- Speaker #0
Bonjour, aujourd'hui on va commencer un nouvel épisode de Gaëlle le podcast, le portrait. Aujourd'hui, la personne que je vais vous présenter, c'est Laurence Briand, qui est une artiste multidisciplinaire, notamment elle est actrice, chanteuse, productrice, auteure. Et puis bon, on va découvrir avec elle ses autres facettes. Bonjour Laurence.
- Speaker #1
Bonjour Gaëlle.
- Speaker #0
Comment tu vas ?
- Speaker #1
Super bien, je suis ravie qu'on se rencontre pour partager une petite discussion toutes les deux.
- Speaker #0
Ok, moi aussi, ça faisait longtemps que j'avais envie de te rencontrer autour de Gaëlle Le Podcast pour vraiment dresser ton portrait et montrer un peu à tout le monde les différentes facettes de ton parcours artistique. Peux-tu nous parler de tes débuts et de ce qui t'a poussé à suivre cette voie ? Déjà, peut-être... Ce serait intéressant que tu nous dises comment tu as commencé ta carrière d'artiste. Qu'est-ce qui t'a poussée à être intéressée au monde artistique sur ces différentes facettes ?
- Speaker #1
Je dirais que depuis toute petite, j'ai toujours eu envie d'être sur scène. Quand j'étais petite, je faisais des spectacles, je montais sur la table du salon de mes parents. Je les saoulais à chanter les chansons du club Dorothée, tout ça. Donc ça a toujours fait partie de moi. Je ne sais pas très bien d'où ça vient parce qu'on n'est pas vraiment une famille d'artistes. Mes parents ne m'emmenaient pas au théâtre. très peu au cinéma, donc je ne sais pas d'où vient cette fibre et cette envie d'être vue en tout cas, d'être sur un plateau et d'exister un peu par là. Toujours est-il que j'ai commencé un parcours basique, j'ai commencé à l'Académie, comme tout le monde, et puis après je suis rentrée au Conservatoire de Bruxelles, où j'ai fait mon cursus de comédienne, plus ma licence en agrégation.
- Speaker #0
Et donc, tu as commencé du coup par le théâtre ou… Oui. Par le théâtre.
- Speaker #1
Oui, j'ai toujours commencé par le théâtre. Ça a toujours été les mots, l'envie de se frotter à des textes et de se frotter aussi aux grands auteurs, quoi. Molière, Shakespeare, en pure déclamation, Lamartine. Enfin, vraiment, moi, j'aimais vraiment le texte, j'aimais vraiment la langue française, j'aimais vraiment les mots.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu n'as jamais eu l'envie… à l'époque déjà d'écrire tes propres pièces et de monter un spectacle ?
- Speaker #1
En fait, j'écris depuis toute petite. J'ai retrouvé dans mon journal intime un truc que j'avais écrit sur les champignons. Une histoire quand j'avais 7 ans, quelque chose comme ça. J'avais écrit une petite histoire. J'ai toujours écrit. Quand j'étais en humanité, j'ai écrit des pièces que j'ai proposées à des concours. J'ai toujours écrit. Et puis... Évidemment, avec mon parcours de chanteuse, la forme la plus immédiate finalement d'écriture, c'est la chanson. Parce qu'il y a un texte, généralement ça fait une page, une page et demie. Et puis on en fait quelque chose et ça devient une musique. Et c'est très immédiat en fait par rapport à écrire une pièce, un scénario. Oui,
- Speaker #0
ça prend plus de temps. Le processus créatif aussi est plus long.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis quand on écrit un scénario, il faut un réalisateur, il faut un producteur, il faut d'autres acteurs. Donc il n'y a pas cette immédiateté que j'ai pu trouver. dans l'écriture de chansons.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et est-ce que tu pourrais dire qu'il y a eu un moment décisif dans ton parcours d'actrice, par exemple, qui t'a poussée à te dire « j'ai envie de faire autre chose que de l'acting ? »
- Speaker #1
Non, je dirais que... Quand j'ai fini le conservatoire, j'ai très vite compris qu'il fallait se bouger les fesses et que si j'avais envie que les choses existent, il fallait que je les fasse par moi-même. Et donc le premier déclic, ça a été de monter ma compagnie, Toc Toc Art, qui est une compagnie de théâtre avec laquelle j'ai produit pas mal de spectacles pendant pratiquement dix ans. Et ça, ça a été vraiment le premier moteur de passer à quelque chose de concret. Donc d'une idée à, tiens, qu'est-ce qu'on fait ? On monte un projet, on fait des dossiers. Ça a été la première pierre à l'édifice par rapport à ça.
- Speaker #0
Quel type de défi tu as pu rencontrer justement quand tu essayais de monter tes pièces ?
