Speaker #1Je suis Elise, Elise Batson, j'ai 46 ans, j'ai deux enfants, j'ai une aînée qui va fêter ses 17 ans à la fin de l'année, et un deuxième, un garçon, qui fêtera ses 13 ans en septembre. suite présidente de l'association Maman Blues. J'ai fêté mes 10 ans en 2026 et j'en suis bénévole depuis 2011, donc ça fait 15 ans. C'est suite à la dépression périnatale sévère que j'ai faite pour ma fille que j'ai intégré à l'association. Dans ma vie, j'avais déjà eu des petits coups de déprime. Comme je pense au moment de la 12, j'avais perdu ma grand-mère quelques années auparavant. Ça a été très impactant psychologiquement pour moi. C'était quelqu'un qui coûtait énormément. Mais je n'ai jamais eu de dépression en tant que telle. Et je n'avais entendu parler de dépression personnelle. Ou de dépression périnatale dans son ensemble d'ailleurs. En fait, mon père a fait une dépression dans ces périodes-là. Donc je savais ce que c'était en fait. Je ne savais pas forcément. ce que ça faisait intérieurement, mais je savais ce que ça faisait quand on avait un proche ou quelqu'un, un centourage qui pouvait être touché. En fait, il y a cette idée très très préconçue de la dépression, ça te couche, donc t'es enfermée chez toi, t'arrives plus à te lever, à t'occuper de toi. Ce que je vais pas du tout vivre en fait pour ma fille, ça va être complètement différent. C'est aussi ce qui fait qu'il y a une petite nuance aussi avec l'idée de dépression classique. Il y a des gens pour qui c'est ça, qui n'arrivent plus à sortir de chez eux, de leur lit, mais c'est pas forcément ça. Donc j'ai une idée un petit peu, je dirais pas sombre, mais quelque chose où voilà, la dépression elle est visible. Et en fait, pas forcément. On parle d'expression périnatale pour englober et l'anté et la poste. Donc l'anténatal c'est... pendant la grossesse. La post-natale, c'est après la grossesse. Et pour ma part, je vais sombrer pendant la grossesse. Ça va s'installer tout doucement. Déjà à travers un trou blanc-cieux. Je suis quelqu'un qui a un petit corps-cieux dans la vie en général, mais là, ça va prendre des proportions assez conséquentes. Et puis la dépression, elle va s'installer de façon assez insidieuse, mais tout doucement pendant cette grossesse. Et elle va perdurer. en post-natal, puisque je n'ai pas du tout écrit en charge autour de ma santé mentale pendant la bonnesse. Je vais extrêmement mal quand ma fille naît. Je ne dors plus depuis, j'ai des insomnies assez importantes. Je ne dors plus plus de deux mois, je m'alimente très peu. Je pleure beaucoup. J'ai une perte de plaisir assez conséquente. J'ai des symptômes très classiques d'une dépression. Et puis il y a tout ce qui se joue autour de ma fille qui est là, qui fait que c'est une dépression du post-partum, une dépression hantée et poste, mais d'un peu quand elle naît, parce que tout ce qui se jouait autour de moi pendant ma grossesse vient se jouer autour de ma fille, de la manière dont je réussis ou pas à m'occuper d'elle, et du fait que je l'aime dès que je la rencontre, mais pour autant... La construction du lien est complexe. J'ai du mal à rentrer en lien avec cette petite fille, j'ai du mal à me dire que je suis mère de tante. Quand je tombe enceinte dès 30 ans, c'est l'enfant qui a été désiré. Sauf que c'est quelque chose qu'on m'a souvent posé comme question dans la question du désir d'enfant. Clairement, en fait, je ne sais pas si j'ai désiré ces enfants intrinsèquement. ou si j'ai reproduit le schéma familial dans lequel j'étais. On est deux, mes parents ont deux enfants, deux filles, l'homme pour ma part. Je me projetais avec deux enfants, plutôt une fille et un garçon, ce qui n'était le cas. Et donc on décide avec mon ex-mari de lancer ce projet bébé. Il va