- Speaker #0
Bienvenue sur Flow, dans ce deuxième épisode dédié à la maternité. En solo time, j'avais abordé la matrescence, cette étape qui fait qu'il y a un avant et un après être devenu maman. Aujourd'hui, mon invité est Merim Kenan, doula, si vous ne la connaissez pas encore. Je pense que toutes les personnes sur Casablanca, en tout cas, qui s'intéressent à avoir une doula, te connaissent. On va parler de ça, de cette crise identitaire, on va parler de l'isolement, des... de l'état émotionnel. On va aborder beaucoup de sujets qui touchent aux mamans. C'est un épisode qui nous tient vraiment à cœur. Mariam est quelqu'un que j'apprécie, ça a été Madoula, c'est mon amie aujourd'hui. Et voilà, et donc on ouvre cet épisode en mode, vraiment on donne le maximum d'infos pour les mamans, les toutes nouvelles mamans, parce qu'avec le temps on s'habitue, mais quand on est nouvellement maman, on a tendance à être un peu perdu, à avoir trop de choses à gérer dans son corps, dans sa tête, dans son corps. cœur, dans sa vie, dans son travail et ça n'en finit pas. Bienvenue Maléa.
- Speaker #1
Merci beaucoup Salwa, merci pour cette invitation, merci de me solliciter pour ce sujet qui n'est pas des moindres. Je suis très heureuse de pouvoir partager un petit peu avec vous mon expérience terrain à Casablanca.
- Speaker #0
Alors pour celles qui ne connaissent pas ce que c'est une doula, est-ce que tu peux nous Tu peux brièvement nous dire ce que c'est ?
- Speaker #1
Alors, une doula est une femme qui va venir apporter du soutien, des informations, pendant cette période qu'elle apparaît natalité, c'est-à-dire pendant la grossesse, parfois en préconceptionnel, mais le plus souvent pendant la grossesse, parfois le jour J, parfois pendant l'accouchement, et puis en post-natal, en post-partum. Il s'agit d'être la plus neutre possible, à savoir donner des informations factuelles et accompagnées. A bientôt ! C'est essayer d'influencer le couple à faire des choix précis correspondant à ce que nous, en tant que doula, avons pu faire en tant que maman ou parent dans nos couples. Il s'agit juste d'accompagner et de soutenir.
- Speaker #0
C'est vraiment une posture d'accompagnement et de soutien. Ça ne remplace pas une sage-femme, ça ne remplace pas un médecin, ça ne remplace pas l'autre dans le couple. C'est bien de préciser ça.
- Speaker #1
Jamais. apporter aucune information purement médicale. C'est-à-dire qu'on va toujours renvoyer vers le corps médical, évidemment. Quand on a signé la charte des doulas de France, on s'engage à n'accompagner d'ailleurs que des personnes qui sont suivies par un corps médical. Et oui, on ne va pas prendre la place de qui que ce soit. On ne va pas prendre la place du conjoint, même pendant le travail. Au contraire, on va porter l'espace, faire en sorte que tout le monde s'y retrouve. Et puis, parfois, il s'avère que le conjoint n'a pas spécialement envie de prendre cette place-là, ce jour-là. Et c'est OK aussi.
- Speaker #0
Tout est OK avec toi. Vous allez voir dans l'épisode, tout est ok avec Mariam. Alors, juste pour les personnes qui veulent vraiment te connaître mieux, comment tu en es devenue à être doula, pour approfondir aussi la notion de doula, je vais renvoyer vers l'épisode qu'on avait fait pour mon premier podcast, qui est Sacrée Femme, et qui est disponible sur la playlist, sur la même playlist que Flo. Donc, il suffit de descendre un petit peu plus bas, et vous retrouverez l'épisode avec Mariam. Et là, j'aimerais revenir à l'interview. J'avais fait un solo time qui a ouvert la thématique du mois d'avril qui est la maternité et j'avais choisi de parler de la matrescence, donc la contraction entre adolescence et maternité parce que je trouve ce terme merveilleux. C'est exactement ça, les deux, l'ado, la maman, les deux passent par une crise identitaire, hormonale, physique, la totale. Alors moi ça m'a pris à peu près deux ans pour me dire... Atosloa, qui es-tu dans toute cette histoire ? J'étais tellement dedans et puis ça ne s'arrête pas que ça m'a pris vraiment du temps pour me dire Atosloa, pose, il faut que tu reviennes à toi-même. Qu'est-ce que tu aimes faire ? Prends du temps pour toi, etc. Toi qui accompagne les mamans en postpartum et toi-même tu es maman de trois enfants. Comment ça se passe justement ce shift identitaire ? Qu'est-ce que tu observes concrètement sur le terrain ?
- Speaker #1
Alors... Lorsque je vois les couples en postpartum, le plus souvent, c'est assez précoce. Ça va être la première, deuxième, maximum troisième semaine en général. Et du coup, à ce moment-là, ils sont encore dans comment changer les couches, comment prendre soin du cordon, les soins du bébé, les nuits hachées, la mise en route de l'allaitement pour celles qui souhaitent allaiter. Et du coup, si tu veux, le chamboulement, il est encore juste logistique, on va dire, en quelque sorte. Ils sont en train de processer, mais on est encore loin de... Attends. qui je suis, qui j'étais, qu'est-ce qu'on est devenu, qu'est-ce que je suis devenu et qu'est-ce qu'on est devenu. Oui, le couple aussi. Il y a la femme évidemment qui vit sa matrescence mais il y a le couple aussi dans tout ça. Et donc du coup... Ce dont on parle, cette matricence, ce cheminement, ce bouleversement identitaire, parce que c'est véritablement un bouleversement identitaire, en tout cas d'autant plus aujourd'hui, on va voir pourquoi, je le vois surtout quand je vais recroiser les personnes beaucoup plus tard. On est dans une ville qui est très grande, mais qui est un village, et du coup on va se recroiser, et puis elles vont faire part effectivement de cette difficulté à revenir à elles-mêmes. Et d'ailleurs, il ne s'agit pas de revenir à soi. En réalité, en aucun cas, on va redevenir comme avant. Exactement.
- Speaker #0
C'est juste d'épouser, de se réconcilier, d'accepter et d'aimer la nouvelle personne qu'on est devenue.