- Speaker #1
Toujours le premier défi, c'est le défi financier parce que la culture, il y a peu de moyens, il y a peu d'argent. Et donc, le premier défi, il est financier. Après, il y a l'envie qui est là et qui est plus grande un peu que tout. mais oui et puis c'est trouver des choses intéressantes à dire, aussi à défendre, à monter. Moi, j'ai une période où je lisais énormément de théâtre, je cherchais des choses à monter, notamment pour les filles, parce qu'il y a beaucoup de rôles en théâtre, mais ce sont beaucoup des rôles masculins. Le théâtre est vraiment beaucoup écrit, finalement, pour les hommes. Ce qui est assez parlant quand on va au théâtre et qu'on voit les personnes qui saluent à la fin, souvent, il y a plus d'hommes que de femmes.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Donc, il y a ça aussi. D'où le fait que moi, j'ai eu envie d'écrire et que j'ai écrit mon seul en scène parce que là, quelque part, c'est une manière de reprendre le pouvoir, de reprendre finalement son histoire, de la raconter, de travailler sur ses mots, de travailler sur soi et sur différents personnages et sur ce qu'on a vraiment envie de faire sans dépendre du désir de quelqu'un.
- Speaker #0
Mais du coup... quand tu arrives à ce processus-là, comment tu fais pour justement diffuser...
- Speaker #1
Le processus d'écriture, tu veux dire ?
- Speaker #0
Oui, donc quand tu as fini de monter ta pièce, de trouver les différentes personnes avec qui travailler, comment tu fais pour...
- Speaker #1
En fait, il y a plusieurs moyens de fonctionner. Moi, j'ai fonctionné de diverses manières. Parfois, j'allais trouver d'abord un metteur en scène avec une envie de bosser avec lui, puis on cherchait un texte, on se mettait d'accord, on demandait des budgets... Par rapport à ce texte-là, je pense notamment à la robe de Gulnara, qui a été mise en scène par Geneviève Damas. C'est comme ça que ça s'est passé. Et puis après, on était deux comédiennes à avoir cette envie de travailler avec elle. Et puis après, on a monté l'équipe autour de ce projet. Donc ça, c'était une manière de fonctionner. Une autre manière de fonctionner, c'est que moi, après ce projet, j'ai eu envie d'écrire et de créer mes projets de cabaret avec la compagnie. Donc des cabarets chantés, dansés.
- Speaker #0
Et donc,
- Speaker #1
je les ai écrits parce que ça n'existait pas. On n'a pas une culture en Belgique du cabaret. et de la chanson, comme il peut y avoir cette coutume-là en France. Donc, ce que j'ai fait, c'est que je me suis dit, OK, je prends une thématique, j'ai envie d'écrire quelque chose. Mais par contre, ma démarche, c'était d'avoir un point de chute. C'est-à-dire, il fallait que j'ai une salle, un endroit où j'allais jouer et une date. Pour que je puisse me cadrer en disant, OK, on est en juin, je sais qu'en février, je joue, donc il faut que j'écrive pendant l'été. Il faut que je réunisse l'équipe et comme ça, et on place les répétitions et ça se faisait un petit peu comme ça. Et pour mon seul en scène, par contre, là, ça a été un processus beaucoup plus long parce que j'ai amorcé cette écriture il y a plus de dix ans maintenant. Et puis, je l'ai laissée dans un tiroir. Et puis, j'y suis revenue grâce à Mohamed Ouchen.
- Speaker #0
On va y revenir après puisque c'est ton actus aussi. Tout à fait.
- Speaker #1
Tu remarques comment je l'ai mise. Oui,
- Speaker #0
je vois, je vois, tout à fait. Donc maintenant, ce que j'aimerais aussi voir avec toi, c'est quels ont été tes défis en tant que femme, finalement, métisse, justement dans ton parcours d'actrice au cinéma, dans les séries, après le théâtre, parce que finalement, tu as aussi joué dans des films, tu as aussi fait d'autres. Quels sont les défis et quelles sont les difficultés justement de trouver sa place dans ce milieu-là en fait ?
- Speaker #1
En tout cas, au conservatoire, on joue un peu tous la même chose. C'est-à-dire que quand on a un projet de classe, tout le monde joue Shakespeare, tout le monde joue les rôles, tout le monde part. On ne se pose pas trop la question de la couleur et tout ça. C'est plutôt quand on sort après. Moi, j'ai eu énormément de propositions d'infirmières, par exemple. Ça, c'est vraiment ma bande demo. On peut voir, c'est les femmes en blanc. Et c'est... Très bien d'un côté, mais c'est vrai que c'est un petit peu... Les défis, c'est de sortir un peu de ces emplois et de ces choses qui sont un peu clichés, les métisses, forcément, elle est infirmière. Elle n'est pas médecin, elle est infirmière.
- Speaker #0
Donc tous ces stéréotypes, finalement... Oui, parce qu'il y en a...
- Speaker #1
On a beau dire, oui, bon, il ne faut pas exagérer, mais c'est vrai que moi, un premier casting que j'ai fait pour une série belge, que je ne citerai pas, mais je suis arrivée et c'est vrai que j'arrive au casting et... j'étais toute jeune comédienne à l'époque, premier casting, je suis là, et la directrice du casting me dit « Ok, on va commencer une présentation, tu te mets là et tout. » Et elle avait un assistant. Et l'assistant lui dit « Mais tu vas vraiment la caster pour ce rôle-là ? » Elle leur dit « Ben oui, pourquoi ? » Et moi, je suis là en train d'attendre, et du coup, moi je fais « Oui, parce que... » Je lui ai vraiment fait le geste. Et alors, là, j'ai vu la directrice qui a dit « Ah, c'est pour ça que tu dis ça ? » On s'en fiche qu'on ne voit pas. On ne voit pas ses parents. On s'en fiche qu'elle est noire.
