Speaker #0Quand on se lance dans l'entrepreneuriat, on a souvent une image un peu idéalisée de ce qu'on va vivre. Du moins, on pense liberté, autonomie, épanouissement. En gros, on veut vivre de notre passion. Mais on se frotte souvent à une réalité qui est parfois un peu dure. On se retrouve face à la solitude, la pression de la performance, la fatigue, voire la perte de sens. Et si cette liberté qu'on nous vendait était devenue une autre forme de contrainte ? Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de la grande illusion de l'entrepreneuriat, celle des injonctions à la réussite, à la productivité, à la croissance. J'ai envie de vous proposer un regard lucide. On ne va pas aller dénoncer quoi que ce soit, mais on va juste aller explorer ensemble comment on peut entreprendre en conscience. C'est parti ! Les normes dominantes et les hacks à la pelle, on n'en veut plus. Bienvenue dans Passionnément Pluriel, le podcast des entrepreneuses qui veulent développer leur activité sans y laisser leur peau. Je suis Frédérique, alchimiste passionnée. Je guide les femmes qui veulent développer leur entreprise sans s'épuiser, ni sacrifier leur vie perso. On se retrouve ici toutes les deux semaines pour parler stratégie et ambition, mais aussi intuition et magie. Ensemble, on explore d'autres manières d'entreprendre. Alors laisse-toi inspirer pour trouver ton propre chemin. Bonne écoute ! Cet épisode, pour moi, il était essentiel qu'il soit là. J'avais vraiment envie qu'on ait cette discussion ensemble sur ce sujet, de réussir à entreprendre autrement. En fait, pour moi, c'est tout un cheminement qui m'a amenée jusque là. Je n'ai pas envie de te dire comment faire, mais simplement de te partager mes réflexions pour voir si, de ton côté, tu ne peux pas aussi aller plus vers un entrepreneuriat qui te correspond complètement. Je vais commencer par te parler des injonctions que j'ai le plus croisées. Il y en a énormément, mais je me suis arrêtée à trois. Je pense que tu vas vraiment les reconnaître. La première, c'est le fait de réussir vite, de se rendre visible. J'imagine que tu as déjà vu sur Instagram des messages du type « J'ai fait 10 000 euros ce mois-ci » , « J'ai doublé mon chiffre d'affaires en trois semaines » , le fameux « Si tu veux, tu peux » . Ici, l'idée, c'est vraiment d'aller toujours plus vite. de vraiment pas suivre ton énergie, mais d'aller en continu dans l'action. La deuxième injonction, c'est de produire sans relâche, toujours plus. On retrouve ça dans des promesses, souvent dans des formations par exemple, avec des messages comme « passe à l'action maintenant » , « ne laisse pas ta peur te freiner » , ou encore des mots comme « ton succès ne dépend que de toi » . C'est également ce qu'on appelle un storytelling de la performance. Souvent, ce sont des récits très lisses, où tout semble hyper simple, linéaire, c'est totalement maîtrisé. En fait, le message qu'on entend ici, c'est que réussir, c'est juste appliquer la bonne méthode. Je vais t'expliquer après pourquoi je ne suis pas d'accord. Et la troisième injonction, c'est de devoir croître sans fin. En fait, stagner ici, c'est un synonyme d'échec. Le culte du côté productif. C'est les messages comme « il faut publier tous les jours » , « il faut bâtir une stratégie de croissance » , « être visible tout le temps sinon tu disparais » , notamment sur Instagram. Quand on fait des bilans ou des planifications pour l'année suivante, c'est le cas de la période dans laquelle j'enregistre cet épisode, on nous parle toujours de prévoir des objectifs plus importants que l'année passée pour continuer à croître. Mais en réalité, ce n'est pas forcément un objectif. En fait, dans tous ces messages, on dirait qu'il y a une course à qui aura le plus gros mois, la plus belle success story ou le plus de visibilité. Personnellement, ça me rappelle beaucoup le monde du salariat. Dans les entreprises dans lesquelles on