falloir à peu près 12 ans pour que je tombe enceinte. Je prenais la pilule depuis de longues années et mon cycle ne revient pas du tout tout de suite. Donc il y a un laps de temps où je n'ai aucun cycle, donc aucune possibilité de me recendre. Et donc ça va prendre du temps. Et je pense que je suis un peu comme ça. Il faut que les choses fonctionnent de prime à 20, de suite. La patience n'est pas mon fort, même si j'ai beaucoup appris. Et donc il faut patienter. J'ai la sensation d'un échec systématiquement quand ça ne fonctionne pas. Et au bout de ces deux ans, il s'avère qu'on va avoir un rendez-vous avec... Je suis une gynécologue de la cheffe émeu, je crois, pour rentrer dans un parcours de PMA. Ça fait deux ans que ça n'a pas fonctionné. Et ce rendez-vous-là, c'est au début de ma grossesse, puisque juste avant, je fais un test de grossesse et je suis enceinte. Et je pense que clairement, ça a planté des petites graines de mon mal-être. Je ne suis pas performante. J'arrive pas à tomber enceinte. Est-ce que ça va venir un jour ? Et au moment où j'apprends que je suis enceinte, je devrais être heureuse. Et c'est pas du tout le cas. Je suis soulagée de savoir qu'on a réussi, et les termes sont importants, on a réussi à... j'ai réussi à tomber enceinte, on a réussi à faire se léber. Et pour autant, très rapidement, il y a quelque chose... où je sens que je ne suis pas comme d'habitude, où je ne suis pas bien. J'apprends ma grossesse, je dois être peut-être un mois, un mois et demi. Et derrière, je vais avoir un décollement placentaire et je vais être halitée. Et c'est cet halitement qui va être un facteur aggravant de ma souffrance psychique, parce que je suis quelqu'un de bon. d'actif, voire d'hyperactif. Je n'ai jamais eu une diagnostic, mais j'en ai eu plein dedans. Et ça met un frein à ce que je suis. Je fais beaucoup de sport à l'époque. J'ai une vie sociale très active. Et là, d'un coup, c'est le néant. Il n'y a plus rien. Je suis seule chez moi. Et donc, très rapidement, je vais créer une forme de bulle. où je vais, comment dire, l'interaction sociale, elle ne va plus être importante du tout. Je vais être complètement focale sur ce que je ressens, physiquement, psychiquement. Et donc, quand je dis que c'est insidieux, c'est que ça s'installe, comme ça, ça diffuse tout doucement. Le mal-être s'installe et je vais développer de l'anxiété et un tout bansieux important. Donc oui, il y a déjà des petites billes là. Il y a des petites choses qui se parcourent un peu long, entre guillemets, de procréation. Le fait que j'ai un décollement placentaire et le fait que je sois alitée, déjà, de base, ça commence à impacter mon état de santé mentale. L'arrivée de cette enfance, j'ai perdu le contrôle sur tout. Sur ce que je souhaitais, sur ma santé physique, sur ma santé mentale. Et je pense que cette perte... de contrôle. Ça m'a plongée dans un gouffre énorme. Beaucoup de peur. Je dis souvent que j'ai sombré dans la folie et clairement j'ai sombré. Et c'est une perte totale de ce que j'étais. J'ai une perte identitaire. Et je pense que c'est trop violent en fait pour moi. De fait, ça me déstabilise de trop. Et puis comme j'ai aucun accompagnement psychologique. Ben justement. En fait, moi je sais pas ce que c'est que la dépression donc. J'ai eu des phases, je disais de déprime, mais je sais pas ce que c'est que de souffrir psychiquement. Et moi je l'intériorise, c'est la grossesse. Y'a des femmes qui doivent vivre ça, donc ce que je lis là actuellement, c'est sûrement la grossesse. Donc, y'a rien qui me raccroche à quelque chose de sécure. Y'a rien qui me dit, y'a personne dans mon entourage, c'est pas vrai. Il n'y a aucun professionnel de santé, on va dire déjà, qui ne me parle de ce que c'est que la