- Speaker #0
Donc là,
- Speaker #1
tu fais OK, super. C'est très délicat. Je suis là.
- Speaker #0
Donc, en fait, finalement, les gens ne se cachent même pas.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas méchant. C'est juste que j'étais un peu là au milieu. Le gars qui était de s'en sortir, de dire oui. Il y avait un gros malaise. Et c'est plein de trucs comme ça. Parfois, on me dit que je n'étais pas assez noire, que ça n'irait pas. Ou que ce n'était pas l'idée, que ce qu'on se fait était trop blanche. Que je n'étais pas assez africain. Tous des trucs comme ça que j'ai entendu. Tu fais bon. Et comme il y a aussi le fait que je suis métisse, donc créole, mais je ne parle pas le créole. C'est un jour où on cherche une métisse comédienne créole. je ne parle pas la langue. Il y a tout ça. Moi, j'ai grandi en Belgique dans une éducation, on va dire, assez blanche. Il y avait tous des blancs autour de moi. Donc, je n'ai pas cette espèce de fibre avec ma culture parce que je n'ai pas du tout été baignée dedans. Et c'est vrai que parfois, quand on s'imagine... Donc,
- Speaker #0
tout ce qui est afro-descendant, tu n'es pas assez connectée pour te dire que...
- Speaker #1
Parce que je n'ai pas eu cette fibre-là. Mon père a toujours rejeté ça. Donc, il ne me l'a pas transmis. Et je sais que parfois... certains castings.
- Speaker #0
C'est problématique.
- Speaker #1
On me voyait métisse et donc on me disait bon, là, tu vas faire un peu la Black, tu vas faire un peu la Beyoncé, tu vois, les 1-1-1. Je ne sais pas du tout faire ça.
- Speaker #0
Ce n'est pas du tout toi.
- Speaker #1
Mais en fait, moi, oui, OK, je bois bien, mais en fait, Beyoncé, c'est très chouette, mais ça ne me parle pas du tout. Ce n'est pas du tout mon esprit. J'adore Beyoncé, tout ce que tu veux, mais ce n'est pas... C'est pas mon énergie. Et donc, sous prétexte que je suis métisse, on fait, OK, toi, tu vas faire la black. Donc, en fait,
- Speaker #0
on te catégorise, on te met dans une case.
- Speaker #1
Mais on s'imagine des choses, tu vois. On fait, OK... C'est comme dans la série 10%, quoi, où la comédienne métisse, je ne sais plus comment elle s'appelle, qui arrive pour un casting et dit, OK, toi, tu vas danser du hip-hop. La meuf, elle ne danse pas. Enfin, OK, ouais, t'es black. Forcément, tu danses au pop et forcément, tu as du rythme. Non, en fait.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, c'est ça qui est parfois difficile. C'est qu'il y a des stéréotypes qui sont tellement ancrés socialement que quand tu ne rentres pas dans ces cases-là ou quand tu ne sais pas faire, on te dit oui, mais en fait, comment ça se fait ? Oui, c'est ça. Du coup, tu dois essayer de te trouver une place parmi toutes ces discriminations. tous ces stéréotypes. Mais ça change,
- Speaker #1
ça change vraiment parce que moi, au début de ma carrière de comédienne, je ne faisais pas de pub. Et je dois dire que je remercie vraiment la publicité parce que j'ai des rôles de premier plan, je suis sur le devant de la scène dans la publicité et vraiment, là, pour le coup, j'ai une vraie place et c'est assez agréable parce que ça a vraiment évolué. Au début de ma carrière, je n'avais pas cette sensation-là. Et puis là, maintenant, il y a de plus en plus de place pour la diversité dans la publicité et c'est vraiment génial. Et je remercie vraiment tous les directeurs de casting. Ils pensent à moi très régulièrement et c'est vraiment une chance.
- Speaker #0
J'espère que ce sera pareil dans le cinéma et dans le théâtre à l'avenir. Je pense que les gens se rendent de plus en plus compte que les gens ont besoin de représentation.
- Speaker #1
D'ailleurs, un exemple, quand on avait joué cette pièce, La robe de Gulnara, on avait commencé ça en 2012, 2014, si ma mémoire est bonne, on faisait beaucoup de scolaires. Et dans la pièce, il y avait cinq personnages. Il y avait Saïd Jafari, qui est d'origine maghrébine. Il y avait moi, qui est martiniquaise. Et donc, il y avait des personnes issues de la diversité sur la scène. Et donc, on jouait des réfugiés entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Ça s'y prêtait aussi. Mais mes parents, les comédiens qui jouaient mes parents, Gérald Wautier, qui maintenant malheureusement est décédé, et Anne Sylvain, et ma sœur Maya Goupap, ils étaient blancs. Et donc, c'est... Enfin, je veux dire, c'est des conventions aussi en théâtre. Eh bien, les élèves qui sont venus nous voir, parce qu'on a eu des échanges dans les scolaires, c'était vraiment génial parce qu'ils nous ont verbalisé. Ah, mais c'est chouette. Enfin, on voit des gens comme nous sur scène. Ça nous fait vraiment du bien. Du coup, ça nous intéresse, ça nous parle. Parce qu'on se reconnaît, parce que du coup, on se voit nous-mêmes sur scène.