- Speaker #1
Tout à fait. Et comme il n'y a rien qui nous prépare vraiment à ce bouleversement identitaire, il n'y a pas de transition. Du coup, c'est vécu parfois avec beaucoup de difficultés. Contrairement à nos mères et encore plus contrairement à nos grands-mères, La femme... avant de devenir mère, dans la plupart des cas, avait sa vie à elle. C'est-à-dire que pour la majorité des femmes, elle travaillait, fait peut-être sans doute du sport, eu des activités, elle sortait, elle avait une vie. Et donc, du coup, elle s'accomplissait autrement que par sa vie maritale. Et donc, sa mission dans la vie, ce n'était pas que procréer, mais aussi d'avoir une vie. Donc, du coup, la difficulté aujourd'hui, c'est justement d'aller porter toutes ses casquettes, la casquette de mère. d'épouse, de citoyenne, de fille, d'ami, etc. Et donc du coup, ça devient effectivement compliqué et on va le voir dans une vie qui en plus est vraiment à mille à l'heure. On est dans une énorme ville qu'est Casablanca. Et donc du coup, tout devient très difficile. Mais enfin, juste pour en revenir à ce qui pourrait préparer et ce qui fait que je pense que ce qui n'aide pas en tout cas les femmes à se préparer à ce bouleversement identitaire, il y a plusieurs choses. Un, les rites de passage. On y marche pas. On ne le marque plus en fait. Ce n'est pas assez grand passage par des rituels. Tu vas voir les rites. On n'a pas, dans notre culture en tout cas,
- Speaker #2
pendant très longtemps,
- Speaker #1
on célébrait déjà la femme pendant sa grossesse. Ça peut être là, une baby shower. Ça peut être un blessing way. Ça peut être une hinnah. Mais en fait, est-ce que la femme est au centre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'à la base, c'était ça l'essence. C'est de mettre cette femme au centre de cette fête. La célébrer elle. La future maman qu'elle est. Ce passage auquel on la prépare. On pouvait enfin se réjouir de l'arrivée de ce bébé à partir du septième mois Et c'est quelque chose qu'on trouve dans beaucoup de cultures, pas seulement la nôtre Ça s'appelle le Blessing Way chez les Amérindiens, le Himna chez nous Mais en tout cas, on vient célébrer cette femme parce qu'elle va donner la vie Et puis ensuite, à la naissance de ce bébé, dans notre culture, dans notre pays, pendant très longtemps La femme était emmenée le himmème La tenue qu'elle portait pour aller au himmème n'était pas la même que celle qu'elle portait en en sortant C'est-à-dire que comme une jeune mariée, une jeune fiancée, on célébrait cette femme. Pendant tout le trajet pour aller au hamam, bien sûr ça devait se faire à pied. On parle d'une autre époque. Il y avait des yuyus autour de cette femme, on chantait, on la célébrait. On la soutenait en fait. Oui, elle se sentait célébrée. Et puis sur place, elle avait droit à un soin, les femmes avaient une connaissance de leur corps, elles avaient des recettes ancestrales. pour l'hygiène féminine, justement qu'elle n'attrape pas d'infection. On lui resserrait en fait les os du corps, le closing of the bones, le bosseau, je mets la dame, enfin bref. Encore une fois, c'est quelque chose qu'on trouve dans plusieurs cultures. Tout était fait pour que cette femme se remette sur pied, petit à petit. Et encore une fois, on marquait à chaque fois, par ces célébrations, ce passage à une autre.
- Speaker #0
D'ailleurs, c'est là où on disait une fille ça pendant 40 jours.
- Speaker #1
Tout à fait. Tout à fait, une fissa, 40 jours, le mois d'or, enfin là encore on peut... Toutes les cultures. Dans beaucoup de cultures, c'est une période pendant laquelle la femme a pour mission de se reposer et de nourrir son bébé, et d'enfant de soin et d'apprendre. Et pendant toute cette période-là, la femme était très entourée. Donc là encore, très très grosse différence aujourd'hui, la femme n'est pas entourée.
- Speaker #0
Justement, oui.
- Speaker #1
La vie au quotidien dans des grandes villes fait que les femmes ne sont plus entourées, en tout cas pas au quotidien. Et c'est la grosse difficulté aujourd'hui, c'est qu'on demande en fait aujourd'hui à une femme d'être performante en tant que maman, de s'occuper de son bébé, d'en prendre soin, sans transmission au quotidien. Je parle de la majorité des personnes. Il y a beaucoup de femmes que j'accompagne dont les parents ne sont pas à côté, je veux dire.
- Speaker #0
Moi j'en fais partie.
- Speaker #1
Donc du coup, là aussi, cet accompagnement et cette transmission de femme à femme en particulier qu'on a perdu, contribue à un mal-être. Parce qu'au-delà du fait de devenir mère de ce bouleversement identitaire, si au quotidien on ne se trouve pas... performante, entre guillemets. On a beau avoir occupé des postes de 4 subs et d'avoir eu des facilités à faire un tas de choses. C'est tout nouveau en fait, tu ne sais rien.
- Speaker #0
Même si tu as lu, même si tu as fait des trucs, etc. Mais quand tu es dedans, tu n'as pas le réflexe de te rappeler de ce que tu as pu apprendre. C'est de l'inconnu. Tu fais face à l'inconnu.
- Speaker #1
Absolument. Et autre chose qui se rajoute à ça, Aujourd'hui, le fait est qu'on vit comme ça, et pour certains, les parents sont loin, nous sommes dans des familles nucléaires, on quitte le foyer dans lequel on a grandi pour fonder le nôtre. Et c'est comme ça, mais aussi, justement, cette vie d'avant, pour beaucoup de jeunes femmes, c'était une fille où elles n'ont pas eu cette représentation de la maternité. Elles n'ont pas vu au quotidien des femmes, allaitées, changer les couches. Elles ne l'ont pas fait elles-mêmes. L'enfant avant était l'enfant de tout le monde. Ce n'était pas uniquement son enfant à elle, à cette femme. Ils passaient de bras en bras. Alors ça, d'ailleurs, ça pourrait faire sauter au plafond parce qu'on a peur de tout aujourd'hui. Oui, des microbes, des espaces. Mais en tout cas, le couple n'était pas seul responsable de son bébé. Et ça aussi, ça l'enlevait à un poids immense.
- Speaker #0
Il y avait tout un village.
- Speaker #1
Voilà, tout un village avec cette transmission que pouvait permettre ce village. Et donc du coup... Aujourd'hui, on voit des femmes beaucoup plus isolées qui n'ont pas eu droit à cette transmission et ça va venir aggraver parfois certaines situations. Ça va faire qu'on peut glisser beaucoup plus facilement vers un état émotionnel, sans doute à accompagner par un ou une professionnelle la santé mentale. Parce qu'il ne faut pas les nier, ça peut être difficile et on peut aller jusque parler de... dépression du postpartum pour certaines femmes ou certains hommes aussi, parce qu'on pense que c'est uniquement féminin.
- Speaker #0
Justement, moi, je voulais te demander, parce que c'est ce que je te disais en off, il y a eu une époque où tout le monde était pervers narcissique, parce que c'était devenu à la mode. Maintenant, tout le monde est en dépression postpartum. Mais je voulais vraiment que tu nous fasses le point pour qu'on comprenne une bonne fois pour toutes. C'est quoi une dépression postpartum ? c'est quoi ? un baby blues et c'est quoi ? Juste être fatiguée de temps en temps, pleurer un petit coup et se relever. Je pense que c'est trois états différents.
- Speaker #1
Oui. Alors déjà, tu vois, le nombre de personnes que je rencontre pour qui postpartum veut dire dépression du postpartum. Parfois, je rencontre des femmes qui disent tu sais, j'ai fait un postpartum. Vraiment, c'est dire à quel point on a... On relit cette période de la vie.
- Speaker #0
J'ai mangé d'anone. Mais non,
- Speaker #1
mais c'est pour dire à quel point c'est connoté comme étant une période très difficile. Alors, il y a le baby blues. Le baby blues, c'est purement physiologique. C'est un état, en fait, qui est dû à une chute d'hormones. C'est vraiment uniquement physiologique, par lequel certaines femmes vont passer, pas toutes. Nous n'avons pas de chiffres au Maroc, mais en Europe, on estime que c'est 70 à 75 % de femmes qui passent par ce baby blues. Ça va durer environ 48 heures et ça peut aller jusqu'à deux semaines. Donc c'est un état où la femme va pleurer, mais après elle peut rire, elle peut être dans un état tout à fait normal et replorer pour des choses qui jamais auparavant ne l'auraient fait pleurer. Donc elle est dans une situation de vulnérabilité et c'est uniquement physiologique. La dépression du postpartum, pour le coup, est une véritable dépression. Ce sont des femmes qui, alors en général ça survient à deux à cinq semaines. après l'arrivée d'un bébé.
- Speaker #0
Les premières semaines qui sont les plus dures.
- Speaker #1
Oui, ça peut aller jusqu'à un an en plus, si ce n'est pas pris en charge par un professionnel, si on ne se fait pas accompagner. C'est un état dépressif qui peut altérer le lien d'attachement au bébé. C'est la difficulté à prendre soin de son bébé, de se sentir incompétente. C'est une véritable dépression. Il ne s'agit pas juste de pleurer de temps en temps. C'est ne plus avoir goût à la vie. C'est un état qui est installé.