dépression anténatale, qui me demande comment je vais psychiquement, qui me parle de santé mentale antépérinatale. Et donc pour moi, les symptômes que j'ai sont liés à ma grossesse. La perte de plaisir, l'anxiété majeure, tout ça, je me dis... Et puis, il y a très certainement une forme de déni. Enfin, je me serais vue... Moi, j'aurais bu une autre pâte sainte dans mon état. Clairement, je vais la dire, mais il y a quelque chose... chose qui ne va pas mais je suis moi, je suis en moi et moi tout ce que je perçois c'est cette douleur physique parce qu'il y a une douleur physique qui s'installe j'ai très mal au cervical assez rapidement je souffre beaucoup des cervicales j'ai des reflux importants donc je suis alitée Il faut que je porte des battements de tension pour éviter la flébite. Et puis, j'ai des contractions dès le départ. Donc, j'en ai 20 à 30 dès le premier trimestre. Donc, il y a un truc avec... Je fleure avec la douleur physique. Et constamment, je suis avec ça. Et donc, mon cerveau, lui, il réagit, je pense, parce qu'il essaie de se mettre en sécurité. Mais il n'y arrive pas parce qu'il y a des clics qui arrivent en même temps. Merci. Et finalement, en fait, tout ce qui se joue pendant son grossesse, c'est ma santé physique. Le fait, et c'est ça qui va prédominer au niveau du discours des grossesses de santé, c'est qu'on doit tout faire pour que ma fille arrive au plus tardivement que j'aille à l'école en place interne. Des menaces de fausses couches et ensuite des menaces d'accouchement plus maturé qui vont poser sur tout le monde de la grossesse. Comme il faut que je tienne le choc jusqu'au bout, c'est ça que j'ai moi, en ligne. Tu vois dans ma tête la question de contrôler, de réussir à aller jusqu'au bout. J'ai cette ligne d'arrivée et c'est ça qu'il faut que je fasse. Donc je ne m'interroge pas forcément et puis je ne sais pas. Je ne sais pas ce que c'est. La seule personne qui va m'envoyer un petit truc, Que je vais voir qu'une fois, c'est une ostéopathe. Que je vois à l'hôpital pendant ma dernière hospitalisation qui va durer deux mois et qui me demande réellement comment je vais. Mais ça n'ira pas plus loin parce qu'on ne se reverra pas. Et on n'est pas si loin de mon accouchement. Et finalement, effectivement, c'est la seule qui nous pose la question. Eugénie Collol ne nous posera jamais. Il va me poser cette fameuse question, comment vous allez aujourd'hui ? Ça va bien, très bien, au revoir, merci. Je vais boire des oeufs de cilla puer sur les hospitalisations, je vais voir la sage-femme, la sage-femme qui me suit. Je vais voir plein de monde en termes de professionnels, mais aucun qui va voir que je vais mal, ou en tout cas qui va s'interroger sur ma santé mentale. Les seules personnes qui vont vraiment se questionner, c'est mes proches. Ma sœur, qui a un an de la grossesse. J'arrive pas à me rappeler quand, qui me dit que je voudrais voir quelqu'un. Mais comme moi, dans ma tête, c'est la grossesse, bah non, je veux pas aller voir un psychologue, puisque c'est fou, c'est la grossesse. Et la personne qui va tirer la sonnette d'alarme, c'est une mecque de la mer, qui a un passé d'améliore. Et donc, qui s'inquiète pour moi. C'est elle qui vient s'occuper de moi. En fait, je vais avoir une hospitalisation de deux mois. Alors, je fais une crise d'angoisse majeure. Je crois que je suis à peu près à 7 mois. Quelque chose comme ça, je ne suis pas très dente sur les tailles et demie. J'ai une crise d'angoisse majeure qui fait que j'ai l'impression que je vais mourir d'une crise cardiaque. Je vais à l'hôpital où je suis suivie, à la maternité. Ils font un examen. Ils vérifient que je ne veux pas de crise cardiaque. Je ne veux pas de crise cardiaque. Mais par contre, mon col s'est