travaille en tant que salarié, il y a souvent des objectifs chiffrés, des quotas à respecter, des tableaux à remplir. Dans l'entrepreneuriat moderne, en fait, on est venu appliquer ce genre de choses avec des messages comme « fixe-toi un objectif de CA » , « traque ton nombre de leads entrants » , « analyse tes KPI » , les fameux indicateurs, les indicateurs de performance. On parle souvent de plan d'action, tu as sûrement entendu le mot « pipeline » , la performance. Et finalement, en fait, on se retrouve à se mettre la pression soi-même. Alors attention ! Ce que je dis là, c'est pas forcément dans le sens négatif des choses. On peut avoir besoin de se mettre une pression, on peut avoir besoin d'émotions fortes pour avancer, et si on en a envie, tant mieux. Mais c'est juste que si à un moment donné les émotions sont trop pesantes, là il faut se poser des questions. Finalement, on se retrouve souvent en pleine contradiction, puisqu'on est venu chercher une certaine liberté, une liberté dans le quotidien, d'emploi du temps, d'action, etc. Et on recrée avec notre entreprise les mêmes structures qui nous ont amené vers la pression qu'on ne supportait potentiellement plus. On a quitté un système pour être libre, et finalement, on se reconstruit une version de ce système dans notre entreprise. On devient à la fois celui qui manage et la personne qui est salariée. On se fixe des objectifs qui sont parfois inatteignables. On finit par culpabiliser de ne pas les atteindre. On appelle ça la fameuse autonomie de pouvoir faire ce qu'on veut quand on veut. Et en fait, ça devient presque une dictature. En fin de compte, on a quitté un emploi dans lequel on ne voulait plus rendre compte. Et finalement, on passe notre soirée à checker nos statistiques, nos ventes, nos abonnés. Bon, ici, il y a quand même la question de la responsabilité individuelle, personnelle. Parce que finalement, on se l'impose à nous-mêmes, ce système. Alors, ok, il y a tout le système autour de nous. Et parfois, on décide pas forcément de nos propres règles. Mais il y a quand même des choses sur lesquelles on a un poids et un pouvoir de décision. Finalement, le mécanisme, il est bien rodé parce qu'en fait, on a été éduqués de cette manière-là. Et on finit en fait par se fixer des objectifs irréalistes parce qu'on veut faire comme les autres. On finit par se comparer sans cesse à tout ce qui est affiché face à nous sur les réseaux sociaux. Mais évidemment, on ne voit que le succès, mais pas tout ce qu'il y a derrière. Il ne faut pas oublier que ce qu'on voit sur les réseaux sociaux, c'est un instant T. Et on finit par culpabiliser de ne pas produire assez ou de... pas avoir le temps de faire les choses comme on voudrait le faire, mais on oublie que ceux qui arrivent à faire ça rapidement n'ont pas le même contexte que nous. Notamment quand on a un emploi salarié à mi-temps, quand on a des enfants, quand on a une famille à gérer, quand on est aidant. J'ai envie de te dire que si finalement tu commences à comprendre que cette pression, tu te l'es un peu auto-imposée, c'est un peu reprendre le pouvoir sur ta manière d'entreprendre justement. C'est là où on peut se dire, ok, je suis quand même consciente que j'ai des choses sur lesquelles je peux agir et sur lesquelles je peux prendre de la hauteur. Et donc finalement, je peux essayer de trouver un système qui me convient mieux et qui répond vraiment à mes attentes. Maintenant qu'on a parlé des injonctions, j'ai envie de te parler de la dissonance qu'on peut ressentir à l'intérieur. Parfois, tu peux ressentir un malaise même quand tout semble réussir à l'extérieur. Tu peux partager une image de réussite, mais finalement ne pas te sentir bien à l'intérieur. Tu peux faire toutes les bonnes actions que tu veux, suivre tous les conseils qu'on t'a donné, remplir des tas de to-do list, et pourtant, il y a parfois quelque chose qui ne résonne pas. Et finalement, ce