- Speaker #0
Donc, ça donne une certaine...
- Speaker #1
C'est hyper important.
- Speaker #0
Non, non, mais les gens ne se rendent pas toujours compte de ça.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que le théâtre... Quand moi, j'étais encore en humanité, c'était très blanc. Voilà, parce que c'est comme ça, parce que c'est une culture du théâtre et que je ne me reconnaissais pas. Après, je ne le conscientisais pas forcément, mais je n'avais pas d'exemple de moi sur scène.
- Speaker #0
Et là, maintenant, le fait de toi être sur scène, ça permet justement à toutes ces petites filles, tous ces petits garçons...
- Speaker #1
Je l'espère. Et il y a d'autres comédiens sur scène en Belgique qui ont la chance d'avoir une grande visibilité aussi. Et qui peuvent donner cette visibilité-là aux ados. Parce que c'est vrai qu'il y a des ados qui vont me dire « moi, je n'aime pas le Théâtre, ça ne m'intéresse pas » . Mais parce qu'ils ne s'y reconnaissent pas, en fait.
- Speaker #0
Oui, donc moi, je pense que c'est bien que ça change.
- Speaker #1
C'est bien que ça change.
- Speaker #0
Mais maintenant, il faut trouver plus de place pour pouvoir justement... jouer toutes ces pièces de théâtre qui sont mises sur pied par les gens de la diversité.
- Speaker #1
C'est vrai, quand on voit les anglo-saxons, quand on voit certaines séries comme les Chroniques de Bridgerton, c'est génial. Alors évidemment, ce n'est pas historiquement vrai, mais c'est ce pouvoir du cinéma qui permet justement cette diversité d'exister et qui permet justement de dire « Ah bah en fait, c'est génial parce que moi, quand j'ai commencé, je rêvais moi de tourner. » des films en Versailles avec des robes, des crinoines, des perruques.
- Speaker #0
Des films d'époque,
- Speaker #1
quoi. J'ai vite rendu compte que ça n'allait pas être possible parce que là, historiquement parlant, c'était pas bon. Je pouvais faire La Paysanne éventuellement, mais l'aristocrate.. Ou La Servante. Voilà, ou la servante, tu vois. Mais par contre, je pense que voilà, j'aurais été en Angleterre, chronique de Bridgerton, qui dit « c'est génial, elle porte la crinanile, elle porte la robe » , et personne ne se pose la question en mode « c'est pas historique » , enfin oui, il y en a certainement. Mais c'est génial parce que ça donne cette possibilité de se dire « moi aussi j'ai le droit d'avoir cette belle robe, même si historiquement parlant, c'est pas vrai, en fait, on s'en fout, on n'a pas toujours besoin de faire des choses qui sont vraies historiquement. » Et puis le cinéma, le théâtre, ça... Faire rêver aussi. permet de réinventer aussi une histoire, de se réapproprier des choses et de rêver une autre réalité. Et ça fait partie aussi du divertissement et du plaisir. Je vais apprendre un peu mieux l'anglais, mais... Mais là,
- Speaker #0
t'es déjà en apprentissage.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Est-ce que dans ta carrière d'artiste en général, est-ce qu'il y a un échec particulier qui t'a marqué et qui a... qui t'a permis de rebondir et de te redéfinir ?
- Speaker #1
Pas vraiment des échecs. Je pense que c'est un long chemin qui se poursuit et qui continue. Je ne dirais pas qu'il y a eu des échecs, parce que j'ai toujours travaillé depuis que je suis sortie du conservatoire. J'ai toujours continué dans l'activité. Je ne suis jamais restée passive. Disons que j'avais arrêté le théâtre à un moment que j'en avais un petit peu marre de traîner des projets, de tout porter sur mes épaules. et donc j'ai fait une pause... Et donc, je suis allée plus vers la musique, je suis allée plus vers le doublage et vers la pub. Et ça m'a fait énormément de bien. Mais maintenant, je reviens au théâtre. Donc, non, je dirais plus qu'il y a eu des pauses ou des variations de choses, mais pas vraiment. Je ne le vois pas en tout cas comme un échec.
- Speaker #0
OK. On va un peu parler de musique.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
On va là. Donc, déjà, explique-nous un peu ta démarche musicale. Parce que bon, c'est quand même une musique assez atypique que tu fais. Donc, c'est de la pop. mais de l'aquapop, c'est ça ?
- Speaker #1
French Pop Aquatic avec des influence world.
- Speaker #0
Voilà, et qu'est-ce qui t'a inspirée ? Qu'est-ce qui fait que tu as eu envie de faire ça ? Et qu'est-ce qui t'inspire à écrire des chansons ? Quel est ton processus créatif ? Ça fait beaucoup de questions ! Voilà, je te laisse le temps d'y répondre.
