- Elizabeth
En fait, on peut tout faire, on peut créer des business qui nous soutiennent. C'est quelque chose qui est en moi depuis mon enfance, qui a toujours été important pour moi. Créer une entreprise, c'est difficile. Si on t'a dit que c'était facile, on t'a menti.
- Elodie
Bienvenue dans le podcast Gang de Copines. Ici, la sororité n'est pas un slogan. C'est une expérience vécue, riche, complexe, parfois bouleversante. Tu vas entendre mes discussions, profondes ou légères, avec des femmes qui partagent leur histoire, leur expertise et leur combat. Tu vas entendre des histoires vraies, sans filtre, de femmes qui tissent des liens, traversent des tempêtes et s'élèvent. On célèbre à la fois la force et la fragilité des amitiés féminines. On ose parler de ce qui gêne, de ce qui répare. Gangue de copines, c'est l'espace où la sororité s'assume se questionne et se vit pleinement. Bonjour Elisabeth.
- Elizabeth
Hello Elodie.
- Elodie
Comment ça va pour toi ce matin déjà, comment tu te sens ?
- Elizabeth
C'est un peu le rush toujours le matin de déposer les enfants, mais comme je te disais, je suis installée, j'ai mon cappuccino, donc je me sens bien. Et toi ?
- Elodie
Trop bien. Moi ça va aussi, écoute, je suis aussi en route depuis un petit moment là déjà, mais je suis ravie qu'on puisse discuter. toutes les deux ensemble ce matin, donc ça va très bien. Je voulais te remercier d'avoir accepté déjà de participer à ce podcast. Et ce qui m'a donné envie de te recevoir aujourd'hui et qu'on discute ensemble, c'est deux choses. Déjà, le nom, évidemment, Sorority Club, parce qu'on est dans un podcast dédié à ce sujet. Et puis, la punchline aussi que tu utilises sur LinkedIn, les femmes font du business, pas des petits projets. Et alors, c'est vraiment un sujet... qui me parle énormément en ce moment parce que je trouve qu'il est plus que temps qu'on arrête nous-mêmes de se maintenir ou d'être maintenues petites. Voilà, ça c'est mon avis sur le sujet. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi ?
- Elizabeth
J'ai beaucoup réfléchi quand j'ai vu tes questions parce que d'un côté, je ne veux pas que ça devienne encore une autre injonction de dire « ok, il faut faire comme ça, il faut faire comme ça » . Je vois ça plutôt comme une invitation à se dire en fait tout est possible. Donc pourquoi dans ma tête ce n'est qu'un petit projet, c'est un hobby, c'est pas important, je me minimise. Et est-ce que je peux faire différemment ? Donc c'est plutôt une invitation à se dire en fait on peut tout faire, on peut créer des business qui nous soutiennent. pas rester dans la précarité, même en étant à nos comptes, qui est le cas pour beaucoup de femmes entrepreneurs.
- Elodie
Qu'est-ce que ça fait pour toi d'avoir, toi, ton propre business ? Comment ça te soutient, justement ?
- Elizabeth
Alors, mon business, ça fait 13 ans que j'ai un organisme de formation. C'est un organisme de formation de langue bureautique et numérique, pour donner un peu le contexte. Et j'ai une équipe en place à une équipe permanente qui est là pour gérer, je dirais, le quotidien de l'entreprise. Et puis, on travaille avec un réseau de formateurs qui se déplacent chez nos clients pour animer les formations. Donc, mon entreprise continue de tourner, même quand moi, je ne suis pas présente physiquement, mentalement, des fois. et ma accompagné pendant des périodes de vie comme mes congés maternités. Donc, j'ai pu prendre mes deux congés maths, alors que je vois qu'il y a beaucoup de femmes qui... Donc, femmes indépendantes qui n'arrivent pas à s'arrêter ou quand elles s'arrêtent, elles perdent leurs clients, leurs chiffres d'affaires, etc. Donc, j'ai pu m'arrêter et me dire, j'ai la sécurité d'avoir une entreprise qui continue malgré... Mon absence, mon événement de vie, j'ai pu profiter. J'ai pris même plus que le maximum et j'ai pu revenir un peu doucement après mes congés maths. J'ai pu déménager en Italie. Donc, je gère cette entreprise maintenant à distance. Et aussi des périodes difficiles comme il y a... Il y a quelques années, mon fils a été malade. Donc, on a été un mois à l'hôpital et je l'ai gardé trois mois à la maison. Et là, en ce moment, comme tu le sais déjà, j'ai encore eu une nouvelle bouleversante en fin d'année. J'ai été diagnostiquée d'un cancer du côlon. Donc, j'ai été opérée et là, je fais la chimiothérapie. Et voilà, donc en fait, une entreprise qui te soutient, c'est une activité qui continue à te soutenir, même dans des périodes difficiles de la vie ou des périodes, pas difficiles, mais voilà, le temps d'accueillir un enfant, c'est, bon, c'est difficile aussi.