décalage, il peut se manifester par une fatigue, parfois un peu subtile ou parfois très présente mais qu'on ne veut pas écouter, un stress constant, une impression de ne pas être authentique, de ne pas être toi-même et d'avoir... perdu son message, de l'avoir dilué dans le temps. Mais ce qui est important de comprendre là, c'est que l'univers entrepreneurial actuel, il est largement influencé par des codes masculins. On valorise la compétition, la linéarité c'est dur à dire ce mot, dans le parcours, une hiérarchie implicite, même de toi avec toi-même. N'oublions pas que nous sommes plusieurs dans nos têtes. L'importance des chiffres, les indicateurs, il y a beaucoup de conseils, de méthodes, de stratégies qui sont construits sur ce modèle-là sans tenir compte des réalités différentes de nos vies. Ça peut être des responsabilités personnelles, familiales, des cycles de vie, il y a plein de choses qui peuvent rentrer en compte mais un système linéaire ne prend pas en compte tout ça. Cette structuration, elle peut aussi créer un conflit entre ce qu'on devrait faire. et ce qui est réellement aligné avec soi-même. Finalement, les femmes, elles sont socialisées à bien faire et à chercher l'approbation. Tu te souviens, quand tu étais petite, on te disait sûrement « Sois sage, écoute ce qu'on te dit, sois gentille » . On tente souvent, en fait, de reproduire ces codes pour être performante, finalement. Et en suivant les étapes, les méthodes qu'on nous partage, en se comparant aux autres et en se jugeant un peu trop sévèrement, bien souvent, finalement on réussit pas assez vite, assez comme il faudrait. Et en fait cette adaptation, elle peut générer un sentiment de pression constante, de la culpabilité, une perte de motivation, même si au fond t'es passionné par ce que tu fais. ça n'empêche pas que ne pas faire comme il faudrait ou comme on attend que tu fasses, ça te met une pression et un stress permanent et constant. Tout à l'heure, je te parlais d'une certaine responsabilité personnelle qu'on a dans cette manière d'entreprendre, mais là, j'ai envie maintenant de t'amener une autre vision des choses et d'aller questionner ce système en te demandant si le problème, en fait, c'est pas ta manière de faire, mais dans les règles du jeu, en fait, finalement. J'ai envie de te proposer de prendre un petit peu de recul et de te dire que Merci. ça ne vient pas uniquement de toi ou d'un manque de compétence ou de ta personnalité ou de qui tu es, comment tu transmets ton message, mais vraiment de la manière dont on attend que tu réussisses dans le système entrepreneurial actuel. Maintenant qu'on a posé le regard sur ta manière propre d'entreprendre et sur le système en lui-même, j'ai envie qu'on aille vers un changement de regard et... de voir comment on peut aller vers un entrepreneuriat plus incarné. J'ai envie de te proposer de changer de paradigme. Par exemple, au lieu de parler d'aller vers une certaine performance dans ton activité, on pourrait parler plutôt d'aller vers un alignement, vers tes valeurs, vers ce que tu veux profondément. Au lieu de parler de productivité, moi j'ai envie de parler plutôt de créativité. Comment on peut amener de la créativité dans son quotidien pour avancer vers nos objectifs ? Au lieu de parler de croissance, mot très masculin, on pourrait parler de projet à maturité, avancement sur le projet. Moi j'ai envie de te rappeler déjà, en premier lieu, que ralentir, c'est pas forcément renoncer. Pour moi, c'est choisir un chemin, choisir une manière de faire qui t'est propre. Alors évidemment, il faut l'assumer parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas facile, mais ralentir aujourd'hui, ça peut permettre de prendre du recul et d'avancer mieux, voire plus vite par la suite. J'ai envie de t'inviter aussi à entreprendre depuis toi, pas contre toi, c'est-à-dire de ne pas aller chercher la comparaison ou les meilleures façons de faire ailleurs, mais