ouvert. Donc, ils vont me garder pendant deux mois. C'est un peu moins de 7 mois. Mais comme l'accouchement ne doit pas arriver là, je vais avoir des piqûres de Célestine pour la maturation des poumons de ma fille. Et donc sur ces deux mois, je vais voir plusieurs prestataires de santé. Et au bout de ces deux mois, je vais rentrer à domicile. Je suis à 35 semaines d'aménorée. Et je dois encore finir deux semaines pour sortir de la grande prématurité. Et à l'époque, c'est mon ex-belle-mère qui vient parce qu'elle ne travaille plus. d'être déjà à la retraite et qui un jour me dit que elle sent que ça va pas et elle va me proposer d'appeler le CFB le centre médico-psychologique de mon quartier je vais les avoir au téléphone je pense peut-être ça je m'en souviens pas trop et en fait ils vont venir à la décennie me voir pendant les deux semaines ils vont venir la première fois sur la 36ème semaine Et la 37e semaine lui a bouché donc ils vont venir à l'hôpital. Donc en fait la personne qui a été ma personne ressource, qui a vraiment fait en sorte qu'il y ait une première entrée dans quelque chose, c'est mon intime. Je n'ai jamais consulté de psy avant. Quand elle me... Je me propose, je ne sais pas trop ce que c'est que le CMV, et surtout je vais tellement mal que la question ne se pose pas. Il faut quelqu'un dans la boucle, peu importe qui c'est, il faut quelqu'un qui entende que je vis quelque chose de difficile et qui m'aide. Et moi je le perçois comme une aide en fait, à ce moment-là. Si ou pas, voilà. Et donc c'est deux personnes qui vont venir. La première fois, c'est une pédopsy et une infirmière psy. Peu importe en fait quel métier elles exerceraient, elles sont là pour moi et je déverse en fait. Donc ça me fait beaucoup de bien et puis je sens une écoute réelle. Là on n'est pas dans « comment vous allez madame ? » « ça va très bien, on voit » . On est dans quelque chose où elles vont rester, je pense qu'elles restent bien une heure à la maison. Je peux te le dire là, parce qu'elle a 17 ans. Sur le moment, tout ce que je ressens, c'est encore l'angoisse. Donc elle naît, il y a 2-3 heures de battement où je redescends. Et puis je le dis souvent, elle naît un 4 novembre, il fait nuit à 5 heures. La nuit descend, tourne, mon ex-mari repart, il me retrouve toute seule avec son bébé. Et là, le truc qui était presque parti, je me suis dit « Yes, c'est parti » , l'angoisse remonte de façon exponentielle. J'ai décidé d'allaiter cet enfant. Ça ne se passe pas du tout, du tout, comme je l'avais imaginé. Dans ma tête, un bébé, ça dort 20h sur 24. Cet enfant ne dort pas autant. Et puis, je la rencontre. Je ne la connais pas. C'est qui ce bébé ? Comment je m'occupe d'elle ? Comment je réponds à ses besoins ? Qu'est-ce que je dois faire quand elle pleure ? Est-ce qu'elle a faim ? Est-ce qu'elle a besoin d'être changée ? Etc. Et en fait, l'angoisse que je reportais sur « j'ai eu peur de mourir pendant toute ma grossesse » , ça se reporte sur ma maternité et sur comment je m'occupe de cet enfant. Et c'est ça qui se passe dans ma tête. Tu parles de brouillard cognitif, je suis dans le brouillard. Rien n'est ordonné, tout est source de stress. Je me fais engueuler par les professionnels de santé à la mater parce que je ne fais pas correctement. Et moi, tout ce que j'ai besoin, c'est qu'on me donne un mode d'emploi. Qu'on me dise, bon, là, elle a faim, vous pouvez la mettre au sein. Ça se passe comme ça. En fait, ce n'est pas du tout ça qui se passe. Ils sont débordés déjà à l'époque. Et je n'ai pas des discours qui sont cohérents, tout est contradictoire. Donc je sais, moi qui suis complètement à la rue, Savoir ce qui est bon pour ma fille, à cet instant T, quelle décision je dois prendre, c'est difficile. Et