- Elodie
Alors, qu'est-ce que c'est pour toi la sororité ?
- Elizabeth
Une grande question aussi. Pareil, j'ai dû réfléchir un peu à trouver c'est quoi l'origine de ça, pourquoi c'est important de parler de sororité. Et comme je t'ai expliqué, je viens des États-Unis, donc j'ai grandi là-bas. Toute ma famille est là-bas, je suis partie après mes études, donc j'avais peut-être 20, je crois que j'avais 22 ans quand je suis partie. Donc, voilà, j'ai grandi là-bas. Et déjà... Dans ma famille, ma mère, elle a sept sœurs. Donc, j'ai grandi vraiment entourée de ces femmes. Elles ont toujours été très proches. On était tout le temps ensemble. Donc, j'étais avec mes tantes, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère. Juste qui est décédée à... Elle avait 97 ans, 98 ans, il me semble. J'ai eu la chance d'être proche aussi de mon arrière-grand-mère, de mes cousines. Et je dirais que ce lien a toujours été très important pour nous dans la famille. On était très soudés déjà à la base, ce groupe de femmes. Et puis à l'école, alors moi j'ai fait une école catholique quand j'étais petite. Et on avait des fois des... Des cours qui étaient séparés. On avait des cours ensemble la plupart du temps. Et on avait quelques cours où on était séparés. Les filles dans un groupe, les garçons dans un autre groupe. Ensuite, au lycée, j'étais dans une école publique. Donc, j'ai pu tester les deux. Et pareil, au lycée, on avait... C'était plus le sport. On faisait le sport. On fait beaucoup de sport aux États-Unis. Donc, on a des cours. Et aussi, après l'école. Et là, du coup, des équipes féminines. Donc, j'ai fait... beaucoup de choses, du basket, foot, même gymnastique. J'ai été pom-pom girl pour la stéréotype. Voilà. C'est ce que j'allais dire,
- Elodie
le cliché qu'on a des États-Unis. Oui, oui,
- Elizabeth
voilà. J'ai vécu le cliché. Et donc, dans le sport aussi, j'ai toujours été entourée de femmes. J'ai eu des coachs femmes, etc. Tout au long de mon parcours. Et puis, on peut voir à l'université Merci. Aux États-Unis, les sororités existent. J'ai fait aussi du bénévolat. Par exemple, pendant des années, je donnais des cours d'anglais à des filles en Afghanistan. Mais bon, ça s'est arrêté parce qu'on n'avait plus le... Malheureusement, elles n'ont plus le droit d'aller à l'école. En ce moment, c'est très compliqué. Et donc, je ne sais pas, c'est quelque chose qui est en moi depuis mon enfance, qui a toujours été important pour moi. Et aujourd'hui, dans l'entrepreneuriat, c'est pareil. Je me dis, en fait, quand on est ensemble, c'est moins difficile. On bénéficie un peu de l'expérience des autres, du soutien. C'est une vraie force, en fait. Pourquoi rester seule quand on peut s'entourer ?
- Elodie
Alors, je voudrais revenir sur un truc parce que moi, je ne connais pas très bien, à part l'image qu'on a dans les films, des sororités. Tu vois, moi, j'imagine plein de nanas pendant leurs études qui vivent ensemble et qui font la fête. Mais c'est quoi exactement une sororité aux États-Unis ?
- Elizabeth
À savoir qu'il y a toujours des extrêmes dans tout. Donc oui, il y a des groupes où c'est clairement pour faire la fête. Mais il y en a, c'est autour des valeurs, des projets. Par exemple, il y a des sororités qui existent, qui font du bénévolat, qui font quelque chose ensemble, qui s'entraident. C'est un réseau aussi. En fait, je pense au réseau professionnel. Par exemple, c'est quelqu'un qui va t'aider à trouver un job, qui va te recommander. Donc, c'est plus un réseau qu'autre chose, un réseau de soutien. Mais bien sûr qu'il y a des extrêmes, bien sûr que des fois il y a des gens qui veulent juste faire la fête, oui ça existe aussi.
