olive j'ai vidé la moitié d'un bidon d'huile d'olive c'est vrai je
- Speaker #1
me rappelle que je suis avec des enfants et je fais attention et tout et à côté il y avait Pareil, des haricots verts qui avaient été cuits la journée et que je devais un peu réchauffer le soir. Ok. Et en fait, pareil, je ne voulais pas que ça accroche dans la poêle. Donc, je me suis dit, je vais mettre un petit peu de huile aussi.
- Speaker #0
Je suis en train de dire que tu as vraiment la peur de l'accrocher. Parce que tu me l'as répété dix fois de suite.
- Speaker #1
Je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête, il ne fallait pas que ça accroche. Et j'ai pris l'huile d'olive, mais qui était en plus ultra basiliquée. Enfin, un truc, je ne sais pas, je suis allée chercher dans le placard. en mode où est-ce que je peux trouver de l'olive, j'ai trouvé ça, je l'ai mis Et c'est vrai qu'elle avait un goût particulièrement fort. Et en fait, je suis arrivée à un moment où je me rends compte que j'en avais un peu trop mis dans les haricots verts. Donc je commence à prendre un sopalin. J'essaye d'éponger.
- Speaker #0
Je vois tellement cette scène.
- Speaker #1
J'essaye d'éponger l'huile, un peu quand les enfants ne regardent pas trop. En mode, je te le fais, il y a un sopalin dans le...
- Speaker #0
Ça fait vraiment pas vrai.
- Speaker #1
Et c'est vrai que je ressortais avec des sopalin imbibés d'huile. Et du coup, je me suis dit, j'en avais trop mis, etc. mais j'avais quand même oublié j'en avais mis aussi sur le port. Enfin,
- Speaker #0
et surtout pour le coup c'est... comment dire, un peu plus rare de cuisiner la viande surtout du porc à l'huile d'olive.
- Speaker #1
Oui c'est vrai.
- Speaker #0
Dans les habitudes c'est un peu plus souvent beurré ou tu vois.
- Speaker #1
C'est parce que je ne cuisine absolument pas de viande.
- Speaker #0
Et aucun jugement en ce moment.
- Speaker #1
Et du coup enfin bref, et à un moment donc il mange et je vois que la petite ne mange pas trop tu vois. Et à un moment elle me regarde et tout et je sais que ça lui a pris du temps parce que je pense qu'elle n'osait pas trop. Et elle m'a dit t'as mis de l'huile dans les plats etc. Oui, oui, t'aimes pas, elle fait. Si, si, mais je crois qu'il y en a beaucoup quand même.
- Speaker #0
Oh non, mon flop, c'est tellement mignon.
- Speaker #1
Et du coup, j'étais en mode, oh non. Et j'avais mis beaucoup trop d'huile, déjà, que j'avais épongé. En fait, je sentais parce que je voyais que les aliments sentaient l'huile. Et j'étais en mode, là, c'est bizarre. Et pourtant, je sais pas, dans ma tête, j'en avais pas mis tant que ça, mais je sais pas.
- Speaker #0
Oui mais en fait tu pars d'une base complètement commensurable quoi.
- Speaker #1
Et surtout après j'ai eu un truc de j'avais trop peur que la mère découvre que j'avais intoxiqué les enfants avec de l'huile.
- Speaker #0
Non mais toi aussi, c'est juste ton côté anxieux qui a pris le devant.
- Speaker #1
Et n'importe quoi.
- Speaker #0
C'est là que t'as été pendu. Je suis pas l'un que je suis acheté chez le bosseur. C'est le truc qui prend des proportions hallucinantes.
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
t'es ouf. Oh là là, c'est excellent.
- Speaker #1
Mais c'est aussi parce que je suis un peu trauma, parce qu'à un moment j'ai fait du babysitting dans une maison, etc. Et j'ai appris plus tard que j'étais filmée. Et du coup j'étais un peu...