en fait, je ne me questionne pas sur le lien qui nous unit. Je me dis simplement, je ne sais même pas si je m'inquiète quelque chose, mais en tout cas, tout ce que je perçois, c'est que c'est dur. C'est dur et ça continue de faire souffrir. Je souffre psychiquement, vraiment, beaucoup. Et là, les personnes du CMT m'ont mené un coup. avec une personne d'une association lyonnaise d'allaitement, parce que j'ai dit que l'allaitement ne se passait pas bien. Et donc elles reviennent, là aussi on échange, mais je ne me souviens pas forcément de ce qu'on se dit. La seule chose que je sais, c'est qu'elles m'encouragent. Elles me disent que je fais bien, qu'il faut que je perds et que c'est sévère, que l'allaitement c'est difficile à se mettre en place. Elles sont très bienveillantes. Donc il y a vraiment un truc hyper couning. Mais je vais les voir que là, et puis après je vais rentrer à l'assiette. Je rentre à J5. Je suis extrêmement angoissée de rentrer. Je ne vais pas pouvoir assurer la maison. Je sens tout doucement que je continue de descendre. Et le jour où je rentre de la maternité, je vais décontencer. Je vais perdre pied complètement. Et je vais me retrouver aux urgences psychiatriques. Le plus gros centre sur le Rhône. pour une prise en charge, rapidement. En fait, mon ex-mari, quand je commençais à décompenser, est très inquiet, il appelle sa maman, elle dit d'appeler le SAMU. Non, Vich, je crois que c'est le SAMU. Le 15, le 15 de l'époque. On va avoir tous les deux un médecin régulateur au nom du fil, et ce médecin régulateur va conseiller à mon ex-mari de m'emmener aux urgences. Ce jour-là, je suis reçue aux urgences psychiatriques, donc il est posé un diagnostic de dépression postnatale. Et il me demande ce que je souhaite pour la suite. Donc moi tout ce que je veux c'est dormir, parce que je suis épuisée psychiquement, physiquement. Et puis je veux qu'on s'occupe de moi. Je retombe dans quelque chose de l'ordre de l'enfance. Comme petite fille, on aurait même besoin qu'on s'occupe d'elle. Ils vont me demander ce soir-là, ils vont me demander de ne pas rentrer chez moi. Je vais aller dormir chez mes parents. Je vais rester deux jours chez mes parents. C'est mon ex-mari qui s'occupe de notre fille. Et on retourne aux urgences psy deux jours plus tard. Et là, en fait, il m'avait parlé du MB, l'immunité mère-enfant. Mais mon état psychique est vraiment trop dégradé pour que je sois prise en charge en immunité avec elle. Donc je vais être hospitalisée en clinique psy classique. Deux mois, ma fille va rester avec son père. Les 15 premiers jours, je n'ai pas de visite, c'est interdit. C'est le temps que les choses se mettent en place. Et je vais avoir... qu'un jour. Le lien est complexe parce que je suis contente de la voir mais je me sens extrêmement coupable de la laisser seule avec son papa parce que c'est pas comme ça que les choses auraient dû passer. Et de deux, je suis extrêmement coupable quand même malgré tout de la voir repartir parce que je me sens hit à soulager quand elle repart. Je suis pas en capacité de m'occuper d'elle clairement, c'est pas possible. Déjà j'ai du mal à m'occuper de moi. Et donc au bout de ces deux mois d'hospitalité, un peu avant, Quinze jours avant la fin de mon hospice, c'est un petit peu long, la psychiatre qui me suit est aussi pédopsychiatre dans une unité. Et ma fille présente des souffrances. Elle a des troubles alimentaires, des troubles du sommeil, et elle a beaucoup d'eczéma suite à la séparation précoce. Donc il nous est prévu de proposer, enfin c'est elle qui va être la patiente, une place, à l'époque ça s'appelle une unité de psychopathologie périnatale. L'objectif, c'est de nous accompagner, de voir comment elle va, d'observer le lien et de nous