- Elodie
Et ça c'est uniquement pendant les études ?
- Elizabeth
Oui, oui, oui.
- Elodie
Ouais, ok. Est-ce que toi du coup tu as fait partie d'une sororité ?
- Elizabeth
J'ai pas fait partie d'une sororité à l'université. C'était plus le sport. Du coup, j'ai continué le sport à l'université. J'ai été pom-pom girl. Déjà, on a ce groupe. On s'entraînait tous les jours presque. Donc, ça occupe pas mal.
- Elodie
C'est des femmes qui sont encore dans ta vie aujourd'hui ?
- Elizabeth
Il y en a quelques-unes. D'accord. Notamment deux qui... En fait, on a été ensemble au lycée. et puis à l'université et qu'on est resté en contact. Même si c'est plus difficile maintenant que ça fait longtemps que je vis à l'étranger.
- Elodie
Quelle place elle a la sororité aujourd'hui dans ta vie ?
- Elizabeth
Alors même ça, donc Sorority Club, c'est une activité que j'ai lancée en parallèle de mon organisme de formation. Donc ça fait deux ans à peu près. Et d'un coup... je me suis rendue compte que j'avais perdu un peu la sororité, que j'avais eu ça pendant une période, toute ma vie. Et après, je suis partie en France. J'ai fait ma vie, j'ai créé mon entreprise, etc. Et je n'avais plus ça. Je n'avais plus de groupe de femmes autour de moi. Et c'est surtout pendant la maternité que je me suis rendue compte que dans les réseaux business, Et... dans mes sphères professionnelles, personnelles, etc., je ne savais pas qui parlait de tout ce que je traversais pendant la maternité. Et ce changement, en fait, on vit un changement d'identité, on ne sait plus quel est notre passe, qui on est, comment faire pour faire tout rentrer dans une journée. Et voilà, je partage souvent cette anecdote. J'en ai parlé dans un réseau business. Il y a un homme qui m'a dit, « Ah, pour moi, le secret, c'était de mettre des boules de pièces pour bien dormir la nuit. » Et j'ai rigolé. Je dis, « Ben, moi, je ne pourrais pas faire ça. Je suis obligée de me réveiller. Et j'abatte mon enfant. Donc, si je mets ça, je ne suis pas sûre que papa va s'en sortir. » je me suis dit on a pas pas du tout la même réalité. Et puis petit à petit, ça s'est fait inconsciemment ou naturellement. Je me suis entourée aussi de femmes et de mamans dans mon équipe. Donc dans l'équipe permanente, que ce soit la commerciale, l'assistante admin, le pédagogique, etc. Ce sont toutes des femmes. Pareil pour Sorority Club, j'ai fait le choix de travailler uniquement Là, c'était un choix conscient, on va dire, de me dire pour ce projet, je veux travailler uniquement avec des femmes aussi. Pour me challenger également, parce que souvent, on a ce biais, on dit, OK, je cherche une experte pour intervenir dans tel sujet. Et on a tendance peut-être à penser à un homme. Donc, je me suis dit, je vais trouver une femme experte pour toutes les thématiques, pour tous les projets. Donc, ça, c'était un choix... Donc, c'est quelque chose que je vis, que je transmets, que j'essaie de faire vivre au sein du sorority club, mais aussi dans mon équipe, dans mon organisme de formation. Et c'est une vraie force.
- Elodie
Et dans ton entourage, il y a plus d'hommes ou de femmes ?
- Elizabeth
Je pense que ça aussi, ça a contribué un peu à cette période que je disais, ah en fait, j'ai plus la sororité. C'est que je me suis installée en Italie et donc j'étais surtout avec ma belle-famille, avec les amis de mon conjoint, aussi avec leurs femmes, bien sûr, mais c'est pas pareil quand c'est pas un entourage choisi, je dirais. Ou même pour les enfants, souvent quand on va à l'école, on discute avec les mamans, etc. Mais pour moi, ce n'est pas un entourage choisi non plus, forcément. Donc, j'ai essayé ici à Milan. Il y a des clubs, des réseaux féminins, etc. Donc, j'ai pu faire des rencontres un peu de cette manière. Et je dirais aussi choisir mon entourage.