- Speaker #0
Que toi t'étais filmée ? Par contre, franchement, c'est... extrêmement limite qu'il ne t'ait pas informé du fait qu'il y avait des caméras dans la maison parce que là t'étais filmée à ton insu ! Je sais même pas, du point de vue de la loi qu'est-ce qu'il dit par rapport à ça d'être filmée dans un lieu comme ça alors bon,
- Speaker #1
c'est un lieu privé je pense que ils... si je ne le sais pas mais je sais pas à quel point c'est...
- Speaker #0
mais comment tu l'as su c'est parce qu'ils ont fini par te le dire mais à postériori en mode ah ouf t'es filmée !
- Speaker #1
non c'est que mon frère un jour l'a sorti comme ça Bref, je l'ai appris et je sais plus comment via mon frère, qu'en fait, tout l'appartement était filmé. Et du coup j'étais en mode « Ah bah ok, donc bon après j'ai rien fait de mal pendant le baby-sitting tu vois. » Ah bah ! On va être de ça moi ! Mais j'étais en mode « Bon bah je sais pas, je trouve ça un peu bizarre, genre... » Je sais pas, il y avait des moments où je m'allongeais sur le canap', où j'étais en mode « ça se trouve... » Bref, j'ai commencé à psychoter et du coup maintenant quand je suis en baby-sitting, je fais vachement pas très attention.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vraiment... Oui, une caméra est en train de me regarder quoi.
- Speaker #1
J'ai peur que certaines... J'ai du mal déjà à me sentir chez moi quand je ne suis pas chez moi. Mais en plus si je sais que je suis filmée, je sais pas vraiment qu'est-ce que je peux ou pas faire parce qu'on a pas eu de... Est-ce que j'ai le droit de m'allonger sur le canapé ?
- Speaker #0
Mais je comprends, ça aurait pu être vu comme un petit peu gênant. C'est sûr que si elle te repasse, c'est un rec où tu vois 10 minutes de quelqu'un qui éponge.
- Speaker #1
Oui, ça fait plus... Qu'est-ce que vous avez mis dans les arcovers, mais c'est drôle.
- Speaker #0
C'est drôle.
- Speaker #1
Mais on a beaucoup divagué. Et du coup, t'as déjà donné ta deuxième ou pas ? Ou ta Madeleine de Proust ? Ah oui,
- Speaker #0
en fait c'était une Madeleine de Proust. bonus que j'avais pas du tout prévu mais l'autre Madeleine à laquelle j'avais pensé pour le coup c'est plutôt du côté du son c'est Dalida parce que quand j'étais petite ma maman avait acheté le double disque Best Of et je vois très bien avec un fond jaune orange dans un magasin qui s'appelait le Verger des Muses qui est à Bourg-la-Reine connu par très peu en France Donc c'est même pas une chaîne en fait, c'était une sorte un peu de librairie médiathèque, qui ensuite d'ailleurs a malheureusement fermé. Mais on y allait régulièrement quand on était petits, et puis c'est encore l'époque où on achetait des DVD, des CD, enfin c'était vraiment les années 2000 quoi. Et elle l'achète, et je m'en souviens très bien, je pense que j'étais en CP ou C1, j'avais 7-8 ans. Et donc elle le... et souvent en fait c'était mis ce disque le week-end, et j'ai eu une sorte comme ça de coup de foudre musical. J'étais extrêmement touchée par les chansons de Dalida. Et en fait, maintenant, dès que je l'écoute, je me vois le week-end. Où en fait, je vivais littéralement les chansons. Et en fait, je m'habillais avec des robes un peu soit de princesse ou de... J'essayais de trouver toujours mes plus belles robes, mes plus belles tenues. Et j'allais dans une partie du salon près du... Comment on appelle ça ?
- Speaker #1
De la salange ? Oui, mais tu sais... Une dressing ?
- Speaker #0
Non, tu sais quand... Où est-ce qu'on mettait... Enfin, pas un tourne-disque, mais comment on appelle ça quand c'était un CD ?
- Speaker #1
La radio ? Un lecteur DVD ?
- Speaker #0
Oui, voilà.