- Speaker #0
On n'a pas de chiffres, mais ça existe tant que ça ? Même dans tes rencontres que tu peux faire dix ans après avoir accompagné, est-ce que c'est quelque chose ? qui revient, dont tu entends souvent parler ?
- Speaker #1
Oui, alors malheureusement, je ne me suis pas encore posée. Je dis toujours que j'aimerais, au bout de huit ans, pouvoir prendre quelque chose comme deux semaines et faire des statistiques. Puisqu'il y a quand même un certain nombre de personnes...
- Speaker #0
Je te réinvite, on déroule tes statistiques.
- Speaker #1
Le nombre de personnes que j'ai accompagnées de là jusqu'ici. Mais en tout cas, oui, on voit des personnes qui, plusieurs mois plus tard, me demandent... Parce que j'ai un très bon réseau périnatel. qui me demandent conseil pour aller voir quelqu'un, pour aller voir un thérapeute, un psychologue, un psychologue pour être accompagné. Je ne saurais pas te dire comme ça, parce que ce n'est pas forcément représentatif. Il y a les personnes qui ont osé en parler ouvertement, qui n'ont pas eu peur de dire.
- Speaker #0
C'est surtout ça, parce que déjà de base, la santé mentale, elle est taboue au Maroc. Alors, oser dire qu'on est en dépression alors que tu viens d'accoucher, genre tu as tout, qu'est-ce que tu veux de plus ? Ça doit demander un courage fou pour eux. pour oser le dire et oser demander de l'aide.
- Speaker #1
Effectivement, il faut du courage et il faut savoir mettre des mots dessus aussi. Malheureusement, il y en a qui n'arrivent toujours pas à mettre de mots dessus.
- Speaker #0
On parlait juste avant d'isolement. Je pense que l'isolement est un facteur aussi de la dépression postpartum parce qu'on se retrouve seul, parce que comme tu l'as bien expliqué, on se dit je ne sais pas faire ou je ne vais pas y arriver ou je n'arrive pas. pas trop gérer. Et alors j'en profite pour faire un peu de politique. Mais je trouve que c'est criminel de demander aux mamans de revenir au travail trois mois après. Déjà, rien que le terme congé de maternité, il y a un problème. C'est pas un congé. Et les trois premiers mois, c'est les trois mois les plus durs. Et en fait, à peine tu commences à... Ton bébé, c'est plus une bouche, un tunnel digestif. Tu vois ce que je veux dire ? Donc il y a de l'interaction, il y a des trucs, donc il y a une relation qui commence à se construire et on casse tout, on demande à la maman de revenir au travail. C'est très compliqué, donc je pense qu'effectivement on est dans une société qui n'aide pas, que ça soit au niveau famille, entourage, environnemental, travail.
- Speaker #1
Et il n'y a pas de structure aussi, tu vois ? Est-ce qu'on a des nounous formés, de véritables nounous formés ? Parce que quand on habite dans une grande ville et qu'on travaille, beaucoup de personnes sont obligées de faire appel à des employés pour venir prendre soin de leur bébé le temps de revenir. Donc là aussi, il n'y a pas de formation. Il n'y a rien.
- Speaker #0
Et ça aussi, c'est un stress. Moi, j'ai des copines, je pense à une qui vient d'accoucher. Elle a la nounou parce qu'elle a dû reprendre le boulot. Mais c'est du stress. Elle passe son temps à observer la caméra parce que... C'est comme si tu faisais rentrer une inconnue chez toi pour s'occuper de ton bébé. Donc en fait, tu n'es pas à l'aise du coup, ni tu es concentré sur le travail que tu as repris, ni tu es concentré sur le bébé parce que physiquement tu es obligé d'être ailleurs. Donc vraiment, les conditions sont compliquées. Et tout ça mène aussi à cet état mental de fatigue, de surcharge mentale. Ça, c'est un... point très important, la surcharge mentale. Ça va dans tous les sens.
- Speaker #1
Autant, il y a des femmes qui vont trouver ça très court, trois mois de congé maternité, et pour certaines femmes, ça va être un soulagement, justement, parce qu'elles avaient du mal à gérer, parce qu'elles ont été sur sollicité déjà pendant leur congé maternité. Elles avaient l'impression de ne pas pas bien gérées. Et donc, l'image que ça leur envoyait, c'est qu'elles étaient incapables. Pour certaines, incompétentes. Pour certaines, ça va être au contraire un soulagement de partir au travail et de ne revenir et de ne passer que quelques moments avec cet enfant à un âge très très précoce. Mais oui, je suis totalement d'accord avec toi. Le congé maternité de trois mois, c'est quand même très court. Et alors, si on parlait du congé paternité, alors là, c'est...
- Speaker #0
Il y a quelques entreprises de leur propre gré qui le mettent en place, mais généralement, c'est le truc le plus long, je ne sais pas, je ne connais pas toutes les entreprises du Maroc. Le plus long que j'ai entendu, c'est un mois. C'est déjà pas mal, je trouve.
- Speaker #1
Il y a quelques autres entreprises qui en donnent plus, ce qui est exceptionnel, mais ça ne représente rien du tout à l'échelle du Royaume. Donc, oui, et ça aussi, là encore, le fait d'être seule, encore une fois, en post-natale, je parle de la femme seule avec un E, d'avoir un mari qui va reprendre le travail au bout de trois jours, un week-end. Et bien là encore, ça va contribuer à plusieurs choses, ce sentiment d'être incapable. Je me souviens de la cousine de mon mari qui me disait... C'est une pure parisienne qui me disait que j'étais incapable d'expliquer à mon mari à 18h pourquoi j'avais toujours pas pris ma douche. J'arrivais pas à lui expliquer ce que j'avais fait de ma journée. Et que j'étais fatiguée.
- Speaker #0
C'est bien que tu aies parlé de cet exo parce que je voulais qu'on parle de la place des papas. Les papas Kane ou Kane, bien sûr, comme dans tout, il y en a qui aident, il y en a qui sont vraiment impliqués. Il y en a qui sont de part une éducation, un environnement socio-éducatif, ils ne mettent pas la main à la patte. Mais pour ces papas qui sont impliqués et qui sont là, ça reste quand même difficile de leur expliquer la charge mentale ou la fatigue que tu subis. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Moi, je suis dans ce cas. J'ai un mari qui est super impliqué, c'est un super papa. Il n'y a rien à dire, mais c'était quand même difficile de lui expliquer à quel point je pouvais être noyée dans ma tête.
- Speaker #1
Oui, je vois parfaitement ce que tu veux dire. Tant que le père n'est pas dans la situation qu'il doit gérer par lui-même, et encore attention, ce n'est pas une critique, pour l'avoir vécu aussi à titre personnel, ils ne peuvent pas mesurer l'étendue des tâches. que va prendre en charge une femme toute une journée. Ce qui fait que le cerveau va dans tous les sens. Dans tous les sens parce qu'il faut penser au moins de petits détails. Et attention, encore une fois, ce n'est pas une critique parce que pour le coup, je vois un véritable changement dans notre société.
- Speaker #0
Dans le bon sens.
- Speaker #1
Oui, après...
- Speaker #0
En tout cas, dans ceux que toi, tu vois et ceux qui te consultent, etc.
- Speaker #1
Parce que je n'attire que des personnes ou en général, le couple, quelle que soit la CSP. où l'homme va prendre sa charge dans le couple, dans le foyer, pour s'occuper main dans la main avec sa femme, de son enfant, de ses enfants. Mais effectivement, si on va bien voir comment fonctionne un foyer, surtout à ces âges très précoces des bébés, il y a dix mille choses à gérer et c'est vrai que toutes ces dix mille choses qui semblent... très très facile. Je veux dire, passer une machine, c'est quoi au juste ? En fait, c'est juste chronophage. Je veux dire, en fait, si on cumule une à une les tâches, faire les courses, qu'est-ce qu'on va manger, le ménage qui doit être fait, et même quand certains, en fait, ont le luxe de déléguer tout ça, mais il faut il y a cette chargement derrière.