- Speaker #1
Déjà, comment ça a commencé ? C'est-à-dire que depuis que je suis petite, j'adore chanter. Ça, c'est vraiment, je cassais les oreilles à tout le monde. Chanter, chanter, chanter. Vraiment, ça a toujours été une vraie, vraie passion. Mais c'est vrai que j'ai commencé par le conservatoire, tout simplement parce que moi, ce qui m'intéressait, ce n'était pas la musique classique, c'était la pop. Et il n'y avait pas d'école de comédie musicale à l'époque. Donc, le chemin, c'était le conservatoire. théâtre et musique et de toute façon je ne maîtrisais pas le solfège. Il y avait tout un truc qui faisait que je n'allais pas rentrer au conservatoire de musique et ce n'était pas ce que j'avais envie de faire. Donc la musique, elle est toujours restée un peu dans un coin de ma tête. Et puis c'est en mettant de la musique dans le théâtre, en créant des cabarets, comme je te disais tout à l'heure, de chansons et de théâtre, que petit à petit, ça s'est un petit peu mélangé. Et un jour, il y a quelqu'un qui m'a dit « Tiens, tu n'as pas envie de faire tes propres chansons, j'organise un... » un concert, je cherche des personnes, est-ce que ça te tente ? Sauf que j'avais quelques chansons, je me suis dit, allez, je me lance. Et ça a été le premier pas. J'avais écrit surtout des chansons, c'était du piano-voix, du guitare-voix. Et puis, je me suis dit, j'aimerais bien quand même un petit peu dynamiser tout ça, rendre ça un peu plus moderne, un peu plus radiophonique aussi. Et donc, j'ai travaillé avec différentes personnes. Il y a eu Piotr Paluch, Nico Davel. toutes ces personnes qui m'ont apporté des éléments. Et par rapport à la DA, la French Pop Aquatique, j'ai toujours eu envie d'avoir un élément d'eau, d'une manière ou d'une autre, puisqu'on insère dans les prods des sons aquatiques. Ça peut être des violoncelles qui sont traitées. de manière assez poussée, donc ça donne un peu des sons de baleines. Il y a des sons de fonds marins qui sont insérés dans les prods. Il y a des synthétiseurs qu'on traite d'une certaine manière pour qu'ils donnent cette impression de bulles.
- Speaker #0
Donc d'immersion.
- Speaker #1
Et alors j'ai un titre qui s'appelle 1, 2, 3 qui lui est vraiment, on a l'impression vraiment d'être sous l'eau. C'est vraiment une recherche qui est un peu comme ça parce que c'est un élément qui m'apaise, l'eau. C'est un élément que j'aime bien. Je m'appelle Laurence et j'ai choisi de m'appeler Lô. C'est le diminutif de Laurence, mais sonoriquement, ça donne de l'eau. Et je suis du signe du lion, mais mon ascendance est poisson. Et donc, il y avait toute cette espèce de chose que je ne sais pas très bien d'où elle vient, mais il y avait cette envie d'eau. Et donc, dans ma DA de concert, c'est vrai qu'on travaille des lumières bleues, on travaille des ambiances, on immerge quand même les gens. dans une sensation aquatique assez forte. Et donc, ça se travaille de plus en plus, ça grandit au fur et à mesure des concerts et on en rajoute de plus en plus pour vraiment qu'il y ait cette ambiance.
- Speaker #0
Pour créer l'expérience flottante.
- Speaker #1
Donc voilà.
- Speaker #0
Justement, comment tu arrives justement à faire la promotion de tout ça et à faire comprendre le type de musique que tu fais ? Parce que je suppose qu'on a dû te poser plusieurs fois la question.
- Speaker #1
Moi, ce qui est génial, c'est que la promo musicale, j'ai cinq singles qui ont été diffusés sur Nostalgie de manière récurrente pendant plusieurs mois, ce qui m'a permis quand même de me faire connaître. Et puis, ça a été diffusé sur les autres radios belges aussi. Mais c'est vrai que j'ai vu mon nombre de Shazam augmenter très clairement en passant sur Nostalgie. Tout d'un coup, j'avais 500-600 Shazam sur Funambule, qui est une de mes chansons. je dis oula ! C'est la puissance de la radio. Donc ça, c'est une manière de diffuser. Après, les réseaux sociaux, mais qui sont un peu saturés, on ne va pas se mentir.
- Speaker #0
Il y a beaucoup trop d'infos, en fait.
- Speaker #1
Mais je pense que, franchement, je me dis toujours, j'ai vraiment raté le coche. Mon frère m'avait dit, au moment du Covid, inscris-toi sur TikTok et publie tes vidéos sur TikTok. J'aurais pu, ouais, non flemmer. Voilà, voilà. Eh bien, j'aurais dû écouter mon frère pour une fois, parce que j'ai pu remarquer quand même que pas mal de gens qui émergent maintenant sont des personnes qui ont vraiment... travailler pendant le Covid à poster des vidéos, même des conneries.
- Speaker #0
Oui, parce que je pense que le public avait du temps, déjà.
- Speaker #1
Et le public était devant son ordi et devant son...
- Speaker #0
Sur son téléphone H24. Voilà, voilà.