- Elodie
Alors, si on prend un tout petit peu de recul et qu'on parle de ton expérience et de ton expertise, on va dire aujourd'hui, après 13 ans sur le business, est-ce que toi, tu trouves que c'est facile ou difficile de monter un business quand on est une femme ?
- Elizabeth
Ça aussi, j'adore cette question. Parce que j'ai envie de dire, créer une entreprise, c'est difficile. Si on t'a dit que c'était facile, on t'a menti. Mais qu'on soit un homme ou une femme, c'est difficile. Et j'aime beaucoup cette expression qui dit en anglais « choose your heart » . Que, ok, est-ce que c'est difficile de créer une entreprise ? Oui. Est-ce que c'est difficile de rester dans un job qu'on n'aime pas ? où on n'est pas épanoui, oui, c'est difficile aussi. Est-ce que c'est difficile de vivre avec le SMIC ? Oui. Est-ce que c'est difficile d'avoir les horaires fixes alors qu'on essaie de tout jongler ? En fait, tout est difficile. Et donc, j'aime cette expression « choose your heart » . C'est toi qui choisis tes contraintes. Et quand on voit sur les réseaux sociaux, on a l'impression qu'il y a Cette vie rêvée que certaines vivent, que c'est facile, que tout est beau et c'est un peu idéalique, mais ce n'est qu'une partie. Peut-être que cette partie existe, cette partie existe, oui. Moi aussi, je vis de super moments, ça existe cette partie. Mais la partie difficile existe aussi. Donc si on cherche quelque chose de facile ou toujours tout rose, etc., cette chose n'existe pas. Donc difficile, oui. en tant que femme peut-être encore plus difficile mais c'est pour ça que je pense que l'entourage est important et joue un rôle aussi, c'est que est-ce qu'on va rester dans le fait que ah c'est difficile et c'est plus difficile pour moi parce que je suis une femme et parce que ceci et cela, est-ce qu'on se focalise sur ça ou est-ce qu'on se focalise sur ce qu'on peut faire comment on peut agir qu'est-ce qu'on peut mettre en place malgré un système qui ne nous soutient pas. Donc oui, c'est difficile.
- Elodie
Ben oui, Bali et la Ferrari, ça arrive après avoir travaillé dur. Est-ce que c'est un peu l'idée ? Travailler dur, pas forcément travailler dur. Chacun a son... Comme tu l'as dit, on choisit son niveau de difficulté en fonction du rêve qu'on veut atteindre. Mais Bali et Ferrari, ce n'est pas demain.
- Elizabeth
Oui, ça prend du temps. Après, j'aime bien explorer cette question de travailler dur aussi. Parce que je trouve qu'en tant que femme, on a tendance à se sacrifier, penser qu'il faut souffrir pour réussir. Donc, travailler dur, ça veut dire quoi ? Ce n'est pas forcément faire beaucoup de choses. Ce n'est pas se mettre en difficulté. Ce n'est pas faire un burn-out. Ce n'est pas tout sacrifier. C'est des fois continuer quand on a envie de tout abandonner. C'est chercher des solutions alors que ça nous sort de notre zone de confort. C'est avoir la foi et y aller. Donc là, il faut faire attention aussi, je pense.
- Elodie
Oui, à l'utilisation des mots, je suis d'accord avec toi. Dans les leviers, tu as donné pour... monter son business, on va dire, en tant que femme ? Tu as parlé de l'entourage. Est-ce qu'il y a d'autres choses sur lesquelles on peut s'appuyer pour avancer ?
- Elizabeth
Pour moi, ça a été hyper important, l'entourage. Donc même au début, comme je disais, je n'avais pas forcément cette sororité, mais j'avais des hommes qui me soutenaient aussi. Donc à l'époque, c'était mon copain en France, français, quand je vivais là-bas, et son père. qui est entrepreneur et qui était une sorte de mentor pour moi. Donc, il m'a beaucoup aidée. Et donc, l'entourage, vraiment, j'insiste là-dessus parce que souvent, pour les femmes, on veut que tout soit parfait avant de montrer à qui que ce soit. On dit, OK, il faut que je travaille dans mon coin sur ce projet. Je vais faire voir à personne parce qu'il faut que ce soit parfait. Et on va trop réfléchir. On va perdre beaucoup de temps. Et au revoir ! enfin montré le projet à quelqu'un et puis cricquette, en fait, personne n'est intéressé et on dit, qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ça ne marche pas ? Donc, c'est vraiment l'entourage qui fait la différence. Se faire accompagner, je pense. Oui, c'est vrai qu'on peut faire les choses seul, mais on n'a pas le regard extérieur. Il y a beaucoup de formations, on a beaucoup de possibilités, même avec le CPR. En fait, il existe tellement de choses et de manières et que ça vaut le coup d'investir en soi, même si ça fait peur. Il y a forcément un héroï, si on se fait accompagner au début, on gagne énormément de temps et on évite... Plein d'erreurs.