- Speaker #0
Il faut quand même y penser pour le demander, etc.
- Speaker #1
Il y a toute la logistique derrière. Il y a les rendez-vous médicaux, au départ pour la mère, pour l'enfant, ensuite pour l'enfant et encore l'enfant. Et l'enfant et l'enfant et l'enfant. J'y suis encore. Les changements de taille, quel vêtement adapté à la saison. Oui,
- Speaker #0
des trucs très cons en fait. Juste tu sors un body, ça lui allait hier, aujourd'hui ça lui va plus. Ça te fait une tâche en plus. Il faut trouver le temps pour aller acheter ou commander.
- Speaker #1
C'est tout bête. Est-ce que c'est la bonne saison en fait pour tel ou tel vêtement ? Il faut donc anticiper parce que tu couvres pas en été. Et on va voyager si jamais on va y agir. Et donc, du coup, voilà, combien de couches, combien de vêtements à mettre. Et ça semble ridicule, en fait, faire une valise pour partir en vacances, mais pas pour une femme qui déjà ne dort pas la nuit.
- Speaker #0
Tout simplement. Moi, il se fout de ma gueule, j'ai des listes. J'ai des listes pour tout. Parce que je n'ai pas trouvé... D'ailleurs, je partage, c'est mon tips personnel. Ça permet quand même de libérer de l'espace dans mon cerveau jusqu'à maintenant. Je fais des listes, genre je n'en sais rien. Dans deux mois, je vais voyager. Et bien, dès maintenant, je vais ouvrir une liste. Je vais dire ce que je pense. À chaque fois que je pense à un truc,
- Speaker #1
je le mets. Absolument. Et du coup,
- Speaker #0
visuellement, si je dois imager ça, c'est comme si je faisais de la place dans mon cerveau. Ce n'est pas un truc qui m'occupe l'esprit. C'est sur une liste sur mon téléphone. Quand ce sera le moment, quand il y a un truc qui vient, j'y vais. Donc, petit tips pour les nouvelles mamans. Faites des listes. Ça facilite les choses pour tout.
- Speaker #1
Ça vaut absolument pour tout, absolument. Flow ! Donc du coup, oui, pour le père, quel que soit son taux d'engagement dans son foyer, ça peut être compliqué s'il n'a pas été totalement mis en immersion, total. Et ça, ça suppose que la femme parte quelques jours. Pour le fonctionnement et le déroulé d'une journée dans un foyer, c'est complexe parce que aussi, ça vient de... L'éducation qu'on a tous reçue, je veux dire là encore, attention, c'est compliqué quand on n'a pas eu comme représentation un père qui prenait en charge beaucoup de choses à la maison.
- Speaker #0
Quand tu organises tes cours de préparation à la naissance et autres ateliers, tu vois les papas, ils sont là de plus en plus.
- Speaker #1
Oui, c'est même très touchant honnêtement. Quoi qu'on dit, ça peut sembler sexiste, mais moi je suis désolée. La société va dans un sens différent de ce qu'ont connu nos parents. Je veux dire, on est beaucoup à... être venue au monde sans la présence de nos pères. Et c'était ok. Et c'est aujourd'hui encore ok pour moi. Mais c'est juste pour vous dire...
- Speaker #0
Mais la maman n'était pas seule. La maman était avec sa mère, ses tantes, les voisines.
- Speaker #1
Mais c'est dire le changement radical aujourd'hui dans beaucoup de foyers. Mais en tout cas, il y a un véritable changement qui opère. La parole aussi se libère. C'est-à-dire que les femmes, tu sais, quand... Tu peux être seule dans ton coin et penser que tu subis telle ou telle chose dans ton quotidien. Et lorsque tu vois qu'autour de toi, beaucoup vivent la même chose, eh bien, ça aide beaucoup les femmes à mettre des mots sur leur vécu. Et du coup, à le rendre plus légitime, c'est triste. Mais il faut en passer par ça, à ce que plusieurs personnes, en fait, puissent vraiment pouvoir discuter. ce que tu es en train de faire là, par exemple faire des de podcasts, écrire des articles sur le sujet pour que tout le monde, tous ensemble, de manière collective, prenne conscience de cette difficulté que peut être le postpartum pour certains couples et certaines femmes en particulier.
- Speaker #0
Ça me permet d'aborder un point que je trouve important, c'est que quand on est nouvellement maman, on ne sait pas demander de l'aide. Je laisse de côté le fait que « strong independence woman » , peut-être qu'on a eu l'habitude de compter sur soi, d'être indépendante financièrement, etc. Mais là, on est vraiment sur autre chose. Du coup, on ne sait pas demander de l'aide. Je donne un exemple concret. Moi, par exemple, j'étais crevée. Crevée parce que c'était allaitement exclusif, exclusivement au sein. C'était double charge. Donc, j'étais crevée. Mais en fait, quand je me disais « je suis fatiguée » . fatiguée. Je vais demander de l'aide. Mais demander quoi ? Je ne savais même pas quoi. Parce que, quoi, c'est moi qui allais être. Donc, filles, filles, qu'est-ce que j'allais demander à côté ? En fait, ça peut... C'est après, petit à petit, quand le brouillard se dissipe, tu te dis, attends, je peux juste demander aux copines de passer à la maison. Moi, j'ai mon bébé qui t'aide, mais j'ai envie des copines qui me racontent ce qui se passe. C'est quoi les nouveaux endroits ? C'est des trucs comme ça. Ou, j'en sais rien, moi, tu demandes allô. Baby, you're cheat. En fait, on revient encore, c'est comme pour la charge mentale, c'est composé de toutes petites choses très très simples, mais la décharge mentale peut être composée aussi, et est composée aussi de toutes petites choses très très simples, qui quand elles s'accumulent, tu te sens plus soutenu, tu sors un peu plus de l'isolement, tu as un environnement avec lequel... Il y a de l'interaction, même si tu te sens marginalisée en fait. Je ne sais pas si les mamans qui m'écoutent s'entendent. Moi, je me sentais des fois marginalisée. Même quand on voyait les amis, je les entendais parler, j'avais aucune idée. Comme si ça faisait 100 ans que j'étais dans une cave. Mais de quoi ils parlent ? Mais c'est qui celui-là ? Depuis quand il est dans l'histoire ? C'est quoi ce lieu ? Qu'est-ce qui se passe ? Le travail ? Même le travail a des notions. Tu te dis, attends, ça me dit quelque chose. C'est le mamie brain, les mamans. Si vous sentez que vous êtes... pas très intelligente en ce moment. C'est OK, ça s'appelle le mammifre.
- Speaker #2
Justement, j'allais avoir dit ça.
- Speaker #0
Mais il y a des matins, je me disais, mais t'as perdu tes capacités intellectuelles.
- Speaker #1
Mais est-ce que tu sais pourquoi ? Parce que c'est réel.
- Speaker #0
Vas-y, dis-moi.
- Speaker #1
C'est pour que tu ne te connectes plus à ça. Alors, je fais avec mes mains pour ceux qui écoutent, c'est-à-dire à ton cerveau, mais plutôt à ton cœur en tant que mammifère qui doit prendre soin de son tout petit.
- Speaker #0
Tu reviens aux instants primitifs.
- Speaker #1
Mais c'est exactement ce qu'il faut pour l'instinct de survie. tu observes ton bébé et tu ne réfléchis pas, tu ne ne raisonne pas. Tu peux évidemment raisonner, on va toujours forcément raisonner, mais d'abord et avant tout l'instinct. Et le cerveau, il y a des images qui le montrent, la structure du cerveau change pendant la grossesse et ça se poursuit à priori deux ans après l'arrivée du bébé. Et donc oui, du coup, on se sent complètement dépassé dans un monde où tout va très très vite en plus.