- Speaker #1
Un lecteur CD ? Oui,
- Speaker #0
voilà, c'est ça, un lecteur CD. Tout simplement. C'était avant les chanifis. Ok. Dans un lecteur CD. Et notamment une en particulier, qui était Mourir sur scène.
- Speaker #1
Trop belle cette chanson.
- Speaker #0
Qui est incroyable et que je trouve qu'il y a d'une puissance et qu'il y a à la fois d'une beauté, mais en même temps, tu sais, une sorte d'empreinte comme ça, de désespoir et de tragédie. J'ai l'impression qu'il y a tellement d'émotions dans 3 minutes 30. Et en plus, c'est un peu une sorte de double souvenir, parce que c'est vraiment mon enfance de moi le dimanche, dans le salon, en train de m'imaginer être un peu d'Adida. Et en fait, c'est une chanson après que j'ai beaucoup chantée avec une de mes amies d'enfance, l'été, quand j'étais en vacances, donc Clémence, on partait tous les étés dans le sud, dans le Var, et on avait vraiment cette passion commune de... On a 8 ans, mais on dirait qu'on en a 88. Donc nos chanteurs-chanteuses préférées, je pense, en primaire, c'était vraiment... Daniel Balavoine, Edith Piaf et Jacques Brel, mais vraiment tu vois. Et en fait, Moi sur scène, c'était vraiment une autre chanson. On avait ça en spectacle quoi, on parlait tout le temps, on voyait chanter Moi sur scène. Et vraiment, dès que j'entends les notes de cette chanson, immédiatement, c'est vraiment la madeleine de... J'ai 8 ans et je vis la chanson.
- Speaker #1
C'est drôle parce que c'est vraiment une chanson qui te va bien. C'est un peu excessif, dramatique. C'est un peu ce truc de quelqu'un qui veut vivre jusqu'au bout. Ce que je me souviens de la chanson, c'est quelqu'un qui dit que je veux mourir sur scène, c'est que je n'ai pas envie de me retrouver seule et que la mort vienne me cueillir dans un moment où je suis seule face à moi-même. Toute ma vie, j'ai été avec des gens et je voudrais que la mort vienne au moment où... Je suis avec des gens, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça. Et puis, en fait, je crois que j'adorais... Je te dis, ouais, c'est ça, cette sorte de désespoir, mais en même temps extrêmement puissant, de jusqu'à la dernière seconde, je veux en être.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et qui était, je trouvais, je sais pas, quelque chose... Ouais, c'est ça, d'une sorte de puissance et de beauté. En fait, voilà, pour moi, je le voyais comme... J'avais l'impression que c'était la chanson... Comment dire ? Que c'était vraiment la correspondance en musique, un peu des tragédies. plutôt que voir une pièce de théâtre ou de voir comme ça l'amour, la mort l'honneur, la vie qui passe pour moi c'était mourir sur scène de Dalida tu vis jusqu'au bout de ta passion et de ton art et un peu ce côté rappel de rideau ouais je vois moi c'est drôle parce que si j'ai une chanson qui me fait penser un peu pareil à Madeleine de Proust et tout alors
- Speaker #1
j'ai perdu alors vous ne connaissez pas l'artiste ni le titre
- Speaker #0
Mais croyez-moi que cette chanson t'abandonne.
- Speaker #1
C'est sûr, c'est les trucs avec les amis. J'ai des amis. Attends, vas-y, fais-moi l'air. Ah oui !
- Speaker #0
Attends. Ah, l'amitié de Françoise Hardy.
- Speaker #1
Voilà, Françoise Hardy.
- Speaker #0
Elle est magnifique aussi, cette chanson.
- Speaker #1
Et en gros, parce que j'ai parlé de mon père, etc. Mais c'est vrai, pour des souvenirs qui sont plus liés à ma mère, pour le coup. qui étaient des souvenirs magiques aussi quand j'étais enfant. Quand j'écoute vraiment cette chanson de l'amitié, c'était une chanson que ma mère chantait, parce qu'elle a fait un voyage en Chine quand on avait à peu près 20 ans, 22 ans, je ne sais plus, qui était une sorte d'Erasmus de l'époque, mais elle est allée dans la Chine, j'en ai déjà parlé, mais une Chine qui était vraiment avec des exécutions à place publique, qui n'était vraiment pas du tout encore aujourd'hui dans cette industrialisation de plein de trucs, etc.