- Speaker #1
Et donc, si tu vas voir, si tu scrolles, parce que moi je l'ai fait, tu scrolles chez les chanteurs, qui sont pas tous, mais une bonne partie. Tu scrolles et tu vas dans les premières vidéos qu'ils ont publiées, ce genre de vidéos avec des masques ou des trucs comme ça. Et là, tu fais, ah bah voilà, ils ont commencé à ce moment-là, ils ont eu raison. Donc, j'ai raté le coche Instagram, j'ai raté le coche YouTube, j'ai raté le coche TikTok. Donc, maintenant, j'attends qu'un nouveau réseau arrive pour pouvoir m'y accrocher.
- Speaker #0
Il y a Thread.
- Speaker #1
Ah bah voilà, je connais déjà pas, c'est déjà la même. Mais si,
- Speaker #0
t'es sur Thread.
- Speaker #1
Ah oui, mais Thread, non, ça fonctionne pas du tout, ça. C'est le truc Insta, là.
- Speaker #0
Ouais. Non, je crois que c'est déjà mort dans l'oeuf. Tu penses ? Ouais. Bon bah, écoute.
- Speaker #1
Voilà, voilà.
- Speaker #0
Écoute, on va continuer. Parfois, tu sais, sous un malentendu, une vidéo peut devenir virale et puis tout change. Donc, on reste positive. De toute façon. On reste positive. Alors, maintenant, on va peut-être parler de ton nouveau projet que j'ai eu la chance de voir. J'avoue que je ne connaissais pas du tout cette facette de toi. Et c'est vrai que ça m'a… Je ne vais pas dire que ça m'a surpris, mais oui, j'étais surprise quand même parce que je ne m'attendais pas du tout.
- Speaker #1
Parce que tu me connaissais comme chanteuse, en fait, mais pas comme comédienne.
- Speaker #0
Mais pas comme comédienne. Et c'est surtout que les sujets que tu apportes sont des sujets dont les gens n'osent pas forcément parler. Et c'est ça, en fait, que j'ai trouvé surprenant parce que du coup, j'ai appris beaucoup de choses sur toi aussi.
- Speaker #1
C'est complètement autobiographique de ma naissance à maintenant.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Mais j'ai aimé la manière dont tu as mis les choses en scène, parce que justement, il y a une genèse, en fait, dans l'histoire que tu racontes. Et donc là, justement, on est dans ton lieu de résidence. Tout à fait. Là où tu bosses. Voilà, où tu bosses.
- Speaker #1
Avec mon metteur en scène, Mohamed Ouachen.
- Speaker #0
Exactement. Donc voilà, j'aimerais que tu nous parles un peu de ta démarche qui t'a poussé finalement à faire cette autobiographie en théâtre de toi. Et surtout, quels sont les retours que tu as eus suite à la première représentation du spectacle ? Parce que je pense que ça a parlé à beaucoup de gens et que ça a peut-être réveillé certaines choses chez beaucoup de monde.
- Speaker #1
Déjà, le fil rouge, on est dans les années 80, donc il y a déjà toute une espèce d'ambiance années 80 où les gens se retrouvent sur certaines choses. Et puis surtout, ça parle de moi, petite fille métisse. Née en 1980, qui est en Belgique, dans justement une population complètement blanche. Je suis la seule petite fille métisse de mon école. Et on commence par m'appeler éléphant d'Afrique. Donc tu te dis, pourquoi est-ce que je n'étais pas obèse ? Je n'avais pas les oreilles décollées. Et tu te dis, mais d'où ça sort en fait ? Et là, tu comprends que tu n'es pas blanche comme ta mère et que tu n'es pas noire comme ton père. Mais du coup, tu es quoi ? Tu es où ? Et puis, tu as les profs, tu as les humiliations. À l'école, je suis dyslexique, probablement dyscalculique, même si ça n'a pas été spécialement nommé. Je suis très nulle en maths. Mon père ne comprend pas, donc il me donne quelques claques parce qu'il ne comprend pas que je ne comprenne pas les maths. Mon père se barre quand j'ai 14 ans. Il me dit que c'est de ma faute. Et tout ce cheminement, toutes cete histoire... m'amène à me poser la question de la maternité. Et donc, c'est vrai que ça permet à pas mal de gens de s'y retrouver, parce que je parle de racisme, et les retours que j'ai eus, puisque c'est ça que tu me demandais tout à l'heure, c'est « mais enfin, on était dans les années 80 quand même, c'était fini ces histoires » . Ben non, en fait. Moi, je me souviens d'un truc très précis. Je suis à l'école primaire, et j'ai une prof qui me demande de faire une élocution. Et j'ai un souvenir vraiment très précis, parce que... C'était l'époque où on achetait les panneaux chez Club. Oui, je vois. Et on les trouvait, on faisait des trucs et tout. Et donc, on collait au tableau avec son scotch. Et puis, je finis mon élocution. Et c'était un peu la méthode où les élèves notent les autres élèves. Et donc, elles demandent aux enfants de me noter. Et ils sont très généreux. Et tout d'un coup, elle l'oriente en disant « Mais vous êtes sûre qu'elle mérite tout ça ? » « Vous êtes sûre qu'elle mérite tous ces points ? » « Parce que c'est quand même pas aussi bien que ça. » "C'est pas aussi bien qu'un tel. » « Vous voulez pas revenir sur vos points ? » Et moi, je suis...