- Speaker #0
Ça va très très vite, ouais.
- Speaker #1
Alors oui, il y a moyen de se sentir complètement à côté de la plaque.
- Speaker #0
Donc c'est ok les filles, si vous nous écoutez, c'est ok.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
complètement. Moi je veux que cet épisode fasse du bien. Tout est ok, comme je l'ai dit au début de Faisons avec Ballyou, tout est ok. On prend tout ce qu'il y a, juste on le regarde en face, on l'accepte et on le traverse.
- Speaker #1
Et je rebondis sur ce que tu es en train de dire, ce qui manque beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup aujourd'hui aux femmes, c'est d'être indulgente envers elle-même. Je veux dire, on a un... degré d'exigence envers soi qui est... complètement disproportionnée par rapport à ce que la femme peut encore faire. Je m'explique, on est dans des sociétés de performance.
- Speaker #0
Tu dois accoucher d'une certaine manière, tu dois allaiter, je fais exprès de dire le tu dois. Tu dois éveiller ton enfant, tu dois t'intéresser aux pédagogies alternatives, Tu dois rentrer dans ton pantalon au bout d'un mois de spartan, tu dois pouvoir...
- Speaker #1
Tu dois être souriante quand tu sors, quand tu vois les gens, tu dois être extrêmement heureuse et épanouie tout le temps.
- Speaker #0
H24, 7 jours sur 7 et donc tu as en fait cette pression qui est mise sur la femme pendant toute cette période qui fait que oui il y a vraiment moyen de se sentir incompétente je veux dire rentrer dans son dîner un mois plus tard aller exclusivement et dormir en fait voilà manger 7 manches c'est trop idéalisé,
- Speaker #1
l'image est trop idéalisé c'est quoi, on dit merci aux réseaux sociaux encore une fois ou tu penses que J'aime bien parce qu'on cherche des corrélations entre ce qu'on vit aujourd'hui et ce qui nous entoure. Parce qu'on ne vit pas sur une île déserte, donc forcément on est influencé par l'environnement. Tu penses que ça vient de où ?
- Speaker #0
Clairement, les réseaux sociaux. Ça malheureusement, j'ai toujours Instagram, ce n'est pas la vraie vie. Des personnes qui vont partager leur congélateur plein de sachets, remplis de lait, tirés, mais quand je dis plein, c'est plein à craquer. Alors non, ça c'est pas la réalité. C'est-à-dire que ça peut arriver à certaines femmes. Alors c'est le combien de sièges d'allaitement déjà ? Est-ce que c'est son premier ? Combien d'enfants ? Et puis surtout, why ? En fait, elle, elle doit alimenter son contenu. Son job, c'est de créer du contenu. Donc du coup, tout est prétexte à publier quelque chose. Or, ce n'est pas ça la vraie vie. Si les femmes se retrouvaient, se rassemblaient en postpartum, elles se rendraient compte, et c'est ce que je vois quand je reçois les femmes comme ça, qui sont dans une période de fragilité, il faut nommer les choses. Et bien quand elles voient qu'autour d'elles, les autres bébés pleurent aussi. Je parle du massage bébé qu'on avait fait d'ailleurs.
- Speaker #1
Qui était génial. Ce n'est pas pour faire de la pub, mais je fais de la pub. Si vous avez un tout petit, vous pouvez faire une séance de massage bébé. C'est génial.
- Speaker #0
C'est vraiment chouette. chouette. Et du coup, ce qui est chouette, c'est de voir les interactions entre les parents et les femmes. Parce que le plus souvent,
- Speaker #1
on le dit « Je ne suis pas toute seule. »
- Speaker #0
Pas plus tard que la semaine dernière. Une femme m'est partie en disant « En fait, je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas que mon bébé qui pleurait. » Encore une fois, on en revient à ces familles nucléaires, le fait qu'on ne soit pas dans des rassemblements intergénérationnels, qu'on n'a pas grandi, qu'on n'a pas tout le temps vu. Oui, un bébé qui pleure, c'est ok, c'est normal, ça peut arriver, ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Surtout que si tu scrolles et que tu vois euh... une nana qui montre son bébé tout le temps, mais le bébé tout souriant, elle n'est pas en live 24 sur 24. Elle va forcément montrer et publier que c'est parti là où elle sourit. Moi, je me rappelle ce qui me... Justement, en parlant de tu accouches, tu ne rentres pas dans ton jean. Quand tu allaites, tu as du temps. Donc, bouquiner est un peu plus compliqué que scroller. J'avoue. Donc, je scrollais. Et là, je tombais sur souvent, c'est des Américaines en mode... Elles te faisaient ça.
- Speaker #0
How many kids do I have ? One,
- Speaker #1
two, three, four. Tu vois les vidéos ? Là, elle t'en sort avec neuf. Elle est en 32. Et toi, t'es là.
- Speaker #0
Elle est en 32 parce qu'elle n'a pas eu le temps de manger. Et de faire à manger.
- Speaker #1
Et parce qu'elle est aux Etats-Unis. Elle n'a pas eu une femme de ménage qui va lui... Et toi, t'es là. Je suis à une. Ça ne monte pas. Comment il faut ? Tu commences à répéter des trucs. Quand tu as répété toute ta vie, tu es en mode... Et après, finalement, tu te dis, c'est bien ça comme excuse. Tu vois, donc... Oui, donc les réseaux sociaux... Oui,
- Speaker #0
les réseaux sociaux, et encore une fois, c'est un tout. Les réseaux sociaux, le manque de transmission de femmes à femmes, tu vois, c'est vraiment un tout. Et pourquoi est-ce que... qu'on va aussi beaucoup sur les réseaux sociaux, c'est parce que justement, on est seul. Tu vois, tu parlais d'isolement, tu t'allaites, tu es sur ton téléphone, tu as une copine en face de toi, tu as tes amis qui viennent, comme tu as dit, elles ont préparé un plat et bien on va le partager ensemble. C'est quelque chose que j'ai eu la chance de vivre une fois, tu vois, deux très bonnes amies. C'était juste aller, on vient pour te tenir compagnie. Parce qu'on sait que c'est difficile. Eh bien, cette solitude, cet isolement va contribuer au fait que les femmes vont beaucoup passer de temps sur leur téléphone, leur smartphone. L'évolution de la vie fait qu'aujourd'hui, on a des smartphones. On pourrait limiter le temps à passer dessus. Ça, ça peut être une piste, c'est très compliqué, mais on pourrait limiter et plutôt s'inviter à sortir. S'autoriser. à ne pas y arriver une fois, deux fois, mais finir par y arriver parce que ça peut sembler être un déménagement pour certains que de sortir.
- Speaker #1
Surtout quand ils sont vraiment très petits et quand c'est ton premier, tu sais pas, tu prends six tenues et s'il fait une diarrhée. Est-ce qu'il a fait une diarrhée ces derniers jours ? Non. Pourquoi est-ce qu'il ferait trois diarrhées d'affilée pendant les une heure où tu sors ? Alors il y a Abdel, Abdel que vous connaissez maintenant, qui rigole. Tu vois qu'il y a un gap, nous on pense à des trucs qui ne pourraient pas vous traverser l'esprit, la tétine, le biberon, tu en prends trop un stérilisateur miniature dans la salle.
- Speaker #0
Et là encore j'ai envie de dire, on se complique beaucoup la tâche, la vie.
- Speaker #1
Je dis ça,
- Speaker #0
c'est pas pour faire la vieillissage et tout. Non mais c'est vrai, mais ça... En 2012,
- Speaker #1
tu fais gagner du temps aux mamans. Parce qu'au final, tu arrives à ça. Moi, aujourd'hui, des fois, je sors, je n'ai même pas de sac. Je n'ai même pas de gourde. Elle va boire d'une bouteille, elle va se mouiller. Elle a sa couche qui déborde. Ce n'est pas grave, je ne vais pas passer la nuit dehors. On rentrera, je la change. Mais ça, c'est des trucs que tu as petit à petit. Mais au début, c'est très compliqué. Mais en fait, j'aime bien parce que tout se relie. Parce qu'il y a aussi une notion inconsciente. de performance.