- Elodie
Il y a deux choses que je retiens dans ce que tu viens de dire. Il y a le fait d'avoir un ou une mentor. Alors ça, je suis tout à fait d'accord avec ça. Je trouve qu'avoir quelqu'un qui est plus avancé que toi, ça permet un peu de se projeter, puis de mieux comprendre de façon concrète ce qu'il faut faire pour avancer dans son activité. Et ce que je retiens aussi du coup sur le fait de rester dans sa tête. Dans son idée, dans sa petite boîte, c'est le passage à l'action. Et c'est vrai que c'est quelque chose dont on parle beaucoup. Plutôt que de réfléchir pendant huit mois à son projet, de commencer, de le montrer même si ce n'est pas abouti et d'y aller.
- Elizabeth
Oui, oui. Je me suis lancée en 2013. J'avais un site pourri que j'ai fait moi-même sur Wix en quelques jours. Oui, mais très bien. J'ai un logo gratuit avec une copine à ma fête. Et ça ne m'a pas empêchée de jouer. trouver des clients, de développer mon entreprise. Pas du tout. Et donc, un dernier conseil, je dirais vraiment de vendre. Que beaucoup de femmes ont peur de vendre. Et j'ai heureusement compris dès le début que mon job en tant qu'entrepreneuse était de vendre tous les jours. Tous les jours. Donc, tous les jours, je cherchais à participer à des événements, à faire de la prospection. à échanger avec mes clients pour savoir si peut-être qu'ils avaient des contacts à me passer. Je faisais des salons et en fait, je cherchais tout le temps des réseaux, des événements, des leviers pour faire connaître mon entreprise et pour vendre. Et je me suis dit, en fait, ça, c'est mon job numéro un parce que c'est ça qui fait tourner l'entreprise. Et souvent, on confond les deux et on pense que notre cœur de métier, par exemple, si on est coach, si on est… je ne sais pas, graphiste ou autre, notre cœur de métier, oui, c'est important. Mais si personne ne sait que ça existe, l'entreprise ne va pas décoller.
- Elodie
Mais c'est marrant parce que tu as utilisé les mots. On parle de business, on parle de vendre. J'ai l'impression que ces mots font peur. On a peur de ces mots-là comme si c'était des gros mots.
- Elizabeth
Oui. Et moi, j'ai eu peur aussi. Je comprends. Je me souviens, j'ai pleuré. Avant mon premier rendez-vous commercial. Et à savoir qu'à l'époque, donc j'avais 25 ans et j'allais prospecter des entreprises, des PME, des grands groupes. Donc je discutais avec des RH et je me sentais toute petite en face de ces personnes. Mais heureusement, encore une fois, j'avais donc mon copain et son père, entrepreneurs. Et j'ai dit, je stresse, je ne sais pas quoi faire, je pleurais, etc. Et là, ils m'ont beaucoup aidée. c'est pour ça que le regard extérieur est important. Ils m'ont demandé, mais comment tu fais d'habitude quand tu vas démarrer une nouvelle formation avec quelqu'un ? Je dis, qu'est-ce que je fais ? Je pose des questions. Je leur pose des questions sur leurs objectifs, leurs besoins, leurs blocages et tout ça. Et en fait, en expliquant ce que je faisais déjà dans mon métier, ils ont pu me dire, en fait, c'est ça un rendez-vous commercial. Tu le fais déjà, tu as l'habitude. peut-être dans un autre contexte. Et quand on comprend que la vente, c'est juste une conversation, c'est juste être curieuse, poser des questions, tout simplement, ça enlève pas mal de pression.
- Elodie
Merci pour ça, parce qu'en effet, je te rejoins. Allez discuter dans des événements professionnels. Ce n'est qu'aller discuter dans des événements professionnels, finalement. Et après, si ça match, on a de la chance de vendre.