- Speaker #0
Je suis au tableau,
- Speaker #1
je décolle, tu vois, je prends le scotch, je le décolle, je suis dos aux élèves et je commence à pleurer parce que...
- Speaker #0
C'est injuste.
- Speaker #1
Je souffre, je me dis mais pourquoi elle fait ça ? Ils me donnaient des super bons points et je suis de dos et j'entends vraiment tous ces mots où elle dit vraiment à la classe, mais elle ne mérite pas en fait tous les points que vous lui donnez, elle ne le mérite pas. Et finalement, en effet, ils ont descendu leurs notes et ils me sont retrouvés avec un 12 sur 20 ou un truc comme ça. Et là tu fais, tu comprends pas parce que tu mets pas les mots de racisme. Tu te dis, bah pourquoi elle m'en veut comme ça, en fait ? J'ai l'impression d'être le mouton noir de la classe.
- Speaker #0
Donc tu vis une injustice que tu sais pas vraiment nommer.
- Speaker #1
On m'appelle éléphant d'Afrique, les profs m'humilient, en fait. Tu te dis, mais... Pourquoi, en fait ?
- Speaker #0
Alors qu'en fait, l'école, ça doit être un endroit safe. Oui,
- Speaker #1
mais alors, tu vois, le paradoxe... Bon, je ne parle pas du tout de mon frère dans le Seul en scène, mais ça, ça s'est passé pour moi en primaire. Lui, en primaire, il a vécu sa meilleure vie. Il était aussi le seul enfant métis. Lui, il avait d'autres profs. Par contre, quand on est arrivés après, on a changé d'école. Moi, j'ai vécu ma best life en mode... Oh, ben, ça y est, je suis en humanité, on fout la paix, en fait.
- Speaker #0
Et lui,
- Speaker #1
on lui a quand même dit... Ouais, enfin, ton pantalon, franchement, il a la couleur de la merde comme ta peau. Des professeurs. Tu fais, attends, mais...
- Speaker #0
Quand ça vient des élèves, c'est une chose, mais quand ça vient des professeurs, c'est encore plus grave.
- Speaker #1
Si ça, c'est pas du racisme. Je sais pas comment ça s'appelle, tu vois.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
c'est... Mais bon, voilà, dans mon seule en scène, j'ai choisi de ne pas parler de mon frère, parce que c'est pas son histoire. Et que, bah, je prends une parole et je porte certaines choses et... Il y a déjà énormément de thématiques dans mon seul en scène. Si je devais parler en « on » au lieu de parler en « je » , ça aurait brouillé les pistes. C'est déjà très, très chargé en termes de thématiques parce que certaines personnes ont dit « il y a vraiment beaucoup de thématiques, mais en même temps, toutes ces thématiques font partie de moi. » Donc, si j'enlève une thématique, c'est comme si j'enlève une partie de moi. Et puis, je commence de ma naissance jusqu'à maintenant. Donc, ça ne dure qu'une heure, une heure dix. À un moment, il faut que je parle de pas mal de choses, parce que je n'ai pas choisi un axe particulier, j'en ai choisi plusieurs. Parce que c'est tous ces axes qui font que j'arrive à ma conclusion.
- Speaker #0
Et qui font ce que tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
Voilà, et qui font sens, qui font la vie que je suis aujourd'hui. Donc, pour moi, ça n'a aucun sens d'enlever quelque chose.
- Speaker #0
Et si tu dois retenir un commentaire qu'on t'a fait par rapport à cette pièce qui t'a soit touchée positivement ou négativement ? Qu'est-ce que tu retiendrais ?
- Speaker #1
Ce qu'on m'a beaucoup dit, c'est que j'avais du courage. Et ça m'a vraiment étonnée parce que moi, de mon point de vue, je ne le vois pas comme du courage. Je le vois comme une nécessité, comme une manière de raconter son histoire. Et puis, une manière de prendre de la distance aussi par rapport à tout ça. Parce que je parle de psychogénéalogie, de ce qui se transmet de génération en génération, quels sont les traumas invisibles qui, finalement, se transmettent tant qu'ils ne sont pas réglés. Ça m'a assez interpellée, ce mot de courage. Je me suis dit, tiens, c'est marrant qu'ils me voient comme courageuse. Parce que pour moi, c'est une histoire qui est quand même... Ça fait longtemps que ça macert, donc c'est quand même digéré. Je prends quand même une distance en racontant les choses. Et c'est ça qui fait qu'il y a de l'humour aussi dans le seul en scène et que les gens peuvent rigoler et qu'on peut rire de sujets un peu difficiles et qu'on peut aussi se dire, bon ben voilà.
- Speaker #0
Oui, c'était horrible, mais ça fait quand même du bien d'en parler. Ça fait du bien de...
- Speaker #1
C'est une sorte de thérapie, en fait, pour toi.