- Speaker #0
Absolument. On doit tout avoir, tout contrôler. On ne laisse plus aucune place au hasard. A l'intuitif et à la spontanéité. C'est-à-dire que je devrais me dire ok, là j'en peux plus, j'étouffe, je mets mon écharpe de portage, mon porte-bébé, ma poussette et je sors. Peu importe, je radietra comme tu dis.
- Speaker #1
Je prends rien, juste je sors. Je prends l'air.
- Speaker #0
Il y a effectivement cette perte de spontanéité. qui là aussi va enfoncer les femmes parce que encore une fois toute sortie va sembler être voilà c'est un déménagement il faut y réfléchir à deux fois et j'ai déjà entendu des femmes me dire mais finalement c'est trop compliqué ça me provoque un tel stress que je finis par laisser tomber,
- Speaker #1
abandonner et rester à la maison est-ce qu'on peut parler aussi d'une perte du côté intuitif de la maternité total
- Speaker #0
Totalement,
- Speaker #1
totalement. Ça veut dire qu'au lieu de se poser, de s'écouter et de sentir ce qu'il faut faire, on est plutôt là à l'affût des informations, de comparaisons, des expériences. Et là, j'aimerais introduire notre cher ami, le meilleur ami de tout le monde aujourd'hui, l'intelligence artificielle, Chad GPT, Claude ou autre. Donc ça aussi, c'est un deux. Je demande à ça de GPT. Un, deux, je demande à ça de GPT. Du coup, on n'a plus le temps de réfléchir par soi-même. Quel est ton constat ?
- Speaker #0
Quelle est ton expérience vis-à-vis de ça ? Qu'est-ce que tu en penses ? Chaque GPT, ça peut être chouette pour résumer un tas de choses, pour organiser un planning, mais en aucun cas, ça ne va remplacer l'instinct. En aucun cas. Tu sais, c'est comme une chose, c'est-à-dire que ton bébé, quand il ne va pas bien, avec l'expérience, tu le sais quand ton enfant ne va pas bien. Et je peux t'assurer que depuis le plus jeune âge, le nombre de parents que j'ai rencontrés où la femme te disait, moi je sentais que ma fille avait quelque chose qui n'allait pas. Tout le monde autour disait, mais non, tout va bien et tout. Et là, ils se sont rendus compte qu'il y avait quelque chose qui clochait. Elle ne savait pas mettre de mots dessus, mais elle sentait qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas bien. Et oui, clairement, il y a une déperdition totale de tout ce côté intuitif qui vient du fait qu'on est des mammifères, qu'on le veuille ou non, on est des mammifères. Et oui, l'intelligence artificielle ne fait qu'aggraver la chose, malheureusement. C'est comme, on n'est pas censé avoir des salles d'attente chez le pédiatre bondées, comme pas permis, de famille. ou le bébé a juste de la fièvre, je veux dire, à un moment donné, on est censé avoir développé au fil des ans cet instinct de mammifère qui prend soin de son tout petit, qui l'accompagne pour grandir, qui l'accompagne à la marche, à un tas de choses, et qui sait où se trouve le véritable danger, ou qui va sentir qu'il y a un véritable danger, ou que l'enfant ne va pas bien, que ce soit d'un point de vue émotionnel ou juste physique.
- Speaker #1
Écoute, j'entends vraiment ce que tu dis. Je tiens à préciser qu'on n'a pas spécialement préparé cette interview parce qu'on se connaît, parce qu'on est à l'aise et parce que finalement, c'est en métier. Mais tu es aussi maman de trois enfants et que moi, en face, je te parle d'un sujet que j'ai traversé. Donc, on est à la cool. Et finalement, je constate que ce sujet, on parle beaucoup de... Pour ce podcast, on parle beaucoup de... de l'isolement. Parce qu'au final, c'est le sujet qui est remonté, certes, mais ça veut dire aussi qu'il n'y a pas d'hasard. Ça veut dire que c'est vraiment le fléau d'aujourd'hui que rencontrent les mamans. C'est un isolement. Et je ne parle pas de l'isolement quand même. Comme on a dit, même le papa, quand il est prêt, il participe, il va quand même travailler. La journée, la nuit, il faut qu'il dorme parce que c'est lui qui va se réveiller le matin, aller travailler. Donc même en étant très proche, très amoureux, très tout, tu ressens, tu te sens isolée quand même.
- Speaker #0
Isolée parfois pour certaines, totalement incomprise. Alors il y a des hommes qui te disent, écoute, d'un point de vue hormonal, j'ai mes limites. Je ne peux pas, je ne peux qu'écouter. Mais ce que traverse ma femme, il faut une femme pour être à ses côtés. Et ce n'est pas... Tu vois, on veut l'égalité des sexes et tout, mais en fait, il faut juste reconnaître que physiologiquement parlant, on est différents, c'est tout.
- Speaker #1
Ça, c'est un sacré point. Moi, je ne crois plus, depuis que je suis maman, à l'égalité des sexes. Nous ne serons jamais égaux. C'est mon avis. Je ne sais plus qui disait, la femme qui veut être l'égale de l'homme manque d'ambition. Je crois que c'est Simone de Beauvoir, je pense. J'ai écouté cette phrase. Je la trouvais drôle, mais parce que physiologiquement ou autre, on ne peut pas être égaux parce que notre nature n'est pas la même, nous ne traversons pas la même chose. Je ne dis pas qu'ils sont supérieurs ou inférieurs à nous, nous sommes juste fondamentalement différents. Donc qu'il y ait de l'incompréhension, on va aborder le couple peut-être un petit peu, parce que le couple on prend plein la gueule. C'est des choses que tu vois, ils sont amoureux, il n'y a pas de soucis, on n'en discute pas. L'amour, oui, le respect, oui, le soutien, oui. Comment rester un couple en fait, quand on vient d'avoir un enfant ? Je sais que c'est une question compliquée, mais peut-être juste par rapport à ce que toi tu proposes de mettre en place, ou ce que tu vois, ou ce que les femmes autour de toi ont fait. Comment garder son couple ? quand on vient d'avoir un bébé ?
- Speaker #0
Voilà, vaste sujet, effectivement. On pourrait là aussi passer autant de temps à parler que du couple que ce qu'on a fait jusqu'ici en parlant du postpartum. La base, c'est que le couple soit déjà solide avant l'arrivée de ce bébé. Parce que quand j'arrive, parfois dès la première semaine en pause natale et que le papa a quitté le foyer, véridique, eh bien, on va se poser la question de savoir comment le couple allait déjà avant. Donc, peut-être en préconceptionnel, est-ce qu'on veut vraiment avoir un enfant ? Alors après, sur l'enfant en vive, avec cette personne-là, parfois ce sont des choses qui arrivent et qui décapent la vie. Non,
- Speaker #1
mais c'est un sujet important parce que faire sa vie, épouser quelqu'un pour ne pas faire d'enfant est une chose. Vouloir faire un enfant avec la personne que tu as épousée, c'est une responsabilité de réflexion. Il faut réfléchir, il est top pour sortir, il est top pour voyager, il est top pour rigoler, il est top pour... Oui, mais là, on fait un enfant. Est-ce que ça va fonctionner ou pas ? Je pense qu'on a une responsabilité, femme ou homme, dans les deux sens.
- Speaker #0
Comme tu dis.
- Speaker #1
Femme ou homme. Les hommes aussi, avant de faire un enfant avec une femme, ils se posent la question. Mais oui,
- Speaker #0
absolument. Est-ce que c'est elle ?