accompagner dans la rencontre et de voir aussi, elle, comment on peut l'accompagner sur ce qu'elle vit. Et donc, ça, ça se chevauche avec ma propre hospitalisation sur deux ou trois semaines. Moi, je vais rentrer à domicile après cette première hospitalisation en psychiatrie adulte et on va continuer sur l'hospitalisation en IT pendant six mois. Le travail est une vraie bouillie, le sauvetage. Ça me permet d'être quelqu'un d'autre ailleurs que simplement la mère dans ma vie. À côté de ça, j'ai aussi un... Donc je retente avec le CMP, à la sortie de la clinique psy. J'attends qu'un jour, il s'avère qu'en fait, ils ne peuvent pas me prendre, ils n'ont pas de place et je ne suis pas un cas urgent. Donc je vais voir un premier tiquéâtre. C'est à Cata, je le vois deux fois, j'arrête rapidement. Et ensuite, je finis par trouver une autre psychiatre, parce que je n'ai pas les finances pour payer les psychologues à l'époque. Et je vois cette psychiatre à raison de deux fois par semaine. Tout ce suivi va s'arrêter à la fin de l'hospitalisation en unité mère-enfant. Mon suivi personnel s'arrête aussi avec la psychiatre. Et j'arrête aussi le traitement médicamenteux, puisque j'avais un traitement au week-end. On prend des antilé-dresseurs et des onsulatikis. Pour autant, on n'est pas sortis de l'auberge. On n'en est pas complètement sortis, on meuline encore des troubles alimentaires importants. Et je dis souvent qu'on en est complètement sortis, et je mets des grandes guillemets. Quand elle avait un an et demi, ou à peu près un an et demi, on se sépare avec son papa, divorce. Et au niveau de l'alimentation, je vais me mettre... avec quelqu'un d'autre, je rencontre quelqu'un et je me mets avec cette personne, qui est donc le papa de mon fils. Et lui va mettre le holà sur la question de la nourriture, parce qu'il y a un vrai affrontement avec ma fille sur la nourriture. Et elle, c'est un an et demi. Elle mange. Ça s'arrête complètement. Elle mange et il y a plus de problématiques alimentaires. Je disais souvent qu'on s'en était complètement sorties. Rien de non. Non, entre guillemets. Parce qu'en fait j'ai gardé des séquelles de ce passage. Des séquelles sur mon sommeil. J'ai un sommeil qui est très impacté par tout ce qui peut se passer dans ma vie au quotidien. Dès qu'il y a des choses qui me stressent ou qui m'angoissent ou qui prennent de la place de mon cerveau, je vais dormir peu ou j'ai des insomnies importantes. Je disais tout à l'heure que j'avais quand même souffert d'un stress post-traumatique. qui a été un stress post-traumatique complexe ensuite parce qu'il y a eu plusieurs médicaments qui se sont alimentés les uns les autres et finalement ça m'a mis dedans. il y a quelques années. Et puis je pense qu'aujourd'hui, on voit une garrison des séquelles de son vécu in utero, de notre passage en hospitalisation et de ce qu'elle a traversé en fait, quand elle était toute petite. Donc on en est sorti, mais pas indemne. Voilà, je pense qu'on a bien morflé et on a encore des stigmates. C'est une exposition nationale et un peu internationale de à peu près 80 bénévoles de ce jour, toutes des femmes concernées par des souffrances psychiques en période périnatale. On parle de difficultés maternelles pour englober tout ce qui peut être traversé au-delà du pathologique, parce que toutes ne vont pas se retrouver dans un tableau de dépression. Donc le fait que parfois on se sent sur le fil, on sent qu'il y a quelque chose qui n'est pas... qui n'est pas confortable. Et pourtant, on n'est pas au fond du fond. Ça peut être compliqué d'être mère. Et donc, on va apporter une première écoute, un soutien régulier ou pas. Et puis, on va apporter du collectif à travers un forum d'échange, ce qui est attaché à notre site