- Speaker #0
Ouais. Après, j'en ai fait plein, des thérapies. Moi, j'en parle dans le seul en scène de manière très ouverte. C'est un gros travail sur soi. Et c'est vrai que le théâtre peut avoir ce côté thérapeutique. L'écriture aussi. Parce que les premiers jets étaient très en colère et tout ça. Et puis, j'ai nettoyé tout ça. On enlève la colère. Et puis, on met des couches. Et on met de la distance. Et on met de l'humour. Et ça donne finalement un objet où les gens peuvent se retrouver sans malaise et avec de l'espoir et surtout de la résilience. De montrer que, on parlait des échecs tout à l'heure, moi j'ai envie de dire, tu tombes, tu te relèves. Tu tombes, tu te relèves. Tu tombes, tu te relèves. L'essentiel, c'est de se relever en fait. Et d'avancer. Et d'avancer, de guérir et de grandir. J'ai une amie qui m'a dit, on a toujours des petits cailloux dans ses chaussures. des petits trucs qui t'empêchent de marcher. Au départ, les cailloux, ils sont gros. Et puis, petit à petit, tu travailles un peu sur toi et les cailloux, ils deviennent de plus en plus petits. Et puis finalement, tu marches avec des petits cailloux dans ta chaussure, mais ils sont tellement petits qu'ils sont toujours là. Mais tu peux avancer. C'était une amie qui s'appelle Justine qui m'avait dit ça. Et vraiment, ça m'avait parlé, cette image.
- Speaker #1
Ok. Alors, en tout cas, merci pour... pour tout ça parce que je pense que c'est une pièce, je conseille aux gens d'aller la voir parce que moi ça m'a beaucoup marquée beaucoup touchée et effectivement tu parles de tellement de sujets qui peuvent toucher beaucoup de monde et en fait ce que j'ai aimé aussi c'est qu'il y a des sujets que tu abordes qui permettent aux gens qui ne vivent pas ça de mieux comprendre certaines attitudes, certaines prises de position aussi Et c'est ça que je trouvais qui était intéressant, notamment par rapport à la maternité, comme tu disais. Et je trouve que c'est important aussi de partager pour que les gens puissent se dire, ah ok, maintenant je comprends pourquoi un tel ou un tel a cette prise de position par rapport à tel sujet.
- Speaker #0
Oui, puis c'est une espèce de loop, le théâtre. On regarde certaines choses de la vraie vie de manière agrandie, avec un prisme particulier, un parti pris aussi. Et c'est ça qui fait que ça suscite la réflexion, le débat, et puis ça fait bouger les lignes aussi.
- Speaker #1
Exactement. Donc, je te remercie pour ça.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Si tu devais te décrire en trois mots, lesquels choisirais-tu ?
- Speaker #0
Alors, volontaire, solaire et... Je vais dire... têtu parce que c'est ce que mon metteur en scène Mohamed m'a dit il n'y a pas très longtemps. Je te confirme,
- Speaker #1
tu es têtu.
- Speaker #0
Il a même dit un opignâtre.
- Speaker #1
D'accord, donc ça c'est une première question.
- Speaker #0
Comment ça je suis têtu ? Je ne sais pas moi.
- Speaker #1
En tout cas, quand tu as une idée en tête, tu l'as pas. Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
En fait, c'est vrai que je m'accroche mais c'est aussi ce qui fait que je suis encore comédienne aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Je me suis vraiment accrochée à la branche et je... J'insiste, quand je veux un truc, c'est vrai que je suis quand même sortie du conservatoire en 2006, 20 ans de carrière, et je suis toujours là.
- Speaker #1
Quand même. Donc oui,
- Speaker #0
je m'accroche d'une certaine manière.
- Speaker #1
Non, c'est vrai, c'est bien. Alors, deuxième question. Quelle est la chose que les gens ignorent souvent de toi ?
- Speaker #0
Justement, mes failles, mon histoire personnelle. Et c'est pour ça que quand j'ai fait ce... ce seule en scène, je me suis dit il est peut-être temps d'ouvrir un peu la porte sur la fille qui dit que tout va toujours bien et de montrer ce qu'il y a derrière derrière le soleil, voir un petit peu quels étaient les nuages qui pouvaient s'y cacher
- Speaker #1
En tout cas, merci pour ça, parce que moi j'ai beaucoup appris aussi en voyant la pièce Alors si tu devais donner un conseil à ton toi de 10 ans, que dirais-tu ?
- Speaker #0
Mon moi professionnel ?
- Speaker #1
Non, toi, la petite fille de 10 ans
- Speaker #0
Je dirais, quand tu rentres au conservatoire, apprends le réseautage. Non, c'est vraiment un conseil que je donnerais aux comédiens aujourd'hui, c'est vraiment de créer des liens, de créer du lien entre eux, de vraiment ne pas partir seule dans une carrière. Après, c'est les choses qui font que parfois, ça matche bien avec des gens, parfois pas, mais de se créer sa propre famille, de créer des liens et d'avancer ensemble. Parce qu'ensemble, on est toujours plus forts.
- Speaker #1
C'est vrai. Maintenant, vous avez fait la connaissance de Laurence Briand. Merci à toi, Laurence.
- Speaker #0
Merci, Gaëlle. C'était un vrai plaisir. Avec plaisir.
- Speaker #1
C'était Le Portrait, pas égal le podcast. Merci d'avoir regardé cet épisode. Il est également disponible sur toutes les plateformes d'écoute, notamment Apple Podcasts, Deezer, Spotify, Amazon Music et bien d'autres encore. Alors n'oubliez pas d'aimer, commenter, partager et abonnez-vous pour plus de contenu.