- Speaker #1
Est-ce qu'elle veut déjà ou elle fait juste un gosse parce que c'est la société, parce qu'à chaque fois qu'elle croise quelqu'un de la famille, elle est spéciale. Fabrice, donc il y a une réflexion d'abord.
- Speaker #0
Oui, d'une part. Et puis après, que cet enfant ait été désiré ou pas, une fois qu'il est là, effectivement, le couple peut vraiment exploser, et très très rapidement. Plusieurs choses, il y a la fatigue tout simplement, qui n'est pas négligeable du tout. Il y a cette matrescence, cette crise identitaire que peuvent traverser l'un et l'autre. ça peut être l'un et pas l'autre, mais ça peut être l'un et l'autre. Cette très grande peur de la responsabilité, parce qu'on est dans, je parle du père, parce qu'on est quand même encore dans des sociétés... assez patriarcal, ou du coup c'est lui qui va avoir...
- Speaker #1
On est dans une société patriarcale.
- Speaker #0
C'est à l'homme d'avoir le plus gros salaire, qui a la responsabilité de subvenir aux besoins fondamentaux de sa famille.
- Speaker #1
Dans la majorité des cas, c'est le cas.
- Speaker #0
C'est le cas, absolument. Donc du coup, c'est quand même aussi une grosse responsabilité. Lui qui ne peut plus du coup prendre son sac à dos comme il le veut, quand il veut, et sortir, ou aller voyager avec ses copains. Il est responsable d'un foyer. Donc ça aussi, ça peut générer un énorme stress chez l'homme. Et sans parler de ceux qui ont une mauvaise relation avec leur propre père, ce qui peut aussi générer des angoisses par rapport à leur relation avec leurs enfants. Donc tu vois, en fait, il y a beaucoup de choses qu'on pourrait aborder, mais en tout cas, comment un couple pourrait survivre ? Il y a plein, plein, plein de riles qui sont faites aujourd'hui. C'est aussi le côté positif des réseaux sociaux. Je ne dis pas qu'il n'y a que du négatif, mais ça peut paraître bidon. Mais la communication, ça paraît très bidon. C'est quelque chose que je n'arrête pas de répéter. Il y a toute une année où on ne fait que découvrir beaucoup de choses sur l'enfant. Donc en fait, le cerveau fonctionne en continu chez les parents. Au départ, c'est juste les soins du bébé. Ensuite, comment le faire rôter. Ensuite, juste les soins. Puis ensuite, tout va bien, tout roule. La courbe de croissance est bonne. Puis après, les développements. C'est vrai. Encore une fois, on a tellement tout intellectualisé que c'est étape après étape.
- Speaker #1
C'est une checklist en fait. Check, allez c'est bon, il se retourne sur le ventre. Check, allez, il s'assoit.
- Speaker #0
Quand est-ce qu'il va marcher, il va parler, il ne peut pas faire tout à la fois, etc. Et du coup, c'est une année où, on va dire les choses, on ne dort pas comme on dormait auparavant. La sexualité en prend un coup. Le plus souvent... Pour une période plus ou moins longue, ça va dépendre des couples.
- Speaker #1
Excuse-moi, juste une petite précision. Est-ce qu'il y a une corrélation entre la vie sexuelle et l'allaitement ?
- Speaker #0
Oui, j'ai beau soutenir l'allaitement, ça crée des hormones.
- Speaker #1
Ça crée des contre-hormones. C'est décomplexé, vous, les filles.
- Speaker #0
Et puis après, tu vas avoir des cas de femmes qui vont continuer à avoir une libido. une bonne libido après, mais enfin bon, ça ne concerne pas tout le monde. Mais oui, évidemment que c'est biologique d'une part. Là encore, on ouvre encore une parenthèse, et ce n'est pas pour rien, ce n'est pas une contraception, mais ça permettait aux femmes de ne pas retomber enceintes pendant un petit moment pour justement espacer un petit peu les naissances. Mais enfin bon, peu importe. Mais voilà, il y a tout ça, il y a la présence de ce petit être dont on a la responsabilité à 100%.
- Speaker #1
Qui devient le centre de l'univers, le centre du couple.
- Speaker #0
Absolument, qui devient le centre des parents qui sont sursollicités, à qui on demande d'être performant en tant que parent. Et donc du coup, encore une fois, cette pression, la pression pour la femme, moins de temps de qualité pour le couple, donc moins de temps pour communiquer. Et du coup, si on veut que le couple survive, il y a besoin encore une fois du village. Il y a besoin de la transmission. Tu vois, on en revient toujours aux mêmes choses, c'est l'essentiel. La transmission, l'aide logistique, l'aide que la femme ne se sente pas isolée, qu'on ait des métiers un peu normaux, j'ai envie de dire. Je dis ça parce que j'ai été capsule et que dans ma vie passée, c'était tout à fait normal de quitter le boulot, le travail à une certaine heure. Ça n'a rien de normal. Ça n'a rien de normal. Nous sommes des êtres humains. Même les machines se reposent. On ne peut pas être sur sollicité, être sur son téléphone, recevoir des mails urgents jusqu'à pas d'heure. Et ça aussi, nos rythmes de vie font que même avant l'arrivée de ce bébé, ça peut aussi altérer la relation de couple. Si en plus on rajoute à ça cette responsabilité de faire grandir un foyer, à coup sûr, si on lâche rien...
- Speaker #1
C'est trop en fait.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. C'est trop parce que... On ne peut pas ne rien lâcher. Et on ne nous a pas préparé à ça non plus. On ne nous a pas préparé, dans la colle de commerce, à aucun moment, on nous a dit, vous savez, si vous voulez fonder une famille,
- Speaker #1
ça va être un peu,
- Speaker #0
beaucoup challenging, si tous les deux, vous occupez ces postes-là. À aucun moment, on ne te prépare à ça. Donc là encore, allez tiens, j'avais oublié ce point de détail. Tiens, dans la gueule, gère-le. Le bouleversement identitaire, c'est qu'à aucun moment, tu t'es dit, en fait, à un moment donné, il va falloir choisir. C'est l'un ou l'autre, on ne peut pas tous les deux être... à 100% dans nos... En tout cas, pas tout de suite.
- Speaker #1
Petit à petit, quand les enfants grandissent, etc. Mais tout de suite, tu ne peux pas être super maman et reprendre tes super responsabilités et continuer ta super carrière. C'est... Voilà.
- Speaker #0
Et être super épouse, et lui être un super époux. On va revenir à la relation de couple. Des moments de qualité, de la communication. Et quand je dis communication, même par rapport à la répartition des tâches. ménagère, ce qui convient dans une famille ne convient pas à l'autre. Je veux dire, encore une fois, il ne s'agit pas de faire des copier-coller. Il y a des couples que j'accompagne pour qui c'est ok que le papa quitte la chambre parentale parce qu'il a besoin de dormir. Et c'est ok pour la femme. Et dans certains couples, ça ne va pas du tout être ok pour la femme qui va se sentir complètement abandonnée.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, je me disais, à quoi il va me servir à rester réveillée avec moi, à se réveiller avec moi dix fois par nuit ? à quoi ça sert Jalette mais lui en plus il travaille le lendemain matin je peux pas lui demander entièrement d'accord avec toi mais tu vas trouver des femmes qui vont se sentir abandonnées très seules
- Speaker #0
Parce que les nuits sont, les temps d'éveil sont très longs, tu vois. Donc là aussi, tu ne peux pas le voir. Enfin, quand ton bébé t'attaque et dort, tu te dis, à quoi bon ? Tu as changé la couche et puis bon, moi je suis... En plus, tu n'as même pas envie de parler.
- Speaker #1
Tu n'as même pas envie de parler à ce moment-là.
