Speaker #0Tu mènes une vie bien remplie, et pourtant, quelque chose en toi cherche plus. Bienvenue dans Flow, l'expérience intérieure. Le podcast des femmes qui veulent grandir sans se perdre. Je suis Selwa Fikri, et ici, on explore la vie intérieure sans quitter le monde réel. Le corps, les émotions, la spiritualité, la connaissance de soi. Installe-toi, on commence. Il y a un paradoxe au cœur de la vie spirituelle. Plus on cherche la lumière, moins on la trouve. Il y a un moment où l'effort ne suffit plus, où l'on comprend que l'on ne contrôle pas tout, que la transformation ne se fabrique pas uniquement par la volonté. À un moment, il faut apprendre à faire confiance. Shems de Tébris le savait, et il nous a laissé dans ses règles une invitation radicale, non pas à chercher la lumière, mais à s'y abandonner. Après avoir changé notre regard, dépouillé notre cœur et traversé l'égout, nous voilà devant la dernière étape, peut-être la plus difficile. Je sais que j'ai dit ça aussi pour l'ego. Pas parce qu'elle ne demande pas d'effort. Elle demande de lâcher. Et je vous vois les contrôles fric paniqués. Une règle souffit dit Quoi qu'il arrive dans ta vie, si troublant que tout te semble, n'entre pas dans les faubourgs du désespoir. Même lorsque toutes les portes semblent fermées, Dieu peut ouvrir une voie que tu ne vois pas encore. Fin de citation. Dans nos vies, nous avons souvent une idée très précise de ce que les choses devraient être. Nous imaginons le chemin, le timing, les résultats. Mais le chemin spirituel nous apprend quelque chose de plus subtil. Ce qui est refusé n'est pas toujours une perte. Parfois, c'est une protection. Ça vous rappelle certainement un verset de surat al-Baqara وَعَسَىٰ أَن تُحِبُّوا شَيْئًا وَهُوَ شَرٌ لَكُمْ وَعَسَىٰ أَن تَكْرَهُوا شَيْئًا وَهُوَ خَيْرٌ لَكُمْ Traduction pour les non-arabophones Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous aime bien et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. J'adore ça, c'est mon tips personnel pour lâcher prise. Quand ça bloque, même si j'en ai envie, je me dis que ce n'est pas pour moi, que ma féhache le khair pour moi. Point, retour à la ligne. La deuxième règle est dans la continuité parfaite de la première et il s'agit de la gratitude au-delà des circonstances. Parce que, avouons-le, il est beaucoup plus facile d'être reconnaissant quand tout va bien, quand les portes s'ouvrent, quand les choses se déroulent comme prévu. Mais la gratitude ne devrait pas dépendre uniquement de ce que l'on reçoit. Dans le soufisme, on est reconnaissant non seulement pour ce qui est donné, mais aussi pour ce qui est refusé. Parce qu'avec le temps, on découvre que certaines fermetures nous ont évité des chemins qui ne nous correspondaient pas. S'abandonner à la lumière, c'est accepter que notre vision soit partielle. Il y a un moment dans tout chemin intérieur où la lutte devient inutile. Pas parce que l'on abandonne, mais parce que l'on comprend enfin comment l'univers fonctionne. On comprend que l'on ne peut pas forcer la transformation, ni la paix, ni la lumière. On peut seulement leur créer de l'espace. Ça semble simple, mais ça demande une forme de confiance très forte. Faire sa part du game et laisser le reste. Dans notre monde, s'abandonner est souvent perçu comme une défaite ou un gros laisser-aller. Mais dans la tradition spirituelle, c'est l'inverse. S'abandonner, ce n'est pas renoncer à vivre, c'est renoncer à tout contrôler. C'est reconnaître qu'il existe une sagesse. plus vaste que la nôtre, une intelligence qui guide la vie, même quand nous ne comprenons pas encore. Attention à un malentendu fréquent. S'abandonner à la lumière, ce n'est pas baisser les bras, ce n'est pas la résignation du vaincu. Rester allongé sur ton canapé à scroller à rien foutre et dire que je m'abandonne à la vie, non, tu t'abandonnes juste à la flemme et à la sédentarité. Ici, le message que j'essaie de transmettre est comparable à l'attitude du nageur qui cesse de lutter contre le courant, non pas parce qu'il veut se noyer. mais parce qu'il a compris que le courant va dans la bonne direction. Fais ta part, fais tes trucs, mais garde la flexibilité. Lâche prise quand ce n'est pas exactement comme tu veux ou quand tu veux. Si ton intention de départ est bonne, alors tu y arriveras. Peut-être différemment ou pas au bon moment pour toi, mais tu y arriveras. Last but not least, la lumière ne se mérite pas. C'est vrai qu'on nous a appris aussi toute notre vie que les belles choses se méritent. On travaille, on souffre, on prouve et puis on reçoit. Mais la lumière, celle dont parle Shams, celle que les soufis appellent Nour, ne fonctionne pas comme ça. Elle ne récompense pas les méritants et l'inonde ceux qui s'ouvrent. La règle 25 dit quelque chose de bouleversant. La vie est courte et le temps des rencontres est encore plus court. Ne gaspille pas ton temps à expliquer ton âme à ceux qui n'ont pas le cœur d'entendre. Ce n'est pas une invitation à la solitude, c'est une invitation à l'économie d'énergie intérieure. Arrête de te justifier, de te défendre et dans le silence qui suit, laisse entrer ce qui est plus grand que toi. Revenons un peu sur Terre parce qu'on peut rester dans le mystique indéfiniment sans jamais atterrir. S'abandonner à la lumière dans le quotidien, ça ressemble à trois choses pour moi. Premièrement, accepter ce qu'on ne contrôle pas, sans drama, pas en se forçant à sourire, mais en reconnaissant que la résistance coûte souvent plus cher que l'événement lui-même. Deuxièmement, suivre ce qui nous vivifie. Shemps était convaincu que l'âme sait toujours, même quand le mental doute. Ce qui nous anime vraiment, c'est souvent là que la lumière entre. Et enfin, arrêter de se préparer à vivre. Combien de fois dit-on, quand j'aurai réglé ça, je commencerai vraiment ? L'abondance est commencée maintenant. Incomplet, imparfait, mais vivant. D'ailleurs, j'en ai fait un solo time dédié à ce sujet. C'est l'épisode Just Do It. S'abandonner à la lumière, ce n'est pas une destination, c'est une posture. Un état dans lequel on revient encore et encore, après chaque peur, après chaque contrôle, et après chaque égo qui reprend du terrain. Et si tu as traversé cette série depuis le début, tu as peut-être remarqué quelque chose. Le chemin ne va pas vers l'extérieur, il va vers l'intérieur. Changer de regard Dépouiller le cœur, traverser l'ego et enfin faire confiance à la lumière. Ce ne sont pas des étapes linéaires, ce sont des mouvements qui reviennent tout au long de la vie.