- Speaker #0
Ça correspond à quoi aux années 90 ? Oui.
- Speaker #1
début des années 90 quelque chose comme ça même années 80 je pense bah oui en fait oui si c'est 20 ans c'était plutôt milieu fin des années 80 c'est ça parce que années 90 c'était plutôt le mariage avec mon père donc c'était bien après ok mais du coup voilà personne n'allait en Chine en fait dans les années 80 c'était pas du tout le même contexte mais c'était en plus quand j'y pense c'est impressionnant que ma mère ait fait ça à son enfin
- Speaker #0
à ce moment là, à ce moment là,
- Speaker #1
c'est actuel en plus à l'époque son texte familial était compliqué donc je pense que ça lui a donné aussi des ailes pour vraiment partir et tenter l'aventure ailleurs mais c'est fou parce qu'elle ne parlait pas chinois ma mère non plus donc elle est allée avec un petit dictionnaire de chinois pour l'apprendre, enfin mandarin plutôt je crois qu'on dit elle y est allée pour apprendre là-bas la langue mais elle parlait pas, elle s'écrivait beaucoup avec les mains, enfin moi je trouve que c'est d'une puissance sans nom quoi, de vraiment aller vers un inconnu qui aujourd'hui encore est beaucoup moins accessible qu'il ne l'est aujourd'hui. Et bref. Et en fait elle est allée avec une guitare je crois, je sais plus si c'était un ami qu'elle avait eu, le parent de mon frère qui s'appelle Jim, qui est aux Etats-Unis, celui dont je parlais, on fait la petite boucle mais Je crois que c'était elle, elle avait une guitare sèche et elle avait appris aussi à jouer un peu de guitare en Chine à l'époque. Et elle avait appris notamment, je crois que les Chinois là-bas étaient fans de Françoise Hardy, et donc elle avait appris à jouer à certaines Chinoises qu'elle avait rencontrées, Françoise Hardy et l'Amitié. Et donc c'était une chanson qu'elle avait l'habitude de jouer en Chine. Et quand elle nous a eues, petit, elle avait un peu repris ce truc-là de nous chanter Françoise Hardy, qui était une chanson qu'elle connaissait bien. Et il y avait un truc, je me souviens, qui était quand même tellement mignon et qui est vraiment un souvenir très précieux de ma mère qui venait, parce qu'on n'arrivait pas à s'endormir le soir, donc elle venait nous chercher dans nos lits. Et comme dans un rêve, on se levait tous de notre lit, elle avait sa guitare et elle chantait et on faisait le tour de l'appartement. Mais on suivait tous les murs de l'appartement pour tout suivre, mais vraiment comme si on redécouvrait la maison. Et on chantait avec elle et ensuite elle nous redéposait dans nos lits. Et c'était fini, c'était là. C'est marrant,
- Speaker #0
c'est vraiment le petit train du soir, le dernier voyage.
- Speaker #1
Et c'était vraiment là où on s'endormait. Et du coup, c'est vrai que quand j'entends Françoise Hardy, ça me fait tout de suite penser à ma mère. Et je ne sais pas, je l'associe vachement à elle.
- Speaker #0
Je trouve qu'elle est magnifique, en plus, cette chanson, même dans le texte. Et puis c'est vrai, il y a un côté un peu, tu sais, envolé vers les nuages. Enfin, très poétique.
- Speaker #1
Je trouve ça trop mignon. Et du coup, ouais. Donc c'est un peu mal.
- Speaker #0
Mais c'était à elle que j'entendais ton son. Je pensais du coup en dernier moment que ce soit en Nouvelle ou par des gens.