- Speaker #0
Et tu vas rencontrer des femmes qui vont se sentir totalement abandonnées. Seules à porter cette charge. Parce que c'est comme ça que les vives, elles subissent en fait. Seules. Tu vois, donc là encore, c'est important de pouvoir... s'exprimer chacun, chacune dans le couple, s'accueillir dans... accueillir les émotions de l'autre sans jugement. C'est très très compliqué dans un couple ou avec toutes les personnes qui sont les plus proches. C'est très très facile de faire ça avec un étranger ou une étrangère mais c'est beaucoup plus compliqué quand ça te concerne, quand tu es impliqué dans la relation. Mais vraiment d'essayer, dans la mesure du possible, d'accueillir l'autre dans ce qu'il ou elle traverse de manière très juste, la plus neutre possible. pour pouvoir comprendre justement et aussi se sentir accueillie dans ce qu'on traverse.
- Speaker #1
Et soutenue.
- Speaker #0
Et soutenue, bien sûr. Et trouver, mettre en place un système qui fasse que ça roule pas comme avant. Ça ne redeviendra jamais comme avant. Et thanks God.
- Speaker #1
C'est un nouveau rythme. C'est un nouveau couple qui se crée en traversant ça. Alors, je voudrais finir ce podcast par présenter l'initiative que tu as mis en place avec Neza, qu'on salue très fort, qui est doula aussi avec toi. C'est une très belle initiative. Vous avez créé un club qui s'appelle le club du postpartum. Donc justement, ça fait une heure qu'on en parle de l'isolement. Donc justement, pour aider ces mamans à mieux vivre leur postpartum, est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Alors c'est parti de plusieurs mois d'observation de femmes de plus en plus isolées. Vraiment, là ça s'est accéléré. je dirais, deux dernières années. Et c'était le fait de ne pas pouvoir se rendre disponible à ces femmes dans le sens où on ne peut pas. Enfin, je veux dire, ça reste notre métier. Et puis, on a nos vies de famille. On ne peut malheureusement pas offrir tant de temps que ça. On peut en offrir, mais pas...
- Speaker #1
Pas autant dont elles ont besoin.
- Speaker #0
Oui, et peut-être qu'elles n'ont pas envie de nous voir non plus. Il faut être claire. Peut-être qu'elles ont juste envie. Et on pense que ce qui est plus pertinent, c'est qu'elles voient d'autres femmes. qui traversent la même chose. Donc en fait, l'idée, c'était de se dire, tiens, sur un certain nombre de semaines, je peux faire deux à trois activités, avec ou sans mon bébé, dans un lieu sécure. Je pense que l'endroit qu'on offre plaît, il est assez apaisant. Donc ça, c'était un point qui comptait beaucoup. Et voilà, de se dire, je vais être avec d'autres femmes. Mais semblables. Mais semblables, ça peut être aussi, il peut y avoir les papas pour la plupart des activités. Mais de dire, ok, j'ai plus de repères, parce que toutes les journées se ressemblent, on sait plus si on est lundi ou dimanche. De dire, ok, tous les mardis, pilates postpartum, je peux emmener mon bébé ou le faire toute seule. Et les jeudis, il va y avoir une à deux activités où je peux y aller, encore une fois, avec mon bébé. Et que les bébés sont les bienvenus, évidemment. Et donc, du coup, ce qu'on voit là déjà, c'est assez... On vient de démarrer il n'y a pas si longtemps que ça, c'est que... Ça crée vraiment un espace sécure dans le sens où les femmes se retrouvent avec d'autres femmes qu'elles ont vues à tel ou tel autre atelier. Puis la parole se libère petit à petit, elles se rendent compte des difficultés partagées. Il y en a qui les ont précédées parce qu'elles sont là pour leur deuxième enfant. Et bientôt, on en aura même deux qui veulent s'inscrire, qui viennent alors que c'est leur troisième bébé. Et qui sont là aussi pour partager leur expérience passée et dire, voilà les difficultés dans lesquelles je suis tombée. Et voilà ce qui m'a aidée. Et c'est chouette, en fait, cet empowerment entre femmes. En fait,
- Speaker #1
ça crée le village qui nous manque aujourd'hui. Mais un village constitué principalement de personnes semblables à toi qui traversent la même chose, qui ont traversé la même chose. C'est extrêmement libérateur,
- Speaker #0
je pense. Et il y a une phrase que ma prof de yoga a prononcée tout à l'heure pendant mon cours. Je me suis dit, oula, il n'y a pas de hasard et c'était vraiment chouette. Le message que j'aimerais faire passer, c'est qu'après l'hiver vient le printemps. Donc, rien ne dure tout le temps. C'est-à-dire que quand on est dans la difficulté, quelle qu'elle soit, et là, en l'occurrence, on parle du postpartum et de la difficulté de devenir mère, eh bien, tout passe. Tout passe. Il faut s'entourer dans les mesures du possible. On essaie de s'entourer, mais surtout de se dire, quand on n'a pas le luxe de pouvoir s'entourer ou d'avoir beaucoup de personnes autour de soi, de certains. tout va passer Donc après l'hiver, le printemps. Oui, tout passe. Après le printemps.
- Speaker #1
Tout passe. Même si je n'ai pas beaucoup de recul, tu en as beaucoup plus que moi. Ma petite n'est là que deux ans. Mais on est... Hier d'ailleurs, il y avait des copines avec moi qui faisaient soirée pyjama avec la petite. Et on était toutes les trois d'accord. À un moment donné, on s'est regardé, on s'est dit, elles viennent de passer une étape là. Tu es dans une étape de développement où elle reste avec nous le soir, alors qu'avant c'était, désolé les filles, il est 7h30, 8h, il faut que je la monte au lit, biberon, ça prend le temps que ça prend pour dormir, t'es cassée, t'as plus envie de descendre. Alors qu'hier, elle traînait à côté, elle jouait, elle parlait sans vraiment parler. À un moment, elle dit dodo. Elle en pouvait plus. Elle monte, elle prend le biberon, ça dure 20 minutes et je redescends chez mes copines et j'ai encore le... La vibe et l'énergie. Et moi, tu m'aurais dit ça il y a un an, quand j'étais tout le temps en l'air en train d'allaiter, en ne dormant pas, en ne pouvant pas vraiment profiter. Je t'aurais dit ça arrivera, mais pas aussi vite. Et finalement, tout arrive très vite et tout passe très vite.
- Speaker #0
Bien plus vite qu'on l'imagine quand on est dedans, en tout cas.
- Speaker #1
Courage aux mamans, courage aux papas. Courage au couple, aux grands frères et petites grands frères, grandes sœurs. Ça, c'est un autre épisode sur la psychologie. En tout cas, si vous écoutez ce podcast, j'espère qu'on a abordé le maximum de points pour que vous vous sentiez bien, décomplexé. Tout est OK. Tout ce que vous traversez est valable. Si vous êtes vraiment juste en poste... Postpartum, c'est tout nouveau pour vous. Et si vous vous sentez seul d'une manière ou d'une autre, sachez qu'il y a un club aujourd'hui, c'est le club du postpartum que proposent Meriem et Nza, atelier 9 mois et après. Et voilà. Et puis si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à nous écrire. Je laisserai les coordonnées de Meriem. Et peut-être si on a beaucoup de questions et vraiment beaucoup de sujets qui reviennent, on pourrait très bien enregistrer à notre épisode. Néa. au service. Mariam est au service par son humanité et son métier. Moi, je suis au service par le fait que je fais partie du clan des mamans maintenant et que je trouve que c'est important d'en parler. Merci, Mariam.
- Speaker #0
Merci à toi, Slova.
- Speaker #1
C'était chouette, comme toujours. Merci à toutes et à tous, s'il y a des papas qui se sont faufilés dans le truc, d'avoir été à l'écoute. Écoute, n'oubliez pas de liker, partager, commenter sur les plateformes d'écoute. Et à la prochaine sur Flow.