plutôt de partir de ce que toi, tu as envie de faire. Par exemple, tout le monde te dit d'aller sur Instagram parce que c'est là où il faut être et c'est là où on trouve ses clients mais en réalité si tu n'es pas ok pour écrire des postes te montrer en story parler en public ça peut être compliqué oui on peut apprendre, oui on peut sortir de sa zone de confort on en reparlera dans un autre épisode aussi de celle-là mais à partir du moment où ça vient créer un frottement etc très compliqué et que les émotions deviennent très fortes, à ce moment là il faut se poser la question comment je peux entreprendre depuis moi personnellement. En réalité l'idée là c'est pas de rejeter complètement le modèle moderne du business mais juste de remettre de l'humain dedans. Chaque humain a sa personnalité, a ses particularités, a sa fameuse authenticité mais Mais si on crée des business qui sont... tous sur les mêmes fondations, les mêmes manières d'agir, les mêmes stratégies, il n'y a plus d'humanité, il n'y a plus d'authenticité finalement. On fait la même chose que les autres. Alors, je sais, c'est compliqué, mais si on prend le temps de prendre de la hauteur, de réfléchir et justement parfois de ralentir, ça peut permettre de se dire, ok, moi je souhaite vraiment faire de telle manière et pas parce que c'est là qu'on m'attend. là que je dois être. Finalement, il n'y a pas un seul bon modèle, et d'ailleurs s'il n'en existait qu'un seul, ça se saurait, tout le monde le suivrait. Il y a vraiment des trajectoires multiples, elles sont vivantes en fait ces trajectoires. On reparlera dans un autre épisode de tout ce qui concerne la cyclicité, tout ce qui est propre, plus propre en tout cas aux femmes. Mais ce sont des choses vraiment à aller chercher à l'intérieur de soi, à analyser. et à prendre en compte pour justement avoir un trajet qui nous correspond vraiment plus intensément et plus intérieurement. J'ai encore énormément de choses à te dire sur ce sujet. Là, on n'a fait que l'effleurer. Mais je préfère conclure maintenant et vraiment faire des épisodes qui soient courts et faciles à écouter et à intégrer. Donc là, pour résumer cet épisode-là, l'idée c'est qu'on parle d'une fameuse... illusion de l'entrepreneuriat moderne dans le sens où cette fameuse liberté qu'on vient chercher elle finit par être complètement effacée si on cherche à reproduire les codes qu'on voulait fuir qu'on nous partage, qu'on veut nous inculquer et justement ce podcast il est là pour ouvrir des espaces où on peut aborder ce sujet avec plus de lucidité où on va pouvoir explorer tout ce qu'on vit au quotidien Merci. Et on va aborder régulièrement ce sujet pour continuer à entreprendre autrement. Et si ça te va, on va essayer de mettre plus de nous dans notre entreprise, plus de nos valeurs, plus de notre cyclicité, plus de nos envies, de nos enjeux. Et j'ai envie de terminer avec une petite phrase peut-être inspirante, je ne sais pas à qui elle parlera, mais en tout cas, si elle te parle, tu peux la noter. Le courage aujourd'hui, c'est... pas de chercher à mieux jouer le jeu qui t'est proposé mais plutôt d'oser en inventer un autre, en créer un nouveau qui t'appartienne complètement. J'espère que cet épisode t'aura parlé, que ce message résonne au fond de toi et si c'est le cas, n'hésite pas à t'abonner au podcast, éventuellement à me laisser les petites étoiles qui vont bien et pourquoi pas, rêvons un peu un commentaire et si tu veux Merci. aller un cran plus loin, tu peux aussi rejoindre la communauté gratuite sur Discord, la communauté passionnément plurielle. Tu y trouveras d'autres femmes comme toi qui ont les mêmes enjeux, les mêmes envies, peut-être les mêmes rêves. D'ailleurs, il y a des superbes collaborations qui naissent sur cette communauté. Je te partage le lien dans la description de l'épisode, si tu veux nous rejoindre. En tout cas, je te dis à bientôt pour un prochain épisode. Bye bye !