- Speaker #1
On a vu un appareil en autre été. Je pense à l'été en Espagne plus éclatément et j'entends le bruit de la mer mais instantanément. C'est fou. Parce que quand on était petits, on était tout le temps en tongs, tout le temps en Espagne. Et ça résonnait sur le carrelage de la maison ou de l'appartement dans lequel on était. Et on ne se déplaçait qu'avec des tongs. Du coup, c'est vraiment un son que j'ai associé à l'été en Espagne, près de la mer. Et du coup même en hiver quand quelqu'un... fait le bruit des tongs parce qu'il a mis des tongs, ça me met trop bien. Je suis vraiment en mode... Et là,
- Speaker #0
je pense instantanément à la même fois. J'ai 7 ans, c'est l'été, je suis en Espagne avec ma famille quoi. Ouais. Oh c'est beau, c'est très très beau. Je sais pas si j'ai comme ça pareil. Bah alors moi ce serait plutôt en fait c'est con mais le bruit des cigales...
- Speaker #1
Hum...
- Speaker #0
Ou des grillons même encore plus, des grillons. Ouais ouais. C'est quand même quand j'entends grillon, j'ai l'impression que c'est jamais moi Marine de 24 ans qui entends le grillon, c'est plutôt Marinette de 10 ans. qui est perdu au milieu de l'été fin juillet, pareil dans le sud quoi. Et le bruit des grillons qui font un bruit en plus assourdissant, mais qui deviennent en fait ton environnement et ta vie. Et en plus c'était tellement localisé dans cette temporalité, c'est l'été, ou les odeurs aussi. En fait ouais j'ai peut-être aussi l'odeur de certaines plantes, enfin tout un univers qui va avec, et qui fait que quand je suis dans d'autres contextes, et que d'un coup j'entends un grillon, ça me fait un effet mais fou. Parce qu'en fait, j'ai l'impression de me voir en soir d'été, tu sais, quand t'es un peu dans ce moment de flottement, de la nuit tombe. Wow.
- Speaker #1
Ah non, non. Vas-y, go, c'est nuit. Pourquoi c'est fini ?
- Speaker #0
Bah en fait, je suis arrivée au bout de la anecdote, c'était le bruit du grillon.
- Speaker #1
Quand la nuit tombe.
- Speaker #0
Quand la nuit tombe. Et oui, c'est magnifique, quoi. Et que je suis un peu dans mes pensées, que... Et en fait, c'est marrant parce que... Je ne sais pas si tout le monde se le racontait de la même manière, mais j'avais toujours l'impression qu'on se rendait compte du bruit des grillons au moment où ils s'arrêtaient, où ils se taisaient.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. Parce que comme ça fait partie du décor, tu es complètement habituée, donc c'est dans ton fond sonore, tu n'y prêtes plus attention. Et tout d'un coup, il y a des moments où il y a un silence, mais qui en effet de contraste est saisissant. Et tu te dis, OK, mais en fait,
- Speaker #1
ils braillent. Genre depuis deux heures. Oui, de ouf, c'est vrai.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Pour petite information pour ceux qui nous écoutent, l'alarme c'était les 45 minutes qu'on s'était donné pour parler de nos madeleines de pouces. Et ce qui est drôle c'est que Marine m'a dit vraiment début de 45, enfin au début quand j'ai mis le gros dos de 45, c'est sûr qu'on aura fini avant.
- Speaker #0
Ah mais moi dans la tête je me disais franchement en 12 minutes c'est réglé, 2 minutes par madeleine. Après attends il y a aussi eu le problème à l'essai de dégâter nous.
- Speaker #1
Et en plus ce qui m'a fait rire c'était vraiment l'alarme qui sonne et il m'a réglé le doigt déjà.
- Speaker #0
Vous venez d'écouter « Se souvenir de ce Madeleine » , un épisode de la série Madeleine de Pouce, du podcast FLOP.
- Speaker #1
Écriture, montage et réalisation, Luce Paz et Marine Beaudalé. Musique originale, Georges et Thomas Paz. Identité visuelle, Paul Ardant.