- Elizabeth
Oui, et que c'est un échange. En fait, la vente, c'est un échange. Donc, on n'est pas des vendeurs de tapis ou de rêves ou j'en sais rien. On a toujours ces idées derrière. On a forcément une croyance qui nous bloque. On a l'impression que c'est mauvais, qu'on va en profiter. ou quelque chose en lien avec l'argent. Mais en fait, c'est juste une conversation. Et si on travaille avec la personne, c'est juste un échange. En échange, moi, je donne mon expertise et vous me donnez de l'argent en échange. C'est naturel, en fait.
- Elodie
Quel conseil tu donnerais aux femmes qui nous écoutent et qui auraient vraiment l'envie, là, maintenant, de monter un vrai business ? Et pas de rester dans un petit projet.
- Elizabeth
Bon, je vais me répéter. Je pense que tu peux imaginer ma réponse, que ça va être s'entourer et se faire accompagner. Mais l'entourage, c'est aussi quelque chose qui change vraiment ta façon de voir le monde. Que quand on est la seule personne dans son entourage à faire ça, que peut-être que dans notre famille, dans nos amis, etc., il n'y a personne qui a ce genre d'ambition, Ça nous semble... compliqué, ça nous semble peut-être bizarre, c'est quelque chose qui va sembler moins atteignable. Mais si on fait partie d'un groupe de personnes qui sont en train de construire la même chose, qui ont la même ambition, qui travaillent pour ces mêmes objectifs, ça devient normal, c'est normal, on peut en parler, on peut parler de nos galères, on peut partager nos réussites, etc. Ça change beaucoup. Je pense que ça change tout dans notre regard. Et après, je dirais juste de se focaliser sur la vente. Sur la vente, parce que souvent, déjà, vous êtes super dans vos expertises. Même si des fois, on souffre du syndrome de l'imposteur. On dit, est-ce que je suis assez expérimentée ? Est-ce que j'ai accompagné assez de clients ? Est-ce que j'ai assez de diplômes ? On a des doutes par rapport à ça. Mais probablement, je pense que les personnes qui nous écoutent sont déjà assez bien expérimentées, expertes, etc. pour pouvoir faire le métier. Si moi, j'ai pu le faire aussi à 25 ans, voilà, ça s'est bien passé. Et donc, accepter qu'on est assez. Et qu'on a juste besoin de faire connaître et de vendre tous les jours. Et c'est ça qui fait grandir notre projet.
- Elodie
Super, merci beaucoup. Si on veut aller plus loin, où est-ce qu'on peut suivre ton actualité et en savoir plus sur ce que tu fais, sur tes activités ?
- Elizabeth
Principalement sur LinkedIn. même si en ce moment je ne suis pas très régulière avec mes cycles de chimio mais il m'en reste deux je vois la lumière du tunnel ça va faire du bien et principalement sur LinkedIn c'est là où je
- Elodie
partage le plus ok super très bien je mettrai le lien vers ton compte LinkedIn dans la description de cet épisode un grand merci à toi Elisabeth d'avoir accepté de de parler, d'échanger avec moi, de participer à ce podcast dans ton contexte qui est difficile, comme on l'a dit tout à l'heure. Vraiment, merci infiniment.
- Elizabeth
Comme on disait, tout est difficile. Oui. On peut changer notre regard.
- Elodie
C'est vrai.
- Elizabeth
Il y a des choses qu'on peut contrôler et des choses qu'on ne peut pas contrôler.
- Elodie
Merci beaucoup.
- Elizabeth
Merci à toi.
- Elodie
C'était l'épisode 68 du podcast Gang de Copines, merci de ton écoute. Alors, j'ai évidemment beaucoup aimé cet échange avec Elisabeth, qu'elle nous parle de la place de la sororité dans chacune des étapes de sa vie et qu'elle nous partage aussi son parcours d'entrepreneur. Autre chose que j'ai aussi bien apprécié, c'est la simplicité et l'authenticité avec laquelle elle parle de son contexte personnel, parce que pour moi c'est aussi une forme de sororité que... Rendre visible sa maladie, en parler, pour toutes celles qui traversent peut-être la même chose et qui ont besoin de personnes qui témoignent pour avancer. Si tu as dans ton entourage une copine qui a besoin de faire décoller son entreprise, envoie-lui cet épisode, je suis sûre qu'elle a besoin de l'entendre pour se mettre avant. Et nous, on se retrouve dans un mois pour le prochain épisode. Entre deux, on peut discuter sur Instagram. Le compte, c'est Gang de Copines Podcast. Et potes, ça s'écrit comme une pote. A bientôt !