internet. Et puis, à travers nos groupes de paroles, puisqu'on a des groupes de paroles à viser dans Thérapeutique. J'insiste là-dessus. L'objectif de l'association, ce n'est pas de se substituer Quelconque accompagnement, l'objectif de l'association ça doit être complémentaire et même parfois de pousser, pas pousser fort, mais d'inviter les personnes qui nous contactent à entrer dans le soin quand elles auront besoin. Donc il y a cette mission aussi d'orientation puisque l'on oriente les personnes concernées vers des professionnels de santé et ou des structures qui vont pouvoir les accompagner sur ce qu'elles vivent. Et puis à côté de ça, il y a toute la partie parents. On soutient principalement des femmes et parfois ça peut être le coparent qui l'aime jusqu'à vous. Et puis il y a toute la partie institutionnelle, politique on va dire, où il y a un vrai combat de notre part pour faire connaître, reconnaître la question de la difficulté maternelle, pour faire en sorte que les professionnels de santé, quels qu'ils soient, quel que soit le bord d'une ou une hygiène, soient sensibilisés à ce sujet-là. Que ce soit la pharmacienne, que ce soit le kiné, que ce soit le médecin généraliste, que ce soit le gynécologue, etc. Le diabétologue, tu vois. Qu'il soit sensibilisé à ce sujet-là. Et puis qu'on puisse vraiment, je dirais, pouvoir proposer des parcours coordonnés de soins. Quand il y a un parcours de soins. Qu'il ne soit pas un professionnel de santé d'un côté, un professionnel de santé de l'autre. Qu'ils se coordonnent les uns les autres, surtout quand des troubles psychiques préexistants. un trouble ébolaire, etc., ou des troubles physiques qui impactent la santé mentale, que chacun se coordonne pour proposer du soin qui soit adapté à la personne, qu'on soit sur du soin personnalisé, qu'on ne soit pas sur, aujourd'hui, l'accompagnement, il est extrêmement standard, donc l'objectif, c'est aussi de se raccrocher, d'avoir en tête que la personne a des besoins bien spécifiques, en fonction de ce qu'elle est, de son parcours physique, de son parcours aussi d'enfance, d'histoire familiale, etc. Et puis, on intervient sur toutes les sollicitations sur lesquelles on peut nous demander d'intervenir sur la conférence, on peut nous demander d'intervenir sur une table ronde, on peut nous demander d'être là sur une soirée des barques, d'un film. L'objectif, c'est vraiment de faire de la prévention, de la sensibilisation, et de... Vraiment être sur, je parle de parcours coordonné, mais c'est aussi d'un parcours de soins qui soit adapté à ce que la personne va vivre. Parce qu'on se rend compte que parfois, on va proposer du soin qui compte du tout ce que la personne a besoin à l'instant T. Donc il y a vraiment quelque chose à travailler sur la manière dont on propose du soin, dont on propose de la médication, dont on propose une hospitalisation. C'est énorme en termes de ce qu'on pourrait faire. Donc on avance, ça n'a pas de vélos, mais on avance. Alors, la première chose, avant je disais souvent parler, parler à une personne de confiance. Aujourd'hui je dirais surtout, c'est pas une question de prête-vous confiance, mais si vous sentez que ça va pas, même si c'est un petit truc, en fait, vous avez le droit d'en parler. C'est pas juste, oui c'est normal, ça va passer. Si vous, vous avez en tête que... C'est complexe. Pour x ou y raison, tentez de trouver la personne de confiance qui va vous écouter, bien évidemment. Ça peut être un roche dans un premier temps, ça peut aussi être un prudent de santé. Enfoirée de cette parole, elle vous appartient. Et c'est pas parce qu'on est mère de génération en génération qu'il y a des femmes qui naissent mères depuis des millénaires et des millénaires que c'est pas compliqué.